Le Média ou la subjectivité assumée

La semaine dernière se lançait un nouveau média appelé… Le Média. J’aurais aimé vous en parler plus précisément mais je vais confesser : je ne l’ai pas encore regardé. En fait, ce dont j’ai envie de parler, c’est de la subjectivité totalement assumée du Media qui souhaite s’inscrire en faux par rapport aux médias qui se drapent dans leur prétendue objectivité. Et bien, tiens…

Tintin journaliste

Retour en 2004-2005, un lundi matin d’hiver où notre cher professeur de sociologie médiatique (un truc du genre) nous soutenait mordicus que non, la télé n’avait aucun impact sur le comportement des gens, que ça ne pouvait pas influencer leurs opinions ou leur consommation. N’étant pas d’accord, j’ai argumenté dans le sens inverse lors du devoir final. 5/20 (m’en fous, j’ai quand même eu 13 de moyenne à mon diplôme, na). Est-ce que je trouve ça abusé d’apprendre à de futurs journalistes que leur travail ne peut pas influencer les opinions et comportements. OUI (heureusement, on avait des cours avec un autre sociologue des médias qu’on soupçonnait d’avoir un autel à la gloire de Bourdieu qui nous expliquait rigoureusement le contraire). Si les fait sont rigoureusement objectifs, la façon de les présenter (ou non d’ailleurs) dépeint le monde d’une certaine façon. Je sais pas si vous observez le traitement médiatique des chaînes d’infos mais on baigne en plein manichéisme : les gentils (nous et nos amis) contre les méchants (les autres). Des experts à peu près autant experts que moi sur tout et n’importe quoi, des bandeaux qui te martèlent des messages, des candidats politiques présentés comme proches des gens avec de belles histoires privées à nous raconter, des manifs où on ne parle que des “casseurs” pour ne surtout pas parler du fond de l’affaire… Etc.

Subjectivité des médias

Mais on nous serine que non non, les médias sont objectifs, que regarder le JT de 20h ou les chaines d’info en continu, c’est regarder la marche du monde sans parasites. Sauf que non. On n’est pas dans le panopticon où chacun regarde en tirant ses propres conclusions : les conclusions, on vous les dicte. Bon déjà, l’image n’est pas une vérité en soi, surtout quand on vous cisèle ça aux petits oignons sur une table de montage. Un événement donné n’est même pas suffisant pour comprendre ce qu’il se passe sans une mise en contexte. Prenez n’importe quel conflit, il ne surgit pas comme ça, spontanément, c’est souvent la conséquence de tensions croissantes étalées sur des décennies. C’est assez fascinant quand on y pense : quand on étudie l’Histoire, la conséquence paraît une évidence, une chute de dominos qui ne peut amener qu’à l’explosion. Par contre, quand il s’agit de décrypter l’actualité, on oublie la chaîne de domino, on examine la pièce un peu niaisement et si on rappelle qu’il ne sort pas de nulle part, qu’il fait partie d’un tout, si on rappelle une autre histoire de dominos, ça grince un peu des dents.

Dominos

Du coup, pour en revenir le Média, je trouve le claim “oui, on traite l’info selon nos vues” intéressant et presque salvateur, en fait. Je ne vous incite pas à le regarder (surtout que je m’y suis pas encore penchée dessus) mais j’aimerais que l’ensemble des médias affirment un peu plus leurs ascendances. On sait bien de quels côté penchent certains médias (vous ne lirez pas d’hagiographie de Mélenchon dans le Point par exemple), certains jouent sur leur image de gauche héritée d’un temps passé (Le Monde, Le nouvel Obs) malgré quelques fulgurances, notamment sur le Panama Papers. Et cette pluralité est saine. Mais elle est rarement assumée et on présente souvent comme objectif un montage des faits et des analyses qui n’en sont pas. A l’heure où l’on dramatise à outrance les fake news, il serait peut-être temps de se poser la question de ce qu’est une information versus une narration/interprétation des faits. Une dépêche AFP, c’est neutre ? Tout reste relatif, le choix des mots reste important. Je vous renvoie à l’excellent tumblr “les mots tuent” pour réfléchir un peu sur la question. Pourquoi n’admet-on tout simplement pas que l’info ne peut être objective, que le simple fait de narration par l’écriture ou le montage est signifiant ? Pourquoi ne pas apprendre dès l’école que les fake news ne sont que la partie émergée de l’iceberg mais que nos opinions sont façonnées par ce qu’on nous raconte ? A partir de là, libre à tous de choisir soit la pluralité des traitements soit une opinion qui convient… mais qu’on arrête de poser les JTs comme des sources d’information et non comme source d’interprétation, ceux qu’ils sont pour de vrai.

