Choisis le bon ton – Leçon d’écriture n°2

Suite de ma mini série “ce livre horrible qui m’a traumatisée”[débutée y a une putain d’éternité, avant le Japon, même, je crois]. Mais comme dans tout, on peut parfois tirer du positif du négatif genre “ça, je ne le ferai jamais”. Donc après le “arrête de t’auto spoiler”, voici le “tu ne crois pas que tu as du mal à trouver le bon ton, là ?”

Choisir le bon ton pour son roman

En fait, je crois que c’est de ça en particulier que m’est venue l’aversion particulière pour ce roman (ça et le fait que l’héroïne est complètement débile). Parce que j’ai pas su le situer exactement, je n’ai pas saisi les intentions de l’auteur… parce que trop de variation de ton. Pourtant le premier chapitre qui posait la toile m’avait assez emballée. Ca manquait totalement de nuances certes mais le côté “le Bloc national (je crois, je me souviens même plus) a été élu aux élections présidentielles, douche froide, les opposants sont brimés”, pia pia pia, ça met direct de la tension, de l’enjeu, on sent des personnages ordinaires mis au pied du mur par l’Histoire… pile mon thème de prédilection dis donc. Je lis donc ce premier chapitre, je laisse le roman pour la nuit et le lendemain soir, je m’y replonge avec une certaine excitation… et énorme fail. Un peu comme si j’avais prévu une nuit torride avec Jo Manganiello et qu’une fois le slip enlevé, j’avais droit à un vermicelle mi-mou et pas de négociation sur les réjouissances : c’est pénétration ou rien.

jo manganiello

Salut, tu veux voir mon spaghetto ?

Pour vous situer, tu passes d’un premier chapitre assez factuel, un peu dramatique à “hihi, je suis teubê et mon ex, c’est trop un relou”. Non mais vraiment, la meuf est embarquée dans un (certes faux) camp de concentration dans une France en pleine crise, tu es sous tension par rapport au 1er chapitre et on se retrouve avec une héroïne direct décrite avec un pyjama déchiré qui fait un caca mou car elle retrouve son ex, ex sur lequel elle avait écrit un livre pour se venger. Mais quelle claque, putain.  

Pyjama pour femme

Parce que comment tu veux rentrer dans un roman qui est censée te raconter une histoire dramatique sauf que c’est raconté par une nana qui a 13 ans dans sa tête… avec un style d’une enfant de 13 ans. Et encore, des enfants de 13 ans s’en sortent bien mieux. On est à la limite de démarrer chaque chapitre par un “cher journal”. Alors on avait déjà le problème de l’auto-spoiler qui te flinguait bien le suspense mais là, encore, comment tu veux créer un enjeu quand les événements sont décrits par une héroïne tellement débile qu’elle est plus inquiète pour le trou dans son pyjama que par sa propre déportation ? Non mais vraiment, pendant tout le passage dans le camp de concentration, passage qui débute par une (fausse) exécution quand même, l’héroïne te raconte ça sous le prisme du “ahlala non mais je dois partager ma chambre avec mon ex, trop dure la vie, pfff”. Ah ben écoute, si c’est ton seul problème alors que ta vie est potentiellement menacée, tant mieux pour toi. Par contre, tu m’excuseras mais niveau tension, c’est loupé…

Petite fille qui boude

Parce que oui, au-delà de l’histoire de fond, la forme ça compte aussi. On le dit souvent mais les mots ont un sens et la tonalité peut complètement changer le sens de l’histoire. Un exemple, vous allez le voir : “Dès la nuit de leur arrivée au pouvoir, le Bloc identitaire a décidé de déporter ses ennemis politiques. J’en faisais partie” et “Alors que j’étais en train de finir mon nouveau roman, des policiers sont arrivés et m’ont embarquée, je comprenais rien. Mais le pire était à venir : j’avais un trou dans mon pyjama et j’allais en plus retrouver mon pire ennemi. Mon ex.” Je ne dis pas qu’il faut être forcément hyper dramatique en toutes circonstances, cf La vie est belle mais là, comment tu veux accepter qu’un personnage est en danger quand son principal problème est un trou dans son pyjama ?

Jean femme troué

L’héroïne, d’ailleurs… va falloir qu’on en parle.

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Le gras, c’est bien mais que sur les hommes

L’avantage des week-ends de 3 jours, c’est que tu as le temps de glander et de fureter sur tes réseaux sociaux préférés (Twitter, Facebook et Instagram pour moi, si tu veux tout savoir) et se laisser aller au picorage d’articles divers et variés. Et c’est ainsi que je découvre ça : le dad Bod. Qu’est-ce que donc allez-vous me dire ? C’est le petit bidon que se tapent les hommes et qui est le new sexy. Et ce nouvel atout séduction envahit les magazines féminins. Heu, vous vous foutez de nous ?

 

A noter que le magazine Be remet direct les pendules à l'heure en entourant le bidou masculin de ventres ultra plats féminins

A noter que le magazine Be remet direct les pendules à l’heure en entourant le bidou masculin de ventres ultra plats féminins

Avant de poursuivre, juste un point sur mon opinion avec le ventre des hommes : je m’en fiche. Je suis sortie avec des hommes très minces ou des hommes plus replets parce que c’est pas du tout un truc qui m’attire ou me révulse. Alors pourquoi je tique sur cette nouvelle mode ? Parce que si, moi, je n’ai aucun souci avec le ventre des hommes, le ventre féminin reste tabou et je vois une nouvelle arme de soumission des femmes.

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Je suis ravie que ces messieurs soient désormais dispensés de nous déballer leur 6 pack à la plage. Parce qu’au fond, leurs bourrelets de daddy sont sexy, ça fait mec établi dans la vie, l’homme réconfortant comme un nounours en cas de gros chagrin et qui ne prend plus beaucoup soin de son corps, occupé à élever sa douce progéniture (d’où le “dad”). Bah oui, les hommes, quand ils deviennent pères, ont tendance à nous faire une petite couvade en solidarité avec notre propre grossesse, comme c’est charmant.

