Une journée à Shinjuku : VR zone et parc

Le 18 octobre – Nous avons un dilemme : tenter ou non d’aller voir le Mont Fuji, sachant que la météo n’était définitivement pas de notre côté. Victor tranche : on laisse tomber. Pourtant, quand on se met en route, le ciel est limpide. J’hésite à proposer de faire un tour vers le Sky Tree, la Tour la plus haute de Tokyo (celle que je confondais au départ avec la Tour de Tokyo). Mais je laisse la main à Victor qui, lui, n’a qu’un seul but : la VR Zone Shinjuku. Lors de nos différentes soirées à trouver que faire, il avait repéré différentes zones VR à Tokyo, ce qui nous permet de nous occuper un long moment en intérieur  vu qu’on devait avoir de la pluie. Ok, et bien, allons-y.

Tokyo, quartier de Shinjuku

Je ne vais pas faire durer le suspense plus longtemps : c’était génial. Vous pouvez acheter un pack de 4 tickets + l’admission, chaque ticket de couleur vous donnant accès à un jeu parmi trois proposés. Pour le ticket jaune, aucune tergiversation : c’est parti pour Mario Kart VR. Le gros avantage du casque VR utilisé ici (le Vive), c’est qu’il te permet de jouer avec tes lunettes, la myope que je suis a fortement apprécié. Donc Mario Kart, je disais. Assis dans une sorte de baquet, un volant, deux pédales, on doit attraper les objets avec les mains (sur lesquelles on a des capteurs) et c’est parti. Ok, c’est ultra cool même si le premier vol (on arrive sur un saut et on se retrouve avec des ailes de deltaplane*) est légèrement flippant. On joue 4 mn mais ça passe hyper vite et je termine 3e ou 4e (sur 4. Je vous préviens que le résumé de ce petit passage dans le monde virtuel sera vraiment “je suis une quiche”). En tout cas, Mario Kart VR a un goût de reviens-y de ouf.

Shinjuku VR zone

Les toilettes de la Shinjuku VR Zone avec ses bonhommes qui ont l'air un peu flippants

Les toilettes de la Shinjuku VR Zone avec ses bonhommes qui ont l’air un peu flippants. Non ?

Mario Kart VR

Deuxième attraction : Evangelion. Il faut savoir que j’adore cette série (la série, pas le film qui est tout nul) et comme j’ai découvert qu’ils avaient sorti une nouvelle série (j’arrêtais pas de voir des illus avec une child que je ne connaissais pas du tout), je sais ce que je vais mater à mon retour. Le but du jeu : tuer un ange. Je serai Asuka, Victor, Shinji. Le set up est ultra cool parce qu’on commence dans les locaux de la NERV avec mise en route des EVA,a arrivée du liquide amniotique et propulsion de la ville et après… grosse merde. Le jeu est ultra dur, je ne parviens pas à changer d’arme malgré les instructions que j’avais lues et l’Ange tire de façon aléatoire donc à un moment, je fais ma bonne vieille technique de jeux vidéos : je bourrine. On finit donc mangés par l’ange (bon, pour le coup, Victor a bien galéré aussi, ça me rassure). Petite pause hydratation avec des boissons “fantôme de Pac Man” (pourquoi pas), on mate des gens sur des murs d’escalade pour une simulation de canyoning mais on ne tente pas l’aventure.

Evangelion VR

Espace canyoning Shinjuku VR Zone

Une fois l’escalade réussi, on avait le droit de faire un toboggan vénère pour atterrir là.

On a encore deux tickets, on va faire un peu de sport , genre du vélo. On embarque donc sur un ride sur vélo volant et attention, ça envoie. Le but est de s’envoler vers un château en pédalant. Donc moi, je pédale  sauf qu’en fait, il y a un parcours à suivre et je ne comprends rien à ce que me dit la femme qui gère l’attraction (j’ai eu pas mal de soucis de communication au Japon, nos anglais ne matchent pas), surtout que je n’avais pas du tout compris cette histoire de parcours et je ne voyais pas pourquoi elle s’entêtait à me faire passer par une grotte en bas alors que je voulais aller en haut. Les décors sont magnifiques, l’expérience hyper plaisante. On devrait installer ça dans les salles de sport, ça marcherait mieux que tous les mangerbouger du monde !

Shinjuku VR zone

J’ai pas de photos du vélo donc une attraction qu’on n’a pas faite, un shoot them up, je crois

Et voici la dernière attraction : le ski. On pouvait aussi choisir “pêche”  mais, curieusement, ça me motivait moyen. Donc on monte sur un appareil “ski” avec bâtons et skis, donc, le mec nous fait tester, ça marche très bien. Go ! Ca va vite. Ca va trop vite. J’essaie de slalomer comme je peux pour réduire la vitesse  mais je tombe dans la falaise… et je me recroqueville un peu sur moi-même. Une autre fois, je finis dans un mur, je ferme les yeux juste avant l’impact.C’est hyperprenant. Bon, j’ai même pas réussi à faire 200 mètres (Victor non plus pour le coup, il a voulu slalomer comme moi et a fini dans la falaise, pareil).

