L’autre moitié du soleil de Chimamanda Ngozi Adichie

Ce que j’aime bien dans la vie, ce sont les livres qui viennent à moi, des livres que je n’aurais peut-être pas choisi de moi-même. L’autre moitié du soleil a atterri dans ma main un mardi midi, offert par Amy juste avant le cours de yoga. Mon cadeau d’anniversaire “moi, ce livre, il m’a bouleversée”. Bon, ben voyons ça.

L'autre moitié du soleil de Chimamanda Ngozi Adichie

Ce roman raconte donc les destins croisés de plusieurs personnes lors de l’indépendance du Nigeria puis la sécession du Biafra en 66. Nos héros sont Igbos (Ibos dans le roman, je ne sais pas trop pourquoi cet orthographe), une ethnie décrite par Kurt Vonnegut comme plus éduqués que les autres du Nigeria et donc détestées en partie pour ça, beaucoup d’Igbos enseignent par exemple dans le supérieur. Nous suivons donc l’histoire d’Olanna et Kainene, deux soeurs jumelles, de leurs compagnons et même boy dans ce Nigeria fraîchement indépendant qui va rapidement déraper dans la violence donc les Igbos seront les premières victimes. Les Igbos déclareront donc leur indépendance et créeront l’Etat du Biafra… une sécession réprimée dans le sang.

L'autre moitié du soleil, film

L’autre moitié du soleil, ce n’est cependant pas qu’un roman historique, c’est plus que cela. A travers l’histoire sanglante du Nigéria et du Biafra, on suit les atermoiements de nos héros principaux, leurs amours, leurs doutes, leurs crises… ce qui nous rappelle qu’au-delà de la guerre relatée dans les livres d’histoire, il y a la vie quotidienne, la résilience, ce côté presque insouciant alors que la mort est aux portes… et la mort, le roman ne nous l’épargnera pas… La guerre dans toute son horreur, avec ses moments de vie quotidienne mais aussi le sang, la violence. On s’attache aux personnages et soudain, on a peur pour eux, on les voit fuir leur belle maison et perdre peu à peu tout ce qui leur appartenait, ils sombrent peu à peu tout en espérant la victoire finale du Biafra, en rêvant à des lendemains meilleurs.

L'autre moitié du soleil, film

Bref, ce n’est pas un roman léger de bord de plage mais pour une première découverte de la littérature africaine (hormis Senghor mais la comparaison est compliquée), c’est une réussite totale, je n’ai pas lâché le roman. Et j’ai appris beaucoup sur l’histoire douloureuse du Biafra… tout en fait car je l’avoue sans mentir : je ne connais pour ainsi dire rien à l’histoire africaine et il serait temps que je me penche sur la question. Donc oui, ce n’est pas un roman léger mais c’est un roman à lire impérativement si vous avez envie de vous intéresser au sujet, en préambule. Ca m’a un peu fait penser à Victoria Hislop et ses romans historiques mais en mieux : parce qu’il n’y a pas d’histoire sans importance dans le temps présent et surtout, tu t’attaches plus aux personnages.

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C’est moi qui invite !

Le premier rencard calé sur un site de rencontre est toujours un moment délicat : que faire ? Va-t-on se plaire ? Mais aussi, et la question n’est pas si anodine : qui paye ?
argent
Pour cet article, faisons appel à un épisode de How I met your mother. Ted a rendez-vous avec une fille. Au moment de l’addition, elle commet un impair en ne jouant pas la petite scène de l’addition : Ted comptait payer mais la jeune fille ne fit pas l’effort de protester pour la forme. Bon ok, c’est assez tarte en soi mais cette petite scénette souligne la délicate question de qui sort le portefeuille.
argent dans votre portefeuille
J’ai toujours considéré, en temps que femme des années 2000 et même 2010 que chacun devait mettre la main à la poche. Pas forcément de façon psychorigide, hein, mais je considère que je gagne ma vie et je veux marquer mon indépendance. On s’offrira des trucs plus tard. Cependant, la minute de l’addition reste révélatrice de la suite de l’aventure et nous en revenons à ce petit jeu de dupe. En général, si l’autre pose froidement la monnaie exacte sur l’addition sans dire un mot, autant dire que la suite de l’histoire est mal barrée. Une façon un peu froide de signifier que non, on ne partagera pas et comme on ne passe pas un moment particulièrement sympa (ça motive pour laisser des pourboires. Enfin chez moi, en tout cas). Une personne plus motivée pour poursuivre la soirée proposera aimablement de partager. Ou profitera de votre passage aux toilettes pour régler. Mieux, alors que la tractation s’engage, l’autre glissera un « ok, tu paies les verres, je paie le repas derrière » ou « ok, tu paies cette fois-ci, je paierai la prochaine ». Façon subtile de signaler qu’on n’a pas envie de mettre fin à la soirée ni à l’histoire qui débute.
Couple Receiving Their Check
Autre question liée : doit-on quelque chose à celui qui paie ? Ah, la question qui tue ! La réponse est claire, nette et précise : non. Tu pensais que me payer un mojito te donnait automatiquement un ticket pour entrer dans mon lit ? Alors, déjà, un mojito, c’est un peu léger pour m’enivrer (quoique…) mais même si tu m’en payais 10, ça ne m’oblige à rien. Ceci étant, si tu m’en paies dix, c’est pas dans un lit que tu vas m’emmener mais plutôt aux urgences… D’une part, personne ne te contraint à tout payer et de l’autre, sortir son porte-monnaie pour avoir du sexe, ça ne fait pas rêver grand monde… Par la même, ce n’est pas parce que tu paies ce coup-ci que ça oblige à une réciproque. Si la personne n’a pas envie de te revoir, elle se forcera pas pour une dette de 15-30 €.