 Couvade

Sauf que voilà, si l’homme a le droit de s’épanouir passé la trentaine et d’exhiber au monde sa douce brioche, nous, nous restons condamnées à faire des régimes, encore et toujours. Alors même qu’en cas de grossesse, pour rappel, c’est la femme qui porte l’enfant, qui s’arrondit, qui délivre des petits bébés de plus en plus gros mais elle est priée de vite retrouver sa taille de guêpe. J’exagère ? Prenons Olivia Wilde, plutôt belle femme à la base. Un mois après son accouchement, la belle a eu l’audace folle de sortir dans la rue habillée court alors qu’elle n’a pas perdu tous les kilos pris pendant sa grossesse, exhibant ses “gros poteaux”, elle que l’on a connu “si bien foutue”, citations extraites d’un article de Première qui a fini par virer l’article mais vous pouvez le redécouvrir ici, un grand moment de poésie. Alors je veux bien éventuellement concéder que le corps des actrices est l’un de leurs outils de travail mais putain, elle est juste sortie dans la rue.

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D’ailleurs, à propos d’actrice, comptons ensemble le nombre d’actrices replettes ayant obtenu un premier rôle. Là, vous allez me parler de Roseanne Bar (Roseanne) ou de Brooke Elliott (Deap drop diva) voire de Mindy Kaling (The Mindy’s Project*). Tiens à propos de Mindy Kaling, jouons ensemble au jeu des 7 différences entre la couverture qu’Elle lui a consacré et celles mettant en scène des femmes plus minces (et blanches…).

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Voilà voilà. Et que dire de Lena Dunham et le scandale provoqué par le reportage photo et la couv de Vogue où elle est retouchée de partout ?

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Mais si j’ai bien noté les noms que vous m’avez donnés, je fronce les sourcils : aucune de ces demoiselles n’a pu obtenir un premier rôle au cinéma. Non car les actrices over size (et même average size) obtiennent rarement les rôles titres à moins d’être des personnages en marge et souvent très dérangés (Kathy Bates dans Misery, éventuellement Kathleen Turner dans Serial Mother). Mieux, quand une actrice abandonne ses attributs de beauté en acceptant d’être enlaidie, on salue automatiquement son incroyable performance d’actrice (elle a accepté d’être enlaidie, incroyable !) alors même qu’elle pourrait jouer comme une patate. Pour jouer les filles rondes, on préfèrera une mince qui prend 10 kilos (coucou Renee Zellweger). Quant aux belles actrices sujettes à de grandes prises de poids, leur carrière se ralentira à la moindre prise de poids, cf Kate Winslet ou Liv Tyler. Alors qu’en parallèle, la carrière de Jason Segel, ce gros nounours rassurant qui fricote régulièrement avec la bombesque Cameron Diaz dans les films, ne cesse de croître. Et ne me parlez pas de J-Lo (je suis pas sûre qu’elle soit encore actrice d’ailleurs), la fille a un ventre ultra plat et un boule rebondi, seules rondeurs admises avec les seins.

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Le corps de la femme est en permanence soumis à un diktat, il doit être mince et ferme quel que soit l’âge et les conditions, une grossesse ne justifie pas les capitons. Dès qu’une femme doit être agressée, ça part direct en attaque physique, bien plus souvent que les mecs. Les boutiques de fringues féminines s’arrêtent au mieux au 44 (et plutôt en province il me semble) alors que les hommes ont leur XXXL dans leurs boutiques sans partir dans les boutiques spécialisées grande tailles. Même quand on est conscientes de cette pression injustifiée et manigancée en partie par le marketing qui veut nous vendre du yaourt, du drainant et des crèmes anti gros cul (et on a beau savoir que ça ne marche pas, y a toujours un moment où on craque), les magazines qui nous rappellent en permanence qu’il faut maigrir, maigrir, maigrir. C’est un truc qui est intégré, on nous fait toujours croire que la vie est plus belle quand on est mince, qu’on nous donnera plus facilement du travail, qu’aucun homme ne pourra nous résister, qu’il faut souffrir pour être belle. IL.FAUT.SOUFFRIR.POUR.ETRE.BELLE. Jamais un magazine n’osera écrire que le bidou est permis pour les femmes car il est hors de question de nous libérer du joug de cette obligation de minceur…

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Et je ne suis pas la seule à le penser, au fait, petite réflexion sur le double standard


* Faut que je m’y remette d’ailleurs

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Et après ?

J’ai un peu de mal à reprendre l’écriture de ce blog, j’ai une sensation de décalage, de grotesque, d’incongru. Comment vous parler de sites de rencontres et autres bêtises après ce qu’il s’est passé ? Pourtant, il le faudrait, il faudrait revendiquer notre droit à la futilité, au léger, au rire, ne pas les laisser gagner cette bataille là non plus. Alors je reprendrai comme avant même si, dans ma tête, ça tourbillonne autour des derniers événements, je suis pas arrivée au bout de ma réflexion sur tout. Mais j’ai besoin de poser quelques trucs donc aujourd’hui, on en parle et demain, on fera comme si la vie était belle.

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Alors, et après, se questionne-t-on. J’ai envie de dire “mais pose-toi d’abord la question !”. Je n’attends pas une réponse globale parce qu’elle ne viendra pas. On en est au même point qu’il y a un mois, le traumatisme en plus. Dimanche dernier, en allant marcher à Paris, j’ai ressenti plus que jamais à quel point je ne devais plus rien attendre des politiques. Oui, Hollande a été digne, on ne lui enlèvera pas ça mais quel cirque, putain. Entre la Marine qui se la joue victime (son rôle préféré), Sarko qui joue des coudes pour se positionner au milieu des chef d’Etats, la présence des joyeux Netanhayu, Davutoglu ou Bongo (lire le communiqué de presse de RSF à ce sujet), le délire sécuritaire qui en a suivi avec cette idée folle qu’en surveillant plus Internet, on arrêtera les massacres. Hmm… Déjà que j’étais bien désabusée sur la politique, là, je suis définitivement en rupture. Pour changer les choses, faudra pas compter sur les 40 gus qui marchent tout seuls devant mais sur les 3 ou 4 millions derrière. Encore faut-il faire quelque chose.

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Et justement quoi ? J’y pense mais j’ai pas encore trouvé de réponse. S’abonner à Charlie hebdo ? Pourquoi pas mais je ne le lirai pas. Le journal n’est pas en cause mais ça fait bien 3 ans que mes Nouvel Obs partent direct à la poubelle encore sous blister par manque de temps. S’abonner à Arrêt sur images et Mediapart aussi, depuis le temps que je devais le faire, au moins, c’est réglé. Faire un don régulier, oui, mais à qui ? Je penche vers RSF qui me paraît l’association la plus proche en terme d’action au message de la marche de dimanche. Mais là encore, même si je donne pour RSF, que faire pour les drames qui se passent ailleurs et qui touchent des populations n’ayant rien à voir ni de près ni de loin avec le journalisme ? Je rajoute Amnesty sur la liste ?

