Le jour où j’ai démissionné

Tu lis ce titre et tu te demandes : c’est quoi le jeu de mots à deux balles qu’elle a inventé pour faire un titre aussi frappant ? Et bien ne cherche pas lecteur, il n’y a aucun deuxième degré, aucun sous-entendu. Hier, j’ai démissionné. Pour de vrai. Et je parle bien de boulot.

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Ceux qui lisent ce blog depuis quelques jours doivent se dire : « Encore une feignasse délicate qui baisse les bras parce que son patron lui a fait remarquer que ses chaussures étaient pas top! ». Ceux qui me lisent depuis longtemps doivent se dire : « Nina, la traumatisée du chômage, démissionne ? Elle a dû trouver autre chose, c’est pas possible ! ». Ceux qui me connaissent savent parce que je les ai tenus au courant. Ma démission n’a rien d’impulsif et oui, forcément, c’est parce qu’on m’a proposé un autre job que je ne pouvais pas refuser. Retour en arrière.

Mi août, par là. Un vendredi matin, j’ai la tête dans le pâté, j’allume mon ordi, checke mes mails tout ça quand je vois qu’une personne que je ne connais pas veut se mettre en lien avec moi sur viadeo. Il me veut quoi ? « Bonjour, je travaille chez très grand groupe de presse, votre profil m’intéresse, on se voit ? ». C’est une blague ? Bon, dans le doute, je vais répondre parce que, merde, très grand groupe de presse entre en contact avec moi, c’est pas rien. Après un échange de mails, je reçois un coup de fil, ils veulent me proposer un poste de responsable de communauté (à peu près ce que je fais à l’heure actuelle). Fin août, j’ai un premier entretien avec ce jeune homme, Simon, qui se passe plutôt bien, petit résumé.

«Alors y aura 4 communautés, une divertissement, une féminine, une parents et une actu. Vous voulez laquelle ? » Alors, dans divertissement, y a cinéma et je suis nulle en cinéma, parents, vous connaissez mon amour pour les enfants. Et dans féminine y a le site Internet de THE magazine féminin. Donc je prends celle-ci, hop ! «Très
bien, je transmets votre dossier à mon DRH et s’il lui plaît, vous aurez un entretien avec la rédactrice en chef de THE magazine féminin(qu’on appellera désormais TMF, pour aller plus vite).

Le temps passe. Zen, Nina, zen, même si c’est pas ton truc. Un jour, alors que j’avais pas super le moral, téléphone «Bonjour, je suis madame la RH de très grand groupe de presse (donc on dira TGGP) rattachée à TMF, on se voit ? » Un jeudi matin de septembre, 9h du mat, me voici dans l’antre de très grand groupe de presse. Hasard
amusant, j’ai bossé dans l’entreprise juste en face, celle où il y avait DRH choupinou, ça me rappelle une époque très rose de ma vie. Un signe ? Je me retrouve face à une femme de 35 ans, je suis un peu tendue. Oui, elle, elle s’en souvient peut-être pas mais à l’époque où j’étais au chômage, elle avait refusé mon CV. Bon, ok, c’était pas pour le même poste et là, ce sont eux qui sont venus me chercher mais voilà. Pendant une heure, Mme RH me questionne «pourquoi quitter votre emploi actuel alors que vous y êtes bien ?

– Parce que TMF, parce que TGGP, parce que moi journaliste, parce que meilleur salaire. »

Ben ouais, autant être honnête. Je sors de là mitigée : Mme RH était un coup super sympa («mais vous l’avez mis où votre accent ? ») un coup plus froide («une lettre d’engagement ? Mais on n’en est pas encore là). Ouais, ok.

Mardi, 10 jours plus tard. Je savais qu’il fallait pas que j’attende la réponse trop vite mais plus elle se faisait attendre, plus j’étais stressée et de mauvais poil. Heureusement, le soir, je devais voir Gabriel, ça allait me détendre. Soudain, le téléphone sonne, «privé ». C’est eux, je le sais, je le sens. On y va, on décroche, on
bloque la respiration et on attend : «c’est bon, vous êtes prise ! ». C’est normal que j’ai envie de pleurer de joie ? Evidemment, j’appelle toute ma famille (c’est là que j’apprends que ma grand mère est hospitalisée), je maile, textote les potes. Je fête ça dignement avec Gabriel au champagne puis X fois avec mes amis (mouhahah).

Hier matin, dernière étape. Négociations salariales ok, date de début du contrat ok. Je retourne à TGGP pour signer mon contrat même si ce n’est pas là que je bosserai mais dans une agence sur Paris, pas très très loin de chez moi. Sur le contrat, c’est écrit, je serai cadre, rien que ça. Maintenant, je dois annoncer ma démission. Et là,
c’est pas si facile ! Mais je le raconterai demain.

En attendant, à 10h30, ne rate pas le dévoilement des candidats de mister Personnality !

