Le cinquième élément, la dystopie… verticale

Une des premières dystopies à laquelle j’ai eu l’occasion de me frotter est sans nul doute le cinquièmélément. Oui, le film de Luc Besson, oui. Avec ville gigantesque et voitures qui volent, un peu comme Altered Carbon. Mais la comparaison s’arrête là car si Altered Carbon détaille la société dans laquelle évolue Tak, pour le cinquième élément, on sait assez peu de choses quant aux rouages de cette société futuriste. Une société verticale, comme les immeubles… et l’organisation sociale, finalement.

Le cinquième élément - affiche

On pourrait contester la classification du cinquième élément au rayon dystopie, on est plus dans un film de science fiction/fantasy/space opera. On est assez proche d’un Star Wars avec une foule d’extraterrestres et une bonne partie de l’histoire dans l’espace. D’ailleurs, la partie où ils sont dans le vaisseau après avoir quitté Fhloston Paradise n’est pas sans évoquer le Falcon Millenium. Alors du coup, Star Wars serait aussi une dystopie ? Après tout, il y a tout un univers politique tissé… Oui sauf que Star Wars se passe dans une galaxie lointaine… il y a très longtemps. Donc non, ce n’est pas une dystopie. Le cinquième élément lui, se passe dans le futur dans ce qui est une version évoluée de notre société donc là, on y est sur la partie prospective. Mais est-ce que cette société est si mauvaise que ça ? Le monde proposé ne nous offre guère de détails donc je suis dans l’interprétation mais je vais considérer que oui.

New York dans le cinquième élément

Point un : les inégalités sociales. Bruce Willis est du côté pauvre de la barrière, cf la taille minuscule de son appart vs celui du prêtre par exemple. Son emploi est menacé, son immeuble visiblement mal famé (cf le caméo pété de Kassovitz). Vous allez me dire qu’on est déjà pas mal dans une société inégalitaire, ce qui est vrai mais il semble que dans le futur, l’ascenseur social, il est définitivement oublié. La société est d’ailleurs parfaitement hiérarchisée : les plus riches en haut, les plus pauvres en bas, au milieu des ordures. Vertical.  En parallèle, on a également une sensation d’opulence d’une certaine catégorie de population, notamment avec Fhloston Paradise, population aisée qui a bon goût en appréciant un bon petit opéra. Pierre Bourdieu likes this.

La diva dans le cinquième élément

Mais finalement… C’est quoi cette société décrite dans le cinquième élément ? “Normalement” (ok, ça se discute), une dystopie pose une réelle évolution de la société basée sur un changement de donnes, en gros. Dans 1984 ou Fahrenheit 451, il y a la maîtrise du savoir par le pouvoir qui enferme les citoyens. Dans Ravage, Albator ou Le meilleur des mondes, on peut se poser la question de l’asservissement de la population, ramollie par la technologie et/ou le divertissement. Altered Carbon nous interroge sur la question de l’immortalité. The handmaid’s tale part du principe que la dégradation environnementale va avoir des conséquences et imagine que les femmes en seront les premières victimes.  Si je devais résumer les dystopies en une phrase, on pourrait dire “et si… ?”, version scénario noir. Or dans le cinquième élément… Ben en fait, l’histoire pourrait absolument se passer aujourd’hui sans que ça change quoi que ce soit à l’histoire. Les voitures peuvent être au sol, Fhloston Paradise pourrait être un hôtel random aux Maldives ou en Polynésie… Reste les vaisseau spatiaux, certes, mais vu qu’ils ont débarqué en 1914 en début de film, ils auraient pu aussi débarquer en 97 (année de sortie du film). Reste la constitution de Leeloo… mais qui n’a pas grand sens au fond…

Polynésie

Du coup, si le cinquième élément décrit une société inégalitaire que Leeloo semble peu motivée à sauver (même si c’est manifestement les bombes atomiques balancées sur le Japon qui la choquent donc on reste sur ma remarque : ça aurait pu carrément se passer en 97), j’ai du mal à isoler de réels éléments dystopiques. On peut même y voir quelques étincelles d’espoir avec un Président Noir (en 97, c’était never seen before, comme on dit dans mon métier où on se la pète), la conquête spatiale… Bref, autant j’ai un souvenir plaisant du cinquième élément (et je refuse de le revoir), notamment sur son imagerie futuriste, autant… ben pour moi, la seule raison pour laquelle ça se passe dans le futur, c’est que Besson voulait se faire plaisir. Alors pourquoi pas mais pourquoi ? Normalement, placer un histoire dans le futur doit apporter quelque chose : une technologie qui n’existe pas encore et qui va avoir une incidence importante sur l’intrigue, une évolution de la société que l’on veut dénoncer… même avec humour, genre Idiocracy. C’est rigolo mais il reste un message. Là, c’est juste un décor.

