Le support fait-il l’oeuvre ?

On dirait un sujet de dissertation de philo (celle qu’on fait en devoir surveillé en terminale quand on débute, quoi). L’autre jour, en me baladant sur Instagram, je vois un dessin style BD sur Orgueil et préjugés (de Margaux Motin, je crois) et je me souvins avec un peu de nostalgie de ces petites BD en fin de Je bouquine qui présentaient une oeuvre littéraire majeure. Et y a certains bouquins que j’aurais préféré lire ainsi. Mais ne perd pas t-on un peu (beaucoup) de l’essence d’une oeuvre en la changeant de support ?

(Alors du coup, oui, c’était Margaux Motin mais ce n’était pas Orgueil et Préjugés)

Alors il est vrai que Je bouquine m’a fait acheter Madame Bovary, Les travailleurs de la mer, Eugénie Grandet… des livres entamés alors que j’avais entre 13 et 15 ans et que je n’ai jamais finis (enfin, Eugénie Grandet, je crois que oui mais je n’ai aucun souvenir)… parce que les BD donnaient vraiment envie mais surtout… il ne s’agit pas juste de support, en fait. On n’est pas dans un débat “papier ou liseuse et quid du livre audio ?”, non, je parle d’adaptation, en fait. Pourquoi j’aimais bien ces BD et pas du tout les romans ? Parce que ça m’épargnait les longues parties de description avec lesquelles j’ai encore du mal aujourd’hui… Question de goût. Mais du coup, si on sabre de grandes parties des mots qui ont constitué l’oeuvre, est-ce qu’on peut encore parler d’oeuvre ?

Au bonheur des dames

Ah zt Au bonheur des dames, aussi ! Ca me donne envie de le reprendre (la lecture)

La question se pose aussi sur l’expo Klimt à l’Atelier des Lumières. Alors puisque vous ne me demandez pas mon avis sur cette expo, je vous le donne en 2*2 : j’ai eu un peu de mal à rentrer dedans parce que je me sentais un peu “volée” dans mon expo vu que je ne pouvais choisir combien de temps j’admirais une oeuvre mais finalement, j’ai été attrapée. Donc oui, c’est cool mais pour moi, ce n’est pas une expo mais une performance. Idem pour les interprétations radiophoniques de livres. Je vous conseille l’adaptation de La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker diffusée sur France culture que je trouve magistralement interprété. Mais une fois de plus, on sabre les mots (contrairement à un pur livre audio, par exemple, je suis en train de découvrir). Et évidemment les adaptations cinématographiques qui peuvent parfois franchement prendre quelques libertés avec le matériel de base. Mais du coup, en terme d’oeuvre, est-ce toujours la même ou carrément une nouvelle ?

L'expo Klimt à l'atelier des lumières

Et question corollaire : peut-on se targuer d’une connaissance d’une oeuvre si on l’a découverte par un support plus « abordable » ? Point de snobisme de ma part ici, je suis cette adolescente qui aurait adoré avoir la BD de Mme Bovary en entier car le style de Flaubert la rebutait (il faudra que je retente, j’ai réussi à lire le Rouge et le Noir très facilement une fois adulte et même les deux premiers volumes de A la recherche du temps perdu. J’ai même envie d’écrire un roman autour du personnage d’Odette… enfin, mon interprétation de ce personnage là mais j’ai déjà trop de choses à écrire pour le moment). J’ai vraiment adoré l’adaptation de la vérité sur l’affaire Harry Quebert par France culture et je voudrais récupérer plein de ce type d’adaptation (si vous avez quelque chose à ce sujet là… et je parle d’adaptations, pas de livres audio, j’ai pris un abonnement Audible, déjà). Et du coup, c’est là, la vraie question : qu’est-ce qui fait une oeuvre ? Son fond ou sa forme ? Pour en revenir à Le rouge et le noir que je n’ai lu que récemment (ah, cette volonté de ne pas lire les romans qu’on t’impose au lycée), j’avais vu il y a quelques années l’adaptation de TF1 avec Carole Bouquet et Judith Godrèche et je connaissais donc les grandes lignes mais une connaissance de l’oeuvre… pas vraiment. J’ai pas un grand souvenir de cette adaptation (à part la fin) mais il me semblait que certaines thématiques étaient un peu squizzées…

Le rouge et le noir téléfilm TF1, Carole Bouquet

Mais finalement, est-ce si grave que ça ? Je veux dire certains romans, tableaux, symphonies… ne sont certes pas abordables avant un certain âge ou tout du moins un certain bagage culturel et qu’on peut trouver les thématiques du Rouge et le Noir ou Mme Bovary absolument passionnantes mais être rebuté par le style littéraire de leurs auteurs. Alors oui, toute adaptation fait perdre toute la forme d’une oeuvre originale. Mais quand on raconte une histoire, est-ce que l’on souhaite que nos interrogations, nos récits, nos témoignages soient partagés au plus de personnes possibles ou est-on résolument attaché à ce que les gens découvrent l’histoire à travers nos mots et seulement eux ?

