Les sites de rencontre nous pervertissent

Il y a 10 jours, petite pause dans l’hystérie de ma semaine, je jette un œil sur Twitter et voit quelqu’un ricaner sur un article des Inrocks évoquant la culture du plan cul qui prend ses aises en France. Heu… Je voudrais pas vous choquer les gars mais le plan cul, c’est pas nouveau nouveau comme concept. Je pense que dans les années 80, déjà, VSD et autres titres putassiers devaient déjà réaliser des enquêtes sur ce nouveau phénomène qu’est le plan cul. Phénomène qui n’avait lui-même rien de nouveau à l’époque non plus. Pour moi,la réelle évolution n’est pas dans une certaine libération des mœurs mais plus dans la prise de parole autour de ça. C’est mieux assumé, moins amoral même si de grands intellos masculinistes considèrent qu’une femme qui se donne sans Amour et sans espoir d’être fécondée par ledit monsieur sont de grosses putes vérolées. J’y reviendrai tiens.

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Cet article, outre qu’il doit bien avoir 40 ans de retard, se permet en plus de distribuer les responsabilités, nous rappelant insidieusement que baiser sans Amour, c’est mal. Premier coupable de notre récente  (hmmm) perversion : les sites de rencontre ! Mais oui, à peine est on inscrits dessus qu’on se transforme automatiquement en prédateurs sexuels en recherche perpétuelle de chair fraîche. Ouiiiiiiiii ? Alors qu’avant, tu comprends, les gens ne cherchaient que l’amour parce qu’ils n’avaient pas le choix (c’est vrai, le Minitel ou les petites annonces, sans parler des différents bals et orgies n’ont jamais existé, c’est faaaaaaaaux !) mais depuis que l’on a désormais autant de choix, on se sent obligé de tout goûter. Noir ou blanc, petit ou grand, sec ou rond, jeune ou vieux, homme ou femme. Venez tester, venez vous amuser ! Qu’est-ce que ce sera pour vous ce soir, madame ? Ce délicieux monsieur aux couleur caramel ou un petit trio pour entamer la semaine sur une note d’audace ?

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Oui… Mais non. La quête d’un partenaire varie déjà d’une personne à une autre. Quand je me suis inscrite sur un site de rencontre la première fois (et les fois suivantes), c’était avant tout pour tromper mon ennui. Avoir de nombreuses conquêtes m’a permis de prendre confiance en moi, multiplier les expériences, rencontrer des personnes intéressantes (aussi). Certes, le rythme s’intensifiait dans les périodes où je n’allais pas très bien et que j’avais besoin de ne pas penser. Je pense que je n’ai jamais autant baisé que durant mon chômage et quand je bossais chez Pubilon. Ca, c’est mon cas. A côté, j’ai des ami-e-s qui cherchent un partenaire de vie et ce très sérieusement. Après tout, les sites de rencontre comme les bals populaires d’antan sont avant tout un carrefour où se rencontrent les âmes esseulées. Il peut en naître de l’amour, du sexe, de l’amitié… ou éventuellement un moment gênant.

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Et puis, pardon mais ça veut dire quoi cet article ? Savais-tu, cher journaliste réac, qu’on pouvait tout à fait trouver l’amour sur un site de rencontre même si on ne dit pas non à quelques jeux sexuels de temps en temps. Sais-tu qu’on peut aimer le sexe, avoir envie de s’amuser mais, si on rencontre une personne qui nous intéresse, on a aussi la possibilité de cesser tout jeu de séduction avec les premiers venus pour tenter l’aventure avec celui ou celle qui nous fait battre le coeur ? Est-il impossible de trouver l’amour si on le cherche ? Une fois que l’on s’est adonné au plan cul, sommes-nous condamnés à ne plus être “dignes” d’amour ? Non. Peut-on réellement affliger ce type de raisonnement digne d’une adolescente de 15 ans dans un soap en 2015 ? Non mais pitié…

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Comment paraître brillant en société

Un dîner, quelque part dans Paris. Parmi les convives, vous. Le but : paraître brillant et en mettre plein la vue à vos compagnons. Comment faire ? C’est très simple, pour qu’on soit un peu habile et qu’on sache prendre le contrôle de la conversation.

Paraître brillant, ça ne s’improvise pas, ça se prépare. Choisissez trois sujets de prédilection et travaillez les à fond. Ca peut être la peinture de la Renaissance (pour les plus feignants, prenez un seul peintre, genre Michel Ange, Raphaël… Evitez Léonard de Vinci, trop populo depuis le Da Vinci Code), la mythologie nordique… Quoi qu’il en soit, idéalement, prenez un sujet artistique, un sujet sociologique et un sujet géopolitique, le meilleur équilibre selon moi. Une fois vos trois sujets choisis, lisez tout ce qui vous tombe sous la main et qui en parle. N’hésitez pas d’ailleurs à tenir au courant votre entourage de vos passions, ils pourront vous offrir des livres sur le sujet ou vous découper des articles, ça peut toujours servir.

