Un parfum de victoire sur fond d’attouchements

Dimanche dernier, la France a gagné la Coupe du Monde. Bravo les gars, bien joué. A la fin du match, la foule exulte, les gens ont besoin de partager ce moment. Moi, je n’aurais voulu y être pour rien au monde car je déteste la foule. Pourquoi ? Parce que chaleur+alcool = un nombre beaucoup trop élevé de connards au carré. Ceux qui profite de l’occase pour s’adonner à des attouchements sans trembler. Et le pire, le plus navrant, c’est que j’avais raison.


Finale de la Coupe du Monde 2018 à Paris, la France championneJ’en avais parlé lors de la finale de Coupe d’Europe, tous ces gros dégueus qui profitent de la foule pour se frotter aux femmes. Certains pourraient se gausser en mode « roh les puceaux dont la sexualité se limite à un contact furtif avec une femme à travers des vêtements ! ». Sauf que ce n’est pas drôle, vraiment pas. A chaque soirée alcoolisée, c’est la même merde. Même l’an dernier, à la soirée de ma boîte, un mec que je connaissais vaguement m’a plaquée contre un mur et s’est frotté. Devant nos collègues. Personne n’a réagi. Au fond, c’est pas grave, « c’est l’alcool, c’est la fête. ». Non, c’est juste que les mecs sont des porcs. Oui, zéro nuances, j’en ferai le jour où je pourrai sortir dans une foule sans me prendre une main au cul tous les 100 mètres avec rires gras en prime. Tu mets pas de main au cul ? Très bien. As-tu déjà empêché ton pote de le faire ou le pourrir publiquement quand il le fait ? Voilà.

Barney Stinson, séducteur problématique

On notera par exemple que dans les séries américaines, les séducteurs ne sont quasi jamais recadrés par leurs amis parce que bon « ils sont gentils », au fond (NON)


C’est fou quand même. Pour la demi-finale et finale, des hommes se sont exhibés, tous fiers de coller leurs couilles sous le nez de tous et toutes. Et ça me fout en rage. Pas le spectacle de la nudité, je m’en branle, sans mauvais jeu de mots. Mais vous, quand vous vous bourrez la gueule et vous désapez, il se passe rien. On vous célèbre même dans la presse. Les femmes qui se montrent un peu en festival ou dans les ferias (aka grimpent sur les épaules de leur mec), elle se fait choper les seins. Pas mal d’artistes féminines ont arrêté de se jeter dans la fosse pour éviter les doigtages sauvages. Non, je n’ai pas fait de faute de frappe. Les hommes n’ont d’ailleurs aucun mal à partager leur fantasme de plonger leurs doigts dans une chanteuse qui voulait juste faire la fête… Des porcs, je vous dis. A côté de ça, je n’ai pas vu de femmes poster en commentaire du M. Nu de la finale : Mmm, j’ai envie de prendre sa vite dans la bouche ou d’enfoncer mes doigts dans son cul. Curieux.

Homme nu coupe du monde de foot

Il est certes vrai que sous cet angle, son cul risquait d’être rapidement indisponible…


Il faut arrêter la tolérance. Il faut arrêter de célébrer cette photo d’une femme forcée par un homme :

Femme embrassée de force à Time Square, les attouchements dans une foule en liesse
Il faut cesser de nous toucher, de nous demander de pardonner votre copain, ivre d’alcool et de joie, qui a un peu perdu le  contrôle mais bon, il est pas méchant. Sauf que pour lui, cette soirée restera un excellent souvenir, la bière était fraîche, il se sentait séduisant, les filles étaient faciles. Vraiment ? C’est peut-être pas tant que les filles étaient faciles mais qu’au mieux, elles sont polies, elle feignaient de t’écouter docilement tout en cherchant du regard quelqu’un qui pourrait les sortir de là, au pire, tu les avais bloquées contre un mur et elles commençaient à salement paniquer. Vos belles soirées sont toujours nos soirées sympas “mais à un moment, y a eu un relou qui…”. Ca, c’est notre vie. A faire attention quand on sort, à repérer le mec “sympa mais un peu relou quand il a bu” pour ne pas se retrouver à proximité pour pas se retrouver avec un inconnu qui vous plaque contre un mur en se frottant… dans le meilleur des cas. On doit faire ce travail là car personne ne nous défendra, jamais. D’ailleurs, nous allons en reparler du mec gentil, là… Oui, j’en ai déjà parlé mais c’est loin d’être fini. Surtout que certains ne semblent pas comprendre qu’ils sont partie intégrante du problème.

