Pollution des chakras

Depuis que je suis allée au Canada l’an dernier, pays de la civilité et de la politesse, j’essaie de mettre beaucoup de bienveillance dans ma vie, j’essaie de pas perdre mon calme inutilement. Sauf que certains ont décidé qu’ils n’en avaient rien à foutre de ma tentative de sérénité et rien ne les arrêtera : c’est la pollution des chakras.

Pollution des chakras

Je ne parle pas des anonymes pressés et parfois agressifs qui peuvent te démonter une épaule dans les couloirs du métro car tu dépassais d’un millimètre sur leur trajectoire et qui ne se retourneront pas pour s’excuser : pas le temps et de toute façon, tu n’existes pas, ils ont déjà oublié. Je ne parle pas des connards et leurs manspreading qui empiètent très largement sur ton espace vital ni ceux qui te regardent avec insistance alors que tu t’appliques à les ignorer. Je ne parle pas non plus des connards et connasses qui restent obstinément assis sur les strapontins aux heures de pointe, alors même qu’ils ont un cul inconnu à 3 cm du visage. A la limite, je me dis que pour ceux-là, le karma filera peut-être quelques gaz au propriétaire du dit cul. Ceux-là, au mieux, je lève les yeux au ciel et les oublie aussitôt, au pire, ils me pompent l’air et me font monter la tension quelques minutes.

Panneau de métro parisien au soleil levant

Non, je parle de ceux qui squattent dans ton quotidien et dont tu ne peux faire fi. Des collègues oppresseurs machos, incultes ET bruyants que tu n’arrives pas à évacuer de ta bulle de sérénité. Je vous parle aussi de la voisine harceleuse qui est en train de piétiner de ses petits pieds énervés la jolie bulle de bonheur qu’on s’est constituée, avec Victor. Parce qu’on ferme les volets trop tard, parce qu’on utilise le vide-ordures, parce qu’on déplace les meubles la nuit (??)(je rappelle que c’est la voisine du dessus au passage). Et comme elle connaît bien notre agente immobilière qui vit deux étages en dessous de nous, autant vous dire que niveau soutien, c’est un peu léger, surtout que la folle est allée voir tous nos voisins pour se plaindre de nous… Bref, on a la loi pour nous mais on va être obligés d’agir pour régler ça alors que bon, on a autre chose à faire de nos vies, hein…

Commissariat de police

Du coup, comment tu gères ça ? Je fais du yoga, je fais de la sophrologie, je respire par le nez et écoute des sons de pluie qui tombe mais y a des fois où tu tiens pas, où tu sens la moutarde te monter au nez et le cri dans la gorge, où tu n’en peux juste plus. Mais si tu cries, c’est toi qui perds. Parce que tu es la collègue chiante sans humour, parce que tu es la jeune locataire qui ne respecte pas la vieille proprio du dessus. Encore les bonnes vieilles oppressions : accepte l’humour du mâle dominant, accepte de baisser la tête face à tes riches aînés. Même s’ils sont en tort. Respirer par le nez, écouter la pluie, boire une tisane…

Femme sous la pluie

C’est dur, franchement, c’est dur. Mais peut-être aussi parce que la bienveillance ne doit pas passer par l’acceptation de tout et n’importe quoi. Les règles doivent être pour tous, quelle que soit votre âge, sexe, couleur, orientation sexuelle, patrimoine… Si je reprends l’exemple de la folle du dessus, elle nous écrit des trucs IGNOBLES tout en nous rappelant qu’on ne sait pas vivre et respecter notre prochain. T’es sérieuse, meuf ? Tu n’arrêtes pas de nous dire qu’on est mal élevés, mal éduqués, qu’on a aucun respect mais tu n’as jamais tenté de nous parler un minimum correctement. Mais voilà, comme c’est nous les jeunes, on est forcément en tort (36 et quasi 37 ans, tous les deux cadres dans de grosses boîtes mais apparemment, le fait qu’on n’achète pas autorise l’infantilisation). Et il y a un truc que je ne supporte pas, mais alors vraiment pas, c’est l’injustice, au sens large du terme.

Gal gadot est Wonder woman

Alors on fait quoi ? Concernant mes collègues, j’ai essayé de retendre la main, elle a été dédaignée donc la solution est désormais simple : je vais oublier politesse et bonne éducation la prochaine fois. Pour le reste, on verra avec une assistance juridique. En fait, c’est peut-être ça, le secret de la bienveillance : ne pas accepter n’importe quoi mais être bienveillant avec soi-même en se dépolluant l’air des nuisibles… Ca rendra peut-être service à ceux qui subissent.