 

Maintenant, revenons au repas. Vous êtes à peu près au point sur vos sujets de prédilection mais vous espérez que les gens à qui vous parlez n’y connaissent pas grand-chose et vous écouteront, admiratifs. Cependant, le souci est de réussir à amener la conversation sur votre domaine de connaissance, il faut être très réactif. Une fois que vous avez attrapé le mot qui vous permet d’embrayer sur votre passion, ne lâchez plus. Monopolisez la conversation, étalez votre savoir et apprécier l’éclat admiratif qui illumine le regard des convives. Evidemment, évitez de choisir des sujets trop populaires car si vous êtes deux spécialistes à la même table, vous perdez votre aura.

Il y a aussi une autre technique qui permet d’être plus généraliste. Lisez les éditos. Tous les éditos que vous trouvez, lisez les. Comme ça, vous aurez un avis sur tous les sujets, un avis argumenté. Vous avez des faits, vous pouvez même avoir une citation classique, vous pouvez dire « René Aron avait une vision des relations internationales qui correspond tout à fait à ce que nous vivons aujourd’hui ». Evidemment, il faut bannir les phrases « je lisais l’autre jour l’édito de machin qui disait… ». Ok, lire les journaux, c’est bien, mais faire croire qu’on a eu ces pensées tout seul comme un grand, c’est quand même mieux. Il s’agit de briller par notre intelligence, pas par notre capacité à lire et retenir. Même si ce n’est pas donné à tout le monde.

Seulement voilà. Méfiez-vous des convives. Il y en aura toujours un pour faire du mauvais esprit du genre « la culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale ». En l’occurrence, il a raison mais ça casse quand même notre belle image d’intellectuel qui sait tout sur tout. Pour peu que l’invité soit sadique, il va vous pousser dans vos derniers retranchement jusqu’à dévoiler votre inculture et là, l’éclat d’admiration disparaîtra au profit d’une moue de mépris.

Evidemment, certains diront que ce genre de stratagème n’a aucun intérêt et ne procure aucun plaisir si ce n’est que susciter de l’admiration chez des gens qui ne nous connaissent que de loin. C’est vrai. En fait, tout est question de choix entre l’être et le paraître. Personnellement, j’ai tendance à picorer les informations, à apprendre des choses de ci de là donc n’être spécialiste sur pas grand-chose. Même mes sujets de mémoire, depuis, il s’en est passé des choses. Parfois, il me vient une lubie et je me mets à lire tout ce que je trouve surnun sujet mais l’ambition n’est pas de l’étaler en soirée, c’est juste pour moi. D’ailleurs, ma lubie de la Table Ronde, j’ai jamais pu trop m’en servir, à part pour critiquer le mauvais film Lancelot avec Richard Gere. Mais ça, y a pas besoin de vraiment s’y connaitre. Je sais qu’on ne peut pas tout savoir sur tout et Dieu merci, on s’ennuierait ferme, sinon. Mais il est toujours bon de savoir des choses… Histoire de pouvoir contrer celui qui paraît brillant mais qui perd pied dès que la conversation s’évade vers des domaines qu’il ne maîtrise pas.

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Où trouver l’homme ? Episode 17 : à la plage

(Je rappelle à mon aimable lectorat que tout ceci n’est qu’une fiction. Moi, à la plage, je drague pas et pour cause : je suis écrevisse. Et en plus, au bout d’un moment, je pèle)


A la recherche du prince charmant

Force est de constater que les intellectuels ne me réussissent pas. Entre le dandy morvophobe du musée et les pas causants de la bibliothèque, je fais chou blanc. Alors puisque c’est l’été et qu’il fait beau, je pars draguer à la plage, logique.

[Générique alerte à Malibu : ‘Cause I’m always there, I won’t let you out of my sight. I’ll be there–never you fear, I’ll be there–forever and always, I’m always here.]

La plage, c’est le lieu romantique par excellence, souvenons nous de nos premiers émois adolescents quand Roch Voisine nous chantait les amours à la plage, tout comme Niagara mais pas de la même façon. Si vous lisez les magazines féminins, vous savez pourquoi les vacances sont propices à l’amour. Pour les autres, je résume : en vacances, on est plus détendus, pas de conventions sociales, blabla, personne ne nous connaît blabla. Si on rajoute à tout ça le facteur « tous nus et tous bronzés » de la plage (enfin, le nu, moi, je mets un maillot quand même, je trouverais ridicule d’avoir les fesses carbonisées), ça fait des étincelles.

