Avance rapide

C’est lundi et comme tous les lundis, je souffle. Je souffle en pensant que c’est parti pour cinq jours. Je souffle en pensant à ma to do list de la semaine. Je souffle en me disant que je n’ai aucune surprise à attendre de cette semaine. Parfois une petite soirée en phare dans la nuit et encore… parfois, j’ai la flemme. C’est officiel : je suis dans le spleen de novembre et parfois, j’aimerais faire une petite avance rapide sur ma vie.

Spleen automnal

Je suis souvent insupportable. Pressée de vivre des trucs cools. La routine m’ennuie au possible. Me lever sans perspective d’un truc un peu cool (un ciné, un verre entre gens de bonne compagnie, peu importe) me donne juste envie de rester roulée en boule sous la couette, collée au corps chaud de mon cher et tendre. Cinq jours avant le week-end. 26 jours ouvrés avant Noël. Heureusement ce week-end, petite escapade chez mes parents et début décembre, petit tour à Bruxelles. S’accrocher à ces petites parenthèses, ces bulles d’oxygène ++ en attendant le regain. Déjà les week-ends sont accueillis comme le Messie mais deux jours pour tenter de faire autre chose, s’extirper du métro-boulot-dodo, c’est si court…

Un couple heureux enlassé sur un canapé avec un chat

C’est en général dans ses périodes là que je tombe dans le “à quoi bon ?”. Je suis une fille à projets, moi. Des projets de romans, de blogs, de loisirs créatifs. Je veux me mettre au tricot, à la couture, au paper art, écrire, colorier, tenter le montage vidéo, m’engager, lire aussi. Me cultiver, apprendre, savoir. Je veux, je veux. Et faire du sport parce qu’un corps sain booste les neurones fatigués. Mais voilà, la fatigue, justement. Le soir, après une journée à faire ce qu’on peut pendant 8h (au moins…) avec juste une pause entre midi et deux pour se souvenir qu’on peut rigoler aussi, 1h de trajet avant, 1h de trajet après, mon cerveau ne veut pas, ne veut plus. Une série ou des vidéos Youtube qui “prennent pas la tête” ou vulgarisent comme il faut pour que je puisse avoir ma petite dose de savoir sans trop mobiliser ma matière grise. Je n’allume pas mon pc, je n’ai plus touché mon journal intime depuis avril (alors qu’il s’en est passé des choses depuis genre j’ai changé de taf et compris qu’en fait, c’était le travail que je n’aimais pas et pas les gens autour… Même si certains, je vis mieux sans qu’avec, c’est vrai), même mon coloriage avance peu voire pas. Non le soir, je furète entre Twitter lire des mots qui m’indiffèrent de plus en plus, et Instagram avec des gens qui feignent des vies parfaites et tripotent du slime (je suis allée tellement loin sur Instagram que j’ai fini par tomber sur une vidéo tirée d’un film X ou érotique japonais… je fus perplexe). Je découvre certes de jolis endroits mais les photos ne sont-elles pas trop retouchées ? Ce lieu existe-t-il vraiment ?

Décor fantasmé

Je sais qu’en ce moment, il n’est pas prévu qu’il arrive un truc cool. J’ai commencé l’année en cherchant un nouveau taf, je l’ai trouvé. Je ne cherche pas à faire d’enfants, je n’attends pas une demande en mariage (“je n’attends pas” dans le genre le mariage ne me parle pas du tout donc je suis pas sûre que ça me ferait plaisir), on ne cherche pas encore notre appart à acheter (ce sera l’an prochain). Alors évidemment, je mise un peu sur les événements heureux de mes copains et copines, on a un mariage et un bébé en approche, peut-être un changement de vie… Mais à part ça, le calme plat.

Eaux calmes à Hambourg

Oui, il est vrai que parfois, le calme plat, ça fait du bien aussi surtout que l’année fut intense et c’est peut-être pour ça que je suis un peu fatiguée, aussi. Sans doute devrais-je rester “recroquevillée sur le bord de la vie et j’attends qu’elle passe”, comme dit Anna Gavalda dans La vie en mieux. Et quand j’ai débuté cet article y a une semaine, j’étais un peu résignée à ça, à attendre que ça passe…

Avance rapide

Mais depuis, j’ai pété un câble et je repars en recherche d’un nouvel emploi, en espérant ne pas tomber sur un.e N+1 toxique parce que je commence à avoir une jolie collection et je commence à être un peu lassée, là. Je vous raconte semaine prochaine.