Shinjuku VR zone : Halloween

Shinjuku VR zone : tilt brush

Bien, il est temps de sortir, le temps s’est couvert. On traverse Shinjuku, quartier que nous avions découvert de nuit  et qui est beaucoup plus calme en journée. Alors sachez que dans certains restos, quand vous commandez un soda (au melon car la curiosité)(oui, j’en avais déjà bu à Takayama mais chut), on vous sert un demi-litre… Evidemment, j’ai pas réussi à le finir. Prochaine étape : le jardin “Shinjuku Goen”. Assez sympa : des petits lacs, des petits ponts, des jardins d’inspiration japonaise, française et anglaise avec une pelouse toute fluffy hyper agréable pour se promener même si nous n’avons pas pu nous mettre pieds nus car il pleuvait. Oui, on s’est pris des amplitudes thermiques en 3 semaines, on est passés du temps “il fait trop chaud, mon jean a déteint sur ma culotte tellement j’ai transpiré” (vraie histoire) à “mes deux pulls ne me suffisent plus, je vais mourir ici, adieu”. Et d’ailleurs ce jour là, j’avais laissé mon cuir à l’appartement car il faisait beau et chaud quand on l’a quitté, j’ai tellement regretté.

Shinjuku, vitrine de restaurant

shinjuku salle d'arcade

Shinjuku Goen Shinjuku Goen Shinjuku Goen Shinjuku Goen

Shinjuku Goen

La nuit tombe, on retrouve Shinjuku qui s’agite bien désormais. Ca clignote, les écrans crient,on repasse devant le petit restaurant de brochettes du 1er soir… J’ai l’impression que c’était il y a une éternité. Après un petit café, dernière destination de la journée : Odaïba. Qu’on a déjà fait, oui, mais de jour et on avait envie de voir le Rainbow Bridge de nuit. On monte dans le Yurikamome et on chope les places devant pour profiter du spectacle. Et Odaiba, de nuit, ça mérite l’aller-retour, oui. Même si pour le coup, le rainbow Bridge n’était pas du tout rainbow ce soir-là, contrairement au building de la Fuji TV. On hésite à faire un tour à Joypolis, la salle d’arcade vénère de Sega mais le temps passe et finalement, on renonce. Après un petit détour dans les couloirs de la station Shimbashi où on a du mal à retrouver notre chemin, retour à l’appart pour notre dernière nuit Tokyoïde… et japonaise.

YurikamomeOdaiba : rainbow bridge Odaiba : rainbow bridge Odaiba Fuji TV Odaiba de nuit Odaiba : rainbow bridge

* Au moment où j’ai écrit ce récit, je n’avais pas joué à Mario Kart depuis 10 ans. J’ai rejoué depuis avec la Switch et j’ai bien le côté “deltaplane”, je ne sais juste pas depuis quand ça existe donc pardon si j’explique une évidence)

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Rends-toi disponible

En grande prêtresse de la séduction que je suis (au moins), je n’aime rien de moins qu’observer les situations et venir ensuite vous parler de ce que j’ai observé. Ces derniers temps, je me suis plusieurs fois retrouvée au coeur de grandes assemblées avec des hommes, des femmes, des jeux de séduction et un carnet de note pour tout garder en tête. Car la séduction, c’est bien mais encore faut-il donner envie aux autres de nous inviter au jeu.

jeu-de-seduction

J’aime parfois me promener sur certains forums observer les tourments de mes congénères en matière d’amour et séduction (et travail aussi mais ça n’a aucun intérêt pour cet article), déformation professionnelle de mes années de community management sur des forums. Parfois, certaines femmes envoient un cri de détresse “au secours, je ne me fais jamais draguer!”. Pourtant, la drague (vulgaire séduction) est une interaction sociale à laquelle toute femme a droit, peu importe son physique. Je ne connais que peu de femmes n’ayant pas eu droit à leur lot de petites phrases, sifflements et co de la part des lourdauds de la rue. Mais récemment, j’ai découvert un truc intéressant : pour se faire draguer, encore faut-il se rendre disponible.

Pourquoi-c-est-a-la-mode-de-faire-la-gueule

Mise en situation : un garçon que nous appellerons Jules. Jules, il vous plaît bien et vous vous dites que vous allez lancer une subtile tentative de rapprochement, pour voir. Sauf que voilà, un obstacle immense se dresse devant vous : la bande de potes de Jules. Ou son/sa meilleur-e pote toujours accroché à ses basques. Or je sais pas vous mais moi, dans mes tentatives subtiles de séduction, je tente d’abord d’isoler ma proie puis de badiner, mes yeux plantés dans les siens en tentant de démontrer l’air de rien que je suis brillante, cultivée et que j’ai envie de lui mordre les fesses. Or Jules se balade toujours avec sa petite meute. Pire, ils ne parlent quasi qu’entre eux, se mêlant peu aux autres. Donc à moi. Moralité : je finis par laisser tomber alors que s’il le faut, Jules et moi, ça aurait été du tonnerre.

couple-parfait

Alors évidemment, peut-être que Jules reste avec ses potes car il n’en a juste rien à faire du reste du monde (dont moi). Qu’il a une moitié qui est juste absente de la soirée et qu’il n’a en aucun cas envie d’être disponible. Mais si je me mets moi-même sous la loupe, je me rends compte que je suis pas la reine de la disponibilité… Exemple flagrant : lors de la dernière soirée célibataire, alors que je discutais avec le fumeur qui me plaisait bien, j’ai intégré Anaïs à la conversation pour pas qu’elle reste en rade. Quel message ai-je envoyé au mec ? Tu m’ennuies ? Voici ma copine, drague la ? Un plan à 3 ça te dit ? Et si finalement, en matière de séduction, notre non solitude était notre pire ennemie ?

groupe-amis

Alors que faire ? Pointez vous seule dans un bar, pour sûr qu’on vous draguera mais faut voir qui… Je veux dire que le but n’est pas de choper le premier audacieux venu mais bien une personne avec qui nous avons quelques affinités. Sauf que pour ressentir une éventuelle affinité, encore faudrait-il laisser un espace pour permettre à l’autre de venir discuter avec nous et voir si ça accroche ou non. Or nous évoluons de plus en plus en troupeaux urbains, nous débarquons en gang quelque part et impossible de nous désolidariser. Il y a quelques années, je discutais avec un mec m’expliquant que pour draguer, il fallait aller vers un groupe et taper le maillon le plus faible pour y entrer (“jamais j’irais vers toi” me dit-il pas très sympathiquement). Ben j’avoue que ça me saoule en général quand ça arrive. D’abord parce que je suis occupée à papoter avec mes amis et ensuite, je ne trouve ça guère poli. Et que quand ça nous arrive avec Anaïs, c’est souvent du cas social hautement alcoolisé. Ouais, en fait, je suis comme Jules…

Disponible, moi ? Apparemment, c’est pas si évident.