Le problème majeur de la plage, c’est la concurrence déloyale. D’un côté, les naîades locales : bronzées, foutues comme des déesses grecques avec des muscles saillants, très douées en beach volley, beach foot, beach ce que tu veux et en bandes bruyantes : on ne voit qu’elles. De l’autre moi : blanche comme un bidet, les chairs molles vu que la drague au sport n’a rien donné, a du mal à tenir sur le sable avec ses tongs et le sable ça brûle et seule. Dès le départ, y a comme un déséquilibre. Même ma poitrine Pamela Andersonienne ne fait pas s’agiter les foules. Peut-être devrais-je acheter un maillot rouge ? Quoi que moi, quand je cours, mes seins ballottent, ce qui est normal pour des vrais.

Nous voici donc avec un sacré handicap dès le départ mais on va dire que je suis audacieuse et que je tente quand même ma drague. Quitte à être au bord de la mer, autant rentabiliser. Seulement, il y a quelques obstacles. D’abord, comment être sûre de trouver du beau gosse de mon âge à la plage. Parce que là, je regarde, y a du père de famille, du papy avec le maillot remonté jusqu’à la taille, du jeune ado prometteur mais là, faut pas pousser… Ah, un  beau gosse de mon âge, là ! Mais c’est quoi cet appendice étrange et chevelu tout tortillé autour de lui ? Ah, c’est sa copine… Bon, c’est bon, elle va le lâcher maintenant… Elle veut pas lui pisser dessus pour marquer son territoire tant qu’elle y est ? Cette jeunesse alors, aucune pudeur.

Ah, j’en repère un autre. Seul. Cool. Bon, il lit, je suis censée en faire autant (pour éviter qu’on voit que je mate outrageusement). Comment lancer le dialogue ? Je peux lui demander le classique « tu voudrais me mettre de la pommade dans le dos ? » mais sa serviette est légèrement loin. Bon je me lève, secoue la mienne et la ré étale plus proche. Bon, va lui demander pour la crème maintenant… Oui mais là, il lit et il va pas apprécier d’avoir les mains toutes grasses après. Il n’a pas un jeu de raquette ? Non. Moi non plus… Faut dire que prendre un jeu de raquette quand on est seul est passablement ridicule. Je lui demande ce qu’il lit ? Totalement nase comme abordage mais si j’étais douée, ça fait longtemps que cette saga serait finie. Alors que je tergiverse, il se lève et commence à plier ses affaires. Bon, je fais ma poseuse, je prends un air alangui, cheveux détachés qui roulent sur mon dos au gré du vent (dos un peu rouge mais passons), du sable doré est collé sur ma peau, je suis au top de ma séduction. Le but ? Qu’il me repère. Demain, on passe aux choses sérieuses.

Sauf que la plage est grande. Et qu’évidemment, je ne l’ai jamais revu. Par contre la vieille fille avec son gros chien qui se secoue à un mètre de ma serviette, oui [le passage sur le chien n’est pas fictionnel et si vous pensez que sa connasse de maîtresse s’est excusée, c’est que vous êtes aussi naîf que moi quand j’ai cru que le mec qu’on a croisé en bas de l’immeuble de vacances et qui nous a vu avec nos sacs allait nous attendre avec l’ascenseur ou au moins nous le renvoyer.].


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Où trouver l’homme ? Episode 16 : à la bibliothèque

(Je rappelle aux gens que cette histoire n’est que pure fiction donc on le prend comme tel, merci)


A la recherche du prince charmant
Suite à mon échec avec un intellectuel dandy morvophobique, je ne renonce pas à ma quête d’un homme qui en a dans le ciboulot. Mais plutôt que de fouiller dans les musées, je vais plutôt partir en bibliothèque. Après tout, un mec qui passe ses journées dans un musée, c’est pas un peu un branleur ? Alors que là, s’il est à la bibliothèque, c’est qu’il est là pour travailler. Genre un jeune prof ou un thésard…

Première épreuve : trouver une bibliothèque qui veut bien de moi, qui ne suis plus étudiante. Paris fourmille de bibliothèques mais les trois quarts sont estampillées « réservées aux étudiants ». Et alors, on n’a plus le droit de se nourrir de savoir une fois les études terminées ? Alors me reste Ste Geneviève, Beaubourg et la BNF. Après avoir éliminé Ste Geneviève pour un problème de place et Beaubourg pour un problème d’âge et de queue, me reste la BNF. En plus, c’est top, je connais. J’y étais venue en 2002 pour ma
maîtrise sur le Québec et j’avais déjeuné à la cantine qui coûte cher cher avec un jeune inconnu qui m’avait fait la conversation. Je ne sais pas si c’était de la drague vu qu’à l’époque, j’étais en couple donc j’avais pas fait attention. Mais ça veut dire qu’il y a des possibilités.

