Serpenter dans les Alpes japonaises

Le 14 octobre – Petit journée puisqu’on a un peu plus de trois heures de trajet l’après-midi pour rejoindre Takayama. Au programme : musée du manga de Kyoto… après un petit passage à la laverie ! Oui parce que notre AirBnB avait beau être équipé d’une machine à laver, point de sèche linge et faire sécher le linge sur le balcon un jour de pluie, ça marche moyen, moyen… Donc petite pause de 20 mn à la laverie pour faire sécher, le temps qu’une petite mamie nous offre un Fanta Raisin  sans raison (ou on n’a pas compris laquelle).

Borne travaux à Takayama Train à Kyoto

On repart et en chemin, on croise Ibuki Munde (orthographe non contractuelle). Qui donc ? Ibuki Munde. Moi aussi, vingt quatre heures plus tôt, je n’avais aucune idée de l’existence de ce monsieur mais en ce moment, il y a une campagne électorale. Alors comment se passe une campagne électorale au Japon ? Pas de tractage mais mais des voitures sillonnant la ville en hurlant des slogans dans un mégaphone. Donc pendant que nous cherchions un bar la veille, nous avons eu le droit à une dame qui déclamait en japonais “Ibuki Munde ! Ibuki Munde [japonais]. Ibuki Munde. Ibuki Munde…” Il y a aussi les meetings ambulants, on en a également croisé un la veille avec des gens coiffés de chapeaux d’Halloween (?). Ce matin, qui retrouve-t-on devant le Seven Eleven, ses assistants décorant le carrefour de banderoles (je ne comprends que “10%” sur la dite banderole mais de quoi ? Un député acheté, un assistant parlementaire offert ?). Bon, ce doit être la version japonaise de nos marchés, après tout. Par contre, la voiture qui braille les slogans en boucle, priez pour que ça n’arrive jamais chez nous.

Elections législatives au Japon Elections législatives au Japon

Donc le musée du manga. En fait, c’est juste une bibliothèque avec des mangas dans toutes les langues. Je me suis plongée dans le premier volume de Naruto puis je suis passée au n°1 de Monster Hunter mais que j’ai lâché vu que c’était peu ou prou la même histoire (le héros tête brulée, son side kick très sérieux et incroyablement doué, la fille niaise qui ne sert pas à grand chose (le personnage de Sakura dans Naruto crispe légèrement la féministe en moi… enfin, l’écriture du personnage, je veux dire). Bon bref, le musée n’est pas très intéressant en soi, je pique un peu du nez mais j’adorerais avoir la même chose en France (avec mangas, comics et BD, j’entends).

Musée du manga à Kyoto

Et nous revoici dans le train. Après 45 mn de Shinkanzen, nous voici à bord d’un Limited Express et là, je peux vous dire que c’est pas la même histoire. Le train secoue tellement que je galère à écrire, toutes mes tentatives de photo ruinées par les soubresauts. Des photos ? Ou parce que la route est superbe. On circule dans les Alpes japonaises, le long de gorges, l’eau est caressée par une brume basse qui confère au paysage une ambiance quasi surnaturelle. J’avais adoré mon trajet en Renfe pour la beauté des paysages. Là, c’est encore plus grandiose.

Vues sur les Alpes japonaises par la fenêtre du Limited Express Vues sur les Alpes japonaises par la fenêtre du Limited Express Vues sur les Alpes japonaises par la fenêtre du Limited Express

Arrivée enfin à Takayama avec cinq minutes de retard. Il fait nuit mais on sent bien qu’on est en montagne, ça pique un peu. Cette fois-ci, on s’offre deux nuits à l’Hôtel. La chambre est petite, la salle de bain toujours en plastique mais bien assez grande pour ne pas être en contact avec le rideau de douche et le lit, le lit… un bonheur ! Mais surtout, dans cet hôtel, il y a une zone bain au dernier étage avec même une partie extérieure ! L’hôtel nous fournit un pyjama et un petit gilet matelassé, trop chou. Bon, par contre, c’est du modèle unique et ils ont dû prendre pour modèle un Américain Texan, apparemment. Vous avez déjà piqué les fringues de votre papa, enfant ? Et bien, ça donne à peu près la même sensation, je surflotte.

