Vilaines maigres

Par Pink Lady

Hello les pioupious !

Ça va bien ? Pas trop dur le froid ? Moi j’ai la peau en mode crocodile et les cheveux qui font des éclairs dès que je retire ma chapka. Mais je ne veux pas vous parler de ça, ça suffit de dire qu’en hiver, il fait froid et qu’en été, il fait chaud. Non, je veux vous parler de la guerre qui secoue actuellement les milieux féminins : la guerre des grosses et des maigres.


Si on en croit Hegel, l’histoire n’avance que par confrontation entre deux groupes distincts, en général les riches et les pauvres. Je schématise, j’ai jamais étudié la philo en dehors de ma petite année de terminale. Aujourd’hui, il se joue cette dialectique dans le monde glamour des paillettes, les filles à l’IMC bas contre celles à l’IMC élevé. Laisse ton corps choisir ton camp. Tout a commencé par une série de photos où une mannequin grande taille enlace un mannequin taille zéro pour d’étranges photos. Puis il y a eu un article mal écrit d’une journaliste auto proclamée s’indignant de la grosse fille qui danse dans la pub Catalunya. Perso, je l’aime pas trop cette pub. Non pas à cause de la mannequin ronde qui se trémousse mais parce que ça renvoie à une certaine image des grosses, à savoir la fille un peu exhubérante qui remue ses cuisses pour dire merde aux diktats de la mode. Un peu comme cet épisode de Friends où les personnages jouent au « et si », Monica imagine sa vie si elle était toujours grosse. Et bien la Monica obèse est lourde. Ce jeu de mots est sponsorisé par Kinder.

L’apparition des filles rondes dans les magazines a provoqué un étrange phénomène. Enfin, je dis apparition mais il y en a une tous les 6 mois, faut pas exagérer. Mais en étalant leurs formes sur papier glacé, elles ont libéré la parole des grassouillettes qui désormais s’en donnent à coeur joie : les maigres sont laides, on voit leurs os, c’est dégueulasse !

Il faut savoir que dans les magazines, les femmes sont rondes malgré elles alors que les maigres le sont forcement par choix. On ne reproche plus aux femmes leurs kilos en trop parce que, tu comprends, on ne sait pas ce qu’elles ont vécu, y a des femmes qui ne sont pas faites pour être minces, le métabolisme… Et ça peut être vrai. Par exemple, regardez Loana, ça se voit que ses kilos en plus sont dus à des traitements médicaux. Sauf que pourquoi on ne reconnait pas les mêmes excuses aux femmes maigres ? Certaines femmes n’arrivent pas à grossir, elles regardent leurs petits bras maigrichons avec détresse, elles aimeraient les bras plus épais des stars d’Hollywood. Devant leur miroir, elles soupirent devant leurs os apparents, leur silhouette d’une finesse qu’elles trouvent peu féminine. Oui, la maigreur n’est pas le résultat d’un régime strict à base de trois grains de raisin par jour.

Mais les maigres, on peut les attaquer sans souci. Leurs corps sont laids, pas féminins, pas sexy, pas appétissants… Je vous épargne les mots les plus grossiers, c’est sans intérêt. Et puis ça me rend assez furieuse en fait. Je suis pourtant du côté des pas trop fines, même si mon imc est tout fait normal. Mais c’est terrible tous ces jugements dont dont victimes le corps des femmes. Trop rondes ou trop minces, les femmes sont victimes de jugement en permanence. Je ne ressens pas la même pour les hommes, il y a moins la pression de la belle silhouette. Par exemple, prenons la série Friends, une nouvelle fois. En 10 ans, les actrices sont restées minces (sauf Lisa Kudrow pendant sa grossesse) alors que certains acteurs ont litteralement gonflés comme Matthew Perry ou Matt Leblanc. Ou si je regarde les présentateurs télé français : Benjamin Castaldi ou Thierry Ardisson sont loin d’être minces mais côté féminin, à part Laurence Boccolini et Valerie Damidot, on est au royaume des petits culs et des ventres plats. On se fiche que tu sois douée, on voudrait que tu sois bonne.