La ville futuriste du cinquième élément

Du coup, est-ce qu’on peut à ce point se faire plaisir sans réellement chercher à faire passer un message ? Peut-on imaginer une histoire dans le futur juste parce qu’on a trop kiffé Retour vers le futur 2 sans chercher à donner une dimension politique quelconque ? Dans l’absolu oui… mais ça me gêne un peu. Même si ça reste un film qui m’a marquée à l’époque et qui m’a follement inspiré Technopolis, on ne va pas se mentir.

Affiche du film le cinquième élément

C’est marrant, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus de détails sur les immeubles sur l’affiche que dans le film

Ca mériterait un article à part, non ?

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On se retrouve au métro, j’ai un grand manteau bleu

Petit aparté dans ma série sur les sites de rencontre qui touche peu à peu à sa fin. Récemment, je me suis retrouvée plusieurs fois à attendre des amis au métro et le petit bal que j’ai observé (enfin, je crois) m’a donné envie d’écrire ce petite article sur le pré moment T : quand l’un des deux est bien arrivé et qu’il attend l’autre, plein d’interrogation : va-t-il/elle me plaire ? Est-ce que la soirée va bien se passer ? Mais surtout, la question majeure : va-t-on se reconnaître ?

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Un soir, il y a quelques jours, j’attends un pote sur la place St Michel. Alors que j’étais légèrement saoulée de devoir attendre entre deux groupes de hip hop et un mec qui jette en l’air des jouets fluorescents pour touristes (mais bon sang que ceux qui achètent ça se dénoncent), je vois un mec s’approcher de moi et me fixer, chercher mon regard, interrogatif… Non, jeune homme, je ne suis pas ton date, je sais qui j’attends, moi. Je continue d’attendre, je vois une paire de personnes se saluer, je ressens un étrange malaise entre eux : une bise faite de loin, une discussion où aucun n’ose se regarder, des corps qui gesticulent dans le malaise. Etrange. Mon pote finit par arriver et nous quittons la place alors que le garçon qui cherchait mon regard continue de tourner, de scruter et d’attendre.

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Alors tout ça n’est qu’interprétation, bien sûr. Un autre soir, j’attendais une copine que j’attendis longtemps essentiellement car a) nous n’étions pas en train de nous attendre à la même station de métro (ça complique de suite) et b) je n’avais pas son numéro, je devais passer par Victor qui transmettait les informations, un peu compliqué. En attendant, je bouquinais tranquille au dehors, jetant un oeil sur mes voisins d’attente. Je vois notamment un joli garçon et une idée folle me vient : et si je faisais genre d’attendre quelqu’un et que j’allais lui adresser la parole en mode “Heu… Jérôme ?”. Et alors, il tomberait fou d’amour, nous nous envolerions ensemble et tout et tout. Je pouffe un peu mais soyons sérieux : Jérôme, ou peu importe son prénom, attend une personne et moi, j’en attends même deux…

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Pour être honnête, ça m’est déjà arrivé d’aller voir une personne et de lui demander si elle était la personne que j’attendais. Je parle pas forcément de rencards, d’ailleurs, je croise aussi des gens avec qui j’ai échangé sur le web pour des raisons plus professionnelles et que je dois rencontrer de visu pour concrétiser quelque chose. Tu as toujours ce regard flottant, tu dévisages la foule à la recherche de la personne qui devrait être celle que tu attends, tu en vois une, seule, qui semble guetter alors tu te lances “Pardon, tu es Florence ?” “Heu…non”. Et, évidemment, là, t’as toujours l’air un peu con.

l'air-con

Alors, à force de rencontres avec des gens dont je ne connais pas le visage en vrai, j’ai développé quelques techniques :