La peinture par numéro

Parfois, j’ai envie de me remettre à la peinture par numéro, à propos de connaissance d’oeuvre…

Et bien… je sais pas, j’avais juste envie de poser la question.

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Résiste de France Gall et Bruck Dawit

Alors aujourd’hui, je vais pas vous parler de film mais de comédie musicale. Parce que oui, après être allée à Broadway, j’avais besoin de revoir une comédie musicale à la française pour comparer… Non, en vrai, ma soeur a eu deux places pour Résiste et m’a proposé de l’accompagner car notre dernier concert entre soeur était très certainement… France Gall (ou Starmania, on n’est pas sûres). On boucle la boucle.

Résiste la comédie musicale
Arrivées au Palais des Sports de Paris, je m’étonne un peu : il est pas jeune, jeune, le public quand même… Pas de soucis : malgré son âge un peu avancé, ce public était tout frétillant : ça applaudissait à tout rompre, ça chantait à tue-tête, ça allait se coller à la scène pour les plus grands titres, ça se prenait en selfie pile entre la scène et moi (allez crever avec vos selfies). Ah mais je me rends compte que je vous ai même pas raconté le truc, cet article s’annonce follement décousu ! Donc l’histoire, c’est celle de Maggie, une jeune fille qui vit sa vie en chantant des chansons de Michel Berger et France Gall. En plus clair : France Gall et son compagnon ont pioché des chansons écrites et composées par Michel Berger pour tisser une histoire… Un peu comme Mamma Mia si j’ai bien compris (je l’ai pas vu). Et le challenge était osé, je vais vous dire pourquoi.

Résiste la comédie musicale
Après une petite scène filmée où France Gall joue “Moon”, la grand mère d’une petite fille typique de tous les films et séries ou pubs (donc chiante et écrite par un adulte donc avec des réflexions et des comportements qui ne sont pas de son âge), Mamie annonce qu’elle va raconter l’histoire de Maggie, une jeune fille qui travaille dans un bar, le Lola’s, avec son papa, sa soeur Mandoline, le serveur Tennessee mais c’est la panique ! Il manque des sous et si ça continue, le club va fermer. Maggie va se confier à son amie Angelina et tomber sous le charme du nouveau pianiste Mathis. Chassé croisé amoureux au Lola’s, ça se cherche grave : Mathis et Maggie, Tennessee et Mandoline, Angélina amoureuse d’un mauvais garçon (qu’on ne verra jamais).

Résiste la comédie musicale
Alors maintenant que le décor est posé, dressons le positif et le négatif de cette comédie musicale. En positif, déjà, le travail de chorégraphie réalisé par Marion Motin (la soeur de Margaux, oui). C’est fluide, les corps sont souples, toujours en mouvement. Ca m’a vraiment rappelé la comédie musicale de Broadway où les acteurs qui ne sont pas au premier plan ne s’arrêtent jamais. Musique live aussi, avec un orchestre intégré au décor… Décor d’ailleurs habilement pensé, ça j’ai vraiment bien aimé. Côté chanteurs, la fille du rôle titre (Léa Deleau) s’en sort très bien, mention spéciale aussi à Gwendal Marimoutou (Tennessee) qui chante très bien. Pour les autres, petit bémol pour Mathis qui couaque un peu, Angelina qui avait une élocution un peu approximative (avec mon audition aléatoire, je comprenais pas toujours ce qu’elle chantait), le Père qui a pas mal bafouillé sur les parties parlées.