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Pour moi, c’est simple : j’insiste pour le partage. Après tout, les bons comptes font les bons amis. Et les bons amants.

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Je veux pas grandir !

Dimanche soir, j’erre mollement sur les ondes même plus hertziennes, attendant que le sommeil, qui m’avait déjà cueillie de 16 à 22h, daigne repasser me prendre pour me plaquer, impitoyable, dans mon lit. Mais comme il traînassait dans d’autres draps que les miens, je zappais et tombais sur Ally McBeal. Tiens, ça fait une éternité et demi que j’ai pas vu
cette série et pourtant, faudrait vraiment que je m’y penche dessus. Non mais c’est vrai, ça m’échappe un peu le succès de cette série avec la bande de dépressifs qui la compose, dépressifs qui manquent cruellement de cynisme et de second degré. Mais là n’est pas le sujet, je veux vous parler d’une des névroses d’Ally parce que je me rends compte que grosso modo, j’ai la même : je ne veux pas grandir.

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Aujourd’hui, j’ai 30 ans et une vie relativement adulte, si on considère que je me lève le matin pour aller travailler, gagner des sous et que j’en redonne à l’état. Certains me diront que côté vie privée, j’en suis restée à l’adolescence, pas faux mais n’est-ce pas aussi une preuve de maturité de savoir qu’on n’est pas prête à construire une famille parce qu’on a déjà du mal à se gérer soit alors un être de même pas un mètre pas capable de manger ou de se changer la couche seul, j’imagine même pas. Je suis déjà responsable d’un chat, je trouve ça pas si mal. Mais si sur le papier, j’ai l’air relativement adulte, dans les faits, ce n’est pas si simple. Pourquoi ? Parce qu’être adulte, c’est chiant.


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Il y a peu, j’avais ce qu’on appelle « toute la vie devant moi ». A 30 ans, j’ai encore les 2/3 de ma vie devant moi, c’est certes beaucoup mais le tiers passé, il est passé, justement. A chaque mètre que je fais sur mon chemin de vie, je m’éloigne d’une bifurcation possible. Pour me rapprocher d’une autre, certes. Mais renoncer à un champ des possibles est toujours un acte angoissant. Si je prends ma carrière, par exemple, mon chemin se trace. Community manager, je suis. Est-il possible de tout plaquer un jour et partir vers un ailleurs ? Certains chemins sont à ma portée, tout ce qui est marketing ou l’éditorial, pourquoi pas. Le journalisme ? Mon salaire actuel n’est plus vraiment en adéquation avec celui d’un journaliste. Quelques piges, à la limite. L’écriture ? Il va falloir que je m’y remette, sérieusement. Déjà, j’ai des petites envies, reprendre quelques uns de mes écrits ici, les développer pour les publier en auto-édition (parce que je suis pas sûre que ça vaille la peine de les balancer dans une maison d’édition). Enfin, je dis ça mais je ne prends pas le temps d’écrire. Mais si certains chemins restent à portée, d’autres sont définitivement trop loin. Par exemple, il me paraît aujourd’hui difficile de reprendre des études. Dieu sait que j’en ai envie et que ça me titillera toujours mais la réalité de ma vie me fait comprendre que je n’en aurai pas forcément le temps. Alors même que je fantasme très fort sur l’anthropologie ou la sociologie 2.0 et que j’ai même rencontré une fille qui connaît une nana qui a fait une thèse sur les réseaux sociaux. Je DOIS rencontrer cette fille. Mais le temps, les enfants, le temps me manque.

