Comment décrédibiliser un camp : comparatif manifestation Cop21 vs féminisme

Le 29 novembre dernier, peu de temps avant de décoller pour aller voir des amis, Victor et moi traînons un peu sur Twitter, suivant la manifestation écologiste à l’occasion de la Cop21. Il avait prévu d’y aller, me convainquant de ne pas le suivre car ça pouvait être dangereux. Pas à cause d’un éventuel attentat mais bien à cause des lacrymos et autres coup de matraque distribués dans le tas. Oh mais non, tu exagères, petit coeur. Ah mais non… Et sur ma timeline, je vois l’impensable : un silence de la plupart de mes contacts sur la manif jusqu’au moment fatidique où 3 connards ont jeté des bougies du Mémorial. Enfer et damnation, ces écolos sont des connards, ils méritent bien un peu de lacrymo et des coups, ils détruisent nos témoignages de compassion. Mais… Comment vous pouvez tomber dans un piège aussi grossier ? Alors oui, les connards (Black blocs apparemment mais d’après ce que j’ai pu voir/lire, aucun des cagoulés n’a été arrêté… Mais bon, vu que les black blocs ne sont pas une entité fixe mais qu’on peut tous l’être, j’imagine que c’est compliqué de savoir qui est qui), il y en a eu comme il y en a dans chaque manif mais bordel, vous voyez pas qu’ils se servent de ça pour brouiller le message ? Non.

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Ok alors pour vous prouver que si, c’est bien ça l’astuce, je vais prendre un sujet qui fait bien plus réagir ma timeline que l’écologie : le féminisme.

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Les black blocs = les Femen

Classic shit de n’importe lequel des mouvements : les membres dont on se passerait bien parce qu’on va vous les balancer systématiquement à la tronche pour décrédibiliser votre combat. Côté COP21, on l’a bien vu, ce sont les Black Blocs. Côté féministe, on a les Femen et tou-te-s celles et ceux qui ont essayé d’avoir un propos pro féministe vont confirmer : on a toujours droit aux Femen “ah ouais mais t’es féministe et t’es d’accord avec les Femen, alors !”. Non pas forcément parce que tu vois, quelles que soient tes opinions, tu ne trouveras jamais un mouvement où tout le monde est absolument d’accord sur les fins et moyens. Les Femen, je trouvais le discours de base sur la réappropriation du corps intéressante, quelques happenings qui ont du sens, je les ai trouvées couillues d’aller se frotter à Civitas mais… je comprends jamais bien ce qu’elles veulent, en fait. Des opérations coup de poing, on en a eues mais on n’entend jamais bien leurs revendications. Mais quoi qu’on pense des Femen, elles semblent constituer à elles seules un amalgame pénible à porter pour toute féministe alors qu’elles ne représentent qu’un mouvement minoritaire mais visible. Comme les Black Blocs. Et cette assimilation systématique devient un argument en lui-même pour ne pas écouter les féministes ou militants écologistes.

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“Il fallait pas faire comme ça” = le mansplaining

Toute féministe qui débat a un jour entendu un homme lui expliquer que c’est pas comme ça qu’il faut s’y prendre. En légèrement caricatural, ça donne “non mais vous êtes toutes hystériques, comment voulez-vous qu’on adhère à votre combat, aussi ?” et ces gentilles personnes (souvent des hommes) viennent nous expliquer comment qu’on milite pour gagner l’adhésion de la populace tout en nous imposant un calendrier de priorités qu’on doit suivre à la lettre parce que pardon, y a plus important que le combat que vous êtes en train de mener. Vous luttez contre la place des femmes en entreprise ? Idiotes, la priorité, c’est le viol ou la violence conjugale. Apparemment, la légende voulant qu’un homme ne puisse exécuter qu’une seule tâche à la fois semble vraie. car, voyez-vous, on peut mener plusieurs luttes de front, sans hiérarchiser la priorité en délaissant les autres dossiers. Sur la fameuse manif, on retrouve la même rhétorique : fallait pas manifester. Il est vrai que les grands changements dans le monde ont toujours été faits à partir d’un canapé. Rappelons que la chaîne humaine était autorisée et que les choses ont dégénéré lorsque les manifestants ont commencé à être enfermés sur la Place de la République et gazés avant même les premières échauffourées. Ah et pour celles et ceux qui me diraient que, quand même, y a des façons plus douces ou subtiles de lutter, relisez l’histoire du MLF, elles ont pas toujours fait dans la dentelle, loin de là.

