La liberté sexuelle pour les femmes : le grand leurre

Elle s’appelle Isabelle. 44 ans, divorcée, “pas mal pour son âge”; comme on dit. Pourtant le matin, quand elle se regarde dans la glace, ce n’est pas ce qu’elle voit. Elle ne voit que la peau qui perd un peu de sa tonicité, quelques taches discrètes qui commencent à apparaître, du gras sur le ventre qui refuse de partir. Ce matin, encore un nouveau cheveu blanc. Une sensation que ses belles années sont désormais derrière elle et qu’elle ne les retrouvera plus. Ainsi, elle n’a pas cru sa chance quand ce jeune homme croisé quelques fois à la machine à café est rentré dans son jeu de séduction. Après quelques verres et beaucoup de rires, il l’a ramené chez lui, ils ont fait l’amour, une fois, deux fois . Quelle fougue, ces jeunes hommes, elle avait oublié. Elle repart le lendemain, la confiance en elle remontée, le sourire aux lèvres.

Femme quadragénaire sourit à la vie, confiance en elle, New York

Elle s’appelle Axelle et c’est une femme libre. Elle aime les hommes, beaucoup, elle en rencontre souvent, elle se donne sans calcul et avec délectation. Ce soir, elle prend un verre avec Tiago, un beau garçon croisé sur Tinder. Ils se cherchent, ils se séduisent. Le contrat est clair : juste du cul, pas d’attaches. C’est donc sans surprise qu’ils finissent ensemble au lit pour une nuit torride. Axelle jouit, Axelle est heureuse : elle prend son plaisir avec un beau garçon après une bonne soirée.

une femme nue dans la forêt adossée à un loup, femme sauvage et libre, liberté sexuelle

Elle s’appelle Daria. Depuis quelques temps, elle flirte avec ce garçon, Charles, qui est en cours d’éco avec elle. Il est drôle et prévenant. Un soir, il l’invite à prendre un verre ailleurs qu’à la fac. Soirée délicieuse mais elle ne cède pas, elle veut être sûre. Ce ne sera qu’au bout du 3e rendez-vous qu’elle se donnera à ce garçon qui a conquis son coeur.

Un jeune couple flirte en buvant un verre en terrasse

Le point commun entre Isabelle, Axelle et Daria ? C’est qu’elles sont tombées sur des connards… Mais des connards puissance 10 000 qui les ont photographiées et balancé des photos d’elles nues ou presque prises à leur insu avec des commentaires pas forcément sympa sur leur âge, leur plastique ou leurs performances. Oui, en 2017, ça existe et pour une page Facebook trouvée, celle de Babylone 2.0, il en existe encore beaucoup pas encore débusquées parce que vous vous doutez bien que, nous, les femmes, ne sommes pas les bienvenus dans ce type de groupe fermé.

Un jeune homme prend une photo avec son smartphone

Quels torts ont eu nos trois demoiselles ? D’avoir une activité sexuelle. Point. Et d’avoir mal jugé une personne, pensant être dans un environnement safe avec lui. Et franchement, l’addition est très salée pour juste une erreur d’appréciation. Alors, oui, il est possible qu’elles ne sachent jamais qu’elles ont été exhibées là mais la situation reste dramatique. Des centaines ou milliers d’individus ont pu voir leur corps, allez savoir ce qu’ils ont pu faire sur ces photos. Et rappelez-vous qu’on ne parle que d’un seul cas, là… 

Un homme regarde des photos de jeunes femmes sur un ordinateur

Parce que la femme sexuée est systématiquement brimée. Quand j’écrivais mes aventures sexuelles ici (sans photos, sans vrai prénom ni détails permettant de reconnaître le mec impliqué, des fois qu’un mec ait envie de m’expliquer que je faisais pareil), qu’est-ce que j’ai pu me prendre comme seau d’insultes et de messages de type “va te faire gang banger* connasse” et autres joyeusetés. Dès que j’ouvrais la bouche, j’étais rabaissée par un “ta gueule, restes-en à tes histoires de cul”. Oui parce que le fait que je vive une sexualité épanouie semble me disqualifier pour parler de tout autre sujet… On me renvoyait systématiquement à ça, tout le temps. Mais quel est le rapport entre mon activité sexuelle et ma culture gé ou mes opinions ? Je cherche encore.