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10 ans

28 mars 2005, je traîne ma petite valise sur le trottoir minuscule d’un quartier résidentiel de Plume-sur-Berges, un McDo à la main, me rendant gaiement dans le super appart vide de ma soeur (elle partageait avec une amie l’étage d’une maison, canon). Le lendemain, j’allais démarrer un stage de journalisme à Paris city. Je ne pensais pas forcément moisir ici… 10 ans plus tard, je vis toujours à Plume sur Berges mais que d’aventures depuis.

10-ans

Photo piquée à Je suis cette fille (http://www.jesuiscettefille.com/)

 

C’est étrange de se dire que je vis depuis 10 ans ici, moi, la Toulousaine (je n’ai vécu “que” 7 ans à Toulouse). J’ai rencontré des tas de gens, connu quelques histoires de coeur, beaucoup d’histoire de cul, ri beaucoup, pleuré parfois, eu envie de distribuer quelques bonnes baffes. Je suis arrivée avec des rêves de journalisme, je suis aujourd’hui consultante marketing genre “head of social strategy” (faut que je l’écrive comme ça sur mon CV tiens). Je pensais enfin pouvoir écrire vu que j’avais fini mes études. J’ai ouvert un blog et pondu plus d’un millier d’articles, anéfé (on approche même des 2500) mais je n’ai plus terminé un seul roman. Je me suis fait des amis grâce à ce blog, pris des claques que je n’aurais jamais pris autrement (le courage de l’anonymat allié à la protection de l’écran), découvert que mon amitié pouvait être utilisée comme marchepied pour certain-e-s parce qu’à un moment, j’avais pleiiiiin de lecteurs. Puis j’ai trouvé du boulot et oublié un peu de travailler sérieusement mon blog et aujourd’hui, j’ai plein de lecteurs en moins mais on s’en fout. J’en parlerai pour les 10 ans du blog, tiens (ben oui, forcément).

10-ans

J’avais peur de vivre à Paris puis j’ai trouvé ça géniaaaaaal. La petite provinciale qui monte à la capitale, quelle success story. Ok, j’ai été au chômage pendant 1 an et demi (avec quelques missions de ci de là) mais j’étais Parisienne, moi, monsieur. Faussement snob, j’allais parfois savourer mon thé ou mon chocolat au Café de Flore ou aux 2 magots en mode Simone de Beauvoir, tu sais. Je me réjouissais des pique-niques sur les bords de Seine, des bars ouverts toute la nuit, de me la jouer Sex and the City en sirotant un petit Cosmopolitan au Qong, le resto designé par Starck, rien que ça. J’ai remué mon cul au Batofar, au Cab ou au Showcase, j’avais des soirées boulot au Carmen Café. Je me suis rendue chez une journaliste que je regardais à la télé plus jeune,  Yves Calvi est venu poser sa pêche dans nos toilettes du boulot, j’allais à la même cantine que Faustine Bollaert (qui était très souriante, autant le dire), j’ai appris à une dame de la télé comment on fait son blog, j’ai assisté à des avant-premières, rencontré Amélie Nothomb (enfin, en dédicace) croisé des “stars”.

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Et puis je me suis mise à en avoir marre de Paris. Marre du monde, de la foule, de devoir se battre pour tout, pour rien, ne plus aller aux expos parce qu’en semaine, je bosse et le week-end, je dors. Tout est cher, tout est surfait. Tu trouves une cantine sympa, ça devient vite moisi, tu n’as que rarement l’effet “bons clients” (mais ok, ça existe encore). Tu cours, tu cours, tu deviens infect et insupportable. Tu cours après le métro parce que tu es à la bourre pour une “régularisation de trafic” qui te laisse poireauter dans un tunnel sombre entre 2 stations. Tu cours et il t’arrive des bricoles, tu te troues la jambe ou tu te casses un bout de pied.

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Depuis que je vis à Paris, il y a plein de choses que je ne fais plus car tout est loin, tout est galère. J’ai renoncé totalement aux loisirs créatifs car le magasin le plus proche de moi est à 30 mn (il vient d’ouvrir), je commande tout car j’ai plus de voiture et c’est vite galère de transporter des éléments un peu lourds dans le métro ou le train, je commande mes fringues parce que faire les courses un samedi à Paris, c’est la mort. Je suis fatiguée de tout payer 3 fois plus cher juste parce que c’est Paris et je trouve merveilleux de payer un cocktail à 7 €. J’en ai marre de la pollution qui pue, de devoir m’entasser au moindre rayon de soleil sur un misérable mètre carré de pelouse avec les groupes avoisinants qui nous imposent leur musique merdique, leur bouffe qui pue et leurs conversations navrantes (et rassurez-vous, ils pensent la même chose de nous. Alors que s’il le faut, dans un autre contexte, on se serait adorés).