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Ok mais après ? Je me lave les mains parce que je donne deux ou trois dizaines d’euros par mois à une asso qui fait tout le boulot pour moi. C’est là qu’est mon souci. C’est un peu “facile” et ça tourne dans ma tête. Je pense aux terroristes, à ces 3 gaillards qui se sont dit un jour que tuer des mecs au nom du Prophète, c’était bien. Comment aurait-on pu les empêcher d’en arriver là ? Oh, je vous parle pas de surveiller la planète entière car il est à peu près certain qu’un jour ou l’autre, un mec passera à travers les mailles du filet. Non, je parle de l’amont. Quand on lit l’histoire des frères Kouachi, on se dit que des gamins expulsés du système, comme ça, ça risquait de mal finir. Je n’excuse en rien leur geste et on ne peut pas garantir que s’ils avaient été pris en main sur du long terme, ils n’auraient pas plongé tête la première dans cette violence. Mais peut-être que… Après tout, pour suivre un mec qui te dit que mourir en martyre, c’est choper 72 vierges direct en arrivant au Paradis et que tout ça, c’est trop cool… tellement cool qu’il te cède la place, vas-y, fais toi sauter en premier, je te regarde, c’est quand même qu’il nous manque quelques éléments de réflexion. Mais bon, comment faire, à mon niveau ? Je veux bien donner des cours ou quelque chose mais quand, où (je suis pas sûre que ma ville soit le berceau idéal pour terroristes en devenir…), comment ? Y a-t-il une solution à mon niveau ?

olympiadesdemathematiques

Ca tourne dans ma tête et je peux vous garantir que là, je ne trouve pas. Par contre, je vais me constituer une petite liste de liens sur les questions d’immigration, de délinquance, de réinsertion, de religion… Parce que mine de rien, j’en ai entendu de grosses conneries depuis ce 07 janvier un peu de pédagogie nourrie par quelques liens devrait remettre quelques pendules à l’heure. J’espère.

 

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Ode à la naïveté

Récemment, j’ai eu une révélation : être réaliste, mature, adulte, c’est chiant. Je ne sais plus bien pourquoi j’ai pensé ça tout à coup mais ça m’a paru évident. Du coup, je me demande s’il est possible de revenir à l’état de naïveté ou s’il est déjà trop tard.

Force est de constater qu’en ce moment, ça ne tourne pas très rond le monde. On peut parler de politique mais pas que, c’est général : entre la pollution, la misère d’un côté et les richesses extrêmes de l’autre, l’impression qu’on ne pourra jamais s’en sortir… Bref, tout ça, c’est moche, bouh. Si on se recentre sur nos cas personnels, on a tous des sujets d’inquiétude : trouver du boulot, trouver une moitié pour construire une vie matrimoniale, améliorer ses conditions de vie… Ou prendre soin de sa santé aussi. Bref, on a de quoi se
ronger les sangs. Y a des jours, je soupire : « c’était mieux quand j’étais petite ». C’est vrai, mes problèmes d’enfant, même s’ils me paraissaient dramatique sur le coup (mon voisin de classe m’avait piqué mon crayon rose et je savais pas comment le lui reprendre), on se dit que l’insouciance, c’est beau.

Evidemment, une fois adulte, on ne peut pas trop perdre le sens des réalités. Faut bien payer les factures. J’avoue que cette année, ça m’a déprimé de payer les impôts. Pas tellement pour la somme, c’est light cette année, mais parce que je me rappelle quand j’étais en terminale et que tout ce côté administratif me faisait flipper. Y a 10 ans, j’en avais peur, aujourd’hui, c’est ma réalité. Je suis une adulte à part entière, je ne suis plus la petite fille qui grandit dans le jupon de papa maman. Je dois être responsable, gérer mon budget. Et
dans quelques années, ce sera à mon tour de gérer un petit être qui sera la chair de ma chair, le sang de mon sang. Faudra être responsable pour deux. Déprimant, dit comme ça, même si je suis persuadée que la maternité est source de joies que je ne peux pas imaginer à l’heure actuelle.

Mais je crois que ce qui me déprime le plus, c’est qu’on n’a plus le droit d’être optimiste de nos jours. De façon générale, je suis du genre à voir la vie en rose, le verre plus plein que vide même si des fois, j’ai des coups de blues. Mais une fois passé, je relativise. J’ai perdu ma carte bleue ? Ben, du coup, je fais des économies, je ne vais pas dépenser mon argent n’importe comment. J’ai fait un scandale à free pour qu’ils m’envoient un technicien qui n’a fait que changer ma prise électrique (la 4e en 2 ans et demi). Bon, au moins, j’aurai pas à attendre 3 semaines qu’ils se décident de me l’envoyer. Mes amies vont mal ? J’essaie de les rassurer, de leur expliquer que, peut-être, dans trois mois, elles se rendront compte que leur malheur du moment était finalement un mal pour un bien. Prenons un exemple personnel : il y a deux ans, j’avais passé un entretien pour un poste qui me plaisait vraiment et qui m’avait échappé d’un rien. Sur le coup, je l’ai super mal vécu, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. C’est bien de pleurer, des fois, ça soulage. Un an et demi plus tard, je me rends compte que j’aurais eu ce poste là, je ne serais pas où j’en suis aujourd’hui, j’aurais un salaire inférieur à celui que j’ai actuellement et en plus, je pense que les perspectives d’évolution seraient moins intéressantes. Là, je suis dans un groupe de presse tentaculaire et les possibilités de promotions internes sont nombreuses. Dans ce job là, je n’aurais pas pu avoir mieux, une fois embauchée.