Une artiste de burlesque lit le journal avant de monter sur scène

Pourtant, on nous l’a vendue cette liberté sexuelle féminine. On regardait Samantha dans Sex and the city mener de front une carrière réussie (enfin, sa carrière, on la voyait que rarement dans la série) et une vie sexuelle débridée, se tapant les plus beaux mecs de Manhattan, dans la joie et la bonne humeur. Idem pour Miranda qui trouva l’amour en se tapant un barman random dans un bar, Charlotte qui finit avec un avocat qui avait pour seul intérêt au départ de la faire grimper aux rideaux et Carrie… Je sais plus. Sauf que non, dans la vraie vie, une femme qui couche est indigne selon les hommes (pourtant ravis de coucher), on peut l’insulter, la dégrader, l’humilier, elle l’a bien cherché. En 2017, on en est encore là et le pire, c’est que je suis moi-même un petit rouage de ce système. Je veux dire pourquoi j’ai arrêté de parler de sexe sur ce blog ? De peur qu’un employeur tombe dessus et ne m’embauche pas alors que… ben ce que je fais de mon cul n’a aucun rapport avec mon professionnalisme (vu que j’ai jamais eu de coït sur la photocopieuse en plein open space donc je ne perturbe personne). Alors je dirais bien que je vais vous reparler de mes histoires de fesses mais vu que je suis désormais monogame, le suspense est un peu limité. Mais on mesure une nouvelle fois à quel point le féminisme est nécessaire aujourd’hui, plus que jamais, car nous sommes de plus en plus opprimées, jusque dans nos libertés de jouir.

scène de sexe sur le piano dans Pretty Woman avec Richard Gere et Julia Roberts

J’ai publié un tweet sur le sujet vendredi et j’ai reçu des réactions assez diverses. J’ai passé beaucoup trop de temps à expliquer des concepts féministes de base comme le “not all men” et mansplaining donc je prévois pas mal d’articles à caractère féministe dans les prochaines semaines donc si ça vous ennuie… Ben arrêtez de lire mon blog car je passe en mode poing levé.

Logo féministe poing levé

* Je l’ai vraiment eu, celui là…

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La roadmap de la touriste

Tu peux découvrir une ville de deux façons : en te perdant (je suis très douée pour ça), errant dans les rues au hasard, ou en ayant ta check list de touriste. Si je me perdis dans Venise, Rome, Naples, Athènes, Mykonos, Honfleur, Lisbonne, en Sicile. Au gré de mon instinct, je tourne à droite, à gauche… Tiens, ça a l’air mignon. Parfois, je tombe sur de charmants petits coins, d’autres dans une impasse sans le moindre intérêt. A New York, mon temps était compté : 4 jours pour faire le grand chelem touristique afin de pouvoir revenir un jour avec Victor et errer sans but dans les rues.

Au détour d'une rue à Lisbonne

Au détour d’une rue à Lisbonne

Au détour d'une rue à New York

Au détour d’une rue à New York

Cet article vous présentera donc les incontournables du touriste. Pour me faciliter la vie et éviter trop de retrait d’argent à l’étranger, j’ai opté pour la solution de facilité : le city pass. Avec ce city pass, acheté pour la modique somme de 114 $ (je vous ai dit que New York était cher ?) et je peux désormais :

  • Monter en haut de l’Empire State Building
  • Aller jouer avec les dinosaures du musée d’histoire naturelle
  • Aller au Met
  • Aller au top du Rockefeller center ou au Musée Guggenheim
  • Faire un coucou à la statue de la liberté en direct de la Circle cruise ou aller à ses pieds et visiter Ellis Island
  • Visiter le Mémorial du 9/11 ou visiter le musée de l’aéronautique et de la conquête spatiale (y a un intrépide dedans, je me souviens plus du nom exact et j’ai la flemme de chercher).

New York vu d'en haut

Tout ça, oui ! La question devient dès lors : comment on s’organise. Facile, en fonction de la météo : les trucs dehors quand il fait beau, les trucs dedans quand il fait moche (il a juste plu le vendredi en fin de journée). Voici donc une petite review des trucs dehors, je vous parlerai des musées une autre fois

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  • L’Empire State Building

Peu avant mon départ, un collègue qui revenait justement de la Grosse Pomme (tout le monde est allé à New York cette année)  m’avait dit “si tu pars que 4 jours, évite l’Empire State Building, tu vas perdre 3h !” Mais quand même, ça me titillait… et soit on m’a menti, soit j’ai eu un bol de tarée mais j’ai accédé très vite au sommet. Après avoir pris un ascenseur qui monte si vite que ça m’a fait mal aux oreilles et avoir tenté de faire la visite avec l’audioguide qui freezait, j’accède enfin sur la terrasse et OH MON DIEU ! J’ai eu la chance d’y arriver en fin de journée avec un soleil magnifique, Manatthan dorant au soleil couchant. J’ai fait 30 fois le tour de la terrasse, fait 150 photos, tenté des selfies à contre jour (je suis nulle en selfie, j’aime pas ça de toute façon, voilà), réalisé un petit portrait d’une Japonaise avec son smartphone (et j’ai réussi à déjouer le contre jour parce que je suis une smartphotographe hors pair… quand il s’agit pas de selfie, donc). J’ai adoré, j’ai adoré, j’ai adoré. Franchement, j’ai passé un moment génial, j’ai aimé chercher voir New York de haut, j’aurais voulu y retourner tous les jours.

