Le cinquième élément, la dystopie… verticale

Une des premières dystopies à laquelle j’ai eu l’occasion de me frotter est sans nul doute le cinquièmélément. Oui, le film de Luc Besson, oui. Avec ville gigantesque et voitures qui volent, un peu comme Altered Carbon. Mais la comparaison s’arrête là car si Altered Carbon détaille la société dans laquelle évolue Tak, pour le cinquième élément, on sait assez peu de choses quant aux rouages de cette société futuriste. Une société verticale, comme les immeubles… et l’organisation sociale, finalement.

Le cinquième élément - affiche

On pourrait contester la classification du cinquième élément au rayon dystopie, on est plus dans un film de science fiction/fantasy/space opera. On est assez proche d’un Star Wars avec une foule d’extraterrestres et une bonne partie de l’histoire dans l’espace. D’ailleurs, la partie où ils sont dans le vaisseau après avoir quitté Fhloston Paradise n’est pas sans évoquer le Falcon Millenium. Alors du coup, Star Wars serait aussi une dystopie ? Après tout, il y a tout un univers politique tissé… Oui sauf que Star Wars se passe dans une galaxie lointaine… il y a très longtemps. Donc non, ce n’est pas une dystopie. Le cinquième élément lui, se passe dans le futur dans ce qui est une version évoluée de notre société donc là, on y est sur la partie prospective. Mais est-ce que cette société est si mauvaise que ça ? Le monde proposé ne nous offre guère de détails donc je suis dans l’interprétation mais je vais considérer que oui.

New York dans le cinquième élément

Point un : les inégalités sociales. Bruce Willis est du côté pauvre de la barrière, cf la taille minuscule de son appart vs celui du prêtre par exemple. Son emploi est menacé, son immeuble visiblement mal famé (cf le caméo pété de Kassovitz). Vous allez me dire qu’on est déjà pas mal dans une société inégalitaire, ce qui est vrai mais il semble que dans le futur, l’ascenseur social, il est définitivement oublié. La société est d’ailleurs parfaitement hiérarchisée : les plus riches en haut, les plus pauvres en bas, au milieu des ordures. Vertical.  En parallèle, on a également une sensation d’opulence d’une certaine catégorie de population, notamment avec Fhloston Paradise, population aisée qui a bon goût en appréciant un bon petit opéra. Pierre Bourdieu likes this.

La diva dans le cinquième élément

Mais finalement… C’est quoi cette société décrite dans le cinquième élément ? “Normalement” (ok, ça se discute), une dystopie pose une réelle évolution de la société basée sur un changement de donnes, en gros. Dans 1984 ou Fahrenheit 451, il y a la maîtrise du savoir par le pouvoir qui enferme les citoyens. Dans Ravage, Albator ou Le meilleur des mondes, on peut se poser la question de l’asservissement de la population, ramollie par la technologie et/ou le divertissement. Altered Carbon nous interroge sur la question de l’immortalité. The handmaid’s tale part du principe que la dégradation environnementale va avoir des conséquences et imagine que les femmes en seront les premières victimes.  Si je devais résumer les dystopies en une phrase, on pourrait dire “et si… ?”, version scénario noir. Or dans le cinquième élément… Ben en fait, l’histoire pourrait absolument se passer aujourd’hui sans que ça change quoi que ce soit à l’histoire. Les voitures peuvent être au sol, Fhloston Paradise pourrait être un hôtel random aux Maldives ou en Polynésie… Reste les vaisseau spatiaux, certes, mais vu qu’ils ont débarqué en 1914 en début de film, ils auraient pu aussi débarquer en 97 (année de sortie du film). Reste la constitution de Leeloo… mais qui n’a pas grand sens au fond…

Polynésie

Du coup, si le cinquième élément décrit une société inégalitaire que Leeloo semble peu motivée à sauver (même si c’est manifestement les bombes atomiques balancées sur le Japon qui la choquent donc on reste sur ma remarque : ça aurait pu carrément se passer en 97), j’ai du mal à isoler de réels éléments dystopiques. On peut même y voir quelques étincelles d’espoir avec un Président Noir (en 97, c’était never seen before, comme on dit dans mon métier où on se la pète), la conquête spatiale… Bref, autant j’ai un souvenir plaisant du cinquième élément (et je refuse de le revoir), notamment sur son imagerie futuriste, autant… ben pour moi, la seule raison pour laquelle ça se passe dans le futur, c’est que Besson voulait se faire plaisir. Alors pourquoi pas mais pourquoi ? Normalement, placer un histoire dans le futur doit apporter quelque chose : une technologie qui n’existe pas encore et qui va avoir une incidence importante sur l’intrigue, une évolution de la société que l’on veut dénoncer… même avec humour, genre Idiocracy. C’est rigolo mais il reste un message. Là, c’est juste un décor.

La ville futuriste du cinquième élément

Du coup, est-ce qu’on peut à ce point se faire plaisir sans réellement chercher à faire passer un message ? Peut-on imaginer une histoire dans le futur juste parce qu’on a trop kiffé Retour vers le futur 2 sans chercher à donner une dimension politique quelconque ? Dans l’absolu oui… mais ça me gêne un peu. Même si ça reste un film qui m’a marquée à l’époque et qui m’a follement inspiré Technopolis, on ne va pas se mentir.

Affiche du film le cinquième élément

C’est marrant, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus de détails sur les immeubles sur l’affiche que dans le film

Ca mériterait un article à part, non ?

