Un parfum de victoire sur fond d’attouchements

Dimanche dernier, la France a gagné la Coupe du Monde. Bravo les gars, bien joué. A la fin du match, la foule exulte, les gens ont besoin de partager ce moment. Moi, je n’aurais voulu y être pour rien au monde car je déteste la foule. Pourquoi ? Parce que chaleur+alcool = un nombre beaucoup trop élevé de connards au carré. Ceux qui profite de l’occase pour s’adonner à des attouchements sans trembler. Et le pire, le plus navrant, c’est que j’avais raison.


Finale de la Coupe du Monde 2018 à Paris, la France championneJ’en avais parlé lors de la finale de Coupe d’Europe, tous ces gros dégueus qui profitent de la foule pour se frotter aux femmes. Certains pourraient se gausser en mode « roh les puceaux dont la sexualité se limite à un contact furtif avec une femme à travers des vêtements ! ». Sauf que ce n’est pas drôle, vraiment pas. A chaque soirée alcoolisée, c’est la même merde. Même l’an dernier, à la soirée de ma boîte, un mec que je connaissais vaguement m’a plaquée contre un mur et s’est frotté. Devant nos collègues. Personne n’a réagi. Au fond, c’est pas grave, « c’est l’alcool, c’est la fête. ». Non, c’est juste que les mecs sont des porcs. Oui, zéro nuances, j’en ferai le jour où je pourrai sortir dans une foule sans me prendre une main au cul tous les 100 mètres avec rires gras en prime. Tu mets pas de main au cul ? Très bien. As-tu déjà empêché ton pote de le faire ou le pourrir publiquement quand il le fait ? Voilà.

Barney Stinson, séducteur problématique

On notera par exemple que dans les séries américaines, les séducteurs ne sont quasi jamais recadrés par leurs amis parce que bon « ils sont gentils », au fond (NON)


C’est fou quand même. Pour la demi-finale et finale, des hommes se sont exhibés, tous fiers de coller leurs couilles sous le nez de tous et toutes. Et ça me fout en rage. Pas le spectacle de la nudité, je m’en branle, sans mauvais jeu de mots. Mais vous, quand vous vous bourrez la gueule et vous désapez, il se passe rien. On vous célèbre même dans la presse. Les femmes qui se montrent un peu en festival ou dans les ferias (aka grimpent sur les épaules de leur mec), elle se fait choper les seins. Pas mal d’artistes féminines ont arrêté de se jeter dans la fosse pour éviter les doigtages sauvages. Non, je n’ai pas fait de faute de frappe. Les hommes n’ont d’ailleurs aucun mal à partager leur fantasme de plonger leurs doigts dans une chanteuse qui voulait juste faire la fête… Des porcs, je vous dis. A côté de ça, je n’ai pas vu de femmes poster en commentaire du M. Nu de la finale : Mmm, j’ai envie de prendre sa vite dans la bouche ou d’enfoncer mes doigts dans son cul. Curieux.

Homme nu coupe du monde de foot

Il est certes vrai que sous cet angle, son cul risquait d’être rapidement indisponible…


Il faut arrêter la tolérance. Il faut arrêter de célébrer cette photo d’une femme forcée par un homme :

Femme embrassée de force à Time Square, les attouchements dans une foule en liesse
Il faut cesser de nous toucher, de nous demander de pardonner votre copain, ivre d’alcool et de joie, qui a un peu perdu le  contrôle mais bon, il est pas méchant. Sauf que pour lui, cette soirée restera un excellent souvenir, la bière était fraîche, il se sentait séduisant, les filles étaient faciles. Vraiment ? C’est peut-être pas tant que les filles étaient faciles mais qu’au mieux, elles sont polies, elle feignaient de t’écouter docilement tout en cherchant du regard quelqu’un qui pourrait les sortir de là, au pire, tu les avais bloquées contre un mur et elles commençaient à salement paniquer. Vos belles soirées sont toujours nos soirées sympas “mais à un moment, y a eu un relou qui…”. Ca, c’est notre vie. A faire attention quand on sort, à repérer le mec “sympa mais un peu relou quand il a bu” pour ne pas se retrouver à proximité pour pas se retrouver avec un inconnu qui vous plaque contre un mur en se frottant… dans le meilleur des cas. On doit faire ce travail là car personne ne nous défendra, jamais. D’ailleurs, nous allons en reparler du mec gentil, là… Oui, j’en ai déjà parlé mais c’est loin d’être fini. Surtout que certains ne semblent pas comprendre qu’ils sont partie intégrante du problème.

