Leave my uterus alone !

Selon une loi sociale commune, un couple suit les étapes suivantes : rencontre, consommation, consolidation, installation commune, signature d’un pacte quel qu’il soit, enfants. Plutôt au pluriel, oui. Donc si vous venez souvent par ici, vous aurez noté que je suis à l’étape post signature de pacte et donc, cette question de plus en plus récurrente dans ma vie “alors, le bébé, c’est pour quand ?” Mais leave my uterus alone, bordel !

Leave my uterus alone, révolte d'une nullipare

Alors on va pas se mentir, ce sujet commence à légèrement m’agacer parce que… on piétine allègrement mon choix et mes ressentis sur la question. Dès que je dis que je ne l’envisage pas pour le moment (notez que je ne suis même pas définitive là-dessus), j’ai droit à une réaction d’effroi (“quoiiii ? Tu ne veux pas d’enfants ? Mais quelle est cette hérésie ?”)… puis à une négation pure et simple de mes sentiments sur le sujet “non mais tu dis ça maintenant mais tu changeras d’avis, tu verras !” ou “mais tu ne peux pas passer à côté de ça, tu n’imagines pas ce que que c’est.” C’est vrai… Mais pour le moment, ça ne me manque pas, comme expérience. J’ai tout à fait conscience que je peux changer d’avis, comme j’ai déjà changé d’avis sur certains trucs mais… 37 ans, l’horloge biologique ne vient toujours pas me titiller, j’admets tout à fait que ça puisse ne jamais arriver. Alors pourquoi les autres insistent ?

Horloge biologique

En plus, je trouve ces conversations hyper intrusives. Personne n’imagine que si je n’ai pas d’enfants, c’est peut-être aussi parce que je ne peux pas en avoir… L’enfer que ça doit être quand c’est le cas “alors, c’est pour quand le bébé ?” “Ben, écoute, ça fait deux ans qu’on essaie et que ça prend pas, à croire que l’un de nous est stérile, à ton avis, lequel ?”. Non mais sérieusement, on touche au médical, là. Est-ce que je vous demande votre taux de cholestérol ou comment se portent vos globules blancs tous les trois matins, moi ? Non. Mais comme je suis une jeune pacsée (bon, on va pas tarder à arriver aux un an de PACS) et moins jeune femme, la question semble naturelle. Alors que pardon mais c’est totalement déplacé, surtout quand on te lâche un “ouais, enfin, faudrait pas trop tarder quand même, hein…”. Ah, t’as passé ton diplôme de gynéco pendant les vacances ? Non ? Alors ton avis sur ma fertilité, je te suggère d’en faire une mini boulette et de te la fourrer où je pense, merci, bisous.

Ton opinion dans ton cul

Tant que j’étais célibataire ou non engagée par un papier, j’étais relativement tranquille, surtout que ma bouille trompe toujours sur mon âge. Mais là, depuis que je me suis pacsée, je subis une pression de PARTOUT. Tout le monde veut que je fasse un enfant pour que le leur joue avec le mien (alors que s’il le faut, mon rejeton sera un connard tyrannique, on sait pas), pour que je connaisse ce que ça fait. Et le pire, c’est que quand j’explique pourquoi je n’ai pas envie, mes arguments ne comptent pas genre “ouais, ok, mais quand même, avoir un enfant, tu sais pas ce que c’est”. Non, comme beaucoup de choses en ce bas monde et ça m’empêche pas de dormir la nuit.

Bien dormir avec une peluche

Ces derniers temps, j’avais une bonne excuse : voyage de trois semaines à l’autre bout du monde en itinérance, pas bonne idée d’être enceinte. Ca marche. Mais le voyage approche. On sera de retour en France fin octobre. Et après ? Soit je m’énerve, soit je parle de la stérilité de notre couple (dont je ne sais rien, hein, notre principale cause de stérilité aujourd’hui, c’est mon stérilet, le bien nommé). Parce que je ne doute pas que l’amour maternel et paternel, c’est ouffissime mais… pour le moment, j’ai du mal à passer outre certains éléments. Et j’aimerais ne pas passer ma vie à me justifier de ça.