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La fin d’un fantasme

Les hommes, les hommes. Je les aime, je les déteste, je les désire et je soupire. Ils peuplent ma vie et mes nuits, mes rêves où leurs doigts experts et curieux explorent en douceur les pores de ma peau frémissante.

caresses

Bon voilà, j’avais envie de faire du pseudo littéraire digne d’un Guillaume Musso, voire d’un Harlequin. Mais allons vers le sujet même de l’article sinon je vais vous perdre avant même d’avoir écrit un mot sur la question. Donc les fantasmes. Il y a des hommes, je les croise et ils me font vibrer la culotte : le fantasme ou le crush. Je le veux. Je le veux, je le veux, je le veux ! Je lui trouve toutes les qualités physiques et mentales. Beau, drôle, intelligent, est-cela donc possible ? Le problème, c’est que si l’amour rend aveugle, le fantasme rend en plus sourde et conne. Parce que tout ce qu’on ne sait pas sur l’autre, on l’imagine, on le façonne à l’image de ce que l’on voudrait. Sauf que… Craque-t-on sur l’homme réel ou pour l’image qu’on en a. Oui, la réponse est facile : on craque pour l’image.

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Mais le fantasme est facétieux et inconstant. Cet homme qui occupe nos rêves et nous entretient dans un état semi amoureux que l’on aime bien, au bout d’un moment, il lasse. Parce que bon, c’est bien gentil de s’imaginer le garçon en prince charmant mais au bout d’un moment, on percute que si ça avance pas maintenant, ça n’avancera jamais et qu’il est temps de laisser tomber. Et là, c’est le drame. Les œillères tombent et le prétendant prince charmant (malgré lui) devient le roi des beaufs.

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Mise en situation (parce que j’aime bien) : un beau jour, ou peut-être une nuit, je croise la route de Samuel, un beau brun à l’œil pétillant et au sourire ravageur. Gniiiiii, il est mignon ! Il ouvre la bouche, il a une voix qui te ruine la culotte et en plus, il est drôle, cultivé. Dès que nous sommes invités aux mêmes soirées, je fais péter les shorts et les décolletés outrageants, je me maquille et me coiffe avec soin. Bref, je suis en chasse, option papillons dans le ventre, j’ai la sensation de peser 800g et d’échapper à la gravité. Ah que c’est bon ! Mais le feu du fantasme est bien plus dur à nourrir que celui de l’amour. Je ne vois Samuel que de temps en temps et j’arrive pas bien à comprendre ce qu’il me veut. Tour à tour taquin et indifférent, tu veux, tu veux pas ? Oui ? Non ? Pffff.

drague-berk

Samuel me lasse et là, l’image idyllique commence à se fissurer. Il n’est pas si beau finalement. Il a vraiment un rire de merde. Il se la joue intelligent mais sorti de ses deux ou trois sujet de prédilection, il a rien à dire ! Et puis son obsession pour les jupes est si fatigante… Oui, elle est jolie la fille en jupe mais bon… Les shorts, c’est mieux d’abord !* Et oui, Jennifer Lawrence est canon mais il est pas obligé d’en parler en permanence à grand renfort de commentaires graveleux sur son cul… Je veux dire, des crushs people, j’en ai des tas, je passe pas mon temps à dire “non mais le cul d’Henry Cavill quand il chope la fille de Buckingham dans les Tudors, j’en ai bousillé ma culotte !”. En fait, moins vous le désirez, plus ses défauts vous explosent à la figure. Et le désir finit parfois par se tourner en dédain.

henry-cavill-naked

C’est assez étrange en un sens de dédaigner un mec qui ne fut pour nous qu’un amusement, une passade mentale (parce que dans les faits, il ne sait rien passé). Pourquoi un rejet si violent pour un homme qui n’a pas compté ? La déception certes mais… Peut-être est-ce juste parce que cet homme là, on n’est pas sorti avec donc ne perdure aucune tendresse. Ni aucun orgueil. Non parce que dénigrer son ex, ça nous fait quand même toujours un peu passer pour une dinde. “Non mais il était tellement trop con ce mec, nan mais j’te jure, ohlala !” “Bah pourquoi t’es sortie avec alors ?” (sous entendu “putain ta gueule”). Alors que le crush, on peut limite se sentir fière d’avoir arrêté les frais avant d’avoir entamé quoi que ce soit. Même s’il n’y avait peut-être rien à entamer. Ou alors, et c’est sans doute là, la clé, il nous a ruiné notre image parfaite, le petit cinéma qu’on se faisait dans la tête et ça, ça fait chier quand même.

science+des+reves

C’est toujours un peu triste, la fin d’un fantasme, on se retrouve obligé de jouer avec l’image d’une célébrité dans nos rêves érotico-amoureux et bon… Henry Cavill peut être aussi canon qu’il veut, il reste pas super crédible dans le rôle du vrai fantasme car, soyons clairs, je ne le rencontrerai jamais. Heureusement, les fantasmes vont et viennent. A quelques jours du retour du beau temps (si !), nul doute que je vais encore m’en dégoter un.

