Islanova : un roman au cœur de la ZAD

Souvent, je m’agace, je vitupère, j’égratigne ces films ou ces romans qui m’ont raconté un joli synopsis mais derrière, c’est tout moisi. Je me suis répandue sur des articles sur le roman horribilus, je reste avec un goût amer après la lecture d’Un monde après l’autre de Jodi Taylor. Sans doute parce que j’en attendais quelque chose qui me transporte, qui me capte… pas des pages qui le donnent envie de gifler des êtres d’encre et de papier. Alors quand je tombe sur un roman qui me plaît fort, je jubile. Aujourd’hui, on va donc parler d’Isla Nova de Nathalie Hug et Jérôme Camut.

islanova couverture

L’histoire en bref : la famille recomposée Macare-Stark coule des jours heureux dans les Vosges… jusqu’à ce que le père, Julian découvre sa fille, Charlie, dans le même lit que Leni, fils de sa compagne Wanda. Un malheur n’arrivant jamais seul, un terrible incendie ravage la vallée, allumé par des extrémistes écologistes décidés à accélérer la 6e extinction de masse (donc faire disparaître l’humanité). Pendant que Julian essaie de sauver sa maison et son chien, Leni et Charlie prennent la poudre d’escampette et le train pour une ZAD installée sur l’île d’Oléron. On va donc assister à l’installation de nos tourtereaux dans la zone, les affrontements avec la police et la prise d’un espèce de Center Park construit par la Chine qui sera proclamé territoire indépendant nommé Islanova. Mais tout n’est pas rose à la ZAD, Leni le découvre à ses dépends tandis que Charlie devient un des éléments forts de la nouvelle contrée.

Une maison dans les arbres

En gros. C’est assez compliqué à résumer car il se passe plein de choses donc je vais m’arrêter là pour l’histoire et vous dire pourquoi j’ai aimé ce roman et pourquoi il m’a bien inspirée. Non parce que je dis toujours “ah non, ce livre est nul, faut pas faire ça, ça et ça” mais faut aussi étudier ces romans qui nous séduisent. On va commencer par ce qui m’a un peu dérangé dans le roman : les personnages masculins. Je n’ai aucune idée de comment travaillent notre couple d’auteurs (oui, c’est un couple, je trouve ça chou) mais j’ai trouvé trouvé les personnages masculins principaux très faibles, un peu beaucoup bourrin, surtout Julian et Leni (Vertigo et Aguir sont mieux balancés). Julian, c’est un peu un prototype Vin Diesel-Jason Statham, tout en force, malgré la grosse faille qu’on lui a collée (et que je trouve assez mal exploitée, globalement). Leni subit. Durant tout le roman, il suit des femmes en chouinant, grosso modo. Du coup, les scènes les concernant m’intéressaient moins. A l’inverse des personnages féminins que je trouve bien mieux gérés, notamment Charlie. On parle d’une ado de 16 ans un peu naïve, follement passionnée, parfois trop gentille mais qui n’a pas froid aux yeux et j’ai bien aimé ce personnage qui nous fait découvrir la ZAD dans toute sa réalité.

Nathalie Hug et Jérôme Camut

Autre point : les auteurs sont audacieux à un niveau… En fait, vers le milieu du roman, il se passe un truc que je ne dévoilerais pas et j’étais là “Non… Nooooon ? Non mais je suis sûre y a arnaque, ils ont pas pu faire ça… Ah mais si putain !”. Ce qui m’agace dans pas mal d’oeuvres de fiction, c’est une sorte de volonté de ne pas choquer, entre guillemets, qui fait que tu ne sens pas tellement de tension, pas d’enjeu. Typiquement sur la survie en bonne santé des personnages. On peut penser ce que l’on veut de The walking dead ou Game of thrones par exemple mais il faut du courage pour tuer ou mutiler des personnages (dans les versions écrites, les deux mâles alpha que sont Jaime et Rick perdent leur main, par exemple) et tu lis avec inquiétude car tu n’as aucune garantie que tout le monde va s’en sortir sans trop de casse. Idem sur le manichéisme de très nombreuses oeuvres où les gentils gagnent et les méchants perdent. Si tu sais que la cause d’un personnage est bonne, peu importe les circonvolutions de l’intrigue, tu sais qu’à la fin, il triomphera… Alors que là, tu n’as aucune idée de l’issue, tu ne sais même plus qui a de nobles intentions et qui n’en a pas. 