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Je travaille dans un immeuble de cons

Avoir vécu 25 ans en province, ça laisse des traces, notamment au niveau de l’éducation. Par exemple, ma mère, dans son infinie sagesse, m’a appris à dire bonjour aux gens que je croisais. Tellement qu’à une époque, je disais bonjour à tout le monde dans la rue, ce qui est mignon mais peut-être un peu flippant.




Puis j’ai grandi et j’ai quitté le nid familial pour vivre dans différents immeubles où les voisins disaient toujours bonjour. Dans l’actuel, c’est déjà moins le cas et ça m’énerve. Typiquement, j’habite à côté d’un couple de vieux pas courtois du tout, on sent vraiment que de me dire bonjour quand on se croise, ça leur arrache la gueule. Leur fils n’est pas mieux, leur fille, que j’ai vue une fois, est plus sympa. Bon, à côté de ça, ils ne m’ennuient pas mais je trouve que dire bonjour est un minimum. Et y en a une foule comme ça dans mon
immeuble. Hier, par exemple, je pars, je sors de l’immeuble et pour rejoindre le trottoir, y a un espèce de petit chemin goudronné qui permet de se croiser mais c’est quand même pas un boulevard. Là, je croise un vieux, je commence à sourire pour dire bonjour et là, le mec tourne la tête genre « je t’ai pas vue ». Connard.



Dans l’immeuble du boulot, c’est pire. Pour info, je ne suis plus dans les locaux aux murs pourris, on a déménagé début mai (quand j’étais en Martinique), on est maintenant dans un immeuble sans moisissure avec ascenseur et marches d’escalier normales. Il n’y a que des bureaux dans cet immeuble et sa particularité, c’est que quasi personne mais alors personne ne vous dit bonjour. Et je ne trouve pas ça correct du tout. Le nombre de gens qui tournent la tête pour ne pas vous parler… Le seul endroit finalement où les gens sont obligés d’être cordiaux, c’est dans l’ascenseur mais je le prends très rarement.



Hier, j’ai pu observer le phénomène de près, un peu malgré moi. En fait, au bureau, il y a trois jeux de clés : Rémi en a un, Martin un deuxième et Guillaume (un dont j’ai pas encore parlé, je vous ferai un point collègues à l’occasion) le dernier. Je récupère régulièrement celui de Guillaume selon nos horaires. Hier midi, je sors déjeuner et reviens plus tôt que prévu : porte fermée. Bon, comme j’ai la flemme de chercher mes collègues dans le quartier, je prends mon sandwich, mon bouquin et je m’installe sur une marche des escaliers. Expérience sociologique en place. Je précise juste avant de poursuivre que hier, j’avais un sublime chemisier rose fuschia que quand tu éteins la lumière, tu le vois encore. Donc expérience, je disais, je suis posée dans les escaliers et totalement visible, que se passe-t-il ?



Et bien précisément l’inverse du théorème de l’amabilité de mon immeuble : chez moi, c’est plus t’es vieux, moins t’es aimable et là, c’est précisément l’inverse. D’ailleurs, c’est pas la première fois que je le constate. Un homme d’une soixantaine d’année me lance même un « bon appétit bon baguépi ! ». Mais les jeunes, rien. Ils passent devant moi l’air gêné, limite me marcheraient dessus pour faire genre qu’ils ne m’ont pas vue (rose fluo, rose fluo !) mais surtout, surtout, ne me disent pas bonjour. Ca me fait limite penser à cet air un peu gêné qu’on prend dans le métro quand quelqu’un fait la manche et qu’on n’a pas de pièce à lui donner.  Mais merde, n’est-ce pas totalement ridicule de faire semblant de ne pas me voir alors qu’on ne peut objectivement pas me rater tout ça pour ne pas dire bonjour ? Mais c’est quoi cette mentalité ? Bande de cons.


De toute façon, je reste dramatiquement provinciale et polie. Par exemple, hier soir, je faisais la queue au supermarché, j’étais fatiguée, je voulais rentrer chez moi, un mec se pose derrière moi avec deux articles dans la main (j’en avais une bonne dizaine). Après deux minutes de débats intérieurs à base de « oh et puis je suis pas censée l’avoir vu et personne ne me laisse jamais passer, moi, quand j’ai juste une bricole à acheter… D’un autre côté, justement, ça m’énerve que personne ne me laisse passer, je ne veux pas être une connasse comme les autres… ». Alors je me suis retournée et je lui ai proposé de passer.





Incorrigible, je vous dis.

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Langue de pute.com

Il y a une activité qui met du baume au cœur, qui met de bonne humeur quoi qu’il arrive : la médisance. C’est méchant, c’est bas, c’est gratuit mais qu’est-ce que ça fait du bien !
 