* En vrai, je préfère les shorts par praticité mais je suis pas opposée aux jupes !

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Touch me, I wanna feel your body

Dans les jeux de l’amour et du hasard, il y a une partie qui m’amuse beaucoup : les effleurements. Ou comment la communication non verbale en dit beaucoup.

Mise en situation : j’ai craqué pour un charmant garçon que nous appellerons Henry, en hommage à mon nouveau crush people Henry Cavill (il a officiellement détrôné Jon Kortajarena dans mon cœur de midinette). Donc Henry, il me plaît mais je ne sais ce qu’il ressent alors je vais le tester sur un terrain qui ne ment pas : le tactile.

Vous êtes assis face ou à côté d’une personne lambda avec qui vous allez entrer en contact par inadvertance. Quel est votre réflexe ? Cesser immédiatement ce contact en vous excusant poliment. On fuit naturellement la proximité physique des personnes qui ne nous sont pas proches, y a qu’à voir à quelle vitesse les gens retirent leur main quand on les effleure par accident sur la barre centrale du métro. Tu les brûlerais avec une cigarette qu’ils ne réagiraient pas plus vite. Bref, on n’est pas faits pour se laisser effleurer par n’importe qui.

Du coup, quand nous sommes sous l’emprise d’un crush, cette fuite du contact physique est bien parlante. Pour ma part, quand un mec m’attire, je combats ce réflexe naturel de me retirer pour montrer que ce contact ne me déplaît pas et qu’accessoirement, je serais pas contre l’idée de dépasser le stade des effleurements accidentels pour des frottis frottas volontaires.

Anecdote tiens. Février 2010, je pars à l’assaut d’un garçon qui me plait bien, il m’invite à boire un verre chez lui, on est assis tellement près l’un de l’autre que je pourrais me retrouver sur ses genoux par accident. Mais le jeune homme a rendez-vous, on repart chacun de son côté sans qu’il se soit rien passé. Mmm, aurais-je fantasmé cette attirance que je pensais réciproque ? On était très proches physiquement parlant. L’histoire me donna finalement raison. Comme toujours.

Ainsi, j’utilise le langage du corps pour envoyer des messages. Je suis assise loin de toi, les bras croisés : laisse tomber. Je multiplie les effleurements à la faveur d’un croisement/décroisement de jambes, ma main glisse sur ton bras à la moindre occasion ? Je suis opeeeen. Avec plein de e, oui. Et si tu acceptes mes gestes sans pour autant te jeter à l’eau, rassure-toi : l’abordage n’est plus bien loin.

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Réaliser son fantasme à tout prix ?

Il était une fois une fille qui s’appelait Angélique et qui avait au rayon de ses fantasmes le fameux plan à 3. Un jour, via le net, un homme lui propose de s’amuser avec  sa femme et lui. Emoustillée, Angélique dit oui mais voilà, après quelques échanges de photos, le couperet tombe : Angélique ne plaît pas à la femme. Mais le mec est très motivé et lui propose une solution alternative qui consisterait, en gros, à venir, à faire plaisir au couple et à se casser sans demander son reste. Sans que personne ne la touche, elle.



Angélique est partagée. D’un côté, son fantasme, de l’autre, un plan plutôt moisi qui risque de la frustrer, voire de la blesser car coucher avec quelqu’un qui n’a pas du tout envie de vous, ce doit être dur à vivre. Même s’il s’agit d’une femme et qu’Angélique est hétérosexuelle. Donc elle hésite et me demande mon avis. Je lui réponds le fond de ma pensée : « laisse tomber ! ». De un, quitte à faire un plan à trois, autant que ce ne soit pas un pur 2+1. Là, en l’occurrence, Angélique aurait été limite de trop, un élément rapporté qui serait là pour rajouter un peu de piment pour les deux autres sans avoir réellement le plaisir qu’elle est en droit d’attendre d’un rapport sexuel. Vu que le rapport l’excluait plus ou moins de toute façon. De deux, si on veut réaliser un fantasme, il me paraît plus intelligent d’attendre une occasion plus… idéale, on va dire, sinon, ça va être très, très décevant.



J’ai parfois l’impression qu’on est en permanence dans une course à qui a fait quoi en matière de sexe. Le tout arbitré par le fameux test de pureté dont on vante le résultat catastrophique : « je suis dépravée, je suis trop fière ! ». Certes mais le but n’est-il pas plutôt de faire les choses par envie et non pas pour cocher une ligne sur une liste de choses à tenter ? Comme Angélique, il est des fantasmes que je serais ravie de réaliser mais pour autant, je ne suis pas prête à tout pour ça. Il faut quand même que j’y trouve mon compte. Si le seul plaisir à l’arrivée est de gagner quelques points de plus au test de pureté (surtout que passé un certain âge genre le mien, il serait assez ridicule de continuer de se vanter de son score), franchement, c’est assez pathétique.


Plus généralement, j’envisage tout à fait sereinement le fait que tous mes fantasmes ne pourront pas être réalisés. Surtout quand on sait que mon number one, c’est faire du sexe dans l’espace. D’abord, je doute d’aller dans l’espace un jour dans ma vie (j’y crois pas moi aux voyages sur la lune avant ma mort) et puis d’après des études, il semble que le sexe en apesanteur est très compliqué. Je veux bien le croire ! Donc oui, je considère qu’on ne peut pas résoudre tous ses fantasmes. D’abord parce que des fantasmes, ça évolue et qu’on ne peut pas avoir une liste fixe toute sa vie. Et ensuite parce que ce serait bien trop triste. Non mais imaginez un peu qu’à mettons 30-35 ans, voire 40, allez, on se retrouve à avoir testé tout ce qui nous faisait envie. Il nous reste encore la moitié de notre vie. Bonjour l’ennui. Même si je veux bien croire que la libido va décroissant avec l’âge, je ne pense pas que la sexualité s’arrête à 50 ans. Sinon le viagra n’aurait pas le succès qu’on lui connaît.


