Le frôlement de tes doigts sur ma peau

Hey hey ! Me revoici avec mes histoires de tension érotique, comment on place des petits cailloux dans notre récit pour que le premier baiser entre deux personnages soit non seulement logique mais tellement attendu que ça rende ce moment follement excitant. Et parfois, les réponses à vos questions viennent parfois totalement par hasard… en l’occurrence un podcast. Ouais, je vous parlerai un jour de ma nouvelle passion pour les podcasts. Donc Transferts, un podcast où un homme raconte son idylle interdite avec une Indienne et décrit à un moment les gestes extrêmement furtifs comme un fruit à moitié croqué abandonné sur un coin de table pour que l’autre le termine, un effleurement des doigts… Et là, wouah… Que c’est érotique !

Croquer la pomme

Retournons dans un cadre moins exotique. Imaginons (ou pas) que vous êtes actuellement célibataires et que vous avez dans votre entourage Camille et Alix. Oui, grâce à la magie des prénoms épicènes, je vous laisse attribuer le genre de votre choix à Camille et Alix. Vous êtes attiré.e par Alix, Camille est votre pote. Maintenant, regardez comme chaque geste peut prendre une teinte différente selon votre attirance ou non pour une personne. Camille vous tend un objet, vous effleurez sa main ou ses doigts par inadvertance : je ne suis même pas sûre que vous vous en rendiez compte. Par contre, si en attrapant quelque chose dans la main d’Alix, votre peau entre en contact avec la sienne, ça peut faire comme des étincelles, des papillons dans votre ventre. Du coup, dans la vraie vie, il n’est pas toujours facile de savoir si l’objet de votre attention vous rend la pareille tant certains gestes parfaitement signifiants pour vous… ne le sont absolument pas pour eux. Par exemple, peut-être que Camille vous kiffe de ouf et ne s’est pas lavé la main pendant trois jours suite à votre contact furtif… ce qui est assez dégoûtant.

Mains qui se frôlent

Du coup, je trouve ça vraiment intéressant à travailler, cette montée en tension, ces petits contacts un peu discrets, chéris en secret, qu’ils représentent un élan partagé ou non. Finalement, tomber amoureux, est-ce que ce n’est pas un peu alimenter le feu de notre passion avec le bois de petits moments qui ne sont peut-être signifiants que pour nous ? Je veux dire, quand on a un crush sur quelqu’un, ça peut vite lasser s’il ne se passe rien. Imaginons que vos rêves érotiques mettent régulièrement en scène Stéphane (autre prénom épicène, on l’oublie trop souvent alors que personnellement, je trouve que Stéphane est plus joli dans sa version féminine) parce qu’iel est bien joli.e et peut-être même que vous lui avez parlé et qu’iel a l’air fort bien pourvu.e intellectuellement parlant. Bref, Stéphane occupe vos pensées. Sauf que, clairement, iel vous calcule pas, vous ne le voyez pas régulièrement, vous ne vous parlez pas… Bah du coup, il restera un crush que vous invoquerez parfois lors de petites séances de masturbation. Alors qu’avec Alix, il y a de l’échange, des discussions, peut-être quelques regards, des effleurements… Ca ne veut pas forcément dire qu’il se passera quelque chose avec cette personne et que les sentiments sont réciproques mais ça cultive la flamme de votre désir.

Flirter

Et c’est ainsi que je dois retravailler mes proses, si tant est que j’ai envie d’y mettre une romance. Jouer sur ces petites caresses discrètes, ces silences qui s’installent, ces regards… Est-ce que le secret d’un premier baiser réussi (dans la fiction j’entends) vient par cette montée en tension. Evidemment. Après, c’est un challenge de rendre ça dans l’écriture parce qu’autant décrire le petit fourmillement au creux des reins quand l’objet de votre désir effleure votre peau, volontairement ou non, je gère, mais jouer sur les regards et les silences…

Echange de regards

Bref, avant de finir ce mini arc sur l’amour dans la fiction, il nous restera un dernier point à aborder qui concerne plus les séries, pour le coup : le lesbianisme soudain.

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De tes lèvres sur les miennes

Je vais pas vous mentir : j’aime les baisers. Surtout le premier. Et encore plus précisément ce moment précis où vous échangez un regard brûlant avec l’objet de votre désir, que vous savez que ça va arriver, que votre coeur s’emballe pendant que vos lèvres se rapprochent. Ah oui, vraiment, j’aime ce moment.

Le premier baiser de Buffy et Spike

Après, on n’a pas tous les jours un premier baiser, surtout quand on est dans une relation amoureuse de type monogame. Mais pour compenser, on a la fiction et les scènes de premiers baisers romantiques, on en a quelques unes à se mettre sous la dent. Jane the Virgin en a même fait une sorte de private joke, Jane a ses plus beaux baisers sous une tempête de fleurs ou sous la neige, alors même qu’elle habite à Miami (mais c’est drôle, regardez vraiment cette série). Mais justement, la fiction a parfois tendance à enrubanner le premier baiser d’un tas de flonflons et paillettes alors que dans la vraie vie, on n’a pas toujours tout le tralala et j’en viens à me demander : c’est quoi un premier baiser réaliste ?

Jane the virgin  : baiser sous la neige entre Jane et Michael

Dans mes petits écrits, je mets des relations amoureuses ou sexuelles, ça dépend. D’ailleurs, nous reviendrons une prochaine fois sur leur nécessité ou non dans une histoire. Et le problème que je rencontre souvent, c’est tout le chemin qui amène à ce premier baiser. Alors certes, je pourrais écrire un “y en a un qui saute sur l’autre et baiser surprise” . Je crois que dans Technopolis, c’était absolument comme ça que ça se passait entre Oceany et Ethan (elle avait également été embrassée par Juan de la même façon et finit d’ailleurs par s’en agacer). Mais j’avais 20 ans et depuis, j’ai pas mal progressé en compréhension du consentement. Et d’ailleurs, je suis la première à hurler devant ces premiers baisers imposés. Du coup, puisque le consentement, c’est encore plus sexy, comment on amène à ce premier baiser ?

Emily et Maya, premier baiser

En fait, peu importe. Là encore, je vais me répéter, tout est dans la tension. Reprenez vos propres relations, la dernière fois que vous avez grave kiffé quelqu’un, que vous guettiez chaque occasion de vous trouver seul.e avec lui ou elle en espérant que la prochaine fois sera ce moment béni où vos yeux se croiseront et dans vos regards ardents, vous savez tous deux que ça va arriver, là, maintenant. Vous savez, ces quelques secondes où plus aucun ne parle, attendant l’ultime signe de l’autre pour se lancer, silence qui peut se clore par un petit rire gêné avant le baiser. Quand j’étais ado (et adulte aussi mais j’assume moins), je pouvais passer des heures à rêvasser de ce premier baiser (qui n’avait in fine pas lieu dans pas mal de cas mais on s’en fout). Aujourd’hui, je regrette un peu de ne pas tenir un carnet des petites fantaisies de ce genre que je pourrais coller dans l’un ou l’autre de mes romans. Parce que je suis désolée mais pour moi, encore plus crucial qu’une scène de baise, il y a ce premier baiser qui est comme le signal de départ d’une relation qui évolue, la première étincelle du feu d’artifice à venir. Ce moment où le spectacle commence enfin sous les “aaaaaaah” satisfaits du public.

Feu d'artifice au château de Versailles

Mais j’ai pas fini avec ce sujet, il va falloir qu’on se pose la question : une romance dans un roman non romantique, pourquoi faire ?

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