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  • Le Rockefeller center

J’adore le RockeFeller center. Pourquoi ? Parce qu’un mec a quand même créé un immeuble à son nom en mettant une représentation de Zeus sur le fronton et des drapeaux comme si c’était l’ONU. La petite patinoire est assez sympa, aussi. Mais évidemment, le Rockfeller center, outre ses émissions de télé dont le fameux show de Jimmy Fallon, on y va pour sa vue. On monte dans un ascenseur très rapide qui en profite pour vous diffuser un petit film sur le plafond transparent chantant les louanges de la NBC (je me moque mais c’est assez étrange comme expérience) et on se retrouve sur le toit pour une magnifique vue. Alors évidemment, si on a déjà vu l’Empire State Building, rien de bien neuf sous le soleil… Quoi que si, justement. D’abord, vous avez une vue magnifique sur Central Park (vue obstruée sur l’Empire State par… le Rockefeller Center) donc rien que pour ça, ça vaut le coup et on aperçoit au loin le ballet aérien de la Guardia (j’adore les avions, depuis que je n’en ai plus peur). Bref, ça vaut AUSSI le coup.

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Le Rockefeller center vu de l’Empire State Building

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Oui alors en fait, c'est pas Zeus, c'est la sagesse mais ma version est plus marrante

Oui alors en fait, c’est pas Zeus, c’est la sagesse mais ma version est plus marrante

Sinon là, c'est Prométhée

Sinon là, c’est Prométhée

  • Le World trade center

Oui, je le mets là car je vais parler du lieu et pas du Mémorial que je n’ai pas fait par manque de temps et je n’y tenais pas particulièrement, je suis pas une fana du côté “nous, le monde libre avons souffert !”. Je saisis tout le drame humain du 11/09, c’est ce que ça a légitimé derrière qui me fait violemment grincer des dents. Sans parler de ce nouveau building, certes magnifique… Ca me donne la sensation que la leçon n’a pas été tirée. Bref, un regard aux bassins du souvenirs, des noms de gens décédés, quelques photos parce que le bâtiment est beau et fait des reflets sur l’immeuble d’en face et je repars

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  • La statue de la liberté

Le plus typique pour la fin. Comme je disais dans mon article d’intro, j’ai souvent rêvé de la statue de la liberté, version monumentale (à peu près cette photo : mais c’est ce que je voyais entre les buildings).

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Lors de notre arrivée en shared bus, je l’ai vue, au loin, face à Manhattan, dans une semi pénombre, brandissant fièrement sa flamme. Dans mes oreilles, la BO parfaite : Again de Archives (Archives est la BO parfaite d’à peu près tout, ok). Grosse impression. Par la suite, je ne l’ai plus beaucoup vue, n’errant que peu au Sud de Manhattan. Je l’ai aperçue du haut de l’Empire State, puis par la suite en haut du Rockfeller center et du Pont de Brooklyn. Du coup, j’étais un peu excitée dans le ferry qui amenait jusqu’à la fameuse Liberty Island mais comme je suis un peu quiche, je ne me suis pas posée du bon côté du ferry et ne l’est pas vue alors qu’on approchait (et j’arrivais pas à bouger). Pas grave, je ferai les photos de la Statue de la liberté “vue de l’eau” au retour. Liberty Island a 2 intérêts : la statue donc, qui reste remarquable et une très belle vue sur la skyline de Manhattan. Mais c’est un peu comme la Tour Eiffel : il faut le faire une fois mais inutile d’y retourner.

(je ne retouche pas les photos parce que ça me saoule donc admirez le ciel bleu de ouf)

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Je fais plein de photos et j’embarque pour Ellis Island. Et je me trompe encore de côté pour le ferry donc les seules photos de la Statue de la liberté prises de l’eau seront un peu lointaines. Pas grand chose à dire sur Ellis Island en soi, je pense que c’est quand même à faire au moins une fois, ça fait pas mal réfléchir sur l’histoire des migrations, sur un pays de liberté qui parque ses nouveaux arrivants pour pas s’encombrer des trop pauvres, des pouilleux ou des fous… Et si, comme moi, vous avez eu droit à un texte sur Ellis Island chaque année dans vos cours d’anglais, vous aurez une petite pensée émue pour vos profs.