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Côté mise en scène, y a eu du bon et du moins bon. Les séquences “scènes filmées” et jeu sur scène s’enchaînent bien, le final avec rotoscopie était un peu surprenant mais ça passait. Par contre, plusieurs fois, j’ai été un peu perdue sur scène. On passe d’une scène chantée très dynamique avec une troupe de danseurs qui attire bien l’oeil à une scène parlée où tu cherches qui est en train de parler vu que tu ne repères pas immédiatement les acteurs. J’avoue avoir été très sensible aux chorégraphies, étant plus attentive aux danseurs qu’aux chanteurs plus d’une fois. Quelques scènes m’ont un peu interpelée aussi dont “il jouait du piano debout”, une scène forte où le pianiste… est en arrière plan. Je vous jure, quand les chanteurs ont commencé à chanter, je me suis dit “mais attends, il n’y a pas le pianiste… ah si, pardon !”. Sur cette même chanson, la mise en scène passe soudain un diaporama d’hommes et femmes qui ont marqué le dernier siècle : Mandela, Luther King, Barack Obama (le mec le plus survendu du monde), Mère Teresa, Gandhi il me semble, quelques artistes comme, notamment Freddy Mercury… Alors ok, sympa sauf que la chanson parle d’un artiste en particulier : Elton John… qui ne figure pas dans le diaporama. Bon, soit.

elton_john_france_gall
Le choix des chansons, justement. J’imagine qu’il est très difficile de tirer une comédie musicale d’un vivier de chansons qui n’avaient pas été écrites pour être liées les unes aux autres dans une histoire commune. Du coup, on se retrouve avec pas mal de chansons peu connues comme Mandoline (chanson pour introduire le personnage du même nom mais d’un autre côté, Tennessee n’a pas eu sa chanson alors que je le voyais arriver gros comme une maison) ou 2 chansons d’Angelina Dumas, comédie musicale qui n’a jamais vu le jour et qui était le brouillon de Starmania (mais pour le coup, on pouvait pas prendre des chansons de Starmania vu qu’elles étaient écrites par Plamondon). D’ailleurs, je m’arrête un peu sur le personnage d’Angelina, inspirée par l’histoire vraie de Patricia Hearst. Pourquoi pas hein mais le personnage est un peu mal géré, on commence à entendre parler d’elle quand le père fait « ah, regarde dans le journal, c’est le mec d’Angelina ? ». Mais c’est qui ? Pourquoi il parle d’elle ? La meuf débarque et j’ai mis du temps à comprendre qu’elle n’allait pas servir de moitié au papa veuf mais était la meilleure amie de Maggie.

Angelina dans Résiste comédie musicale

A l’inverse, pas mal de chansons très connues n’ont pas trouvé leur place comme Tout pour la musique, Evidemment, Plus Haut…

evidemment_france_gall
Bref, l’exercice d’écrire une comédie musicale à partir d’un répertoire qui n’est pas fait pour ça paraît hautement casse-gueule et finalement, ça passe même si la 1ère partie est un peu molle, à part la dernière chanson (La Groupie du pianiste) qui commence à lancer le show juste avant un “entracte de 20 minutes” balancé un peu brutalement. Cette petite soirée sympa m’a rappelé une envie que j’ai eu dans le temps : prendre des cours de comédie musicale parce que ça cumule jeu, pas de danse et chanter fort. Le seul truc, c’est que j’ai jamais trouvé un cours où on pouvait aller “pour s’amuser”. Non parce que le but, c’est de se défouler, pas de devenir la nouvelle… hmmm… Maurane ou Yaël Naïm (ok, j’ai dû chercher sur Google pour trouver un nom, je dois vraiment me refaire une culture comédie musicale), c’est juste de bien m’amuser après une journée intense au boulot. Si vous avez une piste, bippez moi !

Ah et du coup, une petite vidéo quand même

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Ces livres sans postérité

De temps en temps, j’aime fureter dans les allées d’une librairie et entendre mon moi démoniaque et mon moi angélique se foutre sur la figure à base de « han, je veux ce livre! » « mais t’en as plein déjà, arrête ! » « oui mais je le retrouverai peut-être jamais », « non, tu as trop de livres en attente et tu es dans le rouge à la banque ». Ma boulimie de livres est toujours présente mais je me soigne.

Je navigue de tête de gondole en tête de gondole, mes lunettes vissées sur le nez, je laisse mon regard bondir de couvertures flashies en couvertures flashies. En général de la chick litt à base de fille célibataire à qui il va arriver de folles choses et qui à la fin, trouve un mec trop cool qui est l’homme de sa vie, même qu’ils feront sans doute des bébés. Depuis les frères Grimm, on en revient toujours au même point. En prime, pour nous allécher, un petit dessin de Pénélope Bagieu ou Margaux Motin. Quoi que je pense qu’elles ont un peu passé la main mais comme je ne fais que survoler ces rayons, je ne suis pas très attentive.

