Du doute raisonnable au complotisme : la limite ?

Depuis que j’ai décidé de créer un blog “engagé”, je me pose des questions sur l’engagement et le militantisme et notamment à quel moment on bascule dans la manipulation. L’an dernier, un sondage avait fait peur : 79% des Français croient au moins à une théorie du complot. By jove, serions-nous déjà en pleine idiocratie ? Pas si sûr : au vu de ce que l’on nomme théorie du complot, j’aurais pu faire partie des afficionados du complotisme, juste parce que je ne fais pas confiance aux médias… MAIS !

Confiance dans les médias

Alors entendons nous bien : quand je dis que je ne fais pas confiance dans les médias, je ne suis pas forcément dans le délire de “gna gna gna, tous des moutons”, je préconise juste de prendre un peu de recul par rapport à ce qu’on lit/regarde et ne pas se laisser avoir par des choix éditoriaux un peu curieux. Il y a un cas par exemple qui me fait toujours un peu froncer les sourcils : Jean-Luc Mélenchon. Alors je ne suis pas là pour le défendre, je m’en fous de Méluche. Vous ne l’aimez pas ? Et bah ok, j’ai rien à dire là-dessus. Cependant, il y a quand même quelques cas qui m’interpellent un peu : la fascination de la France pour le Venezuela depuis que Patrick Cohen a trouvé dans le programme de l’Avenir en commun une proposition de rejoindre l’alliance bolivarienne parce que la France a sa frontière commune la plus longue avec le Brésil (oui, c’est là qu’on mesure toute notre façon de pensée très métropolitaine, hein…). Alors il est tout à fait légitime de se pencher sur le cas du Venezuela, pas de soucis… mais quid de l’Egypte* dont on a reçu en grande pompe le dirigeant ? Quid du Togo, de l’Arabie Saoudite, l’Azerbaïdjan… Pourquoi on n’en parle pas ? Je vais un peu étudier le sujet, y aurait de quoi publier des dizaines de mémoires de science politique (vraiment, je dois me dégager du temps pour faire des analyses de presse parce que je kiffe vraiment ça). Idem sur les comptes de campagne. Je veux bien croire que les comptes de campagne de Mélenchon ne soient pas carrés mais il me semble que ce n’est pas le seul… Et sinon, on en est où niveau Marine Le Pen ? Ne vous inquiétez pas, on reparlera d’elle quand il faudra faire un front républicain… En attendant, on évite d’en parler, faudrait pas la décrédibiliser de trop avant la prochaine élection, hein… Je ne dis donc pas qu’il faut se méfier des médias par rapport à d’éventuelles fake news (je hais ce terme, c’est le pseudo argument ultime des gros cons, je trouve) même si ça dépend de qui on parle, je dis juste de faire un peu attention à la ligne éditoriale et à la narration d’un fait. Par contre, je ne pense pas qu’ils nous cachent des histoires d’extraterrestres, que la Terre est plate  ou je ne sais quoi. J’applique le doute raisonnable.

Complotisme : terre plate

L’autre jour, je regardais des vidéos de Defakator que j’aime bien parce qu’on est dans un débunkage par la preuve. Bon, il n’a rien débunké de ce que je crois (du moins dans les vidéos que j’ai vues au moment où j’écris cet article) mais je me pose la question : à quel moment on peut basculer ? De façon générale, j’aime bien les théories du complot, j’ai grandi avec X files quand même mais je n’y crois pas. Je me souviens d’avoir acheté un magazine du paranormal ou je ne sais plus quoi qui titrait un jour “sommes-nous vraiment allés sur la Lune”. Alors je suis un peu confuse car je suis persuadée d’avoir lu ça au lycée, avant le fameux documenteur d’Arte mais il n’était pas question de Kubrick et je suppose que c’était une théorie déjà en vogue aux Etats-Unis. Je lisais ça et j’étais en mode “mais c’est complètement con”. Et 20 ans plus tard, je persiste et signe. Prenez un secret quel qu’il soit que l’on vous a confié. Un secret qui a été formulé, donc. Combien de fois avez-vous entendu ce secret précédé par un “tu le dis pas mais…”. La plupart des complots supposés supposent des centaines de personnes au courant A MINIMA. Ca ne peut pas rester un secret. Le pire, c’est que quand on livre un complot sur un plateau (les écoutes à grande échelle de la population américaine révélées par Edward Snowden), non, ça, on s’en fout. On préfère les histoires de faux alunissages, de vaccins qui tuent et… de Terre plate. Celui-là me donne envie de donner des gifles avec élan. Vous êtes cons à quel niveau les platistes ? Je veux dire sur l’histoire de la Lune, je peux comprendre qu’on puisse imaginer une histoire de faux alunissage dans un contexte de guerre froide mais la Terre plate, pourquoi on vous mentirait là-dessus ?

