La Croatie : et si on s’y achetait une baraque ?

Après la torride Budapest, j’avais HATE (en majuscule, oui) de me rapprocher de la mer, histoire d’avoir un peu d’air. A l’origine, je voulais vraiment aller en Croatie et j’ai construit le voyage en fonction de ça. Au menu : un petit arrêt à Split puis direction Dubrovnik !

croatie-dubrovnik

Je vous passe les détails du trajet entre la Hongrie et la Croatie mais spoiler : c’était horrible, je vous raconterai dans un article entièrement dédié. Nous arrivons donc relativement ronchons à Split avec une seule envie : un CAFE (toujours en majuscule, oui). Et déjà, on touche ce qui va être le défaut majeur de la Croatie : l’argent. Tout est payant et on te fait cracher un petit surplus si on peut. Ainsi, on a commandé deux cafés, on nous a automatiquement servi deux grands cafés (plus chers que des Expressos, donc). Peu attentifs et encore peu familiarisés avec la monnaie locale (la Kuna… on a chanté Hakuna Matata pendant trois jours), on ne se rendra compte de la supercherie que lorsqu’on y retournera prendre un café après notre déjeuner (on avait un bus à prendre dans la gare routière voisine).

split-croatie

Nous nous étions arrêtés à Split car je n’avais pas trouvé de train Budapest-Dubrovnik et les avis sur la ville était en plus positifs, je décidais donc d’y rester quelques heures. Et effectivement, c’est superbe : la mer, une vieille ville aux belles couleurs, un palais dioclétien. La balade dans le centre historique est vraiment super agréable, on s’en prend bien la vue. Par contre, une fois le tour fait, il serait difficile de rester sur place (on n’a pas trouvé la plage mais on ne l’a pas vraiment cherchée non plus) et, moyennant finance, vous pouvez vous rendre dans d’autres villes de Croatie. Donc au bout de 2 heures, émerveillée par les photos des îles alentours ou encore de Pula, Zadar, Mostar (bon, en Bosnie), je décrète que la Croatie entre direct dans le top 3 de mes pays préférés, avec l’Italie et la Grèce (me demandez pas le classement exact, je suis pas sûre)…

split-croatie-old-town

split-croatie_2 split-croatie_3 split-croatie-forum split-croatie-old-town_2 split-croatie-palais-diocletien split-croatie-palais-diocletien_2

On va prendre le bus pour Dubrovnik et, malgré un départ à l’heure ou à peu près, on arrivera avec une heure de retard. Alors oui, ça, je sais pas si c’est nous qui avons eu de la malchance ou si c’est un fait mais on n’a jamais été à l’heure avec les transports croates. Pourtant, ils partaient relativement à l’heure (20 mn de retard certes sur notre Dubrovnik-Kotor) mais ça merdait ensuite. Alors oui, on passait des contrôles frontières ô combien pète-couilles mais quand on a fait Kotor-Dubrovnik opéré par des Monténégrins, malgré l’attente à la douane, on est arrivés à l’heure. Bref, je passe 5h à moitié lire moitié regarder le paysage en décrétant que “oui, oui, c’est très beau !”. Après un bref arrêt en Bosnie et une photo sur Insta histoire de dire que j’y étais, nous voici arrivés à bon port avec, donc, une bonne heure de retard. Heureusement que l’appart est juste à côté de la gare routière, on se pose tranquille sur la terrasse en profitant de la vue sur le port… Ah oui, oui, j’aime la Croatie !

Ma photo de Bosnie

Ma photo de Bosnie

Et la vue de la terrasse notre AirBnB à Dubrovnik

Et la vue de la terrasse notre AirBnB à Dubrovnik

Le lendemain, nous voici en route pour la vieille ville, là notamment où sont tournées les scènes de King’s Landing de Game of Thrones (et aussi des scènes de Star Wars VIII donc niveau merchandising, entre Game of Thrones et Star Wars, on était biens). Alors un peu d’histoire pour commencer : suite à la guerre des Balkans, Dubrovnik avait été en partie détruite et la vieille ville a été reconstruite avec les méthodes de l’époque. Et effectivement, si tu ne sais pas qu’il y a eu une guerre, tu n’as aucun moyen de le savoir juste en te baladant dans les rues. Seules stigmates trouvées : un char et un bateau repeint dans d’étranges couleurs posés dans un coin à côté d’un square pour enfant au bord du nouveau port. Ah et une vague expo sur le sujet en haut du téléphérique. Mais revenons à la vieille ville. Dire que c’est beau ne rendrait pas vraiment justice au lieu, c’est magnifique, somptueux. Et en plus, dès qu’on sort un peu des gros points centraux, y a peu de monde donc on peut flâner tranquille (mais bon, on est partis hors scolaire, ça joue peut-être). En petit plus produit : les fontaines qui distribuent de l’eau fraîche, un délice au vu de la chaleur ambiante.