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Voilà un peu pour les grand spots touristiques, je vous parlerai de musée, de comédie musicale à Broadwa, d’architecture et de jolie rencontre une autre fois.

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La bise !

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T’étais où, on te voit plus sur la blogo

Hello, hello !

Un mois sans le moindre petit article, je crois que j’ai battu mon record. Mais j’avais de bonnes raisons :

  • je suis en crise existentielle suite aux événements de janvier (je me trouve toujours bien inutile à la société, hors paiement de mes impôts, ça m’agace)
  • je suis en mode pitch, pitch, pitch. J’ai plus de boulot que nécessaire mais faut bien le faire alors voilà. Même s’il n’est pas tellement utile à la société, impôts exceptés
  • j’ai une vie privée, aussi. J’aurais un peu de mal à refuser une soirée à mes amis ou à mon cher Victor (oui, on a resigné pour une nouvelle saison) juste pour écrire des articles de blog.

Debordee

Mais me revoici, j’ai quelques trucs à dire et faire encore. Vous ne vous débarrasserez pas de moi comme ça, ahah ! Bon, ok, pour se “débarrasser” de moi, il suffit de cliquer sur la petite croix en haut à droite et ça me ferme direct le clapet mais laissez-moi faire ma revenante deux minutes, merci.

fantome

Donc je profite de ce retour pour annoncer quelques petits changements auxquels je pensais. Ce blog va prendre plusieurs directions.

  • Il restera “Nina”, ces articles où je m’interroge sur tout ou rien, selon mon humeur, selon mes discussions avec des gens, selon ce que je l’ai lu. De l’actu, de la sociologie de comptoir, rien de neuf mais c’est bien ça que j’aime.
  • Le retour d’Audrey. En fait, j’ai envie de donner plus de place à Audrey et ses amies. Oui, elles vont aussi prendre la parole, ai-je décidé. En fait, Audrey se rapproche de ce que je voulais faire du blog au départ, une sorte de “sex and the city” à la française. Bon, évidemment, Sex and the city, c’est devenu old comme référence mais j’aime l’idée de ces destins croisés, de cette bande de copines qui vit chacune ses histoires, comme dans la “vraie vie”. Parce que oui, pour le coup, Audrey ne se sape pas en Zac Posen, Jimmy Choo ou Manolo Blahnik parce qu’Audrey n’est pas si riche et est censée vivre “dans la vraie vie”. Exit aussi l’immense appart à Manhattan et les brunches à toute heure avec les copines car : a/ elles bossent toutes et b/ va faire un brunch en dehors du week-end et c/déjà que les week-ends, tu peux te faire jeter… Hmmm. Donc voilà, j’ai envie de raconter des histoires, Audrey et ses potes vont m’y aider.
  • La fin de ma série sur les sites de rencontre et le début d’une nouvelle série sur les plans cul. Oui, j’aime écrire sur les sites de rencontre quand je n’y suis plus et sur les plans cul quand j’ai viré les miens.
  • Je n’oublie pas ma sociologie de la mise en scène du soi sur les réseaux sociaux.
  • J’ai lu plein de livres, aussi, faut que je vous en parle

todo

Bref, ça fourmille sous mes doigts, manque que le temps. Mais je vais essayer de m’y remettre, promis.

 

Bisous !

 

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L’’uniformisation américaine

Soyons clairs, je ne suis pas très fan des Américains. Oh, pas d’anti-américanisme à deux balles, je ne les fous pas tous dans le même panier. Sur 300 millions d’habitants, y en a
forcément des biens. Ceci étant, y a des trucs qui me gonflent, notamment leur volonté de nous imposer leur foutu culture en maltraitant nos petits produits français.

 

Jeudi soir, je tombe sur Taratata sur France 3 avec Placebo, cool. Bon, Nagui, j’aime bien son émission mais je le trouve un peu poussif lors des interviews mais peu importe, ce
que j’aime dans Taratata, ce sont les performances en direct. Suite à Placebo apparaît une petite fée brune en robe de tulle, la géniale Emilie Simon qui vient interpréter « Végétal ». Faut que je trouve quelqu’un pour aller au concert avec moi en septembre, tiens. Bref, la jolie Emilie interprète son titre et passe à l’interview et là, Nagui reparle de son travail sur la marche de l’Empereur. Je dois avouer que j’ai adoré ce film et encore plus la BO. Sauf que voilà, quand le film est parti outre Atlantique, nos amis Américains ont complètement changé la musique ainsi que le mode de narration si particulier. Mais ça leur arrive de respecter les choses, non ?