Takayama de nuit

hotel spa Alpina Takayama

Photo non prise par moi 😉

Alors petite histoire de comment qu’on va au bain. Vous prenez votre pyjama, vous allez dans les vestiaires et hop, à poil ! Les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Donc après un repas de boeuf Hida cuit à l’étouffée avec plein de plantes sauvages, on se précipite aux bains.

Plat de boeuf Hida

Donc j’avais expliqué un peu crânement à Victor que, si, si, les bains, ça se prend à poil. Sauf qu’en arrivant à l’entrée, je constate qu’il y a plein de chaussons donc plein de gens. Le doute m’assaille… On se baigne bien nus, hein ? Je me rends dans la zone pour me changer, tout le monde est déjà rhabillé… Bon, lançons-nous. Je vire mon pyjama, personne ne moufte. Je rentre dans le bain… Ouf, c’est bon, tout le monde est nu. Je me glisse donc avec délectation dans l’eau chaude, après m’être rincée une première fois. Dès que j’ai trop chaud, je file à la douche. Ici, vous avez le choix entre douche classique debout et douche assise. Face à un miroir. Ok… Je me lève, tranquillou puis je vais profiter des bains dehors. Je plonge dans un bain rond façon grosse bassine, j’admire le ciel (enfin, il fait nuit et nuageux donc l’expérience est un peu limitée). Je suis bien. Je retourne à l’intérieur, petit barbotage, dernière douche puis je file attendre Victor dans la zone repos où l’on peut s’allonger face aux montagnes… qu’on ne voit pas parce que c’est la nuit mais j’imagine. Je me sens bien, j’ai les jambes en coton, je pique un peu du nez mais mon amoureux arrive déjà. La nuit s’annonce paisible.

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Kyoto, jusqu’à bout de force : forêt de bambou, Arashiyama et jardin impérial

Kyoto, dernière journée et il va falloir faire des choix car nous ne pourrons pas tout voir. Priorité à Arashiyama et sa célèbre bambouseraie, prise d’assaut par les touristes. Cependant, il pleut et j’espère que ça en découragera plus d’un.

Bambouseraie de Kyoto

Notre gare étant située sur la bonne ligne, on est sur place très rapidement, on trouve la bambouseraie. On y entre, on déambule… et ça ne marche pas. C’est bien joli, je ne dis pas, mais j’ai préféré la bambouseraie minuscule du kokoen à Himeji. La balade est plutôt courte, je m’attendais à quelque chose de plus grand. On reste globalement sur une route assez large à part un endroit aménagé pour qu’on puisse approcher d’un peu plus près mais je ne suis pas du tout gagnée par l’atmosphère censément quasi mystique du lieu.

Bambouseraie de Kyoto

Bambouseraie de Kyoto

Un petit temple dédié aux amoureux, comme une bonne partie des temples ici, est situé dans la forêt avec, comme curiosité, un “jardin de mousses”, dixit mon guide. Moi, j’appelle ça un simple bout de terre, re déception. On croise, lors de la balade, un petit train rouge au toit en plexiglas, le train pour Sagano “le trip le plus romantique”. Dans l’absolu, la balade doit être chouette mais il pleut donc ce sera sans nous. D’ailleurs, la bambouseraie est divisée en deux par une voie de chemin de fer, j’espérais y voir ce fameux train rouge qui m’évoquait le petit train jaune des Pyrénées mais non, c’est la ligne régulière… Et je crois que c’est là que s’explique ma déception. Oui, le manque de luminosité a pu jouer ainsi que l’image que je m’en faisais, cf le jardin de mousses. Mais non, en fait, ce qui m’a décontenancée, c’est l’impossible quiétude. Il y avait déjà pas mal de monde malgré la pluie mais ça, on fait avec. Non, le problème, ce sont  les taxis qui passent sur la route qui traverse la forêt que nous devions subir toutes les deux minutes. Non mais imaginez : vous essayez de vous imprégner de la sérénité de la nature et vous devez vous coller au bord de la route pour laisser passer une voiture. Ou entendre le ding dong annonçant le passage d’un train. Même si, ça, j’aime bien parce que c’est le même dans les mangas (forcément) et c’est un peu une petite madeleine de Proust pour moi.