Finalement, Angélique a dit non. Avec un léger regret, celui d’avoir perdu peut-être la seule occasion de réaliser ce fantasme. Mais franchement, vu comment ça se présentait, je pense qu’elle aurait plus regretté sa réalisation…

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Courrier des cœurs, réponse à Audrey

Cette semaine, Audrey nous a posé la question suivante : « j’ai un problème : dans la bande d’amis de ma soeur, il y a un nouveau garçon. Je l’ai rencontré l’autre jour quand ils sont venus à la maison et j’ai craqué, un vrai coup de foudre. Et je crois que c’est un peu réciproque. Mais le truc, c’est que je crois que ma soeur aussi, elle craque sur lui. Alors est-ce que je peux tenter ma chance malgré tout ou pas? »



La cellule love and sex des vingtenaires s’est donc réunie pour répondre à cette angoissante question et voici ce que ça a donné.

Enzo : « Je crois que », « je crois que » ! Demande à ta sœur et tu seras fixée !
A moins que tu souhaites qu’on te dise « tente ta chance » en omettant de prendre en compte ta sœur (ce qui t’arrangerait vu tes craintes) et venir ensuite dire « mais c’est la faute aux Vingtenaires ils m’ont dit de faire ça et maintenant je suis brouillée avec ma sœur jusqu’à l’enterrement de nos parents ! » ? Tu pensais vraiment te lancer avec un doute comme celui ci ? C’est qu’après tout ce n’est que ta sœur, c’est pas comme si c’était de la famille proche…
Enfin bref, poses la question à ta sœur, tout simplement. Si la réponse ne te plait pas, tu pourras toujours te venger dans des années en couchant avec ton beau frère (penses quand même à revenir nous demander conseil avant pour que l’on t’en dissuade).

Lucas : Y a des jours, je me demande si moi aussi j’avais des questions pareilles et si c’est la matiourité qui me fait soupirer…
Alors tu attrapes ta sœur au retour de l’école, tu la prends entre quat’z’yeux et tu lui poses la question comme une grande.
Ou mieux : tu chauffes le mec à mort pour créer une saine concurrence entre ta sœur et toi. Le Droit européen n’a pas encore légiféré en ce qui concerne le marché du célibataire et ta sœur est peut-être première entrante mais elle n’a pas de monopole.
Le mieux ? Tu ne dis rien, tu choppes le garçon et tu laisses ta sœur devenir anorexique et déprimée. Le temps pour elle de trouver un autre mec c’est à dire 2 jours et demi.

Jane : Ben voilà, tout aurait-il déjà été dit? Soit tu la joues « que la meilleure gagne et une mini jupe n’est pas tricher » en concurrence avec ta sœur, soit tu lui parles (à ta sœur) pour connaître son point de vue, si elle se projette avec le jeune homme avec le kit marmots + labrador + pavillon de banlieue + labrador qui bave, et dans
ce cas là, va falloir que l’une des deux revoit ses prétentions à la baisse. Sachant qu’à la base, c’est sa bande de potes, tu risques un peu de t’attirer le mauvais œil sur 5 générations si tu la poignardes dans le dos. Plus aucun respect les jeunes de nos jours…

Summer : Ben dis donc vous êtes vachement dur quand même! Attendez, vous savez le pourcentage qu’il y a de tomber amoureux et que la personne le soit en retour? Et si sa sœur lui dit que oui elle craque pour lui, elle doit se morfondre? Maintenant si tu dois parler à ta sœur je te conseille plutôt de lui dire que tu craques plutôt que
d’essayer de savoir si elle craque elle. Tant qu’elle ne dit rien tu as la conscience plus ou moins tranquille dirons nous et si c’est elle qui sort avec c’est elle qui se morfondra et culpabilisera, plan démoniaque gratuit. et puis rien que parce que tu demandes conseil aux vingtenaires je te soutiens. voilà , que le combat commence.
Soit dit en passant, n’oublie pas quand même que le sous titre de notre blog est la lose sentimentale… je dis ça je dis rien! 

nb: franchement je dois dire que je vous trouve pas cool avec le lecteur non mais oh!

Tatiana : Moi je propose une autre solution (bon j’ai lu le debat en travers donc j’espere que j’ai pas raté un truc) : un plan à 3 avec ta soeur. Les mecs fantasment trop sur ce genre de truc. A faire bien sûr que si tu es proche de ta soeur. Elle est pas belle mon idée ?

Summer : beurk!

Diane : Fucius a dit (et il avait oublié d’être con): tu ne convoiteras pas les convoitises de ta soeur. Des mecs, y’en a 45157 autour de toi, voire des millions si tu voyages, et des soeurs, eh bah tu n’en a qu’une (voire deux ou trois hein, n’ergotons pas non plus). Vu ce que ça peut créer de tensions/discorde entre vous, mais je serais pour que vous le zappiez toutes les deux, et que vous alliez faire du shopping après.