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Rentrer alors en province ? Oui j’y pense. Mais pas tout de suite. Parce que j’ai conscience qu’être “head of social strategy” à Toulouse City, c’est pas si simple et que je suis en pleine réflexion pour trouver ma prochaine carrière (sachant que là, j’hésite entre instit, masseuse shiatsu et infographiste… On est clairement dans le grand n’importe quoi). Et puis à Paris, y a quand même mes amis, mon amoureux, ma soeur (mais elle va rentrer dans 2 ou 3 ans normalement… Oui, le même délai que moi. Coïncidence ? Je ne crois pas !) et des aéroports qui me permettent d’aller où je veux.

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Il y a 10 ans, je disais “la ligne TGV Toulouse-Paris en 2016 ? Ahah, je m’en fous, j’y serai plus, à Paris !”. Et bien, en 2016, je serai encore certainement à Paris mais on n’aura toujours pas le TGV.

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Arme de séduction massive

Amis lecteurs, c’est la rentrée et nombre d’entre nous sont célibataires, soit que leurs amours de vacances soient terminées, soit que leur couple n’ait pas survécu à l’été. Je sais pas vous mais j’ai entendu parler d’un nombre de rupture pas possible durant les deux derniers mois, c’est incroyable. Donc,c’est la rentrée et on peut repartir sur de bonnes bases pour trouver une moitié qui nous réchauffera cet hiver.

 

Alors pour séduire, il faut être séduisant(e), jusque là, tout va bien, je pense que tout le monde suit. Seulement voilà, qu’est-ce qu’être séduisant ? On le sait, la beauté est une donnée subjective. Y a des gens qui trouvent George Clooney ou Angelina Jolie moches, par exemple, si, si. Moi, je ne comprends pas ce qu’on trouve à Scarlett Johansson, par exemple, et Daniel Craig ne me fait pas rêver, mêmes tous pectoraux et abdos dehors. Inutile d’en débattre, c’est indébattable, je dirais. Donc me voici devant mon miroir et force est de constater que je ne peux plaire à tout le monde vu qu’Angelina elle-même n’y arrive pas. Alors quoi ? Je me contente d’espérer que l’homme sur lequel je vais jeter mon dévolu aura l’amabilité de me rendre la politesse ? Non mais et puis quoi encore ? Il faut comprendre que la séduction est un mélange subtil de tas de qualités et en premier lieu, la confiance en soi.


Question : qu’est-ce qui fait craquer un garçon ou une fille ? Réponse : rien de précis. Merci d’avoir posé la question. Ceci étant, constatons ensemble qu’il existe un ingrédient indispensable qui fait toute la différence : la confiance en soi. Comme je l’ai dit 4 lignes plus haut. Un personne qui ne doute pas de sa séduction saura nous convaincre que, oui, elle est séduisante, intéressante et que, tiens, on la prendrait bien pour nous réchauffer cet hiver. Si je regarde dans le catalogue de mes conquêtes, il y a eu des beaux, des moins beaux, des intelligents, des moins intelligents… Et aussi des « à première vue, je n’étais pas du tout attirée mais y a eu le truc ». Le pouvoir de la confiance en soi. L’idée est la suivante : je suis persuadée que je suis une partenaire idéale et que j’ai toutes les qualités pour rendre un homme heureux. Donc si je le pense, il sera facile de convaincre l’autre que c’est également le cas. De plus, quand je me sens irresistibeul, comme dirait Liv Tyler, ça se sent, ça se voit, je marche la tête bien haute, la démarche sûre et féline. Je suis au top de moi-même.

Evidemment, il ne faut pas tomber dans le travers inverse. Quelqu’un de trop sûr de soi, c’est insupportable. Imaginons qu’une personne vienne vous draguer version « de toute façon, tu ne peux pas me résister, personne ne le peux. ». Ben, dans un espèce d’esprit de contradiction, je vais forcément lui répondre que, si, quelqu’un peut lui résister et coucou, c’est moi ! Non mais ce n’est pas parce que le mec a confiance en lui que, moi, j’en ai perdu mon libre arbitre. Etre sûr de soi, c’est bien et en grandissant (hum), je me rends compte que la modestie ne sert finalement pas toujours, tout dépend du  domaine. Par exemple, pour le boulot, la modestie, on l’oublie. Mais ce serait bien que l’autre ait le temps de découvrir nos qualités sans qu’on lui en fasse une liste exhaustive. En plus, trop vendre le produit risque de faire des déçu(e)s. Par exemple, se vanter d’être le mec le plus romantique du monde et ne pas faire le moindre effort une fois la fille conquise, c’est prendre le risque que l’oiseau s’en vole trèèèèèèèèès rapidement.