Bref, je volète tel un colibri, je butine ci et là à la recherche des fleurs les plus gorgées en suc, celles qui me donneront entière satifsfaction. Et tandis que je picore, une réflexion s’impose à moi : mon Dieu, tous ces livres qui finiront au pilon dans deux mois. Et ça me rend triste.

Déjà, en temps que nouvelle accro au DIY (enfin, je do it myself surtout dans ma tête, faut vraiment que je passe le cap, ça commence à m’énerver cette petite trouille de pas me lancer. Au pire, je rate, c’est-pas-grave putain. Y a pas écrit couturière sur mon intitulé de poste), je zieute pas mal les livres pour apprendre à faire de la couture, des doudous rigolos, de la fimo aussi… Parfois j’achète avant de me dire que j’ai eu tort et envisager de les revendre (je suis pas chiante, pas du tout). Dans ces rayons, partout autour de moi, des petits livres sans postérité possible. Le pire, c’est en cuisine : un livre sur cuisiner le nutella, un autre le kiri, faire des muffins, des macarons, des ci, des là, avec les petits ustensiles qui vont bien. Une fois les recettes testées, on range le livre ou on le jette ?

Et que dire de ces livres d’actu hyper circonstanciels qu’on aura oublié dans un an ou deux ? Ca fera toujours le bonheur des historiens mais si je furète sur les rayons virtuels de la FNAC (parce que j’écris cet article à 23h10), que vois-je ? Une BD de Mathieu Sapin sur la présidentielle, un livre de Raphaëlle Bacqué sur les Strauss-Kahn, le livre de Bachelot… Dans la bibliothèque de mes parents, quelques brûlots anti Ségolène Royal et Martine Aubry. Intéressant de voir que mes parents achètent des livres critiquant des gens qu’ils n’aiment pas et rien sur les personnes qu’ils apprécient plus (enfin, je suppose). Ca mériterait un article… Bref, qui s’intéresse aujourd’hui aux livre parus sur Ségolène Royal en 2007 ? Quelqu’un qui veut réécrire un livre sur elle, un ou deux étudiants qui font un master sur elle, et ensuite ? Tout ça, c’est bon pour le pilon, c’est tout. Drame écologique, tous ces arbres coupés pour rien… Et que dire des espoirs de l’auteur publié qui espérait se faire un nom au Panthéon des auteurs, ses espoirs réduits en purée de papier. Quoi que plus je furète dans les rayons, plus j’ai la sensation qu’on peut publier tout et n’importe quoi. Sans en attendre une quelconque reconnaissance. J’avais vu une femme interviewée dans une émission, elle était interrogée en tant qu’auteur… d’un dictionnaire franco-chti. Tu m’étonnes que ça finisse au pilon.

Ce qui est drôle (ou pas), c’est que les livres pilonnés sont recyclés en papier…magazine. Quand le vide remplace le vide pour finir au même endroit : la poubelle.

Comme une vieille conne, je pourrais me dire qu’être édité, aujourd’hui, n’a plus de valeur en soi, qu’on peut écrire un livre qui n’a que 3 mois de durée de vie, le voir trôner quelques jours en tête de gondole avant de rebondir dans les rayonnages puis terminer sa triste vie au pilon. Pourtant, reste quelques pépites, quelques livres qu’on lit avec délectation, émotion, intérêt. Pas les livres éphémères, sans postérité. C’est vrai. Mais ils ont le mérite d’apporter de l’eau au moulin des éditeurs qui pourraient prendre le risque de lancer un jeune auteur. On peut toujours rêver…

Et pour votre culture, un article bien intéressant sur le pilon.

PS : Des fois que, pour être claire : je n’ai envoyé aucun roman à un éditeur donc non, cet article n’est bien que le fruit de mes errances en librairie et non d’une quelconque rancoeur.

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Mince alors

Par Pink Lady

Toute bonne pétassista le sait : après les fêtes, c’est diète. Oui, on a passé une semaine à se gaver comme des truies de foies gras et autres bûches à la crème de beurre, il faut vite éliminer toutes ces cellules adipeuses tranquillement lovées dans mon bide et mes fesses. Et pour les récalcitrantes qui n’auraient pas noté « perdre 5 kg » sur leur liste de bonnes résolutions, les magazines féminins viennent nous agresser à coup de « le nouveau régime pour perdre ses kilos après les fêtes ».