 

La spécialité des Américains, ce sont les remakes. Ca, ça m’insupporte. Bon, en France, on a cette sale manie en musique. Quand j’allume ma radio, entre les reprises française,
américaines, anglaise ou je sais pas quoi, j’ai l’impression que toutes les fréquences sont squattées par Nostalgie. Mais revenons-en à nos yankees. Ce qu’ils aiment : prendre un film français qui a plutôt bien marché dans notre petit hexagone, genre « trois hommes et un couffin » ou « un Indien dans la ville » (entre autres) et ils l’importent chez eux. Mais hors de question de passer ça sur leurs écrans, André Dussollier n’est pas Tom Selleck, il a même pas de moustache ce naze, bouh ! Donc on revoit le scénario en y rajoutant une bonne dose de ketchup et d’américanisme à deux balles. On prend une Christina Applegate à la place d’une Valérie Lemercier, c’est plus glamour. Autant, Christina, je l’adore dans « Mariés deux enfants », autant je la vois pas, mais alors pas du tout dans le rôle d’une bourgeoise au sang bleu.

En France, on a des idées mais apparemment, nos acteurs ne sont pas vendeurs, sauf rares exceptions genre Jean Reno qui joue toujours le Français qui mâche du chewing gum et qui s’appelle Philippe. Oui, tous les Français dans les films américains s’appellent Philippe, c’est curieux, ça, quand même. Bon, c’est sûr, c’est plus facile à dire qu’un prénom avec un R mais bon, nous aussi, on en a plein de prénoms, faut pas croire. Alors oui, un Hugh Grant, c’est plus vendeur qu’un Patrick Bouchitey mais quelque part, ça m’énerve que nos acteurs français ne passent pas sur les écrans yankees. Ils sont aussi bons que les Américains, voire meilleurs, selon lesquels on prend.

Je me pose une question : quand on est un réalisateur français et qu’on voit un gros ponte d’Hollywood arriver dans notre bureau pour racheter notre scénario (à défaut de
racheter notre film), on fait quoi ? Petite mise en situation. Imaginons que je suis la réalisatrice d’un film, un espèce de trio amoureux avec Charles Berling, Sagamore Stévenin et moi, évidemment. Oui, tant qu’à être dans l’absurde, autant ne rien se refuser. Bon, bref, comme je suis super talentueuse, les yankees débarquent dans mon bureau et proposent de me racheter les droits pour une somme astronomique. Seulement le but n’est pas de reprendre mon petit bijou cinématographique (hihihi !) et de traduire les mots, il s’agit de remplacer les acteurs, de tout remanier. Ca ne se passera plus à Montmartre mais à Manhattan, ce ne seront plus Charles Berling, Sagamore Stévenin et moi mais John Cusack, Julian McMahon et Sarah Jessica Parker (au hasard). Ca n’aura pas forcément grand-chose à voir mais au moins, je vais me faire de la tune et puis, au moins, mon œuvre sera reconnue dans le monde entier. Mon idée est si géniale qu’on veut me la racheter !

 

Mais après, un film est une œuvre d’art, mon œuvre et on ne veut pas la respecter ? Bon, dans la plupart des films exportés et retournés, ce sont des comédies sans réelles
volontés esthétiques (enfin, je crois pas) mais voilà si j’étais réalisatrice de film, je pense que chaque image aurait son importance, elle serait inscrite dans une logique esthétique particulière. Par exemple, si je fais une scène sous la pluie, ce serait plus pour exprimer la mélancolie, la tristesse, que sais-je ! Alors qu’aux Etats-Unis, sous la pluie, on s’embrasse dans un esprit de romantisme à la con (enfin, en vrai, j’aimerais bien qu’on m’embrasse sous la pluie aussi mais passons). Un baiser échangé devant l’Hôtel de ville serait un hommage à Doisneau. Dans la version américaine, un baiser devant ground zero ne serait qu’une ode pathétique à la vie et le rappel que les Etats-Unis sont des victimes.

 

Bref, quand on crée quelque chose, peut-on accepter de céder les droits et de voir son œuvre passer à la moulinette. La créativité et le sens artistiques se vendent-ils ? Accepterais-je qu’une œuvre que je me suis cassée le cul à monter, image par image, plan par plan, scène par scène, des heures et des heures de travail effacées par un vulgaire remake, un message qui ne sera plus le mien. Non parce que quand on voit ce qu’ils font de nos comédies, ça fait peur. Je n’ai pas vu « Un indien dans la ville », « 9 mois » ou « Les visiteurs à New York » parce que je pressens l’immonde navet. Pourtant, j’ai bien aimé les versions originales.