Mais il n’en reste pas moins que si on ne se sent pas désirable, on ne sera pas désirés. Il ne faut pas attendre que l’autre nous rassure sur notre pouvoir de séduction, c’est pas dans cet ordre là que ça marche. On ne sort pas avec quelqu’un pour se rassurer sur notre séduction mais parce que lui n’a aucun doute sur le sujet. Alors profitons de la rentrée pour travailler la confiance en nous. Faisons du sport, cultivons-nous, allons chez le coiffeur ou je ne sais quoi mais pour se trouver une moitié, faut travailler.

 

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Petit papa Noël, quand tu descendras du ciel…

Cher Père Noël,

Contrairement à la dernière fois, je t’écris avant Noël histoire de pas attendre mon cadeau trop longtemps. Que veux-je cette année ? Un boulot ? J’ai déjà. Alors un mec pour aller avec ma nouvelle vie de businesswoman. La dernière lettre que je t’avais écrite marche toujours, je te la renvoie de suite, inspire t’en. Tu m’avais trouvé un mec vraiment top mais comme j’ai un peu omis de préciser que je voulais le garder, tu m’en as livré un périssable. Ca m’apprendra, tiens.

Alors à ma lettre première, voici ce que je rajoute :
– je veux le garder mon homme parfait
– il doit être fidèle
– attentionné
– habiter en Ile de France.

Pourquoi tu devrais exaucer mon vœu ? D’abord parce que t’es le père noël et c’est ta mission. Mais surtout, cette année, j’ai été sage quand même. Bon d’accord, j’ai fricoté avec quelques hommes mais pas plus que l’an dernier et y en a même deux ou trois que j’aurais bien aimé garder. Bon et puis surtout, voyons les aspects positifs de ma vie 2007 :

– j’ai trouvé du boulot et même deux fois, 2 CDI, même. Ca mérite récompense.

– j’ai été très sage dans mes soirées, aucune cuite sérieuse (à peine un peu grisée mais aucune gueule de bois au compteur), je n’ai dormi dans aucune toilette, léché aucune vitrine. J’ai été très sage, quoi. Pourtant, je suis quand même beaucoup sortie, comme quoi…

Donc voilà, moi, je dis que ça mérite un beau cadeau. Alors bon, je sais que je l’aurai pas à Noël pile pile, je saurai être un peu patiente. Mais assure quoi, Père Noël. Après tout, tu as été jeune toi aussi, souviens toi ce que c’était la vie sans mère Noël, mmmm ? Bon, ok, ma vie sans M. Nina n’est pas insupportable, loin de là. Mais là, j’ai très froid et une présence dans le lit, ça me ferait chaud à mon petit cœur. Et à mon petit corps surtout parce que c’est surtout lui qui a froid.

Alors voilà, n’oublie pas mes petits souliers !
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Misanthropie

Par Lucas

« Parfait Monsieur Lucas, merci de votre appel, à mon tour laissez moi me présenter je suis Marie Belanger et je vais traiter votre demande ».

A peu de chose près, voila la phrase stéréotypée à laquelle j’ai droit à chaque fois que j’appelle ma hotline chez SFR. Lu comme ça, vite fait, cela peut paraître courtois et cordial, simple et efficace. Mais dans la vraie vie c’est aussi gerbant que deux doigts au fond de la gorge. La raison ? Oh, c’est très simple. Même à la première écoute, cette phrase pue la récitation. : un discours appris par cœur ou lu sur une fiche. Franchement, si on ne fait pas attention, ça passe comme une grève à la Poste. On nous recrache un texte préparé, formaté, étudié pour être sobre et bien élevé. Tout est policé, il n’y a pas un mot plus haut que l’autre, rien ne vient agresser l’oreille du client. Tout concourt au final à lui faire reconnaître qu’il a été bien servi « J’ai bien répondu à vos attentes Monsieur Lucas ? »

Je trouve ça insupportable.

Attention, je ne vous parle pas de la recherche de l’efficacité commerciale… Je vous parle du mode de communication pure. Il n’y a plus aucune humanité ! A vouloir donner une image proprette de l’entreprise, à vouloir régenter la relation client, le service communication d’SFR se fait le complice d’une soviétisation des esprits ! A croire qu’après avoir pratiqué des tarifs indécents, SFR continue à nous prendre pour des cons, cette fois-ci avec les employés de sa hotline ! D’abord en donnant à ces salariés marocains, localisés à Casablanca, des noms français « bien de chez nous ». Marie, Julien, etc (histoire de ne pas choquer les racistes bon teint). Et ensuite avec ce carcan sucré qui encadre le discours. Comme si personne ne se doutait que cette façon de parler est totalement artificielle ! Je crois que cela m’énerve autant que ma propre passivité. En restant nous même silencieux face à cette cosmetisation des discours, nous nous rendons nous aussi complice d’un maquillage des relations sociales !! Comme si le monde n’était pas déjà suffisamment hypocrite !