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C’est ça aussi que je n’aime pas dans le fait de devenir adulte, ce que je déteste par dessus tout même et Ally, elle est comme moi : on devient raisonnable. Mais quel mot épouvantable, terne ! Je ne veux pas être raisonnable. Je veux continuer à imaginer que je peux travailler, suivre des cours de plein de chose, faire du sport, écrire, lire… Mon moi
enfantin y croit à mort, il se dit qu’en s’organisant bien, tout est encore possible. Oui, je peux apprendre le russe, le violoncelle, faire de la plongée et du yoga, tenir mon blog et écrire des romans, lire des fictions et des essais, le tout en étant l’employée de l’année. Mon moi adulte rappelle que tout ceci a un coût et un coût très élevé (non mais on peut pas faire du yoga à moins de 600 € par an sans rire ?) et surtout qu’en terme de temps, je suis bien gentille mais non, je ne l’ai pas. Prenons par exemple la semaine dernière :

lundi : L’Amoureux

mardi : plongée puis l’Amoureux

mercredi : rien

jeudi : réunion plongée

vendredi : anniversaire puis l’Amoureux

samedi : plongée en fosse et AG de la plongée

dimanche : brunch-balade avec une copine

 

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La semaine dernière, j’ai donc eu une soirée de libre, youhou ! Et mes soirées se remplissent vite car j’ai toujours des tas de gens à voir, des gens que j’aime voir, j’entends. Ben oui, ma vie étant folle, je rajoute des niveaux d’amitié : il y a mes anciens collègues (3 anciennes boîtes, ça fait beaucoup d’anciens collègues), les amis des blogs devenus amis tout court, mes copines de la plongée aussi, le fameux club des 5 devenu 7 . Ca en fait du monde. Et encore j’ai arrêté les sites de rencontres, ça fait pas mal de soirées libérées du coup. Donc avec ma vie sociale de folie, en quel temps pourrais-je étudier ? Ben le week-end, les soirées de libre… Y aurait sans doute moyen. Sauf que mon moi adulte décrète que non, que ce n’est pas raisonnable, que je dois enfin prendre conscience de mes limites. Mon corps n’a plus 20 ans, il ne tolère plus la succession des nuits de 5h. Dormir, dormir ! Mon moi enfantin se dit parfois qu’il faudrait tout plaquer pour avoir le temps de se nourrir spirituellement sans attendre une retraite que je n’aurai sans doute pas, découvrir la vie de ma maman ou de ma tante, hyperactives depuis qu’elles ne travaillent plus. Cours de dessin et d’anglais, piscine pour ma maman, rédaction d’un livre sur l’histoire des religieuses de mon ancien bahut pour ma tante. Je les envie. Sauf qu’elles, elles peuvent se le permettre. Elles ont travaillé, cumulé de quoi couler des jours heureux à présent que l’heure de leur retraite a sonné. Moi j’en suis loin, ça ne fait que 3 ans et demi que je bosse à plein temps. Faudrait que je joue au loto plus souvent, des fois que…

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Etre adulte, c’est en fait arrêter de rêver une vie mais de la vivre. Et la vraie vie n’est jamais vraiment idyllique. L’administratif l’empoisonne, la sclérose. On peut rêver à des tas de choses, il faut garder les pieds sur terre car la pelle de courrier quotidien est là pour nous clouer au sol : paye tes factures, arrête de dépenser ton argent, cet appartement n’est pas le tien, paie ton loyer. Travaille pour te donner l’illusion de la liberté, celle où tu peux te payer de l’évasion avec ta CB même pas gold car cet argent, il est à toi, tu l’as gagné à la sueur de ton front. Indépendance illusoire, on quitte un esclavagisme pour un autre, en fin de compte.

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Pourtant, même si mon corps et mon visage m’enlèvent quelques années, je dois m’assumer. Ce serait facile de se retrancher derrière un syndrome de Peter Pan pour ne rien faire de ma vie. J’avance. J’aime avancer même si chaque pas en avant ferme des portes. Il en ouvre d’autres aussi. La seule différence, c’est que je n’évolue plus dans l’univers douillet de l’enfance où Maman viendra faire un bisou sur nos petits bobos pour les guérir. Parce que l’enfance, ce ne sont que des petits drames, on pleure pour notre genou écorché, notre crayon rose perdu (c’est mon voisin de classe qui me l’avait piqué, j’en reste traumatisée), notre mauvaise note en écriture. Adulte, les bobos sont plus graves, plus profonds. C’est la vie.

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« I need a Hero »

Par Emma

 

 (ceci est un post déprime, spécial dédicace pour le titre à Jennifer Saunders)

 
 

            Bon, ben il est 3h du mat’, je bosse à 9h30 tout à l’heure, et je parle de la vie avec Gauthier au téléphone depuis plus d’une heure. La Vie, les déprimes, l’Amour, les rencontres, les déceptions, les relations, les parents, l’adolescence, les Hommes, les Femmes…

 

            J’en suis à un stade de ma vie où j’ai l’impression d’avoir une sorte de bilan à faire. J’ai 26 ans ½, je suis propriétaire de mon appart, j’ai un boulot sûr et que j’aime, des amis géniaux et fidèles, des ex, ma vie est bien remplie et pleine de sens. Mais de sens pour moi seule. J’aime ma liberté, vivre la nuit, mon taff prenant, mes grasses mat’… mais je vais où ? Dans quelle direction ? Pour qui, pour quoi ? Cela fait 3 ans que je ne suis pas tombée amoureuse, que je vais de galère en échec, je reste nostalgique de l’Amour, et j’ai l’horloge biologique (je crois) qui se met en route. Je crois que j’en ai marre.