Quand Jean-Marie Messier avait annoncé que l’exception culturelle française n’existait plus, on avait crié au scandale mais ne sommes-nous pas en train de la tuer en acceptant de voir nos œuvres ainsi travesties ? La Marche de l’Empereur est un bon concept, des voies magiques (Charles, c’est quand tu veux qu’on se marie), une musique qui dessert parfaitement l’émotion dégagée par ce film. C’est bien la première fois que je suis émue par des histoires de manchot (les pingouins, pas les gens sans bras), j’avoue que j’ai été complètement transportée par le film. Je l’ai visionnée avec mes parents pour le réveillon de Noël, on en a oublié de manger nos toasts au foie gras tellement on était plongés dans l’histoire (« ah non, le gros oiseau, il va manger le bébé ! » « Oh non, il est mort le manchot ! »). Si on vire tout ça, il reste quoi ? Un simple documentaire animalier comme on en voit tous les après-midi sur France 5. Loin de moi l’idée de critiquer ces documentaires mais je trouvais que la Marche de l’Empereur avait un mode de narration tellement particulier qu’il rendait ce film magique. Une fois de plus, Hollywood nous a tuer.

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Sex and the city

Il y a parfois dans la vie certains paradoxes. Prenons par exemple un blog qui se veut un « sex and the city » à la française et qui n’a
pas publié un seul article sur la série… Donc voici ENFIN un article sur le sujet.
 
Automne 2000 (je crois), après avoir regardé Ally McBeal sous la pression de mes amis (oui, au début, j’arrivais pas à suivre). Après les aventures de l’avocate névrosée et anorexique, voici qu’apparaît sur mon écran un drôle de truc : une musique un peu jazzy et une nana à la gueule qui me revient pas qui se balade en tutu dans la rue. Qu’est-ce que c’est ? Curieusement, je survis à ce générique bizarre (je devais avoir la flemme de me lever éteindre la télé) et là, je découvre 4 New Yorkaises déjantées qui vont devenir un
sujet de conversation inextinguible avec mes amis : Carrie, Miranda, Charlotte et surtout la grandiose Samantha. Quatre femmes qui nous ressemblent un peu, si on excepte le compte en banque, la garde-robe et les professions. Elles sont avocate, attachée de presse, journaliste ou guide dans un musée, nous sommes étudiants, désespérément étudiants. Je crois que le jour où j’aurai les moyens de glisser mes fesses dans un pantalon Prada, mes premières rides seront apparues depuis longtemps.
 
Revenons donc à nos quatre amies, est-il la peine de les présenter ? Au cas où :
Carrie : la journaliste et narratrice de l’histoire. Fétichiste de la chaussure, elle n’est jamais habillée deux fois pareil et a des tenues
parfois… hum… curieuses. Durant la série, elle a deux grandes histoires d’amour : Hayden, le fabricant de meuble avec qui elle va jusqu’à se fiancer mais surtout Mister Big (aucun rapport avec le nôtre), l’homme de sa vie qui n’arrête pas de partir et de revenir. En amour, on peut dire que Carrie est chiante. Oui, vraiment. Du genre à faire des scènes pour tout et n’importe quoi, elle a, quelque part, le complexe de la petite fille gâtée. Et puis, en plus, dès qu’elle est avec un mec, Mister Big revient et la fidélité en prend un coup. A noter que Carrie parle souvent de sexe mais on voit très rarement des scènes olé olé avec elle. Il me semble même que des quatre, c’est elle qu’on voit le moins en action.
 
Miranda : LA carriériste de la racine des cheveux aux ongles des orteils. Cette femme est avocate et c’est franchement tout ce qui compte. Jolie rouquine, la coupe courte (pour gagner du temps le matin ?), elle s’habille chic, souvent en tailleurs ou tenues assez strictes. C’est, à mon avis, la plus intelligente et la plus cynique des quatre. Comme c’est la moins bombasse des quatre, c’est aussi celle qui connaît le plus les affres de la misère sexuelle… Personnellement, je la trouve bien jolie mais ce n’est que mon avis. Au niveau des relations amoureuses, y a un geek pas très beau qu’elle se tape de temps en temps… En gros quand le petit geek se trouve une copine, elle fait tout pour se le taper, histoire de vérifier son pouvoir d séduction. Mais surtout il y a Steve, le père de son bébé. Car Miranda est la seule à avoir un enfant des quatre et ça arrive assez tard. D’un point de vue scènes sexuelles, les siennes sont généralement assez savoureuses puisqu’elle tombe toujours sur des psychopathes aux mœurs bizarres.
 