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Faut-il réinventer la contestation ?

Un autre samedi de mai à déambuler dans les rues de Paris en scandant des slogans dans la joie et la bonne humeur mais toujours cette petite interrogation : on ne serait pas toujours un peu les mêmes à défiler ? Est-ce que la contestation classique est dépassée et il faut inventer une nouvelle façon d’exprimer une colère massive ?

Camion marée populaire

Le camion à suivre pour une ambiance au top

La semaine dernière, grosse catastrophe avec le drame Parcours Sup. Pour ceux qui n’auraient pas suivi, de nombreux lycéens, 350 000 le jour de la publication des premiers résultats, se sont retrouvés sans rien. A 15 jours du bac; on balance à la figure de 350 000 gamins que mêmes s’ils réussissent l’examen, ils se retrouveront peut-être désoeuvrés à la rentrée. Yayyyy… Alors je me suis prise à espérer. Que c’était le faux pas de trop, que la classe moyenne + allait être touchée, elle aussi, par ParcourSup, que ça allait grossir une nouvelle fois le mouvement de protestation déjà bien velu, que samedi, à la manif, la foule serait plus bigarrée que d’habitude, plus mixte. Eeeeeeet… pas trop. J’ai repéré certaines affiches vues lors du 05 mai, les mêmes organisations,  et je me suis demandée : est-ce que tout ça est bien inclusif ? Je veux dire : n’a-t-on pas tellement agité le chiffon rouge de la violence en manif pour faire fuir les gens qui ne sont guère habitués à tout ça ? Alors sur ce point, je vais réinsister : la manif que je vis en tant que manifestante n’a rien à voir avec ce que l’on voit dans les médias. Je n’apprends qu’en rentrant chez moi qu’il y a eu des violences, samedi encore… Du coup, moi, j’ai juste droit aux petits concerts live, pancartes rigolotes et punch à 1 euro. C’est un joyeux moment.

Manifestation du 26 mai

Mais peut-être que c’est l’ambiance “odeur de merguez avec l’Internationale en fond sonore” qui dérange. Contre ça, y a rien à dire, rien à faire. Mes parents (de droite) caricaturent toujours les manifestations en clamant le “tous ensemble, tous ensemble, hé hé !”. Et c’est là que je me demande : qu’est-ce qu’on peut proposer d’autre ? Je suis quelque part assez contente de me dire que la manifestation n’est pas la seule voie de contestation possible. Je pense même que la manifestation n’a pas vocation à changer les choses en soi, je crois plus dans les micro actions, dans les conversations en petits comités. Depuis que je milite (très modestement), la phrase que j’entends le plus est “de toute façon, ça ne sert à rien”. Normal, on nous apprend ça, on réécrit l’histoire pour nous faire croire à de jolies concordes plutôt qu’à la grève générale (remember le front populaire en 36), excepté la révolution française mais ça rentre bien dans l’histoire républicaine donc ok. C’est quand même assez étrange, quand on vit à une époque qui déborde de produits culturels à base de révolte (Hunger Games, Divergente, Mister Robot, La servante écarlate, la grande majorité des dystopies), de croire que tout est immuable. Alors oui, ok, dans ces dystopies là, on est loin d’être dans de riantes démocraties mais il y a quand même cette idée de poing levé pour dire non. Pourquoi on adore mater ces films ou séries là ou lire ce genre de livres mais qu’on est enfermés dans notre fatalité de citoyens ? Les signaux sont au rouge de façon assez flagrante mais on se laisse grignoter sans rien dire. La fameuse métaphore de la grenouille bouillie. Ou peut-être de la naïveté, on se dit que demain, ça ira mieux, que les autres vont se battre pour nous et que tout ira bien, que ce ne sera pas aussi grave que ce que veulent bien en dire les Cassandre gauchistes. Et en vérité, j’aimerais que ce soit le cas parce que j’ai peur de ma France de dans 4 ans