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Une plume décalée… mais gonflante

Leçon d’écriture n°3 de ce roman si horrible. Quand j’ai fini ce roman, je suis quand même allée jeter un coup d’oeil sur les avis et globalement, ils sont assez bons (sauf certains qui ont manifestement ressenti exactement la même chose que moi) et beaucoup évoquaient une “plume décalée”. Aaaaah, la plume décalée, cette façon différente et innovante d’écrire. Mais c’est pas parce que la forme est différente que c’est forcément suffisant pour faire un roman acceptable.

Plume décalée

Je ne suis pas forcément attachée au style. J’aime certains auteurs pour la force de leur plume, oui, c’est le cas notamment de Moravia, mais pas mal d’autres romans ne se distinguent pas par un style soigné, plus par leur intrigue, et ça peut me suffire. En fait, je demande grosso modo à un roman de m’embarquer dans son histoire. Un roman, c’est une personne qui vous raconte quelque chose et si la personne a une façon insupportable de s’exprimer, elle va vite gagner mon antipathie et je n’aurai plus envie de l’écouter. Je n’avais par exemple pas aimé le style de Katarina Mazetti dans Le mec de la tombe d’à côté ou dans mon doudou divin (et je réalise que j’ai peu aimé l’héroïne de celui là, faudra que je revienne dessus rapport à mes leçons d’écriture tirées de l’épouvantable roman sans nom dont je suis en train de parler parce que y a lien), j’ai exécré le style de La petite fêlée aux allumettes de Nadine Monfils qui m’a fait sortir du roman toutes les 3 pages… et là, encore, dans le roman horribilus, une petite voix dans ma tête lisait en hurlant “mais ta gueule, ta gueule, ta gueuuuuuuuule !!”.

Silence !

Avoir une plume “décalée” dans l’absolu, pourquoi pas. La volonté de proposer quelque chose de neuf est toujours une démarche intéressante dans l’absolu sauf que… faut pas que le fait de faire différent masque un manque de talents. Plaf,oui. Là, l’autrice parle en hashtag et en phrases barrées. Oui en hashtags et en phrases barrées, comme sur un blog (enfin comme sur un réseau social d’un côté et blog de l’autre). Arrêtons nous là-dessus : on pourrait voir dans cette écriture déstructurée la volonté de faire djeuns et pourquoi pas dans l’absolu. Sauf que personne ne parle ou n’écrit comme ça dans le cadre d’une narration. Par exemple, quand est-ce que j’utilise un hashtag ? Sur un réseau social, éventuellement lors d’une conversation pour appuyer quelque chose dans un contexte très précis (et généralement dans le cadre du travail) et toujours dans l’ironie. Pour le texte barré, on est plus dans le “je le pense mais faut pas que je le dise”. Sauf qu’on suit un récit narré à la première personne censément écrit après les faits, ça n’a donc aucun sens ! Le texte barré, c’est vraiment du “oups, j’aurais pas dû dire ça” alors que le livre est censé être un témoignage livré à posteriori et contenant une certain drame, genre l’assassinat de la Présidente de la République, au hasard…

Monk

Mais le pire, c’est que pour nous prouver à quel point l’héroïne est sans filtre, l’autrice transforme les pensées en ligne de dialogue ni vu ni connu. Genre l’héroïne pense un truc et son ex lui répond direct pour bien nous faire comprendre qu’elle prononce ses pensées. Alors déjà, comment tu veux que j’ai une quelconque empathie pour un personnage qui a la maturité d’un enfant de trois ans mais surtout… c’est incompréhensible. Ce moment où l’héroïne pense, que ça m’est présenté comme ça, et que son ex lui répond, j’étais un peu en PLS, cherchant à comprendre comment j’étais censée différencier une pensée d’une ligne de dialogue. On en est là, oui.

Je dis ce que je pense de Jul

Bref, ne pas pondre la même prose que les autres, dans l’absolu, c’est une démarche intéressante… mais encore faut-il maîtriser un minima sa technique. Et surtout permettre à la personne qui lit de comprendre ce qu’il se passe. Non parce que des livres incompréhensibles en première lecture, j’en ai eu un, hein, je fais partie des rares personnes qui sont allées au bout d’Ulysse de Joyce MAIS il y a des clés de lecture, complexes mais réelles. Là, c’est juste une enfant qui se retrouve au coeur d’une histoire qui la dépasse et qui raconte ça comme une ado attardée qui écrirait dans son journal en faisant des coeurs sur les i. Gênant.

Journal intime pour adolescente

La prochaine fois, je vous parlerai de l’héroïne, un calvaire.

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C’est quoi un bon roman ?

Depuis quelques semaines (enfin une puis j’étais en vacances), je vous parle d’un roman horrible mais si on peut tous définir un mauvais roman (le truc qui nous tombe des mains, qu’on oublie sur un coin de la table de nuit en privilégiant une bonne partie de candy crush plutôt qu’une séance lecture). Du coup, un bon roman, c’est quoi ?