Les femmes sont en perpétuelle lutte contre leur corps, pour le faire grossir ou mincir afin de correspondre plus ou moins à un idéal. Alors pour se venger de pas correspondre au corps qu’on voudrait, on insulte les petites copines. Voilà qui n’est pas sport…

Et puisque la silhouette est un élément de séduction (les hommes aiment les formes, oui, non, ça dépend), je vous file un truc les filles : certains hommes aiment les filles minces, d’autres les filles enveloppées. Après tout, vous aimez bien les mecs grands ou petits ou fins ou baraqués… Alors si vous craquez pour un mec dont vous n’êtes pas le type, c’est dommage. Mais n’allez pas en conclure que tous les mecs aiment les filles rondes ou minces. Car hey, y a pas de règles ! Fou fou non ?

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Ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne

C’est pas juste ! Déjà enfants, on percevait à quel point la vie n’était pas toujours tendre avec les gentils et que parfois, les méchants gagnaient haut la main. Longtemps,j’ai laissé ma rancune et mes désirs de vengeance de côté, me disant que la vie finirait par me venger car on ne peut pas s’en tirer quand on est un beau salaud. Ou salope, au choix.
Maintenant, je suis (hélas) adulte et j’ai bien compris que ça ne marchait pas toujours comme ça.

 

Comme tout un chacun, j’ai des principes et des règles. En un mot, je peux tout faire tant que je peux encore me regarder dans une glace. Je me bats dans la mesure de mes moyens pour faire mon petit bonhomme de chemin mais quand je vois les routes que prennent d’autres qui finissent par me passer devant, j’ai comme un sale goût dans la bouche. Peu importe le mérite, vaut mieux parfois la combine.

Est-ce que vous vous souvenez du maillon faible, le jeu de Boccolini ? Je trouve que c’est une assez bonne métaphore de la société finalement : ce n’est pas le meilleur qui gagne mais celui qui a été assez malin pour se faire discret jusqu’à ce que ce soit son heure. Si on prend l’exemple de la politique française, c’est carrément ça. Prenons nos deux candidats du second tour, Nicolas et Ségolène. Honnêtement, à l’heure actuelle, je ne sais pas lequel je méprise le plus tant je les trouve aussi minables l’un que l’autre. D’un côté Ségolène qui s’est incrustée en cours de route alors que les éléphants du parti s’étaient épuisé sur le référendum européen et qui a remporté tranquillement la mise. Plus d’un an et demi après, j’en pleure
encore. A droite, Sarko qui reste quand même un phénomène : il n’était ni le plus beau, ni le plus intelligent, il avait son lot d’ennemis, les journalistes le détestent et le descendent régulièrement, malgré le mythe de la presse complice. Je dirais même que Sarko, il est globalement un peu crétin et que s’il n’avait pas de beaux discours écrits par des mecs un peu plus évolués, il ne serait rien de rien. D’ailleurs, y a qu’à voir les résultats dès qu’il improvise, le « quand y a des grèves, personne ne s’en aperçoit », j’ai un peu envie de lui suggérer de vivre ma vie une semaine en période de grève qu’on rigole. Et encore, je dis ça, je suis vraiment pas la plus pénalisée dans l’histoire.

Je parle politique mais c’est partout pareil. Bien sûr, il y a un facteur chance : être là au bon endroit et au bon moment, ça aide énormément. Mais honnêtement, est-ce que personne ici n’a été dégoûté par une promotion, une carrière fulgurante qu’a eu quelqu’un d’objectivement moins doué que nous. Et oui mais le talent, ça ne suffit pas, faut aussi
savoir tirer les bonnes ficelles. Prenons par exemple le monde de la télé. Quand Audrey Pulvar, la présentatrice antillaise du 19-20 de France 3 qui est une belle femme même si elle s’économise pas mal sur le sourire, explique sur le plateau de Pif Paf que le directeur de LCI lui a dit clairement « tu es très douée et compétente mais elle, elle est plus jolie que toi donc c’est elle qui l’emporte », ça démange un peu. Si je prends Melissa Theriau, elle n’a pas de diplômes de journaliste, elle a un niveau inférieur au mien mais elle a sa belle gueule et la voilà propulsée présentatrice de Zone Interdite. Bon, franchement, je m’en fous vu que la télé ne m’a jamais intéressée (du moins pas la présentation d’un JT) mais je peux comprendre qu’une fille parfaitement formée, très compétente mais moins jolie l’ait un peu en travers de la gorge.

