Quand l’acteur te gâche le film

Sous titre : J’aime pas Audrey Tautou.

Samedi 19h40, deux femmes errent, un peu perdues, devant le Gaumont Opéra. Au programme : matage d’une comédie romantique, Happy New Year. Sauf que, pas de bol, y a plus de place. Que faire ? Prohibons les films déprimants car c’est l’hiver et nos coeurs ne chantent pas vraiment la vie en ce moment. Alors nous avons le choix entre Une vie meilleure (je crois) et La délicatesse. Heu… Tu veux pas aller boire un verre plutôt ?

Ayant vu les acteurs de Une vie meilleure chez Drucker, j’ai l’impression que ce film sera chiant (comme tout ce qui passe chez Drucker, cette émission rend n’importe quoi chiant, le canapé rouge de Michel provoque irrémédiablement une distorsion du temps, t’as l’impression qu’il s’est arrêté. Mais pas comme dans mes rêves les plus fous où je pourrais arrêter le temps pour pioncer un coup, non, le temps s’écoule lentement pour rendre ton ennui interminable), j’opte donc à contre coeur pour La délicatesse. A contre coeur ? Oui, j’ai lu le livre que j’avais trouvé vraiment charmant mais de 1) je n’aime que très rarement les adaptations de livre au cinéma et surtout, de 2)… j’aime pas Audrey Tautou.

Est-ce que ce n’est pas un peu curieux de ne pas aimer un acteur quand on y pense ? Un acteur, à la base, c’est quoi ? Un individu qui offre son corps à un personnage, qui l’incarne. Un bon acteur, on ne devrait pas le voir lui, ou elle, mais ne voir que son personnage. Quand je regardais La délicatesse, ce n’est pas Audrey Tautou que j’aurais dû voir mais Nathalie, le personnage qu’elle incarne. Mais non, on ne voit que la Tautou et sa tête de poussin grognon d’avoir été réveillé trop tôt, sa maigreur, sa bouche boudeuse, ses grands yeux de Caliméro, ses (beaux) pulls Chanel. En regardant ce film, que j’ai apprécié au demeurant, je ne voyais pas Nathalie mais Audrey, je me sentais un peu trahie car la Nathalie du roman, je ne l’imaginais pas comme ça. Nathalie, c’est la douceur et la bonté, quelque chose de doux et d’irrésistible. Audrey nous l’a rendue agressive et capricieuse. Non, non, non, sors de ce corps Nathalie, va investir celui d’une autre actrice !

Le corps, justement, parlons en. Quand je lis un roman, je prête un corps aux personnages selon les caractéristiques physiques énoncées. Forcément, une adaptation ciné ne pourra jamais rendre fidèlement ce que j’avais en tête et on grince parfois un peu des dents. Dans Millenium version suédoise, le Michael Blomkvist m’a fait un peu tiquer, Daniel Craig correspond plus à ce que j’imaginais, déjà. Je me souviens avoir été traumatisée par la bande annonce de L’ennui avec Berling (aaaaaah Berling) et surtout Sophie Guillemin (sans parler de la présence d’Arielle Dombasle mais c’est une autre histoire). Je la trouvais atrocement nulle, molle et physiquement à l’opposé de Cecilia, le personnage du roman. C’est à dire que Cecilia est décrite comme une femme au corps d’enfant, dont les formes ne se dévoilent qu’une fois nue. Sophie, elle a un corps ultra féminin, nue ou habillée. Et puis finalement, j’ai vu le film et replacé Sophie/Cecilia dans le film et là, ça passe carrément, on retrouve la langueur lascive de Cecilia. Comme quoi.

A l’inverse, certains acteurs vont aller nous faire voir un film quoi qu’il arrive. Mais qu’est-ce qu’on aime (ou on déteste) chez un acteur ? Un corps, une voix, une attitude ? Un jeu bien sûr, on sent que certains acteurs ne viennent que cachetonner dans certains films, ils balancent leur texte comme d’autres balancent leurs ordures pendant une séance de ménage, c’est limite si on les entend pas soupirer à la fin de chaque scène : “au moins, ça, c’est fait”. D’autres à l’inverse incarnent leur personnage avec passion, ferveur. Parfois, ils ne font plus qu’un avec un personnage et on a du mal à les voir différemment. Genre Tautou, pour en revenir à elle, j’ai du mal à la voir autrement qu’en Amélie Poulain, petit être fragile et relativement asexué. Du coup, la pub Chanel sensée être sensuelle, non, j’y arrive pas.