Temple des amoureux d'Arashiyama : jardin de mousses Temple des amoureux d'Arashiyama Temple des amoureux d'Arashiyama Temple des amoureux d'Arashiyama : jardin de mousses

Bambouseraie d'Arashiyama à Kyoto : foule de touristes

Forêt de bambous de Kyoto : au milieu, passe le train

 

Un peu dépités, on sort de là pour faire un tour dans ce que nous appellerons Gogoland, la zone marchande pleine de souvenirs trop chers. Tu peux même payer en euros si tu veux ! On fait un tour du côté de la rivière pour s’offrir une jolie vue sur la montagne puis retour Kyoto.

Montagne d'Arashiyama Montagne d'Arashiyama

Retour à la gare centrale, plus précisément. Il faut savoir que la gare de Kyoto est monumentale. Littéralement. Un peu curieuse, j’ai envie de monter tout en haut des escalators et nous découvrons une superbe vue panoramique de la ville, limite plus belle que celle qu’on a eu au temple Inari, ne laissant qu’entrevoir la ville à travers la brume.  Même si cette highway centrale dans une ville rendue fantomatique m’active l’imagination puissance 1000 ! Un petit coucou à la tour de Kyoto franchement laide mais hyper pratique pour se repérer. Je remarque également un gros temple à côté… Initialement, j’avais prévu de faire un tour à l’est de la ville dans le quartier des temples mais Victor en avait un peu assez des temples (moi-même, j’avoue…) donc nouveau plan : on va visiter ce temple là puis on trace au Palais impérial pour flâner dans les jardins.

Gare centrale de Kyoto Locomotive en gare d'Arashiyama

Tour de Kyoto Kyoto, vue du temple Higashi Honganji Kyoto, panorama du haut de la gare

Le temple Higashi Honganji est un temple bouddhiste plutôt colossal avec le plus grand toit en bois du monde. On retire nos chaussures pour entrer dans un lieu au sol recouvert de tatamis, c’est assez agréable de marcher dessus. La salle est divisée en deux parties : les deux-tiers où vous pouvez vous asseoir pour prier et une dédiée aux autels et petites mises en scène. Note pour moi-même : me remettre à jour sur les pratiques bouddhistes… Entre les deux bâtiments, une petite histoire du temple qui a évidemment brûlé et été reconstruit (une constante dans la plupart des monuments que nous avons visité), on a aussi droit à une petite maquette nous montrant des travailleurs descendant une énorme tronc de la montagne enneigée avec un glissement de tronc et des pauvres ouvriers enfoncés dans la neige avec juste les jambes qui dépassent. J’ai de légers doutes quant à leur survie…

Temple Higashi Honganji à Kyoto

A présent, on fonce vers le Palais impérial. On marche, on marche, on marche… et on finit par prendre le métro. C’est là qu’on mesure toute la différence entre nos tous premiers jours de voyage et notre état au deux-tiers du séjour : au début, on faisait tout à pied et quand on prenait le train ou le métro, on était genre “ok ok, on va pas s’asseoir pour deux stations !”. Là, on en est à prendre et à s’asseoir pour une seule station. Bref,on arrive afin dans le jardin impérial, un jardin aux très grandes allées un peu austères, rien à voir avec celui de Tokyo… Les jours de beau temps, ça doit être fort charmant, surtout qu les pelouses ne sont pas interdites.

