D’un Fiasco, souvenir d’une jeune fille au XXIe siècle

Par Marine

Chers lecteurs, vous ne me connaissez pas. C’est mon premier article ici, et tout porte à croire qu’il n’y en ait pas d’autre. Mais connaissant bien Nina, je me suis permise de participer épisodiquement à l’aventure des Vingtenaires pour réfléchir à une histoire qui me tracasse quelque peu. Et comme Nina est sympa (évidemment, me direz-vous, sinon, vous passeriez pas votre temps à nerder ici, soyez logiques, un peu), comme elle est sympa, donc, elle m’a donné une tribune sur ces pages.


Chers lecteurs, je veux vous parler d’un genre de fiasco sentimental. Pas comme celui de Stendhal (lui parle de l’impuissance). Non, un fiasco plutôt féminin. Celui du « je coucherai pas » dont on est victime quand on est jeune. Celui qu’on finit toujours par regretter, un jour où l’autre. Nan, pas celui qu’on comprend trop bien. L’homme qui a une haleine de fennec, on couche pas avec, mais aucun problème ontologique par rapport à ça. L’homme qui a autant de sex appeal qu’un combiné four-micro-ondes, on n’en veut pas non plus. Et ma foi, ça se comprend. Mais des fois, ça arrive, l’homme est attirant. Et drôle. Et spirituel. Et certainement un bon coup. Et il est attiré par nous. Mais … rien. POURQUOI???
Grande question devant l’Eternel.

Chers lecteurs, permettez-moi une mise en situation brève et succincte (oui ça s’écrit comme ça, si vous me croyez pas, vérifiez dans le dictionnaire). Samedi dernier. Je vois mon amie Agathe. On se connait depuis 5 ans environ. Même si on n’est pas les plus proches du monde, on a quand même facilement tendance à tout se raconter. Surtout les ragots de notre école. Quitte à être entre filles dans un bar, autant puter à mort… Mon dieu, c’est tout naturel. Elle me raconte l’histoire sentimentale d’une fille de notre école avec un pote de pote (rhaaaa les histoires d’école, surtout en milieu parisien, que de bonheur….) Et au fil de son récit, elle s’arrête. Pour se rendre compte que l’homme dont il est question, et qui a eu une histoire de quelques mois avec cette fille (que nous nommerons Lucie par souci de clarté), cet homme (que nous nommerons Antonin par souci de clarté) est un « ex » à moi. Notez les guillemets, ils sont importants.
Alors Antonin, qui est-ce? Un pote de pote, bien sûr, comme toujours… Mais pas n’importe quel pote et pas n’importe quelle pote. Lui, c’est le meilleur ami de celui que ma plus proche amie d’école fréquente alors. Et pour ces raisons, on s’est retrouvés souvent dans une situation de type A parle avec B, B drague A, A et B sont en phase pré-coïtale,donc C n’a qu’à échanger vannes et blagues avec D, ce serait quand même plus convivial après tout. D, c’est-à-dire Antonin est naturellement convié à l’anniversaire de C, c’est-à-dire Marine, votre aimable narratrice. Par un enchaînement de circonstances que je ne saurais retracer ici (mort à la téquila paf), Antonin se retrouve à dormir dans le lit de Marine. Dormir, oui. Marine se couche elle aussi. Dans le même lit. Une place. Bon, ben ce qui devait arriver arrive; mais pas exactement, c’est-à-dire qu’on sort ensemble, il y a mélange salivaire, échange de fluide, mais guère de fornication. Mon explication perso a posteriori, c’est que j’étais trop bourrée. Mouais. Quelques jours après, j’apprends qu’en fait il a une copine. Depuis longtemps en plus, le bougre. Je suis piquée au vif, vexée, et pour passer outre, je m’efforce d’oublier cette affaire et naturellement de tout nier en bloc. Quelques semaines plus tard, le même mâle testiculé et testostéroné a dû se souvenir que je dormais dans un matelas dunlopillo de qualité sommeil +++ puisqu’il y revient. Comme une fleur. Je suis couchée depuis au moins minuit (je sais, j’ai pas toujours été rock and roll), en pyjama pas sexy en boules quies (j’habite alors sur une avenue passante), et tout et tout. Arrive quelqu’un qui me pousse (dans mon lit nan mais je rêve!) et s’allonge à côté de moi, pour dormir qu’il disait. S’ensuit le même manège qu’à mon anniversaire, encore une fois, échange de fluides, etc. mais pas brouette. Sauf que pour mon debriefing perso, après, j’ai pas le prétexte du « j’étais trop bourrée », vu que je m’étais couchée sur une tisane et un bouquin. Rien. Nada. Niente. Et c’est pas faute d’avoir essayé de son côté. Mais j’ai tenu bon. J’ai pas cédé. Pas cédé? Bizarre, non? Ce gars m’attirait pourtant. Le même manège s’est reproduit une troisième fois. Une troisième fois, j’ai « tenu bon ». Tenu bon? Bizarre, non? Aujourd’hui, je me demande à quoi j’ai bien pu tenir bon, au final. Ce type m’attirait. Mon dieu qu’il était sexy, quand j’y repense. Une décharge d’hormones sur presque deux mètres.  Je me suis demandé si j’étais frigide. Si j’étais un mauvais coup. Si je craignais de n’être qu’un, pardonnez-moi l’expression, vide-couilles palliatif à une relation à distance. S’il était possible qu’on veuille de moi pour plus que pour une nuit. Je me suis demandé si j’étais trop complexée pour m’exposer à un jugement qui m’aurait fait peur. La vie d’école, c’est mauvais pour ça. Toutes les rumeurs circulent à une vitesse…