Arrivée de bonne heure, j’ouvre mon ordinateur portable sur le bureau et réunis autour de moi quelques livres, histoire de faire croire que je travaille vraiment. Je jette des regards à la ronde, pas mal de mâles mais je n’identifie pas clairement de cibles. En attendant, j’entortille mes cheveux en chignon retenu par un crayon, laissant une mèche pendre négligemment le long de mon visage. Je prends un ai concentré mais sans pour autant plisser le front, histoire de ne pas rider mon visage. En plus, j’ai découvert une ridule sur le front, justement, faudrait voir à pas la creuser [ceci n’est pas du tout fictionnel et c’est bien dommage !]. Bref en deux mots, je pose.

Pause déjeuner, je vais me rendre à la cantine qui coûte un bras pour des sandwichs qu’on achète trois fois moins cher en supérette. Y a un peuple pas possible, je vais rigoler pour me trouver une place. Surtout que je dois idéalement me placer à côté d’un homme mignon. Le problème étant que vu le monde, j’arrive plus à distinguer les visages. Bon, allez, je m’assois, moi, warrior, moi pas peur. Mon voisin est une voisine, raté. Bon, elle a presque fini. Ah, elle s’en va et ô victoire, vient s’installer un jeune homme à sa place et même pas trop mal en plus. Non, là, il va y avoir arnaque, c’est trop beau pour être vrai. La dernière fois, au musée, ça a été pareil, je trouvais le seul Français sexy de la place et c’était un prétentieux morvophobe. Forcément, une allergique chronique ne peut aller avec ce genre d’individus. Là, je sens qu’il va avoir une tare celui là aussi, le hasard fait rarement bien les choses, surtout plusieurs fois d’affilée.

Bon, je vais voir. Bon… Hum… Il me regarde pas. Ah ben il serait gay alors, comme d’habitude. Enfin, non, pas comme d’habitude mais ça m’est déjà arrivé une fois alors bon… Ou alors je suis pas du tout son style, ça peut aussi arriver. Ou alors il m’a même pas calculé parce qu’il est dans sa bulle. Je fais quoi ? Il serait de bon ton de lui adresser la parole mais pour dire quoi ? Bon, je peux toujours lui demander ce qu’il fait là, ça ne mange pas de pain.

« Bonjour, heu… Vous venez pour étudier ?

– Dans une bibliothèque, y a des chances ».

Bim, me voilà renvoyée dans mes 22. La raison voudrait que je n’insiste pas, le monsieur n’a pas l’air trop d’humeur. Mais allez, on va pas se laisser impressionner…

J’ouvre donc la bouche pour lui demander ce qu’il étudie exactement mais j’ai pas le temps de prononcer ma première syllabe qu’il a déjà déplié un journal et s’est plongé dans la lecture. Ou comment dire subtilement à sa voisine de table que non, on n’a pas envie de parler donc chut.

Je viens de me prendre un vent.

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Où trouver l’homme ? Episode 13-2 : le musée

(Note pour ceux qui débarquent : cet article et ceux de la même série ne sont que pure fiction. En vrai, en journée, je vais pas au musée, je vais au travail.)

A la recherche du prince charmant

Rappel de l’épisode précédent : après mes échecs répétés dans le milieu du sport, je décide de draguer de l’intellectuel. C’est donc logiquement que je me rends au musée, le musée d’Orsay. Soudain, je repère une brebis égarée, un beau gosse de type dandy qu’il me plairait bien d’avoir à mon bras. Je le suis donc un peu. Est-il touriste ou pas ? Faudrait peut-être passer à l’abordage… Mais comment ?

Mon problème majeur en matière de mec, c’est que j’ai souvent des idées d’abordage tordu. Souvenez vous, au lycée, l’histoire du mec que j’avais appelé… Une vieille histoire mais depuis mes 16 ans (c’était y a 12 ans, argh !), j’ai pas trop progressé. Et là, au milieu de ce musée, au milieu de tableaux de maîtres impressionnistes, j’eus une idée. Je reculais d’un pas, deux pas, genre « hum, je veux une meilleure perspective du tableau ». Et bim, je rentre dans ma cible ! Et la palme de l’abordage le plus naze 2008 est attribué àààààààààààààààààààà Nina ! Clap Clap Clap.

« Oups, pardon !

