Quelle plaie ces touristes !

Sartre a dit : « L’enfer, c’est les autres » et s’il a tort grammaticalement parlant, sur le fond, c’est un peu ma citation fétiche tant elle est vraie. Même si quand je dis ça, je prends le contrepied de ce que voulait dire Sartre mais on va pas chipoter, on n’est pas en cours de philo, là. Je n’aime pas les autres, ils ne font rien qu’à m’empêcher de faire ce que je veux.

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Là, plus les jours passent et plus les touristes affluent et j’ai des envies de touristicide. Par exemple mercredi, nous nous rendons aux îles Lavezzi au sud de Bonifacio. Entre nous soit dit, c’est sympa 5 mn mais après… On retourne au bateau qui nous ramène à Bonifacio, bateau qui doit nous faire une petite balade d’une heure en passant par l’île des milliardaires (aucun intérêt), longer les falaises de Bonifacio et finir dans une grotte. On arrive assez tôt à l’embarcadère pour avoir une bonne place quand arrivent 2 familles très Lequennois dans le genre (parmi les enfants 2 Margaux, un Brieuc, une Camille. L’avantage de croiser ce genre de famille, c’est que j’allonge à chaque fois la liste des prénoms à ne pas donner à mes enfants. J’ai entendu Amenory aussi. Par contre, Camille, j’aime toujours bien notamment en référence au Mépris de Godard tiré d’un roman de Moravia. Même si dans le roman, Camille s’appelle en
fait Emilia). Bref les Lequennois nous grillent la politesse et pendant l’heure de bateau où nous sommes censés découvrir les falaises de Bonifacio, moi, je ne vois que le dos du père et impossible de prendre la moindre photo sans que les deux starlettes de la famille posent. Vous êtes bien mignonnes les Margottes (ou pas, d’ailleurs) mais aux dernières nouvelles, vous ne faites pas partie de ma famille donc dégagez de la photo, merci. A la fin, je renonce même à l’idée d’en faire, peu motivée pour jouer à la plus conne.

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Mais eux, ils ne sont rien par rapport au touriste le plus insupportable au monde : l’étranger. Selon le lieu de villégiature, ce n’est pas le même mais il a grosso merdo le même comportement partout. Comme il n’est pas chez lui et qu’il parle une autre langue, il se pense dispensé de respecter les codes de la politesse. Attention, quand je dis ça, je considère naturellement que les Français à l’étranger ne sont pas mieux. Je vous renvoie à l’article de Jane sur le sujet, très éclairant. Mais ce qui est « drôle », c’est qu’en vacances « chez nous », on peut vite devenir xénophobe avec cet autre qui débarque en masse. Par exemple en Corse, tu soulèves un caillou, tu trouves un Italien. Et les Italiens que j’ai croisés n’avaient rien de l’image raffinée de séduction qu’on veut bien leur donner. C’était plus de l’Italien « confessions intimes » avec Kro à la main (ou assimilé), bermuda qui arrive à mi hanche avec maillot de couleur vive dessous qui
dépasse bien, qui parle très fort et te marche un peu dessus parce qu’ils sont plein et que tu es peu. Combien de fois avons-nous dit, sur le ton de la plaisanterie mais pas tant que ça : « Ah, la voiture garée n’importe comment, je te parie que c’est un Italien. Gagné ! Et le mec qui roule comme un con, encore un Italien ? Gagné ! Et le groupe qui fout un bordel monstre sur la plage semi déserte en criant, des Italiens ? Et bien oui. Alors voilà, les Italiens étaient les ennemis à abattre de la semaine. Pourtant, en temps normal, je n’ai strictement rien contre les Italiens dont j’apprécie la culture, le pays, la générosité. On peut bavasser sur leurs choix politiques plus discutables mais j’ai pas très envie. Quoi qu’au passage, ça m’a quand même pas mal fait rire de voir tous les Français se moquer des Italiens avec leur Berlusconi. Maintenant, nous, on a Sarko… On repassera pour donner des leçons de morale.

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Je parle des Italiens en Corse mais y a quelques années, c’étaient les Espagnols à Font-Romeu, sans parler des Allemands ou Hollandais qui bombent comme des tarés sur l’autoroute… Je pense qu’on peut tous avoir ce discours sur un type de touristes donnés. C’est prouvé scientifiquement (ou sociologiquement), en vacances, on lâche du lest et plus on s’éloigne de chez soi, plus on oublie les conventions sociales. Moi la première, hein, plus je pars loin, plus mon look devient alternatif, par exemple. Mais du coup, autant j’ai trouvé naturel de me balader en micro tenue pendant toutes les vacances avec un chapeau improbable, autant dimanche soir, de retour de la plage avec Vicky, le micro short et le bustier option épaules nues, j’assumais un peu moins, déjà…

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Mais bon, à l’arrivée, peut-être que le problème, ce ne sont pas les Italiens, Espagnols, Allemands ou Dieu seul sait qui. Peut-être qu’une fois de plus, je suis victime de ma foulophobie et que j’aimerais être seule et tranquille pou pouvoir profiter en toute sérénité.

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