Moralité : en fait, il n’y en a pas vraiment. Ca fait partie du jeu et on n’y peut rien. Mais je pense que plutôt que de maudire dans son coin celui qui a mieux réussi en prenant des chemins détournés, il faut aussi se remettre en question et se bouger le popotin. Notre premier et seul allié dans une ascension sociale, c’est nous mêmes et il est tout à fait possible de tirer des ficelles sans pour autant se dégoûter soi même. Alors au lieu de vomir sur celui qui nous a grillé la politesse, on regarde comme il a fait et on retient la leçon : ça nous servira forcément un jour ou l’autre.

Et comme je m’en lasse pas :

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J’me sens pas belle

Dimanche dernier, alors que j’étais censée me coucher et que je ne le faisais pas, je tombe sur un épisode de Sex and the City sur Teva (en VO). Je regarde d’un air distrait, je me souviens pas de cet épisode (en fait, je crois que je n’en avais jamais vu le début). Miranda était invitée à un repas chez des amis de son nouvel ami. A un moment, elle part à la cuisine avec les femmes qui lui expliquent que son ami s’est enfin décidé à ne plus sortir avec des tops models, certes très belles mais totalement crétines. Et voilà que notre amie partage son désarroi avec ses copines : elle ne peut pas faire le poids face à des tops models (ou plutôt, elle fait trop le poids…).
dans-le-miroir
 
Quand j’avais écrit mon article sur un pénis dans le journal, Erich m’avait filé des liens sur une polémique qui avait eu lieu quand une pub avait mis en scène un homme nu. Une féministe avait crié au scandale car maintenant, les hommes devaient aussi subir le diktat de la beauté, tout comme les femmes. Pour ma part, je pense qu’il n’y a pas de raison que seules les femmes subissent l’obligation d’être parfaites mais là n’est pas le sujet. Comme Carrie, je jette un œil dans les magazines et je désespère : je n’arriverai jamais à la cheville de ses créatures à la beauté parfaite. Enfin, selon les canons de beauté en vigueur aujourd’hui.
 
Depuis quelques années, plusieurs associations essaient de les casser, en s’en prenant notamment à la poupée Barbie. Si Barbie était une vraie femme, elle tomberait, entraînée par le poids de sa poitrine démesurée par rapport au reste de son corps. Ils ont d’ailleurs inventé une poupée Barbie qui reprend les mensurations de l’Européenne type, à savoir une taille 42. Le problème est que les normes sont biaisées : les mannequins des magasins ne pourraient pas avoir d’enfants si elles étaient de vraies femmes, tant leurs hanches sont fines. Quant aux photos de stars ou mannequins, elles sont très souvent retouchées. Exemple ? Prenez Britney Spears ou Mariah Carey (entre autres). Ces demoiselles perdent mystérieusement une dizaine de kilos entre les photos et leurs passages en plateau ou en concert. Mariah Carey est très amusante pour ça, on sent la fille complexée par ses kilos en trop. Sur les plateaux télés, elle rentre le ventre comme une malade et croise les jambes pour cacher ses cuisses. Du coup, elle se déplace pas, elle peut pas ! Essayez de marcher avec les jambes croisées, c’est vraiment pas évident !
 
Pourtant, il paraît que les rondelettes sont à la mode. Exemple : une pub pour un savon (je sais plus lequel, Palmolive, je crois) où une femme plantureuse à la peau laiteuse sort à moitié de l’eau. Elle, au moins, elle saute pas de repas ! L’an dernier, Emmanuelle Béart exposait ses rondeurs sur la couverture de Elle pour le festival de Cannes, on peut évoquer Jennifer Lopez, Beyoncé ou je ne sais plus qui. Même Monica Belluci, on dit pudiquement qu’elle a « des formes ». Franchement, j’aimerais avoir les mêmes qu’elle ! Cependant, dès qu’une star filiforme prend 3 grammes, les magazines people nous la montre en photo : « oh, qu’elle est grosse ! ». A côté de ça, on voit
des nanas anorexiques nous expliquer qu’elles mangent des yaourts 0% car elles sont au régime… Qu’elles se fassent amputer d’un os, c’est la seule façon pour elles de perdre du poids ! Des nanas zéro bourrelets se déchaînent dans les clips et dans les magazines de vente par correspondance, les vêtements grandes tailles sont portées par… des mannequins qui arrivent à caser leur cul dans un jean en 34. Le mot régime est omniprésent dans les magazines : régime post-fête, régime pré-été, régime de la rentrée, régime pré-fête…Bon, les grosses sont à la mode mais faut pas l’être ! Dernier « rebondissement » en date : la gamine qui a gagné la Star Ac. Bon, cette pauvre gosse a un réel problème de poids mais ça l’empêche pas de gagner la Star Ac…sauf que tout le monde doute de sa capacité à faire carrière. Honnêtement, je sais pas comment elle chante et ses prédécesseurs n’ont pas faits des ventes record mais elle, de suite, on doute.
Pourquoi ? Parce qu’elle est grosse… Jusqu’à preuve du contraire, on chante avec sa voix, pas avec son ventre plat…
 