Jardin impérial de Kyoto Jardin impérial de Kyoto Jardin impérial de Kyoto Jardin impérial de Kyoto

Pour se remettre un peu de nos émotions et nous reposer les pieds, nous décidons d’aller boire un verre. Encore une grande aventure ! Manifestement, les Japonais, ils sont moyen branchés bar ou alors nous étions dans le mauvais quartier mais on a marché bien une demi-heure avant de trouver… un pub. Oui, on se retrouve donc dans un pub au Japon, qu’est-ce qu’il y a ? En fait, les gens ont l’air de boire et de manger au même endroit mais on ne veut pas manger, nous ! Bref, je me prends un petit daiquiri des familles qui me donne bien chaud aux joues, on mate distraitement un championnat de fléchettes à la télé. On retourne enfin à la gare de Kyoto à pied en suivant la Tour. Enfin l’appart, on déguste des noodles lyophilisées (en vrai, j’adore) et des desserts bizarres genre du pain au melon (farce bonne mais contour beaucoup trop pâteuse), une crème de potiron (bonne mais pas autant que la mienne) et un espèce de loukoum complètement gluant au thé matcha… dégueu.

Loukoum japonais au thé matcha

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Une virée à Nara, le pays des temples et des daims

Le 12 octobre – Ancienne capitale impériale (comme Kyoto, d’ailleurs), si je devais qualifier Nara, je dirais que c’est une sorte de Disneyland du temple. Bouddhiste ou shintoïste, faites votre choix.

Nara, petit étang

En me levant, je jette un oeil à la météo. Pour la veille, ils avaient annoncé “plutôt ensoleillé” et j’ai eu la face cramée, je suis donc assez optimiste quand je lis “nuageux” et je me dis qu’on devrait bien s’en sortir… Bah pour une fois, la météo ne s’est pas trompée…

Nara vue du temple Tamukayama

Donc Nara, pour vous décrire, c’est une sorte d’immense parc plein de temples et de daims. Des daims partout. Cette fois-ci, vous pouvez acheter des galettes pour les nourrir donc autant vous dire qu’ils sont pas farouches. Voire même un peu trop curieux, j’en ai vu un commencer à mâchonner des robes. Les parents donnent les galettes aux enfants qui paniquent vite, des audacieux qui insistent pour avoir du rab et les gens se mettaient à crier quand ils se faisaient harceler par les cervidés. Nous, on se fait snober par les bêtes vu qu’on n’a rien à leur donner.

Bambi calme #nara #japan #suede #cuteness #peacefull

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Nara, temple Nara, temple Nara, temple Les daims de Nara Les daims de Nara Nara, temple Nara, pagode

Les daims de Nara

On déambule de temples en temples jusqu’au majestueux Todaiji qui, d’après mon guide, contient une statue de Bouddha géante… Ah ben OUI EN EFFET ! J’ai beau ne pas être bouddhiste, je suis assez impressionnée par l’immensité de la statue. Le temple, par contre, est petit, on fait assez vite le tour, on flâne un peu dehors, se frayant un chemin à travers la dizaine de classes de primaire, reconnaissable à leur chapeau ( chaque classe en a un particulier, vous avez les grands chapeaux jaunes, la casquette bleue ou la rouge) ou de collège, reconnaissable à leur uniforme. On grimpe ensuite vers le temple Tamukeyama, au milieu de ces charmants bambins surexcités mais on arrive à trouver un chemin peu emprunté qui nous permet de souffler un peu. C’est vraiment quelque chose d’assez fascinant ici, il suffit parfois de s’éloigner de quelques mètres des sentiers balisés pour se retrouver quasi seuls. Et vu comme la ville est grouillante, on apprécie, même si Nara est bien plus tranquille, du moins du côté du parc à temple, nous ne sommes pas allés visiter la ville en elle-même.

