Big little lies : et si on arrêtait de se stresser avec le suspense ?

J’ai vu une série, j’ai besoin de vous en parler car j’ai une vraie interrogation. Lors de mon retour de Tokyo, j’ai maté les tous premiers épisodes de Big little lies, une série assez proche d’un Desperate Housewives en un peu plus HBO. Si cette série ne m’a pas bluffée plus que ça, je m’interroge : j’avais tellement deviné la fin qu’il me semble impossible qu’ils aient cherché à masquer ce qui allait se passer. Après tout, ne sacralisons-nous pas trop le suspense ?

Big Little lies

En fait, j’exagère un peu. La construction de la série m’a bien plu : dans le premier épisode, on apprend que quelqu’un est mort et c’est à travers les témoignages des uns et des autres qu’on va reconstruire l’histoire. Mais on ne sait pas qui est mort. Sur ce point là, j’avoue que je me suis un peu loupée. J’avais déterminé assez facilement qui ne mourrait pas (Jane était évidente, un personnage parlant d’elle au présent à un moment, je n’avais pas de doute non plus sur Madeline et Renata. En vrai, moi, je pensais à l’institutrice, ça aurait fait un bon rebondissement) mais j’avais pas la bonne hypothèse sur lae mort.e . Par contre, quelques minutes avant le dénouement final, là, j’avais tout, je balançais ce qui allait se passer une minute avant que ça n’arrive.  Il y avait toute l’histoire autour de Jane notamment, était-on vraiment censés être surpris par la big révélation de fin ?

Le viol de Jane dans Big little lies

Du coup, je me pose la question : quel était le vrai sujet de la série ? L’identité de la victime, certes, mais est-ce que l’histoire de Jane était un élément central du suspense ou juste un fil de la toile pour décrire cette société américaine terriblement bourgeoise et bien pensante qui se sourit par devant et se vomit dessus par derrière ? Mais du coup, était-il utile d’insérer cette histoire là si elle était bâclée ? C’est quelque chose de très symptomatique des séries je trouve : pour durer les 10 épisodes de 45-60 mn que comptent en moyenne une saison (estimation au doigt mouillé, flemme de chercher des infos), faut un peu mettre de gras autour de la colonne vertébrale, quoi… Ce qui n’est pas un mal en soit sauf que j’ai parfois l’impression que ça génère des sous intrigues pas forcément passionnantes… Il m’arrive parfois, en matant des séries, de lever les yeux au ciel quand on passe sur une sous-intrigue en mode “non mais elle m’intéresse pas cette histoire, revient à l’autre, là !” . Bon, cette stratégie de mêler des fils dorés et des fils de basse qualité nous permet cependant d’abandonner peu à peu ces épisodes “filler”, ces épisodes un peu vides et sans intérêt qui sont un peu là pour remplir la saison. C’est pas mal le cas dans The walking dead ou Game of thrones où on est sur un rythme global de “1-2 épisodes de début de saison haletant – milieu de saison chiant avec un peu de relance avant la coupure (surtout the walking dead pour le coup) et final tonitruant”. En général, quand vous regardez ce genre de séries, ça donne à peu près ça “ohlala, ça reprend ce soir, je ne raterai pas le premier épisode – OH MON DIEU C’EST ENORME(bon, pas toujours) – pfff, j’en ai marre de cette série, elle est nulle, il ne se passe rien – OH ENORME CET EPISODE DE MI SAISON, J’AIME TROP CETTE SERIE – zut, je me suis encore endormie pendant l’épisode – OH MON DIEU CE FINAL, JE VAIS PAS POUVOIR ATTENDRE 8 MOIS POUR CONNAITRE LA SUITE !”*

Jane et Madeline dans Big little lies

Ou alors… nous donner un peu de biscuit facile à digérer, ce ne serait pas un peu une façon de nous flatter l’ego et faire passer mieux certaines pilules… Ou juste pour nous faire revenir à la série, juste pour voir si nous avions raison ou non dans nos intuitions (ça a très bien marché avec moi, pour le coup).Au sujet des pilules à faire passer, nous parlerons la semaine prochaine de Dark, la série allemande made by Netflix

 

* Je m’excuse pour cet abus de majuscules

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Arrival ou la suspension consentie de l’incrédulité

On a des phases, avec Victor genre “tiens, si on allait au ciné”, ce qui fait qu’on y est déjà allés 2 fois en 2017… mais qu’on devrait très rapidement arrêter. Dernier film vu : Arrival de Denis Villeneuve, une oeuvre sur laquelle on est radicalement pas d’accord à l’arrivée et qui nous a occasionné une petite dispute. Car on a un souci avec la suspension consentie de l’incrédulité.