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Obsessed

(à lire façon chuchotement. J’imagine mes articles de blog comme une pub pour du parfum si je veux, d’abord).

Depuis le mois de mars, je suis légèrement fatiguée : des nuits très courtes et pas forcément parce que je fais des folies de mon corps (malheureusement), des week-ends chargés. Bref, les week-ends où je ne fais rien, je dors. Beaucoup. Et par conséquent, comme je laisse mon corps m’éveiller quand il en a assez, je me souviens de mes rêves. Non parce que ma prof de bio m’a expliqué plus jeune qu’on ne se souvenait de ses rêves que quand on se réveillait avant la fin et en semaine, je suis trop épuisée pour me réveiller avant que le réveil ne me dise que ça suffit, je dois quitter mon lit. Mais fin du chapitre “en ce moment, je suis fatiguée” et passons au réel sujet de cet articles : mes rêves.

nina-sommeil

Parmi mes rêves, on retrouve le classique “en ce moment je suis stressée donc je rêve que je dois passer mon bac d’allemand et je ne parle plus un mot de la langue de Goethe” ou ses variantes “je passe le bac de français dans 3 jours et j’ai encore lu aucun des bouquins du programmes” ou encore “je dois soutenir ma maîtrise incessamment sous peu mais j’ai pas commencé à l’écrire”. Ici, mon subconscient veut rappeler à mon conscient que professionnellement, je suis un peu stressée-débordée. Ah super merci, j’avais pas assez de mes journées pour percuter ! Mon subconscient est parfois un peu con. Mais j’ai également les rêves humides, ceux que j’adorerais déclencher sur commande. Dans ces rêves, je vis une sorte de passion avec une personne, c’est un peu genre “raaaaaah, on n’en peut plus de passion, aimons-nous vivants devant tous ces gens qui n’en demandaient pas tant”. A peu près. Le casting de l’autre varie selon ce que mon subconscient a en rayon : ça peut éventuellement être une personne vue à la télé (mais pas trop) ou plus souvent des personnes de mon entourage, parfois même des gens que je déteste. Dans ce cas là, le match entre mon ça et mon moi est intéressant car y a toujours un moment dans le rêve où j’ai une certaine logique “non mais attends, tu vas pas coucher avec telle personne, tu la détestes !”. La dernière fois, pour tout vous avouer, la personne détestée avec un (énorme) appareil génital tout noir. Pas noir “appartenant à une personne noire”, non, noir nécrosé, plutôt. Là, mon cerveau surchauffait “non mais attends, je peux pas coucher avec lui, je le déteste et c’est dégueulasse son truc” “mais ta gueule, c’est un rêve érotique” “non mais là, je vais pas me laisser mettre ce truc à moitié crevé dans ma petite grotte d’amour, pardon hein!”. Pour l’interprétation de ce type de rêves, je vous laisse fouiller sur les forums.

