Ce n’est pas sale mon petit

Hier, comme régulièrement, je reçois des insultes de mon troll (toujours plus présent pendant les vacances scolaires, c’est amusant, tiens…). Des fois je publie, d’autres pas, ça dépend si je suis d’humeur taquine ou pas. Hier donc, le voilà qui parle de la santé de mes trous qui, à ses dires, est déplorable. Après avoir ri un bon coup, je sors de chez moi (car j’ai une vie aussi) et soudain, je réalise : ce comm est un véritable scandale, je me dois de réagir publiquement.


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Scandale, oui. Non pas par sa bêtise intrinsèque. Depuis que j’ai mon troll, je lui donne 15 ans à vue de nez et je suis inquiète, il n’évolue pas. Ce qui est scandaleux, c’est l’association sexe=saleté et maladie. Ah ben bravo ! Tu le sens le syndrome François-Xavier élevé dans une école religieuse limite sectaire où on te dit que le sexe, c’est mal et que si tu t’y adonnes, tu seras forcément puni(e) de milles mots. Un peu comme à l’apparition du sida où pas mal de discours tournaient autour d’une punition divine sur les homos et les putes. Tout pareil.

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Alors écoute moi mon enfant. Je sais que tu n’as pas grandi avec Doc et Difool qui répétaient dans toutes les émissions  que le sexe, ce n’est pas saaaaaaaale. Ben oui, pourquoi ça le serait forcément ? Pourquoi avoir une sexualité me condamnerait à, je te cite « fissures anales, herpès génital, des trucs dans la bouche on sait même pas ce que c’est (tu manques cruellement de connaissances) » ? Peut-être te préoccupes-tu de ma santé ? Mais rassure-toi, mes trous vont bien, sauf l’oreille qui traîne un peu mais ça n’a rien à voir avec ma vie sexuelle. Peut-être ai-je eu de la chance mais tu sais, dans la vie, les gens en général se lavent et en cas d’infection, se soignent. Evidemment, il y a le cas des MST asymptomatiques mais bon, ça peut arriver même à des gens ayant très peu de sexualité… Quoi qu’il en soit, ayant une sexualité que je qualifierais de responsable, je n’ai jamais eu à connaître de tels affres.

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Mais voilà, ça montre bien le chemin qu’il reste à parcourir pour dédiaboliser la sexualité. Parce que si je comprends bien ton raisonnement, outre le fait que tu me penses abonnée à des bourrins incapables d’utiliser un lubrifiant (ou que j’ai des problèmes d’évacuation) et que je baise sans la moindre protection, ma sexualité induit forcément des maladies, il ne peut en être autrement. Après tout, c’est mathématique : plus je baise, plus je me soumets au risque d’attraper de vilaines MST. Oui, certes et on peut même arguer que certaines ne sont pas limitées par le port du préservatif. Soit. Ceci étant, rien qu’en sortant de mon chez moi, je côtoie souvent malgré moi des gens plein de microbes. Rien que dans le métro, tiens : je suis dans un lieu clos avec des dizaines de gens, je touche les poignets, les barres centrales, quelqu’un peut m’éternuer dessus et le mec assis à côté de moi peut être fiévreux… Oui, le risque zéro n’existe pas, dans aucun domaine, tu vois.

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Mais mon enfant, on peut avoir une sexualité épanouie sans choper toutes les merdes du monde. Surtout avec préservatif, c’est tout simple, c’est magique. Bon, je vais pas t’expliquer non plus comment les mettre, tu découvriras ça un jour, tu verras. Au pire, tu peux en acheter et t’entraîner. Et au pire, un petit traitement et on n’en parle pas, ça arrive même à ceux qui n’ont pas beaucoup de sexualité. Mais j’aimerais que tu comprennes vraiment, c’est important, que le sexe, ça n’est pas sale. Tant que ça se passe entre personnes consentantes, ça peut même être très beau, limite à en pleurer. Et puis vivre en harmonie avec son cœur, ses envies et ses désirs, ce n’est pas donné à tout le monde. Je comprends que tu me jalouses un peu pour la peine. Mais tu sais, si ça peut te rassurer, à ton jeune âge, moi aussi, je trouvais ça sale, je trouvais même intolérable de mettre un sexe dans une bouche mais finalement, j’ai découvert que donner du plaisir à l’autre est un tel kiff…


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Sérieux, il est vraiment temps qu’ils nous remettent Doc et Difool à la radio.

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I am for gay marriage, between a man and a woman

Par Marine

Copyright Arnold Schwazenegger, bien-aimé gouverneur de Californie et regretté Terminator.

Oh mais moi, j’ai jamais rien eu contre les homosexuels. J’ai même des amis qui le sont, homosexuels. Notez qu’en plus, je dis « homosexuel » et pas « pédé », qui est une insulte, ou encore « tafiole », qui est péjoratif. Ceux qui comprennent comprendront. Bref.

Hem.

Puis, par une belle après-midi fraîche et pluvieuse, tout bascula. Notez que j’emploie le passé simple. Tout bascula donc.

Gay gay gay.
Hayden Christensen. Gay.
Jonathan Rhys-Meyers. Gay. (si si vous connaissez, le gars qui vit la scène la plus érotiques de ces dernières années dans Match Point avec Scarlett Johansonn). Bientôt ils vont nous sortir Jude Law ou Jake Gyllenhaal (heureusement que les blondes sont là pour veiller sur le navire). Tiens, pourquoi pas Colin Farrell pendant qu’on y est?