– C’est pas grave. »

Yesss, il parle français ! Et sans accent, ça veut dire qu’il va pas partir après une folle nuit d’amour en Belgique ou, pire, au Québec, sa patrie de naissance. Je suis trop forte. Ah oui, mais s’agirait d’enchaîner, là, on est très très loin du « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ».

« Excusez moi, j’ai un doute, c’est un Monet ou un Manet ?

– Un Millet.

– Ah euh… Ouah, vous vous y connaissez, dis donc ».

Question : pour séduire un intellectuel (enfin, je suppose qu’il l’est), faut-il passer pour une dinde ? Parce que si la réponse est non, je suis en train de sacrément rater mon coup.

« Bof, j’ai pas de mérite, c’est ma spécialité.

– Ah oui ?

– Oui, j’ai fait des études en histoire de l’Art et j’ai beaucoup étudié les impressionnistes.

– Ah oui ? Et vous pourriez m’expliquer un peu leur histoire, tout ça ? »

Là, j’ai une furieuse envie de m’applaudir. Non seulement j’ai trouvé le seul non touriste du musée mais en plus, j’ai le droit à une visite guidée plus intéressantes que celles des guides, vu que je me suis arrangée pour glisser que j’avais fait histoire mais qu’hélas, on n’étudie pas assez l’art en contempo alors que c’est une donnée essentielle [ndla : ça, c’est pas une réflexion fictive, tiens]. Alors il m’explique la naissance du mouvement, me guide entre les tableaux. Mes chouchoux ? Renoir, depuis mon enfance, quand mon papa avait ramené un énorme livre sur les Impressionnistes. J’aime bien Degas et Monet aussi. Il me guide, il me cultive. J’aurai pas tout perdu dans l’aventure, j’aurai appris des trucs, au moins. Mais le voir parler de sa passion pour les impressionnistes, j’ai une furieuse envie de le présenter à mes parents celui-là. Il est trop charmant…Il va falloir faire une étude poussée, les mecs trop parfaits dès le départ, y a un vice caché qui peut faire peur. Coup d’œil sur sa main gauche. Il n’a pas d’alliance… Ça ne veut rien dire, ok, mais c’est déjà un peu rassurant.

Au bout d’une heure et demie, la visite est terminée. Comme je suis une fille bien élevée, je tiens à le remercier en l’invitant au café parce que les Impressionnistes, c’est passionnant mais j’ai envie d’en savoir plus sur le jeune homme pour savoir s’il est le gendre idéal en dehors d’un musée ou pas. Il réfléchit un peu avant d’accepter ma proposition, je retiens ma respiration trente secondes…

« Après tout, pourquoi pas, je suis pas pressé ».

La semaine prochaine, nous irons donc boire un café avec le jeune homme. Ahlala mais que va-t-il se passer ?

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Où trouver l’homme ? Episode 13 : le musée

(Je rappelle aux gens qui ne connaissent pas cette série que tout ça est une fiction. En vrai, dans les musées, je ne peux y aller que le week-end et c’est bondé.)

A la recherche du prince charmant

Bon, il me faut faire un bilan des courses : le sport, ça n’est pas un bon plan drague, c’est officiel. Le smirting non plus parce que tu tombes sur des mecs qui n’ont en commun avec toi que le fait de fumer, c’est léger. Donc après un rendez-vous fini sur le fait qu’on ne se reverrait pas, me voici reparti en chasse. Dans un raisonnement binaire, je me dis que l’opposé du sportif, c’est le…c’est le… c’est l’intellectuel bien sûr. Et l’intellectuel, on peut en trouver dans plusieurs endroits, notamment le musée. Alors allons-y gaiement.

Souci numéro 1 : quel musée choisir ? A Paris, ça ne manque pas. Evidemment, en premier, on pense au Louvre qui a quand même nombre d’avantages : clair, en plein centre de Paris, on y trouve de tout. Et surtout des touristes. Je n’ai rien contre les touristes mais je cherche l’homme de ma vie, je rappelle, un mec qui vit pas en France la majorité du temps, ça n’aide pas pour une relation durable. Surtout que les touristes sont généralement en duo ou troupeau donc vrai mauvais plan. Tiens, y a quoi dans les expos temporaires ? Des tas de choses, diverses et variées mais là, je suis perplexe : laquelle est la plus susceptible d’attirer le mâle hétéro ? Autant il y en a que je trouve majoritairement féminine (tout ce qui concerne la mode, par exemple), autant une expo majoritairement masculine, je ne vois pas trop. Autre critère : il me faut du mâle jeune. Mais pas trop. Parce que je n’ai rien contre les jeunes étudiants mais je me trouve encore un peu trop jeune pour aller taquiner du minet, je ferai ça quand j’aurai 40 ans et que je me sentirai vieille. Enfin,
dernier point : il me faut une expo qui ne me passionne pas trop quand même pour que je puisse m’intéresser plus au public qu’à l’œuvre.