The walking dead, morts

Et justement, on touche là LE point qui m’a fait aimer ce roman : il n’y a pas de bien ou de mal en soit. Déjà, selon qui tu suis, le point de vue sur la ZAD peut énormément évoluer, il y a pas mal de violence et nous-mêmes, en tant que lecteurs, on est un peu ballotés. Il y a d’un côté la cause. Belle, forte, elle est unanimement reconnue par tous les personnages mais certains sont rebutés par la violence d’Islanova (dans la défense de son territoire) et par la méthode de lutte (prise d’autorité d’un centre aquatique pas encore ouvert). Et ça touche ici le sujet qui me fascine depuis des années : la lutte, comment. C’était un peu tout le propos du roman de Maja (que j’ai toujours pas commencé à relire malgré ma semaine d’intercontrat… Je suis une loseuse) et c’est hyper bien amené car il n’y a, dans son roman, aucune vérité. Oui, la cause est juste mais est-ce qu’on peut agir ainsi ? Oui pour les soutiens de la ZAD (dont Charlie), non pour ses opposants (Julian en tête), ça dépend pour les dirigeants même de la ZAD car même dans un même camp, il y a des différends.

Croquis du futur centre aquatique à Lormont par Stark

J’avoue que j’ai acheté le roman avec un peu de crainte : je ne pouvais résister puisque le sujet me branchait mais j’avais peur d’un traitement un peu réac de la ZAD. Il n’en est rien, on n’est pas non plus dans une admiration béate. Les personnages féminins sont bons, les masculins moins mais je me demande limite si ce n’est pas fait exprès, notamment Leni qui ne fait que suivre différentes femmes dans le roman sans vraiment servir à grand chose. Bref, je l’ai lu en vacances (dans un centre thalasso, la mise en abyme était un peu troublante) et je l’ai dévoré. Donc puisqu’on est pile dans la saison où l’on passe beaucoup de temps à lire… foncez.

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Courrier des cœurs : réponse à So Long

So Long nous a soumis la question suivante :
Un jeune homme de ma connaissance et qui a partagé mon lit quelques fois me poursuit de ses ardeurs « fellationesques » lors même qu’il est heureux et amoureux. Dois-je, au nom de la solidarité féminine (of course), informer la demoiselle qui partage sa vie ?

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La cellule love and sex des vingtenaires s’est réunie et voici ce que nous pensons de cette histoire :

Diane : OOooohhh que j’ai envie de dire OUI, oui OUI!! Au nom de toutes (les frustrées du monde entier, certes, mais pas que) les pauvres, naïves et larmoyantes jeunes filles trompées, désabusées, déçues, vidées,abusées, bernées et avilies, va la voir, mets donc ce pauvre lâche devant sa bassesse crasse et force le à assumer ses désirs et ses responsabilités!
….Et puis je réfléchis un peu, et je doute.
-si moi à la place de la fille, je voudrais la vérité, qui me dit que, elle, elle préférerait pas rester dans une illusion confortable? Qui me dit que ce serait lui rendre service?
-Et le bougre en question, si tu lui disais « oui », qui me dit qu’il concrétiserait ses désirs? Tous les gens casés du monde ont des désirs cachés avec lesquels il faut composer. En rêver, ou en parler permet parfois de les exorciser, de faire avec plutôt que d’en être complètement frustrés. Par définition, on ne peut pas désirer ce que l’on a déjà (avec des nuances, bien sûr), et demandez à tous les gens casés (du moins depuis un certain temps) autour de vous: leurs rêves érotiques ne concerneront jamais la personne avec laquelle ils sont en couple. Et l’homme (en général, hein, ça inclut Eve aussi) a besoin de désirer ce qu’il n’a pas.
Après, l’important, ce sont les actes. On ne peut contrôler ses désirs, mais on peut contrôler ses actes. Donc si Môsieur en question passe à l’action, là, la question sera toute autre.
Tout en pensant aussi qu’il y a des filles que être trompées ne dérange pas, même si ça court pas les rues.
Donc, malgré mon désir intérieur de super fille curieuse/touche à tout, je réprimerais mon premier réflexe qui aurait été de te dire vas y dis lui la vérité et fait le affronter ses conneries, à ce sopckzpfojkapfj de (———), et te conseillerais davantage de garder cela pour toi, tout en envoyant chier le (——–) en question.

