Écrire pour soi

Je fais une erreur tactique. Quand j’ai décidé de me remettre à l’écriture, je me suis mis pour objectif de tenter l’aventure éditoriale. Cool mais… Je me suis cassé la motivation aussi sec parce que je me suis demandé si ce que je pouvais écrire intéresserait les gens et… On s’en bat les steaks en fait. Et si au lieu d’écrire pour d’hypothétiques lecteurs, je tentais une nouvelle philosophie : écrire pour soi.

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Comme je le disais dans un précédent article, j’écrivais beaucoup étant plus jeune. Question de temps libre certes mais aussi parce que j’adorais écrire des histoires que j’aurais adoré lire. Comme dirait la grande philosophe Natacha St Pier à propos d’un album « j’ai chanté des chansons que j’aimerais écouter ». Voilà, moi, je veux écrire des histoires que j’aimerais lire.

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Evidemment, il y a une grande différence entre écrire et lire un roman. Quand je lis, je monte dans le canot sans savoir où les flots m’emporteront, prenant le risque d’être déçue par la chute (et Dieu sait que certains livres ont vraiment ébranlé ma foi en la bonne fiction). Je peux être surprise par certains rebondissements, admirer de belles phrases, me dire que je suis une grosse merde à côté (typiquement à chaque lecture d’un Moravia)… M’accrocher à un livre, grignoter une page ou deux à la moindre occasion parce que je ne peux plus quitter le récit. Tout ça, je ne le ressens pas quand je suis de l’autre côté de la plume même si, quand j’écris, je n’ai que la structure principale et certaines idées me viennent en cours. Parfois, je ponds une phrase dont je suis fière, d’autres fois, je suis déçue par ma propre platitude et mes propres clichés. Mais il y a un effet que je n’ai qu’avec l’écriture : la violence symbolique de la fin. Quand tu donnes vie à des personnages, que tu les amènes à travers différentes épreuves et aventures et qu’arrive l’heure de mettre un point final… Le déchirement.

(c) Martin Cauchon (clic sur l'image)

(c) Martin Cauchon (clic sur l’image)

C’est peut-être pour ça que les auteurs ont tendance à écrire des séries, de plus en plus longues… Ou alors la solution est-elle de devenir scénariste de sitcom ? Au moins, quand tu tues Brad, il te reste Cricket et Jack. Je m’égare mais je dois vraiment placer l’écriture au même niveau que la lecture : un loisir avant tout. C’est comme ça que le plaisir reviendra, j’en suis sûre.

Ecrire pour soi

Par contre vous comprendrez que je vais écrire sur un ordinateur…

Pages écrites : Non mais ça suffit les questions gênantes, maintenant !

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Carnet d’une apprentie écrivaine

Et oui, écrivainE.

Carnet d'écrivaine

Bienvenue dans cette nouvelle série qui va me permettre de partager avec vous les tourments de l’écriture mais aussi des considérations générales sur les romans que je lis, les travers que je décèle en espérant ne jamais tomber dedans. Mais ne nous leurrons pas non plus sur le but premier de cette série : plus que de vous raconter une histoire, c’est surtout un magistral coup de pied aux fesses que je vais tenter de me donner chaque semaine pour reprendre sérieusement l’écriture romancée.

Clavier façon machine à écrire pour tablette

Je fantasme tellement là dessus… Je suis trop une hipster

J’écris depuis petite, je devais avoir huit ou neuf ans la première fois que je me suis posée devant la machine à écrire que j’avais installé dans ma chambre. Alors rassurez-vous, je vous la fais pas “je suis le Mozart de l’écriture” parce qu’on ne va pas se mentir, c’était épouvantable. Les sujets verbes complément point se succèdent, l’histoire niaise se tisse. A côté, les aventures de Petit Ours Brun, c’est du Zola.

Petit Ours brun est fier de lui, le livre

Tape, tape dans tes mains, petit ours brun ! (j’ai un neveu de 3 ans…)

En grandissant, changement de décor et changement de matos : me voici désormais dans notre nouvelle maison avec une machine à écrire à traitement de texte, grosse classe. Bon, je n’ai jamais su la paramétrer et il manquait souvent une lettre ou deux en fin de ligne que je rajoutais à la main voire un bout de mot blancoté histoire de réécrire correctement le mot mais voilà, c’était de l’artisanal, c’était mignon. Passionnée de mangas, j’écris des histoires d’anges et de démons. C’est mignon, c’est sucré, y a des combats à l’épée quand même et de l’ésotérisme aussi… Mais ésotérisme version secte intoxiquée au plomb ou à peu près.