Instinctivement, je pense Orsay. Ce musée, je le connais bien, j’y suis allé un nombre incalculable de fois. Bon, ok, c’est possiblement un aimant à touristes mais je limite les risques de passer une sale journée : j’aime ce musée et surtout les impressionnistes, passion de jeunesse même si j’y comprenais pas grand-chose. Bon, profitant d’un RTT [là, on saisit toute la dimension fictive de ce récit. Je pourrais poser des RTT pour aller au musée, je serais bien heureuse. Mais en fait, non], je décide d’aller à Orsay, donc. Je me promène un peu pour profiter du soleil [re dimension fictive, houhouhou] histoire de me charger d’énergie solaire, avoir bonne mine et le sourire. Je choisis l’après-midi car je ne suis pas sûre que les amateurs d’art se lèvent à l’aube. Puis moi, je suis en RTT aussi pour dormir. Je monte direct à l’étage impressionnistes et je commence à errer. Même en semaine, y a des groupes de touristes, un
guide leur parle dans une autre langue (qui varie selon les groupes), ça brouhahate, ça flashe. Non mais je vais jamais trouver un futur mari là dedans moi. Bon ben au moins, je regarde les tableaux, c’est toujours ça de pris. Ah un groupe bouge et là, que vois-je à rester devant un tableau, perdu dans sa contemplation : un beau dandy brun du style mal rasé à fines lunettes. J’arrive pas à voir sa couleur de yeux mais s’ils sont verts, c’est un signe du destin. Ben oui, la grosse majorité de mes exs et assimilés sont bruns aux yeux verts alors ce serait comme une suite logique. J’attends un peu… Il ne rejoint pas le groupe et passe à la toile suivante sans se préoccuper du troupeau. Yes, il n’en fait pas partie.

Raisonnement : un mec seul dans un musée peut-il être un touriste ? Pas sûr, pas sûr du tout. On fait rarement du tourisme seul, non ? Quoi que… Il aurait pas un journal dans la main que je vois en quelle langue il est ? Ben non. Les mecs ne font aucun effort pour nous donner des indices de leur dragabilité. Tsssss. En tout cas, il lit les étiquettes mais ça non plus, ça ne veut rien dire.

Bon, je me décide à le suivre, feignant d’observer la toile qu’il vient d’abandonner puis quand il en change, je suis. Il me faut une idée pour l’aborder, discipline dans laquelle je suis très mauvaise vu que j’aborde pas les gens.

Comment Nina arrivera-t-elle à parler au beau dandy ? Est-il un Parisien ou un touriste ? Parle-t-il français ? Pourquoi j’ai froid un 21 mai ? Toutes ces questions angoissantes trouveront réponse la semaine prochaine, sauf celle du 21 mai et là, je suis preneuse d’une explication, merci.

 

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Suivons le mouvement

L’été, en général, j’en profite pour beaucoup lire, je sais pas pourquoi. Après avoir suivi les conseils littéraires avisés d’un charmant jeune homme (Fante, Djian), après avoir lu quelques essais pour faire ma culturée, faut un peu laisser reposer le cerveau. Et pour ça, rien de mieux que la télé (bon, même si je fais autre chose en même temps, sinon, je m’endors). Donc après Karma et Milan (deux garçons que j’estime), moi aussi, je vous parle de l’Ile de la tentation.


J’avoue ne jamais avoir suivi cette émission jusqu’à présent. J’avais vu les deux premiers épisodes de la première saison, celle avec Brandon et Diana (rien que les prénoms, ça vous situe les gens, surtout que ce sont des pseudos !). Guillaume 1er m’avait fait regarder ça car il avait « craqué » sur un couple qu’il aimait bien mais je me souviens pas de leur nom et là, j’avais découvert les vertus du montage. On vous fait un super montage de l’émission suivante où on vous fait croire qu’il s’est passé des trucs trop graves alors
qu’en fait, non.