 Jane : Il faut tout d’abord noter que la poursuite et les ardeurs sont excellents pour ton ego. Tu es douée, il en redemande. Tu es en quelque sorte un exemple à suivre pour toutes les femmes et devrais penser à donner des cours. Il est toujours bon de flatter le lecteur (dans le sens du poil)
Concernant ton dilemme, que dire… Tout d’abord, as-tu accepté? parce qu’il y a une différence entre expliquer à une demoiselle « Ton homme voudrait que je le fellationne joyeusement » et « je fellationne ton homme sur une base semi-régulière » Dans le premier cas, il sera un salaud. Dans le second, tu te prendras un pain. Je te déconseille évidemment de le faire. Sauf si tu es masochiste.

Je pense que la solidarité féminine a le dos large sur ce coup-là. Mais si tu n’aimes pas l’officielle et a envie de la faire douter de son potentiel de fellation, dans ce cas, go go go, annonce lui que son homme vient vers toi pour des interludes torrides. Mais j’espère que tu cours vite.

Lucie : NE SURTOUT PAS AVERTIR LA DEMOISELLE !!! Elle pourrait s’offusquer !!! Ben vi, elle se rendrait compte qu’elle assure peut-être pas assez niveau fellation&co…la lose quand même…

Je vous évite le blabla sur la fidélité…

Marine : Ceci n’est pas une pipe.

Chère SoLong,

Première chose, j’ai envie de dire qu’il y a quelque chose de flatteur dans la requête de monsieur, quant à tes qualités « fellationesques » (sic). Mais juste un petit quelque chose, dans la mesure où par ailleurs, merde, on n’est pas des putes, à ou sans frange, d’ailleurs. Bref. Désolée pour cette brève incursion chienne de gardesque, ça ne se reproduira plus, promis.
Deuxième chose, rapport à la solidarité féminine. Perso, j’ai demandé à Benoît l’autre jour de cesser de me dire à quel point une de ses ex était pas belle et qu’il se forçait pour coucher avec.
C’est juste que je frémis d’avance à l’idée qu’un de mes ex dise à sa nouvelle à quel point j’étais lamentable au pieu ou que sais-je encore. D’où le double raisonnement suivant (d’aucunsparleront de syllogisme) : est-ce que tu aimerais être dans la position de la dinde de la farce? Réponse attendue : non. Ce qui nous amène à l’attitude non seulement de refus de la pipe mais aussi de rappel au monsieur qu’il est moyen classe sur ce coup-là.
Mais aussi l’autre partie de mon raisonnement est la suivante : est-ce que tu aimerais apprendre par une pote de ton mec qu’il lui fait des avances? Ça j’y crois moins. C’est un peu humiliant malgré tout et peut-être même la mort de leur couple. En gros : si c’est une bonne copine à toi, tu arriveras peut-être à trouver les mots, ou alors à lui faire comprendre que « he might not be the one« . Si c’est quelqu’un que tu connais assez mal, je te conseille de rester à ta place pour lui éviter à elle d’être dans une position encore plus humiliante, et de rappeler à ton pote que s’il est heureux et amoureux, nom de dieu mais sucer c’est tromper! (j’adorais Tout le monde en parle, et j’assume). En définitif, on est pas des putes, mais le fait d’être d’authentiques connasses égocentriques est une bonne clé pour gérer nos relations avec nos consœurs. Amies connasses, bon week-end!


Nina : Chère So Long,
 
Réponse courte : non

Réponse longue : la demoiselle sort avec un goujat et t’es au courant, ok. Mais à moins qu’elle ne te connaisse depuis trèèèèèèèèèèèès longtemps et qu’elle ait une confiance absolue en toi, laisse tomber. D’abord parce qu’on a tendance à tuer le messager. Ensuite, l’amour rendant souvent aveugle, il se peut que tu te retrouves avec le mauvais rôle dans l’histoire, en gros « nan mais elle est trop une vipère, elle dit ça parce qu’elle est jalouse et qu’elle est amoureuse de mon mec en secret, gna gna gna ». De toute façon, les histoires de couple, vaut mieux pas s’en mêler car n’est pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre, hein !