Et puis finalement, est-ce parce qu’on starise trop ces acteurs, qu’on sait trop de choses sur eux, sur leur vie, qu’on n’arrive pas à oublier leur réelle identité pour leur donner celle de leur personnage ? Ou leur donner une identité différente de celle de leur plus fameux rôle ? Ou est-ce un défaut d’imagination, une incapacité à lâcher prise, à oublier que c’est Machin dans la peau d’un personnage. Je ne sais pas…

Mais toujours est-il qu’Audrey Tautou, je l’aime PAS. Mais certains acteurs ou actrices arrivent parfois à me faire changer d’avis.

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The Heathers


Ce qui est pratique avec Twitter, c’est qu’on peut tout demander dessus. Donc quand je bats le rappel pour avoir un titre de navet, c’est Lil Virgo qui me répond : « mate les Heathers ! ». Ok, un petit coup de baguette magique et le voilà sur le disque dur externe de Vicky (parce qu’on l’a regardé ensemble). Je précise que nous l’avons vu en anglais non sous titré, on n’est pas sûre de toute la compréhension de l’histoire mais je crois qu’on s’en est pas si mal sorties.


Alors au début, je m’attendais à un espèce de Gossip Girls des années 80, un truc qui se passe dans un lycée avec le classique clan des populaires et des autres. Dans ce film, nous avons le groupe des Heathers, trois nanas populaires très BCBG, on a Heather la rouge, la chef un peu, Heather la jaune et Heather la verte (Shannen Doherty pour celle là) et elles intègrent dans leur trio Veronica (Winona Ryder) qui est un peu différente vu que déjà, elle s’appelle Veronica, elle sera la bleue de service. Donc elles s’habillent selon leur couleur et joue au crocket tout en discutant.


Un soir, Veronica sort avec Heather la rouge à une soirée étudiante où Heather est très gentille avec un étudiant alors que Veronica non et elles s’engueulent. De retour chez elle, Veronica est très énervée et là, qui arrive par la fenêtre, façon Dawson ? Jessie, le rebelle de service (Christian Slater) qui a été renvoyé quelques jours de l’école pour avoir tiré à blanc sur deux footballers à la cantine (oui, il est très bien dans sa tête dès le départ). Après une partie de strip crocket, ils décident de tuer Heather la rouge pour venger Veronica. Ils vont chez elle, lui font boire du lait avec du produit bleu genre nettoyant et couic la Heather ! Veronica écrit une fausse lettre de suicide vu qu’elle sait imiter les écritures et c’est le cercle vicieux. Ils commettent un autre double meurtre puis Jessie pète les plombs et veut faire péter l’école en faisant passer ça pour un suicide collectif.

Ce film est juste totalement… surréaliste. Quand j’ai vu le teaser, je m’attendais à un film plutôt drôle, ce qu’il n’est pas du tout puisque ça démarre façon série télé américaine à la Beverly Hills ou autre au lycée (en fait, ça fait furieusement penser à 21 Jumpstreet mais c’est l’effet années 80), il y a toute une scène dans la cafétéria avec les « groupes de pouvoir » : les footballeurs machos et crétins, les geeks, la grosse (oui, elle est toute seule), les fils/filles à papa, les filles à  lunettes impopulaires, les rebelles (dont Jessie) et les Heathers donc. Pour bien qu’on situe tout ce petit monde, on a droit à une scène longuette dans la cafétéria où les Heathers demandent à tout le monde « que ferais-tu avec 5 millions de dollars ».


Puis tout à coup, il y a un premier meurtre et l’enchaînement, avec une prof très baba cool au milieu qui veut parler de suicide à tous les élèves pour pas qu’ils se jettent par la fenêtre, les parents qui sont ridiculement  largués et ne s’occupent pas de leurs gosses… Bref, quelques ressorts comiques émaillent ce film pourtant assez dramatique et on ne sait pas bien s’il faut en rire, en pleurer, à quel degré le regarder si tant est que son auteur en ait prévu plusieurs, de degrés.