Temple majestueux à Nara #japan #nara #temple #shrine #stones

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Nara temple fermé Les oranges de Nara Les oranges de Nara Fontaine à Nara Fontaine à Nara Temple Todaiji Nara Bouddha géant de Nara Bouddha géant de Nara Bouddha géant de Nara

On se replie lentement, on se pose dans un petit restaurant discret et pas très cher, contrairement à ses voisins. Je déguste un unagi (les vrais savent) vraiment bon et en dessert, j’opte pour un décadent parfait “milky white”. J’ai assez peu pris de dessert au Japon, essentiellement parce que je ne suis pas sûre de bien comprendre le principe, notamment les parfaits, justement. Pour vous expliquer un peu rapidement, vous prenez une coupe et vous mettez plein de choses dedans. Moi sur mon parfait milky white, j’avais de la glace chocolat blanc, du yaourt, de la banane, , du lait concentré sucré, des trucs que j’ai pas identifiés un peu gélatineux et de la chantilly. Oui, ce n’est pas un dessert de régimeuse. J’en ai vu avec des petits flans ou des pana cottas. C’est rigolo mais relativement peu appétissant quand tu vois leur modèle en résine ne me fait jamais trop envie et j’aime bien savoir d’où on fait des desserts avec des pâtes.

Dessert japonais : le parfait

unagi

Unagi !!

Bref, on s’en met tellement plein la panse qu’en rentrant, on renonce même à l’idée de manger. Et quand on connaît Victor, on mesure ce que ça représente. On passe donc la soirée écrasés sur le lit à laisser nos corps au repos (ils en ont bien besoin),profitant de ce premier lit vraiment confortable depuis qu’on est arrivés.

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Kyoto : du Nijo-jo au temple Inari

Le 11 octobre – Kyoto, jour 1. Trop de choses à voir, je sens déjà qu’il faudra faire des choix. C’est pas grave, on reviendra. Donc commençons par un château, on aime bien ça et surtout, c’est à moins de dix minutes à pied de l’appartement. En route pour le Nijo-jo !

Château Nijo-jo de Kyoto

Construit pour héberger le Shogun Ieyasu dont je vous invite à découvrir l’histoire (on le croise souvent au Japon, ce nom, notamment au Château d’Osaka ou celui d’Himeji), ce château, qui a perdu son donjon si caractéristique, est très agréable à visiter, ne serait-ce que pour ses jardins. Pas mal de classes de primaire mais plutôt sages et un festival d’art contemporain. Le château en lui-même se visite rapidement (et sans chaussures), les tapisseries sont intéressantes mais surtout, le plancher couine méchamment. Légèrement parano, Ietsatsu avait fait monter les lames du parquet à l’envers pour entendre si quelqu’un approchait. Je confirme, ça marche bien.

Les jardins du château Nijo à Kyoto Les jardins du château Nijo à Kyoto Les jardins du château Nijo à Kyoto Les jardins du château Nijo à Kyoto

Deuxième étape de la journée : le temple Inari, assez réputé car le pèlerinage jusqu’en haut du mont Inari est couvert de toriis, ces portes de sanctuaire rouges, comme celle de Miyajima. Arrivés sur place, on souffle un peu : y a du monde ! Et tout le monde s’arrête en plein milieu des torii pour se faire prendre en photo, c’est le gros bordel. Heureusement, c’est un mont donc au bout d’une trentaine de marches, on a déjà largué les trois-quarts des visiteurs, retrouvant un peu de quiétude. Et là, va falloir trouver en nous la force d’oublier que ça fait 10 jours qu’on marche plusieurs heures par jour et pas forcément un bon pas… On grimpe doucement, étape par étape, se laissant la possibilité de faire demi tour, au besoin. Heureusement, il y a rarement plus d’une trentaine de marches d’affilée, beaucoup de paliers avec distributeurs de boissons. Et on s’en est bien servis au fur et à mesure de la montée ! Ça grimpait, il faisait super chaud et on était en jeans (on est en octobre, il n’est pas censé faire 29°). A un carrefour, Victor choisit une voie et on se retrouve pour ainsi dire seuls dans la montagne, à profiter à la cool des toriis et des petits sanctuaires parsemés dans la montagne.

