La Reine de la Baltique de Viveca Sten

Ou “comment je me mets aux polars suédois”

Ce que j’aime le plus dans la lecture, c’est de varier les plaisirs. Mais un genre me laisse toujours un peu dubitative : le polar. J’aime les polars quand ils sont bons et que je suis embarquée dans l’histoire, c’est une lecture parfaite pour les vacances. Mais si j’arrive à deviner le coupable avant la fin, terminé, déception.

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Après avoir dévoré Millenium, ma dealeuse de littérature (ma maman) me conseillait donc “La Reine de la Baltique”, un polar suédois, donc. Effectivement, je l’ai dévoré en quelques jours.

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L’histoire : Un corps est retrouvé sur la plage de Sandhamn, au large de Stockholm. L’inspecteur Thomas prend l’affaire en main, secondé par Nora, sa meilleure amie qui n’est pas policière mais avocate. Alors que l’enquête avance, un nouveau corps est trouvé…

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On a donc une multiplication des meurtres dans une petite ville où tout le monde se connaît, la suspicion est partout. Ca ressemble presque au téléfilm policier du samedi soir pour France 3. Et c’est un peu là que le bât commence à blesser. Si l’enquête est intéressante, on est noyés de scènes sans intérêt sur la vie privée des personnages : pendant que Thomas pleure sur l’enfant qu’il a perdu d’une mort subite du nourrisson et sur le divorce qui a suivi, Nora est en pleine crise conjugale avec son mari peu compréhensif. Vous allez me dire que ça sert pour poser la psychologie des personnages. Ok, soit.

Un téléfilm de France 3

Un téléfilm de France 3

Mais nous avons aussi un souci de “syndrome de Julie Lescaut” ou toutes les fictions TF1, pour ce que j’en connais. Vous savez, dans un épisode de Julie Lescaut (ou la famille Cordier, Navarro et tutti quanti), il y a toujours une intrigue à la con qui implique systématiquement une des filles de Julie, sa voisine, sa pote, la copine d’un de ses lieutenants… Bref, dans ce genre de série, on crache joyeusement à la gueule de la théorie des 6 degrés de séparation, tous les criminels de Paris sont à maximum 2 degrés de séparation de notre super inspectrice. De la même façon, dans les Cordier, le fils juge ou la fille journaliste étaient systématiquement pris en otage par le vilain de l’histoire*…Chez Viveca Sten, c’est un peu pareil. Je veux bien croire que l’île de Sandhamn n’a pas un million d’habitants mais qui va trouver un cadavre en allant se baigner tranquillement ? Mais oui, c’est notre amie Nora. AH BEN CA ALORS !

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Et malheureusement, j’avais deviné l’identité du tueur avant la fin alors que je ne suis pas particulièrement douée en la matière, du moins sur la lecture d’un premier roman. J’avais chopé le schéma type de Mary Higgins Clark étant ado puis celui d’Agatha Christie parce que j’en avais lu un certain nombre (et pour MHC, j’ai pas trouvé de suite car j’avais 15 ans). Alors je ne sais pas si j’ai trouvé parce que c’était facile ou parce que j’ai appliqué ma stratégie du “y a un personnage qui sert pas à grand chose, là, ce serait-il pas lui l’assassin ?” mais du coup, à l’heure du twist final, te voilà légèrement désappointé.

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Mais ne crachons pas trop dans la soupe non plus. Ce livre se lit rapidement et agréablement et ça me donne toujours violemment envie de me faire un petit trip en Suède et un livre qui me motive à aller quelque part ne peut être tout à fait mauvais.

Mais ce roman servait surtout d’apéritif avant d’entamer la série des 8 polars de Camilla Läckberg…

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Je vous en parle bientôt !

 

* Bon ok, je dois confesser que je n’ai pas vu beaucoup d’épisodes, je matais ça chez ma grand-mère, petite, quand on y allait une fois par mois mais on va dire que je sais de quoi je parle.

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Le cercle de Bernard Minier

En vacances, je lis. Donc dans ma valise, on retrouvait notamment « le cercle » de Bernard Minier, suite de Glacé. On suit toujours les aventure de Martin Servaz, lieutenant de police à Toulouse qui doit cette fois ci qui a tué la belle Claire, professeure à la très fameuse prépa de Marsac.