Lire avant de dormir

Je vais passer sur les qualités littéraires de l’oeuvre. Je ne suis pas éditrice et je considère le style comme du sel : ça rajoute du goût au plat mais si c’est dégueu à la base, ça ne sauvera pas le tout. L’appréciation est toute personnelle et nous ne sommes pas sensibles aux mêmes choses donc je vais vous parler de ce qui, moi, me fait dire que ce roman, là, il est vraiment au-dessus de tout

Lire allongé

Je ne le lâche pas

Ca paraît évident mais il va quand même falloir un peu nuancer le propos. Il y a des romans que je dévore parce que je suis totalement prise dans l’intrigue, chaque milliseconde de libre dans mon emploi du temps va être consacré à dévorer ce roman. Il m’arrivait, quand j’étais plus jeune et surtout plus célibataire, de passer des nuits blanches sur un roman et j’adorais ça. Aujourd’hui, j’ai un peu moins de temps pour la lecture, essentiellement parce que je bosse huit bonnes heures par jour et que j’essaie d’écrire un peu aussi mais j’adore ces romans dans lesquels je me réfugie avec plaisir, que je trimballe partout en espérant pouvoir voler cinq minutes à ma vie pour grignoter une page ou deux. Oui, un bon roman me rend boulimique… Mais parfois un roman moyen voire pas terrible aussi. Pour filer la métaphore culinaire, parfois, on a faim pour un bon boeuf bourguignon et des fois, on a la dalle et on s’avale des cacahuètes ou un kinder Maxi. C’est pas délicieux mais ça remplit. Et puis surtout, il m’arrive de dévorer un roman moyen voire pas terrible juste pour voir si j’avais raison. Je déteste ne pas finir un bouquin parce que j’ai besoin d’avoir la fin qui peut, parfois, sauver les meubles ou, au contraire, finir de clouer le cercueil. Le pire étant quand la fin ne me surprend pas, quand j’ai deviné qui était le coupable ou comment ça allait se terminer, démontant les rebondissements avant qu’ils n’arrivent. Parfois, je ne le fais pas exprès comme dans le dernier Camilla Läckberg, Le dompteur de lions, où j’avais deviné quasi tout mais sur le dernier plot twist, alors qu’il me restait encore quelques pages, je me disais “ah ben moi, j’aurais fait plus comme ça, ça aurait été un vrai retournement et… ah bah c’est ça en fait.” Idem pour Disparue de Lisa Gardner où j’ai cru avoir deviné, je me suis ensuite dit “ah je me suis peut-être trompée mais du coup, ça me donne une bonne idée… Ah ben si, j’avais raison en fait”. Donc le fait que je le dévore n’est pas un indice infaillible donc quoi d’autre ?

Qui est le coupable

L’envie d’écrire

Ca, c’est déjà un meilleur indice mais ce n’est pas non plus absolu. Quand je lis un roman (ou vois une fiction, ça marche aussi) qui me touche d’une façon ou d’une autre, ça me donne une violente envie d’écrire. Une histoire dans le même univers, m’en inspirer, faire ma propre version. Par exemple, en ce moment, je lis Dracula de Bram Stoker et je me rends compte que ça me stimule pour écrire. Pas un roman de vampire, c’est pas un sujet qui me branche, mais ce côté journaux intimes et lettres pour tisser un récit, oui, j’aime bien. Pareil pour la série the Handmaid’s tale qui m’inspire un peu sur le côté dystopique, quelques épisodes de Black Mirror… même quand une série me déçoit, genre Lost, j’ai envie de prendre le sujet pour en faire ma version.

Lost : le casting

L’obsession

Et c’est là, je crois, qu’on touche au sublime : la trace que me laisse un roman. Vous savez, quand vous lisez un roman génial et que vous êtes partagés entre la hâte de terminer pour connaître la fin et la tristesse de le laisser sortir de votre vie. Bien sûr, on peut relire mais il n’y aura pas le plaisir de la découverte et, pour ma part, je ne relis quasi jamais un roman, essentiellement parce qu’il y a beaucoup trop d’ouvrages à lire pour ne pas enchaîner. Je respecte ceux qui relisent, bien entendu, c’est pas un débat. Mais parfois, il y a un livre qui laisse son empreinte, je le finis et… j’ai un peu de mal à enchaîner directement. Besoin de digérer, de réfléchir un peu, d’imaginer comment j’écrirais une histoire qui ressemblerait à ça… Parfois, je n’ai pas conscience de suite que je suis marquée. C’est comme Fahrenheit 451, je l’avais trouvé bizarre quand je l’avais lue ado (parce que j’avais pas tous les outils intellectuels, je ne connaissais même pas le nom “dystopie”) mais il a laissé une énorme trace dans mon imaginaire, il est plus ou moins celui qui m’a inspiré une partie de Technopolis (ça et une partie de Batman forever, l’esthétique de Gotham telle que je m’en souvenais car j’ai un jour revu le film et c’était absolument laid).

Gotham cit version Schumacher

J’aime bien l’idée des statues géantes, voilà

Du coup, c’est peut-être ça, la réussite d’un roman : devenir suffisamment viscéral pour ne pas s’arrêter à la dernière page.

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Mémé dans les orties d’Aurélie Vallognes

Ceci n’est pas le roman épouvantable dont je parlais quelques jours plus tôt mais un roman, Mémé dans les orties, que… ben j’ai pas aimé. Alors qu’il a bien fonctionné, que les gens en parlent en bien, un peu comme Le mec de la tombe d’à côté, Les gens heureux lisent et boivent du café, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire… Il semblerait que je n’aime pas ,les romans dont le titre est une phrase.