Pourtant, dès que vous faites preuve d’optimisme, on vous tape sur les doigts, on vous traite de naïve, comme si c’était une insulte. Oui, il faut toujours envisager le pire pour ne pas être déçu, ne jamais trop se réjouir, toujours trouver le gris dans le rose. Et ça me saoule, à force. La vie est une chienne, ok, il n’y a aucune règle ni justice mais après tout, si j’ai envie de croire aux lendemains qui chantent, si j’ai envie de croire que le mec que je viens de rencontrer est fait pour moi ? Si j’ai envie de croire qu’en me bougeant comme il faut, je vais avoir une promotion ? Franchement qui ça dérange ? Je ne dis pas qu’il faut vivre en dehors des réalité, dépenser le double de son salaire parce que la vie est belle, ce n’est PAS une bonne idée. Je dis juste qu’il faut arrêter de bouder son plaisir. J’ai rencontré un mec qui me donne des papillons au ventre ? Je savoure au lieu de me dire que je ne dois pas m’emballer, que ça peut foirer, blablabla. Si ça ne dure pas, je vais regretter de ne pas avoir profité à fond, en plus. J’ai envie de voir les choses en grand, d’être optimiste, limite naïve, et alors ? Si je tombe et que je me fais mal, c’est la vie. Je peux me faire mal aussi sans rien faire et me trouver nulle de végéter. Puis toujours envisager le pire, ça aigrit. Je préfère croire qu’il y a une espèce de justice en ce bas monde et que si je fais les choses biens, ça se paiera forcément un jour ou l’autre. Et si ce n’est pas le cas ? Peu importe, ce qui compte, c’est l’enthousiasme qui est le mien quand je fais la chose. Arrêtons de bouder notre plaisir. Sinon, à ce tarif là, on ne fera plus rien au prétexte que la vie est une chienne.

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Douce réminiscence lycéenne

Par Bastien
 

Quand Einstein expliquait la relativité du temps en prenant l’exemple d’un même temps passé avec un précepteur et une belle blonde il ne pouvait pas viser plus juste. Il y a des
jours qui paraissent véritablement interminables, heures après heures on n’attend que le soir pour pouvoir aller se coucher. Des jours où on a le moral en berne, le sourire en bandouillère et le couillomètre à zéro. Mais voyez vous, ma chance c’est d’échapper à ces jours.

Putain de semaine ! A la base je suis expatrié à près de 500km de chez moi, donc forcément, ayant une mère poule, quand je rentre a la maison après 5 mois d’absence je suis un peu le Roi. Mais la n’est pas le plus grandiose. C’est fou comme en 5 mois on peut manquer à ses plans culs. Madame L, elle n’a pas coïté un seul autre mec durant mon absence, d’où un appétit plutôt féroce !  Madame T qui ne s’est toujours pas fait déprépubériser l’hymen (pas un plan cul elle, on s’est toujours tenu a un collegian touche pissou). Madame A, maquée, qui refuse même l’idée de me voir de peur de « faire une connerie », quelle conne. Madame E qui m’a envoyé des messages salaces ces 3 dernières semaines, préparant mon retour. Et madame Ti, ma préférée..

Alors Miss Ti n’est pas vraiment un plan cul. Disons plutôt que c’est un fantasme. Un grand fantasme. Des litres de foutre ont du être déversés sur son petit visage dans les imaginaires des boutonneux de mon ancien bahut. Des jambes longues et parfaites, un cul a faire se redresser un bénédictin, une courbe qui ferait rêver Ayrton Senna, des petits seins juste au
dessus de deux petites côtes saillantes, un sourire angevin et des yeux…mais d’un vert…argh !

Mon grand malheur étant de ne l’avoir encore jamais coïté. A vrai dire je l’avais même plutôt perdue de vue ces derniers temps. Et par « ces derniers temps » j’entends « ces 3
dernières années ». Mais un beau matin brumeux de janvier, quand la fraîche rosée faisait briller l’herbe et les fleurs de tout leur éclat (si c’est pas de la chouette littérature ça) la miss
décida de m’envoyer un message pour le moins affluxsanguinisant. En gros, après traduction ce message disait « pourquoi tu ne m’as pas labouré quand on était en term ? Mais rassure toi il n’est jamais trop tard » avec tous les gouzi gouza d’usage. Ni une ni deux, je me fait prescrire une paire de testicules et je pars à la chasse au fantasme ! Résultat elle est passée hier soir chez moi. Bordel, ça devait bien faire un an que je n’avais pas eu la volonté d’être un bon coup, ça fait quand même du bien a la virilité quand la miss hurle a t’en boucher les trompes d’Eustache.

Etre le fantasme de lycéenne de son fantasme de lycéen.. Elle n’est pas belle la vie ?

Bon, la veille, fallait préparer la venue en grande pompe de madame Ti, s’agissait de ne pas effrayer le gibier. Déjà on change les draps, la faire tremper dans la mouille d’une
autre c’est pas sport. On met bien en évidence la guitare, on vire les CDs genre Svinkels ou Suicidal Tendencies et on place des trucs plus soft a la UB40 ou a la Dylan, on aère la chambre parce que l’odeur de clope c’est pas franchement libidinant, on fait un brin de rangement, bref, on prépare le terrain.

 

Tout cela n’a servi stricto a nada ! A peine elle avait posé un pied chez moi qu’on coïtait déjà. Une méduse hémiplégique aurait pu se balader au dessus de nos têtes qu’on ne
l’aurait pas remarquée. Et quelle nuit mes amis ! On a tout fait, le sirtaki a la milanaise, on a remis le couvert version Bangkok, elle m’a même montré Ankara ! Si je vous disais combien de culbutes nous avons réalisés en une nuit vous en seriez tous jaloux. Mais merde, 3 ans de désir a remettre en une nuit ça se comprend que ma libido soit restée droite comme un I !

Voltaire a dit « J’ai décidé d’être heureux car c’est bon pour la santé ». Et il avait bien raison, vive le coït !

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Be corporate, be drunk

Hier soir, nous avons eu droit au grand raout annuel de la boîte pour Noël. Champagne et petits fours au menu. Et comme toujours dans ce genre de soirée, c’est surtout beaucoup de champagne épongés par 3 petits fours et demi. En gros, on finit tous morts saouls, certains se mélangeant même un peu à d’autres. Mais pas moi, hein, je précise, l’alcool me rend autiste.