Sauf que la femme est rarement sérieuse dans ses régimes et les magazines féminins nous rappellent régulièrement à l’ordre. En janvier, tu perds les kilos des fêtes, en mars les kilos sponsorisés par tes raclettes et autres tartiflettes, en juin tu balises pour l’épreuve du maillot donc on en remet une couche, fin d’été t’as mangé trop de glaces et de chichis, à la diète ! Tout au long de l’année, on te rappelle que mince tu dois être et ce par n’importe quel moyen. Quitte à faire des régimes dangereux pour la santé (Dukan pour ne pas le citer), souvent déséquilibrés (le cortège des régimes dissociés) car la perte de poids doit être rapide. Ben oui, imaginons une grassouillette lambda qui souhaite perdre 5 kg avant l’épreuve du maillot. Comme elle se réveille quelques jours avant la date fatidique, elle doit perdre vite. Achètera-t-elle le magazine « apprends à manger équilibré et perds 2 kg par mois » ou le régime « diète express, perds 5 kg en un mois » ?. A ton avis ?

Je suis une fille à régime, j’en fais en moyenne 52 par an. Ca se passe toujours de la même façon : le dimanche soir, je décide qu’à partir du lendemain, c’est diète. Le lundi midi, je mange light, le lundi soir aussi. Le mardi midi, je crève tellement de faim que je m’autorise un petit accroc. Le mardi soir, j’ai oublié jusqu’à la notion même de régime. Parce que le problème des régimes, c’est que c’est pas fait pour les gens qui bossent. Prenons les régimes équilibrés avec menu établi pour la semaine. Donc le midi, je dois manger un poulet thaï avec de l’ananas en dessert par exemple. Bien, super, je vais trouver autour de ma boîte un resto qui sert ça. Ah non, y a pas. Donc pour bien suivre le menu à la lettre, faut que le soir, quand je rentre chez moi, je cuisine non seulement pour le soir mais aussi pour le lendemain midi. Pour peu que je rentre tard chez moi, de 1/ je vais mourir de faim et de 2/ j’ai pas envie de passer ma soirée à popoter, j’ai une vie moi monsieur.

Mais on nous culpabilise. Mince tu dois être, comme les filles des magazines. On culpabilise toujours les « grosses », celles qui ne rentrent pas dans du 36, celles qui ont toujours quelques kilos à perdre. Pourquoi tu grossis ? Pourquoi tu ne fais pas ce régime facile et garanti ? Mincis, mincis, mincis, c’est ton obsession ! Elimine tout gras de ton alimentation, maintenant et pour toujours. Oh, on le sait que tu craqueras, on le fait toutes mais ressaisis-toi. Limite, je suis étonnée qu’on n’ait pas eu encore un article sur »comment se faire vomir »parce qu’à côté de ça, la femme svelte est feignante : les pages sports des magazines féminins sont courtes (une page avec une grosse illu by Margaux Motin ou Pénélope Bagieu, du mois à l’époque où je les lisais) et tournent toujours autour du même thème : le sport, on aime pas ça alors on essaie de trouver un truc ludique comme la danse orientale, hihi. Oui, la femme des magazines veut mincir sans effort, un régime rapide et facile à suivre sans bouger trop son gras parce que c’est fatigant quand même.

Alors comme j’ai quand même ses relents de pétassista (et parce que mes pantalons commencent à me serrer), je suis au régime. Je mise sur une forte consommation de fruits et de légumes, le moins de matières grasses possibles et du sport. Et c’est pas dans les magazines que j’ai trouvé ce principe grâce à mon bon sens naturel. Maintenant, la question est : combien de temps ça va tenir.

Sinon, la prochaine fois, je pourrai aussi vous parler de mon autre résolution : ranger mon appart mais genre pour de vrai de vrai, y compris dans le placard et sous le lit.

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Warhol avait presque tort

Depuis maintenant trois ans (Ciel!), je bosse sur les communautés du web. Blogs, forums et même Facebook, Twitter, Youtube… J’ai juste raté le train myspace même si j’ai dû créer un compte pour un client, un jour. Et ce qui est fascinant dans tous ces microcosmes, c’est le sentiment de starification et la vitesse à laquelle on chope le melon. Attention, je suis influente, parle moi correct !