Le grand secret de Barjavel

Bref, le complotisme me fait souvent lever les yeux au ciel, surtout quand il s’agit d’histoires où on empoisonne son propre peuple pour un projet de décroissance de population, je sais pas quoi… Alors bon, je veux bien que les 7,5 milliards d’individus donnent des vapeurs à certains mais… je suis pas un vilain de roman d’anticipation mais si je devais tailler dans le gros, j’irais plutôt m’attaquer à des pays loin, des fois que… Genre les chemtrails “ah ben y a trop de monde dans ce pays Bobby !””Tu as raison Ted, on va balancer des gaz toxiques dans l’atmosphère avec les avions de ligne” “Ahahah” “Ohohoh” “Héhé… et mais attends, on le respire, cet air, aussi !”. Et puis depuis le temps que les chemtrails nous bombardent la gueule de je sais pas quoi, d’où on n’est pas morts ? Bref, je ne suis pas bienveillante avec ce genre de discours MAIS je me pose la question : mon propre système de croyance ne me pousse-t-il pas à tomber dans certains travers aussi ? Déjà, je n’ai pas non plus 100% confiance en ces êtres qui nous gouvernent, on a quand même notre joli lot de scandales sanitaires démontrant que parfois, on joue effectivement avec notre santé pour de mauvaises raisons. Je sais que ces scandales ne naissent pas de mauvaises intentions à la base mais de mauvaises prises de décision, surtout quand y a un bon gros paquet de money dans l’équation. Qu’il y a des doutes raisonnables qui devraient être pris dans un principe de précaution et non dans celui du croisage de doigts en mode “oui bon y a un petit risque mais la probabilité est plutôt de notre côté.” La prudence ne devrait pas être sacrifiée sur l’autel du profit. Mais du coup nos amis complotistes nous compliquent la tâche quand on essaie d’appeler les gens à se faire leur propre avis. Je suis en général mesurée dans mes propos, ça fait un an que j’évite d’écrire “bordel, c’est le retour des années 30, les générations futures nous jugeront durement (enfin, avec l’actuelle extinction massive d’espèces, pas dit qu’elles vivent, ces générations futures. Et non, ça, c’est pas un complot par exemple), ils se demanderont comment on a pu laisser faire, comme nous quand on était au collège, qu’on étudiait la montée des fascismes en Europe”. Je le pense TRES fort et votre barrage républicain à la con, j’ai envie de l’insulter tous les jours (oui, je n’ai pas voté au 2nd tour parce que je percevais très bien l’arnaque) mais je ne le dis pas à chaque actualité qui me fait penser ça parce que… beaucoup de gens sont dans le déni.

Macron et de Villiers : à droite toute

Mais j’en reste à me demander à quel moment je suis dans le doute raisonnable et à quel moment je bascule dans un espèce de complotisme. On aime fantasmer sur les cabinets noirs, les hommes à la cigarette, ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre. Si je ne crois pas aux Illuminatis et leurs amis, je suis bien persuadée que nos gouvernants ont parfois des intérêts qui nous échappent, des tapes dans la main pour sceller des accords indignes. L’actualité nous le rappelle régulièrement, la destinée commune est souvent malmenée par les intérêts particuliers. Je ne crois pas aux complots, aux grands secrets, aux organisations occultes qui mènent le monde… essentiellement parce que je ne crois pas tellement au concept de secret en lui-même. Les seuls secrets qui résistent au temps sont ceux qui ne laissent aucune trace et que l’on a partagé avec personne. Des fois, je suis peut-être un peu trop prompte à croire des histoires qui mettent à mal ce système qui me débecte. Mais finalement, pourquoi se déchirer sur qui a tort ou qui a raison ? En cas de doute raisonnable, laissons faire l’Histoire. Ca prendra parfois du temps mais la lumière finira toujours par être faite.