Mémé dans les orties d'Aurélie Valognes

Alors plutôt que de vous raconter l’histoire (celle d’un vieux ronchon, j’aime pas les histoires de vieux non plus manifestement), je vais essayer d’analyser un peu ce qui m’a déplu même si j’avoue que c’est absolument personnel. Mais dans ma démarche de “retiens ce que tu n’aimes pas pour ne pas reproduire », ça me paraît essentiel. Cependant, ce roman, il est pas désagréable en soi à lire, je l’ai trouvé peu utile mais je comprends qu’il puisse plaire, je ne le déconseille pas absolument. Et je reconnais à Aurélie Valognes une très jolie plume tout en admettant qu’il est possible que je sois partie avec un mauvais à priori à cause du vieux qui voulait pas fêter son anniversaire (mais ma maman n’a pas aimé non plus, on est trop pareilles sur nos lectures).

Mariage de vieux

J’identifie trois problèmes majeurs dans ce roman :

– Les personnages pour lesquels je n’ai aucune empathie. Aurélie Vallognes a voulu peindre des personnages hauts en couleur et pour le coup, c’est réussi. Mais j’ai globalement envie de les baffer notamment le héros principal, une petite fille extrêmement mal élevée (et écrite par une personne qui ne fréquente pas d’enfants, vous savez, ce genre d’enfants insupportable qui parlent comme des adultes, même qu’on leur dit toujours qu’ils sont très mûrs pour leur âge. Non, des enfants sont des enfants, si vous voulez qu’ils agissent en adultes miniatures, réécrivez votre personnage en adulte) et la “méchante” de l’histoire mais là, c’est plutôt une bonne nouvelle. Mais du coup, quoi qu’il arrive aux personnages, je m’en fous assez vu que je n’éprouve pas d’empathie pour eux.

Enfant surdoué

– Les rebondissements absolument forcés : ou comment certains personnages changent de personnalité en deux pages pour les besoins de l’intrigue.

Double face Batman

– La beaucoup trop happy end. Je n’ai rien contre les happy ends en soit même si j’aime moyen ça mais pourquoi pas. Sauf que là, c’était toooooo much genre vraiment vraiment trop. Ca m’a rappelé ma prof de français de 4e qui nous avait demandé de faire une rédaction “écrire la suite de Malataverne”, un roman que je n’ai pas du tout aimé à cette époque là (mais j’avais 13-14 ans et j’en ai un souvenir brumeux). Je m’étais ramassé un 9 parce que j’avais tué tout le monde, tranquille. Un autre élève avait également eu une note similaire car pour le coup, il avait ressuscité un mort peperlito en nous expliquant qu’on pouvait défoncer le crâne de quelqu’un sans que ce soit mortel parce que le truc blanc qui en sort, c’est peut-être de la lymphe… La prof ne nous avait pas mis la moyenne car on était tous les deux “trop”, trop blanc ou trop noir, ce qui rendait le récit peu crédible. Faudra que je vous fasse un article sur cette prof, d’ailleurs. Mais là, voilà, c’est trop guimauve, ça donne un peu envie de vomir.

Candy Bar

Après, l’avantage, c’est qu’il est court, je l’ai lu en quelques jours à peine, il sera parfait pour votre prochain trajet en train. Et je serais très intéressée par vos avis car j’ai dû manquer un truc (ou j’étais trop fatiguée, ça me semble un peu crédible en ce moment)

 

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Le cahier d’écrivaine

Dans mes plus jeunes années, quand je me voyais déjà écrivaine, je m’étais achetée un cahier d’écrivains dont la première qualité était d’être joli. J’y notais quelques idées, quelques nom de personnages à utiliser ci ou là parce que j’aimais bien. Mais dans les faits, ai-je vraiment besoin de ce cahier d’écrivaine ?

cahier d'écrivaine

Quand on imagine le bureau d’artiste, il doit toujours y avoir dans un coin un vieux cahier gribouillé et raturé, recueillant croquis ou mots, embryons d’une œuvre future. On a souvent cette image d’Epinal d’un écrivain noircissant les pages de son carnet au fond d’un bar ou en terrasse, judicieusement accompagné d’un petit noir ou d’un ballon de rouge, voire une bonne mousse. J’avoue que le concept me fait rêver. Curieusement, j’aime à penser que j’écrirais mieux dans un environnement propice, un café ou une bibliothèque. Alors que c’est un peu comme imaginer que sa vie serait différente si on était plus grand, mince, musclé… Rayez la mention inutile. Mais les amis, c’est un leurre.

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J’ai en ma possession un joli agenda avec un hibou à lunettes dessus parce que… Pourquoi pas. J’ai élu cet agenda « cahier de l’écrivaine » car il est joli. Je le regarde droit dans les pages (blanches) et… Rien. Qu’écrire dedans ? Le nom des personnages, oui, ce ne serait pas idiot mais ensuite ? Les grandes lignes de l’intrigue, oui, mais ensuite ? Parce que le souci est là : un cahier, c’est chouette mais… Je déteste écrire à la main.

carnet d'écrivaine
Sans dire que je suis née avec un clavier entre les mains, je suis à la croisée des générations X et Y et je tapais sur des machines à écrire dès mes 8 ans. Parce que ça va plus vite et que je peux me relire. Oh j’ai certes écrit pas mal de choses à la main : un roman, exercice de français en 4ème (j’ai eu 16, je me la pète un peu) ou quelques pages de roman quand je faisais semblant de réviser mon bac dans ma chambre (la machine à écrire m’aurait grillee). Quelques bouts épars lorsque je bossais à la Poste et qu’il n’y avait pas de clients (mieux vu que de sortir un roman ou, pire, un magazine) ou quelques phrases dans les réunions m’amenant au bout de l’ennui. Mais je n’y prends pas de plaisir : ça devient vite illisible et ma main se crispe. Je vous jure, j’ai attrapé une crampe aux Philippines suite à l’écriture d’une quinzaine de cartes postales. J’ai tellement plus vite fait d’écrire au clavier, pourquoi m’emmerder ?
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Parce que la réécriture. L’avantage d’écrire à la main, outre de rentabiliser certaines réunions, c’est que je vais revenir sur mon premier jet, forcément perfectible. Ça ne veut pas dire que le second sera parfait mais sera sans doute meilleur. En plus, je me mettrai moins la pression sur la qualité vu que ça devra être tapé. Plus de fond, moins de forme. Et surtout, ne pas écrire sur un ordinateur, ça veut dire ne pas glander sur les réseaux sociaux et perdre du temps. Tu sais, ce truc là… ah oui, procrastination !