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(c) largentula

Avant même de travailler en lien direct avec les blogueurs, je connaissais le phénomène de blogueur influent et m’en amusais follement. Influent de quoi, de qui ? En tant que lectrice adulte et dotée d’un libre arbitre, je ne vais pas consommer tout ce que me conseille un blogueur surtout quand il est rémunéré pour (oui, je suis en train de lamentablement cracher dans la soupe). Ca peut permettre de découvrir un produit ou un service, bien entendu, mais quand j’entends certains blogueurs influents expliquer qu’ils peuvent faire ou démonter une marque, je me gausse. Par exemple, la blogosphère influente s’est passionnée pour « La personne aux deux personnes », film avec Chabat. Résultat : le film fut un bide. Quelques uns sortent leur épingle du jeu comme Pénélope, Boulet, Margaux Motin pour les dessineux, quelques blogueuses mode ont pu travailler sur une collection de mode comme les chaussures André. C’est bien. Mais cette micro célébrité en rend certains parfaitement imbuvables. Persuadés limite d’avoir le droit de vie ou de mort sur une marque, une agence de comm ou même ta carrière, ils dénigrent en permanence. Comme disait Pink, un champagne tiède servi dans un gobelet en plastique et c’est tout un drame. Dans mon ancien taf, j’avais parfois la sensation qu’on avait créé des monstres. Non mais c’est vrai, concrètement, qui sont les blogueurs ? Des gens qui bossent dans le marketing ou la comm, des
étudiants, des journalistes et des inactifs, pour l’essentiel. Pour les étudiants et les inactifs, cette microcélébrité leur permet soudain d’exister, d’être quelqu’un, les marketeux prennent leur revanche sur des marques trop exigeantes en profitant du système et les journalistes se la jouent vigie moralisatrice parce que eux, c’est leur métier d’écrire et pas les autres. Ok, je caricature mais on n’est pas si loin de la vérité. Ah, j’oubliais les graphistes-illustrateurs mais la blogo-BD est un peu différente dans la mesure où ils ne courent pas après les marques, juste après un contrat d’édition et des piges ce que je trouve bien plus noble, pour ma part.


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C’est bien joli tout ça mais prenons conscience d’un truc : la blogosphère est un microcosme protéiforme où ta célébrité est complètement relative. Je vais prendre mon cas en tant qu’internaute vu que c’est celui que je connais le mieux. Quand j’ai commencé mon blog, en 2005 (ouais, je suis pionnière presque, t’as vu ?), j’en connaissais que très peu et essentiellement dans mon univers, soit les blogs journaux extimes ou « chroniques de vie », comme j’aime dire. Puis alors que je cherchais du travail, ma soeur m’a appris la notion de buzz et je me suis ouverte aux blogs marketing, j’ai commencé à lire des mecs célèbres sur la blogo dont je n’avais jusque là jamais entendu parler et qui n’étaient pour moi que des blogueurs au même niveau que moi. Crime de lèse-majesté s’il en est, je me comparais, moi et mon millier de lecteurs, à des blogs avoisinant les 4000 lecteurs par jour. Vilaine fille, tu seras flagellée en place
publique. Mais calculons un peu : 4000*30 (je suis gentille, je ne tiens pas compte des baisses du week-end), ça nous fait 120 000. Considérant qu’il y a en France (on va dire que les lecteurs sont tous Français même si rien n’est plus faux) environ 65 millions d’habitants, on va dire que la moitié d’entre eux a le web, soit 30 millions en arrondissant vers le bas. Donc 120 000 sur 30
millions, ça nous fait… 0.4%. Paie ton influence. Alors évidemment, on va me dire que ce qui fait le buzz (je refuse d’utiliser le mot ramdam, je trouve ridicule tous les sites qui changent de vocable du jour au lendemain parce que les mots anglais, c’est plus possible. Alors on a pris un mot arabe à la place), c’est la multiplicité des sites qui en parlent. C’est vrai. Et il est vrai aussi que les médias « traditionnels », surtout ceux en mal d’actu, vont se précipiter sur ces buzz pour remplir leurs colonnes. Sauf que ça n’intéresse que nous. Je suis au bord de la jouissance quand je parle à des gens qui ne connaissent pas le blogueur influent dont je leur parle. Et y en a beaucoup. Parce que oui, la blogosphère n’intéresse majoritairement que les blogueurs et les annonceurs évangélisés. Et encore, tout blogueur ne connaît pas la noblesse influente qui se croit au sommet car elle a fait une soirée avec des VIP genre des acteurs qui passent à la télé et tout. Le blogueur est un formidable pique-assiette. Puis il ne faut pas oublier que l’audience de ces blogs vient en immense majorité (jusqu’à 80%) de Google. Je ne sais pas vous mais quand je cherche un truc sur google et que je tombe sur un blog, je n’en retiens pas forcément le nom, je prends l’info et je le quitte. Influent mes fesses, oui.

