Fermer le journal et éteindre la télé

Je suis ce qu’on appelle une hyper connectée (mais pas comme Clément le no life, faut pas déconner non plus). Je vis dans un bain d’actualité : le matin, j’ai le gratuit qui me rappelle ce qu’il se passe. En journée, sur mon netvibes, j’ai les dernières nouvelles du Monde. Quelqu’un meurt, je le sais dès que la dépêche AFP tombe. Enfin, si j’ai le nez sur mon netvibes car quand une bombe explose pas loin de mon taf, je le sais même pas de suite (mais on l’a pas entendue). J’ai viré le JT de 20h de ma consommation d’info vu que c’est à l’heure que je
rentre et que je veux me détendre. Mais voilà, je suis au courant limite malgré moi de ce qu’il se passe dans le monde.

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Cette semaine, je suis littéralement tombée sur le cul en suivant l’actualité : Khadafi à Paris, youpi, youpi, vendons lui des avions et même du nucléaire et du matériel militaire, le tout dans une indifférence générale ou une indignation molle. Là, ça dépasse tout simplement mon entendement. Aurais-je vécu un coma ? Aurais-je raté des épisodes ? Comme me disait Tatiana d’hier, ce doit être le prix de la libération des infirmières bulgares. Oui, c’est de la real politik mais quand même, ça gratte et c’est pas du tout agréable, franchement.
Seulement, voilà, je suis Nina Bartoldi, jeune citoyenne de 27 ans qui n’a aucun rapport avec la politique alors autant dire que mon avis, on s’en contrefout. Je pourrais hurler mon indignation, ça n’aurait finalement aucune espèce d’importance.

Le monde tourne sans nous. C’est pas une découverte, hein, je le savais avant. Mais la question que je me pose parfois, c’est pourquoi je continue à suivre l’actualité, vu que ça ne sert qu’à me déprimer/énerver. Après tout, pourquoi ne pas me contenter de l’actualité de mon domaine professionnel ? C’est pas parce qu’on lit pas les journaux que les choses ne se passent pas. Bien sûr, se tenir informée tient parfois du réflexe. Il y a des sujets qui m’intéressent, surtout géopolitiques, des pays dont j’aime suivre l’actu et parfois, ça me titille
d’écrire des articles dessus pour un blog journalistique que je créerais. Evidemment, ça demande du temps et je n’en ai pas forcément beaucoup. Même si je m’organise, arrive un moment où j’ai aussi envie de vivre, pas juste écrire. Et puis peut-on réellement se couper de la politique intérieure ? Même si s’informer ne fera pas changer les choses, être informée du pourquoi les
grèves, pourquoi mon pain ou mon lait coûtent plus chers, ce qu’il se passe, ce qui est prévu.

Et pourtant, avouez comme c’est bon quand, pendant les vacances, on se déconnecte. On ne regarde pas la télé, on n’achète que des journaux légers comme des plumes. Quand on est à l’étranger, on n’achète carrément rien, on se contente des romans qu’on a achetés. Et c’est bon, franchement. Evidemment, quand on revient à la civilisation (enfin, à sa vie de tous les jours, quoi), on se reconnecte aussi vite. Je me souviens quand j’étais partie en Irlande en avril 97, première chose que je demande à mes parents une fois de retour « alors, il se passe quoi en France ? – Bah rien ! ». Oui, j’ai juste après quelques heures plus tard en regardant les infos que Chirac avait dissous l’Assemblée, rien de grave, quoi. Mais à l’époque, j’étais mineure alors au fond, que je sache ou pas, qu’est-ce que ça aurait changé ? Rien, si ce n’est me sentir conne quand on m’en parle. Ah oui, là, je touche du doigt un truc. Je sais pas vous mais je déteste être prise en flagrant délit de « je suis pas au courant de l’actu ». Enfin, je parle pas de l’actu d’il y a dix minutes, genre quelqu’un vient de mourir.  Non, je parle de celles d’il y a quelques jours genre un tsunami, par exemple. Ben oui, je reste quelqu’un d’orgueilleux quoi qu’il en soit. Puis c’est vrai que même si on fuit les journaux, télés, radios, l’actu est partout : sur tous les kiosques, dans la conversation des gens, sur les blogs des uns et des autres. La seule façon d’être totalement déconnectée, c’est de vivre dans une grotte. Mais je n’aime pas les grottes, il fait froid, humide, ça sent le moisi et y a des bêtes dedans. Pour la spéléo, ok, mais y vivre, non.

Alors puisque je suis un peu obligée de vivre dans une soupe d’actu, je l’accepte ok. Mais je vous préviens, ici, je ne parlerai plus d’actu. Parce que mon analyse, on s’en fout, parce que ça ne changera rien. Parce que je ne parle que de ce qui m’énerve et ça donne pas envie de se détendre ici. Alors voilà, maintenant, ici, je jouerai les bisounours égocentrés. C’est pas que je sais pas ce qu’il se passe, c’est juste que je ne veux plus en parler. Y a des trucs plus gais dans la vie, goûtons-les.

