Si Marine Le Pen est élue, à qui la faute ?

Ou pourquoi j’en ai marre de la menace frontiste et l’appel au vote utile/républicain. J’ai choisi mon camp depuis que Jadot s’est retiré (et non, je ne le suivrai pas, plus de PS, j’ai dit, malgré ma sympathie pour Benoît Hamon) et je n’en bougerai pas. Et surtout, je ne voterai pas au second tour pour quelqu’un qui n’incarne pas à minima mes valeurs. Si Marine Le Pen est élue, ce sera donc ma faute ? Bah tiens !

Marine Le Pen

Je reste dubitative quant à la possible arrivée de Mme Le Pen à l’Elysée. Je sais que c’est possible et je sais aussi que beaucoup de gens ne referont pas le même sketch que 2002 à aller voter l’autre par peur. Et pardon une nouvelle fois mais vous voulez vraiment que j’aille voter pour un mec pourri jusqu’au tronc ou un ambitieux narcissique qui me paraît très dangereux pour notre bien-être ? Vraiiiiiiiiiment ? Parce que c’est précisément mon point. Si la mère Le Pen est si haut dans les sondages et sera très certainement au second tour, je ne veux pas entendre que ce sera peut-être de ma faute si elle est élue présidente.

loutre mignonne

Ayant déjà mis assez de photos de la Le Pen dans cet article, je mets une loutre mignonne à la place, c’est meilleur pour notre journées à tous

Si on écoute un peu l’électorat déclaré de Mme Le Pen, on constate que ce qui fonctionne, ce ne sont pas tant ses idées (ce qui rassure un peu) que l’envie de donner un coup de balai. Et ce point là, je peux le comprendre, marre des oligarques corrompus qui nous culpabilisent pour un arrêt maladie mais détournent des centaines de milliers d’euros sans trembler. Et ça tombe de tous les côtés, tous les jours, à droite comme à gauche, des emplois fictifs, des voyages au frais de l’Etat, des erreurs de déclaration dans le patrimoine. Et je ne vous parle pas des connivence médias-politiques qui décident plus ou moins du casting du second tour. Car en France (pas que, certes), on a un pouvoir magique : il faut tuer la Bête. La Marine. Alors on demande aux gens d’être raisonnables, de voter pour un candidat crédible, qui nous déplaît pas tant que ça parce que lui, il a des chances d’aller au second tour et qu’entre lui et l’autre moisi d’en face, franchement, est-ce qu’il y a à hésiter ?

moisissure de salle de bain

Le changement incarné par Mme Le Pen m’échappe. D’abord parce que les récentes péripéties judiciaires ont démontré si nous en doutions qu’elle n’était pas plus blanche que les autres (au contraire) mais surtout quel changement, réellement ? A part durcir tout ce qu’on subit depuis bien dix ans, je ne vois pas trop… Ca ne rendra pas riche les plus pauvres, les déclassés qui la voient comme l’incarnation d’un lendemain meilleur mais qui resteront sur le bord de la route. Ca changera, sans doute, mais en pire.

plat de coquillettes

Mais voilà, j’en entends dire que si elle passe, ce sera de ma faute car quoi qu’il se passe, je refuse de voter Fillon ou Macron au second tour. Et je suis désolée mais si la Le Pen est aussi puissante aujourd’hui, ce n’est pas ma faute. J’ai longtemps diffusé des articles mettant en cause l’intégrité et la dangerosité du programme du FN, j’ai arrêté car ma communauté est quand même plutôt à gauche donc à part les trucs marrants, pas grand intérêt, je n’avais déjà plus personne à convaincre. Mais si les gens en ont marre de tout ce cirque, de la corruption, des politiques qui se foutent de leur gueule et des médias “menteurs”, ce n’est pas ma faute. C’est celle des politiciens corrompus qui refusent de quitter la partie alors qu’ils sont plongés jusqu’au cou dans une merde nauséabonde et nous salopent le tapis. C’est la faute de tous ces démagogues qui changent de discours selon les interlocuteurs. C’est la faute des médias qui laissent parler Marine et ses potes sans les coincer, les mettre face à leurs contradictions, à quelques exceptions près. C’est la faute des chaînes d’infos en continu qui ont tellement besoin de remplir leurs plateaux qu’ils vont prendre les bons clients, ces politiques toujours prêts à venir débattre chez eux genre Philippot.

Florian Philippot invité chez Jean-Jacques Bourdin

Des fois, je me dis que la solution serait justement de la laisser arriver au pouvoir pour casser l’argument du “eux, on les a jamais essayés” pour que ça n’arrive plus. Sauf que 5 ans, c’est long, bien trop long. Et que j’ai pas eu le temps d’apprendre le Suédois pour me barrer là bas.