bateau-guerre-dubrovnik-croatie

char_assaut_croatie_dubrovnik

Voyez le toboggan derrière à gauche du char

C'est la bataille de la Nera !

C’est la bataille de la Nera !

dubrovnik_croatie dubrovnik_croatie_escalier dubrovnik_croatie_petite-rue dubrovnik_croatie_petite-rue_2 dubrovnik_croatie_petite-rue_3 dubrovnik_croatie-clocher

Mais la vieille ville nous a confronté au problème majeur de la Croatie évoqué plus haut : tout est payant. Ainsi, quand on a voulu se promener sur les remparts, on a découvert qu’on devait payer 16 euros chacun pour avoir le droit de monter une bonne grosse volée de marches et se promener sur les remparts. Pour le même prix, on a le droit de monter dans un téléphérique, direction le sommet de la montagne au-dessus de la ville… Donc quitte à payer, autant filer notre argent là où ça nous paraît le plus justifié. Notez que le problème n’est pas de payer quelque chose, juste la somme… Et pareil pour le resto du midi : Victor étant affamé, nous nous attablons à un resto dans la vieille ville, conscients que ça va nous coûter un peu cher mais tant pis. Donc pour deux entrées, deux plats, un dessert, deux café, une bière et un cidre… 80 € ! Pourboire non compris, s’il vous plaît. Bon, sur ce point, il faut comprendre que les restaurants croates ressemblent pas mal aux restos italiens (sauf qu’on vous fait pas payer les couverts et le pain) : dans le menu, vous avez des “entrées chaudes”, soit de gros plats de pâtes/risottos qui vous suffiront amplement et qui ne sont pas très chers… contrairement aux plats un poil plus élaborés (surtout le poisson alors qu’ils sont juste à côté de la mer, va comprendre…).

dubrovnik_adriatique_mer dubrovnik_croatie-port dubrovnik_remparts dubrovnik_remparts_2 dubrovnik_vu_du_ciel

Du coup, entre les remparts et le téléphérique, on a choisi ce dernier (coût plus légitime) et franchement, on n’a pas regretté trente secondes. Pour preuve :

craotie_bleu dubrovnik_ile_2 dubrovnik_ile dubrovnik_vu_de_la_montagne_2 dubrovnik_vu_de_la_montagne croatie-montagnes

 

Bref, avoir passé une très belle journée à Dubrovnik et trempé mes fesses dans la mer (littéralement, j’étais assise sur un rocher en bord de mer, les vagues sont venues me lécher le fondement mais vu la chaleur, j’ai séché en quelques secondes), il nous fallait un plan pour la journée suivante. Les excursions proposées sont nombreuses (à peu près les mêmes qu’à Split mais en partant de Dubrovnik, donc) mais vu qu’on n’avait rien planifié ni réservé (et qu’on n’était pas sûrs d’être prêts à payer 60 € pour se balader avec un gros convoi de touristes. Je l’avais fait en Thaïlande, j’avais pas kiffé des masses), je suis allée jeter un oeil rapide sur Internet et nous voici partis pour l’aboretum de Trsteno (je vous dis pas le sketch pour acheter un ticket de bus pour … la ville sans voyelle ou presque). D’abord parce que ça nous ferait du frais, ensuite parce que ça avait l’air beau et enfin, quitte à se la jouer fans de Game of thrones (alors qu’on a zappé la saison 06), quelques scènes y ont été tournées, notamment celles censées se dérouler dans les jardins de King’s Landing. Et effectivement, c’était très sympa à un détail près : les moustiques. Je suis plutôt ce genre de personnes qui n’attire que peu les moustiques, un met de second choix pour eux… Bah, là, dans la forêt, pas de pitié, je me suis retrouvée avec des cloques qui grattent sur toutes les jambes. Donc si vous allez à l’arboretum (et franchement, c’est sympa, je conseille), pensez au spray anti moustique. Sinon, c’est très beau, surtout la fontaine de Neptune et le nympheum, l’aqueduc, le jardin. Vous vous promenez au calme au milieu des papillons. Plus bucolique, tu meurs.