Manifestation marée populaire du 26 mai

J’adore cette photo, faut que j’arrive à en faire un dessin ou un truc du genre

Alors il est peut-être temps de remettre notre travail sur l’ouvrage, trouver d’autres moyens de contestation en dehors de nos petits cortèges. Je ne sais pas quoi précisément, j’y réfléchis beaucoup. Sans doute que dans mon prochain blog engagé, je pourrai faire quelques articles sur les contestations originales comme la révolution des parapluies, des choses comme ça. Sans doute finirai-je par trouver quelques idées à propager.  

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La fête, le corps des femmes et les frotteurs

Un dimanche soir de match de foot, programme : pizza poivron chorizo maison (très bonne si vous voulez savoir) et glande à la maison. Parce que je n’aime pas la foule : j’ai déjà stressé un max à Budapest lors de leur qualification à l’Euro avec les bouteilles de bière qui volent mais malheureusement, ce n’est pas le seul danger… Les frotteurs rôdent.

les frotteurs dans le métro

Mais pourquoi ils ont pris un homme Noir pour cette photo ??

La foule est effectivement toujours un grand moment de doute : ce frôlement sur mes fesses, là, c’est un accident ou un fait exprès ? Eviter les contacts est devenu un réflexe surtout que je ne suis pas vraiment aidée par mes attributs féminins proéminents : un peu de monde, des tas de coudes direct dans les seins. Bref, on est toujours potentiellement la proie de gestes déplacés, de tripotages “mais non, je tripote pas, c’est qu’il y a du monde mais c’est pas ma faute”. En cherchant dans les bas fonds du web, vous pouvez même trouver une communauté de “frotteurs”, des mecs qui s’excitent en se frottant aux femmes dans les transports. Charmant n’est-ce pas ? Alors quand une fête se profile, les frotteurs se préparent.

métro foule

J’exagère ? Et bien…

frotteurs-twitter

Voilà. Et on en revient toujours au même problème : la rue est toujours une menace pour la femme. En 2016. Et non, je suis désolée mais l’alcool et la fête n’est une excuse pour rien. Hier, toujours, en traînassant sur Facebook, j’ai vu la discussion lancée par une de mes amies sur les soirées dans les bars de l’Euro et c’est la fête du slip : les mecs se jettent au cou des femmes pour les peloter et embrasser… Femmes qu’ils ne connaissent pas. Mais allez, vas-y, c’est la fête, on est contents, ce n’est qu’un bisou. Heu… non. Mes lèvres, tout comme le reste de mon corps, a tout à fait le droit d’assister à un événement public sans qu’un homme décide d’y toucher pour exprimer sa joie. T’es content ? Ben va faire le tour du quartier en courant, tu vas voir, c’est fun !

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Parce que oui, la fête est toujours quelque chose de menaçant pour les femmes. D’abord parce que l’alcool. Je lisais l’autre jour un très bon article de Scaachi Koul, une Canadienne expliquant qu’elle ne pouvait pas aller au bar sans être guetté par les hommes qui surveillait son taux d’alcoolémie pour l’attaquer quand elle est le plus vulnérable. Et bordel, je ne connais pas une femme qui ne regrette pas légèrement un roulage de pelles ou une coucherie en se disant qu’elle aurait peut-être pas dû autant picoler et céder au monsieur. Ah et si vous n’allez pas lire l’article de Scaachi (ce qui serait dommage), elle donne un petit tip : si l’homme vous propose un verre, demandez-lui de vous payer quelque chose à manger plutôt, pour voir. En gros : veux-tu me payer quelque chose pour m’être agréable ou veux-tu me saouler encore plus ? Bref, filles un peu vulnérabilisées par l’alcool, mecs qui ne se rendent pas compte qu’ils outrepassent les limites (ou prétendent ne pas se rendre compte à cause de l’alcool), déjà, ça ne finit pas toujours bien. Le pire avec l’alcool ? Un mec bourré qui tripote, on va lui accorder des circonstances atténuantes : il est saoul, il se rend pas compte… alors qu’une femme saoule qui se fait emmerder, on lui dira que c’est quand même un peu sa faute, elle n’avait qu’à pas boire aussi

fillesaoule

Et puis y a la foule, la masse. On croit qu’il ne peut rien se passer avec tous ces gens autour mais c’est précisément l’inverse: service de sécurité débordé, difficile de voir qui fait quoi, de façon consciente ou non.