Suspension consentie de l'incrédulité

Je vais d’abord vous pitcher rapidement le film : douze vaisseaux extraterrestres arrivent sur Terre mais on ne sait pas trop ce qu’ils veulent. L’armée fait donc appel à Louise Banks (Amy Adams), très éminente linguiste, pour tenter d’entrer en contact avec eux, et de Ian Donnelly (Jeremy Renner) un physicien. Le film va donc se concentrer sur les liens qui se tissent entre eux et les extraterrestres, des espèces de poulpes géants à sept pattes, appelés donc heptapodes. Ce film est esthétiquement très beau et assez émouvant, j’ai eu la gorge serrée sur les dernières scènes. Car ça parle pêle-mêle de langues, de réaction des Terriens face à ce contact compliqué (avec évidemment le camp des belliqueux incarnés comme il se doit par le camp de l’Est, à savoir Chine et Russie) mais aussi de choix.

Arrival, vue du vaisseau

Le travail sur la brume dans ce film est juste génial

Maintenant, définissons la suspension consentie de la crédulité : dans une histoire qui met en place des éléments difficiles à admettre au départ (genre des poulpes extraterrestres qui débarquent un beau matin), on les accepte à partir du moment où l’univers construit est cohérent. Karim Debbache en parle ici, par exemple. Donc ici, on peut admettre sans trop de soucis cette arrivée extraterrestre vue que c’est une hypothèse qu’on a vu dans de très nombreux films, notamment Independence Day et Independence Day : Resurgence (que j’ai détesté), Signs, la guerre des mondes, E.T., Rencontre du 3e type, X files, etc. Cependant, il faut que le reste du récit fonctionne et c’est là que Victor et moi ne sommes pas d’accord. Attention, spoiler dans le paragraphe suivant.

Amy Adams dans Arrival

Dans Arrival, les extraterrestres utilisent un langage écrit à base de cercles, tracés dans les airs par une espèce d’encre (c’est franchement beau) et je salue une nouvelle fois le travail sur l’esthétique du film. On apprend à mi parcours que chez les heptapodes, le temps n’est pas linéaire comme pour nous mais cyclique et donc qu’on peut naviguer entre présent, passé et futur (même si en l’occurence, le passé ne sert à rien dans cette histoire). Louise, en apprenant le langage des heptapodes, développe malgré elle la capacité de voir le futur et on découvre que l’histoire de sa fille qui nous est présentée en début de film se passe en fait après la fin de celui-ci. Mais le film est conçu comme un palindrome et peut se lire dans les deux sens, le nom du film apparaît d’ailleurs à la toute fin de celui-ci. Quand Louise est forte de ce savoir, elle entrevoit alors une scène du futur où le général chinois qui voulait tout péter lui donne son numéro de téléphone pour qu’elle l’appelle dans le présent et qu’elle lui dise les derniers mots de sa défunte épouse. Et là, craquage de Victor “c’est pas possible, ça crée un paradoxe temporel, c’est nul”, moi “mais non puisque quand il lui parle dans le futur, ils savent comment ça fonctionne et il sait qu’il doit lui parler pour lui donner la clé”.