Nina : Des fois, je me demande d’où vient cette manie qu’on a de toujours vouloir l’histoire d’amour (avec un petit ou un grand a) la plus compliquée possible. C’est à cause d’une lecture trop précoce de Roméo et Juliette ou de son visionnage en DVD avec Léo waouh di Caprio ? Personnellement, à choisir entre un mec et ma sœur,
je n’hésite pas trente secondes. Ma sœur, j’en ai qu’une et des mecs, il y en a des milliers. De toute façon, le coup de foudre, j’y crois pas, j’appelle ça un coup de cœur et si tu es aussi accro à lui, c’est justement parce qu’il est le fruit interdit, c’est mathématique. A partir du moment qu’on a conscience de ça et qu’on commence à relativiser, tout va mieux, on se rend compte que des garçons, y en a des tas qui n’entraîneront aucun conflit avec sa sœur. Et puis je vais te dire, même si ta sœur n’était pas attirée par lui, sortir avec un pote de quelqu’un de sa famille, faut pas que ça se finisse mal parce que tu vas faire exploser leur groupe et ça n’aidera pas à des relations de famille harmonieuse. En un mot comme en 100 : laisse tomber.

Voilà, si toi aussi, tu as des petits soucis amoureux et que tu as envie de provoquer un débat houleux entre vingtenaires sur ma boîte mail (oui, ce fut houleux, y
a plein de bouts qui ne sont pas publiés mais on s’aime quand même), n’hésite plus, pose ta question ici, sur ma boîte mail ou même sur mon facebook 

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Bof

Normalement, la rentrée, c’est excitant, c’est bandant, on est motivés pour tout faire, tout changer, c’est la fête au village, tout ça. Normalement, j’adore septembre, j’ai une
patate monstre, l’envie de tout casser et tout ça. Mais cette année, début septembre est morose et je suis déjà en phase d’hibernation.

 brune.jpg

Comme toujours, j’ai des projets, j’aime ça, l’euphorie de mettre tout ça à exécution et compagnie. Sauf que là, tout se complique dès que je tente quelque chose. Deux de mes plans du moment se sont violemment percutés. Selon ce qui va se passer dans les prochains jours, un des deux devra passer à la trappe, on verra. Mais c’est gonflant d’investir du temps et de l’énergie dans un truc pour constater qu’il y a un gros soucis et que si ça se passe bien d’un côté, faudra laisser tomber de l’autre.

 

Et puis, y a la recherche d’appart, situation très compliquée aussi. Regardons objectivement les faits : avec Future coloc, nous sommes deux femmes actives en CDI avec nos
parents derrière, solide caution pour toutes les deux. Donc normalement, ça devrait aller mais non. Les agents immobiliers n’aiment ni les locations, ni les colocations. Acheter ? Bien sûr et puis quoi encore ? On a beau s’entendre à la perfection, Future coloc et moi, on va pas acheter un appart ensemble, on n’est pas un couple, on parle pas mariage, bébés et labrador. Ou quand on en parle, c’est a) pour rigoler, b) pas ensemble. Quoi qu’on aura déjà une Kenya à partager, c’est pas négligeable.

 

Côté projets hors taf, j’ai envie de faire du russe, c’est pas nouveau. Tiens, c’est sympa les cours du soir pour adultes et pas cher en plus. Ah mais voilà, je n’habite pas Paris.
J’habite juste à côté, vraiment, je vois même la Tour Eiffel de la grand’ rue de Plume sur Berges mais c’est pas Paris, tant pis si j’y passe les ¾ de mon temps. Alors je pourrais attendre d’y être domiciliée mais si j’arrive deux mois plus tard, je vais avoir un sacré retard. Alors soit je me ruine en cours particuliers (et puis quoi encore ? 12 euros de l’heure, une broutille surtout qu’à une heure par semaine, dans un an, je sais dire « Bonjour, ça va, je m’appelle Nina, j’ai 27 ans. Passe moi le sel »), soit je m’achète la méthode assimil, le truc qu’on pose sur le bureau et qu’on n’utilise jamais. Les langues, c’est vivant, ça se pratique avec des individus, pas avec un ordinateur. Et c’est pas un mauvais jeu de mots ! Pour le sport, c’est pareil, c’est cher. Avec Summer et Vicky, on veut se lancer dans la danse orientale, 143 euros le trimestre pour une heure par semaine. Ouch. Mais on a beau chercher, c’est partout pareil. L’aquagym ? Soit on a les cours pour mémés dans les piscines, soit faut aller au Club Med gym et consort, le truc à 700 euros l’année, là… Je crois qu’il est temps pour moi de braquer une banque.

Les amours, on va même pas en parler, je suis un tel aimant à connards que ça en devient indécent. Donc je crois que je vais me faire abstinente quelques temps, ça m’évitera
quelques connards supplémentaires. Non parce que sur 2007, si j’enlève Guillaume IV et Gabriel (et encore, par moments, il est un peu à côté de ses pompes), y en a pas un qui a été correct avec moi. Pour me sauter, ouais, pas de soucis, autant de fois que tu veux, ma chérie. Mais pour le reste, faudrait voir à pas déconner. On couche ensemble, j’en ai rien à foutre de ta vie, de ta personnalité, de ce que tu aimes (sauf si c’est sexuel). Se parler ? Pourquoi faire ? Je veux juste te sauter moi alors ferme la et à 4 pattes.