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Fais péter la jupe

Il y a des combats auxquels on ne pense pas forcément et qui, une fois sous ton nez, te rendent limite hystérique. Mi mai éclate la fameuse affaire DSK et soudain, les députées (non, je n’ai pas fait de faute) trouvent que c’est un bonne occasion pour parler : à l’hémicycle, mieux vaut éviter la jupe. Qu… quoi ? Je vais m’étrangler d’indignation et je reviens.

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Je l’avoue, je ne suis pas une adepte de la jupe car je ne trouve pas ça très pratique. Je suis quelqu’un qui gigote beaucoup, qui ne s’assoit que très rarement correctement ce qui implique que si je mets des jupes, la personne face à moi finira forcément par entrevoir la couleur de ma culotte. Et c’est le genre d’infos que je préfère réserver à un public choisi (ouais, enfin, si on compte les copines du vestiaire de plongée plus celles de mon futur club de sport… En fait, tout le monde peut voir ma culotte). Et puis même, pour marcher, rien ne vaut le pantalon ou le short. Oui parce que je n’ai rien contre le fait de dévoiler mes gambettes, surtout en été donc short. Et pourtant, je me rends compte qu’aujourd’hui, porter la jupe est un acte limite politique, une audace féministe incroyable. Et à bien y réfléchir, si je mets plus de jupe aujourd’hui, c’est parce que j’en ai eu marre de me faire emmerder par le passé.
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Je me souviens d’un jour d’août 2002, je bossais dans un organisme de crédit comme vacataire et j’avais mis une robe-salopette que j’aime beaucoup. Un peu courte mais toute mignonne, pas provocante pour deux sous. Après la journée de travail, je suis allée en ville, à Toulouse, pour je ne sais quelle raison et là, ce fut un festival de sifflements et remarques à l’avenant. Le pire étant le soir quand, allant voir Anne, un mec un peu bizarre commençait à me marmonner que j’avais de belles jambes. Ce jour-là, j’ai pensé “plus jamais la jupe!”.

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Et ça fait chier. En tant que jeune femme, j’aime être jolie, apprêtée, c’est mon droit le plus élémentaire. Pourquoi me suis-je faite si jolie ? Pour moi, peut-être pour un lui. Peut-être qu’un homme dans la rue me trouvera jolie, c’est son droit le plus absolu, il peut même le dire. Sauf qu’il y a dire et dire. Je m’énervais vendredi sur cette histoire de vertu, on en revient là. J’ai la vague sensation que plus les jambes et/ou les seins sont dénudés, plus on perd le respect le plus élémentaire. En gros, j’ai une jupe, je suis une pute. Ou tout du moins une salope. Je trouve dramatique qu’en France, pays civilisé, une femme puisse être regardée de travers parce qu’elle met une jupe, préfère enfiler un pantalon et un col roulé car elle a un entretien avec un homme de type libidineux. Parce que manifestement, une femme est un être de séduction, on ne peut rien faire sans que ça excite le mâle. Mâle qui est lui-même un animal en perpétuel rut, si j’ai bien compris, puisque la vue de gambettes semble lui faire croire que tout est permis. Et puis une main au cul, c’est mignon, c’est bon enfant, huhuhu.

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Alors je crois que je vais me remettre sérieusement à porter des jupes avec un message très clair : si je n’ai pas rendez-vous avec toi dans un resto romantique après quelques semaines à se tourner autour, il n’y a que très peu de chances que cette jupe soit là pour t’exciter. Ceci étant, avec ma balafre de 13 cm sur le genou, je suis pas sûre d’exciter grand monde pour le moment…

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Meetic

(Troisième sketch de mon one woman show que je jouerai jamais mais ça m’éclate de l’écrire quand même)