  • choisir une station de métro où il n’y a qu’une sortie ou éventuellement une station dont vous connaissez les sorties. Non parce que si vous vous contentez d’un “on se retrouve au métro République”, je pense que vous allez passer la soirée à tenter de retrouver votre date (à Répu, on donne rendez-vous devant Habitat, déjà).
  • Ne pas trafiquer son téléphone. C’est ainsi que j’ai collé un petit vent à Victor la première fois qu’on s’est vus. Je jouais à un truc un peu con sur mon téléphone, un genre de casse-tête, je lève vaguement les yeux, vois un jeune homme qui me regarde un peu… et rebaisse les yeux. Deux minutes après, je percute… heu, le jeune homme, là, ce serait pas légèrement le gars que je dois voir ? Ah oui, tiens…A la limite, un livre, c’est mieux. Même si je peux coller des vents avec des livres aussi, je l’ai fait à Tatiana y a pas si longtemps
  • Porter une fringue visible. Un manteau, une écharpe, un sac, ce que vous voulez mais le look total noir, gris ou beige, c’est déjà compliquer la tâche, je vous le dis de suite.
  • Arriver en avance et envoyer un sms à l’autre pour lui dire où vous trouver. Comme ça, si y en a un qui doit avoir l’air con à interpeller des inconnus, ce ne sera pas vous.

 

Maintenant, quand vous attendrez quelqu’un devant une station de métro, vous saurez quoi faire : guetter ceux qui attendent peut-être leur premier date.

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Ulysse, mon Everest

J’ai une petite particularité dans la vie : j’aime parfois lire des livres sans avoir aucune idée de leur sujet. Exemple : Ulysse de James Joyce, acheté deux ou trois ans plus tôt et retrouvé à l’occasion d’un dépoussiérage d’étagère. Faut dire que dès l’achat, j’ai été un peu conne, je l’ai pris car il était cité en préface d’Ada ou l’ardeur de Nabokov que j’avais peu aimé (mon Mont Blanc, on dira). Moi masochiste, moi acheter livre qui avait plus ou moins inspiré un ouvrage que j’avais pas vraiment aimé. Au dos du livre, une petite séance de branlette de la part des traducteurs. Naïvement, je pense à une réécriture de l’épopée d’Ulysse. Ahah. Non.

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Début juillet. Après être rentrée de l’Ile de Ré où j’avais lu le très bon « L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine », je suis donc en mode « boulimie littéraire ». Ca me fait ça quand j’ai lu un livre que j’ai aimé, ça me motive à lire beaucoup. Donc je me glisse dans mon lit et me lance dans la lecture de ce sublime pavé de 1157 pages (mais format de poche). Je commence à lire et découvre l’histoire de deux mecs en Irlande, Mulligan et Dedalus. Ah ok, on est un peu loin de la Méditerranée et du Roi d’Ithaque mais soit. Je lis, je lis, le style devient rapidement étrange. Hein ? Je finis par me faire mon interprétation : c’est écrit comme si on était dans la tête du personnage, on suit ses pensées mais littéralement, avec ses ratés, ses coqs à l’âne, ses phrases non terminées parce qu’après tout, je me comprends. On quitte Dedalus pour suivre ensuite Leopold Bloom, un Juif de Dublin qui passe une folle journée : un petit tour à la boucherie acheter un rognon puis chez le savonnier, il rentre chez lui, mange, voit sa femme, repart assister à un enterrement, va au journal chercher son salaire, va au bar, mate une fille sur la plage, part en plein délire mégalo où il serait le Roi du monde, traîne avec un Dedalus complètement bourré le soir, le ramène chez lui puis va se coucher. Il est tour à tout acteur ou spectateur, on saute de son point de vue à celle des gens de son entourage, tu sais jamais bien qui pense, qui dit quoi et ce qu’il se passe vraiment. On comprend juste que Bloom est quand même un joyeux queutard mais on découvre sur les 50 dernières pages sans aucune ponctuation que sa femme n’est pas en reste.
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Mais en fait, l’histoire, on s’en fout, c’est juste un prétexte. Joyce s’éclate, il teste les styles d’écriture, passant d’une narration un peu classique à une écriture quasi automatique avec mots inventés en passant par une écriture théâtrale et, donc, en finish sans la moindre ponctuation. En fait, lire Ulysse de James Joyce se rapproche d’une expérience mystique dont tu n’es pas sûr de comprendre ce qu’il se passe. Si je devais faire une comparaison, ça me rappelle la séquence psychédélique en fin de 2001, Odyssée de l’espace, à partir du moment où le spationaute entre en contact avec le Monolithe gravitant autour de Jupiter. T’es déstabilisé, tu essaies de te raccrocher à des éléments pour tenter de comprendre, tu essaies d’interpréter, de remettre ce qu’il se passe dans une sorte de logique cohérente. Mais par là même, est-ce qu’on ne dénature pas un peu l’oeuvre ? Je sais pas, j’aime pas ne pas comprendre…