Je pense que nous avons tous deux facettes :
– la facette sociale : on est souriants, polis, toujours de bonne humeur. L’important là est de ne pas faire de vague. En général, cette facette est surtout utile au travail. Certes, ton patron est un gros connard qui exploite ses employés et abuse totalement de son pouvoir mais jusqu’à preuve du contraire, c’est lui qui signe ton chèque à la fin du mois et qui peut te virer si tu l’insultes donc on sourit et on serre les fesses quand il nous refuse notre congé. Certes, le pote de ton mec est un pauvre nase qui ne parle que de tuning car il n’y a que ça dans la vie qui l’intéresse mais bon, il a mouillé ses couches en compagnie de chéri donc on peut pas lui dire franchement que son aileron de bagnole, on a follement envie de lui faire bouffer et qu’il s’étouffe avec.
– la facette langue de pute : en tout petit comité, entre amis, on se lâche. Oui, mon patron est un sale enculé qui se tape sa secrétaire qui a un gros cul. Oui, le tuning, ça pue du boudin. Et machine, faudrait qu’elle arrête d’acheter du 36, son cul ne rentrera pas dedans, y a qu’elle pour y croire encore. Hmmmm, que c’est bon !
Aujourd’hui, la société nous impose de ne jamais dire à la personne qui nous ennuie qu’elle le fait. Si on regarde bien, quelles personnes aimons-nous fréquenter ? Les gens aimables, gentils, qui n’ont jamais un mot plus haut que l’autre. Ceux qui sont en permanence en conflit, on les évite. Oui, aujourd’hui, admettre que tout le monde ne nous plaît pas, ça ne se fait pas. Y a qu’à voir, dès que je critique certaines personnes ou comportements sur mon blog, y a toujours des bien-pensants pour me traiter d’aigrie ou de choses de ce genre. Alors qu’au fond, je ne fais dire que tout haut ce que d’autres pensent tout bas. Et franchement, la médisance, c’est le meilleur moyen de ne pas exploser à la figure des gens qu’on est obligés de fréquenter.
 
Ado, je me souviens, à peine rentrée du collège, j’appelais Anne (comme si on s’était déjà pas vues toute la journée) pour médire sur nos camarades
de classe. Hypocrite ? Heu… oui mais ado, les fâcheries prennent vite des proportions incroyables : s’engueuler avec Marie, c’est se mettre à dos Stéphanie, Justine et Aurélie, voire Thomas, le beau gosse avec qui on voudrait désespérément mélanger sa langue. Ado, ce que pensent les autres de nous compte beaucoup, hors de question de se fâcher avec les uns ou les
autres.
 
Après, en grandissant, on ne perd pas les bonnes habitudes. A la fac, c’était mon passe temps favori avec Yohann, mon meilleur ami. On choisissait
une cible (qui l’avait bien cherché, soit dit en passant) et ça nous permettait de se défouler un peu. Yohann était le pro pour trouver des surnoms particulièrement parlants. Par exemple, une des connasses de la licence, il l’appelait « le petit troll boudiné ». Méchant ? Oui mais en même temps, elle m’a pas épargnée non plus. Quand il est parti en Suède, on s’écrivait de longs mails où on taillait des costards à nos chers camarades. Bon, très franchement, nos victimes se comptaient sur les doigts de la main mais entre son Russe aryaniste et mon étudiant gonflé d’orgueil qui ne pouvait QUE avoir raison et qui étalait sa science à longueur de temps, il y avait de quoi dire.
 
Outre le côté soupape de sécurité (je dis du mal de lui derrière pour éviter de lui exploser à la figure devant), la médisance a un côté rassurant : nous sommes normaux, à côté de truc et machin. De toute façon, je ne me leurre pas : moi aussi, je suis l’objet de médisance, je ne suis pas parfaite et y a de quoi dire,
c’est le jeu. Le problème, c’est qu’il faut être médisant intelligemment. Par exemple, les connasses de la fac qui médisent sur moi devant Gauthier ou Lucie, ce n’est franchement pas malin, ça me reviendrait forcément aux oreilles à un moment ou à un autre. La médisance est un art, mesdemoiselles, vous le ne maîtrisez pas, tant pis pour vous.
 
Le week-end dernier, en dormant chez Lucie, on s’en est données à cœur joie. A moitié endormies, ça taillait des costards sec, en voilà qui sont rhabillés pour l’hiver… 2010. Faut dire que Lucie, elle côtoie des gens vraiment étonnant dans son IUFM : entre la parigote qui se demande si le pull est couleur ficelle et qui avoue avoir appris juste un an plus tôt que les poules ça avait des ailes, celle qui commence toujours ses phrases « alors, moi, personnellement… » et notre grand ami Aristide, ben, y avait de quoi y passer le week-end. Faut dire qu’Aristide, il est puant… dans tous les sens du terme.
 