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L’instinct maternel de l’’hippocampe

Rassure-toi, lecteur, ce blog ne vire pas « étude de la faune sous-marine et de ses mœurs », ce titre énigmatique et quelque peu poétique va me permettre de te parler d’une espèce que je ne supporte pas : les gosses. Vois-tu, là, je suis dans le train, ma douce Kenya endormie dans sa panière à mes côtés. Bon, d’accord, je l’ai droguée mais elle est tout sage. A quelques sièges de là, y a une sale gamine qui met un souk pas possible depuis une bonne demi-heure, qui crie, tape sur les vitres et répond à sa mère. Je te le dis sans rougir, lecteur : je déteste les gosses.
Je hurle donc je suis
A chaque fois que je prends le train, y en a toujours un ou deux dans mon wagon. Quand je pense qu’au lycée, les profs m’apprenaient, alarmiste, qu’on ne faisait plus assez d’enfants…ils doivent pas prendre le train très souvent, ceux-là ! Qu’ils s’installent à côté de la monstresse blonde, tête à claque, qui sévit ici, ils chanteront un autre refrain.
J’ai remarqué que les plus chiants n’étaient pas les bébés. La semaine dernière, j’étais dans ce même train, effectuant le même trajet, sans Kenya restée en vacances chez « ses grands parents » et j’étais encerclée de bébés et de jeunes enfants de cinq ans et plus. Les plus calmes étaient sans contexte les bébés. Comment expliquer que ses frêles créatures soient aussi calmes alors qu’ils ne sont pas conscients de l’autre et de la gêne que leurs cris occasionnent ? Pareil pour mon chat : quand elle miaule, elle se rend pas compte qu’elle dérange les gens mais dans le train, elle est toute sage, tout comme ses congénères chats. Alors pourquoi les gamins entre cinq et dix ans qui ont parfaitement conscience de faire chier leur monde ne se calment pas et hurlent comme des demeurés ? J’ai ma théorie : comme les chats, les enfants se croient roi.
Il est né le divin enfant
Imaginons : un bébé vient de paraître dans votre entourage. Premier réflexe : on court se pâmer devant ce miracle de la nature. Qu’il est mignon, guili-guili ! Même un bébé moche parvient à tirer des cris d’extase (hypocrites) de ses visiteurs. Récemment, quelqu’un (il me semble que c’est Raphaël) m’a dit : « mais c’est moche un bébé, j’aime pas ça ! » Ben, c’est vrai que c’est pas super beau, c’est tout fripé mais un nouvel individu a fait son apparition sur terre, alléluia (comme si c’était exceptionnel…). Bref, ce petit bout de chair à peine doté d’une conscience mais déjà équipé d’un estomac et de cordes vocales est déjà l’objet de toutes les adorations. En grandissant, ça ne va pas en s’arrangeant : oh, il vient de sourire ! Oh, il m’a attrapé le doigt ! Seigneur, il marche ! Et voilà notre trognon d’humain persuadé d’être exceptionnel car il s’est mis en station debout. C’est sûr, c’est bien le premier à le faire, c’est incroyable ! A partir de là, l’enfant se rend compte de son pouvoir : tout ce qu’il fait est merveilleux et, ravi, il offre à l’assemblée toute une gamme d’exploit. J’exagère ? Bien sûr que non ! Je me souviens, un jour, ma cousine est venue à la maison avec sa marmaille et l’aîné faisait l’andouille. Notez que je trouve ce gamin trop mignon. A un moment, je ne sais plus ce qu’il a sorti et tout le monde a rigolé. Super fier de lui, le gamin nous a refait le sketch dix fois d’affilée. Merci de vous écrouler de rire à chaque fois pour ne pas vexer le petit ange.
Et c’est toujours pareil. Un enfant doit prouver à l’assistance entière qu’il existe, à tel point que j’en viens à me demander si un enfant n’a pas le sentiment effrayant de ne plus être dès lors qu’on ne le regarde plus. Comme un Dieu, en fait : un Dieu n’existe sur Terre qu’à partir du moment où il a des adorateurs. L’enfant a une phrase fétiche : « Hé, maman (ou papa), regarde ! ». Regarde, je fais un dessin, regarde, je fais la roue, regarde je fais du vélo… Merde, je suis tombé. Comme tu me regardais, je me mets à hurler pour que tu t’occupes de moi. Ça aussi, c’est intéressant de voir que la douleur enfantine n’existe qu’à partir du moment où elle a lieu sous l’œil des parents. Un enfant qui tombe dans son coin se relève, enlève les petits cailloux qui lui ont éraflé le genou et repart jouer sans rien dire. Si un adulte a assisté à la scène, le voilà qui se met à hurler.
La fessée, c’est mauvais pour le développement personnel