Temple Fushimi Inari Kyoto Temple Fushimi Inari Kyoto Temple Fushimi Inari Kyoto Temple Fushimi Inari Kyoto Temple Fushimi Inari Kyoto Temple Fushimi Inari Kyoto

A la cool ? On grimpe tranquillement quelques volées de marches de ci, de là, ça tire un peu mais on gère. On commence à croiser des gens qui semblent venir du haut de la montagne, je reconnais quelques personnes croisées en bas. Ah, on doit s’approcher de la fin ! Et là… l’escalier de la mort. On ne voit même pas jusqu’où il monte ! Je me lance, pleine d’optimisme et d’enthousiasme (et de déni) :”non mais ça monte jusqu’au virage et c’est fini !” Et bien non. J’ai arrêté de compter les marches à 100, je dirais qu’à vue de nez, il y en avait bien le double. Alors qu’on approche de la mort, un vieux monsieur nous croise et nous dit que le sommet est proche, aaaah ! On grimpe les dernières marches et… bof. Encore un temple, un peu différent de ceux que l’on a croisés le long du chemin.

Temple Fushimi Inari Kyoto Temple Fushimi Inari Kyoto Temple Fushimi Inari Kyoto Temple Fushimi Inari Kyoto

Alors on redescend, petite vue sur Kyoto engluée dans la brume, une jolie descente au soleil couchant en choisissant systématiquement l’embranchement que personne ne choisissait. On erre un peu aux alentours du temple, c’est agréable. Une visite sympa qui illustre bien l’adage qui dit qu’un voyage, ce n’est pas juste la destination…

Bouddha au couchant #sunset #kyoto #japan #bouddha #statue #spirituality #zen

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Temple Fushimi Inari Kyoto Temple Fushimi Inari Kyoto Temple Fushimi Inari Kyoto Temple Fushimi Inari Kyoto Temple Fushimi Inari Kyoto Temple Fushimi Inari Kyoto Temple Fushimi Inari Kyoto

Un petit passage dans la gare monumentale de Kyoto, un petit gueuleton sympa et retour à l’appart pour se reposer car le lendemain, on se lève tôt pour filer à Nara.

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D’Hiroshima à Kyoto

Le 10 octobre – Petite journée entre deux villes, Hiroshima et Kyoto. Levés un peu tard (08h40, une belle grasse mat’), on prend le temps, rien ne presse. Au menu du jour : aller jeter un oeil au château d’Hiroshima, jeter nos valises à la gare, faire le tour du Memorial Park puis retourner à la gare prendre un train pour Kyoto.

Le château étant à deux pas du AirBnB, nous partons avec nos gros sacs sur le dos. On traverse et là, on tombe sur un groupe de piétons qui attend patiemment le feu vert pour traverser la rue perpendiculaire… qui était coupée ! Ok… Je n’avais pas vu grand chose sur ce château et on s’attendait à un truc un peu pourri mais il était tout à fait charmant. Evidemment, c’est une reconstruction, le vrai ayant été rasé lors du bombardement…

Hiroshima - Le château

Hiroshima est une ville que je trouve très agréable, essentiellement parce que ses trottoirs sont très larges, j’avais comme un sentiment d’espace que je n’avais pas ressenti à Tokyo ou Osaka. Un peu plus de respect pour leur cours d’eau, aussi, il n’était pas enterré sous une route ou une autre. Mais l’Histoire est omniprésente, Hiroshima est un symbole de paix à elle seule. Et il y a évidemment le Memorial Peace Park, juste à côté du A Bomb Dome, les restes de la préfecture détruite par le souffle de la bombe qui a éclaté 600 mètres plus haut.