Charlotte : Bon, elle est vaguement guide dans un musée mais elle est surtout blindée de tunes et ne fait rien, finalement. Elle a deux passions dans la vie : les chaussures et la recherche de son futur mari. Oui parce que, elle, c’est la romantique un peu prude du groupe, celle qui est choquée quand ses copines parlent sexe crûment et qui passe son temps à faire de super plans pour trouver un homme. Du coup, Charlotte est la première à se marier des quatre, avec Trey, un riche chirurgien chiant comme la pluie. Après une rencontre pour le moins spéciale (il a failli la renverser en taxi), ils passent très vite aux choses sérieuses mais leur mariage va très vite se consumer, car Charlotte ne peut pas avoir d’enfants, le drame de sa vie. Ensuite, elle garde leur luxueux appartement et aussi la belle-mère qui va l’ennuyer quelques temps. Puis elle va rencontrer un avocat juif, assez repoussant physiquement, mais elle va en tomber raide dingue, allant jusqu’à se convertir au judaïsme pour l’épouser. A la toute fin de la série, ils arrivent à adopter un enfant. Concernant les scènes sexuelles, RAS, si ce n’est que Charlotte fait toujours l’amour en sous-tif…
 
Samantha : le meilleur pour la fin. Je dirais que le mot nymphomane est trop léger pour elle : un épisode, un amant. Les scénaristes se lâchent bien, ils lui font faire à peu près n’importe quoi. A mon avis, ils recyclent les films pornos qu’ils voient pour constituer les scènes avec Samantha. C’est le personnage le plus fun mais pas toujours le plus creusé : on ne sait pas grand chose de sa vie hors sexe. Je n’ai pas tous les épisodes en tête mais on n’apprend que sur le tard qu’elle est attachée de presse, à peu près quand elle tombe amoureuse de son patron. Côté cœur, trois histoires notables : Richard, son patron, Maria (je crois) et Smith. Pour le premier, elle fait tout pour nier ses sentiments mais une fois qu’elle les accepte, elle devient totalement névrosée, suit son mec et découvre qu’il n’est pas fidèle. La seconde, c’est une femme, pour les trois du fond qui n’auraient pas suivis, mais Samantha aime le pénis donc arrive un moment où ça ne passe plus, d’autant que Maria est jalouse de tous les anciens amants de Samantha (soit de tout Manhattan). Enfin, Smith, le super beau gosse de la pub d’Absolut Vodka dont elle tombera amoureuse et ça la rendra franchement gnangnan. Evidemment, les scènes sexuelles de Samantha sont de très loin les meilleures. Elle garde son sous-tif,des fois, aussi, ou se cache souvent les seins, je suppose qu’il y a un respect de la pudibonderie américaine, ici.
 
Bon, voilà, des portraits très caricaturaux, je suppose que j’oublie pas mal de choses. Ce qui est amusant, c’est que le trois amies de Carrie représentent chacune une partie de notre personnalité : notre carriérisme, notre romantisme et notre sexualité. La blonde, la brune et la rousse sont de parfaits faire-valoir pour Carrie, celle qui semble la plus équilibrée. Ni trop romantique ni trop obsédée sexuelle, carriériste mais pas trop (oui, enfin, y a des moments, sa carrière, ça la stresse pas plus que ça). Idéalement, Carrie est le profil type des femmes regardant cette série, fashionable au possible, femme forte qui se retrouve paumée dès qu’il s’agit des mecs. C’est moi, c’est toi, c’est elle. Bon, évidemment, nous, on vit pas dans un super appart à Manhattan en écrivant un article par mois de chez soi (non, je vous jure, ça paie pas !), on ne se déplace pas qu’en taxi, on n’a pas un placard complet dédié à nos chaussures et on n’a jamais mis les pieds chez Gucci (sauf pour faire nos malines)… Mais bon, Carrie, elle nous ressemble, quoi qu’il arrive.
 
Ce qui est bien avec cette série, c’est que les héroïnes grandissent au fur et à mesure. C’est pas comme dans Friends où ils ont 30 ans pendant 5 ou 6 saisons alors qu’ils fêtent trois fois Thanksgiving par an… Petit à petit, ces femmes légères et insouciantes découvrent la vie de couple, la maternité, les problèmes de santé, d’argent, de carrière… Rien n’est immuable dans la vie et ça, on le sent bien dans Sex and the City. Les héroïnes changent, chaque histoire compte et les construisent. On peut saluer là le travail des scénaristes qui ne commettent aucun illogisme (contrairement à Friends mais c’est pas le sujet de l’article). Les exs reviennent, on en parle des fois dans les conversations, ce genre de choses…
Comme dans la vie, quoi.
 