Les enfants sont roi et j’ai l’impression que c’est de pire en pire. Gamine, je me suis ramassée quelques fessées toujours justifiées, au fond. Aujourd’hui, le pédopsychiatres nous explique qu’il faut surtout pas frapper un gamin, pas le brimer… De toute façon, les pédopsychiatres nous racontent n’importe quoi, tout est question de mode. Mais les enfants actuels sont super mal élevés, je trouve, tout leur est dû. La monstresse blonde hurle, fout le souk, tire sur les rideaux, elle a eu droit à un « chut ! » maternel de réprobation et si sa mère la force à s’asseoir (oui, là, elle saute comme une idiote sur son siège), la voilà qui pousse des beuglements terribles. Quelle sale gosse !
Mais c’est notre faute, aussi, à force de nous rabaisser à leur niveau plutôt que de les faire monter au nôtres. Les gamins, on leur parle comme à des demeurés (et qui sait qui l’est tout mignon ? Mais c’est le bébé à son papa ? Hou gouzi, gouzi !). Je suis contre la méthode américaine de bourrage de crâne pour faire des gamins pseudos intelligents, je trouve ça complètement crétin. Ceci étant, on ne fait aucun effort pour les responsabiliser, on leur passe tout parce qu’ils sont des enfants : « le pauvre, c’est long le train pour lui ! ». Pffffff, tu lui aurais expliqué avant qu’il ne fallait pas s’agiter dans tous les sens dans le train et se conduire comme une grande, on en serait pas là.
Merde, j’ai perdu mon instinct maternel
Tu l’as remarqué, lecteur, les gosses, ça m’emmerde. J’ai préféré prendre un chat, même si elle est insupportable par moment, qu’elle grignote les pieds de mes amants ou leur lèche les oreilles selon son degré de compatibilité avec le monsieur (elle a adoré Reno, beaucoup moins Raphaël…). Un chat, c’est indépendant, au moins. Ce n’est pas la chair de ma chair mais je m’en tape. Je n’ai pas une once d’instinct maternel, j’ai pas envie de me reproduire, pour l’heure, ça changera sans doute quand j’aurai trouvé ma moitié définitive. J’en parlais l’autre jour avec ma collègue, Zoé, nous étions d’accord sur un point : l’envie de l’enfant vient naturellement quand on est bien engagé avec quelqu’un.
Dans les vingtenaires, nous avons les deux cas : celle qui a une fille envie de bébé (Anne) et celles qui préfèreraient se couper un bras plutôt que de tomber enceinte (Lucie et Victoire). Pour Anne, elle est « inspirée », si j’ose dire, par l’exemple de sa sœur aînée, maman une premier fois et qui est actuellement enceinte jusqu’aux yeux. Pour Lucie et Victoire, un bébé est comme un parasite qui grandit à l’intérieur de leur corps, ça les rend malades rien que d’y penser. Personnellement, je pense que j’aimerais bien sentir la vie grandir en moi mais là… Non… Bien qu’Arnaud m’ait confié qu’il aimerait bien faire l’amour à une femme enceinte (enfin, ça l’a pas empêché de me brouetter).
Dans la nature, toutes les femelles ne s’occupent pas de leur progéniture, c’est un truc de mammifères, ça ! Par exemple, chez les poissons et les hippocampes (d’où le titre de l’article), les femelles expulsent les œufs et ce sont les mâles qui doivent les protéger en attendant la naissance. Alors que chez les mammifères… Par exemple, ma petite Kenya, que je soupçonne d’être enceinte (quelle merde !), elle fera ses bébés toute seule et qui est-ce qui va la soutenir dans cette épreuve ? Pas le(s) salaud(s) qui l’a engrossée, non, ce sera moi… Pitié, pourvu qu’elle soit pas enceinte ! Un chat, j’arrive à gérer mais des petits chatons, quelle angoisse… Mais je dévie.
Un bébé? Non merci…
Quand je vois tous ces monstres qui piaillent, hurlent, tapent du pied, je me demande pourquoi j’en voudrais un pour moi… La monstresse blonde s’est coincée la tête entre le fauteuil et la fenêtre, elle hurle comme une demeurée, au secours ! Voilà comme cette horrible gosse vient de détruire tout instinct maternel résidant encore en moi. Nous en avons parlé ave Gauthier, je lui ai balancé ma théorie sur la déification de l’enfant et il m’a expliqué ceci : « non mais c’est super beau de voir un enfant qui apprend, tu n’imagines pas ! » Non, je n’imagine pas, en effet. Gauthier, il s’occupe beaucoup du fils d’Océane, il sait mieux que moi la fierté que l’on éprouve quand notre rejeton arrive à mettre un pied devant l’autre. Peut-être que quand j’aurai ma propre marmaille, je serai comme les autres, je m’extasierai devant leurs moindres faits et gestes…
Mais pour les moments, les gamins, ça m’emmerde, surtout dans le train.
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