A bomb dome à Hiroshima

Un peu plus loin, des classes d’enfants se succèdent devant un monument à la mémoire des enfants d’Hiroshima tués par la bombe. On continue pour arriver au memorial en lui-même avec sa flamme qui ne sera éteinte que le jour où toutes le armes auront été éradiquées. C’est pas demain, quoi…

Memorial Peace Park à Hiroshima

Forcément, en se baladant dans la relative quiétude du parc (beaucoup d’enfants dont certains sont venus nous parler en anglais), on se sent un peu écrasés par le drame qui s’est joué ici, sa violente inutilité, aussi. Mais l’actualité nous rappelle assez régulièrement que l’Homme a tendance à ne pas trop apprendre de ses erreurs…

Le Péage Memorial Park d’Hiroshima #japan #hiroshima #memorialpark #peace

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Chat à Hiroshima

On finit ce petit tour d’Hiroshima par un déjeuner à base de soba, des nouilles au sésame, encore une jolie découverte ! On se balade dans quelques passages marchands, une des grandes spécialités des villes japonaises. Enfin, nous n’en avons pas croisé à Tokyo mais à Osaka et Hiroshima, ça pullule. On admire les chaussettes (j’adore les chaussettes japonaises), on traînasse dans un magasins de produits dérivés d’animés (avec un joli rayon manga… Je crois que je vais me mettre à en relire à mon retour). Un peu cher, forcément, mais bien sympa.

Soba

Jouir de bijou, boutique japonaise à Hiroshima

Hihihi

Retour à la gare pour un voyage Hiroshima-Kyoto avec petit pic de stress à la gare Shin Osaka avec cinq petites minutes pour notre changement de train. Moi qui suis du genre à totalement stresser pour les transports, imaginez ma sérénité. Mais on a assuré, mission accomplie. 12 minutes plus tard, nous voici à Kyoto. On se précipite dans notre AirBnB bien confortable malgré l’éternelle salle de bain en plastique honnie par Victor (moi, je n’aime juste pas que le rideau de douche se colle à moi car le bac de douche est souvent très étroit. On s’étale sur le lit pendant deux bonnes heures, harassés. Un petit bento et au lit, Kyoto nous attend.

Bento acheté à la gare de Kyoto

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La claque japonaise

Ceux qui me suivent sur Twitter et encore plus Instagram ont pu le découvrir en direct : je suis partie 3 semaines au Japon. 3 semaines, les vacances les plus longues depuis que je bosse. Je débute l’écriture de cet article avant d’être retournée au boulot mais je sais déjà que je vais mettre du temps à me remettre de cette claque japonaise. Je reprends l’écriture une semaine plus tard, je flotte encore.

La claque japonaise - Le torii de Miyajima

Cette fois-ci, j’ai essayé de bien faire les choses pour partager le récit de mes vacances : j’ai écrit un journal. Il faut savoir que depuis ma séance d’écrito-thérapie avec Bernard Werber, je suis résolue à écrire tout le temps sur tout. Mes prochaines étapes : acheter des cahiers pour journal intime et journal des rêves. Donc je vais vous partager un récit jour après jour du Japon, si ça vous intéresse (si ça vous intéresse pas, je publierai le mardi, je pense, suffira de pas venir).

Ecrire dans le Shinkansen, Japon

Mais en attendant que je retape tout, j’ai envie de vous livrer de façon brute mon ressenti du Japon, je vais même pas essayer de ranger ça, je le veux brut de décoffrage. Alors avant d’aller plus loin, je vais être claire : oui, j’ai adoré, oui, j’y retournerai, on a déjà des plans avec Victor. Surtout qu’en se démerdant bien, c’est pas si cher, le tout est de trouver la promo parfaite sur l’avion, couplé au JR pass pour se déplacer dans et entre les villes. Côté hébergement, les AirBnB sont aussi une bonne façon de faire des économies même si vous ne rencontrerez aucun de vos hôtes. On n’a pas eu le temps de tout faire de toute façon, notamment Kyoto où on a eu un temps assez moisi et puis le Mont Fuji qu’on n’a pas bien vu et puis Okinawa a l’air cool et puis Sapporo et puis… et puis… Et puis tout. Evidemment, le souci majeur par rapport à la Grèce ou l’Italie qu’on aime d’amour, aussi, c’est qu’on peut pas y aller juste quelques jours. Mais voilà, le Japon, ça fait une semaine qu’on est rentrés et je suis encore dedans.