J’ai des principes : j’attaque rarement sur le physique car si j’étais Adriana Karembeu, ça se saurait. En général, que ce soit avec Lucie, Anne ou Gauthier, ce qui nous dérange c’est avant tout la saleté et la « connerie » de nos victimes. Bien entendu, la connerie est relative, on est tous le con d’un autre. Perso, je n’aime pas les pédants, ceux qui croient tellement tout savoir qu’ils avancent des conneries plus grosses qu’eux sans même s’en rendre compte. Ceux qui sont tellement sûrs d’être détenteur de la vérité ultime que dès qu’on dit : « je suis pas d’accord », ils se barrent sans nous laisser le temps de parler. Ceux qui ne nous laissent pas le temps de parler de façon générale en nous gavant de leur passion. Le partage des passions, c’est bien, quand ça vire à la monomanie, c’est chiant. Surtout que moi, j’ai jamais dit que ça m’intéressait la pisciculture. Ceux qui sont d’une ignorance crasse et s’y complaisent. Ceux qui se sont arrêté de grandir en entrant au collège et qui en sont très fiers (perso, la scatologie, ça me saoule très vite). Ceux qui en font des caisses pour entrer dans un moule que personne ne leur a imposé…
 
La médisance est salvatrice, quelque part, ça évite de s’engueuler avec tout le monde. Bien sûr, quand la coupe est pleine, j’explose, je balance ce que j’ai sur la patate mais en général, je préfère éviter les conflits, c’est fatigant et ça met de mauvaise humeur. Je suis hypocrite ? Pas tant que ça : je ne cherche pas la présence des gens que je démonte et en général, plus ils me saoulent, plus je rentre dans le mode monosyllabe (je réponds « oui, non ») avant de passer en mode « je t’ignore ». Et puis la médisance, c’est jouissif. Je suis sûre que des tas de gens vertueux m’expliqueront en comm que ça fait de moi une mauvaise personne mais ne soyons pas hypocrite : tout le monde médit et
c’est bon. Bon de savoir qu’on est pas parfait mais qu’il y a pire que nous.
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Va, je ne te hais point

Suis-je quelqu’un d’indifférent ? On pourrait le penser vu la vitesse à laquelle j’ai tourné la page Arnaud mais ce n’est dû qu’à une philosophie de vie, une phrase qui dégonfle tout de suite les sentiments les plus négatifs : « tu n’es pas digne de ma haine ».
grrrrrrrr!
 
Cette phrase, ce fut un copain de lycée qui me la sortit un jour où il me taquinait et que je lui fis (en plaisantant) : « je te hais ! » Et, là, il me répondit, sérieux : « mais je ne suis pas digne de ta haine, garde-la pour quelqu’un d’autre ». Je suis restée silencieuse, méditant sur cette sentence ô combien vrai : on ne peut haïr que les gens que l’on a passionnément aimé, puisque la haine et l’exact contraire de l’amour. A partir de là, la liste des personnes susceptibles d’être l’objet de ma haine s’est considérablement raccourcie : mes parents, ma sœur, mes amis les plus proches, mon ex. S’il m’est arrivé de me fâcher très fort avec ma mère et ma sœur, les autres n’ont pas eu à souffrir de ma haine.
 
Au lycée
A l’inverse, je déclenche les passions dans un sens négatif, ce qui m’a toujours étonné, surtout chez les filles… En effet, certaines d’entre elles m’ont profondément détestée alors qu’au fond, leur haine me laissait indifférente, au mieux m’amusait. Mes premières « rivales », je les ai bien cherchées. En fait, ces pintades s’en prenaient à Cécile qui est la douceur et la gentillesse réincarnée. Dès qu’elle passait près d’elles, elles faisaient exprès de glousser, ce qui blessait Cécile qui n’osait pas répondre. En fait, l’une des deux voulaient sortir avec le copain de la miss donc elles l’emmerdaient comme elles pouvaient. Œil pour œil, dent pour dent, la fois où elles sont passées devant moi, j’ai crié haut et fort : « oh, deux pétasses ! ». Sur le coup, elles ne s’arrêtent pas mais demandent à une amie commune de me dire que : « si j’ai quelque chose à leur dire, je le fais directement ! ». Ben, pourquoi elles viennent pas me le dire ? Du coup, leur méchanceté s’est transposée de Cécile à moi, elles me détestaient au point de me « casser la gueule ». Hou, je tremble ! Non, en fait, je m’en fous. A tel point que pendant les vacances, je les ai franchement oubliées, ce qui a effaré Cécile : « Mais comment t’as pu les oublier ? » Heu… bonne question, tiens !
 