Eh bien chers lecteurs, une chose est certaine : aujourd’hui, en fait, je regreeeeeeeette! J’ai pas du tout le coeur brisé, que ce soit bien clair, et je le considère pas précisément comme un ex, mais bon… il reste très fantasmatique, ce jeune homme. Encore aujourd’hui, et je me demande pourquoi j’ai rien fait. Je me dis que ce jour là, j’aurais mieux fait d’avaler mon pyjama, mes draps, de m’attacher les mains pour pas le repousser, bref, je m’arrête là, vous avez saisi l’idée. Je sais pas si je dois en tirer une conclusion à la mord-moi-le-noeud et somme toute un peu banale du type « mieux vaut avoir des regrets que des remords » (ou l’inverse), je trouve ça un peu nul. Désolée pour ceux qui pensaient me donner ça comme conseil, hein. Mais en tous cas, j’en retire deux enseignements, après une longue réflexion (oui, bon, depuis 3 jours en fait).
La première. Si tu as la chance d’avoir sur ta route quelqu’un qui t’attire et que tu laisses passer cette chance, tant pis pour toi. En même temps c’est un risque le premier soir, on sait pas ce qu’on en tirera après, ce que ça nous apportera, ça se tient. Si la personne revient une deuxième fois, c’est une chance/un signe/pas anodin en tous cas. Mais si tu la laisses passer une deuxième fois alors que tu étais quand même attirée, là, tu peux considérer raisonnablement 1/ que tu as un problème, 2/que c’est mort de mort. Que c’est pas la peine de revenir la bouche en coeur 6 mois après en disant « ah, finalement oui ». La vie c’est pas comme le métro. Si tu rates ton arrêt, tu peux pas reprendre le trajet en sens inverse. Il faut aller de l’avant. Sans regarder en arrière si possible. N’empêche, mon Antonin, plusieurs fois, j’ai regretté d’avoir joué les prudes/frigides/neuneus. Mais bon, maintenant, Antonin, d’une, il est célibataire (groumpf), de deux, c’est Lucie qui a pris ma place (en plus je l’aimais pas, cette conne…). Bon, suite logique…

…le deuxième enseignement. Si tes actions t’étonnent toi-même, si tes réactions sont incohérentes avec ce qui se passe dans ta tête, commence à réfléchir sur ce qui influe en profondeur sur tes choix. J’y ai réfléchi, à mon refus répété à Antonin. Si je n’avais pas été immergée dans un milieu somme toute assez nécrosé, je crois que les choses eussent été bien différentes. Le fond de ce problème, ce n’est pas seulement la question regrets/remords, c’est pour ça que je l’élimine d’emblée (malgré les remords, j’ai pas plus agi en conséquence quand la situation s’est présentée à moi). Non. Le fond de ce problème, chers lecteurs, c’était ce qui m’entourait. J’avais cru y échapper, et je me suis laissée bouffer par les codes d’un milieu très particulier, et aux dires de beaucoup très malsain. Dans un milieu où les codes de comportement sont à ce point en porte-à-faux avec l’ensemble de la société, dans un milieu où vivre la nuit, errer le jour, être décadent, tromper sa moitié, jouer sur tous les tableaux sexuels est monnaie courante, quand on a une personnalité plutôt calme et réservée, on peut être facilement happé. Et quand je repense à Antonin, c’est tellement ce qui s’est passé. Je n’ai pas eu peur de lui mais de ce qu’il pourrait raconter sur nous, sur moi, du jugement qu’il aurait. Et ça m’a littéralement bloquée.

