Etre ringard, c’est over hype

Des fois, je suis hallucinée par les lois de la hypittude. Outre le fait que les choses se périment à une vitesse telle que quand vous entendez Justice à la radio, Technikart, ça fait 4 mois qu’ils en ont parlé et c’est déjà dépassé. M’en fous, j’aime bien Justice et quand j’aurai récupéré le net, je m’en ferai une sonnerie, na.


Donc je lis Technikart, vous le savez, je suis fan. J’ai découvert récemment que beaucoup de gens avaient une espèce d’affection répulsive pour ce magazine. On est exaspérés par son ton prétentieux et bobo parisien, par ses changements d’humeur (tu détruiras demain ce que tu honores aujourd’hui, ou l’inverse), ses phrases mystiques mais on l’achète et on adore ça. Un jour, j’aurai ma chronique dans Technikart. Bref, sur le numéro du mois de juillet, on m’explique qu’en ce moment, c’est la super mode des méta beaufs à la Teki Latex (oui, je sais, je le tape un peu trop souvent mais il me saoule), Simone elle est bonne, Yelle…Les stars de myspace. Vous allez me dire que myspace, tout le monde est potentiellement une star dessus mais tous ces gens là sortent des albums et se font de la tune avec parce qu’il y a des gens pour l’acheter aussi. Plus t’es ringard et plus tu vends. Alors si être ringard, c’est hype, moi qui refuse d’entrer dans cette nouvelle mode je suis quoi ? Je peux pas être ringarde, sinon, je serais hype donc j’aurais ces CD chez moi. C’est la quadrature du cercle.

En lisant ce dossier (très bien fait au demeurant), je me sentais un peu tendue : ces gens là sortent de nulle part, deviennent des espèces de méga star du net et retomberont dans l’anonymat demain. Andy Warhol avait raison en disant qu’on aurait tous nos 15 minutes de gloire mais on a intérêt à en profiter car les stars d’aujourd’hui seront les anonymes de demain, obligé. Donc me voici face à cette réalité que je trouve angoissante, quelque part. Non pas que je veuille à tout prix être hype, j’ai toujours eu un train de retard genre la chanson sympa qui ressemble à Love is all, j’ai appris que c’était le fameux Mika dont tout le monde me saoulait. J’ai encore jamais entendu du Amy Winehouse mais j’avoue que je cherche pas du tout à le faire. Je vis dans ma bulle à écouter ce que j’aime (ou voir ce qui me plaît), sans trop me préoccuper de tout ça. Mais c’est vrai que toutes ces modes éphémères sont fatigantes, je trouve. On nous balance des tas et des tas de produits culturels estampillés « le nouveau phénomène » si bien qu’on sait plus trop qui est le phénomène de quel domaine et si, quand on va acheter le CD, trois phénomènes seront pas déjà passé par là. On survend tout comme je l’avais déjà dit pour le cinéma où la moitié des films sont « celui de toute une génération » avant même sa sortie en salle. Mais c’est pas que le cinéma qui est touché, c’est tout. Par exemple, Justice, on nous les vend comme des nouveaux Daft Punk et Air en mieux, la nouvelle référence (ah oui, référence peut remplacer phénomène, c’est pareil). Alors je l’ai dit, j’aime bien Justice mais je trouve que c’est franchement abusé de les comparer à des groupes qui ont maintes fois fait leur preuve et perdure. C’est pareil pour Mika, à peine son single lancé, on nous le vend comme un nouveau Freddy Mercury, excusez du peu. Bon, alors, moi, demain, je sors un album et je veux qu’on dise de moi que je suis la nouvelle… heu… Céline Dion ? Rapport aux ventes de CD, pas au style musical.