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Au milieu de ce déluge de plumes célestes, deux OVNIS : Technopolis, la fameuse histoire d’une jeune fille qui se rebelle contre l’ordre établi dans une dystopie post apo (hashtag originalité) et une histoire de colocataires malsaine avec du cul mais pas trop assumé quand même. Mignon, toujours mignon. Si on excepte le fait que j’ai tendance à tuer tous mes personnages, quand même.

Lost

Mais point d’auto flagellation ici, je précise. Ces écrits ont des kilos de défauts mais :

  • j’écrivais des histoires que j’avais en tête, ça m’occupait pas mal et ça m’empêchait de regarder la télé donc, déjà, c’est très positif. Et je suppose que cette intensité de rédaction m’a permis de faire de moins en moins de fautes
  • J’étais régulière et rigoureuse, ce que je n’arrive pas toujours à être aujourd’hui.

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Non parce que l’écriture d’un roman me prenait plusieurs mois, parfois un an. J’en ai lâché des manuscrits en route, des trucs morts nés au bout de 30 ou 40 pages mais au moins, je m’astreignais à une discipline avec joie et entrain. Quand j’étais étudiante en maîtrise / master , je n’avais qu’une hâte : finir mes études pour pouvoir consacrer mes soirées à l’écriture.

Machine à écrire

Eeeeeeeet…. raté. Enfin, à moitié, j’écris beaucoup par ici. Parce que c’est beaucoup plus facile, on est limite dans de l’écriture épidermique : je tape au kilomètre, je travaille à peine la forme, je poste et je passe à autre chose. Et puis… il n’y a aucun enjeu. Parce que c’est la clé de mon blocage : je voudrais écrire pour balancer ma prose à des maisons d’édition “pour voir”. Du coup, je jette les ¾ de mes écrits parce que “non mais qui voudrait lire ça, ça n’a aucun intérêt !”. Je recommence, je biffe, je souffle. Je souffre. Je n’ose pas écrire le soir car je suis trop fatiguée et qu’il me paraît évident que je vais pondre de la merde. Mais peut-être qu’elle est là, la clé : retrouver l’écriture comme un simple loisir, une écriture au kilomètre juste pour me raconter une histoire, à moi. Et cerise sur le gâteau, on balance ça aux maisons d’édition, juste pour voir, sans enjeu. Après tout, j’ai déjà un métier, je n’ai rien à perdre.

Se lancer dans l'écriture premier chapitre

En 2016, j’écris. Enfin, je vais essayer, quoi. Et je vais vous raconter ça, bande de petits chanceux !

 

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Une nouvelle ère arrive

10 ans de blog, c’est pas rien. C’est la première fois que je tiens un projet aussi longtemps même si je ne suis pas sûre que le terme projet soit vraiment bien choisi vu qu’il n’y a ni but ni objectif. Ce blog a grandi avec moi, il m’a accompagnée dans une décennie importante pour moi, peut-être la plus essentielle de ma (courte) vie. Celle où j’ai définitivement coupé le cordon, celle où je suis devenue totalement indépendante, celle où j’ai débuté ma carrière. Celle aussi où j’ai fait des (petites) conneries, où je buvais un peu trop facilement pour oublier le vide de ma vie. Avec le recul, certains articles me sont pénibles à lire mais c’est pas mal d’avoir un petit rappel de cette période moisie histoire de pas retomber tête la première dans certains travers.

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Ce blog, c’est un peu un compagnon discret, il m’a suivie durant 10 ans, a évolué avec moi mais parfois, je me questionne : est-ce que ça sert de continuer ? Est-ce que je pourrais pas mieux utiliser le temps que j’y consacre pour quelque chose de constructif ? Mon éternel à quoi bon. Parce que s’il m’a ouvert des portes à l’époque où je cherchais du taf, je l’ai ensuite un peu maltraité, laissé mourir la communauté qui s’était développée autour parce que je n’ai plus le temps d’aller commenter partout, tisser des liens d’amitié (somme toute relatifs), de faire grossir mes réseaux… Pourtant, si je retravaillais un peu tout ça, je pourrais faire repartir le feu (d’un ancien volcan qu’on croyait trop vieux), j’ai chopé quelques notions de SEO, je suis quand même consultante senior social media* donc je repimpe un peu tout ça et je reprends les portes ouvertes, je pourrais même faire un peu de pub dessus histoire de remplir ma cagnotte à voyages et…