Amy Adams dans Arrival

J’ai accepté le deal, lui non. En rentrant, je cherchais à quel film ça me faisait furieusement penser et quelques notes d’orgue m’ont donné la solution : Interstellar. C’est peu ou prou le même dénouement : un élément du futur qui influe sur le passé pour lancer l’intrigue, deux points du temps solidement imbriquées… et j’avais pas aimé Interstellar, même si je ne m’étais pas offusquée de ce loop temporel. On est dans la base même de terminator également : si John n’avait pas renvoyé Kyle dans le passé, il n’aurait pas existé… Ok mais la première fois que l’histoire s’est déroulée ? Ah ben non : Skynet n’existe que parce que le Terminator avait été renvoyé dans le passé mais du coup, s’ils arrivent à supprimer tout le matériel de base servant à Skynet pour devenir ce qu’il est (ce qui est censé se passer dans le 2), John devrait dès lors disparaître puisque le futur a changé et que son père ne reviendra jamais voir sa mère  dans le passé ? Un peu comme dans Retour vers le futur où en modifiant le passé, Marty met en péril son présent…

Terminator 2 : Sarah, John et le terminator

Du coup, je me demande : à quel moment tu peux sortir d’un film et être écrasé par l’aspect pas crédible du truc, même si tu as accepté le fait qu’on t’embarquait dans un univers pas vraiment réaliste ? On a peut-être pas tous le même prisme de lecture. Je me rends compte qu’en général, je réagis par empathie : quand un personnage fait un truc con ou illogique, ça me fait sortir du film (justement ce que je reprochais à Interstellar dont les personnages étaient beaucoup trop placides à mon goût). Victor semble lui plus sensible à la rigueur scientifique : si c’est pas bien expliqué, ça se peut pas et c’est tout.

L'écriture des heptapodes dans Arrival

De l’univers tissé ou de l’empathie pour les personnages, qu’est-ce qui rend la suspension consentie de l’incrédulité plus facile à accepter ? Apparemment, il n’y a pas de généralités.

Si vous avez vu le film, j’aimerais bien votre avis sur la question, d’ailleurs.

PS : Et sinon, deux petites vidéos sur le film que j’ai bien aimées : Linguisticae pour le côté linguistique et nexus 6 pour le côté « première rencontre »

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C’est quand qu’on est vieille fille ?

Hier soir, comme sans doute nombre de jeunes femmes désoeuvrées et cafardeuses du dimanche soir, j’ai regardé Bridget Jones. Bon, ok, je n’étais pas vraiment cafardeuse mais c’est un peu pour grossir le trait (en vrai, je n’ai même pas mangé de glace à même le pot, pour dire). Je voyais donc les pérégrinations de Bridget et je me suis posée une question dramatique : « mais c’est à partir de quand qu’on devient vieille fille ? »


Alors résumons un peu. Suis-je déjà tombé le nez le premier dans un pot de Haagen dasz. Oui. Et même sans raison valable de type rupture amoureuse. Ai-je déjà noyé mon chagrin dans de la vodka ? Non, en général, c’est du rhum. Est-ce que je me remets au sport à la moindre petite déception amoureuse, pensant que mon gros cul est la cause de tous mes malheurs ? Carrément.

Oh merde, sur le papier, ça s’annonce déjà mal. Sauf que moi, je ne suis pas résolue à trouver LE mâle qui comblera tous mes désirs, tombant amoureuse du premier tocard venu, sachant très bien que ça ne va pas le faire parce que c’est objectivement un connard mais subjectivement, je suis sûre que je vais le changer. C’est cela ouiiiiiiiiiii…

Alors est-ce que le côté vieille fille est lié à un célibat mal assumé ? Et va-t-il de pair avec une horloge interne en plein boom qui ne comprend pas encore qu’on n’ait pas procréé ? Dans ce cas, youpi, je ne suis pas encore vieille fille, tout va bien. Et puis le côté vieille fille n’inclut-il pas une question d’âge aussi ? On ne saurait être vieille fille avant au moins 30 ans, sauf exceptions. Donc je considère que, non, je ne suis pas une exception et que ma mère ayant eu la bonne idée de m’accoucher en 1980, j’échappe pour l’heure au titre de vieille fille.