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“Fallait pas manifester” = “elle l’a cherché, t’as vu comme elle est habillée ?”

Suite du précédent : ok, ils se sont faits gazer/frapper/interpeller mais on leur avait dit de pas aller manifester alors, hein… On remplace par “oui, elle s’est faite agresser mais t’as vu comme elle était habillée aussi”. Je n’aurai pas l’audace de comparer ça à un viol mais ici, la victime n’est jamais innocente. Non parce que pardon, remettons un peu en contexte : des centaines de personnes ayant participé à une marche autorisée avec leur drapeau peace qui se prennent des coups par des flics alors qu’ils sont assis par terre les mains en l’air, je ne vois pas dans quel univers, c’est chercher la merde… Ah si, dans celui de ceux qui veulent démonter cette manif, bien sûr.

Ces activistes sont tellement dangereux qu'un flic laisse traîner sa matraque au sol et lui tourne le dos... manifestation COP21

Ces activistes sont tellement dangereux qu’un flic laisse traîner sa matraque au sol et lui tourne le dos…

“Ouais mais les flics du Bataclan” = “no all men”

Oui les flics du Bataclan ont des couilles XXL et je n’aurais pas été capable de faire la même chose qu’eux. Mais ça n’empêche pas que les CRS qui ont “encadré” la manifestation se sont adonné à des violences injustifiées et le reconnaître n’enlève pas le mérite de ceux du Bataclan vu que ça n’a strictement rien à voir. Cette volonté de soudain déifier les flics comme l’entité salvatrice, empêchant ainsi toute critique me gêne, c’est un peu “non mais y a des mecs bien aussi”. Je suis la première saoulée par la systématisation du flic= gros con débile mais en l’occurence, sur cette manif, ils ont grave chié et abusé de leurs prérogatives. De la même façon que des mecs courageux vous sauvant d’une agression ne transforment pas tous les mecs en personne bien attentionnées à votre égard.

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Bref, une rhétorique simple qui s’applique à tout ce qu’on veut dénigrer. Toujours pas indignés, toujours indifférents ? Peut-être souffrez-vous de… snobisme géopolitique !

Je vous explique ça demain (enfin, j’essaie, je suis tellement charrette cette semaine… Enfin, ça fait un mois mais là encore plus)(mais c’est pas pour autant que je vais pas m’indigner, ça s’agite violemment en moi tout ça)

 

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Qui ne dit mot consent : ouvre la

La vie en société n’est pas toujours évidente, on marche sur un fil entre franchise et diplomatie, hypocrisie et grande gueule. Je suis le prototype de la fille polie qui laisse parfois passer des opinions contraires sans réagir parce que la situation l’exige. Genre ma chef qui a un avis très arrêté sur la Grèce qui est contraire du mien… Mais bon, est-ce pertinent de lancer un débat là dessus avec la personne qui a légèrement la main sur mon augmentation annuelle ? Mmmm…

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Longtemps, j’ai laissé passer. Parce que la personne avait une position qui rendait la contradiction difficile, parce que j’aime bien la personne et que je n’ai pas envie de m’énerver contre elle. Parfois, je faisais un peu de passif agressif (vivent les réseaux sociaux sur ce point) un peu en mode “Rohlala ceux qui disent/pensent ça, réfléchissez un peu. Un petit lien : [lien]”. Un peu lâche mais moins direct, espérons que la personne visée lira l’article et réfléchira. Oui parce que notons qu’ici, mon but n’est pas d’entendre un “oh mais tu avais raison et j’avais tort”, je m’en branle un peu, je préfère que la personne réfléchisse sur le sujet et fasse son cheminement d’elle-même.