C'est là que sont jouées les scènes entre Margaery et Lady Olenna dans Game of Thrones

C’est là que sont jouées les scènes entre Margaery et Lady Olenna dans Game of Thrones

neptune-nympheum-arboretum-trsteno-croatie

Un Neptune s’est glissé sur la photo, le trouveras-tu ?

libellule_arboretum_trsteno-croatie

Y avait des libellules aussi

papillon_trsteno_croatie_2

Vois-tu le papillon ?

papillon_trsteno_croatie

Et là, tu le vois ?

nympheum-trsteno-arboretum-croatie poissons_nympheum-arboretum-trsteno fontaine_neptune-trsteno-croatie aqueduc_arboretum_trsteno_croatie arboretum_trsteno_croatie_5 arboretum_trsteno_croatie_4 arboretum_trsteno_croatie_3 arboretum_trsteno_croatie_2 bougainvillier_trsteno_croatie_arboretum

Après cette charmante promenade et un déjeuner pas trop mal dans le resto voisin, on décide de suivre les panneaux “plage” histoire de se tremper les pieds. Et là, nouveau point commun avec pas mal de régions d’Italie, ils n’ont pas forcément la même définition que nous de “plage” : ici en l’occurence, c’était une sorte de ponton en béton plus quelques dalles éparpillées à droite à gauche. Autant dire que l’effet “port” nous a bien dissuadé (mais on a un peu utilisé la douche voisine par contre).

trsteno_croatie_plage_3 trsteno_croatie_plage_2 trsteno_croatie_plage victor_sexy_douche_trsteno_croatie

Sinon côté bouffe… Ben rien à signaler en fait, on a vite oublié les restos pour grignoter tous les soirs à la maison, notamment des gnocchis pas mal du tout, y avait du cidre un peu partout aussi.

Donc en résumé, j’ai adoré la Croatie, Victor un peu moins à cause de ce truc de tout payer tout le temps. Les côtes et les paysages sont fabuleux, les gens globalement sympas et surtout : après une semaine de privation, on voyait à nouveau des chats donc des petits chatons qui squattaient devant notre appart (mais sauvages donc inapprochables). Victor et moi nous amusions à repérer plein de vieilles maisons en mode « on rachète, on retape, on en fait un gîte ». Un peu comme on avait fait en Grèce, quoi. Mon seul regret : ne pas avoir eu de voitures pour pouvoir nous déplacer facilement et se faire un vrai tour de Croatie. Je me le mets donc dans ma liste (infinie) d’idées voyage “tour Croatie (et Bosnie + Monténégro).

maison_a_retaper_croatie

Exemple de maison à retaper

chaton_croatie chat-croatie chats_croatie

D’ailleurs, à propos de Monténégro, bouclez vos ceintures, c’est notre prochaine destination !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Où le malheur est une donnée relative

Si je devais me définir avec une carte de tarot (pourquoi pas ?), je choisirais la roue de la fortune tant ma vie ressemble à une sitcom avec moult rebondissements. Si je suis souvent victime d’une poisse peu commune, j’ai parfois aussi droit à quelques coups de chance insensés qui contrebalancent. La roue tourne. On débattra un autre jour de l’existence réelle de la chance ou de la malchance, c’est pas le sujet du jour.

En ce moment, je me dirais au centre d’une double rotation : il m’arrive des trucs hyper cool et d’autres franchement pénibles. Le verre est juste à moitié, difficile de démêler le plein du vide. Puis un coup de fil de mes parents « tu sais l’associé de ton père qui a guéri de façon inespérée du cancer l’an dernier ? Il a récidivé. Il lui reste 6 mois. » Voix qui tremble d’un côté, pierre qui tombe dans l’estomac de l’autre. Comment vivre quand tu sais que t’es condamné ? Comment profiter de ses 3 enfants quand on sait qu’on ne les verra plus grandir ? Comment continuer quand tu sais que tu ne souffleras sans doute jamais tes 44 bougies ?