De plus, la célébrité aujourd’hui est donnée à n’importe qui. Prenez un magazine people lambda : Paris Hilton, Lindsay Lohan, Jessica Simpson, Nicole Richie… Alors il paraît qu’elles sont actrices et/ou chanteuses mais j’ai jamais rien vu avec elles. Ah si, la vidéo porno de Paris mais c’était vraiment merdique. En France, on a aussi Eve Angeli, la cheap girl de la ferme : tout le monde se fout de sa gueule parce qu’elle est bête (mais alors très très) et ringarde mais n’empêche que tout le monde a regardé son émission, y a même les DVD, le livre, le calendrier… Elle est peut-être ringarde et débile mais elle est surtout pétée de tune et même pas grâce à son métier de base, la chanson. Finalement, c’est un peu la chanteuse de la foire à l’andouillette de Malmont sur Meuges superstar.

Bref, tout ça me donne l’effet d’une hyperconsommation que j’ai de plus en plus de mal à saisir. J’ai la sensation qu’aujourd’hui, on préfère faire plusieurs gros coups uniques que miser sur du long terme. De façon toute personnelle, je trouve ça dommage, limite navrant. Les artistes n’ont plus qu’un seul coup d’essai pour transformer et les trois quarts s’arrêtent à un album, voire un single et ciao ciao ! Des fois, ils en sortent deux mais le 2e servira surtout à ramasser la poussière dans les bacs des disquaires. C’est la faute aux
journalistes et aux marketeux ? Ben non, on n’est pas non plus obligés de suivre. Au fond, si le système est comme ça, c’est sans doute que le public est trop versatile. Voire, parfois, exigeant.

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Notre Amourette Eternelle

Par Lucas
Je dédie cet article à l’Allemagne dont la conso surabondante d’électricité  samedi soir nous a permis de dîner pendant une heure à la chandelle et m’a ainsi donné l’opportunité romantique de babiller des mots doux à Cédille, la jolie institutrice avec qui on-est-pas-allé-plus-loin mais-on-aurait-dû. (Lucas, futur webmaster de http://les-occasions-manquées.com )
 
Samedi, je suis allé à un mariage. Un mariage teeeeerrible, avec toutes les options. Je vous en cite quelques unes, en vrac: le bébé qui couine à la messe, mes larmes en voyant entrer la mariée dans l’église, la cascade de champagne au buffet, les sketchs des copains entre deux plats et Gilbert Montagné après le repas. Oui parce qu’un mariage sans les sunlights des tropiques c’est un peu comme un lundi matin sans cotons tige (Aston c’est pour toi…)
Pour autant, comme je suis un peu rabat joie, je ne vais vous parler de la fête mais du mariage en lui-même.
 
En l’occurrence la cérémonie religieuse a duré 3 plombes. Non, vraiment : j’exagère à peine. A un moment, c’était tellement inintéressant que tout le monde a préféré suivre la course effrénée entre le bébé rigolo précité et son papa (nettement moins hilare). Le prêtre était tellement vexé de ne plus être la star qu’il s’est répété 4 fois pour être sûr qu’on ait bien compris son message. Un message niais et dogmatique qui en a enervé plus d’un, dont votre serviteur.
Perso, je me suis retenu de lui balancer des cailloux (de crack). D’une part, ça m’a toujours paru cheulou qu’un prêtre s’autorise à parler du concept de couple. D’autre part, son discours sentait horriblement mauvais. Et que je te glisse l’allégeance au Seigneur ici, et que je te place l’importance de la fidélité par là. Purée, ça a le don de m’énerver !!! M’enfin, s’ils se marient c’est un choix réfléchi ! Ce n’est pas maintenant qu’il faut leur faire la morale, c’était ya 6 mois au moment où ils pouvaient encore faire machine arrière !! Quant aux gens qui sont venus ici, ce n’est pas pour écouter tes préceptes moraux nauséabonds ! C’est pour assister à l’union de leurs enfants ou amis alors arrête avec ta morale à deux sous !!
 