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Mais le souci majeur de ce plan, c’est le temps. J’ai déjà du mal à trouver du temps pour taper sur un clavier alors écrire ? Oublions déjà le métro : déjà que j’écris mal, là, j’atteindrai le niveau hiéroglyphe… Dans le train peut-être…Mais pourquoi pas le soir ? Ça me coupera de l’écran encore plus tôt et je recopierai mes notes le week-end, comme quand j’étais à la fac. À tester !

Pages écrites : 8 lignes /21 pages.
Y a presque un peu de mieux !

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Les impliqués de Zygmunt Miłoszewski

Je vous parlais de polars suédois les deux dernières semaines en vous expliquant que c’était sympa, que ça donnait envie d’aller faire un tour du côté de chez Björn mais que le côté “syndrome Julie Lescaut” me saoulait un petit peu. Mais il y a un autre polar qui m’a totalement emballée, fascinée, j’arrivais pas à le lâcher et la conclusion m’a totalement surprise. Laissez-moi vous parler d’un polar… polonais.

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J’aime bien la littérature slave, je me promène parfois dans les rayons de la littérature de l’est pour voir si je ne trouve pas quelques pépites. C’est ainsi que j’étais tombé sur Les pingouins n’ont jamais froid d’Andreï Kourkov, un roman ukrainien fort sympathique. Quand j’ai saisi Les impliqués de Miloszewski, je me laisse convaincre par le résumé, à savoir : “Un dimanche matin, au milieu d’une session de thérapie collective organisée dans un ancien monastère de Varsovie, l’un des participants est retrouvé mort, une broche à rôtir plantée dans l’oeil. L’affaire est prise en main par le procureur Teodore Szacki. Las de la routine bureaucratique et de son mariage sans relief, Szacki ne sait même plus si son quotidien l’épuise ou l’ennuie. Il veut du changement, et cette affaire dépassera ses espérances. Cette méthode de la constellation familiale, par exemple, une psychothérapie peu conventionnelle basée sur les mises en scène… Son pouvoir semble effrayant. L’un des participants à cette session se serait-il laissé absorber par son rôle au point de commettre un meurtre ? Ou faut-il chercher plus loin, avant même la chute du communisme ? Zygmunt Miloszewski signe un polar impressionnant, où s’affrontent la Varsovie d’aujourd’hui et les crimes du passé.”. Ouais, rien que ça.

Varsovie_-_Palais_stalinien

Donc on va pas se mentir : autant les polars suédois me donnent envie de faire un tour par là-bas, autant en lisant les impliqués, Varsovie est tombé très bas dans ma liste de mes destinations préférées (bon, surtout qu’en Pologne, je vise plutôt Cracovie). Le héros, désabusé, déambule dans une ville perdue entre son passé communiste et son présent plus tourné vers l’Europe. Ca donne pas très envie… Mais ça pose un décor parfait pour l’intrigue par contre.

Alors que Varsovie vu comme ça, ça donne carrément plus envie

Alors que Varsovie vu comme ça, ça donne carrément plus envie

Celle-ci est complexe. D’un côté, on a le crime en lui-même avec la découverte d’une thérapie psychologique aux rouages complexes, de l’autre, notre procureur se retrouve en prise avec une sorte de mafia polonaise décidée à garder certaines exactions de la période communiste sous silence. Très honnêtement, tous ces ingrédients avaient un potentiel de dingue pour que le rendu soit absolument indigeste. Déjà, la psychologie est toujours un rouage intéressant mais tellement galvaudé, souvent mal joué, qu’il me rend parfois folle. Combien de polars mettent en scène le psy de la victime, un mec qui sort des conneries plus grosses que lui, prétexte à tisser une psychologie torturée mais totalement foirée de la victime ? Non, ici, on flirte avec les limites de la folie mais de façon brillante, finement amenée.

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Et puis la mafia polonaise qui cache des secrets. Ca aussi, ça a rapidement le potentiel de virer au n’importe quoi, la théorie du complot version nerd de 13 ans persuadé de connaître la vérité car il l’a lu sur Internet, voyez… Mais non, tout est subtilement tissé, ça tient la route, ça la tient même très bien.

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Bon, après, Teodore se comporte parfois come un crétin qui te fatigue un peu mais à l’arrivée, ça ne gâche pas la lecture. Du coup, Zygmund Miloszewki semble commencer à avoir une petite notoriété en France, ses romans arrivent petit à petit dans nos rayons… Et il ne faut pas les rater !