Bref, la bande annonce est assez funky, le film beaucoup moins. Mais peut-être n’ai-je pas tout compris… J’ai bien saisi qu’il s’agissait d’une comédie noire mais je crois qu’il manque une pointe de cynisme et d’autodérision pour être un réel monument de comédie noire. Du coup, pof le nanard ! Par contre, je susi impressionnée par la constance du jeu d’acteur de Winona : toujours le regard hagard, toujours la bouche ouvert et l’air perdu. Quoi qu’elle joue… Chapeau.

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Les filles, c’est fait pour faire l’amour

Par Lucas

NB : tous les liens menent vers une nouvelle fenêtre.

Aujourd’hui je vais vous parler des yéyés !! (noooon partez pas)
Pour les martiens qui nous lisent, les yéyés c’est un truc de la génération de nos parents ; toute une époque et un état d’esprit : les 60’s.
C’était un peu l’équivalent du Arènebi d’aujourd’hui sauf que ça pouvait être auto dérisionnant, loufoque et mélodieux.
Aujourd’hui, le Arènebi c’est toujours la même ligne de basse, des chœurs en arrière-fond et des paroles débiles.
Bon d’accord, je balance des clichés au flash. Après tout il y avait aussi des paroles merdiques il y a 40 ans et ya des trucs à repêcher de ci de là aujourd’hui. J’avoue même : j’adore Walking Away de Craig David. Les paroles sont faciles mais font parfois resonner en nous qq chose : comme les yéyés…

(non ce n’est pas Barack Obama en bas à gauche…)


Allez hop ! Revenons en arrière il y a 4 décennies !
L’époque ou Johnny était un djeunz cool !
J’ai demandé à Imioule de me trouver des yéyé et il m’a sorti un fichier zip qu’un vieux monsieur de 60 balais a du faire un jour en pensant à sa jeunesse. 1 Go le fichier !

J’ai mis 3 semaines, j’ai tout écouté et je dois dire que j’ai kiffé l’aspect culturel !

On est loin, très loin de la scène française actuelle avec Jeanne Cherhal, Marie Kiss La Joue, Clarika, entre autres… c’est à dire des chanteuses avec des textes (souvent) travaillés ! Mais ces titres yéyé font quand même resonner (et raisonner) des choses en nous ! Parfois je me suis vraiment bidonné tout seul ds le Tromé !
Mais alors, quess qui caractérise les Yéyé ???

I) Des reprises de chansons anglophones… mais en français !

Si je chante« Ces bottes sont faites pour marcher », ça ne vous dit rien ?
Allez l’écouter vous allez rigoler !
Mais ya aussi… Heureux tous les deux par Franck Alamo, voire même Fiche le Camps, Jacques (et ne revient plus jamais jamèèèè jamèèèèèè jamèèè)
nb : la mise en scène et le jeu d’acteur dans le clip sont… absents !

ou encore Dans le Temps, (Downtown) chantée par Petula Clark en français mais ici c’est une vidéo d’un mec qui se fait son trip chez lui vous allez au moins sourire, c’est garanti…

Le pire c’est qu’à l’époque les traductions des paroles étaient des plus libres !
Par exemple quand les Compagnons de la Chanson reprennent « Yellow Submarine », le refrain ça devient (non, je n’ai pas fait d’erreur et ya pas de doublets)

« Nous partions dans un
beau Sous Matin Vert,
Un sous-marin vert,
Vert comme la mer.
Tantôt vert, tantôt vert et tantôt bleu,
Tantôt vert et bleu,
Comme nos rêves bleus…

Ouhai chuis d’accord : ils se sont dé-chi-rés sur les paroles. Bah justement ça aussi c’est un truc des Yéyé !

II) Des textes originaux su-per-drôles… vu avec notre regard de jeune des années 2000.

