L’intimité de la première nuit

La première fois avec cette personne que vous convoitiez, ce n’est pas seulement une découverte physique, des corps qui se touchent, se caressent, se pénètrent. Il y a aussi naissance d’une bulle, une sphère dorée propre aux amants : l’intimité.

Souvenez-vous de votre première nuit avec cet autre. Repus d’amour, allongés dans le même lit l’un contre l’autre, dans la pénombre, voilà que les langues se délient. Mais la conversation prend un tour et une profondeur différents. On ne parle plus à l’objet de notre convoitise mais notre nouvel amour. Il est certes ambitieux de parler d’amour des la première nuit mais on est dans le cadre d’une histoire d’amour, je rappelle.

Dormir ensemble crée une nouvelle proximité. Entendre l’autre sombrer dans le sommeil, le regarder alors qu’on s’éveille avant lui abandonné dans les bras de Morphée. Plus de jeux de séduction, d’œillades torrides et complices, il/elle est là, brut(e).

Et puis il y a le premier matin. On n’est jamais sexy au petit matin avec la figure chiffonnée, les cheveux en bataille, l’haleine alternative et le mascara au niveau des joues pour celles qui n’auront pas osé briser cette bulle dorée de la première nuit pour aller se démaquiller. Déjà aller faire pipi, c’était limite… Les gens sont parfois différents au réveil. Il y a les hyperactifs volubiles qui font le café, le jus d’orange pressé et les toasts en même temps tout en vous racontant mille choses et ceux qui ne réalisent pas tout à fait qu’ils sont levés et que la journée est déjà commencée et qui n’aspirent qu’au calme et au silence (genre : moi). Ou encore ceux qui répètent un étrange mantra en boucle : café… Café… Café… Forcément, si un volubile s’accouple avec un adepte du silence, ce premier réveil risque d’être… Violent.

Fin du petit dej, embrassades sur le pas de la porte ou sur le quai du métro. « On se revoit bientôt ? » « Oui… »

PS : J’adore tellement ce gif… J’aimerais l’utiliser tout le temps

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L’étalon du dimanche soir

Avertissement : cet article ne va pas parler de mon activité sexuelle du dimanche soir. Même si c’est vrai que j’aime bien planifier une petite coquinerie ce
soir là, ça me détend pour le reste de la semaine et ça me permet de dormir, le dimanche soir, j’ai toujours du mal à me coucher, je suis décalée.

 Insomnie

Dimanche soir. Ca y est, il fait nuit, on est en première partie de soirée, les chaînes télé nous diffusent des films familiaux. Dans une poignée d’heures, j’irai au lit en appuyant sur le bouton du réveil car on va repartir pour le cirque du travail. A 7h, mon réveil va sonner, je vais grommeler, me dire que si je me levais, là, maintenant, j’aurais du temps pour faire plein de trucs. Genre écrire un ou deux articles de blogs, boire un jus d’orange pressé de mes petites mains (comme ça, je mange la pulpe et je suis bourrée de vitamines), prendre un peu de temps pour se bichonner, faire un crochet par la salle de sport pour une petite séance endiablée de vélo. Je sais que le sport le matin, c’est pas top, ça casse mais moi, j’y vois un avantage : du coup, la journée, je vais être toute zen vu que j’aurai pas d’énergie à dépenser dans des énervements inutiles. Bon, ok, je passe pas non plus mes journées à m’énerver
mais je suis sûre que certaines choses glissent mieux quand on n’a pas l’énergie de relever. Vous voyez ? Mais bon, je dis ça mais inévitablement, je finis par m’extirper de mon lit entre 8h15 et 8h30 en me disant que, merde, voilà, je suis à la bourre, je fais chier d’être une larve.

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Mais revenons au dimanche soir. De façon générale, je ne l’aime pas trop : je ne suis pas sortie de la journée, je pue (j’ai pas encore pris ma douche, souvent) , je suis habillée n’importe comment, si j’ai fait l’effort de m’habiller. Alors j’essaie déjà de rentabiliser le côté glamour : douche, gommage, masque capillaire et pour le
visage, utilisation de savon noir pour la peau toute douce. Bref, étape 1, se chouchouter et étape 2, avoir un appart dans un état tout à fait acceptable. C’est pas que je sois une adepte du feng shui mais il est vrai qu’un appart rangé est meilleur pour l’humeur.