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La Reine de la Baltique de Viveca Sten

Ou “comment je me mets aux polars suédois”

Ce que j’aime le plus dans la lecture, c’est de varier les plaisirs. Mais un genre me laisse toujours un peu dubitative : le polar. J’aime les polars quand ils sont bons et que je suis embarquée dans l’histoire, c’est une lecture parfaite pour les vacances. Mais si j’arrive à deviner le coupable avant la fin, terminé, déception.

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Après avoir dévoré Millenium, ma dealeuse de littérature (ma maman) me conseillait donc “La Reine de la Baltique”, un polar suédois, donc. Effectivement, je l’ai dévoré en quelques jours.

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L’histoire : Un corps est retrouvé sur la plage de Sandhamn, au large de Stockholm. L’inspecteur Thomas prend l’affaire en main, secondé par Nora, sa meilleure amie qui n’est pas policière mais avocate. Alors que l’enquête avance, un nouveau corps est trouvé…

sandhamn-hotel

On a donc une multiplication des meurtres dans une petite ville où tout le monde se connaît, la suspicion est partout. Ca ressemble presque au téléfilm policier du samedi soir pour France 3. Et c’est un peu là que le bât commence à blesser. Si l’enquête est intéressante, on est noyés de scènes sans intérêt sur la vie privée des personnages : pendant que Thomas pleure sur l’enfant qu’il a perdu d’une mort subite du nourrisson et sur le divorce qui a suivi, Nora est en pleine crise conjugale avec son mari peu compréhensif. Vous allez me dire que ça sert pour poser la psychologie des personnages. Ok, soit.

Un téléfilm de France 3

Un téléfilm de France 3

Mais nous avons aussi un souci de “syndrome de Julie Lescaut” ou toutes les fictions TF1, pour ce que j’en connais. Vous savez, dans un épisode de Julie Lescaut (ou la famille Cordier, Navarro et tutti quanti), il y a toujours une intrigue à la con qui implique systématiquement une des filles de Julie, sa voisine, sa pote, la copine d’un de ses lieutenants… Bref, dans ce genre de série, on crache joyeusement à la gueule de la théorie des 6 degrés de séparation, tous les criminels de Paris sont à maximum 2 degrés de séparation de notre super inspectrice. De la même façon, dans les Cordier, le fils juge ou la fille journaliste étaient systématiquement pris en otage par le vilain de l’histoire*…Chez Viveca Sten, c’est un peu pareil. Je veux bien croire que l’île de Sandhamn n’a pas un million d’habitants mais qui va trouver un cadavre en allant se baigner tranquillement ? Mais oui, c’est notre amie Nora. AH BEN CA ALORS !

Sandhamn-Beach

Et malheureusement, j’avais deviné l’identité du tueur avant la fin alors que je ne suis pas particulièrement douée en la matière, du moins sur la lecture d’un premier roman. J’avais chopé le schéma type de Mary Higgins Clark étant ado puis celui d’Agatha Christie parce que j’en avais lu un certain nombre (et pour MHC, j’ai pas trouvé de suite car j’avais 15 ans). Alors je ne sais pas si j’ai trouvé parce que c’était facile ou parce que j’ai appliqué ma stratégie du “y a un personnage qui sert pas à grand chose, là, ce serait-il pas lui l’assassin ?” mais du coup, à l’heure du twist final, te voilà légèrement désappointé.

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Mais ne crachons pas trop dans la soupe non plus. Ce livre se lit rapidement et agréablement et ça me donne toujours violemment envie de me faire un petit trip en Suède et un livre qui me motive à aller quelque part ne peut être tout à fait mauvais.

Mais ce roman servait surtout d’apéritif avant d’entamer la série des 8 polars de Camilla Läckberg…

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Je vous en parle bientôt !

 

* Bon ok, je dois confesser que je n’ai pas vu beaucoup d’épisodes, je matais ça chez ma grand-mère, petite, quand on y allait une fois par mois mais on va dire que je sais de quoi je parle.

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Mad Max : Fury Road de George Miller

Je déteste les films d’action à base de voitures qui volent et font boum. Je me suis rarement autant ennuyée que devant Ronin, par exemple, et sa folle course poursuite sur les quais de Paris où ma seule réaction fut de m’étonner qu’ils ne se crashent pas au bout de 10 secondes dans une autre voiture. Je n’aime pas ça, je n’aime pas les films qui comblent les trous du scénario par de grosses explosions qui défient parfois la physique la plus élémentaire. Alors aller voir un film qui ne tourne qu’autour de voitures qui explosent et sans même de réel scénario, c’est juste du sado masochisme…

Mad Max Fury Road affiche

Mad Max Fury Road affiche

Et bien non…

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Effet dramatique. Je ne vous cache pas qu’au tout début, je n’avais aucune intention de voir ce film. Parce que je n’aime pas les films d’action, parce que Charlize Theron commence à me faire peur dans ses choix de rôle (Prometheus), parce que je n’ai aucune idée de qui sont Tom Hardy ou Nicholas Hoult et parce que je me méfie toujours des remakes. Mais les réactions ont tellement été unanimes sur mes réseaux sociaux, y compris et surtout de gens dont l’avis compte pour moi que je me suis dit, allons-y.

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L’histoire est ultra simple : dans un futur apocalyptique, l’eau est devenue une denrée rare. Quelque part dans un désert, un vieil homme assez dégueulasse pimpé avec des accessoires qui semblent volés à un vieux groupe d’heavy metal, Immortan Joe. Ce despote cruel sait cependant faire preuve de magnanimité en offrant de temps en temps un peu d’eau à son peuple rongé par la soif. Nous sommes justement un de ces jours : pour célébrer le départ de son convoi de gazole vers Petrocity. Le gros camion citerne (appelé Porteur de guerre) est conduit par une femme, Imperator Furiosa. Mais en route, elle détourne le camion qui porte en son sein les 5 épouses de Immortan Joe qui décident de fuir pour empêcher que leurs fils deviennent des seigneurs de guerre.