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Eva, tu me saoules

Aujourd’hui, je vous ai préparé un vrai article du dimanche genre léger comme une plume parce que, de toute façon, vous êtes tous en week-end donc pas là donc c’est pas la peine de disserter sur l’état du monde. Oui, ok, je le fais jamais ici mais je pourrais, sur une impulsion subite. Non, là, je vais vous parler de la coqueluche des journaux, surtout féminins, celle que je vois tellement partout que j’ai l’impression de vivre avec elle et je fais une overdose. Elle ? Mais Eva Longoria bien sûr !

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Il n’y a pas un mois où elle ne fasse pas la couverture d’un de mes journaux féminins adorés. Partout, elle est là. Eva, l’héroïne de Desperate Housewives, Eva la fiancée du
frenchie Tony Parker, Eva, la femme du frenchie T.P (dire tipi, c’est tellement pas ridicule), Eva qui se lave les cheveux avec l’Oréal (moi aussi d’abord), Eva, Eva, Eva. Bon, là, je dis stop.
Eva, j’en peux plus de toi ! Pourtant, au début, je t’aimais bien, j’admets carrément que tu es jolie et en plus, t’es toute petite, c’est trop mignon de te voir aux côtés de ton mec qui
avait l’air sympa. Sauf qu’en fait, ton mec, plus ça va plus je lui trouve une tête d’abruti, il chante comme un pied mais fait quand même un CD et je suis sûre que c’est le roi de la blague potache. Bon, ok, ça m’a fait marrer de te voir dans les Feux de l’amour, on a connu plus glorieux mais quand même, je t’aimais bien. D’ailleurs, Glamour a dit que j’étais un peu une casse-couille à la façon de Gabrielle dans Desperate mais ça, c’est pas vrai, je suis une petite amie parfaite et pas du tout capricieuse. Enfin, si, un peu mais c’est pour de rire. Donc en achetant mon Glamour ce mois ci, j’en ai eu un peu marre, j’ai pas lu l’article sur elle.

Maintenant, Eva, tu es devenue le modèle pour n’importe quel sujet. Un magazine sur les sex toys ? Mettons Eva en couverture ! Un dossier sur les peoples ? Eva toujours. Desperate Housewives ? Mais Eva, bien évidemment, les 4 autres n’ont qu’à aller se faire cuire un œuf (alors que ma préférée à moi, c’est Lynette). Alors, évidemment, je suppose qu’Eva fait vendre, sinon, on la verrait pas partout mais franchement, plus ça va, plus j’ai envie de boycotter les magazines où on la voit, même si c’est Cosmo. Et heureusement que je suis pas une inconditionnelle de Voici… Non parce que son mariage avec Tipi, j’étais pas invitée mais c’est tout comme tellement tous les journaux ont tout montré, tout raconté… Parce que oui, c’est un conte de fée qui doit nous faire rêver. Sauf que je vois pas trop ce qui est magique dans leur histoire, un sportif et une actrice qui se marie, c’est pas exceptionnel non plus. Alors oui, forcément, Tipi (ahahah !) est Français donc Eva, c’est un peu la fiancée de toute la France.

Bien sûr, c’est pas la première fois que ça arrive. Cet hiver, je soupirais de voir Marion Cotillard partout. Mais à la limite, je trouvais ça un peu plus légitime car elle avait
une actualité alors qu’Eva, son actualité, c’est son mariage et bof, quoi. Je suppose qu’Eva représente quelque chose, c’est la fille pas parfaite car elle a pas la taille mannequin… en
hauteur ! Je crois même qu’elle est plus petite que moi, c’est pour dire ! Mais bon après, elle est quand même sacrément bien foutue et jolie, comme je l’ai déjà dit, elle fait pas
tache en couverture. Mais que dire encore sur elle qu’on voit partout ? Que ne sait-on pas encore d’Eva. Si je fais un dossier sur elle avec tous les magazines, je suis sûre que je pourrais vous dire ses mensurations exactes, la couleur de son string, ce qu’elle prend au petit déjeuner, la marque de son savon, la taille de ses chaussures et même combien de points noirs elle avait sur le nez pendant son adolescence. Passionnant, quoi.

Mais ce que je trouve de merveilleux dans toutes ces hypermédiatisation, c’est la rapide beaufitude que ça engendre. Eva et Tony, c’est le couple beauf, à force. Un peu comme Eve

Angeli et son mec mais en vachement plus médiatique. On se moque de plus en plus d’eux. Moi, la première, Tipi (ahahahah !), je le trouvais pas mal du tout au départ, maintenant, je trouve qu’il a une tête d’abruti fini et je soupçonne Eva d’être bête comme ses pieds. C’est peut-être pas le cas mais à force de lire des interviews où elle ne parle de rien de passionnant, c’est la sensation que j’ai. Peut-être que le système médiatique n’aime rien de plus que de faire tomber les idoles de leur piédestal. Ou alors, c’est qu’elle est vraiment niaise et qu’il n’y a rien à sauver.

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