Alors je n’ai pas de morale pour cette histoire (mauvaise élève je suis), mais au moins le soulagement d’avoir pu la mettre en mots. Et deux enseignements, quand même, c’est pas si mal, je répète pour les deux pelés qui m’ont pas lue en entier : pas laisser passer trop de fois des occasions, c’est ça qui fait le larron, euh pardon, c’est pas la bonne phrase, non c’est surtout ce qui fait avancer / souvent certains échecs sont finalement imputables à notre malaise dans un milieu qui nous convient peu. Je ne suis pas familière avec cet univers des blogs dont Nina m’a pourtant beaucoup parlé, mais, chers lecteurs, j’étais curieuse de partager cette anecdote, voyons si elle vous fait réagir…

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« Non les braves gens n’’aiment pas que l’’on prenne une autre route qu’’eux… »

Par Tatiana

Il est 14h37 et le téléfilm sur la six est franchement nul donc je vais vous raconter ma vie une fois de plus. Thème du jour : le regard des autres, parce qu’en ce moment j’en fais un peu les frais et c’est pas très rigolo, voire très agaçant.

 

Alors voilà, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais lorsque l’on est dans une situation peu conventionnelle (dans n’importe quel domaine), bien souvent cela dérange le commun des mortels. Leur repères habituels sont perturbés, et les gens quand ils perdent leurs repères, ils aiment pas trop. Or, depuis quelques temps je suis moi-même dans une situation amoureuse peu conventionnelle, et donc je subis le jugement, conscient ou non, de mes amis les plus proches et des moins proches également.

 

Ca commence par un : alors quoi de neuf pour toi en ce moment ? Là, vous leur racontez la situation : « oui j’ai rencontré quelqu’un, ça se passe bien… mais… ». Oui, parce que quand vous êtes dans une situation non conventionnelle il y a forcément un « mais », vous devez préparer votre interlocuteur. Attention je vais dire quelque chose qui est susceptible de te choquer, prépare toi, assieds toi confortablement, prends une tisane… Vous annoncez la couleur et là, la voix de votre interlocuteur change. Il est en train d’essayer de comprendre, mais rien à faire c’est trop compliqué pour lui, ça dépasse son entendement. Mais comment est-ce possible ? Je ne comprend pas… (le 2e téléfilm de l’après-midi a commencé mais c’est toujours aussi nul). Après moult explications qui n’auront servies à rien vous laissez tomber, mais le plus dur reste à venir : la mise en garde. Oui parce que pour le commun des mortels tout ce qui n’est pas conventionnel est dangereux. C’est une théorie bien connue (si si je vous assure).

 
Donc la mise en garde passe par deux étapes :
 

– la première cherche à vous déstabiliser par rapport à vos croyances, remettre en cause vos propres opinions,

– la deuxième cherche à vous imposer un autre point de vue qui n’a rien à voir avec le vôtre bien sûr.

Alors imaginez l’enfer ! Forcément vous connaissez beaucoup de gens, et vous devrez subir ces deux étapes multipliées par le nombre de gens que vous connaissez, et à qui vous êtes susceptibles de parler de genre de choses. Là, certains d’entre vous vont me dire « ah oui mais non si c’est mes amis ils comprendront et ils accepteront ma situation. Si ça me convient ça leur conviendra forcément. » Et bien là je vous réponds NON. Et même un non catégorique car vos plus proches amis (et je sais de quoi je parle) feront cela sans s’en rendre compte, pour votre bien ; ils penseront qu’une situation qui n’est pas conventionnelle ne peut que vous faire souffrir, et donc pour vous protéger ils chercheront forcément à vous faire changer d’avis pour adopter le leur. Alors voilà, dans ce genre de situation, on a beau être assez grand pour savoir que l’opinion des autres n’est que l’opinion des autres et bien, déjà c’est très dérangeant de se sentir juger parce que des fois on a l’impression que les gens nous prennent pour des débiles (puisqu’il faut être débile pour faire ce genre de chose), et ensuite, ça perturbe parce que du coup on se dit « mais est-ce qu’ils n’ont pas raison ? », « est ce que je ne devrais pas moi non plus penser ça de cette situation ? », « pourquoi ai-je un avis différent sur la question ? ». Autant de questions qui ne servent à rien car finalement ce qui compte c’est ce que nous on ressent.
 

La morale de cette histoire, c’est qu’il faut accepter que certain ou certaines fassent des choses que vous ne feriez pas. Ne cherchez pas à les mettre en garde contre leur gré, surtout que bien souvent ils sont très conscients de ce qu’ils font. Soyez là pour les soutenir dans leurs choix et pas pour les retenir.

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