Par exemple une chanson composée par Gainsbourg pour Dominique Walter et qui parle… des thons. C’est à dire les boudins…
C’est facile et ça n’engage à rien, les petits boudins
Ca n’pose pas de question c’est ça qu’est bien chez les p’tits boudins, chez les p’tits boudins, hein hein hein

ou encore Les filles, c’est fait pour faire l’amour (nan pas frapper)

voire des textes glauques,même pas second degré à l’époque, mais qui me font éclater de rire vu que c’était censé être
vendu aux djeunz :
« Je t’aurais bien invité à prendre le thé dehors
Je t’aurais bien invité, dommage que tu sois mort… »

ou des trucs qui seraient surement censurés aujourd’hui !
« Où est ma drogue mon haschich,
Où est mon opium, mon kiff ?

mais aussi d’autres tubes très gentillets qui nous font sourire, nous les jeunes des années 90-00…
« Je suis d’accoooord , pour le ciiiinéma,
Pour le rooock, le Twist ou le Tchatcha,
J’suis d’accoooord pour tout ce que tu voudras
Mais ne compte pas sur moi,
Pour aller chez toi…

Grandiose !!
Quand je pense à mes parents qui n’écoutaient que des trucs « intelligents » :  Brassens, Gainsbourg, Brel, Leo Ferré, Graeme Allwright, Bod Dylan, Leonard Cohen… Quess qu’ils ont loupé !
😉

Allez je vous laisse avec un p’tit revival Yéyé que j’ai créationné !
C’est nul, il manque des pieds partout,

Une strophe sur deux j’ai un temps de retard, voire pour une carrément une portée de retard !
C’est chanté faux archi faux,
mais ca m’a bien fait marrer de l’écrire dans le RER !
Ça s’appelle Madame la DRH..!

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Enzo travaille à Corpocrec

Par Enzo

En ce moment j’ai un peu l’impression de travailler dans l’entreprise imaginée par Martin Vidberg, Corpocrec. Une entreprise où l’on peut rester en faisant semblant de travailler. Il y a quelques semaines, quand j’avais fini ma première journée (d’une heure) à Corpocrec, Nina
m’avait dit que ça méritait un article. Je n’en avais rien fait sur le moment (harassé par cette journée de travail sûrement). Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire !


Lors de ma scolarité, j’ai pris plaisir à écrire pour un journal étudiant (traduire par « quelques feuilles A4 photocopiées et agraffées ») un article sur les manières de gérer la confrontation professeur/étudiant pour ne pas se faire interroger en classe. Je vais réitérer dans le même style avec quelques conseils pour donner l’impression de bosser.

– Malgré l’avènement du numérique, il ne faut pas prêtez allégeance à l’objectif utopique du « zéro-papier » ! Un bureau de travailleur n’est pas un bureau minimaliste : parsemez votre bureau de photocopies et de vos notes. Ces feuilles doivent avoir un rapport avec votre travail, même si vous n’avez fait que recopier ou imprimer sur papier des informations futiles de l’intranet de votre entreprise. Pour les feuilles de notes, je vous conseille le crayon à papier au stylo bille, qui est moins lisible et donc passera une éventuelle inspection superficielle. Et un remplissage à 60% de la feuille. Moins, cela donne l’impression que vous venez de commencer à travailler ou que vous n’avez pas beaucoup d’idées. Plus, le risque est que si vous ajoutez quelques élements pour donner l’impression d’être actif, vous remplirez la page et devrez recommencer à zéro avec une nouvelle.

– Toujours dans cette optique « papier = travail », ayez un bloc-notes avec au minimum la première page à moitié remplie. L’avantage par rapport aux feuilles volantes est que vous pouvez remplir plusieurs pages et donner ensuite l’impression de chercher une information cruciale parmi celles-ci en feuilletant attentivement votre bloc. Des posts-it colorés peuvent agrémenter votre bloc pour donner l’impression d’un travailleur fourmilliant d’idées.

Avant de passer à la suite, je me permet de formaliser notre objectif : le but est de donner l’impression d’être concentré sur une tâche pour éviter qu’on vienne vous déranger. Dérangement qui peut résulter en la découverte de votre inactivité et une charge de travail nouvelle. Dans cette optique, l’impression de chaos créatif donné par des feuilles éparses sur un bureau sert la cause. Contrairement à un bureau vide à l’exception d’un ordinateur. Ou un bureau bien rangé avec une pile « choses à faire » et « choses faites » sur lesquelles il est plus difficile de simuler.



– N’hésitez par à intéragir avec vos feuilles : pour rajouter des mots ou des phrases en cas de menace proche (collègue qui passe à coté, …) ou colorier une petite flèche en cas de menace plus éloignée.