Et toi, t’es là à pleurnicher sur ton petit nombril et là, tu te dis que merde, la vie est bien trop courte pour s’encombrer de détails. J’ai la lose ? Oui et j’aime râler dessus car ça défoule. Mais parallèlement à ça, j’ai la santé. J’ai toujours considéré que tant qu’on a la santé, on peut toujours relever le poing, se battre pour faire tourner la roue dans le bon sens. C’est certes fatigant mais on se reposera quand tout sera réglé.


Est-ce qu’on a même le droit de baisser les bras quand on voit ça ? Tu perds ton taf ? Tu en trouveras un autre. C’est fini avec ta tendre moitié ? Tu finiras par en rencontrer une autre (si). Comme dit l’adage : tant qu’il y a de la vie, y a de l’espoir. Le temps est ton allié, tu sais qu’il guérit de tout, remplace ce que tu as perdu par de nouvelles personnes ou de nouvelles opportunités. La roue tourne, la roue tourne. J’ai la santé, mon entourage aussi, qu’est-ce qui compte vraiment en dehors de ça ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

La malchance n’existe pas…

Il y a des jours où je suis exaspérée, où j’ai juste envie de me planquer sous la couette et attendre que ça passe. Sauf que, pas de chance, paraît que je suis une adulte et que j’ai pas le choix, faut rester droite dans les tempêtes. Être adulte, c’est vraiment la merde.

Sauf que parfois, la tempête te donne juste envie de hurler, de fracasser des verres contre des murs. Parce que quand tu racontes ce qui t’arrive, tu récoltes des « c’est dégueulasse ! », « c’est injuste ! ». Bref, pour te consoler, on t’explique en toute sincérité que tu n’es pas en tort et que t’as juste pas eu de chance. Sauf que moi, ça me rend encore plus en colère. Je veux dire quand tu agis mal, que tu commets des erreurs, tu as moyen de rectifier le tir. Mais quand ton tort est, encore une fois, de pas avoir eu de chance, d’avoir été au mauvais endroit au mauvais moment, qu’est-ce que tu fais ? Tu te contentes de pleurer ? Heu… Non, ça ne me convient pas !

Je n’aime pas m’en remettre à la fatalité, ça me rend dingue. Oh oui, ok, je suis pas la plus à plaindre du monde : j’ai un boulot, la santé, un toit au dessus de la tête, des amis, la famille… Même la Nina 2012 devrait avoir honte de dire quoi que ce soit par rapport à la Nina 2011. Sauf qu’il y a toujours une goutte d’eau qui fait déborder le vase. Pas forcément la plus grosse, juste celle qui te fait demander ce que tu as bien pu faire pour mériter ça. Celle qui fait que tu peux pas admettre que le coup de malchance se répète et que tu n’as pas de leçon à tirer de tout ça. Peut-être ai-je été trop gentille, pas assez pugnace… Mais non, si la conclusion reste la même, l’histoire diffère en tout point. Mais pourquoi ça me tombe toujours dessus ?

Pourtant, jeune, j’ai eu du bol, je tombais souvent sur les sujets que je maitrisais le mieux en interrogation. Je sais plus vraiment quand j’ai eu ce premier sentiment d’injustice, peut-être en 2003 pour mon concours d’entrée de journalisme. Pour être admis, il fallait avoir 12, j’ai eu 11.70… Avec un 10 en entretien de motivation qui était coeff 4. Un de mes potes admis m’a raconté son entretien, on lui a demandé pourquoi il voulait être journaliste. Moi, on m’a demandé si la taille de la balle de Ping pong était une question politique. Pour de vrai. J’étais dans les dernières à passer, je suppose qu’ils avaient déjà choisi leurs candidats tant cet entretien n’était qu’une farce. 11.70. Sans ce putain d’entretien, j’étais prise. Après, en vrac, on a des tas d’histoires comme le taxi qui se perd et me fait arriver très en retard à un entretien, l’histoire du boulot où on m’a pas prise alors que ma candidature était parfaite mais qu’il fallait faire un choix entre 2 personnes et que j’ai pas eu de chance… Des fois, je me raisonne en me disant qu’une porte qui se ferme, c’est une autre qui s’ouvre mais au bout d’un moment ça saoule.

Et je vous parle pas de ma vie amoureuse, là, c’est juste ridicule. Vous connaissez ma spécialité ? Je suis « la fille juste après », la fille pansement qui débarque après une rupture, qui répare le petit coeur et qu’on jette à la poubelle après guérison avec une petite tape sur la tête : « Non mais t’es une fille bien, tu trouveras quelqu’un qui te mérite vraiment. » Comment te dire… Ta gueule. Je tombe toujours dans un mauvais timing. Épuisant.