Revellers celebrate the start of the San Fermin festival in Pamplona July 6, 2013. The beginning of the festival, known as the Chupinazo, was postponed for 20 minutes while authorities removed a Basque flag hanging in front of the town hall. The annual San Fermin festival, famous for the running of the bulls event, started on Saturday and runs until July 14.    REUTERS/Eloy Alonso (SPAIN - Tags: SOCIETY)

La foule est hélas un danger pour les femmes. En France, en Allemagne, partout, parce que certains pensent que la fête est une excellente occasion de serrer les meufs… dans tous les sens du terme. Alors que non : l’euphorie ne nous donne pas forcément envie de coucher avec vous, l’euphorie ne vous donne certainement pas le droit de nous toucher pour “fêter ça”. Au pire, tapons nous dans les mains, c’est bien, ça, se taper dans les mains. J’aimerais tellement que mes amies puissent aller dans les bars et les fanzones sans être en danger en aucune façon, sans risquer de tomber sur un frotteur ou un manipulateur qui va espérer que la fête va accroître leurs chances de coucher. Laissez-nous kiffer la vibe…  à distance raisonnable. Et ne croyez pas que les frotteurs ne sont que des personnes issues de minorités, des migrants sans éducation, des terroristes qui en veulent à la liberté de la femme. De mon expérience perso, les frotteurs sont de toutes origines, géographiques ou sociales. Tristement universel.

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10 ans

28 mars 2005, je traîne ma petite valise sur le trottoir minuscule d’un quartier résidentiel de Plume-sur-Berges, un McDo à la main, me rendant gaiement dans le super appart vide de ma soeur (elle partageait avec une amie l’étage d’une maison, canon). Le lendemain, j’allais démarrer un stage de journalisme à Paris city. Je ne pensais pas forcément moisir ici… 10 ans plus tard, je vis toujours à Plume sur Berges mais que d’aventures depuis.

10-ans

Photo piquée à Je suis cette fille (http://www.jesuiscettefille.com/)

 

C’est étrange de se dire que je vis depuis 10 ans ici, moi, la Toulousaine (je n’ai vécu “que” 7 ans à Toulouse). J’ai rencontré des tas de gens, connu quelques histoires de coeur, beaucoup d’histoire de cul, ri beaucoup, pleuré parfois, eu envie de distribuer quelques bonnes baffes. Je suis arrivée avec des rêves de journalisme, je suis aujourd’hui consultante marketing genre “head of social strategy” (faut que je l’écrive comme ça sur mon CV tiens). Je pensais enfin pouvoir écrire vu que j’avais fini mes études. J’ai ouvert un blog et pondu plus d’un millier d’articles, anéfé (on approche même des 2500) mais je n’ai plus terminé un seul roman. Je me suis fait des amis grâce à ce blog, pris des claques que je n’aurais jamais pris autrement (le courage de l’anonymat allié à la protection de l’écran), découvert que mon amitié pouvait être utilisée comme marchepied pour certain-e-s parce qu’à un moment, j’avais pleiiiiin de lecteurs. Puis j’ai trouvé du boulot et oublié un peu de travailler sérieusement mon blog et aujourd’hui, j’ai plein de lecteurs en moins mais on s’en fout. J’en parlerai pour les 10 ans du blog, tiens (ben oui, forcément).