Tatiana : Hum, effectivement c’est une position délicate à ce que je vois. Enfin, à ce que je lis plutôt. Déjà, est-ce que tu connais la jeune
demoiselle en question ? Car si oui là il faut dire à ce jeune homme d’aller porter ses ardeurs fellationesques ailleurs, sous peine d’une intervention de ta part. Et puis tu peux aussi lui faire remarquer que c’est pas hyper intelligent de faire ça avec une copine de sa nana. T’as de fortes chances d’être démasqué un jour ou l’autre. Maintenant, s’il est heureux et amoureux on est en droit de se poser la question du pourquoi ne pas combler ce manque avec sa chère et tendre plutôt qu’avec toi ? Ca je crois que c’est un trait de l’être humain que j’ai du mal à piger des fois : l’herbe est toujours plus verte dans la prairie d’à côté. Ma supposition de psycho de comptoir du jour serait de dire que certains mecs voient leur copine comme une fille sainte et prude et que donc fellation=péché et que c’est pas possible que ce soit fait par elle. Du coup ils cherchent ailleurs. Autre solution c’est que la copine en question s’y prend très mal
et que du coup il a perdu tout espoir d’exercer cette pratique avec elle.

Donc, en conclusion, soit tu l’emmènes chez un psy pour qu’il arrive à voir sa copine autrement, soit tu donnes des cours à sa copine.

Lucas : Bien sûr que tu dois l’informer ! Le mec est en couple, il n’a aucune légitimité pour aller voir ailleurs ! C’est un manque total de
respect pour SA nana d’aller cherche ailleurs si pipeuse il y a. Le jeu sexuel est une chose mais le fait d’être en couple mets un stop aux dérives. Quand on est en couple, on se tient et on se retient ! Et si on est frustré on en parle à sa copine. Et si elle n’est pas d’accord, on fait des abdos et des étirements pour se faire une autopipe et point barre. Donc moi j’informerais la demoiselle que son mec est un sagouin et j’eunuquerais le damoiseau.

Bastien : Prenons la question par l’autre bout. Admettons que tu dises a la miss que son mec veuille se faire polir le chinois par tes soins. Admettons également qu’elle prenne quelques secondes de réflexion et que donc tu puisse prendre le temps de fuir sa noire colère avant qu’elle ne décide de trucider le premier bipède a croiser sa route. Que penses tu qu’il pourrait arriver ? Et bien moi je vais te le dire ce qui va arriver ! Non seulement dans ta fuite tu tomberas dans les escaliers, mais en plus -et surtout-, prise d’une
folle panique digne d’un mec qui n’a plus d’air dans son scaphandrier elle va se mettre a nous danser la tecktonik version AAAAHH MAIS PPPOOOOOURQUUUOIIIII et autres railleries du genre, le tout dans un concert d’assiettes cassées, d’armoire retournées et de photos de belles mamans jetées par la fenêtre. Voila le point critique. Belle maman. Dans un élan de lucidité elle se dira « mais,
elle n’y est pour rien Gertrude » et dans un ultime effort pour rattraper le cadre encore en vole elle sautera par la fenêtre le sourire au lèvres. Résultat les pompiers concluront au suicide.

Tu ne vois toujours pas le hic ? Attends, je vais te faire un dessin. Qui dit jeune fille suicidait en plein Paris pour cause de quasi adultère dit info d’ouverture du 13h de TF1. Qui dit info d’ouverture du 13h de TF1 dit nouveau décret du gouvernement interdisant les suicides (comme pour les chiens méchants, les jeunes dans les cages d’escalier, tout ça). Qui dit décret du gouvernement dit réaction des opposants. Et comment vont réagir les opposants !? Et bien en se suicidant pardi ! Le geste est fort, médiatique, parfait
pour faire connaître la cause. Imagine un peu le nombre de suicidés dans les semaines qui suivront ta révélation !

Mais ça n’est pas tout. Voyant la France enfin dans une grande crise interne les USA toujours jaloux de nos camemberts et de notre belle tour Eiffel vont décider de but en blanc de nous envahir, pour sur. Réaction en chaîne, jeux des alliances, tu peux être sûre que la Russie chantant le bon vieux temps se dira très proche depuis toujours de la France, l’Afrique verra enfin une bonne occasion de retourner la donne et se liera a l’Amérique, l’Angleterre jouera toujours les toutous atlantistes mais l’Allemagne se rangera de notre coté pour éviter que les jumelages Nancy – Brême ou autre Troyes – Winweiler ne sautent. L’enjeu est énorme ! Qui dit guerre intercontinentale dit donc guerre mondiale, et qui dit guerre mondiale dit bien évidemment bombe H.

Apres on peut spéculer sur la Chine, si les bridés jouent bien le coup ils peuvent rester neutres pendant que chacun s’affaiblit pour ensuite prendre le contrôle du monde a la docteur No. Mais ceci est un autre débat.