Stockholm en Suède

Hallå !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Il n’y a pas d’âge pour les râteaux

Par Lucas

Aujourd’hui, j’ai eu un rendez vous médical avec une femme dont je suis un peu amoureux. Comme c’est l’une des dernières séances, je lui ai demandé si je pouvais « dire au revoir à Mademoiselle Through, dire bonjour à Célia » et l’inviter au resto. Elle m’a répondu que ce ne serait pas « déontologique ». Vie de Merde.

Pourquoi je dis ça ?
Parce que ça m’agace qu’on me réponde un truc pareil alors que j’ai attendu des semaines et des semaines pour lui proposer ce resto. Afin, justement, que nous ne soyons plus dans une relation de patient à thérapeute. Donc, en somme, ce qui me fait râler, c’est le fait qu’elle ne me dise pas clairement « non tu pues » ou « non, je n’ai pas d’atomes crochus avec toi ». Histoire que je sache à quoi m’en tenir. Qu’elle se camoufle derrière un paravent de conventions, ça me fait ronchonner… Surtout que, ce que j’adore chez elle, c’est son coté sincère. Et bah là, je tombe de haut…

Quelque part, se prendre un râteau, c’est se remettre en question… Sur sa place, sur ce qu’on est, sur ce qu’on veut. Je ne compte pas le nombre de râteaux pris de plein fouet où j’ai quand même cherché à aller plus loin et où ma ténacité a fonctionné. Petite pause dans cette bafouille, allez donc voir cet extrait de Manuale d’Amore : c’est tellement ça !!


Et pour revenir à la question de l’être, je me dis que ca rejoint toujours la dimension du paraître. Est-ce que le personnage public de Lucas, joué sur la scène du théâtre social correspond à ce qu’il  a, au plus profond de lui-même, ou bien est-on à 1000 milles de la vérité ? Bah oui ! Illustration….

J’ai trouvé récemment avec l’aide d’une super conseillère RH, ce que je voulais faire de ma vie. De la Communication Stratégique (purée comme c’est beau ces titres ronflants). Pour résumer, disons que c’est de la communication instrumentalisée pour conforter les interlocuteurs dans leur image de la boite et de ses valeurs (mais là les gens intègres vont me dire que la com n’est pas une fin
en soi et que c’est déjà un instrument, un outil, un moyen, certes, certes…).On est pas loin du lobbying et.. Bref.

En fouillant un peu ce marché histoire de mieux le comprendre, je suis tombé sur une phrase très vraie et qu’on peut surement extrapoler pour expliquer mon râteau, je cite

« Entre
Ce que je pense
Ce que je veux dire
Ce que je crois dire
Ce que je dis
Ce que vous avez envie d’entendre
Ce que vous entendez
Ce que vous avez envie de comprendre
Ce que vous comprenez,
Il y a 10 possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer.
Mais essayons quand même… »

Cela veut-il dire que dans la séduction il n’y a pas de place pour le parler vrai et la sincérité ?
Cela veut-il dire qu’il faut se conformer à des schémas convenus, ne pas sortir des sentiers battus ?

Je refuse cette sclérose plaquée par la force implicite du qu’en dira t-on et par la peur de donner une mauvaise image.
Sommes-nous en train de rentrer dans une société de façades où il faut montrer un paraitre idéel et fallacieux tout le temps ?
Les relations sociales sont-elles appelées à être encore plus consensuelles ?
Les esprits singuliers et iconoclastes vont-ils devenir des marginaux ?

Bon, heureusement pour moi, samedi soir j’ai vu la coloc d’un copain que j’avais entraperçue à Odéon le jour où elle passait son examen pour rentrer dans l’appart. Je vous parle d’elle parce quencette demoiselle est une bonne occasion pour renouer avec le jeu de la séduction plus ou moins implicite, plus ou moins volontaire. De l’art délicat d’être en intelligence avec la donzelle… Bon, si
ça se trouve un jour, en France, on va en arriver a cette scène mythique de « Mensonges et Trahisons »… Allez, tiens,  je vous laisse là-dessus…

Rendez-vous sur Hellocoton !

TOUT VITE = TOUT BIEN?

Par DianeC’est les mains moites d’émotion et le coeur tout palpitonnant de solennelle fébrilité que je me mets à mon clavier. Ceux qui fréquentent les commentaires des vingtenaires m’auront peut-être vu sérieusement parasiter la chose ces derniers temps et, comme tout bon parasite qui se respecte, je passe au niveau supérieur et j’ai été cordialement invitée à venir parasiter par la grande porte.