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Et bien non. Le défi est intéressant, ça me rajouterait une petite pierre à mon CV comme à l’époque mais je n’ai juste pas envie. Parce qu’en fait, les vingtenaires, c’est mon antre et j’ai pas envie de le saloper avec un esprit mercantile, en fait. Puis c’est un peu mon petit cocon où je m’amuse à écrire ce que je veux quand je veux, mon labo de production en quelques sortes. Et puis les soirées blogueurs, j’en ai fait quelques unes à l’époque et quand tout le monde a commencé à se prendre un peu au sérieux, c’était tellement la guerre d’ego que ça m’a bien blasée. Vous n’imaginez pas le niveau de saloperies balancées dans le dos des uns et des autres, tout sexe, âge et thématique de blogs confondus. Ce que toi, tu prends pour un jeu, un loisir sympa le soir, certains le prennent comme une question de vie ou de mort. Alors bien sûr, certains en ont fait leur vrai métier (d’ailleurs, ce sont rarement ceux qui crachent dans le dos vu qu’ils ont intégré le fait qu’on n’était plus au lycée) mais d’autres se prennent tellement pour des demi Dieux dès qu’ils dépassent 500 lecteurs par jour (ce qui n’est franchement pas ouf non plus). Alors entre ça et les “si t’es copine avec Bidule, on va pas être copains”, bof non. Puis j’ai besoin de mes soirées pour voir Victor, mes amis, faire du sport ou juste glander. Donc pour un produit que j’aimerais découvrir de temps en temps, le jeu n’en vaut pas la chandelle (puis en fait, moi, je voudrais juste partir en voyage mais avec mes amis ou mon copain, pas avec des gens qui me fatiiiiiiiiiguent). J’ai cependant l’ambition de lancer un blog plus calibré là dessus avec un thème spécifique mais pas ici.

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A quoi bon le garder alors ? Et bien tester, m’amuser, organiser un peu ma pensée. Là, par exemple, je me dis que je dois me mettre au flat design, infographies et vidéos, ça m’intrigue. Quoi de mieux que mon petit espace virtuel pour m’y amuser sans pression ? Si je fais un truc foiré, c’est pas trop grave, je perdrai au pire un lecteur ou deux ici agressé par la laideur de mon rendu MAIS ça ne fâchera aucun de mes clients et ne mettra pas en péril ma carrière. Au mieux, j’arrive à faire des trucs bien sympas et finir par les intégrer dans mes recos ou animations.

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Et puis, en ce moment, je brûle d’envie de raconter des histoires. J’ai déjà pris un peu ce chemin là par le passé sans le suivre bien loin comme avec la série quasi morte née “une histoire d’amour” et les aventures d’Audrey. Alors pour cette dernière, je la mets en stand by pour le moment car j’ai plein d’idées et je dois travailler dessus mais je sais pas si je vais pas relancer la première. Et réaliser quelques mini strips dans le style des illustrations d’Audrey pour m’entraîner à utiliser Photoshop et progresser là dessus. Même si, pour le coup, ça me prend bien plus de temps qu’écrire un article, activité à laquelle je peux parfois m’adonner au bureau quand je mange devant mon écran alors que faire du photoshop, non, vu que j’ai pas le logiciel.

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Bref, Vingtenaires version 10, c’est parti : plus d’histoires, d’expérimentations en tout genre et, je l’espère, de voyages !

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* J’avoue que ce titre très sérieux me fait un peu rigoler, d’autant que je ne m’en sers jamais dans la vraie vie hors signature de mes mails pro

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Je suis journaliste et je t’’emmerde

Depuis quelques temps, les commentateurs en désaccord avec moi me sortent l’argument ultime, ils m’attaquent sur ma profession. Je ne suis pas d’accord avec eux, c’est donc que je suis une mauvaise journaliste. J’ose émettre une opinion sans avoir fait 10h de recherche documentaire ? Je suis donc une mauvaise journaliste. Et bien première nouvelle les enfants : ici, ce n’est pas la journaliste qui s’exprime mais la femme qui, comme vous, a des opinions.