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Sauf que la passivité agressive, ça reste un peu de la lâcheté. Alors je commence à me jeter dans la mêlée. Parce que non, je ne veux plus laisser passer certains propos. Je suis fatiguée du machisme, du racisme ou de l’homophobie, les 3 mamelles d’une même bête immonde où le dominant rappelle régulièrement au dominé quelle est sa place (à la cuisine, dans son pays – enfin, celui qu’on lui attribue, beaucoup semblent oublier que les Noirs ou les Arabes peuvent être tout à fait Français- ou en Enfer). Je n’ai plus envie de me la fermer parce que je ne veux juste pas de cette société là. J’aimerais une société qui accepte ses membres peu importe leur sexe, leur orientation sexuelle ou leur couleur de peau et, putain bordel de merde, y a du boulot. J’ai tout à fait conscience que ça n’arrivera sans doute pas de mon vivant, si tant est que ça arrive un jour. L’Humain fait-il naturellement des distingos ? Je ne sais pas, force est de constater que l’enfant, lui, n’en fait pas (cf ce très beau spot un peu larmouillette à l’oeil). En attendant, ce n’est pas une raison pour laisser faire.

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Le pire étant le machisme, racisme, homophobie ordinaire, tellement intégré qu’il passe crème. Ouvrez n’importe quel magazine féminin, c’est un festival : la femme s’intéresse plus à ses amours et sa beauté qu’au travail (elle sera de toute façon styliste, fleuriste, décoratrice ou puéricultrice, la sphère travail est très souvent appréhendée dans ces magazines que par le prisme de métiers auxquels on attribue une forte prédisposition féminine), elle est blanche et hétérosexuelle. Eventuellement, en été, elle est dorée et pourra butiner une amie mais ce ne sera que pour l’expérience, il faudra vite retrouver une âme soeur à pénis, merci. C’est tellement intégré qu’on peut avaler ça sans même s’en rendre compte. Pourtant, souvent, quand je souligne ce fait, je passe un peu pour la pisse froid de service et souvent, les gens changeront de sujet.

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Mais ça ne vous fatigue pas de ne jamais vous indigner ? A quel moment vous avez à ce point intégré de “ne rien dire” ? Sans vouloir faire la révolution tous les 4 matins, y a peut-être moyen de se sortir un peu les doigts du cul et de brocarder systématiquement le sexisme, racisme et homophobie, pour commencer. Oui car il existe tant de sujets d’indignation… Mais la société, c’est aussi ce qu’on en fait. Il est trop facile de nous dire “la société, tu l’aimes ou tu la quittes”. Je suis désolée mais non. Je ne fuis pas, je ne fuis plus. J’essaie, petit à petit, de planter les petites graines de l’indifférenciation. On s’en fout qu’en face de toi, il y ait Pierre, Jamal ou Thuan, ce n’est qu’une information qui n’est en soit pas si essentielle. Je ne pense pas que le prénom ait en effet une influence sur la personnalité. Son sexe ? Ca ne devrait pas faire de différence, tout comme les origines ou l’orientation sexuelle même si, aujourd’hui, on t’impose tellement la domination que, si, finalement, ça en finit par en faire une. C’est ça aussi, la lutte : assurer à Jamal ou Thuan que leurs origines ne leur fermera aucune porte, à Léa que son vagin ne sera plus une raison pour s’écraser sur le plafond de verre ou se faire harceler à la première jupe portée, à Paul et Marco qu’ils peuvent se promener main dans la main dans la rue sans se faire péter la gueule ou dévisager, que leur amour n’est pas différent que celui de Samuel et Caroline.

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Bisounours, moi ? Ah oui, va falloir que j’en parle de ça aussi, ça commence à me chauffer sévère.

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J’ai testé pour vous les soirées célibataires

J’ai longtemps fui les soirées « drague entre célibs » car j’avais peur. Peur d’entrer dans un univers de désespérés traquant l’amour comme des fous. Peur de devoir refuser les avances d’un inconnu sans sortir la carte du « ah désolée, j’ai quelqu’un ! » Beaucoup moins vexante qu’un « tu me plais pas du tout, salut ! ». Mais bon, vu que j’avais rien de prévu dimanche, j’acceptais l’invitation d’Anaïs pour une soirée dédiée à la rencontre entre célibataires.

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Au début, j’ai rien compris. Je donne mon nom et on me dit « tu passes l’apéritif avec Arnaud! » Je…heu…hein ? J’avais pas compris que c’était du speed dating, moi… Je me retrouve face à une belle baraque atteignant facilement les 1m90, le mec m’accueille chaleureusement, me présente le gars à côté de lui (son pote ?) et m’annonce « je vais vous chercher des verres ». Ouh la il me vouvoie, je suis où là ? En fait, le vous s’adressait à l’autre garçon et à moi et Arnaud n’était pas mon date mais le référent du groupe. Aaaaaah !