Mon premier article sera un article de vieille aigrie nostalgico-réactionnaire no future fuck le système. (chouette, hein?)
Parce que, voyez vous, je me disais l’autre fois lors d’une de ces brillantes et spirituelles réflexions existentielles qui enflamment régulièrement mon moi intérieur, que décidémment, nous vivons vraiment dans une ère du zapping. Il apparaît comme une impérieuse nécessité aujourd’hui d’avoir absolument tout, tout de suite, tout vite. (d’où le titre, vous suivez?) On a envie d’un truc, pouf internet, pouf je commande, pouf je reçois. (ce qui ne veut pas dire que j’ai commandé sur internet une péripatéticienne siliconnée pour autant, pervers libidineux que vous êtes). Tout ce qui concerne le processus d’attente de la chose que l’on désire et qui fait d’ailleurs qu’on va l’apprécier davantage une fois qu’on l’a, ça disparaît. Et ça nous crée une génération de frustrés, habitués à avoir tout tout de suite, et quand il s’avère que ce n’est pas possible criant au scandale international et devenant tout rouge colère comme un gamin à qui on a
dit qu’il fallait attendre noel avant d’avoir son costume de zorro.
D’ailleurs, en parlant de mourtards, je regardais dimanche dernier « Ripostes » qui avait pour sujet « l’école », et y’avait Finkelkraut qui tout énervé de pas pouvoir faire des phrases de plus de 5 minutes sans être interrompu par le présentateur, s’agitait sur sa chaise en arguant que la merdasse qui apparemment habite les écoles aujourd’hui est due en partie à une grosse et significative baisse de la capacité de concentration des susdits moutards. Baisse qui, selon lui (et que je trouve pertinente, comme explication, d’ailleurs) est due principalement à
cette frénésie du toutousuite, et notamment aux ordinateurs et à internet, qui il est bien vrai sont par excellence un lieu de zapping frénétique et constant. Sur internet, on reste rarement plus de 5 minutes sur un site à lire un article quelconque, on clique, on clique, on clique ,on reclique et on surclique en survolant 15478 infos au lieu d’en bien intégrer une. Après, ça a ses
avantages, mais quand même pas mal d’inconvénients. Ce pourquoi monsieur Finkelkraut (petite parenthèse récréative: vous avez jamais remarqué qu’ une notifiable quantité de philosophes avaient tous des noms à coucher dehors? Finkelkraut, comte-spomville, kierkegaard, heidegger, nietzsche… comme si, pour être « in » dans le milieu philosophique, fallait être imprononçable) nous
conseillait de virer les ordis des écoles et de revenir à nos bons vieux bouquins, où on se concentre sur un truc à la fois.
De plus, pour causer actualité, un ami encore plus réac que moi me disait récemment que ça l’énervait beaucoup ce nouveau principe qui faisait que, dès que quelque chose clochait dans un couple, beaucoup prenait le réflexe automatique du divorce. (bon, après, cécilia, on peut pas la blâmer, hein, quand même) « Qwwwwaaa?? tu n’es pas un être totalement parfait et cadrant
entièrement à mes critères d’exigence relationnelle?Puf, peu me chaut, je divorce et jvais chercher ailleurs, tiens. » En gros mon ami prenait le parti de dire que, choisir de se marier, c’est prendre une option sur un paquet d’emmerdes, certes, mais que c’est ça la vie, et que grimper sur les obstacles et leur niquer la gueule était quand même bien plus intéressant que les contourner par faiblesse et oisiveté. Comme disait ce même Finkerkraut (il est pas con ce mec), les gens ont tendance aujourd’hui à vouloir que des avantages en s’indignant profondément qu’on leur impose quelques inconvénients: les parents veulent plus d’autorité à l’école mais ne veulent pas le faire chez eux, les gens veulent plus de rigueur morale et d’intégrité pour les autres mais pas pour
eux (« ouiii je suis pouuuur , il faut absolument sauver la planèèète!….hein? ah nan, je trie pas mes déchets, j’ai pas la place de mettre deux poubelles chez moi »)
Et ce zapping, cette apothéose du superficiel se constate aussi bien sûr dans tout ce qui est « site de rencontres », où on fait littérallement son marché de viande humaine, on trie, on classe, on sélectionne et on zappe en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.
Bref, tout ça pour dire que la technologie, ok c’est bien, c’est pratique, mais faudrait voir à pas oublier au passage cette chose molle et circonvolutionnée qui flotte béatement dans notre boite cranienne, que je trouve que ce principe de perpétuel zapping a tendance à scléroser sévère. En gros, trop de choix tue le choix, et surtout la réflexion et le cheminement intérieur qui mène au choix.Et  des fois, il faut bien l’avouer, ça me fout limite la nausée, pour ne pas dire la gerbe. Sic transit gloria mundi…..burps.
Rendez-vous sur Hellocoton !