Et cette musique dans ma tête…

Dire que j’aime la musique est l’une des déclarations les plus insignifiantes que je connaisse, à peu près au niveau de, “tiens, il pleut” alors que tes orteils sont déjà noyés. Tout le monde ou presque aime la musique, je suppose que c’est l’un des mots les plus utilisés dans la rubrique loisirs des CV. D’ailleurs, je suis fière de moi, je ne l’ai pas mis (j’ai mis chant) (avant, ok, j’avais mis musique en précisant violoncelle mais je n’en ai fait qu’un an en 2004 alors voilà quoi…). Pourtant, j’ai parfois comme un besoin limite violent d’écouter un morceau précisément.

J’ai fait il y a fort fort longtemps un article sur la musique comme bande-son de ma vie. Mon péché mignon ? Trouver de nouveaux titres ou artistes que je vais adorer. Certaines chansons sont comme les amours de ma vie : comment ai-je pu vivre sans eux jusque là ? Parfois, ça vire à l’obsession. Du matin, lorsque je lance spotify sur mon iPhone pour aller bosser, au soir où je rentre chez moi, je n’ai envie de n’écouter qu’un seul titre. Envie ? Non besoin. Dès que je coupe le son, je l’ai qui tourne en boucle dans la tête, qui m’obsède, encore et toujours. L’écouter, je dois l’écouter.

Je me souviens précisément d’une soirée où j’avais Roméo et Juliette de Prokofiev dans la tête,je suivais distraitement les conversations en attendant le moment où je pourrais enfin l’écouter. De retour à la maison à 2h du matin, ramenée en voiture par un de mes camarades de plongée, je n’ai pas pu dormir sans l’avoir écoutée. J’ai des obsessions musicales, ça me démange le tympan. Je suis capable d’écouter la même chanson en boucle toute une journée sans m’en lasser. Dès que j’essaie de passer à un autre titre, j’écume mes playlists Spotify en vain : je ne veux pas écouter une autre chanson, je veux écouter celle-là. Plus qu’une envie, un besoin.

Ce qui est fascinant dans cette obsession, c’est qu’elle varie. Je peux écouter trente fois la même chanson un jour et ne plus y penser le lendemain. De la même façon, un musique peut soudain s’imposer à moi comme une évidence, comme la B.O de ce que je vis. Typiquement en Sicile, alors que je découvrais ces vestiges des temps anciens, Grecs et Romains sur fond de ciel bleu azur, je ne pouvais que penser au thème de Camille du film du Mépris de Godard. En fait, pour expliquer à ceux qui n’ont pas vus, à un moment, il y a l’image d’une statue grecque (Arès ? Apollon ?) qui tourne sur un fond de ciel pur et sans nuage. Cette mélopée me revenait sans cesse en tête, une obsession : le thème de Camille.

J’ai de la musique un besoin vital, une boulimie me faisant avaler tout et son contraire selon les périodes de ma vie, mes besoins. Je peux passer le lundi à écouter du classique, le mardi de la pop dance commerciale, le mercredi du gros rock qui tâche, le jeudi du lounge… Et tous les jours quelques notes de violoncelle. Et mon péché mignon : rebondir d’artistes en artistes pour découvrir mon nouvel artiste préféré dont j’écouterai le titre en boucle sans être capable d’écouter autre chose. Obsessive, moi ? Pas du tout !

Et pour finir, le fameux thème de Camille dont je vous reparlerai à l’occasion.

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Vous n’’y échapperez pas

En ce moment, c’est partout, tout le temps. Sur les couvertures de mes magazines et dedans, à la télé, à la radio et même sur les blogs. Y a plus moyen d’y échapper et ça me rend dingue. Ca m’a tellement saoulée que moi, je boycotte et c’est tout. Mais de quoi je parle ? Non, pas des présidentielles parce que même si y a des jours où ça me saoule qu’on ait déjà le nom du vainqueur « car les sondages ont dit ». Non, je parle du film d’Olivier Dahan, La Môme, et de l’omniprésente Marion Cotillard.