Johanne
A la fac, mes « ennemies » se sont multipliées. La première fut Johanne, une amie d’enfance. En fait, début licence, la voilà qui se sépare de son mec et je me retrouve propulsée entre les deux sans trop savoir comment. En fait, avant la rupture, je m’étais engueulée une ou deux fois avec elle car elle m’exaspérait au possible. Je me souviens d’une fois où elle larvait sur la table de la cafétéria, à trois quart morte, je lui annonce que Guillaume et moi partons à la bibliothèque et elle fait : « je vous suis, je dormirai à la BU ». Donc je lui dis non mais elle insiste donc je finis par m’énerver : « écoute, la bibliothèque, ça ne sert pas à dormir, si tu veux roupiller, tu rentres chez toi ! ». Bon, elle se fait plaquer et je me retrouve entre les deux, chacun me faisant part de ses doléances, rôle qui ne me convient pas du tout. Une semaine après, monsieur se retrouve une moitié et là, c’est la crise. Un soir, Johanne m’appelle alors que je dîne chez Anne, elle me prend la tête : « Oui, t’as vu, il s’est trouvé une copine, quelle connard !
Je te signale que t’as forniqué avec un autre mec la semaine dernière donc tu es mal placée pour critiquer.
Mais comment tu sais ça toi ? Et puis d’abord, c’est toi qui a dit à mon ex que je partais sur Paris ? Non mais tu te mêles de quoi ? »
J’étais exaspérée, Anne me souffle de lui raccrocher au nez, ce que je fais. Depuis, elle me déteste et veut me « casser la figure » (décidément). Juste après, elle appelle le pauvre Gauthier et me colle toutes les insultes de son répertoire : « Nina, c’est qu’une sale pouffiasse et elle n’a pas intérêt à raconter partout que j’ai couché avec machin sinon je lui pète la gueule ! » Je ne vois pas pourquoi je serais allée raconter ça partout, je n’en avais franchement rien à faire. Enfin, elle nourrissait une haine pas possible contre moi. Un soir, on se retrouve à la même soirée, je prends le parti de l’ignorer et, visiblement, ça la rend furieuse, elle se casse très tôt non sans m’avoir insultée copieusement (pas directement, off course) auprès de Gauthier : « Oui, tu crois que je l’ai pas entendue cette pétasse quand elle parlait de moi et qu’elle se foutait de ma gueule ? » Gauthier lui répondit que je n’ai en aucun cas parlé d’elle durant la soirée, ce qui était vrai : je suis suffisamment intelligente pour ne pas jouer la provocation. On a fini par ne plus fréquenter ni les mêmes lieux ni les mêmes personnes. Je l’ai recroisée il y a peu avec Anne, elle m’a demandé si on devait lui dire bonjour ou pas, j’ai répondu par la négative : elle est tellement folle que quelques années après, elle serait capable de m’en coller une.
 
Mes « amies » de licence
Toujours en licence (décidément), je fréquentais plusieurs nanas plutôt prudes qui nous prirent en grippe, Guillaume et moi : « Guillaume, il est avec Nina que pour le cul et Nina, elle est trop conne pour s’en rendre compte. » Bon, déjà, un mec qui reste avec moi deux ans que pour les fesses, c’est que je dois être un coup fabuleux… En fait, quoi qu’on fasse, ça n’allait jamais, il y eut je ne sais combien d’explications mais dès que nous étions partis, on s’en prenait plein la tête. Le coup ultime : l’anniversaire de Gauthier. Ça allait plutôt mal dans ma vie à ce moment-là, ma grand-mère avait eu un accident, Anthony, le copain de ma sœur, également. J’explique ça à une des pestes, un jour, précisant qu’Anthony devait se faire opérer suite à son accident. Arrive l’anniversaire de Gauthier, je véhicule une copine de lycée qui vient de ma ville natale, à une heure de route de la fête. Je récupère Guillaume au passage, on s’amuse, on provoque un peu (une fille ne supportant pas les baisers en public, on s’en est donné à cœur joie) puis on repart tous les trois, je lâche Guillaume et je rentre dans ma ville natale. La semaine suivante, Gauthier me prend entre quatre yeux : « écoute, je dois te dire un truc. Les filles ont dit que tu étais partie de la fête pour baiser avec Guillaume et que, pour une meilleure amie, tu ne t’étais pas préoccupée de ranger la salle avec nous. » Donc, là, je suis furieuse : l’une d’entre elle connaissait l’histoire d’Anthony, elle savait qu’il devait se faire opérer. Avec l’accident de ma grand-mère, on avait besoin de se serrer les coudes dans la famille. De plus, si j’étais partie baiser avec Guillaume, j’aurais pas pris ma copine avec moi ! Du coup, j’arrive à leur table, je dis ce que j’ai à dire (« c’est plus la peine de me parler, merci ! ») et voilà. Ça fait du bien quand on le dit ! Du coup, trois mois de colère et de rancœur ont été évacuées, fin de l’histoire pour moi.
 