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Mais parfois, parmi les gentilles personnes (dont certaines que je connais pour de vrai) qui prêtent leur enveloppe à mes fantasmes oniriques, se cache le fantôme du passé. Celui que l’on a désiré mais qu’on n’a pu avoir parce qu’on était en couple, parce qu’on n’a pas osé. L’aurait-il voulu ? Ca reste sujet à interprétation. Pendant longtemps, ce fut Fabien, ce garçon aux yeux dorés avec qui je faisais de la radio. Peu à peu, il s’est effacé, laissant place à d’autres. Mais depuis quelques temps, un nouveau tient un peu la corde, nous l’appellerons Arthur. Dans la vraie vie, quand je l’ai vu, ça a à peu près fait “aaaaaaaaah, miam miam, il est pas mal, il a une voix de dingue et il sent bon” (combo magique). Puis à force de se voir souvent dans un contexte pas érotique, ça calme. La compatibilité très relative de nos caractères aussi. Puis il y a eu des hommes dans mon lit pendant ce temps, même certains qui ont pris un peu de place, ceux qui ont obsédé mes moments d’éveil car ils ont fait leurs gros connards mais n’ont pas daigné me donner une explication digne de ce nom. Mais dans mes nuits, Arthur passe, Arthur hante. Arthur se comporte en parfait petit ami. L’autre nuit, alors que nous étions une sorte de jeune couple en voyage de groupe (UCPA je crois), il va à un moment se chercher un truc à boire et me ramène une tasse de chocolat chaud alors que je n’avais rien demandé, spontanément, comme ça. Dans la vraie vie, je préférerais un café mais ça va, ça passe.

coffee-chalkboard

(vous pouvez acheter ce tableau sur Etsy)

Alors, une fois éveillée, je réfléchis. Faut-il prendre le taureau par les cornes ? Nos chemins se sont séparés, je n’ai qu’un mail pour le contacter, je ne sais plus rien de sa vie, il ne sait plus rien de la mienne. Peut-on réellement envoyer un mail à un mec “bon, écoute, je fais régulièrement des rêves érotiques avec toi donc mon subconscient semble regretter qu’on n’ait pas couché ensemble donc enlève ton slip, j’arrive. PS : c’est quoi ton adresse ?”. Non, non, non ! Je veux dire je suis la meuf qui s’énerve quand on la prend pour un objet sexuel, c’est pas pour me comporter de la même façon avec les mecs. Oui, j’ai envie de ton corps, bébé, de ta voix, je veux un mec like you mais juste pour passer le désir que j’ai pour toi, il semble évident que nous n’aurons jamais aucun avenir ensemble.

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Parfois, j’ai la sensation que ces fantômes sont ceux de garçons où j’ai cru ressentir une réciprocité dans l’attirance. Mais bon, mon conscient à d’autres chats à fouetter (et à caresser), peu importe au fond. On se recroisera peut-être à la prochaine sieste.

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Deny everything

L’autre jour, je matais Malcolm, série que j’apprécie et que je n’avais pas maté depuis une éternité. Dans cet épisode, la famille de Malcolm essaie de vendre des sapins de Noël pour gagner de l’argent, il ne leur en manque plus qu’un pour rentrer dans leurs fonds mais la police intervient et les force à plier boutique car ils n’ont pas l’autorisation de vendre ces sapins sur leur trottoir. Le père reste optimiste en expliquant qu’ils vont quand même réussir à vendre leur sapin, contredit par Malcolm qui fait preuve de réalisme. Et là, le père sort un truc fantastique : “Fils, la seule chose qui m’empêche de me flinguer, c’est le déni”. Un truc du genre.

Et là, je me suis dit qu’on frôlait le génie. Et si finalement, il avait raison. Le moral fluctue selon notre interprétation des faits qui dépend elle-même de notre humeur générale. En gros, un incident, si on est dans une période heureuse, ça ne sera qu’un détail, une péripétie sans la moindre importance alors que le même événement dans une période un peu plus compliquée deviendra un drame sans aucune mesure. Donc pour prendre les choses avec plus de légèreté, usons de ce merveilleux mécanisme mental, le déni.