la_mome 

Maintenant, je sais. Je sais ce que Marion mange au petit déjeuner, qu’elle a a-do-ré le tournage avec Burton et aimerait bien recommencé, qu’elle pense que la planète est en danger et si je fouille bien dans les articles, je trouverai même la marque de sa culotte. Honnêtement, jusqu’à présent, je n’avais pas vraiment d’envie sur Marion Cotillard, je trouvais qu’elle avait l’air sympa et voilà. Mais en fait, elle est conne. Pas méchante, hein, mais conne. Par exemple, dans Paris Dernière qui lui est consacré, c’est un festival. Xavier Desmoulins, le présentateur à la voix qui ruine les strings (enfin, à mon avis), la suit dans des cuisine où elle fait la popote et lui fait : « mais tu cuisines, toi ? » « Ouais, j’adore ça, tu vois et… Et machin, une pincée de sel, c’est ça ? ». Ok, alors moi qui ne cuisine pas, je sais ce que ça représente une pincée de sel alors Marion, je la crois pas trop… Bon, passons sur ses considérations écologiques (à la limite, je suis un peu d’accord sur le fond) pour passer sur le chapitre Marion n’est pas crédule. Non, Marion, en fait, elle est super intelligente, elle cherche plein de trucs sur le net et elle nous explique que le 11 septembre, c’était que de la manipulation. Non mais en Espagne, des tours ont brûlées et elles se sont pas effondrées alors que le WTC s’est écroulé, c’est trop un complot, ils l’ont détruit parce que ça coûtait moins cher de tout reconstruire que de tout réparer. Il est vrai que n’importe quel immeuble se mangeant un Boeing résiste et tous les pompiers étaient des kamikazes avec des bombes et ciao le WTC ! Elle nous explique aussi qu’en fait, s’il le faut, l’homme, il est jamais allé sur la Lune et que c’était que de la désinformation. « J’ai de la doc dessus, si tu veux », dit-elle à Xavier. Mais c’est pas sa faute, à Marion, ses parents l’ont jamais fait croire au Père Noël donc, voilà, elle est pas crédule et c’est tout.

 

Bon, Marion, elle est tellement partout que je finis par croire que je la connais, que c’est ma voisine. Et évidemment, on s’extasie sur le film trop bien de la mort qui tue sur Piaf qui était trop une super chanteuse et son amour pour Marcel Cerdan et tout le monde qui témoigne et tout ça. Sa nounou, sa voisine, le vétérinaire de son chat. Tout le monde a connu Piaf, tout le monde a quelque chose à dire. Ah, c’était une grande dame, oui, oui, oui. Ce qui est bien avec les gens morts, c’est que ça leur rachète de suite une virginité. Bon, moi, Edith, j’ai pas d’opinion dessus puisque je suis née, elle était déjà morte donc elle était déjà parfaite et merveilleuse.

 

Après, il y a Olivier Dahan, le génie du cinéma, le nouveau Godard, Lelouch, Besson, Chabat… Oui, les artistes sont toujours des nouveaux quelque chose, c’est particulièrement gonflant, ça aussi. Bref, Dahan, rappelons que sa dernière réalisation, c’était les Rivières Pourpres 2. Je ne dirai pas du mal de ce film tellement c’est trop facile. Sans doute Olivier a-t-il progressé, je ne dis pas que La môme est un mauvais film. Je dis juste que c’est comme Amélie Poulain ou le Da Vinci Code, on en parle tellement qu’on en a marre dès le départ. Et encore, moi, le Da Vinci, je l’ai lu au tout début donc j’ai pas été saoulée. Mais là, en plus, ce qui m’énerve, c’est que ce film est estampillé culte alors même que personne ne l’a vu ! C’est une belle performance pour M. Dahan de voir son film classé culte avant d’être sorti mais moi, j’aime pas qu’on m’impose ce que je suis censée aimer ou pas. Alors tant pis si ce film est vraiment génial, que Cotillard est vraiment époustouflante dans le rôle de Piaf, que c’est le film de toute une génération (mais laquelle ??). Encore un film que je ne verrai pas.

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