Donc hier soir, fiesta, on s’amuse, on rigole. A un moment, quand il est l’heure de commencer à danser, Philippe m’entoure l’épaule avec son bras et me fait :
« c’est dans ces moments là que tu te dis que tu l’aimes ta boîte ! ». Et le pire, c’est que c’est vrai. Au milieu de l’euphorie alcoolisée, tu te dis qu’ils sont vraiment supers
tes collègues et que t’as de la chance de bosser avec des gens aussi sympas et que la vie est belle. Bon, évidemment, le lendemain, tu n’es pas au top de ton rendement mais à côté de ça, tu as approfondi tes rapports avec tes collègues (sans sous entendu) et tu n’as pas envie de quitter la boîte, même si tu trouves que tu mérites un salaire plus élevé.


Certains considèrent ce genre d’happening comme futiles mais je crois qu’on sous estime le pouvoir de la fête dans le sentiment d’appartenance à une boîte. On passe entre 8 et 10h par jour avec des personnes à se parler projets, travail, et le connard du service d’à côté qui fait pas son travail, et ça qui marche pas, et les réunions… Donc de temps en temps, ça fait aussi du bien de se voir dans un cadre plus détendu et de ne pas parler boulot, juste boire un verre, rire et s’assurer que les autres sont plus bourrés que vous, histoire que tout le monde oublie.


Evidemment, même si le cadre est festif et les gens globalement saouls, il est important de ne pas trop faire de conneries non plus. S’il est admis qu’on soit un peu trouble, qu’on danse comme si on allait mourir demain, qu’on se donne de gentilles accolades car l’alcool rend affectueux ou qu’on oublie que danser avec une coupe de champagne arrose les voisins, il n’est pas super conseillé de faire un coma éthylique, de tomber tant que le big boss est encore dans la pièce (sauf si le sol est glissant mais il faut arriver à dire « oh, c’est une vraie patinoire ici » de façon claire et sans fautes), de rouler des pelles à des gens, surtout quand votre légitime vous attend gentiment à la maison, de s’envoyer en l’air dans les toilettes. Et danser à moitié nue sur la table n’est pas très conseillé, pas plus que de ne pas boire du tout et tenir la jambe à big boss toute la soirée pour lui expliquer que là, quand même, si on mettait plus de moyen sur tel projet, alors… Si on peut sortir avec un collègue de boulot, pour vivre heureux, vivez cachés, pas de chopage apparent, j’insiste.


Mais quand même, ce genre de soirées donne le peps et l’envie de travailler ensemble (sauf si vous avez chopé la cible de votre collègue pendant ladite soirée) et une appréciation plus élevée de votre entreprise. Même si la réalité reprend très vite le dessus. D’ailleurs, j’y vais parce que malgré le mal de tête persistant, j’ai du boulot.

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1000

Lecteur, lectrice,
 

Alors que je me creusais violemment la tête pour te pondre un article du dimanche, j’ai vu un truc dans mes stats : cet article que tu lis, là, est le 1000e de ce
blog. A y penser, je trouve ça énorme. Ça ne fait pas mille jours que ce blog existe puisque certains jours, il y eut deux articles (dont un à titre informatif en général), chaque arrivée de
vingtenaire engendrant deux articles : le questionnaire à la Proust et le premier article. Bref, là, on en est à 1000. Je fais un bilan ?

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Décembre, c’est le mois des bilans, bien sûr, mais là, on est que le 9 décembre et c’est encore un peu tôt. Bilan de blog ? Ça tombe bien, je me pose des questions sur lui ces
derniers temps. Non, je me demande pas si je vais l’arrêter, c’est pas la question mais je constate que ces derniers temps, il manque de fun et de légèreté. J’en parlais avec un pote vendredi soir, il me demandait si mon blog existait toujours et je lui répondais que oui mais qu’il était pas très drôle en ce moment. Il me répondit (oui, j’use du passé simple pour faire genre récit passionnant) : « normal, la France est pas fun en ce moment ». Oui, c’est vrai et chacun peut trouver diverses raisons. En tant que bonne fille de gauche, je peux dire que c’est la faute à Sarko car depuis qu’il est au pouvoir, les Français sont très divisés. Puis il y a eu les grèves, la hausse des prix et qui ne va pas s’arrêter, des mesures hallucinantes pour privilégier le pouvoir d’achat du président, des 35 kg d’Ingrid Bétancourt. Même la Star Academy est chiante cette année, paraît-il. Bon, moi, j’ai toujours trouvé ça chiant mais cette année, tout le monde le dit, pas que moi. Mais bon, comme je disais l’autre jour, je crois qu’on est un peu tous responsable de la morosité ambiante vu qu’on prend tous bien le temps de se cracher à la figure, de se mépriser, voire de s’insulter. C’est dur de faire abstraction de tout ça et de faire un blog Bisounours, surtout pour un blog qui a un fond générationnel. Je suis pas une porte-parole mais je parle de la vie de vingtenaires des années 2000 et ces vingtenaires des années 2000, ils vivent en France où l’ambiance est irrespirable. Mais y a pas que chez nous, y a d’autres pays où c’est pas rose. Même des pays où c’est carrément noir.

 

Bref, je me demande comment rendre ce blog plus léger. Je sais bien que vous venez pas ici pour avoir mon analyse de l’actualité. L’actualité, vous la lisez dans les journaux, ici,
vous voulez changer d’air. C’est un peu comme bar à oxygène, on veut son shoot d’air pur. Alors voilà, moi, j’ai envie de vous faire sourire mais de l’autre, je ne peux pas fermer les yeux sur tout et faire comme si la vie en général est belle, même si la mienne ne me procure pas vraiment de soucis en ce moment. A part la conduite de certains mecs. Par exemple, ce soir, alors que je ne demandais rien à personne, un type que j’ai viré de mon MSN me demande son préambule mon numéro de téléphone ainsi : « file ton tel, grouille. Je veux pas d’embrouilles, je suis chaud ». Forcément, je lui ai dit qu’il pourrait commencer à me parler autrement et me traite plus ou moins de pute. Je lui réponds d’appeler un numéro payant où des hôtesses lui rendront service et là, je me prends un « je veux pas un service payant, je veux une Nina mais comme tout service au rabais, y a pas toutes les options ». Je précise que je n’ai même jamais rencontré ce mec. Je précise aussi que je l’ai bloqué juste après. Heureusement, Enzo qui a pu lire cette conversation en temps réel grâce à mes copier/coller m’a fait remarquer que tous les mecs n’étaient pas comme ça. Bon, voilà, vous avouerez que comme « problème », on a connu plus grave. Ouais, je peux dire qu’en ce moment, je suis heureuse, bien dans mes baskets et dans mon taf (même que j’ai mon adresse mail maintenant) alors pourquoi faut-il que je parle de ces sujets lourds et pas drôles.