10-ans

J’avais peur de vivre à Paris puis j’ai trouvé ça géniaaaaaal. La petite provinciale qui monte à la capitale, quelle success story. Ok, j’ai été au chômage pendant 1 an et demi (avec quelques missions de ci de là) mais j’étais Parisienne, moi, monsieur. Faussement snob, j’allais parfois savourer mon thé ou mon chocolat au Café de Flore ou aux 2 magots en mode Simone de Beauvoir, tu sais. Je me réjouissais des pique-niques sur les bords de Seine, des bars ouverts toute la nuit, de me la jouer Sex and the City en sirotant un petit Cosmopolitan au Qong, le resto designé par Starck, rien que ça. J’ai remué mon cul au Batofar, au Cab ou au Showcase, j’avais des soirées boulot au Carmen Café. Je me suis rendue chez une journaliste que je regardais à la télé plus jeune,  Yves Calvi est venu poser sa pêche dans nos toilettes du boulot, j’allais à la même cantine que Faustine Bollaert (qui était très souriante, autant le dire), j’ai appris à une dame de la télé comment on fait son blog, j’ai assisté à des avant-premières, rencontré Amélie Nothomb (enfin, en dédicace) croisé des “stars”.

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Et puis je me suis mise à en avoir marre de Paris. Marre du monde, de la foule, de devoir se battre pour tout, pour rien, ne plus aller aux expos parce qu’en semaine, je bosse et le week-end, je dors. Tout est cher, tout est surfait. Tu trouves une cantine sympa, ça devient vite moisi, tu n’as que rarement l’effet “bons clients” (mais ok, ça existe encore). Tu cours, tu cours, tu deviens infect et insupportable. Tu cours après le métro parce que tu es à la bourre pour une “régularisation de trafic” qui te laisse poireauter dans un tunnel sombre entre 2 stations. Tu cours et il t’arrive des bricoles, tu te troues la jambe ou tu te casses un bout de pied.

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Depuis que je vis à Paris, il y a plein de choses que je ne fais plus car tout est loin, tout est galère. J’ai renoncé totalement aux loisirs créatifs car le magasin le plus proche de moi est à 30 mn (il vient d’ouvrir), je commande tout car j’ai plus de voiture et c’est vite galère de transporter des éléments un peu lourds dans le métro ou le train, je commande mes fringues parce que faire les courses un samedi à Paris, c’est la mort. Je suis fatiguée de tout payer 3 fois plus cher juste parce que c’est Paris et je trouve merveilleux de payer un cocktail à 7 €. J’en ai marre de la pollution qui pue, de devoir m’entasser au moindre rayon de soleil sur un misérable mètre carré de pelouse avec les groupes avoisinants qui nous imposent leur musique merdique, leur bouffe qui pue et leurs conversations navrantes (et rassurez-vous, ils pensent la même chose de nous. Alors que s’il le faut, dans un autre contexte, on se serait adorés).

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Rentrer alors en province ? Oui j’y pense. Mais pas tout de suite. Parce que j’ai conscience qu’être “head of social strategy” à Toulouse City, c’est pas si simple et que je suis en pleine réflexion pour trouver ma prochaine carrière (sachant que là, j’hésite entre instit, masseuse shiatsu et infographiste… On est clairement dans le grand n’importe quoi). Et puis à Paris, y a quand même mes amis, mon amoureux, ma soeur (mais elle va rentrer dans 2 ou 3 ans normalement… Oui, le même délai que moi. Coïncidence ? Je ne crois pas !) et des aéroports qui me permettent d’aller où je veux.

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Il y a 10 ans, je disais “la ligne TGV Toulouse-Paris en 2016 ? Ahah, je m’en fous, j’y serai plus, à Paris !”. Et bien, en 2016, je serai encore certainement à Paris mais on n’aura toujours pas le TGV.

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Théâtre de rue

J’ai eu une fin de semaine démentielle, donc j’ai beaucoup pris le métro. Je me suis tapée 16 stations de RER (bon, ok, à un moment, je suis partie dans le mauvais sens), 37 stations de métro et deux trajets en train. J’ai effectué 8 changements. Je portais un string passionata. Bon sang, je te cache rien, lecteur !

 

Donc dans le métro, des fois (souvent), je lis et des fois j’observe. En fait, aujourd’hui, j’aai accumulé de la matière pour un futur article en observant les couples dans le métro et cherchant à en tirer des réflexions à peu près intelligentes mais là, je ne les partagerai pas pour le moment, ça viendra quand je pondrai l’article sur le sujet (suspense !).