Bon, tel que vous me voyez là, je suis célibataire. Bon, alors, j’ai beau me dire que c’est pas grave, on me fout la pression quand même. Genre, ma meilleure amie : « Il serait temps que tu te trouves un mec, tu vires aigrie », ma grand mère : « alors, c’est quand que tu nous présentes ton jules ? ». Ma tante : « Alors, c’est toi la prochaine à te marier ! ». Ma mère : « t’es sûre que t’es pas lesbienne ? ». Non mais oh, je fais ce que je peux ! L’amour, ça se trouve pas comme ça, d’un claquement de doigts. Je vérifie, tous les soirs, qu’il n’y a pas un beau mec caché sur mon lit et ça n’arrive JA-MAIS. D’un autre côté, un inconnu sous mon lit, je suis pas sûre de bien le vivre sur le coup.

meetic

J’ai donc décidé de prendre mon destin en main. Comme j’ai compris que je ne trouverai pas l’amour au boulot, à moins de devenir sourde et aveugle, l’amour, je le trouve là où il se présente, sur meetic. (S’asseoit et tapote sur un ordi). Alors, je tape ce que je veux comme mec, voyons voir… Brun, grand, athlétique, les yeux bleus, parlant anglais, russe et croate, bac+5 et plus, riche… Oh, ça va, puisque je peux choisir, je vais pas prendre un smicard ! Vous avez le choix entre Brad Pitt dans un château ou le mec qui zone toute la journée au PMU, on sait tous quel choix vous allez faire. Bon, hop, je rentre tout ça et… aucun profil ne correspond à ma demande. Bon, je crois que je suis trop exigeante, là… Bon, on va regarder ce qu’il y a dans ma ville, pour voir. (montre son écran avec son doigt). Non… Non… Non… Ahahahahah, non ! Ah, lui, il est mignon. Ah, il est en ligne, je vais passer sur sa page et attendre qu’il me contacte sur le chat. Oui, meetic, c’est comme dans la vie, c’est à l’homme de nous courtiser, faut pas déconner non plus. Bon… Ah, j’ai un message sur le chat, gagné ! Ah non, c’est pas lui, c’est qui qui me parle ? Raymond, 57 ans… « Est-ce que tu veux faire l’amour ce soir ? ». C’est une blague ? Alors que les choses soient claire, je n’ai rien contre les quinquas, mes parents le sont, justement… Mais avoir des relations sexuelles avec un gars qui aurait pu être dans le berceau voisin de mon père, c’est complètement impossible…Bon, je vais lui répondre (tapote) « Non, mer-ci, je-ne-suis-pas-in-ter-res-sée ». Ah, il me répond : « t’es frigide ? ». Mais c’est quoi ce site ? Pervers.com ? Bon, je ne lui réponds plus, ça ne sert à rien. Ah, en voici un autre : 29 ans, bac+5. Bon, y a pas sa photo donc à priori, ça veut dire qu’il est soit moche, soit marié, soit qu’il n’a pas 29 ans… Voire les trois en même temps. Bon, il me demande gentiment comment ça va, répondons lui. (tapote)« Ça va et toi ? ». Il me répond : « Oui, c’est quoi ton prénom ? ». Ouh, je sens la conversation passionnante, là. Bon, je vais lui répondre, on ne sait jamais. Il veut savoir mon âge, maintenant… (tapote)« C’est écrit sur mon profil, tu sais pas lire ? ». Non mais on va pas lui mâcher le travail, non plus ! Ah, il me répond : « quelle est la taille de tes pieds ? ». Hein ? C’est quoi cette question ? Il est podologue ou quoi ? (soupir) Bon, répondons lui, on sait jamais… Des fois que j’ai besoin d’aller chez un podologue, un jour. Il me répond : « j’adorerais te les lécher ». Bon, ok, on passe au suivant.