C’est quand même cher payé pour une simple imitation de Loana.

Apres moi je dis ça…
 
Les avis sont partagés, quoi. En espérant avoir pu t’aider !
 

Toi aussi, lecteur ou lectrice, tu as une question de cet ordre et tu veux être éclairé(e) par les étranges lumières des vingtenaires, pose ta question ! J’en sélectionnerai une lundi matin pour la soumettre à la cellule love & sex des vingtenaires.

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Pékin Express

Lecteur, tu me connais, tu sais que je n’aime pas la téléréalité. Lecteur, tu le sais, je suis vilainement critique et, au fond, je crois que tu m’aimes comme ça. Mais pour une fois, aujourd’hui, je vais être toute douce et toute mesurée. Ce doit être le printemps qui arrive, je suppose !
 
Pendant les vacances de Noël, je suis chez mes parents, ce qui veut dire que j’ai un journal télé à disposition (ce qui n’est pas du tout le cas à Paris). En feuilletant, je regarde un peu les nouveautés de 2006 et je vois une émission sur la 6, « Pékin Express ». Comme une conne, j’imagine un documentaire genre « des trains pas comme les autres », mes yeux brillent en imaginant des émissions sur la Russie, l’Asie centrale et la Chine (oui, moi, partout où je ne vis pas, ça me fait rêver). Bon, raté, le résumé explique qu’il s’agit d’une nouvelle émission de télé réalité : plusieurs équipes doivent faire un Paris-Pékin avec un euro par jour. Ok, je catalogue ça dans la rubrique : « émissions à la con » et j’oublie.
 
Un dimanche après-midi. Je m’emmerde et j’ai plus la freebox. J’essaie de voir ce qu’il y a à la télé. Sur la Une, « sept à huit », dit aussi « on fait du voyeurisme malsain en appelant ça du journalisme ». Sur la deux, Drucker : ayant moins de 73 ans, y a pas moyen. Sur la 3, les infos, non, pas envie. Sur la 4, les dessins animés, sur la 5, des infos, sur la 6, Pékin Express. Bon, ben tiens, je vais regarder, je vais pouvoir cracher mon fiel dessus. Et voilà comment, comme une conne, je me suis faite attraper comme un papillon dans une toile d’araignée.
 
En gros, à chaque émission, il y a deux étapes : une intermédiaire avec une épreuve d’immunité qui permet à une équipe de ne pas être éliminée quoi qu’il arrive sur le parcours du jour, l’autre qui est l’arrivée : le dernier duo arrivé est donc éliminé. Les équipes marchent en duo : amis, frères, parents, enfants, couples… Bon, bref, chacun a sa petite histoire, peu importe. Forcément, au début, je ne comprends pas trop qui est qui, j’ai un peu de mal à identifier les candidats et je soupire : ouais, c’est Koh Lanta en Russie, quoi. Mais finalement, je trouve certains candidats attachants et je suis plus ou moins le jeu (oui, enfin, si je rate un épisode, j’en meurs pas non plus). Et voilà qu’à chaque cérémonie de fin d’épreuve, quand on sait quelle équipe va être éliminée, j’ai peur pour mes chouchous ! Qui sont-ils ? Y a d’abord Nancy et Nicolas, un couple tout mignon, tout sympa, qui ne fait pas de vagues. Puis y a Nina et Daisy, surtout Daisy d’ailleurs : cette fille a une bouille fantastique, le genre de fille dont on a spontanément envie d’être amie. A un moment, les deux filles trouvent un chaton trop mignon qu’elles adoptent pour la nuit, elles l’abandonnent à une étape et elles sont au bord des larmes. En même temps, je pense qu’elles ont signé l’arrêt de mort du chaton en le prenant à sa mère et en l’abandonnant là mais je les ai trouvées toutes touchantes. Après, j’aime bien Fathi et Medhi, surtout ce dernier que je trouve bien miam miam (à moins que je me plante dans les prénoms…). Sinon, les autres, j’ai du mal à les identifier, sauf le couple extra bourge de St Trop que tout le monde semble détester. Faut dire que le mec, il a vraiment une gueule à conduire une décapotable sur le port et de jouer le mafieux dans Sous le Soleil. En même temps, j’ai l’impression qu’ils sont tous un peu mafieux dans Sous le Soleil…
 
Dimanche, Nicolas et Nancy ont failli être éliminée et comme une conne, j’ai eu peur pour eux, j’ai été soulagée de voir que c’était un couple plus âgé qui était éliminé. Bon, voilà, je suis officiellement cette émission et je suis à fond pour mes chouchous.
 