 

Je trouve cette réalité symptomatique de notre époque et j’en viens à me poser à des questions sur moi. Petite pause égocentrique, certes, mais vraiment je reste perplexe… Suis-je un Bisounours égaré chez les Monstroplantes ? J’ai l’impression de m’insurger contre des trucs que tout le monde trouve normal ! D’ailleurs le monde ne se gêne pas pour se foutre allègrement de ma gueule ! (Mais je vous aime quand même les gens !)

J’ai le sentiment qu’aujourd’hui, dire les choses telles qu’elles sont relève de l’acte terroriste. Comme si la société acceptait encore moins qu’auparavant de voir les choses qui fâchent. Franchement, n’y a-t-il pas une lâcheté écœurante dans la promotion implicite de cet état d’esprit, dans notre active inertie ? 

Un autre exemple.

Certains lecteurs n’ont peut-être pas encore eu la malchance de prendre un jour le metro parisien et d’entendre la phrase suivante :

‘En raison d’un incident grave de voyageur, aucun train ne circule entre Dupleix et Passy.

Pour ceux qui ne le savent pas, cette phrase anodine, presque banale, est une périphrase qui déguise tout simplement… un suicide. Un homme, une femme, quelques stations en amont, qui a décidé de se jeter sous une rame et mettre un terme à son existence. Toute la détresse humaine en un seul geste. Une détresse que la RATP réduit à un incident. De voyageur. Attention, ce n’est pas la faute de la RATP c’est un incident de voyageur. Oh bah ça alors c’est vraiment pas sympa d’être venu entraver le bon fonctionnement de la RATP. Zut alors, c’est pas civique pour deux sous, ça alors. Méchant voyageur. On a pas idée de faire un incident comme ça.. Surtout sur une ligne aussi bourgeoise, non mais vraiment quoi, certaines personnes n »ont aucun sens des realités.

Observons la réaction des personnes dans le wagon.

Une fois, l’annonce faite, la plupart des voyageurs vont râler, sans avoir une seconde de commisération, une seconde de réflexion sur les raisons qui peuvent pousser un homme à mettre fin à ses jours de manière aussi tragique. Quand j’observe ça, je me dis que le maquillage des discours est le meilleur allié de l’égoïsme. (oui j’adore les poncifs pompeux)

Aujourd’hui en France un suicide est un incident.c’est à dire « un événement qui entraîne ou peut entraîner un accident ». Entre notre suicidé et une machine défectueuse, il n’y a aucune différence. Merci la Rateupeu.

Alors bien sûr on va me dire… Il ne faut pas émouvoir, il ne faut pas en parler. Pourquoi ? Parce que des gens pourraient être choqués et ne plus prendre le metro ? Parce que des gamins pourraient être traumatisés ? Parce que cela pourrait donner des envies à d’autres personnes ? Dans ce cas là, autant interdire la diffusion quotidienne du JT de TF1 !!! Faut-il donc, sous couvert de sécurité publique, se laisser aller à une stérilité des propos ? Faut-il donc laisser certains mots déchirer leur sens, les laisser creuser leur tombe ? Merde quoi, on est pas encore dans le Meilleur des Mondes, bordel !!!

Bon…

 J’arrête de vous saouler avec ça et je m’en vais cuisiner pour mes colocs. Non vraiment, promis, j’arrete de faire mon ronchon. Mais je pose tout de même une dernière question : jusqu’où va-t-on pousser le stade du cosmétique et du blisss ?

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Faut-il être chieuse pour avoir (et garder) un homme ?

Dimanche après-midi, deux membres éminents de la cellule « tous des connards » se réunissent dans un salon de thé parisien. Là, ça taille des costards sévère (bon, je
vous rassure, certains d’entre vous ont été épargnés, ils se reconnaîtront), je pense que Tatiana et moi avons dû passer pour les aigries de service. Dommage, y avait un brun qui avait l’air mignon au fond de la salle. Enfin, sans mes lunettes, avec ma vue de myope, il avait l’air mignon.