On vous souhaite…tout le bonheur du monde…
 
Vous l’aurez compris, je ne suis pas croyant. Mais alors pas du tout. Pour autant, quand je croise un homme d’Eglise, je ne lui saute pas dessus pour lui arracher les yeux à la petite cuillère. Je n’ai pas été baptisé, je ne suis jamais allé au cathé et la Bible c’est comme le Coran ou la Torah : je les ai lu une fois chacun, vite fait. Quoique la Torah je ne l’ai même pas fini… (En conséquence je ne vous raconte pas mon désarroi quand je vais dans les musées et que je mate des oeuvres portant sur des sujets religieux. Je capte peanuts… Mais ce n’est pas le sujet…)
 
J’ai l’impression que toute mon éducation, menée par des parents non croyants, m’a conféré des valeurs morales qui n’auraient pas à rougir face certaines valeurs chrétiennes… (NB: Il est certains que parmi mes valeurs il doit y en avoir beaucoup qui ont une assise chrétienne). Pourtant, du fait de mon athéisme je m’autorise à jeter une oreille critique sur les discours religieux. J’ai envie de croire qu’on peut jeter un regard neutre et neuf sur des cérémonies religieuses et faire un benchmarking, comme on dit quand on est auditeur junior chez Ernst&Young : une comparaison quand on est un francophile ou un honnête homme.
 
Pour le coup, samedi, j’ai vraiment fait un effort : j’ai écouté le discours du prêtre, âgé de 29 ans et j’insiste : je l’ai trouvé digne d’un Schtroumpf à Lunettes de compète. Au dernier mariage où je suis allé en juin, le prêtre de 80 balais n’avait pas prononcé une seule fois le mot divorce : le vieil homme avait parlé de confiance, de clarté et rappelé que l’important n’était pas la parole divine mais l’amour dans le couple… en accord avec l’amour que Djizeusse avait pour nous. Propre, simple, pas prosélyte pour un sou. J’avais adoré. (or, pour qu’un athée intégriste comme moi reconnaisse ça, il faut vraiment que son discours m’ait plu…)
 
Quand j’aime une fois…
 
En tant que non croyant, si je dois un jour me marier j’espère bien tomber sur quelqu’un d’aussi athée que moi. Non pas que je sois d’une intolérance crasse, mais je me vois mal aller faire risette et me plier au protocole d’un mariage religieux alors que je n’ai aucune considération pour l’Eglise. Bien sur si ma promise me le demande gentiment je ne vais pas faire un caprice. Mais cela me paraît d’une hypocrisie aussi répugnante que celle de milliers de couples qui ne vont JAMAIS à l’église, qui sont croyants quand ils ont le temps mais qui se marient à l’Eglise parce que ça a de la gueule. Tiens, le voila THE problème…
 
Samedi, alors que je ronchonnais j’écoutais le prêtre faire son speech, je me suis demandé comment un couple athée pourrait donner un petit coté spirituel à un engagement purement civil… Comment donner une âme, une sorte de mystique humaniste, fraîche et originale, en accord avec les valeurs des deux époux. En somme, comment magnifier le mariage sans passer par la religion. Certains lecteurs me diront que c’est l’Amour qui transcende tout en sa simplicité… D’autres, choqués par ma violence, me feront remarquer que l’Eglise n’est qu’amour et ouverture, que tout athée peut trouver dans la parole de dieu des idées humanistes. Certes. Mais même à travers une lecture philosophique cela reste des textes religieux et quelque part cette mainmise implicite me gêne.
 
Perso, si je pouvais épurer au maximum la cérémonie, en rester à l’acte républicain à la mairie et ensuite faire une fête avec mes amis et ma famille, je serais aux anges !
Pour en avoir discuté avec des amis ou des connaissances athées ou agnostiques, je me rends compte que nombreux sont les gens qui ressentent le besoin d’un petit plus… En fait, ce qui me gêne c’est que beaucoup de couples se marient à l’église parce que, je cite, « c’est quand même plus chaleureux que la mairie ». Zut, quoi ! Dans ce cas, pourquoi n’a t-on aucun pendant républicain « chaleureux » au mariage religieux !!? Franchement, je rêve d’un mariage à la mairie avec des témoins qui prennent la parole pour lire des textes de St Exupery ou d’Aragon ; des textes qu’ils leur paraissent en harmonie avec le mariage de leurs amis. Certains d’entre vous ont-il déjà connu ça ? Vous avez des suggestions, sinon ? Une idée pour rendre un mariage purement civil moins procédurier ? Imaginez un jour un maire qui rentre dans la salle des mariages avec sa gratte en chantant Love Is All
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