* J’ai écrit cet article y a une dizaine de jours donc cette histoire sur l’Egypte et l’implication de la France sur la répression du peuple égyptien n’était pas encore sortie

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Existe-t-il de mauvais romans ?

La semaine dernière, j’étais donc en masterclass avec Bernard Werber qui, entre autres conseils, nous enjoignait à lire des livres, les bons comme les mauvais. Ca tombait bien, j’étais en train de lire un livre épouvantable que j’ai détesté dans à peu près tous ses aspects, de la forme au fond. Et depuis, je me questionne : existe-t-il de mauvais romans ?

Mauvais romans pilonnés

Balayons tout d’abord un poncif : oui, la perception d’une oeuvre est subjective et si je m’en réfère aux avis Amazon collés à ce livre honni, il est plutôt apprécié (mais c’est une auto édition Amazon alors je suis pas sûre…) même si j’ai vu quelques commentaires de type “mais c’est complètement nul, je comprends pas les avis positifs”. J’y reviendrai une autre fois sur le livre en lui-même, je voulais pas trop le charger cause auto édition, ne pas tirer sur l’ambulance mais puisqu’il est bien noté sur Amazon, après tout… Mais ok, j’ai détesté ce livre mais est-il objectivement mauvais ? Ca implique de fait une autre question : c’est quoi un mauvais roman ?

Le grumphy cat

Je serais du même avis que Karim Debbache qui, lui, traite de films : un mauvais film est un film qui naît d’une mauvaise intention. Et on peut apprendre d’une mauvaise oeuvre autant que d’une bonne. Précisément le point de Werber : lire un livre qui nous déplaît nous force à réfléchir à comment nous aurions fait, nous, pour faire mieux. Alors attention, je parle ici d’une démarche humble : repérer ce qui nous dérange et voir comment on aurait pu faire pour que ça ne nous dérange pas. Ca ne veut pas dire que vous ferez forcément mieux mais que vous avez identifié un problème que vous essaierez de ne pas reproduire dans vos écrits.

Corriger un texte

En fait, je me demande dans quelle mesure un mauvais livre n’est pas plus stimulant pour l’écriture qu’un bon. Par exemple, quand je lis un bon roman, ça a tendance un peu à m’inhiber, je me dis que je ne pourrai jamais faire aussi bien. Alors qu’un mauvais, pour peu qu’il réveille une frustration, une envie de mieux faire, ça te booste dans tes projets littéraires.

Ecrire

Mais du coup, revenons en à l’histoire de l’intention. Quand j’ai lu ce roman en me disant que c’était de l’essence pure de merde, j’ai hésité à en parler comme je disais plus haut car il ne me semble pas que l’autrice avait de mauvaises intentions en publiant ce roman. Elle a écrit une histoire qui aurait pu être intéressante mais avec des défauts d’écriture et de construction de l’histoire réellement gênants. Mais quel était son but au fond ? Se faire plaisir à elle en se donnant un rôle à la fois central et complètement ridicule mais il n’y a pas d’intentions mauvaises de type écrire un roman hyper formaté juste pour se faire de la tune en oubliant la personne essentielle dans l’histoire : le lecteur. Du coup, peut-on réellement lui reprocher ce roman alors qu’elle a respecté la règle n°1 de l’écriture : se faire plaisir ? Même si moi, je n’en ai eu aucun en la lisant. Ecrit-on pour soi ou pour ceux qui pourraient nous lire ? Si elle a choisi l’auto édition, c’était bien pour être lue…

Ecrire pour être lue

L’ÉCRITURE DE PRESSE Écrire pour être lu

Du coup, faut-il remercier les mauvais auteurs ? Heu ben si on considère que j’ai perdu une semaine à le lire au lieu de passer au roman de ma pile à lire suivant, je doute…

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Faut-il perdre tout dignité sur les sites de rencontre ?