            Bon, ok, je ne suis pas la seule dans ce cas, j’en suis consciente. Je me dis même parfois que c’est le ‘mal du siècle’ cette recherche éperdu de l’âme sœur, de l’harmonie, de la construction. Je me pose de questions en ce moment, certainement à cause un nouvel échec amoureux. Enfin, ‘amoureux’ est un bien grand mot. Disons que j’ai cru quelques instants que ça pourrait le faire entre nous, que ça allait déboucher sur quelque chose de vrai, de profond, de durable. Ben non. Et c’est pas simple en plus. On a été ensemble, on s’est séparés, on a recouché ensemble, on s’est re-séparé, on a tenu le coup quelques semaines, puis recouché ensemble, puis re-dit qu’il fallait arrêter les conneries… Môsieur n’est pas prêt, n’a pas fait le deuil de son histoire passée, bla bla bla, bref, il ressent des choses pour moi mais c’est pas le bon moment voilà voilà… Il est sincère dans tout ce qu’il me dit, dans tout ce qu’il ressent, mais n’empêche quoi moi j’ai les glandes. Au-delà de la déception de cette relation-là, c’est tout un ensemble de représentations, d’espoirs, d’envies, de besoins qui remontent à la surface. Une de mes amies les plus proches est actuellement enceinte de 6 mois ½, et ça me fascine, ça m’émeut, ça ravive l’envie spontanée, biologique, animale d’être mère qui est en moi. Je sais qu’un enfant ne sera pas pour tout de suite, quoiqu’il arrive. Mais par contre, je ne peux m’imaginer cela que dans un contexte d’amour et de partage, donc, avec un papa que j’aime, qui a la même envie et les mêmes espérances que moi. Et je ne vois rien arriver à l’horizon.

 

            Donc, Emma, elle en marre des faux espoirs, elle aimerait bien trouver un peu d’amour dans sa vie. Pour être honnête, je n’ai pas encore fais correctement le deuil de mon ex. Je l’ai aimé à la folie, il m’a révélée à moi-même pour plein de choses essentielles, et je le regrette encore. Mais je dois dire que j’ai bien avancé ! Je ne suis plus autant investie de lui qu’à une époque, et je ressens surtout une nostalgie de notre relation à tous les deux. Il n’est plus le même qu’il y a 3 ans, et moi non plus, nous ne pourrons jamais revivre ce que nous avons vécu, ça je l’ai compris et enregistré.

            Je pense donc être prête à tomber à nouveau amoureuse, mais encore faut-il que quelqu’un s’y prête !!! D’un autre côté, il y a encore plein de choses inexplorées vers lesquelles je ferai bien un petit tour… Coucher avec une femme, m’essayer au plan à trois … (arrêtez de vous faire des films bande de pervers). Bref, plein de situations difficiles à expérimenter quand on est en couple, avec tout ce que ça engendre. Bah, vu comme ça, je me dis qu’il me faut encore un peu de temps et d’occasion d’en profiter… ! Surtout que je tiens encore très fort à mon indépendance, à ma mobilité, à mes activités, à mon rythme en décalage, aux imprévus de ma vie. Dilemme. Quelles sont mes envies profondes ? Quels sont mes besoins immédiats ?

 

            Moi, quand je serai grande, un héros grand, fort, beau, intelligent, drôle viendra, et m’enlèvera sur un grand cheval blanc, on se mariera et on aura beaucoup d’enfants. Bon, je reconnais, on aura aussi les impôts, les traites de la maison à payer, les soucis scolaires, les relations avec les beaux-parents, l’adolescence de l’aîné, les problèmes de crèche, les vacances à organiser, la voiture à changer, la varicelle du dernier, la routine conjugale………. Ok j’arrête. Vu comme ça, le tableau n’est pas très flatteur, mais j’ai quand même envie d’y plonger. Peut-être pas tout de suite, mais malgré mes peurs, mes angoisses, mes doutes, j’ai envie d’y aller. Je connais des tas de gens très bien qui s’en sortent pas mal !!! Alors pourquoi pas moi ? Tout ceci enveloppé d’amour. Pourquoi pas ?