Du coup, je me creuse pour trouver des sujets légers. J’ai pas mal de sujets sex en tête mais c’est vrai que j’ai un peu lâché ce business, j’ai parfois peur de tomber dans le
racoleur. C’est marrant, quand on voit l’évolution de ces 1000 articles (qui ne sont pas tous de moi, c’est vrai), je suis passée d’une narration décomplexée de ma sexualité à une volonté de garder un jardin intime. Parce que certes, je me sens aujourd’hui totalement femme et bien dans mon string et ma sexualité. Mais c’est vrai que j’en viens à ne presque plus parler de moi en dehors des listes. Il faut aussi avouer que ma vie est totalement peinarde en ce moment et que je n’ai envie de rien faire pour changer ça parce que je kiffe ma vie de mémé. Comme il fait nuit dès 17h, moi, j’ai pas envie de sortir alors forcément,en dehors du boulot, point de potin. Et comme je dois garder certaines choses du boulot confidentielles, ben je n’ai plus rien à raconter sur moi. Et quand je sors ou couche avec un mec que j’aime bien, je ne veux plus trop en parler ici, soit parce qu’il connaît le blog et que je veux pas parler de lui sans son autorisation. Soit parce qu’il ne connaît pas le blog et que je ne trouve pas correct de trop en dire sur lui, même si je suis élogieuse. Oui, avant, je le faisais mais avant, j’avais à peine une à plusieurs centaines de lecteurs. Et puis je vous le dis, en ce moment, je suis sage (même si là, de suite, je serais pas contre un massage parce que j’ai mal au dos).

Bref, c’est sans doute pas clair mais ce que je veux dire dans tout ce charabia, c’est que j’ai envie de redonner une certaine légèreté à ce blog. Pour vous et puis pour moi,
aussi. Ouais, j’aime mieux écrire des articles légers comme une plume où je sors des débilités et jeux de mots foireux que ceux où je me foule le neurone dans une argumentation, contre argumentation. Allez, promis, ça va pétiller comme la badoit citron que je suis en train de boire ! Ma vie est vraiment trop folle…

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Loyauté vs opportunisme

Fin de la série « hé, j’ai démissionné ! » Mais pour une fois que j’ai quelque chose à dire hein… Aujourd’hui, j’aborde donc le chapitre loyauté contre opportunisme car moi qui me croyais loyale, je me suis découverte plus opportuniste, finalement. Mais je crois que c’est normal.

Revenons à ce matin du mois d’août où j’ai reçu le mail de Simon me proposant un entretien chez TGGP. Sur le coup, je reste estomaquée et indécise. Dois-je accepter ou refuser ? Rappelons un peu les faits tels que je les ai vus au moment M :

– ma boîte actuelle m’a littéralement sauvée du chômage, pour moi, elle m’a donné ma chance et depuis, ma vie est quand même drôlement plus belle.

– c’est quand même TGGP

– oui mais c’est justement grâce à ma boite que j’ai été contacté, ça fait que 6 mois que je suis là, ce n’est pas très honnête de partir si vite

– c’est TGGP. Souviens-toi, Ninouscka, le journalisme tout ça. TGGP situé en face de l’entreprise de DRH choupinou, ces 3 semaines idylliques de 2006. Puis, allez, zou, un entretien, ça n’engage à rien, tu dis oui ! »

 Donc j’allais au premier entretiens « pour voir » mais forcément, quand Simon me parle du poste, de TMF, des possibles avantages sociaux… Là, je ne peux plus arrêter le processus, je veux le job. Je me pare pour l’entretien suivant, je pense l’avoir raté et j’ai le cafard. Tout le monde me dit que c’est pas grave, que j’ai déjà un taf donc quoi qu’il arrive, si j’ai pas celui là, c’est pas grave. Moi, je suis tiraillée : d’un côté, ne pas avoir ce taf, c’est la solution de facilité : pas de démission, de paperasse, quitter ma boîte et mes collègues que j’aime bien. De l’autre, j’ai devant moi une sublime porte et j’ai envie qu’elle s’ouvre. Parce qu’une fois chez TGGP, je me rapproche du journalisme encore plus. Et surtout, je n’aurai plus à subir des bloggeurs crétins. D’ailleurs, heureusement que j’ai démissionné car ces abrutis atteignent des sommets en ce moment, j’en suis impressionnée. Mais je raconterai ça une autre fois… ou pas.

Mais c’est vrai que sur le coup, je me suis pas sentie honnête, honnête. Il y a 6 mois, on m’a dit que je me casserais si vite, jamais je ne l’aurais cru, surtout que j’ai refusé un CDI à peine un mois après avoir commencé (certes en région toulousaine et je ne veux plus redescendre). D’un autre côté, j’imaginais pas d’être débauchée, surtout pas TGGP. Dans mon plan de
vie prévisionnel, je comptais y rester 2 ans là où j’étais. Pas plus mais pas moins quand même. C’est vrai que je dois beaucoup à cette entreprise rapport à mon trajet de vie, mon premier CDI, la fin du chômage. Puis j’ai un peu peur de pas retrouver la même ambiance. Je sais que je ne serai pas la seule fille (j’en ai vu plein, au moins 3 !), je serai plus la petite princesse merdeuse, bouh ! J’avoue que ça me fait un tout petit peu peur mais d’un autre côté, faut savoir saisir les chances qu’on nous donne. Si j’avais dit non aujourd’hui, qui me dit que j’aurais
eu une si belle occasion dans un an et demi quand j’aurais décidé de changer de boîte ? J’ai certes tendance à m’emballer mais là, c’est du concret, sur le papier, je ne pouvais rêver mieux. Je ne pouvais pas dire non, impossible. Alors oui, je me suis engagée quelque part et c’est mal mais en fait non. Dans le professionnel, je crois qu’il n’y a pas de place pour le sentimentalisme.
L’esprit d’entreprise, je l’ai, j’ai préféré faire un aller-retour express dans le sud un week-end pour une fête de famille sans prendre un jour de congé pour pas mettre mes collègues dans la panade. J’ai toujours fait mon travail très consciencieusement, sympathisé avec mes collègues. Ouais, ça, je l’ai fait. Mais mon affection pour cet entourage professionnel ne devait pas devenir un frein pour ma carrière. Je suis jeune, j’ai pas de responsabilités genre un prêt à rembourser ou un gosse à élever, c’est maintenant que je dois grimper les échelons, avant de m’encroûter. Dieu seul sait où je serai dans un an et demi, dans quel état sera ma vie. Peut-être que si j’avais dit non par loyauté, plus tard, je n’aurais pas bougé par encroûtement. La stabilité offre une confort et une sécurité rassurante. Sauf que je suis quelqu’un d’ambitieux et je veux pas me réveiller dans 5 ans rongée par le remord pour n’avoir pas su prendre une porte qui s’ouvrait.