Bon, évidemment, c’est de la télé réalité, on insiste (trop) sur les bisbilles entre candidat, genre le jeune Corse qui s’engueule avec les Tropéziens, les larmes des candidats épuisés, ça, ça me gonfle un peu. Mais mon principal regret, c’est qu’on ne voit pas les paysages. Ah, ça, la cabane qui pue où deux candidats vont passer la nuit, je pourrais la reconnaître sans problème si je venais à passer par là mais pour le reste… Bon, lecteur, tu me répondras à raison que si je veux voir les paysages de l’Asie Centrale, je n’ai qu’à regarder un Racines et des Ailes sur le sujet mais quand même. Histoire de donner un ton un peu culturel à tout ça, le présentateur, Stéphane Rotenberg (je ne suis absolument pas sûre de l’orthographe), nous fait un petit speech sur les villes étapes avec quelques images à l’appui mais ça laisse sur sa faim.
 
Juste un petit mot sur notre ami Stéphane. Quelque part, c’est un présentateur que j’adore parce qu’on a l’impression qu’il prend tout au second degré. Par exemple, à une époque, il présentait « Normal, Paranormal », une émission hilarante et on sentait que ça le faisait marrer, tout ça, qu’il ne prenait rien au sérieux. Pareil pour le Bachelor. La première année, j’imagine les Bachelorettes : « oh, il est beau, le Bachelor ! » « Non, ça, c’est le présentateur, le Bachelor, c’est celui qui a un grand nez et des grandes oreilles, là ! ». J’adore quand on le voit parler avec le Bachelor, tout sourire : « Alors, Karl, vous avez pris votre décision pour la cérémonie de la rose ? » mais on a l’impression qu’il pense : « de toute façon, tu les as toutes sautées, fais pas ton amoureux ! ». Bref, je sais pas s’il est second degré ou simplement niais mais il me fait rire, moi.
 
Mais revenons à Pékin Express. Donc on a droit à quelques images cartes postales de temps en temps mais mine de rien, moi, je suis super frustrée quand la caméra filme un candidat qui dit : « Regarde comme c’est beau ! » et que cette conne reste sur le candidat au lieu de nous montrer ce qui est censé être beau !
 
Mais je crois que la magie de cette émission, c’est que c’est bien la seule que j’aimerais faire. Leur aventure me fait rêver. Ok, ils en chient et j’en suis tout à fait consciente mais ils se baladent dans des paysages magnifiques, font de très belles rencontres humaines et tout… Moi, tous les jours, je me balade dans ma banlieue bétonnée et je ne rencontre que les caissières du Franprix. Ok, c’est une aventure de tous les jours d’éviter mes provisions qu’elles me balancent dans la gueule pour aller plus vite mais ça manque cruellement d’exotisme. Mais imaginez ce que vivent les candidats, tous ces souvenirs inoubliables qu’ils engrangent… Oui, ça, j’aimerais être à leur place, voir ce qu’ils voient, parler à tous ces gens qu’ils rencontrent… Dans l’émission de dimanche, y avait une vieille Russe « il me reste trois dents » qui invitent deux candidats à dormir chez elle et elle fait à l’un d’entre eux en rigolant : « tu me donnerais pas un coup de rein ? ». Ben, moi, cette vieille, je ne la rencontrerai jamais. Sans doute que je rencontrerai aussi des gens hauts en couleur dans ma vie (ce fut déjà le cas) mais elle, elle me plaisait bien. Surtout qu’on comprenait rien à ce qu’elle disait, on a eu droit à un merveilleux sous-titre quand elle parlait : « ????????? ». Véridique. On me répondra, à juste titre, qu’il y a des personnalités tout aussi atypiques à côté de chez moi, c’est tout à fait vrai. Mais bon, elle me plaisait bien la vieille Russe qui dit des trucs que personne ne comprend.
 
Pour la première fois, je pense que la téléréalité a réellement apporté quelque chose aux candidats qui l’ont faite. Evidemment, j’aurais aimé voir ce qu’ils voient mais pour une fois que la téléréalité apporte quelque chose à quelqu’un (autre que de l’argent), on va pas cracher dans la soupe non plus.
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