Bon, bonsoir, ça va, oui, début classique. Il me demande ce que je fais dans la vie… Des fois, je me demande à quoi ont servi les 15 minutes que j’ai prises pour remplir mon profil… (se lève). L’autre soir, j’ai discuté avec un homme : il était beau, il était drôle, il m’a parlé de Mozart et de villa en Toscane, de couchers de soleil, d’escapade à Venise et d’aurores boréales. Moi, j’étais toute émoustillée, je m’imaginais cheminer main dans la main avec ce poète cultivé, homme de goût… La preuve, il me drague. Je croyais l’avoir trouvé, l’amour, le vrai. Il m’a demandé un rendez-vous, j’ai accepté. Il était beau sur sa photo, on aurait dit Sean Connery, jeune. Je vous rappelle que je refuse de tomber amoureuse de gens ayant l’âge de les parents ou plus. Donc je l’imaginais, arriver dans son manteau long, une écharpe négligemment jetée autour du cou, l’œillade irrésistible, un sourire à faire fondre la banquise. Oh Sean, je suis à toi, épouse-moi, prends-moi, fais de moi ta chose ! Donc, j’étais là, dans la rue, je l’attendais mon Sean Connery, la tête pleine de rêves ! Il est arrivé et là, et là… C’était plus Sean Connery mais Mister Bean… J’ai un peu déchanté quand même mais sur le coup, je me suis dit : « c’est pas grave, il a la beauté de l’âme… ». Mais quand au bout de dix minutes, il m’a demandé si on allait directement à l’hôtel, j’ai compris que la beauté de l’âme non plus, il ne l’avait pas !

Bon, y en a qui trouvent l’amour par meetic, quand même, faut pas exagérer. C’est pas parce que moi, je suis mal tombée que c’est le cas de tout le monde. Et puis meetic a un côté positif quand même : c’est de la drague lourde comme en boîte mais là au moins, personne ne vous met la main au cul…

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Dans le métro

Aujourd’hui, je rédige un petit article typiquement parisien mais qui peut s’adapter à plusieurs grandes villes. Parce qu’aujourd’hui, j’ai envie de faire dans le léger, je vais vous parler du métro (et RER). Prenez votre ticket (ouais, c’est pas beau la gruge) et asseyez-vous sur un strapontin et on y va.
 
Bon, le métro, j’ai pas découvert à Paris, on en a un à Toulouse, un métro super moderne avec portes automatiques et sans chauffeur. Et on avait aussi nos heures de pointes, si, si ! Je me souviens, quand je sortais de cours à 18h, je devais partir vers la banlieue pour descendre à la station suivante et repartir vers le centre ville pour squizzer le monde à la station du Mirail. A la fin, je devais même partir deux stations plus loin vu qu’on était nombreux à appliquer la même combine.
 
Mais le métro parisien, c’est une autre dimension. 14 lignes plus 5 lignes RER, je ne sais combien de stations, c’est quand même quelque chose. Certaines stations sont purement dantesques. Par exemple Châtelet ou Auber, vous descendez d’un côté, vous prenez des tapis roulants, des escalators, des ascenseurs pour aller d’une ligne à l’autre. Montparnasse aussi, c’est pas mal avec le tapis « ultra rapide » avec une voix qui dit : « gardez vos pieds à plat. Gardez vos pieds à plat. Gardez vos pieds à plat » parce que si vous levez les pieds au moment où vous passez du tapis à bille (hyper casse gueule, soit dit en passant) au tapis roulant, ben paf ! vous tombez. Outre le ridicule de la situation, je vous le conseille pas, un coccyx, c’est fragile. Et puis un bleu aux fesses, c’est délicat et douloureux, pas top de passer sa vie assise sur une fesse car l’autre est hors service.
 
Mais surtout le métro parisien, c’est une aventure olfactive de tous les jours. Ca pue. Selon les stations où vous vous arrêtez, vous êtes agressé par une forte odeur de viennoiserie industrielle et bien lourde, à éviter en cas de nausée. D’ailleurs, le jour où je suis enceinte, je prendrai plus le métro parce que ce genre d’odeurs, ça vous fait rendre une femme qui va enfanter ! Et encore, ces odeurs sont les plus sympathiques ! Parce qu’un peu plus loin, vous avez droit à la forte odeur d’œufs pourris venant des égoûts voisins ou pire, l’odeur chaude et piquante de l’urine. Alors, ça, c’est un truc que je ne comprends pas ! Comment peut-on se laisser aller dans les couloirs du métro, c’est vraiment dégueulasse ! On n’est pas des chiens, que je sache ! C’est pas comme si y avait pas des sanisettes partout en ville ! Enfin, vous passez dans toute cette forêt d’odeurs pour le moins agressives, un vrai bonheur !
 