Alors évidemment, c’est à utiliser avec précaution. Pour les choses graves, c’est à éviter absolument, je parle des petits drames, les petits pépins qui vous pourrissent bien la vie. C’est un peu l’idée que demain, ça ira mieux et qu’il va arriver quelque chose qui va nous sortir de là. L’idée qu’on va enfin recevoir un appel après nos envois de CV massifs qui va nous fixer l’entretien qui nous permettra de sortir enfin du chômage, l’idée qu’on va croiser celui ou celle qui fera battre notre coeur, la bonne nouvelle qui va vous redonner du baume au coeur. Bref, plus que du déni, c’est d’espoir dont il s’agit. Peu importe l’orage, demain, ça ira mieux. Voyez, ça a été mon mantra en 2011. La vie a pourtant été taquine puisqu’à chaque fois que je pensais que c’était enfin fini, je m’en reprenais une dans la tronche. Mais hop, je passe en mode déni et je me dis que forcément, demain, ça ira mieux, la vie ne peut pas être que vacharde, forcément la roue tourne… Bon, y a des jours où on doute forcément un peu de cette belle maxime (pas forcément par rapport à ma propre vie) mais faut s’accrocher à ça comme un naufragé à un tronc d’arbre : CA IRA MIEUX DEMAIN !

Par contre, si je trouve que le déni adoucit un peu la vie en nous faisant tenir en attendant des jours meilleurs, relisez bien mon paragraphe précédent et notez un truc essentiel : les bonnes choses n’arrivent pas toutes seules non plus, faut quand même un peu pousser les choses. Je veux dire si tu veux trouver du boulot, ben faut quand même en chercher. Si la recherche d’emploi intègre une part de chance, c’est pas en attendant que ça tombe que ça va arriver. Idem pour l’amour, si tu veux le trouver, sors un peu, le prince charmant ne se cache pas sous ton lit. Et les histoires à base de “j’ai rencontré mon mec sur le pas de ma porte, c’est mon voisin”, ça marche surtout dans les magazines en fait. Et puis si vous ne sortez que pour aller sortir votre poubelle, je doute que votre sexyness soit à son optimum quoi qu’il arrive. Bref, l’idée n’est pas de se la couler douce en attendant que les choses arrivent sinon le déni ne sert strictement à rien. L’idée est plus de faire du mieux que l’on peut en toute situation en espérant un petit coup de pouce du destin ou de qui vous voulez qui va nous faire avancer encore plus vite. Le déni, en gros, c’est le vent dans le dos quand tu fais du vélo.

Moi, je l’applique à mort. Parce que sinon, je pèterais les plombs. Un peu mystique, un peu inconsciente… Et les jours se suivent et chaque jour, j’espère un petit coup de pouce. Et s’il ne vient pas ? C’est pas grave, ça ira mieux après-demain.

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Tous érotomanes ?

J’ai un don dans la vie : celui de trouver les pathologies psys de mes entourants (j’ose pas dire proches car en général, ces gens là, je les maintiens loin). Oh, un mytho ! Oh, un pervers narcissique ! Oh, un futur serial killer ! Non, je déconne pour celui là… Enfin, j’espère. Et récemment, j’en ai trouvé un nouveau : l’érotomane.
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Situation : une personne de mon entourage confond politesse et signe évident de désir de l’autre pour elle, au point qu’elle se met elle-même à désirer celui qu’elle soupçonne de fantasmer sur elle. Vu que le schéma se reproduit systématiquement, je pense pathologie. “Oh, il me parle, c’est donc qu’il m’aime !”. Oui, ok, je dis souvent ça mais moi, je le dis ironiquement. Bref. Sauf que j’y repensais en me lavant les mains après avoir fait mon petit tour dans une pièce intime de l’open space et je me demandais si, dans une moindre mesure, nous n’étions pas tous un peu érotomanes.
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Situation, fictive cette fois ci mais on comprendra mieux : dans mon entourage arrive un bel homme que nous nommerons Paul parce que ça claque un peu, ça fait héros de soap opera (hmmm). Donc Paul est beau et brillant tant qu’à faire et j’ai bien envie de lui montrer ma culotte et surtout ce qui se trouve dedans. Seulement avant de montrer mon pussy à un mec, je préfère m’assurer qu’il est consentant, j’ai pas envie de la jouer à la DSK (présumé innoncent, il faut le rappeler). Donc je guette les signes. Son sourire me paraît appuyé, là. Puis si je mesure son temps de parole avec tout la gent féminine de notre entourage, il a parlé en moyenne 2.22 mn de plus avec moi qu’avec toutes les autres filles, Juliette la canon incluse. Et il m’a tenu la porte, si c’est pas un signe qu’il veut étudier mon épilation pubienne de près, hein…