Non. Non non, vraiment non. #non

Depuis que je compulse le site rencontre de merde dans un but de pure recherche (et parce que du coup, je me sens ultra chanceuse dans mes aventures de dating), je découvre différents comportements assez hallucinants qui me font poser de grandes questions sur la santé mentale de mes contemporains. Parce qu’il semble que les sites de rencontre encouragent très fortement la parano.

paranoia

Comme je disais la semaine dernière, les sites de rencontres sont des petits collabos fouteurs de merde qui affichent en gros sur nos profils notre dernière date de connexion.  Pour peu que votre nouveau camarade de jeu soit un peu du genre méfiant, si vous avez eu le malheur de vous connecter depuis votre dernier date, attendez vous à devoir vous justifier. Mais d’autres décident de vous prendre au piège, persuadés que de toute façon, vous êtes animés de mauvaises intentions. Ainsi il peut être courant que votre nouveau crush crée un nouveau profil avec “des photos trouvées sur Internet”, tout parfait pour vous, et va venir vous adresser la parole. Autant vous dire que si vous tombez dans le piège, vous allez recevoir aussi sec une liste très complète de gros mots et insultes. Vous l’aurez cherché. Oui, certes si vous lui avez promis monts et merveilles tout en continuant votre chasse, tout accro aux sites de rencontre que vous êtes.Mais ce qui m’interpelle légèrement, c’est le temps consacré par votre moitié parano pour faire tomber son nouveau flirt.

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Il est des rencontres qui marquent un peu, il est vrai. Des matins où l’on se blottit contre ce nouvel autre dont nous ignorions encore l’existence hier ou à peu près et l’on sent son coeur battre un peu plus fort. Pas encore de l’amour mais l’envie de croire que, cette fois-ci, ce sera différent, que celui-ci ou celle-ci restera car il aura vu ce qui fait de vous un être unique et voudra en savoir plus. Parce que vous avez vu quelque chose en lui ou elle, cette étincelle qui rend tout possible. On rentre chez soi la tête haute et le sourire aux lèvres, l’envie de le/la retrouver vite, bientôt, sans attendre une seconde. On s’imagine déjà que cette rencontre-là, elle est pas comme les autres, on réécrit l’histoire aussi vite qu’elle se déroule pour la rendre plus belle, plus forte, on guette le moindre signe que là, on ne se trompe pas, c’est sûr. Et puis, tandis qu’on danse sur notre nuage en barbapapa, on s’aperçoit soudain que cette personne qui a réchauffé notre coeur est à nouveau connecté sur le site (vous aussi mais c’est pas pareil). Alors forcément, on veut savoir. Histoire de pas s’investir pour rien.

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Oui, ok, ça se comprend très bien. Sauf que je dois être très orgueilleuse mais un plan comme ça, je vais pas consacrer 2h de plus à cette personne si elle m’a raconté de jolies histoires pour mieux tirer son coup avec un-e autre le lendemain. Enfin, s’il a promis quelque chose, n’oublions pas qu’on se réécrit très vite une histoire, qu’un “à bientôt” n’est pas toujours promesse de nouvelles rencontres, que certains ne savent pas dire au revoir. Oui, vous êtes peut-être mal tombé-e mais est-ce une raison pour se rabaisser à lui tendre un piège ? Vous voulez savoir ce qu’il veut ? Et bah demandez-lui. Et pas avec un faux profil, bien sûr. Parce que même si vous êtes face à une sale personne, rien ne justifie que vous jouiez les psychopathes. Je dis pas ça pour l’autre mais pour vous. Parfois, dans une rencontre qu’on croyait magique, la seule chose qui peut être sauvée, c’est la dignité. Alors respirez et sortez de ce site. Vous verrez bien si vous avez des nouvelles rapidement et vous poserez tranquillement la question “au fait, on est ensemble ou pas ?”. Mais pas de crise de nerf qui sort de nulle part. A part faire monter votre tension, vous n’en tirerez rien.

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Mais, ok, Nina, allez-vous me dire, elles sont bien jolies tes histoires mais on le trouve sur quel site, l’amour ? Nous verrons ça la semaine prochaine.

 

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