Maintenant, prenons une Nina, un poil étourdie et pas vraiment douée du sens de l’orientation, et mettons là dans les dédales du métro parisien. Ca nous fait plein d’anecdotes. Par exemple, hier soir, je suis sortie au théâtre, j’avais rendez-vous avec Sab à Bastille. Inspirée, je décide de quitter le RER A à Auber plutôt qu’à Châtelet et prendre la ligne 8 pour gagner du temps. Je sors donc du RER et suis les indications « ligne 8 », je prends un tapis roulant et là, je me retrouve face à deux escalators, l’un en direction de Créteil, l’autre Balard et aucun panneau pour me dire quelle direction je dois prendre donc au hasard, je prends Balard. En montant les escaliers, je me représente le plan. Ah bien y réfléchir, Créteil est à droite du plan, Bastille aussi, par rapport à Auber/Opéra, je prends pas la bonne direction, je suis sûre ! (droite = est mais bon, je suis pas géographe, moi). Le métro arrive, je monte dedans et regarde le plan : ouais, je suis pas dans le bon sens ! Bon, je ressors aussi sec, je décide d’aller de l’autre côté mais les panneaux m’indiquent pas l’autre ligne 8 (oui, je suis pas censée la rejoindre à partir de ce quai-là !) donc je dois ressortir de la station et re-rentrer. Bravo le gain de temps !
 
Un autre jour, je déjeunais dans le sentier avec une collègue de l’asso. En repartant, j’étais perdue dans mes pensées, occupée à dresser la liste de tout ce que je devais faire (bonjour le truc) et donc, je fais pas gaffe, je le prends dans le mauvais sens. Donc je descends à la station suivante, Réaumur-Sébastopol, et décide de rejoindre Les Halles en prenant la ligne 4. Mais y avait pas les panneaux indiquant la liste des stations donc je choisis une direction au hasard et évidemment, je prends pas la bonne. Du coup, je suis descendue à la station suivante pour prendre la ligne 9 et rejoindre St-Lazare. Oui, j’ai un art certain pour perdre du temps. Par contre, une fois, j’ai été trop forte : en suivant la direction que je pensais la bonne, je me suis plantée et me suis retrouvée dans l’autre sens… Et finalement, je me suis rendue compte que j’ai bien fait de me planter puisque j’avais choisi la mauvaise direction. Oui, je sais, des fois, faut que je descende de ma planète.
 
Sinon, le métro est un haut lieu culturel où se produisent des artistes au talent… particulier. Quand je bossais en CDD, je devais prendre le RER pour aller dans la ville sur laquelle je travaillais. Systématiquement, à une station, montait tout un tas d’artistes, accordéonistes ou chanteuses avec ampli qui avaient toutes la même voix (mais je ne dirai pas qu’elles font du playback), des trucs cauchemardesques, j’entendais même plus mon lecteur mp3 ! Le pire c’est un jour, j’attendais le RER dans ladite ville pour retourner bosser, j’étais au téléphone avec Gauthier. La rame arrive, je m’avance vers une porte et je vois un accordéoniste ! Donc je cours dans la voiture suivante… et tombe sur la chanteuse à ampli. Et meeeeeeeeeeeeerde !
 
Enfin, le métro est un haut lieu de drague. J’en ai subi pas mal, comme la plupart des filles. Des mecs qui me matent fixement, ce qui me met extrêmement mal à l’aise, de ceux qui me parlent de mon lapin en peluche accroché à mon sac. Le pire ? La main au cul. Classique aussi mais très désagréable. Maintenant, j’ai la solution : le bouquin et le strapontin. Dès que je peux, je m’assois et me plonge dans la lecture de tout et n’importe quoi comme ça, je fais abstraction de tout, une vraie petite bulle de détente ! Et franchement, je crois que c’est la seule façon de pas virer dépressive !
 
Alors, lecteur, si tu croise une petit châtain qui lit dans le métro et même continue sa lecture en sortant de la rame parce qu’elle a pas fini son paragraphe, avec un lapin en peluche sur son sac et qui ne regarde pas du tout où elle va (sans doute dans la mauvaise direction), y a de fortes chances que ce soit moi !
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La drague en boîte