Bref, je me suis découverte plus opportuniste que loyale mais finalement, dans ma boîte, tout le monde a compris mon choix, y compris ma boss qui était contente pour moi. Finalement, cette histoire de démission, elle finit plutôt bien !

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J’’ai honte

Hier soir, j’ai pris une petite leçon de vie qui m’a bien refoutue à ma place. J’appelle ma mère pour discuter un peu et la rassurer sur mon état de santé et tout ça (et lui faire savoir que non, chuis pas morte). Après m’avoir donné un bulletin de santé de ma brave Kenya qui a élu domicile chez le voisin trentenaire (celle-là, dès qu’il y a un mec dans le coin, faut qu’elle aille le coller !), elle me raconte un peu la vie de certaines personnes, et c’est pas gai.

Première histoire : l’ex de Yohann, mon presque-frère, qu’elle a croisé avant-hier. Jeune fille belle comme le jour et adorable, intelligente et tout ça mais qui a vraiment une vie de merde. Son père est mort il y a deux ans d’un cancer, sa mère est décédée six mois plus tard d’un accident de la route puis son mec vient de perdre son père à son tour donc il a quitté la demoiselle. Du coup, elle a décidé de partir, de quitter la France et elle a un gros sentiment d’injustice, on comprend pourquoi…

Deuxième histoire : un couple, fraîchement trentenaire, s’apprête à avoir son premier enfant. Lors de l’accouchement, la mère fait une grave attaque cérébrale. Depuis, elle est tétraplégique, elle ne bouge plus que la tête mais comprend parfaitement ce qu’il se passe puisqu’elle reconnaît son bébé et fait de graves crises de nerfs. Quant au bébé, il est lourdement handicapé.

 

Quand vous entendez ça (et c’est véridique !), deux pensées vous traversent l’esprit :

– pourquoi le sort s’acharne comme ça sur les mêmes personnes ? Et accessoirement comment on arrive à continuer à vivre malgré tout ?

– je devrais avoir honte de chouiner sur mes petits soucis.
 

Analysons rapidement ma vie pour voir où on en est. Boulot : ok, un stage, c’est pas un CDI mais c’est ach’ment mieux que le chômage et puis ça me plaît donc pas de soucis majeurs. Evidemment, je pourrais râler sur le salaire (oui, en stage, on gagne pas le smic), sur le fait que je bosse chez moi et qu’il y a des jours, j’aimerais avoir une vraie vie sociale mais vraiment, c’est de l’anecdotique. Vie amicale : Lucie vient de partir mais elle n’est pas morte et grâce aux moyens à notre disposition, je mettrai pas 11 mois à avoir de ses nouvelles. Vie familiale : R.A.S. Vie amoureuse : oui ben j’ai souffert ces derniers mois, beaucoup pleuré mais il n’est pas mort et moi non plus. Et si je me sens pas prête à retomber amoureuse pour le moment, ça n’empêche pas la tendresse et l’affection avec de beaux jeunes hommes. Bref, globalement, ma vie n’est pas parfaite mais quelle vie l’est, de toute façon ? Ma période de lose n’est plus qu’un mauvais souvenir, mine de rien, j’ai arrêté de guetter la prochaine catastrophe. Et c’est très reposant.

Bref, quand on voit comment c’est ailleurs, nos propres problèmes sont relativisés. On a tous nos petits soucis, c’est humain. Des fois, on se noie dans un verre d’eau, on considère un petit souci comme un énorme problème alors que si on le regarde posément, il n’y a rien d’ingérable. Le chômage, c’est chiant mais ça ne durera pas toute la vie, j’ai bien réussi à m’en sortir, pour le moment. Et sans que je force les portes des rédactions en plus. L’amour, ça reviendra quand ce sera le moment. A écouter mes exs et mes futurs, je suis un fille fantastique. Hé oui, même mes exs, ils disent du bien de moi, c’est que je dois vraiment être terrible. Je n’ai jamais eu de soucis de santé majeurs, j’ai une famille solide… Ben, voilà, je regarde les cartes que j’ai en main et finalement, j’ai un bon jeu (ça change, j’ai jamais de chance au jeu, je ramasse toujours les pires cartes !). Mais plutôt que de me focaliser sur ces pécatilles, je devrais savourer ma chance, mon immense chance d’être celle que je suis avec ce que je possède (matériellement ou spirituellement), ceux qui m’entourent…

Hier soir, en raccrochant, j’avais le moral à la baisse, tout comme ma mère qui doit soigner cette maman tétraplégique. Puis j’ai eu honte, j’ai eu vraiment honte. Comment puis-je oser me plaindre ? J’avais tellement de peine pour ces gens-là qui souffrent réellement, qui sont brisées à 20 ou 30 ans… Moi, à 26 ans, je n’ai finalement rien vécu de réellement dramatique. Evidemment, j’ai perdu des êtres chers mais j’ai encore mes deux parents et ma sœur, je n’ai jamais perdu un ami. Je n’ai jamais eu de graves maladies ni d’immenses pépins.

Bref, hier soir, j’ai compris que ma vie était belle. Maintenant, quand je baisserai les bras face à une petite colline, je penserai à la montagne que d’autres doivent gravir. Et je suis sûre que ça ira de suite mieux.