 

            Je n’ai aucune idée de ce que je serai à 50 ans. Ni même si je serai toujours là. J’espère que j’aurai pu accomplir des choses pour les autres et pour moi-même, que je serai fière de mon petit parcours, que je pourrai regarder en arrière avec une certaine sérénité, sans l’impression de m’être trompée de chemin. J’ignore si le héros que j’espère sera là pour partager le ‘bilan’ avec moi. Je pense que quelque part, je suis mon propre héros. C’est moi qui mène ma vie et qui l’amènera où je le souhaite, en composant avec ses hasards et ses aventures.

            Et s’il te plait, ô lecteur, ne te suicide pas de suite après la lecture de ce post, je me sentirai un brin coupable.

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Génération Tanguy

Mardi 20h50, j’abandonne tout et pose mes fesses devant la télé. Au menu, « Tanguy », du génial Etienne Chatilliez. Faut avouer que j’adore ce réalisateur, il est superbement cynique (sauf que lui, on ne le traite jamais d’aigri, alors que moi…). Pour ceux qui n’ont pas vu le film, très rapide résumé : Tanguy, 28 ans, vit toujours chez ses parents et ceux-ci essaient de s’en débarrasser. Forcément, avec Gauthier, ça nous inspire. Moi, je me pose une question : sommes-nous la génération Tanguy?
 
17 ans, un matin d’hiver, mon cul est lourdement posé sur ma chaise, mon corps avachi sur mon bureau, je griffonne sur la table parce qu’il n’y a
plus de place dans la marge (c’est très mal de dégrader le matériel que m’a prêté l’école, ne fais pas comme moi, lecteur), je soupire : j’ai pas envie d’avoir mon bac. Parce qu’avoir mon bac, c’est partir de chez moi, c’est vivre SEULE, c’est devenir un peu responsable. Non, moi, je veux rester chez papa-maman, avec quelqu’un qui me conduit en voiture quand j’en ai besoin, qui me
lave mon linge, me fait la bouffe (mais me range plus la chambre, faut pas déconner). Je commence à évoquer prudemment la question avec mes parents : je peux très bien faire l’aller-retour entre la fac et leur maison, ça leur fera des économies : « Non, après, tu seras fatiguée, le soir, et tu seras chiante ! ». Moi aussi, je vous aime.
 
18 ans, un soir d’automne, je passe la première soirée dans mon appart, seule… Je mange je sais plus quoi devant la télé, je passe la soirée à m’épiler devant Urgences. Je déteste vivre seule, surtout que j’ai pas de téléphone (ni fixe, ni portable, à l’époque), pas d’Internet, je suis coupée du monde, de ma maman…L’indépendance, y a pas à dire, ça pue. Puis j’ai découvert que vivre seule, c’est manger ce que je veux (ça, c’est pas forcément le bon point, d’un autre côté), c’est sortir si on veut, c’est passer la nuit au tel avec mon mec parisien à discuter et même plus (et sécher le cours le lendemain matin parce que je pouvais pas être à la fac à 8h30 après une folle nuit d’amour téléphonique), c’est écouter ma musique et chanter à tue-tête, c’est avoir un chat, c’est dormir avec son mec et faire plein de cochonneries dans toutes les pièces de mon appart (ok, dans un studio, c’est vite vu, mais bon…). Bref, vivre sans papa-maman, on apprend mais c’est quand même pas mal aussi.
 
Avec Gauthier, après le film, on s’est imaginés repartir vivre chez nos parents DEFINITIVEMENT. Lecteur, je pense que tu t’es rendu compte que j’aimais beaucoup mes parents, que j’aime rentrer et les voir, me faire dorloter par maman, écouter les jeux de mots de mon papa (récemment, il a appris le mot sudoku, ça l’amuse énormément genre : « tête au nord, sudoku », « aux toilettes, c’est normal que tu joues au sudoku »…), j’aime quand on se retrouve tous à table : papa, maman, Alice, Johann, Anthony, parfois la copine de Yohann (mais il en change souvent), moi, on s’échange nos vieux souvenirs, on rit, c’est merveilleux. Mais vivre chez eux, non. L’été 2004, j’ai vécu chez eux pendant trois mois, je travaillais dans ma ville natale. Un peu avant la fin des vacances, mes parents m’ont abandonnée une semaine et je revivais : enfin la solitude, enfin le calme, enfin pas de débats politiques à table, ouf ! Car mes parents, je les aime mais je peux plus vivre avec eux.
 