Alors, c’est quoi la morale de l’histoire ? Que des fois, t’as pas de chance et qu’il faut l’accepter ? Que tu auras beau tout faire pour que tout fonctionne, des fois, tu es juste monté dans le mauvais train, celui qui tombe en panne en pleine voie ? Que tout le monde va te faire des sourires désolés en t’expliquant que c’est pas toi, c’est juste la vie ? Et que rien ne garantit que ça se reproduira pas alors même que tu te blindes à mort ? Mais t’inquiète pas, hein, tu seras forcément heureuse puisque tu as toutes les qualités pour être heureuse. Paraît-il.

Bon, ben, je vais me recoucher. Ah non, c’est vrai, je suis adulte. Je dois affronter la tempête. Rien de grave, je vais faire la gueule pendant 15 jours puis ça ira mieux.  Ou alors je trouve une façon productive d’utiliser ma colère. Je pensais à minima aller faire du sport histoire d’évacuer. Oui, c’est peut-être ça la morale du truc : en cas de lose collante, sers-t-en pour… Hmmmmm… la transformer en énergie positive.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Et à la fin, tout ira bien

Quand je joue les docteurs du cœur avec mes amis, je me trouve souvent devant cette interrogation : pourquoi ? Prenons un exemple fictif que nous appellerons Mélanie, un mix d’au moins 3 cas croisés en un mois. Mélanie est jolie, intelligente, cultivée, drole, douce… Bref, Mélanie a des tas de qualités mais elle accumule les relations foireuses, les mecs naturellement doués pour nous faire souffrir. Pourquoi?

femme-triste.jpg

On pourrait penser que Mélanie n’est pas regardante sur la marchandise, trop pressée de se caser mais ce n’est même pas forcément le cas. Alors j’ai une nouvelle théorie, pas du tout scientifique mais je l’aime bien donc je la partage. Je me dis que ces histoires foireuses ne sont pas inutiles, elles sont un espèce de chemin de croix avant un espèce d’Eden ou équivalent. En gros : « oui, là, de suite, tu en chies mais à la fin, tout ira bien ». Bah oui, y a une certaine logique.

 podium_femme.jpg

Prenons toujours notre amie Mélanie. Au fur et à mesure de ses expériences amoureuses (j’hésite à mettre des guillemets, là), elle s’enrichit, elle apprend. Pas forcément le plus positif mais elle apprend à poser des limites, à dire non, à détecter le nuisible avant qu’il ait le temps de l’embobiner. En grandissant (je n’utiliserai le terme vieillissant qu’à mes 40 ans, n’insistez pas), elle devient plus forte, plus équilibrée dans ses relations amoureuses. Et j’ai envie de croire qu’en face, dans le lot des hommes restant disponibles, c’est pareil. Ou femmes, après tout, on a tout le droit de virer sa cuti. Peu importe, c’est pas le sujet. Donc déjà, ma théorie écrase celle qui dit « passé 30 ans, les hommes restant sur le marché sont nases ». Non, pas du tout. Ils sont en-ri-chis. Ou plus névrosés et paranoïaques à cause des 3 hystériques qui nous ont précédé mais là, à la limite, le fait d’être globalement normale vous rend déjà totalement inestimable à ses yeux, c’est pas si mal.

merveilleuse-angelique.jpg 

 Si je prends la liste de mes histoires passées, évidemment, il me reste des cicatrices, j’ai développé une certaine peur de l’engagement mais déjà, l’avoir remarqué, c’est pas si mal… J’essaie de me guérir mais du coup, je suis plus zen. Je sais que si ma relation ne doit pas durer, je survivrai, j’ai déjà vécu plusieurs ruptures, des faciles et des difficiles. Je pleurerai sans doute mais j’ai ma Vicky pour me consoler, au pire. Et si ça marche… Arrivera un moment où je m’aventurerai sur de nouveaux terrains mais l’essentiel, je maîtrise pas trop mal. Je sais ce que je veux et ce que je ne veux pas (ou plus), je définis à peu près la zone grise du pourquoi pas car un couple, ce sont des compromis, aussi. Ouais, ça, je l’ai appris de mes précédentes expériences, comme je suis mature, houlala.