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De la love story 2.0

Parfois, il m’arrive de me connecter à twitter pour faire part au monde de mes fulgurances ou de la publication d’un nouvel article. Au monde, j’exagère, j’ai précisément 56 gens qui me suivent dont un bon paquet de fakes, je pense. Mais l’avantage de ne pas avoir grand monde sur son twitter, c’est qu’on ne rate aucune histoire, y compris une love story débutante à caractère participatif.

Connaissez-vous Marion ? Vous pouvez aller sur son blog mais en gros, c’est une jeune parisienne de 23 ans qui me paraît fort sympathique . Il y a une semaine, elle poste un message sur son twitter « cherche un mec, please RT » (RT= reprenez sur vos
twitters). De là, un mec se crée un profil « unmec » et un blog unmecpourmarion. De là s’ensuivent des échanges de post et un rendez-vous vendredi soir à République. C’est ultra résumé, je sais. Sur twitter, tout le monde a suivi l’histoire, a conseillé Marion sur sa tenue, les blogueurs ont rigolé de cette histoire, se demandant si Marion devait prendre des capotes et une brosse à dents pour le rendez-vous.



Puis vendredi soir, le rencard et… vers minuit, une personne annonce qu’elle va publier sur son blog les photos du rencard puisqu’elle y était en tant que « garde du corps » de Marion au cas où unmec ne soit pas quelqu’un de très recommandable. Comme j’ai le talent d’attirer naturellement tous les psychopathes de la blogosphère, je l’approuve totalement sur ce point. Et effectivement, voilà des photos floues, genre paparazzis sur le blog de la personne. Même si elles ont été prises avec l’accord des deux parties concernées,
j’avoue que là, je trouve que le jeu est allé un peu trop loin.




Prenons les deux hypothèses plausibles. En un, suite à ce rendez-vous, il ne se passe rien : unmec se prend un râteau devant un bon millier d’internautes, pas trop grave, encore (sauf pour son ego mais c’était le risque). En deux, ça fonctionne et là, un couple se crée. Et bien bon courage. Un couple à deux, déjà, c’est compliqué alors à 1000… Parce que voilà, on nous a donné le début de l’histoire, il va être très difficile maintenant de fermer la porte de la chambre en nous expliquant qu’à partir de là, ça ne nous regarde plus. Parce que déjà, quand on ne donne pas grand-chose, l’internaute essaie de voir à travers le trou de la serrure, il est parfois un peu trop intrusif. Alors là, on a assisté à toute la parade nuptiale, on veut aussi la première nuit (sextape ?), le premier réveil (bonne ou mauvaise haleine, le sexe avant ou après le brossage de dents ?), le premier week-end, la présentation aux parents, le choix du chien… Ok, ok, je m’emballe peut-être un peu. Mais bon, comment transformer une histoire publique en histoire privée ?




Par le passé, j’ai eu quelques histoires un peu trop mises en avant sur ce blog avec le monsieur qui participait à la vie communautaire et par la suite, j’ai dû taper sur quelques doigts virtuels pour qu’on me laisse un peu d’intimité car la ligne était un peu trop rapidement franchie. Je raconte ce que je veux, n’allez pas chercher ce que je tais. Il existe quelques couples bien identifiés sur la blogosphère, la Blonde et son Muche, les H2 et tant d’autres que je ne remets pas là de suite absolument. Mais voilà, ils ont dès le départ ouvert des fenêtres et fermé des portes. Là, j’ai parfois l’impression que l’histoire de Marion et d’unmec ne leur appartient pas vraiment, je suis limite étonnée qu’il n’y ait pas eu de vote SMS pour décider s’ils devaient oui ou non coucher ensemble.

Bref, si j’ai bien appris quelque chose en 4 ans de blog, c’est que pour vivre heureux, mieux valait vivre caché sur certains points. J’espère que, pour la suite, Marion et unmec ne se sentiront pas trop obligés de nous faire vivre leur histoire dans TOUS ses détails.

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