 

Mais bon, tout n’est pas négatif, regardons un peu le positif. Au taf, ça va toujours, pas de soucis de ce côté. Le temps me file entre les doigts et y a des jours où limite, ça
m’angoisse mais me rendre compte qu’il est déjà 17h alors que je pensais pas, quelque part, ça fait plaisir, ça montre que je m’emmerde pas. Faut dire que dans mon taf, la monotonie et le quotidien, ça existe pas vraiment. Oui, certains bloggeurs sont lourds et j’aimerais bien leur mettre une bonne fessée (vu leur niveau à certains, c’est tout à fait approprié) mais faut pas oublier que certains sont très sympas aussi et qu’on papote gentiment. Les ados sont marrants et rafraîchissants, je les envie des fois un peu. Ado, j’étais toujours dans un pseudo spleen mais finalement, c’était plus simple, il me semble. Enfin, dans quelques années, je dirai sans doute pareil de ma période actuelle. Reste aussi l’amitié. En ce moment, j’ai un peu envie de jouer les associales, marre des grosses soirées et bringues. Je veux juste voir mes amis, mon noyau dur avec qui je peux chouiner si je veux, me marrer un bon coup, refaire le monde. Ca tombe bien, ma girlie team adorée est un peu dans le même état d’esprit.

 

En fait, si je regarde tout ça, je me demande de quoi je me plains. J’ai beaucoup de cartes en main, j’ai pas tellement de raisons de râler. Oui, tous des connards, gna gna gna
mais j’ai déjà vécu ça, je sais que tous ses connards me feront apprécier la prochaine pépite sur laquelle je tomberai, c’est pas comme si ça m’était jamais arrivé. J’ai beaucoup de qualités et je sais qu’un homme finira par les apprécier, c’est O-BLI-GE. Peut-être que c’est juste pas le moment. Pour le reste, je pense que ma vie est plutôt chouette quand même : un taf, des amis, un chat qui me fait des câlinoux et des ronrons dans l’oreille, une famille unie où tout va mieux. Oui parce que y a 15 jours, un docteur a diagnostiqué un mélanome à ma cousine mais après examen, c’était juste un grain de beauté qui avait pris une drôle de forme, totalement bénin. On a juste été quitte pour une bonne semaine de trouille parce qu’à 32 ans, se récolter un cancer de la peau, c’est carrément dramatique. Peut-être que le problème, c’est que je veux tout et trop. Etre exigeant, c’est bien, c’est même une qualité, je pense mais peut-être que je devrais m’apprécier un peu à ma juste valeur au lieu de toujours en vouloir plus. Bien sûr que je serais capable de plus, on l’est toujours, mais peut-être que c’est juste pas le moment.

 Ou alors, on est le 7 septembre, je me les gèle et je veux rallumer le chauffage, j’ai un peu abusé de mes forces physiques ces derniers temps et je suis juste en blues semi

hivernal. Mmmm, je crois que je vais me faire un petit planning jusqu’en 2008, histoire de voir un peu plus loin que ce début de mois de septembre pas très ensoleillé. Oui, reboostons nous !

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L’’amour, c’’est la guerre

En tant que célibataire de service, actuellement, on me demande pas mal de conseils sur la conduite à suivre avec les mecs. Donc qui dit célibataire dit que précisément, je n’en ai pas donc que puis-je répondre ? Mais je conseille du mieux que je peux parce que, quelque part, le bonheur de mes ami(e)s, c’est le mien. Ainsi, quand une âme en peine a besoin d’aide pour conquérir l’élu de son cœur, je vole à son secours.
 
Depuis deux jours, conversations MSNique avec Zoé, opération « tu vas l’avoir ce con de mec ». Oui parce que ce mec, des fois, il m’exaspère à souffler le chaud et le froid comme il le fait. Hého, ma copine, c’est pas un jouet ! Nous avons donc mis au point une stratégie inédite. En fait, jusqu’à présent, Zoé en faisait beaucoup (trop à mon goût) pour manifester son désir : mails, textos aguicheurs, coups de fil… Avec quelques victoires mais souvent des défaites. Oui, monsieur ne répond pas aux textos. Ça, ce doit être typique des mecs. Quand je reçois un texto, moi, je me sens obligée de répondre dans la minute (enfin, dans la minute où je le lis, of course) alors qu’eux s’en dispensent. Ok, un texto « j’ai envie de toi » ne nécessite pas forcément une réponse mais ça fait plaisir de savoir que ce qu’on dit, ça a touché juste. Le problème ici, c’est que Zoé a tellement signifié sa disponibilité à monsieur que ce dernier prend ses aises, il vient quand il veut sans prévenir et il peut passer de longs moments sans donner signe de vie. Alors retournons contre lui ses propres armes : à partir de maintenant, Zoé ne lui donnera plus signe de vie. Stratégie osée mais qui, à mon avis, sera totalement payante. C’est le « suis-moi, je te fuis, fuis-moi, je te suis. ». Non parce que monsieur, quand il va se rendre compte que sa belle n’est plus là à l’attendre, il va rappliquer fissa.
 
Ce déjeuner me fait me rendre compte que l’amour, c’est vraiment comme la guerre : on établit des stratégies pour conquérir le cœur de l’autre comme d’autre essaient de conquérir le pays voisin. Sauf que là, les victimes sont moins nombreuses : si on se prend un vent, la seule à souffrir, c’est nous. Les filles sont particulièrement tordues quand il s’agit de séduire. Bon, alors, si je lui envoie un texto maintenant, est-ce que je dois lui en renvoyer un dans deux jours ? C’est pas trop tôt, pas trop tard ? Est-ce que je n’en fais pas trop ? Ah merde, j’en fais peut-être pas assez… Ahlala, cette conquête n’est pas aisée. Mais on suit notre stratégie : c’est forcément la bonne, on l’a édifiée avec les copines.
 
Mais comme dans toute guerre, y a des imprévus. Parfois, on remporte une victoire sans s’y attendre : il nous invite à boire un verre ! Bon, du coup, le texto que j’avais prévu d’envoyer demain ne sert plus à rien, toute la stratégie est à redéfinir. Car gagner une bataille ne signifie pas gagner la guerre : un verre, c’est bien mais pour le moment, rien n’est fait. Il ne faut surtout pas commettre d’erreur entre la proposition de sortie et la sortie en elle-même. Car se retrouver face à lui, c’est une nouvelle bataille qui s’engage. Bref, un bon petit soldat de l’amour doit prévoir mais aussi garder en tête que tout n’est pas prévisible.
 