– Les experts en communication s’accordent à dire que près des trois-quarts du langage est non-verbal, il est logique que celui-ci prenne une place importance également dans notre mission. Il convient de ne pas sourire. Un visage neutre avec les sourcils légèrement fronçés communique plus l’idée de concentration qu’un large sourire. D’autre part, les gens ayant tendance à aller plus vers les personnes souriantes, cela diminue les chances qu’on vienne vous solliciter pour rien. N’hésitez pas à fronçer les sourcils un peu plus de temps en temps, cela montre que vous rencontrez des problèmes sur votre travail important. Vous pouvez également jouer d’autres mimiques légères (sourires, frottage de menton, …) pour montrer que vous surmontez ces problèmes.

– Sur votre ordinateur, ouvrez vos logiciels professionnels de façon à donner l’impression d’être au milieu d’une tâche (ouvrir un traitement de texte seulement est donc moins effectif que d’ouvrir un traitement de texte sur un document particulier par exemple). Pour votre navigateur web, privilégiez ceux qui ont un système d’onglet et multipliez les pages ouvertes relatifs à votre travail (80% est un bon ratio). De cette manière vous pourrez passer d’onglet en onglet, noyant dans la masse les onglets « loisirs » parmi les onglets « travail ».

Pour conclure, je dirais que le meilleur moyen est d’avoir une mission réelle. En effet, votre jeu d’acteur est plus crédible s’il est supporté par une base réelle (les meilleurs menteurs mélangent le réel et le mensonge pour donner à ce dernier une vraie consistance). Tout en gardant à l’esprit que plus vite vous aurez fini cette mission, plus vite on vous en donnera une autre.
Vous pourrez agrémenter votre éventuelle culpabilité par cette phrase « qui va lentement va surement » ou celle-ci pour les plus anarchistes « pour détourner un avion, il faut commencer par monter dedans ».

Pour quelques astuces en plus, lisez l’excellente série de BD « Corpocrec : Planqués » !

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Les Idiots, de Lars von Trier

Par Bobby 

Oui, encore un ‘vieux’ film. Cette fois, c’est à cause d’une semaine passée en province chez papa-maman, dévoré par les moustiques pendant un tournage expérimental en forêt. Du coup, Bobby la Bidouille n’a pas le temps d’aller au ciné et resort ses films favoris : Les Idiots

Celui-ci est particulier. Il n’a pas eu autant d’impact que The Hours ou 21 grammes. Il ne pouvait pas plaire au grand public, en quelque sorte. Le synopsis est le suivant : un groupe d’individus décide d’expérimenter, en autarcie, un plan presque machiavélique : vivre en jouant à être malades mentaux. Pour cela, aller dans des lieux publics et agir comme des « idiots » pour choquer et déranger les gens. Dans la vie privée, également, chaque membre du groupe doit retrouver et exploiter son « idiot intérieur ». Le film dénonce en cela l’hypocrisie sociale, les limites de cette expérience (in)humaine, le regard que l’on porte sur soi, sur les autres.

MAIS, ce n’est pas tout. Le film, réalisé par Lars von Triers, appartient à la mouvance que le cinéaste a lancé avec son ami Thomas Vinterberg, nommée DOGMA. En gros, c’est une charte qui impose d’aller à contre courant des grands artifices cinématographiques en vogue, en revenant à la matière brute du film : aucun éclairage, pas d’équipe technique (un caméraman et un preneur de son), pas d’accessoires, ni de musiques, ni de retouches de l’image ou du son. Résultat, à première vue, ça ressemble à un film de famille.

Sauf que ce n’est pas un travail d’amateur. Il s’agit là d’une vaste entreprise, minutieuse, courageuse, permettant d’exploiter avec les acteurs la vérité même du jeu, et des personnages. En effet, en l’absence de lumières à régler (ce qui prend en général des heures), le réalisateur a pu consacrer davantage de temps au jeu de ses comédiens. Ce qui fait qu’au début, certes, on est un peu déboussolés, avant d’être rapidement absorbés par l’histoire, la force poignante des sentiments mis en scènes. Lars von Trier en agace plus d’un. On juge souvent que son travail est « facile ». Je ne pense pas, au contraire, que ce soit si simple que ça. Et j’avoue avoir pleuré comme jamais lors de la séquence finale, peut être plus encore que devant Dancer in the Dark.  

Dans le même ordre idée, je vous conseille Festen, de Thomas Vinterberg. Tout aussi puissant et déconcertant.

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