Une question de style : le cas Victor del Arbol

Le style d’écriture peut-il sauver une histoire moyenne, voire mauvaise, ou un mauvais style peut-il ruiner un très bon synopsis. Alors ici, je vais être totalement subjective mais j’ai lu récemment deux livres qui m’ont plongée dans la plus grande perplexité. Commençons aujourd’hui par Toutes les vagues de l’océan de Victor del Arbol.

Toutes les vagues de l'océan, polar de Victor Del Arbol

Le synopsis : je… Je sais pas trop. Pour résumer, je dirais que c’est l’histoire un Espagnol moyen, Alfonso, avocat raté à la solde de son beau-père, sorte de mafieux local, qui apprend le décès par suicide de sa soeur Laura et va se retrouver au coeur d’une enquête mêlant proxénétisme et secret de famille. Et franchement, c’est rare que je lise un thriller où, quand les plot twists s’enchaînent, je suis en mode “Ah… ok.”

Barcelone vue de Tibidabo

Pourquoi cette indifférence ? Parce que le scénario est hyper mal branlé. En clair, ça m’étonnerait pas que ça finisse en série HBO cette histoire : autour de l’axe principal (que je ne suis même pas sûre d’avoir identifiée. Est-ce l’histoire d’Alfonso qui guide l’histoire ou celle de son père Elias dans la Russie des années 30 ?), on a toute une foule de récits secondaires à base de cul et de violence et, surtout, des personnages qui réagissent n’importe comment. Les pièces du puzzle s’emboîtent mal, impossible de comprendre le motif global. Je vous jure, à un moment, y a une révélation, genre “hinhin, c’était moi depuis le début”, j’avais même pas compris qu’il y avait un enjeu là-dessus, je lisais vraiment en mode “ah… ok”.

Le bad guy dans Jojo's bizarre adventure

Du coup, vous allez penser que j’ai détesté lire ce roman… Et bien pas vraiment en fait. C’est curieux mais oui, c’est une expérience de lecture qui est restée agréable de par le style de l’auteur. Il s’est vraiment passé quelque chose d’étrange avec ce livre : je n’ai jamais réussi à retenir ni le nom de l’auteur ni le titre du livre alors qu’il a dû m’occuper pendant trois semaines, un mois, il me semble (tout comme Un monde après l’autre de Jodi Taylor dont j’égratigne systématiquement le titre mais parce qu’il y avait trop d’écart entre mes attentes et la réalité, je pense). L’histoire ne m’a pas vraiment intéressée car j’ai trouvé le traitement de l’histoire… trop HBO avec une violence inouie pas toujours nécessaire et des passages sexuels pas du tout nécessaires (avec une petite lichette de pédophilie et d’inceste carrément hors sujet). J’ai réellement senti une volonté de choquer le lecteur et pourquoi pas, après tout. Sauf que là, je percevais juste une to do de trucs dégueulasses à cocher et… bof, en fait. Et pourtant, je n’ai pas eu un rejet total de ce livre parce que… c’était super bien écrit.

Style d'écriture

Oui, ok, paie ta révélation en carton vu que j’avais évoqué le sujet en titre mais vraiment, en lisant, je me disais plus “elle est jolie cette tournure de phrase”, “mmm, belle métaphore” que “elle est fuckée ton histoire”, “mais pourquoi y a cette histoire à la con avec le fils d’Alfonso ? Et c’est quoi cette histoire de fesses qui sert à rien, là… Ah si, ça déclenche un truc… mais on s’en fout, en fait”. Je prétends souvent que je ne suis pas particulièrement attentive au style, qu’une histoire bien ficelée m’intéresse plus qu’une jolie plume… et force est de constater que ce n’est pas si tranché. Un peu comme un film finalement où quelques jolis plans sauveront le tout de la médiocrité. Genre Man of steel avec deux ou trois plans inspirés (mais après, c’est un peu le souci que j’ai avec Zack Snyder qui fait une sorte de clip géant au cinéma. Tu veux faire du clip ? Bah fais du clip parce qu’en attendant, je comprends rien à la moitié de tes plans de bataille où ça bouge trooooooop)(et non, on ne dira pas ça de George Miller parce que j’ai adoré Mad Max Fury road. Oui, je suis SUBJECTIVE). Disons que ça rend la lecture moins pénible, moins agaçante, ça aide à aller au bout, même si, à l’arrivée, on n’avait pas bien compris où on était censés arriver.

Puzzle sans motif

Du coup, que se passe-t-il quand j’aime le fond d’un livre et pas du tout la forme ? On voit ça la semaine prochaine !

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Wonder woman, badass… et féministe ?