Lors de mon dernier changement, alors que j’avais 10 minutes d’attente à la gare et aucune envie de lire (pas assez concentrée, un peu totalement morte), je rêvasse. Soudain, arrive une nana blonde et un bébé qui s’assoient à côté de moi, le bébé sur les genoux. Un mec s’approche et babille un peu avec le bébé, je les regarde d’un coin de l’œil : couple normal, ils ont l’air jeunes, surtout elle. Je fais pas trop gaffe quand je repère une brune qui ressemble à Clara, un peu, et qui regarde la scène un peu à l’écart. Et là, le monsieur du couple quitte la maman et va embrasser la brune. Hein ?? Quoi ?? Il rapatrie la demoiselle devant la maman et son bébé et j’en tire des conclusions : ce ne doit pas être le papa mais l’oncle, un truc comme ça. La maman et le monsieur continuent de parler, Maman parle du manteau du petit et gâtouille, je comprends que la brune est étrangère vu que le mec lui parle en anglais (mais alors quel esprit de déduction !) mais à un moment, les deux Français montrent un train au bébé « oh, le train, le train ! » et là, Brunette sort un truc genre « Okakyo ! ». (c’est du phonétique). Bon, ça fait un peu japonais mais elle n’est pas asiatique. La blonde appelle quelqu’un pour lui annoncer qu’elle rentre car tout le monde est fatigué, surtout le petit, je me dis que c’est le papa, le mec et la brune se papouillent devant nous. Puis le mec se repenche vers le bébé et fait « viens voir papa ! ».
Quoi ?? Finalement, le petit trio finit par s’éloigner, la blonde portant toujours le petit, le mec au milieu et la brune qui le tient.

 

Bon, petit bilan : le mec est le père du bébé, sûr, la brune n’était pas sa mère ou avait un instinct maternel pire que le mien. A l’inverse de la blonde : je la trouvais drôlement préoccupé par le petit si elle n’en est pas sa mère. J’ai trouvé ce double couple fascinant. D’un côté le mec et la brune, de l’autre le mec et la blonde, les deux filles ne se sont pas parlé mais il ne semblait pas y avoir d’hostilité entre elle mais on avait limite l’impression que quand il était avec l’une, l’autre aurait pu être une simple passante,ça aurait été pareil. Et
puis, ça me paraît bizarre de papouiller une nana comme ça face à son ex. Perso, je présenterais mon mec (si j’en avais un) à Guillaume 1er, je me tiendrais, je trouve que c’est une question de pudeur. De toute façon, dans la rue, on se tient, un peu, non mais !

Bref, je racontais tout ça à Marine sur le net hier soir, elle m’a effacée de MSN depuis et m’a demandé de ne plus jamais l’appeler. Non, je déconne, of course. Donc je lui racontais ça, parce que j’ai trouvé cette petite histoire intrigante. D’ailleurs, ça m’a bien occupée en attendant le train mais ils sont partis à l’autre bout du quai, après, j’ai raté la fin. Donc pendant que je lui racontais ça, je disais « putain, la rue, c’est mieux que la télé ».

Combien de gens croise-t-on par jour ? A Paris, c’est même pas chiffrable à mon avis. Parfois, un individus ou deux se détachent de la foule par leur comportement. Leurs histoires rentrent dans notre champ tout à coup. Pendant quelques instants, on a conscience d’eux et de leur vie. On ne sait pas ce qui s’est passé avant, on ne sait ce qu’il se passera après, on laisse notre imagination combler les trous. Comment en sont-ils arrivés là ?

Sans doute que c’est mal poli d’écouter les gens comme ça, de les observer l’air de rien. Sauf que moi, j’adore. Surtout qu’avec mon imagination débordante, ces vies sans doute ordinaires deviennent dingues ! Si j’écrivais une nouvelle sur tous ces fragments de vie captés dans mes filets, je pourrai écrire un livre épais comme un annuaire. Car finalement, on peut tout imaginer mais souvent, la réalité est plus fascinante que la fiction.

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