Maintenant, le rendez-vous. Voilà, je suis devant Brad, on boit un verre, je dois déjà faire attention à pas trop boire, ça m’évitera de dire des conneries (déjà qu’à jeun…). Observer et réagir. Saisir les perches qu’il me tend, s’il m’en tend. Là, j’avoue que je suis nullissimale ! Des fois, quand je me refais des conversation avec Brad, je me dis : « merde, là, il m’a tendu une perche et j’ai répondu à côté ! ». Mal joué, petit soldat. Pour le conquérir, je dois être moi, naturelle et gaie, mais aussi séductrice et éviter les bourdes au maximum. Là, j’avoue aussi que c’est pas mon fort du tout. Une fois, Arnaud m’a expliqué qu’il croyait que je me foutais de sa gueule car quand on était allé boire un verre, j’avais dit : « Ouais, c’est nase de parler de ses exs lors d’un rendez-vous galant. Tu vois, mon ex… ». Bon, je ne parlais pas de mon ex d’un ton éploré genre notre rupture fut la plus belle erreur de ma vie mais c’est vrai que ça portait un peu à confusion. Car la guerre de l’amour, c’est un peu une guerre contre soi, contre ses travers, contre ce qui peut faire fuir Brad. Mes défauts, je les lui montrerai quand il sera trop accro pour me plaquer.
 
Bon, premier rendez-vous concluant mais Brad est resté sage, pas de baisers et encore moins de brouettes. J’appelle l’état-major, je fais quoi ? Je laisse tomber ou je poursuis mes efforts ? Là, c’est la phase « je réunis le conseil de guerre » : en gros, je demande l’avis à mes copines et surtout mes copains pour qu’ils me disent ce que je dois faire. Oui parce que moi, je suis trouillarde comme soldate, je prends pas d’initiatives sans avoir été sérieusement conseillée, comme la plupart des filles, il me semble. Et là, on repart en phase 1 de la stratégie : un texto ou un coup de fil dès maintenant ou plus tard ? Feindre l’indifférence ou manifester notre désir ? Raaaaaah !
 
Le problème en amour, c’est qu’on ne connaît pas forcément « l’ennemi ». Bah oui, Brad n’a pas forcément d’ami commun avec nous alors c’est difficile de savoir dans quoi on se lance. Dans le cas de Zoé, je connais un peu son bonhomme, je l’ai déjà vu mais je ne le connais pas intimement donc difficile d’avancer. On ne se base que sur ce que l’on pressent, que l’on devine. Stratégie un peu casse-gueule mais faute de mieux…
 
Et si la stratégie, c’était de faire appel à un pays ami ? A deux contre un, on va y arriver, non ? Cet ami planifierait le terrain, expliquerait à Brad combien je suis merveilleuse et géniale et comme il aurait tort de ne pas m’épouser. Bon, dans la mesure où on n’est plus au lycée, ça me paraît hautement casse-gueule comme stratégie, ne serait-ce que parce que le jeu amoureux, ça se joue à deux. Multiplier les intermédiaires, c’est risquer de faillir et de voir Brad partir loin, loin… Faut se méfier des interventions des pays amis à qui on n’a rien demandé, aussi. Des fois, je me dis que j’aimerais prendre Monsieur Zoé entre quatre yeux et lui dire : « Bon, t’as fini de la faire souffrir ma copine ? Tu comprends pas qu’elle t’aime et que tu trouveras pas mieux ? ». Mais je ne le ferai pas car : c’est pas à moi de lui dire qu’elle l’aime, ce n’est pas à moi de me mêler de ça et j’ai pas son numéro. Etre conseillère en stratégie, c’est aussi rester extérieure. Un couple, c’est deux, pas trois ou plus. Le pire du pire étant les lourdingues qui viennent casser la douce ambiance que l’on se crée à deux. Voilà, imaginons, je suis à une tablée d’amis avec Brad, notamment, on commence à flirter à deux et là, gros lourdaud arrive : « Ah ben ça drague sec, par ici ! » Ben merci, grâce à toi, ça drague plus du tout, tu as cassé l’ambiance, pauvre nase… Bon, draguer en communauté, ce n’est pas la bonne stratégie, c’est clair.
 
Mais des fois, dans notre stratégie de conquête, on oublie parfois qu’on a un ennemi caché ou on l’ignore. Oui, on ne sait pas que Brad est convoité par une pétasse même pas belle et qu’elle aussi a mis au point une stratégie. Et que, s’il le faut, la sienne est meilleure que la nôtre (quoi qu’avec moi comme conseillère… oui, bon, c’est possible). Le pire, c’est si Brad a déjà une greluche : tenter de conquérir un pays déjà conquis, c’est un peu mission impossible… Mais on n’est pas obligées de le savoir non plus, y a pas écrit sur le front des hommes en couple qu’ils le sont.
 
Mais dans la guerre de l’amour, notre pire ennemi n’est-il pas nous-mêmes ? A force de se poser des questions, de mettre sur pied stratégies sur stratégies, n’oublie-t-on pas l’essentiel ? L’amour est un jeu qui se joue à deux, faudrait pas oublier de convier monsieur.
 
Finalement, ça me manque la maternelle, quand on se disait « je t’aime » spontanément et qu’on se faisait des bisous sous le toboggan car, au fond, on n’avait pas peur de la défaite. C’était le bon vieux temps.
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