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Pour explication : comme on sait que les gens se parlent pas trop si on ne les encourage pas, on est dispatché dans différents groupes avec un référent qui crée le lien. Les gens de mon groupe arrive. Que des filles. Heu… « Normalement, les groupes sont paritaires, 5 filles et 5 garçons ! ». Oui ok donc j’ai choisi la soirée anormale car nous voilà 7 filles pour 2 garçons… Un 3ème gars arrivera un peu plus tard mais je n’ai pas pu lui dire bonjour car… J’ai été verrouillée.

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Ça m’arrive assez souvent en soirée et c’est chiant. En gros moi fille gentille, polie donc les gens commencent à le parler et petit à petit, je me retrouve isolée avec cette seule autre personne et plus moyen de m’échapper. Là, c’est le garçon non référent qui m’attrape. Il est gentil, je dis pas mais je me sens pas du tout attirée par lui, je me sens à des années lumière de sa vie. Non mais il me dit que d’ordinaire, il se couche à 22h30… Moi quand j’éteins à 1h, je m’envoie des confettis pour le féliciter de me coucher si tôt… Le groupe apéro se referme, on n’en fait plus partie. Dommage, y avait une fille qui avait l’air cool, j’aurais aimé discuter avec elle.

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2nd round : le dîner en placement libre. Je pars chercher à manger, je papote vite fait avec la fille cool et quand je retourne dans la salle : alléluia ! Anaïs avait repéré mon manteau et prend la place à côté. Nous sommes 5 à table : Anaïs  donc, une fille nommée Rose, un garçon nommé Gabriel, mon geôlier et moi. Première partie du repas, je suis tiraillée entre Gabriel, Rose et Anaïs d’un côté et le geôlier qui continue d’essayer de m’enfermer dans un dialogue au sens premier du terme. Je lutte, je suis limite couchée sur Anaïs tellement je tourne mon corps vers le centre de la table pour tenter de lancer des conversations générales. Anaïs et moi accrochons bien avec Rose, Gabriel finit par nous quitter pour aller à la table derrière rejoindre sa target.

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Entre alors en scène Bertrand, référent qui booste les conversations et nous donnent deux ou trois astuces que je vous réserve pour un « faut-il draguer« , ma fameuse série que j’écris pas (on atteint presque le naufrage de « une histoire d’amour » pour dire)(oui, je fais du link, j’essaie de reprendre mes séries abandonnées en leur conférant de la visibilité)(j’ai énormément progressé en pipeau marketing, un truc de dingue). C’est assez intéressant d’avoir soudain un mec bien dans ses baskets qui a la tchatche facile, on se marre bien, on joue un peu à s’arroser quand on se croise aux toilettes (enfin, au lavabo des toilettes, n’allez pas imaginer une golden shower), on se fait 30 secondes de frottis frotta en dansant et basta.

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Ah oui la danse, parlons en. La soirée se termine sur une partie dansante à la playlist assez éclectique mais assez mariage finalement. Sta dire qu’à un moment, ils nous passent un grand classique du genre, je joue les Cassandre « dans 2 mn, on a du Cloclo ! ». Ben gagné ! Bon j’avais ensuite parié sur Émile et Images, c’était YMCA. Mes origines toulousaines sans doute… Mais ça, j’ai bien aimé de shaker un peu mon booty. Bon puis j’avais bien aimé le vin avant alors bon…

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Conclusion ? J’ai commis quelques erreurs de débutante, me suis sentie un peu larguée mais j’ai fini par retrouver mes marques et mon bagout. Du coup, ça mérite de retenter l’expérience. Et j’ai pas tout perdu, j’ai filé mon numéro à Rose. Non que je vire lesbienne bien que Rose, elle ressemble à elle :

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De la bombasse quoi. Mais non, on s’emballe pas mais avec sa pote Oceane qui nous a rejoint en fin de soirée, Anais, elle et moi, on va se faire un afterwork. Mmmm, 4 filles qui vont siroter un cocktail en guettant les mâles, ça me rappelle quelque chose…

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