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Bref, pendant 1157 pages, j’ai quand même un peu souffert. Et pourtant, il y avait parfois quelque chose, une scène qui, soudain, me scotchait et me faisait progresser soudain dans ma lecture, des réflexions assez intéressantes. Un moment de grâce qui te fait t’accrocher mais qui disparaît assez vite pour te replonger dans les dédales de pensées de Bloom, Dedalus, Marion Bloom ou Dieu seul sait qui. Vous vous demandez sans doute pourquoi je me suis accrochée pendant ces 5 mois où je n’ai quasi lu que ça. Ce livre que j’ai trimballé en Corse, en Irlande (ça tombait bien), en Belgique, chez mes parents, chez ma soeur… Et bien, par orgueil. Saviez-vous qu’Ulysse était le 3e livre le plus abandonné en cours de lecture du monde ? Bah voilà, moi, je l’ai fini. Je sais pas si je peux me vanter de vraiment l’avoir lu vu que parfois, je lisais les mots sans y penser, mon esprit voguant ailleurs, loin, loin. Quelque part, c’est un peu reposant, ça me permet de rêvasser sans aller me péter les yeux sur Yahoo! jeux, spasimal.

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Bref, je suis bien ravie de l’avoir fini pour reprendre la longue liste de livres en attente. D’ailleurs, le livre suivant m’a tenu 4 jours. Un peu comme un énorme pétage de bide après un régime. Bon, par contre, à la rentrée, j’irai chercher quelques fiches lecture sur le web pour bien tout comprendre. Je crois avoir compris que l’histoire suivait plus ou moins la trame de l’Odyssée mais ramené au niveau d’un modeste citoyen de Dublin, chaque chapitre renvoyant à un personnage homérique. Nan parce que je pensais que la postface du livre m’aiderait mais il s’agissait juste de 30 pages d’onanisme total où les traducteurs ont expliqué qu’ils avaient fait un super boulot. Mon conseil : ne la lisez pas, c’est bien pire que le roman.

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Où trouver l’homme ? Episode 24-2 : au mariage

A la recherche du prince charmant

(Lecteur, lectrice, je te rappelle que tout ceci n’est qu’une fiction, je suis pas allée à un mariage en vrai, mes amis ne se marient pas)

Dans l’épisode précédent, j’étais à un mariage de type « je connais personne et je m’ennuie ferme » quand je verrouille une cible, un bel homme qui me paraît seul. En tout cas, sur la photo des « on sait pas quoi en faire », catégorie à laquelle j’appartiens, il est seul. Intéressant, très intéressant. Va falloir attaquer.


Ca tombe bien, c’est l’heure du vin d’honneur. Ma timidité (si, si, je suis timide, des fois) et ma pudeur naturelle étant inversement proportionnelle à mon taux d’alcoolémie, j’avale une petite gorgée de punch et je me rapproche l’air de rien. Il semble s’ennuyer ferme lui aussi, ne connaissant vraisemblablement personne. Ok, banzaï, j’y vais.

« Salut, je m’appelle Nina et toi ?

– Fabien.

– Ah ok. Tu es un invité du marié ou de la mariée ?

– De la mariée. »

Génial, ça nous fait déjà un point commun. Et tu la connais d’où ? Ah du boulot ! Moi du collège. Ouais, je sais, j’ai perdu mon accent du sud. Quoi que c’est marrant, dans la phrase « j’ai perdu mon accent », j’ai tendance à dire accing. Comme quoi, il fait de la résistance, le petit, c’est bien. Je suis très fière de mes origines du terroir et ça me déprime d’avoir perdu l’accent. Bon, il est sympa Fabien puis il multiplie les eye contacts, c’est plutôt bon signe. Ah, là, il a rapidement glissé vers mon décolleté. Mais il revient à mes yeux, l’honneur est sauf.