Après le couplet « non mais quels connards ! », on enchaîne sur « mais qu’a-t-on fait pour mériter ça ? ». Non parce qu’objectivement, nous ne sommes pas des nanas chiantes. Je laisse Tatiana se présenter de ce point de vue en comm. Pour ma part, je suis assez indépendante donc hors de question de voir le mec tous les jours, de l’appeler 10 fois par jour ou autre. De toute façon, j’aime pas le téléphone. Je m’adapte au planning de monsieur (ce qui n’est pas toujours une mince affaire), je fais pas une scène quand il est pas dispo, je comprends quand ça va pas et j’insiste pas. Et si c’était là, l’erreur ? De pas faire chier, justement ?

Pendant 4 ans et demi, j’ai vécu une liaison sans nuages avec Guillaume 1er et pour moi, la réussite de ce couple tenait au fait qu’on pouvait sortir l’un sans l’autre. Il aimait les jeux de rôles, moi non, j’allais pas l’empêcher d’en faire non plus. Il avait le droit de sortir sans me rendre des comptes et tout allait pour le mieux. Donc j’ai pris l’habitude de pas être chieuse avec les mecs, de pas leur faire de scènes quand ils peuvent pas me voir. Même les ruptures, je fais pas chier. La dernière en date, je voulais vraiment pas qu’on se sépare mais les circonstances étaient particulières (je peux pas les expliquer parce que c’est sa vie et voilà) mais j’ai compris que ça servait à rien de s’obstiner, je n’arriverai pas à
changer la donne. Donc je ne joue pas la chieuse, je pleure dans mon coin et je me résigne.

Alors voilà, constat : à force d’être trop gentille, les mecs en abusent. Y a qu’à voir ma dernière « histoire » en date. A coup de « oui, je comprends », je me suis pris trois lapins dans la tronche en un mois. Bien fait pour moi ? Ben, oui, sans doute. J’aurais été plus ferme dès le départ, les choses auraient été claires. Soit on se serait vus de suite, soit jamais et ça aurait évité la déception et la vexation. Et puis ça évite de s’attacher aussi, tout le monde aurait gagné du temps. D’où notre conclusion : « on n’est pas assez chieuses ».

Partons du constat que les mecs cherchent tous une nana qui peut potentiellement les prendre en main. Ok, c’est un odieux cliché, je le concède. Mais si les nanas préfèrent les
connards, les mecs ne préfèrent-ils pas les chieuses ? Bon, sans en faire trop, je pense qu’une fille qui fouille dans le portable de son mec pour lire ses textos ou autre, ça, c’est
insupportable. De toute façon, je pourrai jamais faire ça, il faut aussi faire confiance sinon, on avance pas. Non, quand je dis qu’il faut être chieuse, je parle de s’imposer. On devait se
voir et tu me sors une excuse ? Ben non, je comprends pas. On avait dit qu’on devait se voir, on se voit, point. Sinon, je prends mon téléphone et je l’agonis d’insulte. Non mais c’est vrai, quoi : se faire marcher sur les pieds, ça ne sert à rien alors autant voir l’inverse ce que ça donne.

Le problème, c’est que c’est pas dans ma nature. Je n’aime pas le conflit, je n’aime pas me prendre la tête surtout que quand ça devient violent, je me mets soit à être très méchante, soit à pleurer. Donc c’est pas terrible comme stratégie, on dit d’être chieuse, pas hystérique. Mais si on mate un peu les mecs, ils vont filer droit non ? Sans jouer les
maîtresses SM, un peu d’autorité ne leur feront pas de mal. Voire même, ça les reposera, ils seront contents d’avoir une deuxième « maman » à domicile. Plus de décisions à prendre,
c’est madame qui décide. On se voit quand ? Je peux sortir avec mes potes ? Non, bon, tant pis.

Bon, le problème, c’est que c’est pas naturel, chez moi. J’agis selon le principe du « ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse. » Je ne supporterais pas qu’un mec soit chieur. Bon, moi, j’honore toujours mes rendez-vous, quand on me dit « tel endroit, telle heure », j’y suis et même à l’heure, en plus. Mais bon, j’aime bien ma petite indépendance, de pouvoir faire ce que je veux quand je veux sans rendre des comptes. Non parce qu’il faut se rendre compte que si je sors aujourd’hui avec un mec, j’ai vécu 26 ans sans lui, je me suis constitué un réseau de relations et je vais pas couper les ponts du jour au lendemain parce que monsieur m’impose son agenda. Et puis quoi encore ? Donc, comment puis-je
décemment être chieuse alors que je supporterais pas que monsieur le soit ? Non parce que parti comme ça, ça deviendrait du « on sort jamais l’un sans l’autre » et je devrais
systématiquement voir ses copains, y compris ceux que je ne supporte pas.