Cette année, je tombe dessus un lundi soir (je savais pas que c’était aussi diffusé ce soir-là). Déjà, je découvre que c’est présenté par Céline Giraud, une fille que j’estimais beaucoup en tant que journaliste sportive, autant vous dire que je suis déçue de la voir là. Bon, bref, nous avions quatre couples mais un s’est marié sur l’Ile entre temps. Moi je dis, un mariage devant les caméras de TF1, c’est la sse-cla, quand même. Oui car ces gens-là, ils parlent une langue étrange, c’est censé être du français mais je comprends pas toujours, leur syntaxe est assez curieuse. Genre ils finissent jamais leur phrase : « Non mais tu vois ce qu’elle m’a fait… Et puis d’abord, Gisèle, elle me fait trop… Non mais voilà, quoi ! ». Donc, ce que voulait dire cette personne, c’est que sa copine avait fait quelque chose qui lui déplaisait au plus haut point et qu’il allait donc se venger en forniquant avec Gisèle. Oui, c’est très amusant, l’Ile de la Tentation, il faut combler les trous pour comprendre ce qu’ils disent. Un jeu hautement intellectuel, donc.

Cette année, ils ont pris du lourd. Les filles sont toutes vulgaires, les mecs tous crétins. Mais vraiment, y en a pas un(e) pour rattraper l’autre, c’est incroyable. Chez les filles, il y a Mélanie, la fausse blonde avec de vraies fourches qui a le bon goût de mettre un trait marron autour de ses lèvres siliconées. Pour elle, c’est le summum de la classe, je suppose. Elle est venue sur l’île avec Vincent, un benêt qui a vite fait de trouver la dénommée Shanice (une fan de Friends un peu illettrée, je suppose) très à son goût. Nous avons ensuite Eric, nain vilain et Sandra, la volcanique Brésilienne ou Colombienne ou de par là, quoi, qui fait tout le temps la gueule. Franchement Sandra, elle a pas l’air gentille. Après, il y a Harry (qui porte bien sur son visage l’étendue de son intelligence) et Emeline qui n’arrête pas d’expliquer que son mec voulait lui faire un bébé avant de venir. Elle, elle est dégoûtée parce que son mec la trompe
avec une brunette et qu’aucun tentateur ne la drague parce que, faut dire ce qui est, c’est quand même la plus moche de toute. Après, y a un nouveau couple qui est arrivé et qui s’aiment très très fort, comme c’est mignon.

Cette année, c’est très amusant, tout le monde a trompé tout le monde, sauf Emeline, donc. Mais le pire, c’est l’hypocrisie des mecs. Vincent flirte sévère avec Shanice et quand il voit comment se comporte sa dulcinée qui a décidé de lui rendre la monnaie de sa pièce, il déclare : « ah ben puisqu’elle se gêne pas, je vais m’amuser moi aussi ! ». Et ils sont tous pareils, ils flirtent sans gêne avec une tentatrice mais si leur moitié fait pareil, c’est un scandale… Si c’est pas un peu hypocrite quand même ! Parce que l’Ile de la tentation,
c’est ça : on monte des images innocentes pour vous faire croire que vous êtes cocu(e). Et encore, y en a qui s’emballent d’un rien. On voir Mélanie se frotter à un mec en dansant et son cher et tendre pète les plombs. Bordel, comme si t’en faisais pas autant, c’est juste une danse. Mais bon, sur l’Ile de la tentation, on vous monte les images de telle façon que vous ne voyez que le mal. De toute façon, j’ai du mal à croire que ce soit de vrais couples vu qu’ils sautent sur la première pétasse ou le premier bodybuildé venu. Perso, quand je suis amoureuse, Brad Pitt pourrait me passer à côté que je le verrais même pas (même avec mes lunettes) alors bon…

Mais la question que je me pose toujours c’est : pourquoi ? Pourquoi des gens vont dans cette émission ? Pour tester leur fidélité ? Mais enfin, soit on a confiance en l’autre et on n’a pas besoin de le tester, soit y a un souci dans le couple. Evidemment, ils s’en tapent de leur couple, ce qui compte, c’est de « passer à la télé ». Ah, que ne ferait-on pas pour ses 15 minutes de gloire ! Mais bon, doit-on mettre son couple en péril juste pour ça ? Moi, je suis plutôt du genre « pour vivre heureux, vivons cachés ». Parce que j’ai pas envie que la boulangère me dise : « Ben dis donc, Sagamore, il avait l’air de bien l’aimer, Jessica, à la télé » ou des trucs du genre. On t’a
demandé ton avis connasse ? Mais bon, je l’ai bien cherché, aussi, fallait pas que je m’exhibe sur cette foutue île. Puis je vois bien que les gens dans la rue, ils parlent à voix basse quand je passe dans la rue pour commenter ma soit-disant idylle avec Illich (oui, les filles ont des noms latins, les mecs des noms slaves, vous avez remarqué ?). Non, je n’ai pas embrassé ce bdoybuilder décérébré, je préférais Andreï mais comme on m’a inventé une idylle avec l’autre, j’ai du me le coltiner tout le reste du jeu.