L’avantage quand on discute à l’heure de l’apéro, c’est qu’on boit moins, je suis donc en pleine possession de mes moyens quand il s’agit de s’installer pour le dîner. Dieu, dans son infinie bonté m’a placée juste à côté de Fabien ! Ou alors, c’est la table des rebuts venus seuls et n’appartenant pas aux deux familles, les mêmes que sur la dernière photo où les mariés ont une crampe à la mâchoire à force de sourire. Peu importe. Comme je suis une fille sociable et bien élevée, je discute un peu avec l’ensemble de ma tablée tout en adressant
des regards en coin à Fabien qui les attrape tous. Yes ! Y a moyen de moyenner, là.

On mange. On mange. On mange encore. Mais qu’est-ce qu’on peut manger à un mariage, c’est indécent, j’ai peur pour les coutures de ma robe. Et on boit aussi. Du blanc, du rouge. Voilà, on mange, on boit et on discute et ça n’en finit pas. Le problème c’est que je ne suis pas habituée à manger et boire autant et je commence à glisser dans une douce torpeur, je sens Fabien un peu flottant aussi. Soudain, le DJ décidé qu’il est temps de se bouger le popotin, pile ce qu’il fallait.

« Youhou, je vais danser ! Qui vient ? »

Sous entendu : Fabien, tu me suis, s’il te plaît, sous peine de briser mon petit cœur ?

Il obtempère. Il est top ce mec. Nous voici à nous dandiner sur la piste de danse. Faut avouer que j’adore danser. Non pas que je le fasse forcément bien, j’ai jamais pris de cours mais ça importe peu, le dandinement est mon ami. Ouais, j’adore cette chanson, je chante à plein poumon : « GIMME GIMME GIMME GIMME MORE ! ». Oui, le DJ doit contenter tous les âges et tous les styles de personnes, y compris les fanas de Britney. Et franchement, Britney, pour danser, on fait difficilement mieux.


« Every time they turn the light down, Just wanna go that extra mile for yaaaa ! »Bonne nouvelle, Fabien semble plus amusé par ma version un peu personnelle de la chanson qu’effrayé. Ca tombe bien parce qu’après une journée à m’ennuyer ferme et après quelques verres de vin, je suis très motivée pour faire la fo-folle. Et je le fais drôlement bien.

Mais déjà, la soirée se termine. Je me rends compte une fois assise que j’ai très très mal aux pieds, mes petites folies sur le dancefloor vont se payer cher. Mais tant pis, je me suis bien amusée. Peu avant de partir, Fabien vient vers moi et me demande mon numéro car ça lui ferait plaisir qu’on aille boire un verre un soir. Un peu mon neveu. Je le lui donne, il me susurre un merci dans l’oreille et m’embrasse délicatement sur la joue.

Les enfants, j’ai une touche.

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J’ai un chat

Suite de mon one woman show fictif, je m’amuse.

En tant que femme indépendante des années 2000, j’ai un chat. D’ailleurs, c’est une chatte. Bon alors, je préviens les 3 du fonds qui rigolent dès qu’on prononce le mot chatte que dès que j’utiliserai ce mot dans le sketch qui suit, je parle bien de mon chat, pas de mon minou… Enfin, je veux dire, de mon sexe. D’ailleurs, les femmes sont tellement associées au chat que même leur sexe porte des noms de félin, c’est fou ça. Pourtant, à ma connaissance, aucune vulve n’a jamais griffé personne… Ou alors, le pauvre mec n’a vraiment pas eu de bol.
« Aaaaaaaaaaaaaah [cri de douleur], chérie, je viens de retrouver le faux ongle que tu avais perdu ! ». Quelle idée ! 