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Là, il est quasiment 1h du matin, j’écris cet article en speed avant d’aller au lit. Les autres soirs, c’est pareil voire plus tard. J’écris d’une traite, en 30 mn chrono, je dis ce que j’ai sur le cœur comme n’importe quel blog intime, des trucs que j’ai pensé dans la journée, des situations que j’ai observées, tout ça, tout ça. Donc effectivement, pour écrire sur ce blog, je ne fais pas 3h de recherche documentaire. Au plus, je vais vérifier un nom sur wikipedia si j’ai un doute où j’avoue carrément que je sais plus parce que j’ai pas envie de chercher. Je fais déjà l’effort de faire un article par jour, ce blog est un loisir, pas un taff donc ça va aller. Bref, je suis sur ce blog comme je serais dans un café face à vous, pendant une conversation anodine. Quoi que des fois, j’ai pas le temps de développer un argument parce qu’après, on dit que mes articles sont trop longs (5 mn de lecture, c’est déjà trop apparemment, pour certains). Alors évidemment, ça me saoule quand on m’attaque sur ma profession sur ce blog où je n’expose rien de ce que j’écris pour le taff. Ca me saoule que dès que je suis pas d’accord avec quelqu’un, on me critique sur mon boulot. Mais bon, je me leurre pas, je serais prof, les mêmes personnes me balanceraient sans doute qu’ils plaignent mes élèves, si j’étais femme de ménage, qu’ils me confieraient pas leur chemise à repasser, etc.

 

Alors, oui, je suis journaliste mais je suis aussi citoyenne, personne normale qui lit des livres et des magazines, regarde la télé, écoute la radio, sort, voit du monde et, forcément, a des avis. Comme tout le monde. Je suis exaspérée quand on me balance dans la gueule un « en tant que journaliste, je suis étonné que tu regardes pas tout sur un sujet avant d’émettre un avis ! ». Ah parce que vous le faites, vous ? Je devrais me taper la Bible, le Coran et la Torah avant de choisir ma religion ? Et encore, même pas, en ne me penchant que sur les religions monothéistes, je fais de la discrimination, là, attention ! J’ai des avis comme vous et je vois pas pourquoi je devrais respecter les vôtres quand vous ne respectez pas les miens. Débattre, ce n’est pas chercher à convaincre à tout prix en attaquant bassement la personne quand elle ne se laisse pas convaincre. Mes journées ne font que 24h, comme les vôtres, je passe une grande partie de mon temps à balancer des CVs et écrire. J’ai aussi une vie sociale et j’en ai besoin parce que rester chez moi toute la journée à candidater, ça vous mine vite une Nina. Le soir, j’aime tricoter devant la télé, ça me détend, j’aime lire, aussi. Donc je vois pas pourquoi en plus de tout ça, je devrais me taper des recherches documentaires dès que j’avance un avis. Ici, je ne fais ni une thèse ni un article journalistique, je partage juste une vision personnelle du monde. C’est pour ça que ce blog est classé en journal intime, d’ailleurs. Qu’on ne soit pas d’accord sur tout, ok, mais vous ne connaissez pas donc calmez vos ardeurs sur les jugements personnels. Je peux avoir des échanges parfois houleux (c’est un peu le problème de l’écrit, les commentaires sont courts) mais ce n’est pas pour autant que je suis fâchée. Lil et moi n’étions pas d’accord dimanche, ça ne nous a pas empêché de boire un verre ensemble hier (y avait Summer aussi !), sans tension aucune. Parce que l’une comme l’autre comprenons la limite d’un débat en comm.

 

Aujourd’hui, il y a des choses que je n’ose plus dire sur ce blog. Je ne partage plus ma tristesse car je sais que ça ferait plaisir à certains qui me lisent et n’attendent qu’une chose : que je me plante. Y a qu’à voir les comms sympas d’anonymes que je me prends parfois. Oui, je sais, c’est le jeu, je suis pas la seule à m’en prendre dans les dents, bien sûr, je ne dis pas le contraire. Mais quand je lis que Loïc Le Meur ferme ses comms à force de se faire insulter, je me dis que trop de gens se servent des blogs pour se défouler sur des inconnus. Le Meur, on aime ou pas mais si on aime pas, je vois pas bien l’intérêt de l’insulter. C’est tellement plus facile de se défouler derrière un écran ! Si vous voulez vous défouler, achetez un punchin’ ball, y en a même pour les bureaux. Des fois, je suis tentée de modérer les comms puisqu’après tout, c’est quand même mon espace ici et je peux tout à fait décider qui est le bienvenu et qui ne l’est pas. Je n’ai pas envie de le faire, ne serait-ce que pour permettre aux gens de se parler s’ils en ressentent le besoin. Et comme je suis pas là tout le temps, je peux pas les valider en temps réel. Je n’ai pas envie d’établir une dictature, de virer les comms qui me dérangent (sauf très rares exceptions). Mais c’est clair qu’à partir de maintenant, je me ferai plus chier à répondre à ceux qui me balancent dans la tête que je suis une mauvaise journaliste, juste parce que je suis pas d’accord avec eux et que je me laisse pas convaincre.

Et pour être méchante, je vous mets un article journalistique que j’ai écrit pour un webzine mais que j’ai jamais envoyé donc pas publié (pas la peine de le chercher sur le net, quoi).

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