Enfin, depuis quand faire preuve de souplesse est un défaut ? Si un mec a un empêchement, je vais pas foutre une bombe chez lui (bon, c’est sûr que pour le coup, il viendra
plus à mes rencards après). Le problème, c’est que quand on donne la main, les messieurs prennent le bras. « Bon, elle s’est pas offusquée la première fois, elle dira rien cette fois-ci
encore ». Ben, si, je dis ! Parce que ma gentillesse et ma souplesse n’est pas synonyme de manque total d’ego. Un mec qui annule systématiquement, c’est hyper vexant. Dans le genre « je me sens une toute petite merde », on fait difficilement mieux. Alors que si j’avais dit de suite : « ramène tes fesses, je veux pas savoir ! » ben peut-être que ça aurait marché. L’histoire ne le dira pas. Mais bon, note pour moi-même : la prochaine fois, ne pas se laisser marcher sur les pieds, ça évitera les lapins.

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Régression et fin des haricots

Par Gauthier
J’ai pas mal de choses à raconter, le syndrome sunset beach s’est définitivement emparé de moi ! Que dire de mes week-ends de cette fin d’août ? Ben je régresse…
Chaque article est l’occasion de faire une rapide présentation d’une des facettes de ma vie. Cette fois-ci je vous propose deux aspect des plus intéressants : l’amour et l’alcool.
 
Commençons par l’alcool. Je ne suis pas alcoolique, je le serais si je buvais tout le temps, il se trouve qu’entre deux verres, je ne bois pas, donc tout va bien ! Non ? Ah bon… zut alors ! Ok je bois beaucoup trop, mais uniquement le week-end, et entre amis en boîte de préférence. À tel point que quand je dois aller en boîte sobre je m’ennuie et me barre au bout de 15 minutes. Ces deux dernières sorties, je me suis mis particulièrement minable encore. L’alcool a une faculté extraordinaire à me faire devenir complètement con, gentil, mais con, et surtout insupportable pour toute personne sobre non avertie. Heureusement pour moi mes amis sont dans les mêmes états que moi à chaque fois. Sinon je n’aurais plus d’amis. Selon l’humeur du moment j’oscille entre « je t’aime tellement que je te donne un rein si tu en as besoin » à « je t’aime tellement que j’aimerai te faire un enfant » ou plus grave encore « je t’aime tellement que jamais je te demanderai de me faire un enfant », et tout ce genre de vérités éthyliquement fatigantes de fin de soirée à la philosophie douteuse (eh mais quand suis saoul c’est vachement clair pour moi ! sisisisisi j’vous jure !!!!).
Comme en ce moment je suis à un carrefour de ma vie, que je bosse beaucoup en semaine et que je suis plutôt préoccupé par ma vie, mes cuites sont anthologiques. Faut dire que j’ai de l’entraînement, 5 ans à sortir tous les soirs et à claquer l’équivalent d’un SMIC en boissons, ça forge un foie !!!!!! Donc qu’il y a-t-il de nouveau me demanderez vous à juste titre ? Ben je régresse, oui complètement. Ça fait deux week-end qu’en fin de soirée, j’ai royalement 12/13 ans. Et ça donne des situations des plus comiques pour les spectateurs heureux de mes égarements.
Je ne peux pas trop expliquer donc je vais donner un exemple :
– Salut, je m’appelle Gauthier, je suis complètement saoul, et quand je suis saoul, je suis chiant, mais je suis gentiiiiiiiiiil, toi c’est comment ?
–  Ben moi c’est Hector (je rappelle que c’est un exemple je ne connais pas d’Hector lol)
–  Dis tu veux pas que je t’embrasse ? on t’a déjà dis que tu étais très mignon ? tu es trop mignon en fait, j’ai envie de t’embrasser et de te faire l’amour sur le bar maintenant…
– …
Là deux solutions : il t’embrasse ou il fuit ! Ben dans 80% des cas, ça marche !!!!! Et je galoche une pauvre victime, qui en général profite de la première opportunité pour se sauver, ou alors je change de cible et c’est reparti…
À deux reprises j’ai complètement concrétisé grâce à cette technique (mais si je vous dis que ça marche !!!) et quand je me remets de mes vapeurs alcooliques le lendemain et que je me souviens de ce que j’ai fait, je ne peux pas rappeler ce garçon. À supposer que j’aie son tel. Imaginez donc, un mec comme ça moi je le méprise au plus haut point… Logique non ? Je suis vache ? Non pas du tout, vas-y toi drague quelqu’un comme ça couche avec et rappelle-moi pour me dire que tu l’épouses et là je me fais interner promis !!!!!
 