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Et Max dans tout ça ? Il s’est fait capturer en début de film et est devenu un “globulant”, un captif qui donne son sang aux guerriers pas toujours très frais d’Immortan Joe. Quand Furiosa s’enfuit, le kamikasseur relié à Max l’embarque avec lui pour tenter de récupérer les épouses. Début de la course poursuite de 2h.

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Voilà pour l’intrigue. Parlons maintenant de quelques éléments. D’abord la réalisation. Esthétiquement, j’adore cet univers post apocalyptique, les looks sont hyper soignés, la lumière très belle, rien à redire. Et mention spéciale bien évidemment à la guitare lance-flamme qui, accompagnée des percus, donne une folie furieuse aux poursuites. Mentionnons aussi le plan assez fou d’Immortan Joe ivre de colère qui lance une attaque sur fond du Dies Irae de Verdi. A noter aussi les jeux de verticalité avec les perches, la grande souplesse des corps qui se jettent d’un véhicule à l’autre, les véhicules se croisent dans un ballet furieux. La beauté des femmes tranche violemment avec la laideur de la plupart des personnages, rendus difformes par la pollution. Enormes kystes, membres en moins, nanisme ou gigantisme, corps blancs exsangues…

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Parlons maintenant du féminisme de Mad Max. J’ai hésité à mettre des guillemets car je pense qu’il peut y avoir débat. En positif, il est vrai que les femmes dans Mad Max sont courageuses et téméraires, Furiosa surclasse Max dans de nombreux domaines, elle conduit un énorme camion, sait très bien se battre et a atteint un niveau élevé dans la hiérarchie militaire de la Citadelle d’Immortan Joe. A noter d’ailleurs que cela semble être une exception totale, je n’ai vu aucune autre femme dans le clan de Joe hormis les mères nourricières et ses épouses, donc. Le film est l’un des rares à passer le test de Bechdel, les femmes parlent entre elles d’autres choses que des hommes. Chaque femme d’Immortan Joe a son caractère et son utilité. Alors après, sur le coup, j’ai un peu tiqué en voyant les demoiselles en question, on se serait cru dans une pub Guerlain ou Yves Saint Laurent : très minces, très grandes, ces visages anguleux avec de grands yeux et des lèvres pulpeuses. Et comble du “on s’en fout de qui est qui dans les épouses de Joe”, elles ont toutes des caractéristiques physiques différentes : une blonde qui paraît être la soeur de Daenerys dans Game of thrones, une rousse, une brune, une Noire et une autre blonde (enfin presque châtain clair) qu’on différencie car elle a un peu plus de texte (et qu’elle est très belle). Mais en route, on découvre que chacune a sa part dans l’intrigue et sa personnalité même si, dans les faits, on retiendra surtout le nom de la Blonde-châtain clair. Mais si on considère que dans ce film, les femmes prennent en main leur destin sans réel besoin des hommes (Max les aide certes mais il est indispensable pas en tant qu’homme mais en tant que personne supplémentaire parce que quand t’as une centaine de mecs aux trousses, on n’est jamais trop pour tenter de leur échapper).

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Enfin parlons de Max. Je dois préciser ici que je n’ai pas vu la première trilogie donc je ne suis pas du tout attachée au personnage. Il sert ici du rôle classique de porte d’entrée dans un univers que l’on découvre plus ou moins en même temps que lui. Capturé dès les premières secondes du film, il est victime de la citadelle et de son fonctionnement. On ne nous sert qu’une toile de fond très minimale en début de film “c’est la guerre pour l’eau et le pétrole, deal with it” et on est plongés direct dans la frénésie de cette dystopie. On découvre les us et coutumes des autochotones au fur et à mesure du film, certains éléments nous paraissent un peu confus à certains moments mais sont expliqués un peu plus loin. Du coup, Max en perd un peu son côté bad ass, c’est plus le mec un peu là par hasard qui lutte pour sa survie même si on se demande bien où il pourrait aller. La mort de sa femme et de sa fille, élément prégnant de la première trilogie (je me suis un peu renseignée quand même) apparaissent ici en filigranes, sa fille apparaît en réminiscence, des images à la limite du subliminal pour donner à Max une direction mais en dehors de ça… En fait, il faut bien l’avouer, à part pour le twist de mi film (twist que j’ai trouvé un peu tiré par les cheveux), Max ou un autre, ça ne changeait pas vraiment grand chose.

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Bref, j’ai été totalement embarquée. Je comprends les critiques sur le manque de scénario ou le personnage de Max qui sert pas à grand chose parce que oui, ok. Mais ça reste une grosse claque et je suis assez curieuse de voir la suite.

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Respire de Mélanie Laurent

Il était une fois une actrice que les taquins du web adoraient détester, à égalité avec les hipsters, les blogueuses mode et les roux. Cette jeune demoiselle, c’est Mélanie Laurent qui semble surtout avoir le tort d’être une belle femme qui réussit. J’en reparlerai à l’occase. Comme je n’avais pas fait attention au fait qu’elle était la réalisatrice (merci les mini écrans des avions Air France), j’ai pu donc visionner ce film en toute neutralité. Et j’ai particulièrement apprécié.