Mais si je ne vis plus chez eux, je dépends toujours d’eux et quelque part, ça me rend malade. J’ai 25 ans, presque 26, comment se fait-ce que je sois pas encore indépendante ? Mes parents ont les moyens de m’entretenir, encore, mais ça me gêne. Le mois dernier, en pleine crise, j’ai dit à Gauthier : « j’en ai marre de
coûter du fric à mes parents, je rentre à la maison !
– Mais Nina, t’es conne ou quoi ? Tu as la chance d’avoir tes parents qui peuvent t’aider, ne fous pas tout en l’air. S’il ne peuvent plus t’assumer, ils te le diront. »
Certes mais moi, j’ai envie que les sous que je dépense soient les miens. Cette année, déjà, j’ai eu 25 ans, je vis à Paris et je découvre les joies de l’administration : assedic, ANPE, mon père m’a annoncé que je n’étais plus sur sa mutuelle (merci de me le dire, heureusement que je vais jamais chez le docteur). Maintenant, mes parents sont loin et je dois gérer tout un tas de trucs et franchement, ça ne me plaît pas du tout. Plus jeune, je pensais à la vie « adulte » et je me demandais comment on pouvait gérer. Bon, pour l’argent, maintenant, je sais (enfin, euh…), j’ai appris, mais comment on fait sa déclaration d’impôts ? A qui on s’adresse ? On l’envoie où ? Je prends quoi comme mutuelle ? Je m’assure où et pour quoi ? Mais Seigneur, que c’est chiant ! Heureusement, mes parents peuvent m’aider parce qu’à l’école, on n’apprend pas ce genre de choses.
 
Sommes-nous la génération Tanguy ? Techniquement, on fait des études plus longues que nos parents. A 21 ans, ma mère avait une profession et un
salaire, elle était infirmière… Maintenant, combien de jeunes filles ont ce métier à cet âge-là ? Honnêtement, je n’en sais rien mais pas tant que ça, le temps qu’elle fasse leur prépa, qu’elles passent (et aient) leur concours puis l’école infirmière… Bon voilà. Si j’avais suivi le chemin que je m’étais fixée, j’aurais été diplômée à 23 ans, avec ou sans emploi à la clé. Bien sûr, dès le départ, j’ai choisi des études littéraires donc longues mais j’ai pu aller jusqu’au bout de mes rêves, grâce à mes parents. J’en connais qui m’auraient prié de faire un BTS compta et de pas faire chier mon monde avec mes bac+4 et bac+5 qui ne servent à rien. Mais aujourd’hui, la plupart des métiers réclament des études longues : si on peut quitter le nid assez tôt, on a du mal à se défaire de la dépendance financière.
 
Parce qu’au fond, être dépendant de ses parents, c’est quand même confortable. Dans Tanguy, certes très caricatural, mais quand même, le jeune homme
a un peu la vie dont on rêverait tous : on fait ce qu’on veut sans être responsable de rien. Je n’ai pas d’horaires, je ramène mes conquêtes at home, mais ce n’est pas moi qui gère la bouffe, qui fait la lessive ou le ménage etc. J’avoue que le week-end dernier, j’ai apprécié de ne pas avoir à me soucier du repas, de pouvoir dormir le matin parce que mon père a donné à manger
à Kenya en se levant, j’ai même pas à changer la caisse vu qu’elle fait ses besoins dehors. Bon, évidemment, je peux pas dormir jusqu’à 14h du matin, je dois respecter certaines horaires, mettre un peu la main à la pâte car mon père rentre du boulot et qu’il doit manger vite avant de repartir mais ce sont quand même les vacances.
 
Vraiment, quand je compare ma vie avec celles de mes parents, j’ai parfois la sensation que notre génération s’est infantilisée. Dans mon entourage,
Anne et Lucie sont entrées l’an dernier dans la vie active à presque 24 ans et c’étaient les premières du groupe. Guillaume 1er est toujours dépendant de ses parents à près de 30 ans… Dans ma promo, ils ont tous repris leurs études. On ne s’en sort pas ! Bien sûr, les études, c’est génial, c’est facile : partiels à telle date, on passe au niveau supérieur ou on redouble, on lit (ou pas) les livres de la bibliographie… Tout est pré mâché, même si on découvre les joies de l’administration. Par exemple, en licence, le mec qui m’a fait mon emploi du temps a fait n’importe quoi et je me suis retrouvé avec 3 cours en même temps ! Pas deux, trois ! Ben j’ai eu mon année du premier coup, na ! Mais globalement, les soucis de fac ne sont que des piqûres de moustique comparé à la « vraie vie », si j’ose dire. Arrive à un moment où il faut sauter le pas. Je l’ai fait et franchement, j’aimerais parfois retourner en arrière retrouver ma gentille vie d’étudiante. Mais j’avance, je ne retournerai pas à la fac (ou plus tard, quand mes parents ne seront plus contraints à me donner de l’argent).
 