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J’étais plutôt contente de retrouver Minier qui déroule ses histoires dans mon sud ouest adoré. Niveau suspense, l’enquête reste développée avec brio même si le twist final (que je ne raconterai pas bien sûr) m’a un peu laissée pantoise. On retrouve donc Servaz, ses adjoints Esperandieu et Samira Cheung, la gendarmette Irène Ziegler et l’ombre menaçante du serial killer Julian Hirtmann. Minier est sympa, il pense à ceux qui n’auraient pas lu son premier opus et rappelle qui est qui. Parfois un peu lourdement mais bon, ça passe. Mais revenons en à l’intrigue parce que les personnages, c’est sympa mais ce n’est pas le cœur du polar.

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(photo piquée sur le site de Bernard Minier himself)

Le jeune Hugo est retrouvé, hagard, au bord de la piscine de Claire, sa prof. La jeune femme a été tuée de façon atroce : attachée puis plongée dans sa baignoire où elle s’est noyée, une petite lampe enfoncée au fond de sa gorge. Dans sa piscine flottent ses poupées de porcelaine. Hugo prétend avoir été drogué et qu’il n’a pas tué la jeune femme, il ne comprend pas… Servaz est appelé par la mère du jeune homme qui est, incroyable, le grand amour de sa jeunesse. Servaz va donc mener l’enquête qui va le conduire dans la très prestigieuse prépa de Marsac où étudie comme de par hasard sa fille. Oui, le léger côté Julie Lescaut qui m’avait fait un peu tiquer revient à fond les ballons dans ce deuxième opus et ça gâche pas mal le plaisir…

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Sans parler de la sanctification de Servaz. Là, ça devient franchement agaçant. On apprend que le flic était le meilleur de la fameuse prépa de Marsac qu’il a dû abandonner suite au suicide de son père (élément cohérent avec le premier tome). Pendant l’enquête, il croise d’anciens camardes qui ne cessent de lui répéter à quel point il était beau, doué, le meilleur d’entre eux. Je serais presque tentée de résumer par un : toutes les femmes hétérosexuelles le désirent, tous les hommes l’envient. Pourtant, notre héros a un potentiel gros con assez élevé, son allergie à la modernité est limité gonflante : il vomit le rock, le foot, les téléphones portables, tout ce qui n’est pas musique classique (Mahler, le reste, il n’a pas l’air d’apprécier non plus) lui file des boutons. Ce qui est assez curieux, c’est qu’en contraste, les autres n’écoutent que du rock des plus bourrins…

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Bref, l’enquête se laisse suivre sans problème même si je la trouve moins bien ficelé que la première et j’avais eu l’intuition du vrai coupable en partant dans un délire total. La fin laisse penser à un 3ème volet que je lirai, en espérant que Super flic soit un peu moins le meilleur du monde…

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Plus belle la vie, la série über progressiste

Je l’avoue, je ne suis que peu la série Plus Belle la Vie, essentiellement parce que je suis rarement chez moi à 20h en semaine. J’essaie de comprendre qui est qui et qui fait quoi mais arriver 8 ans (je crois) après le début de l’histoire, c’est coton pour tout comprendre. Surtout que j’aimerais savoir qui a eu la géniale idée d’appeler les Dupond et Dupont de la série « Jean-Paul » et « Jean-François », comment tu veux que je les confonde pas !


Je ne vais donc pas m’adonner à mon vice, celui de me moquer des séries car je n’en sais pas assez, je n’ai que des bribes d’histoires, des anecdotes pas très parlantes. Bien que je me demande avec qui l’actrice qui fait la serveuse n’a pas couché pour être cantonnée à un rôle de dépressive n’ayant plus dans sa vie qu’un chien. Dur. Donc passons sur les scénarii rocambolesques (il s’en passe des choses à Marseille dis donc) pour en venir quand même à un truc que je tiens à saluer : Plus Belle la vie est progressiste. Et je vous illustre ça :
L’amour intergénérationnel
Dans Plus Belle la Vie, l’amour transcende les âges. Des histoires que j’ai suivies, Blanche se tape le fiancé de sa fille Johanna puis Estelle l’esthéticienne qui va rouler des pelles au vieux propriétaire de la compagnie de ferries mais je ne me souviens pas du tout de son nom. Là, y a rien de bien incroyable, passons donc à la suite.