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Dans les faits, Paul est naturellement poli (la porte), souriant et ce n’est pas qu’il parle plus avec moi qu’avec les autres, c’est surtout moi qui lui adresse la parole et il me répond. Bref, j’interprète des faits totalement anodins à ma sauce pour me persuader que mon crush est réciproque. Reste donc à passer à l’abordage. Et grâce à mes signes infaillibles, je me prends dans la tête que Paul est maqué, gay ou très intéressé par Juliette mais il n’ose pas lui parler car elle l’intimide. Cet article démontre donc que le temps de parole n’est PAS un indicateur sûr.

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Evidemment tout est question de proportion. Si je me suis mise en tête que Paul était intéressé par ma personne mais que ça ne va pas plus loin, je vais vite me remettre en selle. Est-ce pour autant de l’érotomanie ? Evidemment, quand nous sommes sous l’emprise d’un crush, on a toujours l’impression que c’est réciproque. Enfin, je crois. Disons qu’on
préfère penser que le comportement de Paul va dans notre sens, ça met de bonne humeur, les petits papillons dans le ventre, tout ça. La limite est dans l’obnubilation. Je m’amuse à croire que je lui plais autant qu’il me plaît, j’en suis pas encore à choisir le prénom de nos enfants.
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Mais surtout je ne tombe pas amoureuse d’un mec uniquement parce qu’il semble s’intéresser à moi. N’est-elle pas là, la véritable érotomanie. Dans certte situation, Paul ne me plaît pas forcément de prime abord mais j’ai la sensation qu’il est particulièrement souriant avec moi, il me tient la porte et me parle plus qu’à cette pétasse de Juliette. Donc il est intéressé par ma personne. Donc soudain, il me plaît et je vais me mettre en tête qu’il est à moi. Et si je me prends un vent, c’est un con-nard. Pauvre Paul.


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La phase de séduction, finalement, ce n’est bien qu’une fois qu’on a conclu et qu’on s’en souvient avec une douce nostalgie.


PS : Je viens de découvrir Paul Walker, je n’ai aucune idée de qui il s’agit précisément mais il est quand même bien appétissant (même si j’aime pas trop les muscles trop dessinés)
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Les polémistes sont-ils des génies ?