Alors déjà, on va aborder direct la question qui m’a été le plus souvent posée après le “c’était bien”, c’est le “c’est vrai qu’ils sont polis”. Oh que oui et faut vraiment qu’on importe ça, ici. C’est pas tant de la politesse que du savoir vivre et du savoir faire attention au bien commun. Du coup, tu évolues dans une bulle beaucoup moins agressive. Laissez-moi vous expliquer : quand tu attends le métro, le train ou à n’importe quel endroit où tu fais la queue, personne ne va te bousculer ou tenter de te gruger (enfin, les Japonais, les touristes, ça peut être une autre histoire) et MON DIEU que c’est reposant. Moi qui déteste faire la queue ou suis énervée neuf fois sur 10 quand je prends le métro parce qu’il y a toujours un connard ou une connasse qui débarque sur le quai au moment où le métro entre et se pose devant tout le monde, y compris ceux qui ont déjà dû laisser passer une rame ou deux ou ceux qui restent le cul vissé sur les strapontins en toutes circonstances (faudra que j’écrive un jour un plaidoyer sur le retrait des strapontins dans le métro), là, ça allait. Oui, ok, y a l’effet vacances qui est non négligeable mais même dans les endroits où il y a une foule de dingue, personne ne te bouscule, les gens restent de leur côté de circulation et t’évitent naturellement. Alors y a des petites nuances à apporter : une fois dans le métro, y a plus de pitié : je ne les ai pas vus céder la place aux vieux et ils se posent un peu là où ils sont, sans forcément chercher à fluidifier les entrées et sorties de la rame. Ils ne sont pas dans la même amabilité que nous, non plus. Ils sont hyper enjoués dans les rapports commerciaux, on va dire, ce qui est hyper agréable, mais dans la rue, les gens détournent le regard et quand tu leur souris parce que tu leur cèdes le passage ou qu’ils te le cèdent, ils passent en baissant le regard. Ceci étant, les touristes Italiens aussi… (je n’aime plus beaucoup les touristes italiens, maintenant, j’avoue, il y en avait pas mal et je les ai trouvés pas très sympas).

Shibuya Tokyo

Autre question qui revient souvent : les toilettes technologiques. Alors oui, globalement, toutes les toilettes ont des petites lunettes chauffantes et vous pouvez activer un jet et certaines sont même équipées d’un petit lavabo incorporé. Dans les apparts un peu froids, le siège chauffant m’a rendue bien heureuse. Dans certains WC publics, vous pouvez même lancer un petit bruit d’eau… Alors moi sur le coup, j’ai pas compris, je voyais pas trop l’intérêt du bruit d’eau pour me stimuler… Je veux dire, je suis aux toilettes, j’ai pas tellement besoin d’encouragement quoi. Mais en fait, non, c’est pour dissimuler le bruit de vos flux… C’est un peu charmant et délicat (bon, moi, j’ai trouvé ça un peu stressant, le bruit d’eau, j’ai cru qu’il y avait une fuite). Par contre, il y avait rarement du savon au lavabo et encore moins de quoi se sécher mais sans doute parce qu’en utilisant le petit jet pour s’essuyer, ils ne se lavent pas les mains, je sais pas…

WC japonais

Non mais on rigole mais c’est hyper écolo ce truc

Autre point hygiène qui m’a rendue folle : les reniflements. Ils ne se mouchent pas. Selon Victor qui a parlé à un de ses potes qui a vécu là-bas, il est extrêmement mal poli de se moucher en public. Nous avons donc partagé le train avec un monsieur qui a reniflé pendant vingt minutes. Et ça s’est arrêté parce que nous sommes arrivés à destination, pas parce qu’il a fini par céder à la tentation du mouchoir.


Tant de choses encore… Les trains, le thé matcha, la bouffe en général… Je vais en avoir pour trois mois à tout raconter !

 

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