Les couples mixtes
Là, déjà, on est un peu plus dans le progressiste : contrairement aux soap opéras américains, ça se mélange sec entre personnes d’origine ethniques différentes. On a par exemple Estelle(toujours l’esthéticienne, oui) et Jawad, Abdel (je crois. Je retiens pas son nom mais je le laisserais bien faire me faire du bien) et Barbara, Jean-Paul et Samia, Laurence et le docteur dont j’ai oublié le nom… Une des principales héroïne a un enfant métis… Bref, l’origine ethnique n’est pas une barrière et ça, c’est une putain de nouveauté sur ce type de programmes.


Les couples homos qui ont même des enfants
Il y a aussi des gays dans Plus Belle la vie. Y a le barman, déjà, qui a au passage une coiffure épouvantable. Bon, il a un côté Diva Passiva un peu fatigant, ça fait très « la pédale clichée » mais son compagnon, par exemple, est docteur. Et a adopté un enfant avec son ancien compagnon. Bon, ça se passe mal là parce que si j’ai bien tout compris, son ex ne veut plus que le docteur voit son fils car il n’a pas digéré la rupture. Mais le gamin, ado maintenant, n’est pas traumatisé par l’homosexualité de ses pères (mais plus par les relations conflictuelles entre eux mais comme tous les gosses de cette série vu qu’ils divorcent tous. Ceci étant, il doit être beaucoup plus équilibré que les enfants Newman qui n’arrêtent pas de se marier avec les exs de leurs parents et vice et versa d’ailleurs. Va comprendre…).


Une série où les ethnies se mélangent, les homos s’aiment et élèvent des enfants, je veux pas dire mais c’est quand même pas partout, surtout dans les séries françaises. Vous imaginez Julie Lescaut se faire trousser par Mouss Diouf sur son bureau, vous ? Si je reprends deux univers de série phare, c’est quand même pauvre en homosexualité et mixité …


Sous le Soleil : Jessica a beau avoir adopté un enfant noir, y a pas des masses de « minorités visibles » dans le lit de nos héroïne. Y en a bien une qui a une aventure avec un gitan (la même Jessica je crois) mais en dehors de ça, c’est blanc, blanc, blanc… Et pour les gays, y a bien eu le mec qui était d’abord le prétendant de Laure avant de découvrir qu’il était son frère alors on peut se demander si, dans la tête des scénaristes, son homosexualité n’est pas née de l’inceste qu’il a quasi commis (ils ont juste fait des bisous (je crois)).


L’univers AB : alors là, je maîtrise mieux. Côté gay, à part quelques personnages dont la sexualité est finalement peu exploré (Gérard des filles d’à côté qui finit hétéro en fin de compte), la seule question de l’homosexualité ressort surtout dans les histoires de cul des super nymphos (Audrey, Hugo et surtout Ingrid, la mante religieuse ultime). Quant aux couples mixtes, déjà, dans les premières années, on n’a même pas de Noir ou d’Arabe dans les séries. Puis vint le Miel et les Abeilles avec l’incroyable couple Marie (petite blanche bourgeoise) et Giant Coocoo, noir…et nain ! Mais les acteurs n’ont jamais échangé un baiser… On a ensuite un couple mixte dans une sitcom méconnue « L’un contre l’autre ». Dans Hélène et les garçons et ses avatars, Nathalie se tape un beau métis américain (mais plus par loi mathématique ou les 1 seuls se mettent forcément ensemble) puis blanc, blanc, blanc (même quand ils vivent dans les Antilles, ils côtoient quasi aucun Noir à part quelques figurants) puis ils nous sortent un Sri Lankais de nulle part qui sert d’hébergement à Hélène et Jeanne quand elles sont en galère avec Nicolas mais lui aussi aura sa petite blanche… Crystal, une prostituée.


Bref, je suis vraiment pas une spectatrice assidue de Plus Belle la Vie et vu que je comprends rien quand je tombe dessus, ça m’encourage pas… Puis je m’en fiche un peu en fait. Mais en ces temps de climat nauséabond où le racisme et l’homophobie s’assument sans complexe, voir un peu de mixité et d’homosexualité sans avoir l’impression que c’est juste pour un « alibi minorités visibles et tolérance », c’est déjà pas si mal

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