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L’histoire : Charlie, une jeune ado de 17 ans, vit sa vie de lycéenne entre délires entre copains et crise conjugale entre ses parents, sa mère étant la victime consentante d’un mari abusif. Un jour, Sarah arrive dans la classe de Charlie et les deux vont nouer des liens très forts, développant une relation fusionnelle qui devient pesante pour Charlie.

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Commençons par les acteurs. Déjà, un film avec Isabelle Carré, ça m’attire, j’adore cette actrice (je suis encore hantée par le film Anna M.), ça part bien. Etant une grande cinéphile (…), je découvre la sérieuse Joséphine Japy et la solaire Louise de Lâage. Cette fille est juste sublime, elle dégage un truc de fou. Les deux jeunes filles fonctionnent très bien ensemble et nous embarquent sans accroc dans l’intrigue.

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Venant en à la réalisation, deuxième film donc de Mélanie Laurent. Et bien, c’est du très bon boulot. Beaucoup de plans sont intéressants, bien travaillés sans être pompeux, la sensation d’asphyxie grandissante est bien amenée par quelques relais qui pourraient paraître grossiers (l’asthme de Charlie dont on apprend soudain l’existence) mais suffisamment bien insérés dans un tout qui ne fait que faire grandir la tension entre les deux jeunes filles. Quand Charlie devient agaçante par son manque de réaction face à des choses qui nous paraissent tout simplement intolérables (Sansa Stark style), ses camarades ne se privent pas pour essayer également de la secouer. Ce film nous embarque on ne sait où, nous bouscule mais nous laisse quand même pris dans le film, on ne peut s’empêcher de se demander comment ça va finir. L’intrigue est parfaitement construite en jouant sur le parallèle entre la relation de la mère de Charlie et son père abusif et celle de Charlie ou Sarah où les mêmes mécanismes se mettent en place. Seul bémol : le jeu sur une éventuelle ambiguïté dans la relation entre les deux jeunes filles alors que pas du tout, sur certaines scènes, ça m’a un peu perdue, je ne voyais pas bien le propos surtout que les 2 demoiselles sont clairement hétéros. Alors pourquoi taquiner cette corde là alors qu’elle ne sert à rien dans l’histoire ?

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Bref, un bon film avec un casting juste parfait, une deuxième oeuvre dont il faut saluer le sérieux et le respect du téléspectateur : Mélanie Laurent n’a pas cherché un film pour se la raconter mais pour nous raconter une histoire d’amitié abusive. Et quasi un mois après avoir vu ce film, je l’ai encore bien en tête.

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Donc si on pouvait arrêter de vomir gratos sur Mélanie Laurent et se concentrer un peu sur son travail, ça serait mieux pour tout le monde. Surtout que lors de l’avant-première, un ami blogueur de la Critiquerie m’a expliqué avoir été marqué par sa gentillesse et sa disponibilité, elle répondait plus que volontiers aux questions de la salle et ne s’est pas contenté des 20 minutes syndicales.

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Je ne suis pas un serial killer de Dan Wells

Je suis très très en retard sur mes chroniques livres mais comme j’ai lu pas mal de séries, je vais pouvoir me rattraper.

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En attendant, je voulais vous parler d’un petit bijou trouvé par hasard cet été dans une boutique style Maxi livre : « Je ne suis pas un serial killer » de Dan Wells. L’histoire : le jeune John Wayne Cleaver est un adolescent perturbé aux pulsions meurtrières de plus en plus prononcées. Pour éviter de verser dans la violence qui l’attire de plus en plus, il passe son temps à la morgue tenue par sa mère et sa tante à aider à embaumer les corps. Il est suivi par un psy à qui il cache tant bien que mal ses pulsions.

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Pendant ce temps, en ville, a lieu un premier crime atroce. La mère de John, consciente qu’il n’est pas sain pour un ado de tripatouiller les morts, décide d’interdire à son fils d’approcher de la morgue. De plus en plus en proie à ses pulsions, il va donc utiliser ses envies de meurtres pour tenter de trouver qui est le serial killer qui agit en ville.

Morgue

Avec un résumé comme ça, autant vous dire qu’il me brûlait de lire ce livre qui m’a résisté 6 petites heures, le temps de rentrer à Paris avec mon beau-frère au volant (j’ai la chance de ne pas être malade en voiture). Car le livre est bien écrit, la personnalité de John bien travaillée, ses relations avec son psy et sa mère intéressantes. Je pourrais même recommander ce livre les yeux fermés mais…

lire

… il y a des éléments qui m’ont déçue. Sans rien déflorer de l’intrigue, j’ai trouvé trop rapidement le coupable alors que je ne me pense pas très douée dans cet exercice. Exemple dans Broadchurch, je pensais que le petit garçon avait été tué par

Spoiler:
{la Grand Mère}

car je ne voyais pas d’autres explications à l’existence de ce personnage (je ne vois donc aucune explication à l’existence de ce personnage). Par ailleurs et là, c’est vraiment ce qui m’a dérangée, l’auteur a choisi d’intégrer une dimension fantastique à son récit là où il n’y en avait pas besoin et gâche légèrement la dimension psychologique du récit.

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Cependant le tout reste agréable à lire et ne tombe pas des mains. Ce roman était le premier d’une série, apparemment, et peut souffrir de défauts de jeunesse, comme on dit. Si je ne cours pas après la suite, je pourrai la lire avec plaisir si je tombe dessus.

Un bon polar de vacances.

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