Mireille
La dernière histoire de ce type est édifiante, je n’ai rien, mais alors absolument rien compris. Maîtrise science politique, je sympathise avec deux personnes de mon amphi dès le deuxième jour (les cours annulés aidant), Fabrice et Marianne. Les TD commençant, Marianne sympathise avec Mireille avec qui elle doit passer un exposé. Dès le départ, je la sens pas trop, cette fille, au point que je ne l’enregistre même pas. Deux jours plus tard, on se retrouve dans le même bus pour aller en cours et là voilà qui me parle ! « Ah, toi aussi, tu prends le 22 ! » Ne la reconnaissant pas, je me demande qui est cette folle qui me parle (oui, j’attire les fous) donc je réponds poliment : « ben oui ! » et là, elle me fait : « Bah, j’ai pas envie d’y aller, c’est chiant la sociologie politique ! » Ah, ok, elle est donc en cours avec moi ! C’est très étonnant que je ne l’ai pas reconnue, je suis très physionomiste, ça devait être un signe. Quelques jours plus tard, Stéphanie rejoint notre quatuor et nous voici divisés en sous-groupe : les trois filles d’un côté, Fabrice et moi de l’autre. Mais Fabrice sèche assez souvent les cours et moi, je me sens seule, manifestement de trop. Un soir, on se file rencard entre 21h et 21h30 dans un bar. Je le sens mal. J’arrive à 21h30. 22h, personne, je pars, furieuse et frigorifiée. Du coup, je les laisse tomber et me rapproche de Douschka, qui est en TD avec moi et de ses deux amies, Amina et Nina (oui, deux Nina pour le prix d’une).  Et, du jour au lendemain, Mireille se met à me faire la gueule. J’en fais part à Douschka qui me dit que je me fais des idées mais non : quelques jours plus tard, on croise la demoiselle qui fait la bise à Douschka et m’ignore royalement. Soit. Et bien, fais-moi la gueule.
 
Pourquoi était-elle fâchée ? Je n’ai jamais su mais c’était violent : dès que j’arrivais dans son espace vital, son visage se fermait et elle se cassait. Or, quand on est en cours ensemble, on est amenés à fréquenter les mêmes personnes. Cette année, Clara va lui parler gentiment : « et tu étais en cours avec nous ? Moi, je suis en master journalisme avec Nina B., tu la connais, non ? » « Oui mais elle et moi ne sommes pas très copines ! » Ah ? Par contre, là où ce fut comique : je croise Fabrice dans la rue. Lui, je regrettais d’avoir perdu contact avec lui car il était sympa… Totalement dépressif mais sympa. Et voilà-t-il pas qu’arrive notre amie Mireille accompagnée de Marianne, elles avaient rendez-vous avec le jeune homme. J’étais moi-même avec une copine qui ne connaissait absolument pas ce petit monde donc on se fait la bise, Mireille ne me snobe pas (ce qui m’étonne). Mon amie propose qu’on aille tous boire un verre et là, ma chère « rivale » regarde Marianne d’un air entendu : « Oui mais non, là, on peut pas, hein ? ». J’hésite : je joue la provocation ou non ? Allez, non, je suis fair-play : « allez, nous, on y va, vous n’avez qu’à nous rejoindre si vous voulez ! ».
Tu me détestes donc je suis 
Globalement, les gens qui  me détestent me laissent relativement indifférente. Sur le coup, ils peuvent me mettre en colère ou me rendre triste, selon mon degré d’intimité avec eux, mais je ne les pas haïes. Il me suffisait de me dire que ces personnes ne méritaient pas que je perde du temps avec elles et je retombais dans l’indifférence. De plus, en poussant le raisonnement, il est plaisant de constater que je suis supérieure à toutes ces personnes puisqu’elles me haïssent, j’existe de façon violente pour elles alors que, pour moi, elles ne sont qu’un élément du décor. Parfois, il est amusant de les imaginer jubiler devant leur propre mesquinerie : « ahah, je lui ai même pas fait la bise ! » Cool. Le plus drôle est souvent de voir où tapent les gens qui ne m’aiment pas. Pourtant, j’ai des défauts et pas des moindres mais quand on se retrouve réduits à taper sur mon physique, ma sexualité ou mon intelligence, ça montre bien qu’il n’y a aucun argument valable.
 