Est-ce le mal de notre génération de quitter aussi tard le nid familial ? Je ne sais pas mais si la logique de l’enfant roi très en vogue actuellement se poursuit, je pense que mes gosses ne quitteront pas mon giron avant leur trente ans…
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L’instinct maternel de l’’hippocampe

Rassure-toi, lecteur, ce blog ne vire pas « étude de la faune sous-marine et de ses mœurs », ce titre énigmatique et quelque peu poétique va me permettre de te parler d’une espèce que je ne supporte pas : les gosses. Vois-tu, là, je suis dans le train, ma douce Kenya endormie dans sa panière à mes côtés. Bon, d’accord, je l’ai droguée mais elle est tout sage. A quelques sièges de là, y a une sale gamine qui met un souk pas possible depuis une bonne demi-heure, qui crie, tape sur les vitres et répond à sa mère. Je te le dis sans rougir, lecteur : je déteste les gosses.
Je hurle donc je suis
A chaque fois que je prends le train, y en a toujours un ou deux dans mon wagon. Quand je pense qu’au lycée, les profs m’apprenaient, alarmiste, qu’on ne faisait plus assez d’enfants…ils doivent pas prendre le train très souvent, ceux-là ! Qu’ils s’installent à côté de la monstresse blonde, tête à claque, qui sévit ici, ils chanteront un autre refrain.
J’ai remarqué que les plus chiants n’étaient pas les bébés. La semaine dernière, j’étais dans ce même train, effectuant le même trajet, sans Kenya restée en vacances chez « ses grands parents » et j’étais encerclée de bébés et de jeunes enfants de cinq ans et plus. Les plus calmes étaient sans contexte les bébés. Comment expliquer que ses frêles créatures soient aussi calmes alors qu’ils ne sont pas conscients de l’autre et de la gêne que leurs cris occasionnent ? Pareil pour mon chat : quand elle miaule, elle se rend pas compte qu’elle dérange les gens mais dans le train, elle est toute sage, tout comme ses congénères chats. Alors pourquoi les gamins entre cinq et dix ans qui ont parfaitement conscience de faire chier leur monde ne se calment pas et hurlent comme des demeurés ? J’ai ma théorie : comme les chats, les enfants se croient roi.
Il est né le divin enfant
Imaginons : un bébé vient de paraître dans votre entourage. Premier réflexe : on court se pâmer devant ce miracle de la nature. Qu’il est mignon, guili-guili ! Même un bébé moche parvient à tirer des cris d’extase (hypocrites) de ses visiteurs. Récemment, quelqu’un (il me semble que c’est Raphaël) m’a dit : « mais c’est moche un bébé, j’aime pas ça ! » Ben, c’est vrai que c’est pas super beau, c’est tout fripé mais un nouvel individu a fait son apparition sur terre, alléluia (comme si c’était exceptionnel…). Bref, ce petit bout de chair à peine doté d’une conscience mais déjà équipé d’un estomac et de cordes vocales est déjà l’objet de toutes les adorations. En grandissant, ça ne va pas en s’arrangeant : oh, il vient de sourire ! Oh, il m’a attrapé le doigt ! Seigneur, il marche ! Et voilà notre trognon d’humain persuadé d’être exceptionnel car il s’est mis en station debout. C’est sûr, c’est bien le premier à le faire, c’est incroyable ! A partir de là, l’enfant se rend compte de son pouvoir : tout ce qu’il fait est merveilleux et, ravi, il offre à l’assemblée toute une gamme d’exploit. J’exagère ? Bien sûr que non ! Je me souviens, un jour, ma cousine est venue à la maison avec sa marmaille et l’aîné faisait l’andouille. Notez que je trouve ce gamin trop mignon. A un moment, je ne sais plus ce qu’il a sorti et tout le monde a rigolé. Super fier de lui, le gamin nous a refait le sketch dix fois d’affilée. Merci de vous écrouler de rire à chaque fois pour ne pas vexer le petit ange.
Et c’est toujours pareil. Un enfant doit prouver à l’assistance entière qu’il existe, à tel point que j’en viens à me demander si un enfant n’a pas le sentiment effrayant de ne plus être dès lors qu’on ne le regarde plus. Comme un Dieu, en fait : un Dieu n’existe sur Terre qu’à partir du moment où il a des adorateurs. L’enfant a une phrase fétiche : « Hé, maman (ou papa), regarde ! ». Regarde, je fais un dessin, regarde, je fais la roue, regarde je fais du vélo… Merde, je suis tombé. Comme tu me regardais, je me mets à hurler pour que tu t’occupes de moi. Ça aussi, c’est intéressant de voir que la douleur enfantine n’existe qu’à partir du moment où elle a lieu sous l’œil des parents. Un enfant qui tombe dans son coin se relève, enlève les petits cailloux qui lui ont éraflé le genou et repart jouer sans rien dire. Si un adulte a assisté à la scène, le voilà qui se met à hurler.