Deuxième volet de « la drague vue par une fille qui n’aime pas ça ». Après la rue, voici un haut lieu de drague : la boîte de nuit. Des hommes et des femmes parés pour l’occasion et gigotent sur des musiques endiablées. Toute cette sueur active fortement les phéromones, on espère ramener un(e) partenaire de brouette pour terminer la nuit. Après tout, la pénombre, des mouvements en rythme tel un prélude à l’amour, l’alcool, les strass… Tous les ingrédients sont réunis ! Sauf que c’est pas une raison pour nous croire forcément consentantes.
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En boîte, les discussions sont impossibles, il faut l’admettre donc on ne se base que sur ce que l’on peut juger : le physique. Après une conversation hautement philosophique « Et c’est quoi ton nom ? Nina et toi ? Jean-Paul. », on danse, on se tripote, on se mélange la langue et plus si affinités (dans les toilettes, la voiture ou même dans un lit, tant qu’on y est !). Du coup, des tas de jeunes loups (ou louves, d’ailleurs) affamé(e)s hantent ces lieux à la recherche du bon coup. Sauf que tout le monde n’est pas là pour ça, il faut savoir décoder les signes. Il y a deux ans, le prof de communication politique nous a expliqué que des sociologues avaient décrypté la drague en boîte et ils avaient révélé que contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce sont les femmes qui donnent le coup d’envoi de la séduction, en se trémoussant d’une certaine façon, en se touchant les cheveux…
 
A bien y penser, ce n’est pas faux. Bon, moi, les cheveux, je les touche tout le temps donc ce n’est pas nécessairement un indice (ben oui, quand je danse, ils me viennent dans la figure, faut bien que je les repousse). Mais si en boîte, un monsieur m’intéresse, je lui envoie des regards assez explicites… Je dirais même que je cherche son regard avec insistance et je vois : s’il n’y répond pas, je laisse tomber. A l’inverse, si je vois qu’un gars me dévore des yeux et qu’il ne me plaît pas, j’essaie de lui faire comprendre que je suis pas intéressée, le mieux étant en lui tournant le dos. Mais la plupart ne comprennent pas.
 
Il y a de tout en boîte dont certains mecs qui ont du mal à comprendre que non, c’est non et qui insistent lourdement. Quand je suis allée en boîte il y a un peu plus d’un mois, je me suis retrouvée aux toilettes avec deux filles, mortes poules, l’une d’elles commence à se lamenter sur les mecs car un jeune homme éconduit l’avait griffée… et pas qu’un peu, elle avait une sacrée estafilade sur la figure. Non mais on rêve ! Certaines se prendront des « pétasses » ou « salopes » très galants, ça donne vraiment envie de connaître le monsieur. Parce que c’est pas parce que monsieur vient pécho que toutes les filles doivent tomber à ses pieds et se faire traiter de la sorte si elles osent dire non.
 
Cet été, je suis allée en boîte avec Linga et Athéna : une Asiatique, une Antillaise et une châtain, bonjour le trio. On a passé la soirée à se faire entreprendre : trois filles ensemble, le pied. A un moment, un mec m’attrape la main (non mais ça va oui ? On n’a pas élevé les cochons ensemble mon gars). « Hé tu danses avec moi ?
– Non, suis avec mes copines.
– Et alors ?
– Et alors je veux danser avec elles, pas avec toi. »
Le problème quand on est qu’entre filles, c’est que nous sommes les proies faciles de tous les dragueurs, surtout les acharnés. Parce qu’apparemment, quand on n’est qu’entre filles, on est forcément en chasse. Et bien non, moi, je vais en boîte avec mes copines pour m’amuser. Si j’avais eu envie de danser avec monsieur, je lui aurais envoyé des signes. Et puis on me prend pas par la main, non mais !
 
Y en a qui privilégient à la quantité à la qualité : je me jette sur toute la chair fraîche environnante, y en a bien une qui va céder. Toujours lors de ma dernière virée en boîte hétéro, j’ai assisté à la chasse d’un pauvre type qui se jetait sur toutes les nanas et se prenait râteau sur râteau, forcément. Alors, là, j’entends les mâles qui hurlent : « ben alors quoi ? On a le droit de draguer qu’une nana par soirée ? » Je vous réponds : si je vois un mec draguer une nana, se prendre une veste et venir joyeusement m’entreprendre quelques minutes après, c’est clair qu’il va se prendre un vent. Hé oui, je ne suis pas une femme parmi tant d’autres, je suis un individu. La drague, c’est pas comme l’usine, ça marche pas à la chaîne. Quel crédit vais-je donner à un mec qui se jette sur moi avant tout parce que je suis de la chair fraîche ? Si je lui dis non, il va attaquer une autre fille, ça fait toujours plaisir…
 