Mais si l’âge n’entre pas en ligne de compte et si la vieille fillerie est plus liée à une attitude ? Réfléchissons un peu. Pour moi, une vieille fille, c’est une nana qui fait « vieille » genre qui se tient recroquevillée avec un gilet sur les épaules, la nana qui envoie clairement un message « mon kiff dans la vie, c’est de boire ma tisane à 21h30. Sortir ? Pourquoi faire ? ». Ah non, de ce point de vue là, je ne suis pas vieille fille. Mais si on suit ce cliché, Bridget non plus… Et si vieille fille, c’est envoyer un message aux hommes comme quoi on n’a pas forcément envie de leur faire une place dans notre vie ? Dans le film (j’ai lu le livre il y a 10 ans, j’en ai un faible souvenir), Bridget se fait traiter de vieille fille après une discussion où elle semble tout faire pour dégoûter un mec. Il est vrai que ces derniers temps, j’ai pas vraiment le temps d’avoir un mec, à moins qu’il ait la gentillesse de m’attendre (ou de me rejoindre) tranquillement à la maison après une soirée se terminant plus ou moins tard. Il est sûr que de loin, je dois lancer un message « pas dispo, pas dispo, pas dispo » qui clignote en gros. Alors là, oui, je suis une vieille fille.

A moins que… Et c’est là que je crois tenir le truc, dans ma dernière hypothèse. Etre vieille fille n’est pas question d’âge, de disponibilité ou de tisane (en plus, pardon mais en hiver, ma petite tisane avant d’aller me coucher, je l’aime) mais de faiblesse face au célibat. Si on reprend cette scène ou Bridget passe pour une vieille fille, son problème saute aux yeux : elle a 32 ans et la présence d’un homme la rend nerveuse quoi qu’il arrive. Parce qu’elle a une pression, la sensation d’être à la limite de la date de péremption et ça la rend vulnérable, peu sûre d’elle et godiche. Et ça, oui, ça, c’est être vieille fille.

Bon, et bien, je vais aller me faire ma tisane, moi.

NB : C’est moi ou l’affiche des JO de Moscou est terriblement phallique ?

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Courrier des cœurs, réponse à Isa la Belle

Cette semaine (enfin, à quelques près), Isa la Belle nous a posé la question suivante : « Si les beaux mecs sortent toujours avec des moches, moi, je suis belle et les mecs ne sortent jamais avec moi car ils préfèrent les moches. Comment les séduire? »

La cellule Love and sex des vingtenaires s’est réunie et voici ce que nous en avons pensé.

Summer : Essaie la modestie, ca peut marcher!

Jane : Je peux pas répondre, j’suis moche.

Lucas : Teu teu teu. Je vais encore me faire taxer de suffisance et de prétention et de vanité mais je m’en contrefous…
Ma belle, le pb c’est que nous les mecs devant une nana canon on est perplexe : Pourquoi est-elle célibataire ? Serait-ce une grosse teubé ? Quid Juris ?
Au delà de cette question, on a aussi besoin d’être en confiance et face à une beauté on se demande si on sera à la hauteur. Alors on ne cherche pas à draguer en se disant qu’elle est necessairement exigeante et/ou en couple.
Et puis c’est à toi aussi de trouver l’équilibre entre aguicheuse et timorée, image de salope et de saint nitouche.
Sinon, rappelle-toi ce que chantait Dominique Walter.. (lien Daily Motion)
« C’est facile et ça n’engage à rien, les petits boudins.
Ca ne sait pas dire non, c’est ça qu’j’aime bien, chez les p’tits boudins »

Keira : Mmmh, en voilà une question digne d’un personnage de Gossip Girl.

Que dire ? Agis moins en nenette pleine de prétention et peut-être que ça t’aidera !

Les mecs ne sont pas cons non plus, s’ils voient une nana super belle qui regarde tout le monde de haut et une autre nana moyenne qui est sympa, le choix est vite fait. Après si tu veux juste un plan cul tu m’as l’air d’avoir l’attitude parfaite pour les décrocher à volonté, mais ne t’étonne pas si on ne te rappelle pas.

Enzo : Je ne sais pas si je peux dire que je suis d’accord avec Lucas car je ne vois pas vraiment sa position. En tout cas je
pense ne jamais m’être posé la question « pourquoi est-elle célibataire ? ».