Je ne suis pas Claudia Schiffer ? Et alors, est-ce que ça fait de moi une mauvaise personne ? J’ai une sexualité avec mon copain ? Encore heureux ! Je suis bête comme mes pieds ? J’ai plus de culture que la plupart de ces pintades et j’ai toujours excellé au test de QI. Hé oui, mes bac+4 et +5, je ne les ai pas trouvés dans mes paquets de Special K ! Mais bon, on trouve les arguments qu’on peut. Moi leur méchanceté me fait rire…et on dirait que ça les agace encore plus.
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Il n’’y a pas tromperie sur la marchandise

Qui suis-je ? Il y a pas mal de temps, j’avais écrit un article sur les blogs où je posais l’hypothèse suivante : qui te prouve que je suis bien une jeune femme de 25 ans ? Les lecteurs ont répondu qu’ils avaient peu de doutes sur la question. Pour autant, Nina est-elle moi ou un personnage qui ne me ressemble pas ? Nina, c’est moi, ou plutôt une partie de moi puisque je parle peu ici de mes orientations professionnelles, de mes études, de nombre de mes passions… Ici apparaît surtout ma vie amoureuse, comme pour la plupart des vingtenaires.
 
La semaine dernière, j’expliquais en réponse à un commentaire que j’avais attribué le prix du « plus connard » à Raphaël car je ne comprenais pas son soudain silence radio et pourquoi il avait décidé de m’ignorer. Si j’étais allée lire son blog, j’aurais eu une explication… Et quelle explication ! Au départ, j’ai cru que son soudain silence était dû à une fille, une de ses lectrices (ou plutôt adoratrice) à qui il fallait cacher qu’on avait couché ensemble car elle était très jalouse de moi et pensait (à juste titre) que si Raphaël et moi nous nous rencontrions, il y aurait brouette. La demoiselle a lu l’article que j’ai écrit sur lui, elle l’a reconnu mais il a réussi à l’embobiner, je me demande bien comment. Mais là, j’aurais compris : je trouvais ça con de me reprocher d’avoir couché avec lui (d’autant que c’est lui qui est venu vers moi) mais bon, si c’est pour une fille, ça se comprend.
 
Et bien non, ça n’a rien à voir : le monsieur se plaint, il y a eu tromperie sur la marchandise : je ne suis pas la bimbo blonde que je prétends être (et je suis une gamine, aussi, super). Déjà, me reprocher ma « non-blondeur » indique un haut niveau de maturité. De plus, je n’ai jamais prétendu être une bimbo, bien au contraire ! Je déteste ce mot et ce qu’il représente. Mais ce cher Raphaël s’est arrêté à ce qui l’arrangeait : j’ai expliqué plusieurs fois que j’étais en réalité châtain clair et pas blonde. Cet adjectif, « blonde », est plus une private joke avec Gauthier qu’autre chose, ça fait 7 ans qu’il me répète que : « si, tu es blonde ! ». Par ailleurs, si j’ai un côté amazone, j’ai dévoilé ma fragilité à plusieurs reprise dans ce blog, et ceci dès le départ. S’il avait lu « la femme conquérante des années 2000 », un de mes tous premiers articles, il aurait vu que je n’étais pas une bimbo, loin de là. Je peux paraître dure et sans cœur mais les lecteurs assidus de mon blog et, surtout, mes amis, savent bien que ma carapace cache un cœur énorme. A peine ce blog entamé, je tombais sur le charme du fragile Julien et aujourd’hui, je ne parle que d’Arnaud. Ce n’est pas parce que je suis en couple et monogame que ma vie sexuelle est moins passionnante, loin de là. La différence, c’est qu’au lieu de réaliser des fantasmes avec des inconnus ou peu connus, je le fais avec Arnaud. Le sexe en couple ne se résume pas à un simple missionnaire le jeudi soir à 22h38…
 
Très classe, il n’a pas précisé qui j’étais… C’est sûr, une « blonde » qui tient un blog dont il a enlevé le lien et qui ne vient plus poster sur son blog, personne n’a compris qu’il s’agissait de moi, il a su dissimuler mon identité avec élégance…
 
Je pense surtout qu’il n’a pas apprécié de voir que je ne l’adulais pas puisqu’il a commencé à me critiquer le jour où je lui ai dit : « gare à tes fesses, mon blog va dépasser le tien ! ». Il a l’humour sélectif : il a le droit de casser les autres mais nous, nous devons le vénérer et fermer notre gueule.
 