 simone-de-beauvoir.jpg

Donc de façon là mathématique, on gère mieux nos relations, on ne commet plus les mêmes erreurs et on détecte plus facilement les « n’y touche pas, il est nocif ». Donc j’ai envie de dire que ma théorie qui stipule qu’à la fin, tout ira bien est presque mathématique. Evidemment, certains me diront que j’oublie légèrement de faire entrer en ligne de compte le côté désabusé de notre Mélanie, voire une pointe d’aigreur, la difficulté grandissante de faire des rencontres et bien entendu cette part de malchance que certaines traîneront
jusqu’à leur mort. Parce que oui, je pense qu’attirer des relations foireuses n’est pas que de notre fait, faut arrêter de toujours se culpabiliser. Puis ça permet de pleurer sur le thème du « mais meeeeeeeerde pourquoi, pourquoi ça me tombe encore dessus ? », ce qui est ma foi non négligeable. Mais justement, je refuse de croire en la malchance pure et éternelle. Tout ça ne peut pas être vain. Tous ces connards (non parce que certains sont quand même de beaux spécimens) que l’on croise dans nos vies, ce ne sont pas de simples hasards, de simples morsures de la vie, ça ne peut pas être juste ça. Il y a une raison à tout ça et la raison, c’est la relation magique et merveilleuse que Mélanie finira par trouver.

amour.jpg

N’empêche que vous trouvez pas ça beau qu’à 30 ans, je sois à ce point gonflée d’espoir ? Moi si, je m’auto émeus.

PS : Si j’ai mis une photo de Simone de Beauvoir, c’est parce que je la trouve très mature sur cette photo, voilà. Puis elle était quand même charmante, Simone. 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Nina prend le taxi

Il était une fois une jeune fille de 25 ans, pleine d’espoir en la vie et belle comme le jour… Non, je plaisante ! Il était donc une fois moi, une fille de 25 ans qui avait la lose, mais à un point inimaginable. En fait, cette fille alterne chance et malchance à une vitesse incroyable, si bien qu’une belle histoire peut se transformer en catastrophe.
 
Dimanche soir, je me couche, totalement enrhumée. Je pleure du nez, j’ai chaud, ça ne va pas du tout. Lundi, pareil, mardi, pas mieux. Mercredi matin, je me sens un peu mieux. 11 h, téléphone : je suis réveillée mais je paresse au lit. Au bout du fil, Bouc et Moustache : « je te réveille ? ». Bon, on discute un peu puis il m’annonce : « pour le boulot, tu vas être convoquée bientôt, tiens toi prête ! ». Oui car Bouki quitte son poste et à qui il a pensé pour lui succéder ? A moi, of course (bon, il a aussi pensé à Helmut Perchu, un de ses fans assidus et néanmoins ami) ! Mercredi soir, alors que j’écris des articles pour un webzine (même pas pour mon blog !), téléphone à nouveau, je reconnais le numéro de Bouki.
« Tu fais quoi, ce soir ? me demande-t-il.
Rien de spécial, j’ai des articles à écrire.
Bon et tu fais quoi demain ? Ça te dit une brouette ? [non, je plaisante, il n’a pas dit la dernière phrase]
Heu rien.
Bon, à 17h15, tu es attendue à la mairie de Ste Agathe des Chemins pour ton entretien. »
Oh, Seigneur ! Je raccroche et prudente, je cherche comment me rendre à la mairie de Ste Agathe des Chemins [ça n’existe pas en vrai, ne cherchez pas !]. Et là, le cauchemar : la RATP ne connaît pas cette ville et refuse de me dire comment m’y rendre. Je passe donc deux heures à trouver un trajet, secondé par mon adorable Guillaume qui sentait que je commençais à paniquer. Bon, je finis par trouver un trajet : train n°1, train n°2, bus. 1h20 de transports, tout va bien, je gère. Le souci majeur, c’est que je ne me sens pas au top de ma forme avec mon foutu rhume, j’ai peur que ça me desserve un peu. Surtout que Bouki m’a honnêtement précisé que je serai en concurrence avec Helmut Perchu dont je ne connais absolument pas le parcours mais, curieusement, de savoir que nous ne sommes que deux sur le poste, ça me fout un stress terrible surtout que je te rappelle, lecteur, que je n’ai jamais eu d’expérience en tant que salariée.
 