Je serais plutôt de l’avis de Summer. Tu poses des hypothèses comme des faits. Je serais plutôt tenté par l’hypothèse « les mecs ne sortent jamais avec toi car ils préfèrent les filles intelligentes ». La question n’est pas moche/beau. La question possible serait « est ce que ta beauté (annoncée) est-elle largement contre-balancée par ta connerie ? » 

Tatiana : Je peux pas répondre j’ai le même problème…

Diane : Mmmh pour ma part, j’ai tendance à trouver beaux les gens qui ne disent/savent pas l’être, donc bon, ça renverse et règle même le problème: tu te dis belle, donc tu es moche, donc les mecs vont te courir après. Problème résolu.

Petite Cervoise : Bon, d’abord la beauté est toute relative.
Moi je trouve que Michel Denisot est beau et tout le monde ne semble pas de mon avis, donc je te conseillerais d’abord de relativiser (oui, ta mamie te trouvera toujours la plus jolie).
Ensuite, pour ces messieurs, il m’est déjà arrivé de me demander, en voyant passer un couple d’inconnus dans la rue, pourquoi un type aussi beau était avec le tromblon qui l’accompagnait.
La réponse de mauvaise foi est que le mec en question est ainsi sûr d’être LE beau du couple.
La réponse de bonne foi est que la fille doit être très sympa, intelligente (voir bonne sous la couette).
Mais ce qui m’interpelle dans ta question, c’est un peu le coté cour d’école : pourquoi tu veux absolument sortir avec un mec beau ?
Est-ce ton premier critère avant l’humour, le charisme, l’intelligence, la richesse, la belle voiture, l’appartement de 150 m²… bref tous ces critères autrement plus importants ?

Nina : Oh mon petit, il ne faut pas toujours pleurer sur la vie et son injustice, il faut agir. En un, tu vas au coiffeur et tu te fais massacrer la tignasse. En deux, tu oublies toute notion d’hygiène et d’épilation, une douche par semaine pour pas attraper trop de saloperies et ça ira très bien. En trois, revend toute ta garde robe et va zieuter la Redoute, page tablier. Ne porte que ça et toi aussi, tu seras une moche qui peut sortir avec tous les beaux mecs. Pense à mettre des crocs, aussi, aux pieds, un peu à la Roselyne Bachelot. Là, tu seras parée à faire tomber les mecs.

Si toi aussi, tu as une question love and sex à nous poser, n’hésite plus, on répond vraiment à tout ! Mail me (nina.bartoldi(a)gmail.com) ou commente !

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Tenter l’’aventure amoureuse

(Article écrit y a quelques temps…)
 L’amour est en soit quelque chose de compliqué, personne ne me contredira. A presque 26 ans, c’est pas qu’on commence à me demander quand est-ce que je vais ramener un homme à la maison mais pas loin… Enfin, mes parents ne me foutent pas la pression, ma mère ayant compris que j’étais quelqu’un qui « naviguait ». Pour ma part, je dirais plutôt que je tente l’histoire, quitte à me planter.
 

L’autre jour, je discutais avec Tatiana sur MSN de nos situations amoureuses respectives (enfin surtout de la sienne parce que moi, j’ai pas grand-chose à en dire) et elle m’expliquait qu’elle ne regrettait pas son choix. « Je sais que ça ne durera pas mais au moins, j’aurai tenté et j’aurais vécu une belle histoire. » Et bien, je trouve que la demoiselle a bien raison. Si je regarde mon propre passé amoureux, je me suis entêtée à vivre des histoires impossibles : avec un trentenaire parisien et obsédé alors que je n’était même pas vingtenaire, toulousaine et une oie blanche, avec un gars avec qui je n’avais pas grand-chose en commun, avec un gars qui vivait loin de moi… Oui, mais voilà : je lui plais, il me plaît, pourquoi je ne tenterais pas ? Le mur est au bout, je le vois gros comme une maison et je sais que je vais me le prendre. Mais en attendant, que la balade est grisante.