Parlons maintenant de l’amour. Depuis le début de l’été j’ai officiellement un petit ami. Si c’est vrai, bon ok c’est pas des cornes qu’il a, ce sont des baobabs, mais bon il m’a dit « tu n’embrasses personne, tu ne suces personne, tu ne touches personne, tu ne regardes personne… Quand je suis là, et si je suis pas là arrange toi pour que je ne sache rien ! » ben moi j’ai pris ça pour autorisation de tromper en bonne et due forme, lu et approuvée en bas de page, toc on en parle plus !
Mais c’est pas si simple, il sort autant que moi, il connaît beaucoup de monde, et moi je veux pas le rendre malheureux, et puis je suis bien avec lui, même s’il est un peu décalé. D’ailleurs j’en ai déjà parlé c’est le garçon qui me ne donnait pas de nouvelles et que j’avais décidé de larguer la semaine où je suis parti en Andorre, et quand je suis rentré, on a eu une discussion et l’on a décidé de se donner une chance (et c’est moi qui réclamais qu’on se la donne cette chance).
Mais comme tous les jouets une fois qu’on a fait ce qu’on a voulu avec, on se lasse, et là je me lasse. Dans 15 jours, je vivrai à Paris normalement, ce qui m’éloigne suffisamment de lui pour éviter toute idée de relation stable et durable, j’ai donc décidé de façon unilatérale d‘en profiter tant que j’étais avec lui dans ma belle ville du Sud, et une fois à la capitale je lui dirais qqch comme ça « tu sais la distance c’est pas simple, il vaut mieux ne pas se faire de mal on arrête tout » bref j’ai déjà le discours. Et puis le fait de le tromper me déculpabilise sur le fait que je peux peut-être mettre en l’air quelque chose de sympa avec quelqu’un de bien.
Mais le monsieur est plein de ressources, il a décidé (lui aussi de façon unilatérale) de devenir steward, on en discute et il me dit « je serai obligé de vivre à Paris » BAM !!!!!!!!!
Et je fais quoi moi maintenant ? Je vous le demande… il a mis bien 1h à me dire ça, il tournait autour du pot, je ne comprenais pas où il voulais en venir, il passait par des « tu sais j’ai bien réfléchis » et des « toi tu en penses quoi ? » et moi je voyais pas du tout pourquoi il me demandait mon avis sur son avenir professionnel, après tout on se connaît que depuis deux mois, et c’est pas parce qu’on couche ensemble que je compte plus que ça ? Ben du coup je me retrouve avec un petit copain jaloux et qui va me suivre dans mon déménagement ! Si Dieu existe, il va me faire regretter d’avoir pleurer sur mon célibat un jour (et en plus ce jour-là je m’en souviens, j’étais sobre, la honte !).
De toute façon je suis désabusé, aigri et anti-couple à un tel point que je me persuade que c’est bien d’avoir quelqu’un (si un jour tu en arrives là sache que tu finiras ta vie tout seul !!!).
 
Bon pour finir sur une note comique je vais me projeter dans mon prochain week-end. Mon petit ami un brin possessif sera en boîte, dans les boîtes où je traîne, avec ses amis, pour fêter ses 26 ans (25 pour le reste du monde, mais 26 pour l’état civil, ça lui fait plaisir faut pas le contrarier…). Et moi je dois boire vu que j’ai deux anniversaires et une soirée apocalypse avec Océane au programme. A ceci tu rajoutes tous les garçons que j’ai galoché pendant l’été qui seront certainement en boite, et LE garçon du week-end passé à qui j’ai promis de passer le samedi avec lui, parce que pour lui on sort aussi ensemble et tu obtiens : moi en position fœtus sur mon lit « me suicide me suicide pas ? ». oui parce que je suis pas doué, j’assume mal ce genre de situations. Imagine, je décide de pas revoir le second et je vais en boîte avec mon « vrai » petit amis, et à je tombe dessus, je lui dis quoi ? je fais quoi ? s’il me fait une scène l’autre il va comprendre… Il est con mais y a des limites… Sinon je leur donne rendez-vous dans deux boites différentes et je jongle entre les deux, mais je vais tellement boire que je ne me sens pas d’assurer sur les deux plans, et puis ce n’est que reporter le problème au week-end suivant !!!
 
Moi je dis : vivement que je change de ville, à supposer que mon mec soit refusé à Air France, mais je l’aime bien alors je ne peux pas lui souhaiter ça… En fait je suis un salaud lâche au cœur tendre qui ne se sortira pas indemne de cette merde…
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