Donc voilà, aller sur l’Ile de la tentation, c’est avant tout « passer à la télé » en espérant que ça aboutira sur quelque chose. Le bilan est en effet prometteur : en 4 ou 5 ans, seuls Brandon et Diana sont passés à la postérité et encore… A part chez Cauet, on ne les voit plus nulle part, ce qui est normal en soit. Après tout, devenir célèbre parce qu’on a roulé une pelle dans une piscine, c’est du déjà vu (et Loana, elle, au moins, elle a couché). En fait, je crois que c’est là tout le pathétique de cette émission. 8 beaufs qui ne pourront jamais
briller par leur intellect trouvent une nouvelle voie pour tenter de briller quelques instants et deviennent la risée de l’hexagone. Et ils en sont fiers en plus ! Alors certains diront que c’est pour vivre « une aventure humaine » (c’est leur grande expression, ça). Ben, je veux pas dire mais le côté aventure, je le vois pas trop, là. Autant dire : « j’en ai marre de bobonne et je veux me taper des canons. » En plus, je plains hautement les tentateurs/tentatrices : quand on voit la gueule des candidat(e)s, ça donne pas envie de tenter qui
que ce soit mais ils sont là pour ça. Déjà, y en a une qui commence à dire : « Non mais Vincent, il veut qu’on ait une relation suivie en rentrant sur Paris, moi, je trouve qu’il va un peu vite ». Sous-entendu : « c’est un gros beauf, je vais pas me le coltiner en dehors de l’émission, ça va pas ! ».

Bref, l’Ile de la tentation, c’est vraiment une aventure humaine plutôt effrayante, une plongée dans les abysses de la beaufitude. Céline, toi que j’estimais, pitié, barre-toi de là !

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Petit rappel d’arithmétique, de grammaire et de savoir vivre : le retour de l’ex

Par Victoire

(Petit texte écrit au printemps mais qui me paraît furieusement d’actualité !)

C’est le printemps, les arbres bourgeonnent, et la testostérone afflue.

Les ex en manque, qui se sont mis en berne tout l’hiver (et pas seulement en prévision de la mort du pape), se mettent à racler les fonds de tiroirs et leurs vieux carnets d’adresse, histoire de voir, s’il n’y a rien qui pourrait resservir.

 

Ca revient toujours...

Voici quelques éléments de réflexion pour faire face au retour de l’ex, auquel on n’a rien demandé.

– 1 Quand l’ex super glu vous rappelle pour vous donner des explications sur des événements d’il y a cinq ans, vous vous posez cette question: mais pourquoi?

A votre avis, quelle syllabe les mots « explication » et « durex » ont-ils en commun?

Laquelle de ces deux phrases est la plus accrocheuse: « Il y a tant de choses qui restent inexpliquées entre nous » ou « J’ai retrouvé une vieille capote au fond d’un portefeuille, qui se périme le mois prochain, et tu me connais, c’est pas que je sois près de mes sous, mais je n’aime pas gaspiller ».

Rappelez vous bien: si l’ex était un intellectuel, vous vous en seriez rendue compte depuis le temps. (Notez bien, si l’ex avait été un bon coup, vous vous en seriez aussi rendue compte).

– 2 L’ex, il vous a jetée il y a 3 ans. Et vous lui en êtes, au fond, très reconnaissante.

Mais inutile d’aller lui rouler une pelle pour le féliciter de la seule décision intelligente et généreuse qu’il ait prise dans sa vie.

– 3 Votre ex n’est ni Robert de Niro ni George Clooney (ca se saurait, sinon). Il n’y a absolument aucune raison pour qu’il se soit bonifié depuis le temps.
Les années qui passent, ca colle des rides, des kilos, des emmerdes.

Et, détail qui a son importance, l’âge où l’individu est à l’apogée de ses capacités sexuelles varie selon le sexe. Soit 19 ans pour l’homme et 36 pour les femmes. Vous n’allez tout de même pas vous remettre à la colle avec un type qui est sur le déclin depuis si longtemps?

– 4 Si lui n’est pas de Niro, vous n’êtes pas non plus Naomi Campbell (sinon, ça se saurait). Et donc pas si inoubliable que ça. S’il vous rappelle, c’est juste qu’il n’a rien d’autre sous la main.

Ceci dit, comme les poubelles recyclées sont à la mode, si vous avez une copine d’une copine d’une copine célibataire depuis trèèèèèèèès longtemps, et pas trop regardante, refilez lui votre ex. Après tout, ce n’est pas un mauvais garçon, et s’il peut rendre service….

– 5 De toute façon, n’hésitez pas trop longtemps. Au pire, si vous lui riez au nez, il reviendra gratter à votre porte au printemps prochain.

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