Jeudi matin, je me lève (et ne bouscule personne, comme d’habitude), je travaille sur mon press book en matant les maternelles, en attendant qu’on me livre mon bureau. Le bureau arrive, mon press book est prêt, je mets en page mes articles pour mon webzine. Je suis au point ! Je fouille sur le site de Plume sur Berges pour trouver les bulletins municipaux, je prends des notes : je suis parée ! Une petite douche, un peu de parfum et de maquillage, je suis au top !
 
15h43, je quitte mon appart : le train est à 15h48, tout va bien. Arrivée sur le quai à 15h45, mon sang se glace : j’ai oublié mon press book ! Je cours chez moi, je le récupère mais drame : quand je ressors, le train est déjà à quai. Même en courant, je ne l’aurai pas. Je fonce à la deuxième gare à pied, train n°2 est à 15h59, j’y arrive à 16h02… Bon, c’est la panique totale, le prochain train passe une demi heure plus tard. Il est hors de question d’arriver en retard donc aux grands mots, les grands remèdes, je décide de prendre un taxi. Oui, je suis fauchée mais c’est pas grave, je n’ai plus le choix.
 
Je trouve une station de taxi et monte dans le premier qui se présente. Je me pose et déjà, premier constat : ma ceinture ne marche pas.
« Vous pouvez me conduire à Ste Agathe des Chemins dans le ** ?
– C’est où ?
– Pas loin de Sainte-Hortense les Foins.
– Ah, d’accord ! ».
Bon, confiante, je m’enfonce dans le siège. Il est 16h10, une heure pour rejoindre la mairie, c’est jouable. Le mec démarre et là, je commence à douter : tandis qu’il conduit de la main gauche (menaçant les ailes de toutes les voitures à nos côtés), il fouille sur un plan de la droite. Finalement, au bout de dix minutes, il se gare et appelle un ami pour lui demander le chemin. Car évidemment, il n’a pas de GPS. Je sais pas pourquoi, je le sens mal.
 
On se retrouve sur une nationale, le temps défile et je commence à angoisser, dans ma tête, sublime dialogue :
« Pas de panique, ça va aller
– Non, tu n’y seras jamais, c’est pas possible ! »
Stressée, je décide de partager mon angoisse avec Guillaume (charmante que je suis). Le trafic est dense mais fluide, ça va aller, j’aurai même le temps de me fumer une cigarette avant l’entretien. 16h45… Le monsieur recommence à regarder son plan, c’est plutôt mauvais signe, il me semble… 16h55, je lui demande d’une voix tremblante : « on est bientôt arrivés ? Non parce que j’ai un rendez-vous très important à 17h15… » Bon, non, on n’y sera pas. J’appelle donc Bouki qui me demande où on est et quand je lui explique, il me fait : « mais comment t’as fait pour te retrouver là ?
– Ben j’ai pris le taxi.
– Mais en partant d’où ?
– De chez moi…
– Ah, intéressant ! ».
S’ensuit une belle balade en campagne, je suis désespérée : voilà, je suis en retard. Je harcèle le pauvre Guillaume de textos : « Le chauffeur de taxi est perdu, je vais me pendre », « comment perdre 100 euros et un boulot dans la même journée par Nina. J’ai envie de pleurer ». Parce que, franchement, j’ai très envie de pleurer : je suis tombé sur le seul chauffeur de taxi qui ne sait pas lire une carte ! Ça ne pouvait arriver qu’à moi, tiens ! Donc je prends une résolution : je vais à mon entretien et une fois rentrée chez moi, je pleure toutes les larmes de mon corps. Mais pas avant, ça ne le fait pas de se présenter avec du maquillage dégoulinant.
 
Le chauffeur de taxi, sentant mon angoisse, me fait poliment : « Ne vous inquiétez pas pour le prix, hein !
– C’est pas pour le prix que je m’inquiète mais pour le boulot que je viens de rater ! ». Bon, il m’a dit ça sans doute parce qu’il avait vu que j’avais recopié sa plaque sur un papier… Enfin, à 18h, on arrive sur place mais comme je suis très en retard, Helmut doit passer avant moi. Le monsieur du taxi me fait une ristourne de près de 25 euros (je paie quand même 70 euros), je cours à la mairie.Je fume une clope à une vitesse hallucinante et je monte à l’étage, m’installant dans les confortables sièges. Après avoir lu deux, trois articles pour mon webzine, je me plonge avec délectation dans la lecture de 1984 d’Orwell, en attendant.
 