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Souvent, la femme célibataire a un chat. Ou une chatte. Et là, je vous pose la question : pourquoi ? Personne ne sait ? Non mais moi non plus, si je vous pose la question, c’est que je veux une réponse ! Bon, si personne ne sait, je vais vous proposer mon interprétation toute personnelle. Accrochez vous, ça va faire mal ! Une femme grandit dans l’idée qu’elle sera mère donc devra s’occuper d’un petit être sans défense incapable de faire quoi que ce soit tout seul. Sauf que la femme indépendante des années 2000 n’a pas le temps de se reproduire, fonder une famille, tout ça. Déjà, trouver un mec qui veut bien s’installer avec nous, c’est une course d’endurance alors si vous lui parlez bébé, c’est sûr qu’il va nous piquer un sprint pour sortir direct de notre vie. De toute façon, la femme indépendante des années 2000 a bien compris qu’il fallait être égoïste, individualiste, nombriliste, égocentrique, consumériste et tout ça. Alors je vois pas trop comment je pourrais caser un bébé dans le tableau. Le chat est une bonne alternative. Ou la chatte, toujours.

Un chat, déjà, on le récupère, il est déjà né, il n’a pas squatté notre utérus pendant 9 mois et c’est quand même un bon argument ça. Non parce que la grossesse, ça prend du temps alors que là, paf, le chat est déjà né ! Ensuite, le chat faut le nourrir mais un peu de croquettes dans sa gamelle et il se démerde tout seul. Un petit pipi ? Vous lui faites une jolie litière et il va au popo quand il a envie. Et en plus, un chat, ça fait des câlins, on peut lui parler comme à un bébé, il vous prendra pas pour une débile… Enfin, si, des fois, la mienne, elle me regarde d’un air atterré mais je feins de ne pas le remarquer. Et l’avantage du chien, c’est qu’un chat fait sa vie tout seul dans son coin et vous pouvez découcher pour passer une nuit torrrrrrrrrrrrrride avec Pietro, le chat s’en fout, du moment que la gamelle est pleine, la litière propre et qu’il aura son rab de câlins le lendemain. S’il le réclame sinon un chat ne veut pas de câlins.

Mais l’erreur est de croire que le chat est juste une peluche dotée d’un estomac. Et d’un système digestif mais ça, on n’en parle pas, c’est saaaaaaaaale ! Parce qu’un
chat, ça a son caractère. Une chatte encore plus. Un chat ne supporte pas que vous fassiez autre chose que d’admirer sa superbe, sa façon délicate de se toiletter et de se lécher partout. Et quand je dis partout… Par exemple, ayez l’audace de trafiquer sur votre ordinateur pendant que ce petit être délicat est en action, vous pouvez être sûr qu’il piétine votre clavier 2 minutes après. Même aux toilettes, on n’a pas la paix. Exemple : après une dure journée de labeur, j’aime trôner quelques instants pour évacuer tous les cafés absorbés au bureau. Je rentre dans l’appart, gratouille au chat qui me raconte avec enthousiasme sa journée « miaou miaou miaouuuuuuu ! ». Moi aussi ma louloute. Je jette manteau et sac, déboutonne le pantalon et ô délivrance, me voici sur le trône. Sauf que le chat n’est pas d’accord. Elle ne m’a pas raconté toute sa journée. Donc elle arrive et tente une incruste sur mes cuisses en ronronnant et
me regardant avec ses yeux humides et plein d’amour pour pas que je lui refuse l’accès à mes cuisses. Mais il y a des moments pour faire des câlins, minette et là, je te jure, c’est pas le moment. Mais rien à faire, je la pose par terre, elle revient aussi sec à l’attaque. Et je vous jure que tous les chats font ça ! Et quand vous ramenez un mec ? Là, c’est pire ! Tableau : Pietro et vous sur le canapé, yeux dans les yeux, main dans la main mais pas encore sexe dans le sexe, on discute, là. Donc vous êtes dans votre bulle d’amour et d’hormones avec Pietro quand votre félin, agacé d’être ainsi ignoré, attaque. Hop, le voici qui bondit sur le canapé, se love sur ses genoux ou entre vous deux. Et quand le rapprochement se fait torride (voire franchement porno), le chat ne se privera pas pour intervenir. Hé oui, c’est comme ça.

En fait, à partir du moment où vous avez un chat, c’est simple : vous ne vivez plus seule chez vous avec un chat, c’est le chat qui vit seul avec vous. Vous êtes chez lui et respectez son espace, ses horaires, son câlin, ses croquettes. Sinon, il n’hésitera pas à vous sauter violemment dessus à 7h30 le dimanche matin. Quoi que quel que soit le contexte, il n’hésitera pas à vous sauter dessus tôt le matin, quel que soit le jour de la semaine !

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