Et oui, je suis allée au cinéma pour me faire mon propre avis sur Wonder Woman dont je lisais pas mal de bien et je reste un peu intriguée par cette saga DC comics, même si je n’ai pas vraiment aimé Man of Steel et Batman vs Superman (malgré quelques jolis plans, certes, mais les scènes d’action on comprend rien et le scénario est écrit avec le cul). Et j’ai fait l’impasse totale sur Suicide Squad ou Dr Strange. Mais bon, POUR UNE FOIS qu’on a droit à une super héroïne en 1er rôle dans un film, faut encourager la démarche.

Gal Gadot dans le rôle de Wonder Woman

Alors Wonder woman, j’avais l’image mignonne de la série de quand j’étais petite avec Lynda Carter et son fabuleux pompom short. Ayant des souvenirs un peu diffus (je l’ai assez peu croisé à la télé, beaucoup moins que le Batman de l’époque zim bam kaboom), j’en avais une image douce, sucrée et sympathique, je me souviens surtout du générique assez cool (et du short, donc). Puis Wonder Woman repoppe dans Batman vs Superman et… j’ai eu un peu peur. Ok donc la Wonder Woman 2015 est sexy as hell et badass et… et bah, c’est tout. Un peu inquiétant pour la suite mais justement, peut-être que le film va un peu remédier à ça.

Wonder Woman dans Batman vs Superman

Donc Wonder Woman origins : sur la belle île de Themyscira, les amazones s’adonnent all day à l’art du combat pour se protéger des fois qu’Arès vienne un jour les ré embêter. Seule enfant de l’île, Diana, fille de la reine Hyppolite, a hâte de commencer l’entraînement. Elle est coachée par sa tante Antiope, générale de l’armée (et incarnée par Robin Wright qui est surprenante dans ce rôle mais c’est oui, pour moi). Diana grandit en développant un certain goût pour la bagarre jusqu’à un entraînement où elle blesse sa tante en déclenchant un pouvoir sans trop comprendre. Cet événement semble déchirer le voile de protection que Zeus avait mis autour de l’île (parce que sinon, je vois pas d’où l’île est protégée vu qu’un avion et des bateaux passent pépouse) et voilà que débarquent un pilote anglais, Steve Trevor, suivi d’une foule d’Allemands belliqueux. Diana sauve le pilote britannique et va le suivre dans le monde des hommes, persuadée que la guerre est un coup d’Arès, le rival absolu des Amazones.

Wonder Woman rencontre Steve trevor

Ambiance déesses de l’Olympe

Alors est-ce que c’est un bon film ? J’ai passé un bon moment, j’ai trouvé Diana assez attendrissante dans sa naïveté face à un monde qu’elle ne connaît pas (la scène de la glace est trop chou)(et je dis pas ça parce que je pourrais me nourrir de glaces si je le pouvais), quelques scènes assez légères et amusantes et quelques punchlines féministes à base de “on sait qu’on a besoin des hommes pour la reproduction mais ils nous sont inutiles pour le plaisir” ou son étonnement face au manque de femmes dans la Chambre des Lords. Les scènes de bagarre sont assez lisibles même si on a un peu trop droit à des plans arrêtés esthétisés et ralentis cheveux qui flottent au vent en mode “elle est badass mais elle reste belle”. Bon et son rapport aux enfants est un peu flippant en mode “j’ai vécu dans une société où la maternité est une anomalie (elle est la seule enfant, façonnée dans l’argile par sa mère), elle n’a jamais connu d’enfants mais spontanément, leur sort lui importe plus que tout, genre instinct maternel de ouf, t’as vu ? Mmmm…

Wonder Woman sort des tranchées

Bon, après, je vais pas m’étendre sur les incohérences scénaristiques, pas si nombreuses ou perturbantes, et je ne commenterai pas le Arès local. Est-ce que Wonder Woman est badass ? Oui, sans contexte. Est-ce que c’est féministe ? Je suis plus partagée puisque si Diana n’a besoin de personne pour s’en sortir, c’est néanmoins grâce à un homme qu’elle va décider de croire en l’amour, moteur de son combat, alors que bon, elle baignait dans une piscine d’Amour déjà chez les Amazones et qu’elle fond littéralement d’amour devant tous les enfants du monde. Le film reste sympa même si bon… ben il sert pas à grand chose, c’est juste deux heures de film qui racontent l’histoire de la photo, un peu en mode “ouais bon, on se rend compte que Wonder Woman, elle est arrivée un peu comme un cheveu sur la soupe dans Batman vs Superman, on vous en dit un peu plus”. Sans qu’on comprenne cependant ce qu’elle fait dans la vie, finalement. Et je n’ai rien compris à la toute dernière scène, si quelqu’un peut m’expliquer ce que j’ai loupé, merci.

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