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Autre phénomène qui me fascine, c’est Twitter. J’adore Twitter, j’adore lire les conversations, observer mes congénères et bitcher ensuite avec Vicky. Parce que, là, pour le coup, c’est comme un immense lycée avec les populaires qui pètent très haut au dessus de leur cul (je suis suivie par 4589 personnes mais moi, j’en suis que 13, des very very VIP) et dont on cherche à attirer l’attention à coup d’insertion de leur pseudo dans nos tweets. Oui, pour ceux qui ne connaissent pas Twitter, quand je veux interpeller une personne, je mets un @ devant son pseudo. Exemple pour me parler, c’est @ninabartoldi. Si la personne me suit, elle verra mon message dans sa timeline mais si tel n’est pas le cas, elle peut cliquer sur le lien « @sonpseudo » de la colonne de droite et voir tous les messages lui étant adressés. Perso, j’ai tendance à ne pas causer à ceux qui ne me suivent pas, je n’ai pas besoin de l’attention de ceux qui ne souhaitent pas me la porter. Ces populaires, stars d’un jour, snobent donc l’ensemble des petits comptes. Beaucoup usent de la technique de l’abonnement massif. Ils vont suivre plusieurs centaines de comptes et quand ils ont leur petit public, ils virent tout le monde pour avoir un ratio d’abonnés largement supérieur à celui de comptes suivis, pseudo gage de qualité. Sauf que perso, comme déjà dit, si la personne se désabonne de mes tweets, je pars du principe que je ne l’intéresse pas donc je ne vois pas l’intérêt de continuer à la suivre puisque tout dialogue l’ennuiera. Puis j’aime pas parler dans le vide. Sans parler du fait que j’ai des amis dans la vraie vie donc je ne
suis pas à un follower près (j’ai tendance à ne pas savoir combien j’en ai, je passe par un client twitter qui ne me l’affiche pas). 

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Autre cas qui me fascine : l’attention whore ou les aspirants populaires. Le but est de faire un max de bruit, de faire parler de soi pour faire péter le nombres d’abonnés. Chez les femmes, ça se manifeste par la nana qui va allumer toute la timeline en ne parlant quasi que de sa vie sexuelle (souvent fantasmée, j’ai du mal à croire que les hyperactives sexuelles passent toutes leurs soirées chez elles à twitter), du fait qu’elle est plus bonne que la plus bonne de tes copines, à sauter sur tout ce qui est sexuellement comestible (hommes comme femmes, la salope est forcément bisexuelle, ça suscite plus) en promettant mille fellations et levrettes… Au point qu’elle en devient sexuellement agressive et pénible. Surtout quand vous avez le malheur de suivre ce compte et celui de sa proie et de suivre une parade pré-coïtale qui n’a quasi aucune chance d’aboutir, l’attention whore étant souvent une simple allumeuse qui ne couche
pas. Si tant est que ce soit bien une femme derrière, j’ai des doutes. Bien entendu, certaines attention whore sont à prendre au 2nd degré et sont de fait très drôles mais souvent, on sent bien qu’elle a beau revendiquer un second degré, le fait est qu’elle cherche le follower et l’attention. Son slogan pourrait être : « Pitié aimez moi! ». 

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La célébrité sur twitter est encore plus éphémère que sur les blogs. On va s’enflammer sur votre cas pendant quelques heures avant qu’un autre prenne la place. Je lisais ce matin un article intéressant sur le sujet, un mec, qui n’a même pas d’avatar, s’est retrouvé star de Twitter car il est le seul compte suivi par Kanye West. Du coup, le gars n’ose plus twitter, scruté par des milliers de gens. Ce que je peux comprendre. Twitter est un formidable outil pour se divertir, s’informer un peu, lire des plumes particulièrement percutantes et acérées (vas-y toi être intéressant en 140 caractères), jouer un rôle. Bien maîtrisé, il est également un bon outil pour les marques qui peuvent discuter avec leurs clients (ce que beaucoup n’ont pas compris, elles se contentent de poster du lien, je ne les suis jamais dans ce cas). Mais la pseudo célébrité sur Twitter, sérieux ? Bon, évidemment, je ne twitte que sous mon nom de blogueuse donc d’un point de vue perso, ça ne m’aidera pas à me faire connaître mon e reputation est ailleurs (cette semaine, un site spécialisé média a annoncé mon arrivée chez mon nouvel employeur, je deviens une community manager célèbre presque… Ca fout la pression !). Pire, je serais emmerdée d’être plus connue sous Nina que sous mon vrai nom… 