Car Raphaël est fort : en trois rencontres (dont la dernière qui était une pure brouette), il a réussi là où mes amis ont échoués : lui a compris que je n’étais pas celle que je prétends être. Tous les jours, Gauthier ou Anne (qui me connaît depuis toujours) lisent ce blog et jamais ils ne m’ont dit : il y a trop d’écarts entre celle que tu es et celle que tu prétends être. Les articles que j’écris ici, c’est souvent le condensé de mes conversations avec mes amis. J’aime le sexe, ce n’est pas pour autant que j’ai couché avec la terre entière. Je n’ai pas eu beaucoup d’amants dans ma vie, j’ai quand même passé plus de quatre ans avec la même personne donc forcément… Depuis que je suis à Paris, je n’ai eu que 6 amants sur bientôt 6 mois, c’est franchement pas exceptionnel. Ceci étant, le nombre d’amants ne permet pas d’évaluer la qualité « sexuelle » d’une personne, si j’ose dire : mon premier amant m’a initié à énormément de choses, par exemple. Parallèlement, on peut avoir couché avec 50 mecs et être « nulle » au lit. Je ne suis pas une tombeuse (je ne l’ai jamais prétendu), je suis une charmeuse. J’aime plaire même si ça ne va pas au-delà du simple jeu. Parfois, je me retrouve prise à mon propre piège et je me retrouve face à des hommes qui attendent plus de moi qu’une simple soirée à discuter. Instant délicat à négocier : dire au revoir de façon ferme et définitive en évitant toute tentative de baiser de la part du jeune homme.
 
 
Mes amis mâles sont pour la plupart homosexuels et nous jouons à un vrai jeu de séduction ensemble, nous nous faisons souvent des « mmmmmm, toi ! », on parle de sexe crûment et sans détour, on se touche, on s’embrasse. J’agis de la même façon avec mes camarades hétérosexuels et même avec les filles, quand ce sont de bonnes amies. J’ai récemment joué ce jeu avec Banana (« viens, on va se prendre en photo nues ! »)  et je pense qu’elle a compris qu’il s’agissait d’un jeu. Je joue le même jeu avec nombre de lecteurs du blog de Nicolin comme Archi, Cédric, Nono ou Loui, parfois Zak, mais je sais bien qu’ils ne prennent pas mes propos au premier degré, c’est plus une marque d’affection envers des garçons que je trouve sympathique qu’autre chose. De la même façon, j’ai vanté la beauté de Sab ou de Ush en faisant mon « dragueur relou » sans qu’elles le prennent de travers. Quelque part, c’est sincère : elles sont belles, je vais pas le nier par jalousie ou par hétérosexualisme (« non, non, je suis pas lesbienne, je ne trouve aucune femme belle ! »).
 
J’ai d’ailleurs rencontré de nombreux lecteurs de ce blog : Sab, Agnès, Papaiya, Laxigue, Tink, Ush, Aurélie, Reno et Nicolin himself, j’ai des contacts privilégiés avec Nico et je dois rencontrer Ced bientôt. Personne ne m’a dit que j’étais « décevante » ou « surprenante » par rapport à l’image que je renvoie de moi sur le net, beaucoup ont réussi à me cerner sans difficulté, notamment Agnès et Sab ou plus hallucinant encore, Banana (on ne s’est encore jamais vues). Oui, j’aime jouer et j’aime le sexe : quand je suis célibataire, je pars en chasse, et si il y a alchimie avec un gars, je fonce. De l’autre côté, je ne suis pas non plus un « trou », je ne couche pas avec tous les mecs qui se présentent : je n’y peux rien si je n’ai pas envie de tout le monde. En juin, je suis allée au restaurant avec Aurélien, un jeune copain de Louis et Arnaud (que je ne connaissais pas à l’époque). On a beaucoup parlé sur le net et je l’ai trouvé charmant mais pas attirant : il me faisait beaucoup penser à mon jeune cousin avec qui je parlais beaucoup sur MSN il y a quelques temps. La rencontre a eu lieu, nous avons passé une très bonne soirée au restaurant mais il ne s’est absolument rien passé. Un mois plus tard, je rencontrais Arnaud et là, je me suis dit que j’avais vraiment bien fait.
 
C’est facile de retenir d’une personne que ce qui nous arrange et de les façonner à leur image. Croire que j’ai effacé son lien de mon blog juste par « vengeance », c’est plus aisé, ça évite de se remettre en question. Ce ne fut pas par vengeance mais sa soudaine façon de m’ignorer sans explication m’a déplu, je me suis dit que ce garçon n’en valait pas la peine, je l’ai remplacé par un blog qui paraît plus intéressant et fait par un garçon bien moins égocentrique. D’ailleurs, s’il était moins nombriliste, il aurait remarqué que je ne commentais plus d’autres blogs où j’allais très régulièrement autrefois. Je suis Nina mais pas que ça, effectivement, ma vie ne se limite pas à mes histoires de cœur.  Je suis peste, impatiente, parfois orgueilleuse, têtue, rigolote et rigoleuse, passionnée, curieuse, gaffeuse, enflammée, étourdie, tendre, parfois naïve, joueuse, aventurière « du bout du monde », fidèle (autant en amour qu’en amitié), loyale, exigeante, exaspérante…
 
Mais ça me paraissait clair, non ?
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