 
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Mais le dimanche soir est un bon étalon de ma semaine en fait ou plutôt de mon week-end. En gros, j’ai les dimanches soirs « bouh, je suis une larve, j’ai rien
fait du week-end ! » et les dimanches « ouais, j’ai fait plein de trucs, je suis à jour, j’assure grave ! ». Ce que j’aime ces dimanches soirs, je pars me coucher le cœur
gonflé de ce merveilleux sentiment de travail accompli. Parce que j’ai toujours de folles ambitions pour mes week-ends : écrire mes articles de la semaine, finir de préparer le nouveau blog des vingtenaires (je dois faire la bannière et modifier quelques trucs), me mettre au dessin, faire du sport, faire du ménage, faire des courses, avancer sur des projets persos. Je fais pareil pour les vacances, je prévois des milliers de trucs, je n’en ferai pas la moitié. Je suppose que j’aime la possibilité de faire quelque chose et que sado masochisme naturel me pousse à m’en
vouloir de ne pas tout faire.

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Mais parfois, même quand je ne fais pas tout ce que comporte ma to do list, je suis contente. Hier soir, par exemple : appart propre, corps lavé, gommé, qui
sent bon et qui est tout doux, cheveux qui brillent de propreté, articles programmés. Evidemment, j’ai pas fait la bannière mais j’ai eu un concept qui m’emballe (c’est déjà bien), j’ai pas fait de sport et j’ai trop joué à Yahoo ! jeux (y jouer, c’est déjà trop) MAIS le bilan reste positif.

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Le week-end prochain, présence parentale oblige, je vais pas arrêter. Limite, j’ai envie de poser mon lundi suivant histoire de rentabiliser mon week-end… L’étalon
du dimanche soir le lundi, ça marche aussi ?

 

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Workin’ girl

Comme tu le sais, lecteur, depuis un mois maintenant (juste ciel, que ça passe vite !) je suis en stage. Bon, évidemment, c’est un stage donc sous payé mais déjà payé. Surtout que l’association vient d’être créée et les mecs me payent de leur poche. D’ailleurs, samedi, j’ai eu mon premier salaire, en liquide. Oui, la préfecture n’ayant toujours pas fourni de récépissé, l’association ne peut ouvrir un compte en banque et me payer avec les sous qu’il y a dessus. Que fais-je ? Je travaille sur la problématique de la place des jeunes dans la société et leur sous-représentation dans les milieux économiques, politiques et syndicaux. Plus concrètement, je fais une revue de presse deux fois par semaine sur le sujet (au début, c’était quotidien), je rédige des articles à partir de synthèses du CEREQ ou autres, je prépare des interviews que je ferai par la suite, je mets sur le site mes articles et ceux des autres et je me retrouve même attachée de presse officielle de l’association. Et j’interdis aux quelques journalistes mâles qui traînent sur le blog de dire que, du coup, je suis devenue très intime avec des tas de journalistes. Je m’appelle pas Elsa Linux, moi, je suce que si je veux (et qui je veux). Donc pour 300 euros par mois, vous avez une Nina journaliste, webmastrice et attachée de presse. Quelle promo !

 

Ce boulot a des avantages et des inconvénients. D’abord, je travaille chez moi ce qui fait que je ne perds pas de temps dans les transports. A peine levée, habillée, nettoyée, je peux me mettre à bosser avec mon petit capuccino et mes biscuits petit déjeuner au chocolat et céréales. Des fois, je me fais aussi un petit jus d’orange pressé maison. Comme je suis libre de mes horaires, je déjeune de temps en temps avec Gauthier ou Sab, je dois voir Zoé aussi pour qu’on se remette à jour côté potins. Mais travailler à domicile, c’est ne voir personne. C’est passer la journée devant un ordi à communiquer avec l’extérieur que par ce biais là. Et y a des jours où c’est un peu pesant. La seule différence avec ma période de chômage, c’est que je n’ai pas le droit de me lever après midi (déjà, après 9h, ça craint du boudin) et que j’ai des choses à faire donc les journées passent à la vitesse la lumière et c’est pas plus mal. En plus, comme je bosse chez moi, je n’ai pas tellement de frais de bouffe et tout ça, sauf quand je vais manger avec Gaugau, je peux traîner toute la journée en jogging et T-shirt, ne même pas me maquiller… Mais du coup, je fume beaucoup plus que si je travaillais dans un bureau avec obligation de sortir pour avoir ma dose de nicotine.