Nos quatre amies passent beaucoup (trop ?) de temps dans un resto branché et, pendant leurs déjeuner, elles parlent des hommes et de sexe. De sexe et d’hommes… Parfois d’autre chose mais rarement. Tout y passe : fellation, cunni, anulingus, poils ou pas, circoncis ou pas, sextoys, chlamydiae et morpions, même ménopause ! Le sujet le plus trash abordé ? Je me souviens d’un épisode où Charlotte parle toute excitée, des magazines de robes de mariées entre les mains, quand Samantha sort : « le jus de mon mec à un goût ! ». Et là, Charlotte s’en va en claquant la porte. J’avoue que cette scène m’a fait mourir de rire. Evidemment, ces conversations sont motivées par ce qu’il leur arrive. Exemple : Miranda tombe sur un mauvais amant et simule (scènes grandioses, au passage), ses copines lui conseille de ne pas continuer, grand débat, chacune y va de sa petite histoire « moi, une fois, ça m’est arrivé et alors… ». Je crois que les conversations les plus amusantes sont celles où les rôles sont inversés, comme celle sur l’anulingus. Toutes : « bah, c’est DE-GOU-TANT ! ». Et là, Charlotte qui fait : « Ah mais non, Trey et moi, on le fait souvent ! ». C’est marrant comme quoi, dès que Charlotte la prude avoue pratiquer un truc, les autres se disent : « bah, si Charlotte le fait… ».
 
L’épisode qui m’a le plus rire ? Je crois que c’est celui du vibromasseur, le modèle « chaud lapin » rose fluo donc Charlotte devient
tellement accro qu’elle ne veut plus sortir le soir avec ses copines. N’empêche qu’il serait temps que j’aille faire un tour au sexodrome pour avoir le même, vu la longue période de chasteté qui s’annonce (ben oui, je peux être chaste avec les hommes tout en m’éclatant avec un gode, non mais !).
 
Par contre, j’ai été déçue par la fin, comme la plupart des fins de série, dégoulinantes de bon sentiments. Déjà, il faudrait que les Américains arrêtent d’avoir des clichés pareils sur Paris : non, il n’y a pas que de vieilles rues, chez nous, on a découvert l’asphalte, aussi. Et on ne voit pas la Tour Eiffel de partout, il n’y a pas de boulangerie tous les deux pas ni une auberge rue St André des Arts. Bref, comme d’habitude, Paris se fait vieille pour voir Carrie retrouver (enfin) son Mister Big, non sans avoir rencontré avant Carole Bouquet et des fans qui a-do-raient son livre. Pendant ce temps, Charlotte et son mari arrivaient à adopter un enfant, Samantha dit « je t’aime » à Smith et retrouve sa libido et Miranda… ben, rien, elle est heureuse avec son mari et son petit. Bon, super, c’est cool, tout le monde est heureux mais dans la vie, tout n’est pas si simple.
 
Pourquoi cette série a aussi bien marché ? Je pense qu’aborder le sexe sans tabou et avec humour, ça ne peut que fonctionner. Mais parler sexe et plaire, c’est pas forcément évident, il y a toujours le risque de tomber dans le vulgaire et le superfétatoire. Voir une scène de sexe, oui. Faire une série avec UNIQUEMENT des scènes de sexe, non. Sex and the city est tiré des chroniques de Candace je-sais-pas-quoi, une journaliste américaine. Même si certains traits sont trop gros (genre leur compte en banque), je trouve que ces
femmes ont les mêmes préoccupations que nous et on peut regarder cette série sans se sentir déconnectées. Et puis, mine de rien, ça fait rêver toutes les sado-masochistes que nous sommes. Ben, oui, moi, l’histoire Mister Big/Carrie, elle me fait rêver. C’est une histoire d’amour absolu, passionnée, ils s’aiment tellement qu’ils n’arrivent pas à communiquer. Ils en chient, ils passent leur temps à s’engueuler, elle pleure, elle crie, elle s’arrache les cheveux, elle l’oublie juste au moment où il revient (connard, va) et pourtant, ils s’aiment. Moi aussi, j’aimerais un Mister Big, un mec avec qui je finirai forcément ma vie parce que c’est lui, parce que c’est moi. Et je pense que je ne suis pas la seule à vouloir ça ! Sauf que moi, je serai pas aussi chiante que Carrie (enfin, j’espère) comme ça, il me plaquera pas tous les trois matins !
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