Beaucoup de filles de mon âge cherchent « le bon », celui avec qui ça ne pourra que marcher tant il est parfait. Mais quelle erreur, à mon avis ! D’abord, il est
censé être comment « le bon » ? Je m’étais amusée il y a quelques temps à commander au Père Noël mon homme idéal (il m’a bien oubliée, cet enfoiré) mais trouver un homme qui correspond parfaitement à nos critères est utopiste. Bien sûr, nous voulons toutes un homme qui nous correspond tant sur le plan physique que sur la personnalité mais il faut bien comprendre que chaque homme a ses défauts. Tant mieux quelque part, je me sentirais pas à la hauteur d’un homme parfait… Déjà que je me sens rarement à la hauteur des hommes imparfaits, imaginez l’angoisse. Mais même si cet homme est imparfait et qu’il me semble qu’il n’y aura pas d’avenir ensemble, pourquoi ne pas tenter ? De un, rien ne me dit que ça ne durera pas, finalement. De deux, même si ça ne dure pas, n’avons-nous pas le droit de vivre une belle histoire, même si elle ne peut être qu’éphémère dès le départ ?

Certaines histoires d’amour sont condamnées à peine elles ont commencé : distance, manque de temps pour se voir, l’un des deux n’est pas libre… On peut multiplier les hypothèses à l’infini. Oui, l’amour, c’est quelque chose de très compliqué, n’est-ce pas ? Donc on voit le mur au bout du chemin, on le sait qu’il n’y a aucun moyen de l’éviter. Doit-on éviter de partir à toute vitesse dedans ou fermer les yeux en attendant qu’il arrive ? Ou plutôt profiter de chaque sensation avant le crash, la vitesse, le vent qui nous caresse le visage,
le paysage qui défile… Bon, je le concède, ma métaphore n’est pas merveilleuse mais c’est pour faire comprendre l’idée. Après tout, qu’a-t-on à perdre ? Rien, si ce n’est une belle histoire.

Le problème, c’est que beaucoup de vingtenaires veulent trouver le bon, comme s’il y avait une date limite de péremption : vite, vite, casons-nous avant qu’il ne soit trop tard ! Je trouve ça un peu curieux et un peu suicidaire comme comportement. On va refuser les avances d’un jeune homme car il ne nous paraît pas idéal et se jeter au cou du gars qui nous semble parfait. Et si ça ne marche pas, on fait quoi ? On déprime pendant 107 ans ? Par ailleurs, comment peut-on commencer une relation en pensant sincèrement que c’est pour la
vie ? Dire à un mec que lui et moi c’est pour la vie, c’est mentir, quelque part, parce que je n’en sais rien. Oui, aujourd’hui, on s’aime et tout est rose, mais demain ?

Actuellement, j’ai envie de me caser, avoir une vraie relation qui dure plus d’une nuit. Mais je ne vais pas pour autant refuser tous les prétendants avec qui ça risque de ne pas coller sur le long terme parce que si je savais exactement quel mec il me fallait, je ne serais pas célibataire (logique). Ensuite, si j’ai plus envie de plans cul, si une belle histoire qui s’annonce éphémère se profile, la refuserai-je ? Non, je ne pense pas. Je lui plais, il me plaît, allons-y gaiement ! Au moins, sur mon lit de mort, je n’aurai presque aucun regret.

Si je regarde dans mon entourage, très peu de filles sont tombées sur le bon de suite. Surtout que je n’ai que 26 ans et que mes amis en ont rarement plus. Donc pourquoi se mettre la pression à tout prix, pourquoi chercher celui qui sera forcément le père de notre progéniture ?  D’ailleurs, qui nous dit que ma progéniture aura le même père ? Bon, ce serait plus pratique et moins compliqué à gérer mais les familles recomposées existent, on ne peut pas le nier. Même, après ma rupture avec Guillaume 1er, je me suis soudain imaginée avec ma
petite tribu (j’insiste sur le petite) sans papa parce que je ne suis plus avec aucun d’entre eux mener ça d’une main de maître. Bon, très honnêtement, j’espère que j’aurai un compagnon pour m’aider dans cette tâche parce que je me vois pas du tout maman célibataire.

Aimer, c’est tenter. Je crois que sans ça, la vie ne mérite pas d’être vécue. Après tout, si y a bien un domaine où il faut oser, c’est celui-là.

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