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La fin de mon rêve d’’adolescence

Comme en ce moment, je ne suis pas la personne la plus joyeuse au monde, remontons un peu le niveau avec un article de type « gros n’importe quoi ». Alors, aujourd’hui, lecteur, je vais te parler de mon fantasme d’adolescence : Jacques Villeneuve (mais pas que de lui, reste !).

villeneuve_jacques

Ado, j’étais pas trop boysband. Déjà, à l’époque, je préférais les mecs bourrés de charme que des mecs plastiquement beaux mais qui dégagent autant que les mannequins en plastique dans les magasins. Déjà, à l’époque, je craque sur les lunetteux au sourire craquant et à la bonne bouille et s’ils ont omis de se raser, c’est parfait. Tiens, c’est marrant comme mes goûts n’ont pas tellement évolués, finalement. Bref. Ado, comme toutes les jeunes filles, je craquais sur des célébrités. Bon, j’étais pas névrosée à me dire : « oui, sûr qu’un jour, on se rencontrera et on s’aimera », faut pas pousser non plus. Donc mes fantasmes, pour ceux dont je me souviens : Johnny Depp, David Duchovny, George Clooney, Dean Cain (mais si, Superman avec Loïs Lane qui joue maintenant dans desesperate housewives mais quand il a ses lunettes. En superman, il est ridicule), Nick de Hartley cœur à vif (me demandez pas son vrai nom), Rock Voisine (oui bon, ça va !) et Jacques Villeneuve. Parce qu’il a des beaux yeux bleus, des lunettes, un sourire à craquer, qu’il oublie de se raser et qu’en plus, il est Canadien. Oui, déjà, à l’époque, j’étais une obsédée du Canada. Donc voilà. Et, ô drame, jeudi, en lisant mon site de F1 préféré (www.f1-live.com/fr/ pour ceux que ça intéresse), j’ai appris qu’il s’était marié. Et qu’en plus, sa nouvelle femme est déjà enceinte de lui. Damned ! Cet enfoiré m’a même pas attendue.

 

En vérité, je m’en fous. Mais ça me rappelle comme j’étais midinette à une époque. Je récupérais tous les articles sur lui, les photos que je pouvais trouver et j’avais tout mis dans un classeur. J’étais une fan très appliquée, je récupérais l’Equipe de mon papa le soir, j’achetais les magazines F1. Le seul qui manquait à ma collection que j’ai pas osé acheter à l’époque, c’était un playboy où notre ami Jacques avait fait une super opération de comm’ en posant (habillé) avec une playmate. Hé oui, femmes à poil et grosses cylindrées, ça va de pair, on le sait bien. Je me souviens même d’une fois où mon père était en voyage donc, le soir, en rentrant de l’école, pas l’Equipe, on a couru toute ma ville pour trouver un marchand de journaux qui avait encore des exemplaires disponibles.

 

Il y a une anecdote particulière, aussi. En 1999, quelques pilotes viennent faire des essais privés sur le circuit de Nogaro dans le Gers, à deux heures de chez moi en voiture. Les pilotes : Rubens Barrichello, Johnny Herbert, Pedro Diniz, Mika Salo et… Jacques Villeneuve. Donc je supplie mes parents d’y passer une journée. Au début, ma mère ne veut pas : j’ai le permis depuis moins d’un an et je conduis peu, surtout en ville, je n’ai pas de voiture à moi alors forcément… Du coup, au début, ma mère refuse : deux heures de conduite sur des routes départementales de merde, hors de question. Là, je lui sors un truc ignoble (oui, j’avoue, j’aurais mérité des baffes là) : « si tu m’empêches d’y aller, je t’en voudrais toute ma vie ! ». Du coup, elle me laisse la voiture. La veille, je fais mon plan de route (oui, je connais pas DU TOUT le Gers). Le matin, je me lève aux petites heures, je prends mes cassettes audio et c’est parti. Pendant deux heures, je roule comme une débile, excitée comme une puce, je chante avec joie dans la voiture, la vie est belle. Arrivée sur le circuit, c’est noir de monde, je me gare puis j’appelle mon papa pour lui dire que je suis arrivée sans encombre à la cabine téléphonique, n’ayant pas de portable à l’époque. Je monte sur les gradins et là, qui passe juste sous mon nez dans sa monoplace qui fait un bruit d’enfer ? Notre ami Jacques. Je suis aux anges. J’ai un petit appareil photo jetable et je mitraille comme une folle. A midi, les pilotes s’arrêtent pour manger donc je grignote les fruits que j’ai amenés puis je traîne au niveau du passage qui permet d’accéder aux stages, j’essaie de faire du charme au mec qui fait la sécurité qui me dit gentiment que je suis certes très charmante mais que je passerai pas quand même. Du coup, j’entame la conversation avec des gens qui sont là. Les essais recommencent, je passe l’après-midi avec deux mecs qui suivaient les essais aussi. A la fin des essais, mes nouveaux amis et moi attendons à la sortie des stands mais personne ne sort. Par contre, y a la copine de Pedro Diniz qui arrive et qui met la main devant son visage genre on va la prendre en photo. Déjà, Diniz, c’est une trop super star alors imaginez sa copine… Mais le temps passe et je dois déjà repartir donc je file mon appareil photo jetable à un des gars avec mon adresse avec ordre de prendre des photos du Jacques et de me renvoyer l’objet. Ben un mois plus tard, j’ai reçu l’appareil qui contenait deux photos de notre pilote préféré. Autre anecdote marrante avec la F1 : un copain très amoureux de moi au lycée se tapait les tous les GP le dimanche pour venir m’en parler le lundi. Même que plus tard, il a animé une émission sur le sujet dans une petite radio locale. Et il m’a dit : « ça, c’est à toi que je le dois. Sans toi, je me serais jamais intéressée à la F1 ». Quand je vous dis que je suis une fille fantastique.

 

En grandissant, ma « passion » pour notre ami Jacques s’est considérablement calmée, j’ai trouvé de nouveaux candidats pour mes fantasmes : Brad Pitt (beaucoup mieux avec ses pattes d’oie, y a pas à dire), Michael Weatherly, le mec qui joue Quentin dans Nip/Tuck, Julian McMahon, Sawyer dans Lost, le docteur Doriand dans Scrubs (qu’il est choupinou !)… Bon, la liste évolue selon les jours. C’est gratuit, c’est juste pour le plaisir des yeux. Une fois la télé éteinte, on n’y pense plus. C’est juste que c’est marrant.

 

Alors, Jacques, je ne t’en veux pas. Je te souhaite même plein de bonheur avec ta femme et votre futur bébé, donc. Bon, si tu avais eu l’occasion de me rencontrer, c’est moi que tu aurais épousé mais la vie en a voulu ainsi. C’est pas grave, dans ma liste de fantasmes, y en a plein d’officiellement célibataires !

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