La fessée, c’est mauvais pour le développement personnel
Les enfants sont roi et j’ai l’impression que c’est de pire en pire. Gamine, je me suis ramassée quelques fessées toujours justifiées, au fond. Aujourd’hui, le pédopsychiatres nous explique qu’il faut surtout pas frapper un gamin, pas le brimer… De toute façon, les pédopsychiatres nous racontent n’importe quoi, tout est question de mode. Mais les enfants actuels sont super mal élevés, je trouve, tout leur est dû. La monstresse blonde hurle, fout le souk, tire sur les rideaux, elle a eu droit à un « chut ! » maternel de réprobation et si sa mère la force à s’asseoir (oui, là, elle saute comme une idiote sur son siège), la voilà qui pousse des beuglements terribles. Quelle sale gosse !
Mais c’est notre faute, aussi, à force de nous rabaisser à leur niveau plutôt que de les faire monter au nôtres. Les gamins, on leur parle comme à des demeurés (et qui sait qui l’est tout mignon ? Mais c’est le bébé à son papa ? Hou gouzi, gouzi !). Je suis contre la méthode américaine de bourrage de crâne pour faire des gamins pseudos intelligents, je trouve ça complètement crétin. Ceci étant, on ne fait aucun effort pour les responsabiliser, on leur passe tout parce qu’ils sont des enfants : « le pauvre, c’est long le train pour lui ! ». Pffffff, tu lui aurais expliqué avant qu’il ne fallait pas s’agiter dans tous les sens dans le train et se conduire comme une grande, on en serait pas là.
Merde, j’ai perdu mon instinct maternel
Tu l’as remarqué, lecteur, les gosses, ça m’emmerde. J’ai préféré prendre un chat, même si elle est insupportable par moment, qu’elle grignote les pieds de mes amants ou leur lèche les oreilles selon son degré de compatibilité avec le monsieur (elle a adoré Reno, beaucoup moins Raphaël…). Un chat, c’est indépendant, au moins. Ce n’est pas la chair de ma chair mais je m’en tape. Je n’ai pas une once d’instinct maternel, j’ai pas envie de me reproduire, pour l’heure, ça changera sans doute quand j’aurai trouvé ma moitié définitive. J’en parlais l’autre jour avec ma collègue, Zoé, nous étions d’accord sur un point : l’envie de l’enfant vient naturellement quand on est bien engagé avec quelqu’un.
Dans les vingtenaires, nous avons les deux cas : celle qui a une fille envie de bébé (Anne) et celles qui préfèreraient se couper un bras plutôt que de tomber enceinte (Lucie et Victoire). Pour Anne, elle est « inspirée », si j’ose dire, par l’exemple de sa sœur aînée, maman une premier fois et qui est actuellement enceinte jusqu’aux yeux. Pour Lucie et Victoire, un bébé est comme un parasite qui grandit à l’intérieur de leur corps, ça les rend malades rien que d’y penser. Personnellement, je pense que j’aimerais bien sentir la vie grandir en moi mais là… Non… Bien qu’Arnaud m’ait confié qu’il aimerait bien faire l’amour à une femme enceinte (enfin, ça l’a pas empêché de me brouetter).
Dans la nature, toutes les femelles ne s’occupent pas de leur progéniture, c’est un truc de mammifères, ça ! Par exemple, chez les poissons et les hippocampes (d’où le titre de l’article), les femelles expulsent les œufs et ce sont les mâles qui doivent les protéger en attendant la naissance. Alors que chez les mammifères… Par exemple, ma petite Kenya, que je soupçonne d’être enceinte (quelle merde !), elle fera ses bébés toute seule et qui est-ce qui va la soutenir dans cette épreuve ? Pas le(s) salaud(s) qui l’a engrossée, non, ce sera moi… Pitié, pourvu qu’elle soit pas enceinte ! Un chat, j’arrive à gérer mais des petits chatons, quelle angoisse… Mais je dévie.
Un bébé? Non merci…
Quand je vois tous ces monstres qui piaillent, hurlent, tapent du pied, je me demande pourquoi j’en voudrais un pour moi… La monstresse blonde s’est coincée la tête entre le fauteuil et la fenêtre, elle hurle comme une demeurée, au secours ! Voilà comme cette horrible gosse vient de détruire tout instinct maternel résidant encore en moi. Nous en avons parlé ave Gauthier, je lui ai balancé ma théorie sur la déification de l’enfant et il m’a expliqué ceci : « non mais c’est super beau de voir un enfant qui apprend, tu n’imagines pas ! » Non, je n’imagine pas, en effet. Gauthier, il s’occupe beaucoup du fils d’Océane, il sait mieux que moi la fierté que l’on éprouve quand notre rejeton arrive à mettre un pied devant l’autre. Peut-être que quand j’aurai ma propre marmaille, je serai comme les autres, je m’extasierai devant leurs moindres faits et gestes…
Mais pour les moments, les gamins, ça m’emmerde, surtout dans le train.
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