Par contre, ce qui me fait très peur dans ce boulot, c’est qu’il me rende un peu dépressive. Pourquoi je dis ça ? C’est très simple : tous les jours, je travaille sur le fait que nous sommes une génération qui n’a aucune chance d’atteindre le niveau de confort de la précédente. Que nos salaires serviront surtout à aider nos parents à avoir leur retraite. Que nous finirons par perdre les acquis sociaux de nos parents genre la retraite, les 35 heures… car sinon, on va droit dans le mur. Je lis tous les jours qu’il n’y a pas de place en politique pour les jeunes, que les éléphants du parti, comme ils aiment dire, refusent de céder leur place. Et dans les syndicats, c’est encore pire : la moyenne d’âge est de 57 ans ! D’ailleurs, vous remarquerez que pour le CPE, les syndics ont fait grève en annonçant qu’ils se battaient « pour leurs enfants », ça montre bien l’âge des syndiqués. Quant au marché du travail, même pas la peine d’en parler, plus je lis et plus j’ai envie de changer de branche. Pourquoi j’ai pas fait une école de commerce hein ? Bon, certes, je suis aussi motivée par le commerce que par le curling mais bon, ça ouvre plus de portes que la fac. Mais bon, pas de panique, le chômage des jeunes a baissé. Mais on reste quand même les premières victimes, youpi you ! Elle est où la Seine ?

 

Sinon, dans l’asso, je ne vois surtout que les deux chefs, Simon et Michel et même carrément plus Michel. Il m’a à la bonne, lui, on s’appelle deux à trois fois par jour pour le boulot, vaut mieux qu’on s’entende. Samedi, on s’est fait une petite réunion à une terrasse de café, on a surtout parlé de la société actuelle et tout ça… Bref, j’ai la côte mais je ne sais pas pourquoi, trois hypothèses :

– je suis trop belle, il veut m’épouser (mais c’est pas du tout réciproque)

– je suis trop intelligente et il est super fan de moi, il adore qu’on discute ensemble

– il est homo et sent la gay friendly en moi. Oui parce que j’ai des doutes. D’abord, j’ai trouvé chez lui les mêmes allumettes que la boîte gay où on va. Puis sa sonnerie de portable, c’est Madonna. Ca, si c’est pas une preuve à charge !

Toujours est-il qu’un mois plus tard, il y a encore plein de gens que je n’ai pas rencontrés comme le concepteur du site, le photographe-graphiste, la nana qui travaille sur les solidarités intergénérationnelles… En fait, ce qu’il y a de fantastique dans cette asso, c’est que je suis vraiment la prolétaire de service. Petit extrait d’un dialogue en réunion :

« Ce serait bien qu’on parle à quelqu’un du Ministère de l’Education. Tu connais personne ?

– Si bien sûr. Je connais aussi le vice-président de ni pute ni soumise, un directeur de cabinet, mon ex est réalisateur de clips vidéos… »

C’est simple, dès qu’une phrase commence par « tu connais pas quelqu’un qui… », je n’écoute pas la fin. Je n’ai pas d’amis dans les ministères ni dans les hautes sphères. Je connais plein d’étudiants, par contre, s’ils veulent, mais y en a pas besoin. De la même façon, quand ils commencent : « ouais, je vais le contacter par les anciens d’HEC. Nina, si tu as besoin, je te filerai ma carte Science Po pour aller à la BU », moi, je regarde en l’air. Et quand ils parlent de leur week-end, c’est du « oui, là, je bosse pour mon 5ème DEA. » Heu… Moi, j’en ai même pas un. Bon, ben je suis définitivement complexée.

 Seul point qui me rassure : toutes les nanas de l’asso sont canons. Je pense avoir été recrutée uniquement sur mon CV et mon talent lors de l’entretien mais j’espère être au niveau de ces demoiselles. Après tout, si on m’a pris pour faire l’attachée de presse, c’est que je dois assurer et être toute séduisante ! (lectrice, si tu es attachée de presse, ne le prend pas comme une attaque personnelle).
 

Encore trois mois. Un trimestre. C’est bon de pas se préoccuper de son avenir pendant une petite période, c’est reposant. Enfin, si, je m’en préoccupe mais je suis plus sereine. En plus, petit élément super flatteur. L’autre soir, le directeur de publication d’un webzine où je bosse vient me parler sur MSN, il me demande gentiment ce que je deviens, je lui raconte ma vie et il me fait : « tu sais, tes articles et ton talent nous manquent. Tu comptes revenir ? A moins que tu trouves que notre petite structure ne convient plus à ton talent ». Ohlala, je deviens une vraie star, moi. Je ne compte pas abandonner le webzine, faut que je gère tout en même temps. Parce que, mine de rien, changer de sujet de temps en temps, ça fait du bien. Et se sentir désirée à ce point, ça motive. Se sentir à la hauteur, voilà un sentiment qui me va comme un gant.

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