Enfin, c’es mon tour, je discute deux minutes avec Helmut que je ne connaissais pas encore puis je rentre dans la petite salle, j’ai face à moi quatre personnes : deux personnes je me souviens plus qui c’est, le maire et Bouki, donc. C’est mon premier entretien pour un boulot et ça me rassure un peu d’avoir un ami dans le lot. Bon, je me vends comme je peux avec ma voix nasillarde, je démonte à peu près 800 fois mon stylo en un quart d’heure (oui, faut toujours que je tripote un truc, même quand je suis calme), je montre que j’ai bossé mon entretien en parlant du journal, je mets en avant mon expérience dans un journal local. A un moment, question qui tue : « quelle est votre principale qualité et votre principal défaut ? me demande le maire.
– Heu… Défaut : je suis impatiente ! Qualité…hum… je pense que je suis conciliante. Ah et je suis curieuse, c’est pour ça que j’ai voulu faire du journalisme » et me voilà partie sur un laïus sur ma vocation, l’envie de toujours apprendre, de faire des rencontres…
 
Fin de l’entretien, je sors discuter un peu avec Helmut et je lui montre mon press book puis Bouki arrive et nous traîne au bar. Là, je m’offre un Blue Lagoon parce que je l’ai vraiment mérité ! On discute, Bouki regarde un peu mon press book et découvre en avant-première mon interview de Nicolin pour Over Blog. Il me dit que je devrais faire attention à cacher un peu mes tremblements (oui, c’est naturel chez moi alors si on rajoute le facteur stress, ça fait limite Parkinson) et de pas jouer avec mon stylo quand je parle. On repart ensuite à la gare, Bouki me suit jusqu’à ma gare car il prépare un nouveau billet rose. En trajet, on discute un peu, je commence à lui raconter que je suis dégoûtée par cette histoire de taxi et par ma maladie qui fait que je n’ai pas été au top pour mon premier entretien. A un moment, il est un peu inquiet car mes yeux brillent et mes joues sont rouges mais je me sens pas particulièrement émue donc c’est soit l’alcool, soit un accès de fièvre (au choix).
 
On se quitte à la gare (hé oui, ce n’est pas moi le billet rose), je rentre tranquillement chez moi et là, la lose continue. Je prends mon courrier, j’enfonce la clé dans la serrure, je pousse et je ne peux ouvrir la porte que de quelques centimètres : que se passe-t-il ? Je regarde par terre, pensant que Kenya avait fait quelque chose et, là, sueur froide : cette andouille a réussi à bloquer la porte avec une tige en métal qui sert de verrou intérieur ! Oui, vous savez, les tiges en métal qui enserrent un clou et qui permettent d’ouvrir la porte de quelques centimètres sans que l’intrus puisse entrer… Ben ma chatte est super intelligente, elle a réussi à la mettre toute seule. Je m’escrime un peu, impossible d’ouvrir la porte. Je referme le battant et j’appelle Guillaume, totalement désemparée et au bord de la crise de larme. A peine a-t-il décroché que j’entend un grincement particulier : Kenya a enlevé la tige ! Non parce que ma dernière option était casser un carreau et passer par la fenêtre… Je rappelle à mon lectorat que nous sommes presque en hiver, il fait froid…
 
Et puis pour en rajouter encore un peu, hier soir, j’ouvre une lettre de mes parents qu’ils me disent qu’ils m’aiment et que je dois m’accrocher pour réaliser mon rêve. Ben, là non plus, j’ai pas pleuré mais c’était vraiment pas loin… Faut vraiment que j’apprenne à ouvrir les vannes quand c’est nécessaire…
 
Je finis donc la journée sur les rotules, j’en peux plus, j’ai évité trois crises de larmes in extremis… Tout ça pour quoi ? Ben, pour ne pas avoir le poste. Motifs invoqués : j’habite trop loin et Helmut a plus d’expérience que moi. L’histoire ne dira pas si la distance avait joué contre moi si j’étais arrivée à l’heure. Toujours est-il que je vois le positif de la situation : c’était mon premier entretien pour un boulot et c’est toujours ça de gagné. En plus, Bouki m’a dit ce que je devais améliorer, je vais en prendre note. En attendant, aujourd’hui, j’ai réaménage mon appart !
Rendez-vous sur Hellocoton !