Donc me voilà devant ma glace en sortant de la douche et je me lamente : je suis pas foutue comme Gwen Stefani… mais bon, je suis pas non plus foutue comme Laurence Boccolini, rien de dramatique, mes pantalons taille 38 me contiennent sans me torturer. Pourtant, comme la plupart de mes copines, je suis perpétuellement au régime… vous savez, le régime qu’on commence le lundi matin et qu’on arrête le lundi soir. Celui-là même ! Mais à force de m focaliser sur mon ventre, mes fesses et mes cuisses, j’oublie le reste, qui est plutôt pas mal. D’ailleurs, Gauthier m’a parlé un jour du régime que j’avais fait en 2e année de fac. Ça, pour maigrir, je maigrissais : allez encore un kilo, encore un autre ! J’avais une technique imparable : je fumais au lieu de manger. Technique débile, on est d’accord. Mais comme il m’a dit : « ok, t’as minci mais tu as aussi perdu ta
joie de vivre et moi, je t’aimais moins ! ».
Oui, forcément, quand le seul élément qui se frotte à notre palais, c’est de la fumée… C’est très mal, que personne ne m’imite. Le pire, c’est que je ne me rendais même pas compte que je mangeais pas, c’est quand je m’endormais en cours que soudain, je réalisais : « mince, j’ai pas mangé à midi ! ».
 
La minceur est une obsession imposée à chaque femme. Non mais imaginez un peu le harcèlement dont nous sommes victimes : dans tous les magazines féminins, TOUT AU LONG DE L’ANNEE, on nous explique comment perdre quelques kilos. Du coup, on culpabilise, on se dit que, c’est vrai, ces deux kilos, là, on vivrait très bien sans. Et quand je vois toutes les conneries qu’on nous fait faire pour ça, je me dis que certains magazines pourraient être traînés devant les tribunaux par des filles qui souffrent de troubles de l’alimentation à cause d’eux. Par exemple, ma chère sœur fait actuellement un régime hyperprotéiné (non, pas Slim Fast) où elle mange que des yaourts, des légumes et de la viande, en gros, pas de sucre et pas de fruits ( ??)… Ah, ça, elle a minci mais elle risque de tout reprendre une fois le régime arrêté.
 
A ce sujet, toujours, j’ai vu mardi le terrible Requiem for a dream qui, il faut l’avouer, m’a fait pleurer, je pense en faire un article,d’ailleurs. Donc, dans ce merveilleux film, le personnage de Sarah veut maigrir pour passer à la télé et commence un régime à base de pamplemousse et d’œufs mais c’est dur donc elle prend des pilules qui s’avèreront être des amphétamines. Cette femme va perdre la santé et la raison pour pouvoir entrer « dans sa robe rouge »… Tout ça pour ça…
 
Je ne m’oppose pas aux régimes pour raison de santé : ils sont parfois nécessaires pour le bien de la personne. Mais être obsédé par son poids alors qu’on a que quelques kilos en trop, ça m’énerve. Certes, je ne suis pas foutue comme Kate Moss, est-ce pour autant que je suis repoussante ? Non. Après tout, si je regarde les hommes que j’ai aimés, aucun n’était foutu comme un rugbyman du calendrier. Est-ce pour autant qu’il ne me séduisait pas ? Non. Et bien, l’inverse est vrai : j’ai pas d’abdos mais j’ai d’autres atouts et ça, faut que j’y pense la prochaine fois que je commencerai un régime. Et puis si nous avions tous les mensurations idéales, comment ferions-nous pour sortir du lot ? De toute façon, ce qui nous rend belles, ce n’est pas les régimes que nous faisons mais l’estime que nous avons pour nous. Plus nous nous aimons, plus nous sommes belles… Avec ou sans côtes apparentes.
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