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Je suppose que bosser sur le web permet de relativiser cette micro-célébrité. Je vois aussi le phénomène sur les forums où les populaires font la pluie et le beau temps, au point que les nouvelles commencent à être terrorisées à l’idée de poster un message et d’être rembarrées par les stars. Si nos forums explosent littéralement les blogs en terme d’audience, chaque sous section reste finalement une petite place du village. Mais voilà, grâce au web, on a la sensation d’avoir droit à notre quart d’heure de célébrité, voire même plus. Pour ma part, j’ai été citée plusieurs fois dans des journaux et même dans un livre de sociologie (sex@mour de Kauffmann qu’il faudrait quand même que je lise, je ne lis que très peu en ce moment, c’est mal) alors je pourrais un peu me sentir une sorte de « référence ». Une référence de quoi, là est toute la question… (alors que j’ai été publiée sous mon vrai nom dans une revue d’histoire
à l’époque, ça compte bien plus à mes yeux).

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Le talent n’existe pas

Pour moi, il y a grosso modo deux types de personnes : ceux qui ont du talent et les autres. Evidemment, selon la discipline sur laquelle on se penche, on ne trouvera pas toujours les mêmes personnes du côté talent même si certains les cumulent.  D’ailleurs, ceux là, ils me rendent terriblement jalouse.  Mais une autre école contrarie ma vision du monde : le talent n’existe pas, tout est question de travail.



Maliki avait déjà traité du sujet il y a un milliard d’années sur son blog, expliquant que le dessin, ça s’apprend et qu’il faut travailler et encore travailler pour arriver à un résultat potable. Je parlais l’autre jour à un garçon musicien tombé dans la musique sur le
tard et qui maîtrisait plusieurs instruments : tout est question de travail. Je veux bien mais j’ai quand même un doute.





Si je me penche sur mon cas, je sais très bien que mon principal talent se situe dans l’écriture. Alors certes, il y a du travail derrière, j’écris depuis l’adolescence (c’était très mauvais au départ), je lis énormément…  Et encore, quand je parle de talent, tout est relatif. Quand je lis du Moravia ou là Nabokov que je découvre, je me dis que je devrais brûler mes doigts pour ne plus jamais toucher un clavier afin de cesser d’étaler ma médiocrité littéraire. Par contre, en dessin, je suis objectivement mauvaise. Comme je
lis pas mal de BD et mangas, je suis foutue d’envisager un storyboard, un découpage mais entre ce que j’ai dans la tête et le résultat, y a un abysse ! Alors évidemment, si je travaillais encore et encore, voire prendre des cours, je m’améliorerais et j’arriverais peut-être à un résultat pas trop dégueulasse. Mais je pars de tellement loin que ça me décourage déjà.



Et puis je suis désolée mais le talent, voire le génie, ce n’est pas un mythe. Imaginons que je travaille dur et que je finisse par être plutôt pas mal en dessin. Ok, mais si je sais dessiner des coupes de fruits voire des nus, ça ne fait pas de moi quelqu’un de talentueux. Il faut un style, une marque, quelque chose. Quand on voit un dessin de Maliki, Margaux Motin, M. Le chien ou encore Pénélope Joli-Cœur, on les reconnaît du premier coup. C’est d’ailleurs mon petit jeu, quand je lis des revues féminines, de trouver quelle est l’illustratrice. Si on prend Pénélope, de prime abord, on peut se dire que son dessin est plutôt simple mais franchement, je serais déjà pas capable d’en faire autant mais surtout, elle a un style, ses personnages ont des mimiques particulières… Ben voilà, là, c’est le talent.  Et même si son style évolue (comme les autres), il n’en reste pas moins qu’elle a sa patte.


Je ne crois pas que tout soit histoire que de travail. Si on prend la musique par exemple, certains saisissent mieux que d’autres l’air du temps, marient à merveille les harmoniques… Il y a des musiques qui parlent et d’autres pas. Il y a des titres qui restent à vie et d’autres qui sont balayés en un été. Et je ne crois pas que la fénéantise de l’un ou la masse de travail de l’autre soit une explication cohérente, non, non. A masse de travail égal, y a un petit truc en plus. Le talent, voire le génie. Peut-être une forme d’impudeur, aussi, peut-être que le talent est lié à un exhibitionnisme des sentiments, « il y a mis ses tripes », comme on dit. Je n’en sais rien.



Mais du coup, j’hésite à prendre des cours de dessin…

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