Dans ma courte vie, je ne suis sortie qu’une fois avec un mec en boîte. J’étais dans ma période Pierre, un type m’accoste (enfin, vient danser devant moi) et comme j’étais résolue à mélanger ma langue ce soir-là, me suis pas faite prier. Sauf qu’il devait faire deux mètres et moi beaucoup moins. A un moment, je lui demande son prénom (oui, après avoir visité sa cavité buccale, la te-hon) et il me répond Pierre donc je l’indique discrètement à Gauthier quelques mètres plus loin qui explose de rire. Résultat, on a passé la soirée à se rouler des pelles sur la piste de danse à tel point que quand on s’est décollé, à un moment, des gens ont applaudi (la te-hon bis). Résultat : ben rien, fin de la soirée, fin de l’histoire. Le lundi, j’ai croisé un mec à la fac qui lui ressemblait terriblement, j’ai jamais su si c’était lui ou pas mais vu qu’il était équipé d’une greluche, j’ai jamais osé demandé. En même temps, deux jours plus tard, je sortais avec Guillaume 1er du nom donc ça n’avait plus d’intérêt. Ceci étant, je ne crois pas que je puisse trouver le géniteur de mes trois enfants en boîte. Peut-être me trompe-je mais c’est tellement la foire aux bestiaux que les histoires qui naissent là sont souvent éphémères. De toute façon, je ne veux plus sortir avec un mec en
boîte. Pas tant par principe que par souci technique : en boîte, il fait sombre, j’ai pas mes lunettes donc le Brad Pitt de la boîte pourrait se révéler être Jean-Louis Bidochon le lendemain au réveil. Avec ou sans alcool dans mon sang.
 
Je n’aime pas la drague en boîte. J’ai un peu l’impression que c’est le marché aux bestiaux, faut à tout prix se trouver une moitié sinon, la soirée est gâchée. Personne ne peut concevoir qu’on va en boîte juste pour danser ou pour passer un bon moment entre amis ? Pourquoi sommes-nous tous censés être là pour « choper » ? Hé oui, moi, si je vais en boîte, c’est avant tout pour transpirer un peu, pour me défouler, quel bonheur ! C’est sans doute pour ça que j’aime bien aller en boîte gay, au moins, je suis peinarde (quoique ça dépend de la boîte).
 
Autre question : pourquoi la discothèque est-elle à ce point l’ennemie de la galanterie ? Ok, il est difficile (voire impossible) de discuter en boîte, mais c’est pas une raison pour entamer la relation par une main au cul. Au passage, mon fessier n’est pas un espace public, on ne s’y balade que sur autorisation. Qu’est-ce qui pousse les mecs à croire que la discothèque est un lieu propice aux attouchements de toute sorte ? Je n’aime pas qu’on me touche, je déteste qu’un mec que je ne connais pas vienne se coller à moi alors que je ne lui envoyé aucun signe d’intérêt. Je me souviens quand j’étais allée en boîte avec mes collègues de mon premier stage, un mec était arrivé derrière moi et m’avait enlacée, s’agitant dans tous les sens derrière moi. Quand il a vu que je m’étais transformée en statue, il m’a lâchée, le tout sous le regard étonné d’un collègue. NON MAIS CA VA PAS ! Je veux bien danser collée serrée mais avec le partenaire que j’ai choisi, sans que ça engage quoi que ce soit au passage. En juillet, j’étais sortie en boîte avec des copains de Clara et je m’étais amusée à faire du frottis-frotta avec l’un d’entre eux. Un pur jeu de part et d’autre, on s’est bien amusés et voilà. Le problème, c’est que les trois-quarts des mecs pensent que le frottis-frotta mène à la brouette donc je ne le ferai jamais avec un inconnu. Alors qu’il ne me l’impose pas, merci.
Bref, la drague en boîte, ça me fait penser à la drague sur meetic : on se choisit uniquement sur des critères physiques et comme on pense que, comme la plupart des gens sont là pour choper, on se dispense des règles élémentaires de séduction. Erreur, erreur. Voilà pourquoi je ne vais jamais en boîte hétéro, ou alors avec mon pénis accompagnateur (un mâle qui joue le rôle de mon mec pour faire fuir les lourdauds, Gauthier, en général).
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