 Semaine dernière, je tombe sur Pif-Paf, l’émission sur la télé de Paris Première présenté par Philippe Vandel avec, entre autre Isabelle Morin-Dubosc que j’aime bien. Le
dossier de la semaine portait sur les polémistes et, évidemment, sur le plateau, il y avait Eric Zemmour pour qui j’ai toujours eu beaucoup de mépris. Mais finalement, en l’écoutant parler, je me suis demandée si, quelque part, c’était pas un génie. Continuez l’article avant de me taper, hein. Parce que moi-même, de dire ça, j’ai envie d’aller me mettre la tête dans les toilettes et de tirer la chasse mais vous allez voir.
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Qu’est-ce qu’un polémiste ? C’est un mec qui squatte un plateau télé et qui n’est jamais d’accord. Parce que ça fait de la bagarre, des cris, parfois même des invités qui quittent le plateau et après, on passe au zapping, huhuhu. Par exemple, chez Ruquier, on a (ou avait, j’ai pas regardé depuis plus d’un an) Zemmour, donc, à côté de Michel Polac, ce qui fait que parfois, l’invité ne peut même plus parler tant les deux rhétorisent joyeusement sur le sujet. Les polémistes aiment astiquer les inviter, les pousser dans leurs derniers retranchements. Par exemple, dans Pif Paf, ils montrent une passe d’arme entre Romane Bohringer venue défendre le DAL (droit au logement) et le fameux Zemmour qui part sur le « non mais le DAL, ils font venir des gens, c’est du faux ! ». Et Romane de s’énerver et comme elle n’arrivait pas à argumenter, de se lever en secouant les bras. Retour sur le plateau de Pif Paf, Zemmour s’explique : « ce que je veux, c’est qu’elle m’explique pourquoi elle défend cette cause et comme elle n’y arrive pas, elle fait son actrice. » Et là, pour la première fois de ma vie, je me dis que, merde, il a raison. Bien sûr, sur le fond, même si les SDF du DAL n’en sont pas vraiment, j’ai tendance à dire que ce n’est pas le problème. Les SDF, ça existe hors caméra, j’en croise (hélas) tous les jours et je peux comprendre qu’ils aient pas envie d’être exhibés devant les caméras. Mais là, Romane a été incapable de rétorquer quoi que ce soit, de sortir du discours appris par cœur. Bien sûr que la cause du DAL est noble et personne ne peut décemment dire « s’ils n’ont plus de logement, c’est leur faute, au fond, laissons les crever ! ». Justement, défendre une cause entendue veut-il dire qu’on ne doit pas réellement la défendre ? Chaque people a sa noble cause. Après tout, avec toute la tune qu’ils touchent, qu’ils en rendent à ceux qui en ont besoin, c’est limite la moindre des choses. Nos stars défendent tous un truc, chantent tous aux restos du cœur mais parfois, on peut se demander les réelles motivations. Les enfoirés, par exemple, on leur reproche souvent d’en profiter pour faire un peu de promo pour leur dernier album, se faire une image de people soucieux de son prochain et généreux. Ok mais au fond, on peut aider les restos du cœur autrement qu’en achetant leurs CDs.

Mais revenons à nos polémistes. Il est des causes qu’on pense ne pas avoir besoin de défendre, tout comme des opinions dans certains milieux. Par exemple, dans une fac de sciences humaines, sortez un « Sarko est un enfoiré », on vous approuvera. Vous pouvez même le dire sans le penser ou sans savoir bien pourquoi, on vous demandera pas d’argumenter. Et ça m’énerve un peu. J’aime bien que les gens m’expliquent pourquoi ils pensent ceci ou cela. Je suis bien consciente qu’en matière de politique, l’opinion ne se forme finalement que sur une interprétation des faits mais ça n’empêche pas qu’on dépasse le slogan vide de sens pour expliquer un peu pourquoi on en vient à penser ça. Surtout que c’est pas les arguments et exemples qui manquent hein…Et ça marche pour les SDF. Evidemment qu’on veut les aider à avoir un logement décent mais c’est pas tout de le dire. Qu’as-tu à proposer ? As-tu autre chose à dire que c’est dramatique comme situation ? Parce que juste dire ça, c’est à la portée de n’importe quel abruti venu. Et là, je comprends le principe de Zemmour qui s’oppose toujours pour pousser l’artiste qui défend sa cause à dépasser la simple déclaration lénifiante.

Evidemment, pour Zemmour, ses positions anti conformistes et hyper réac font parler de lui. De ce point de vue là, il a tout compris au système. Ceci étant, deux questions se
posent à moi : est-il un hyper réac ou un opportuniste médiatique ? Mais surtout, peut-on soutenir n’importe quelle position juste par jeu polémique ou arrive un moment où notre volonté d’en découdre rentre en conflit avec nos opinions ? Parce que moi, j’aime bien polémiquer, pousser les gens à aller au-delà de la simple phrase choc finalement vide de sens mais je n’arrive pas à aller trop loin, défendre ce qui me paraît indéfendable juste par principe.

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