C’est bien simple, à chaque fois que je me prends à trouver un homme un tant soit peu attirant à la télé, 2 jours après, pof, il cotise. Merde. Nicolas me dit « qu’est-ce que ça peut foutre? ». (Ouais, ça fait Nicolas, comme pseudo, c’est ça?) Bon. Nicolas, dit « la caution ». Il est marrant, lui. Forcément que lui, ça l’arrange que l’homme soit hormosessuel. Forcément, il entre dans le champ de ses possibles, d’une manière ou d’une autre. Le fantasme, c’est fait de ça, mon petit monsieur. Le fantasme on cherche pas à le réaliser. Mais quand-même, on se dit toujours qu’il y a un possible évanescent. Ben là, pour Rhys-Meyers, ben on peut même plus regarder le menu. C’est pas parce qu’on est au régime qu’on peut pas regarder le menu. Certes. Mais là, c’est un peu être allergique aux fraises en allant chez le primeur en mai. Horrible.

Tiens, avec Nicolas l’autre jour. On va manger. Le serveur, charmant. Tous les deux, on se dévisse le crâne. Mais j’ai pas réussi à savoir lequel de nous deux aurait (dans une 8e dimension, hein) aurait eu ses chances.

Merde quoi.

L’heure devient grave.

Je suis pour le tabou social. Pour la stigmatisation. Pour la persécution. Pour l’eugénisme. Pour qu’on découvre que la préférence sexuelle est génétiquement déterminée.

Oh n’y voyez pas une quelconque intolérance. Tout est dans Darwin. Et chacun voit midi à sa porte. Et l’herbe est plus verte chez le voisin. Enfin, la nature a horreur du vide et, au train où vont les choses, c’est bien le vide qui nous attend, mesdemoiselles. D’après Nicolas, on s’achemine vers du 50%-50%. L’enfoiré doublé d’hypocrite. Il croit m’endormir avec du quantitatif. Mais je pense qualitatif, moi, mon jeune ami.

Non parce que si pour un Rhys-Meyers pédé, on a un Sim hétéro, enfin tu vois, là, par exemple, ça me fait une belle jambe, j’ai envie de dire.

La nature a horreur du vide, et là, il avance à grands pas. Deux solutions, mesdemoiselles.
– Le traitement de fond, redevenir attirantes comme aux premiers jours de la nuit des temps, quand Adam n’avait d’yeux que pour Eve (et non pour le serpent). Pour cette option, je vous renvoie à mon article précédent « avoir un beau cul et une démarche de tasspé en même pas d’efforts« .
– Le traitement de crise, le combat.
Evidemment, ces derniers temps, j’ai pas mal forci. La Nouvelle Eve, ce sera pour une prochaine fois. D’où le choix de l’homophobie. Nicolas voit ça d’un oeil semi-vitreux. Mais si l’herbe est plus verte chez le voisin, je vois midi à ma porte. Et moi, j’ai jamais rien eu contre l’homosexualité. C’est elle qui a contre moi. C’est la pénurie d’hommes, si en plus les beaux passent du côté obscur de la force, c’est la merde, oui. C’est que moi, Jonathan Rhys-Meyers, je l’aimais bien, merde…

Et allez, notez que vous me preniez déjà pour une pouffe aux idées politico-sociales scandaleuses, vous voilà servis. You are terminated.

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Recette pour une bonne vieille régression

Par Gauthier

Bon je vous avais promis un article pour raconter mon week-end de débauche, c’est parti !

Ingrédients :
85 kg de Gauthier
15 litres de Vodka
15 litres de Champagne
1 bonbonne de coca
6 paquets de cigarettes
2 paires de draps
1 boite d’anxiolitiques
6 préservatifs
2 hommes (pédésexuels si possible)
1 tonne de figurants
1 mère de Gauthier
1 meilleure amie
1 plan « craka-miaou »
1 ami toulousain de passage
1 boite de nuit pédé
1 taxi
1 abonnement RATP
1 CB avec découvert autorisé
 

Laissez mariner le Gauthier dans une longue semaine de travail bien monotone, saupoudrez d’une pointe de manque de sexe et d’alcool et réservez jusqu’au Vendredi.

Pendant ce temps, faites monter à Paris 1 ami toulousain de passage pour le week-end. Prévenez le Gauthier 2 h avant qu’il est en galère de logement, et qu’il doit s’incruster pour la nuit. Sortez le Gauthier de sa marinade de boulot et faites lui faire le ménage du sol au plafond dans son appartement, attention, vous avez 2h pour que tout soit nickel !

Mélangez le Gauthier et l’ami toulousain de passage pendant une soirée, laissez reposer les médisances qu’il en ressort, et savourez ce grand moment langue-de-pute !

Le samedi, laissez partir l’ami toulousain de passage, pour qu’il puisse préparer son oral de Lundi. Pendant ce temps, envoyez le Gauthier (sans l’avoir nourri), avec 1 meilleure amie à un apéro blogueur à 15h. Installez tout le monde dans l’herbe, en ayant pris soin d’habiller le Gauthier avec un panta-court blanc ! Puis réservez dans un bar, arrosez généreusement de vodka. Il est 18h30, le Gauthier et la Meilleure amie sont fin saoules, vous avez 1h30 pour les amener en banlieue sud (option tiers-monde) pour le reste de la soirée.

Pendant ce temps, faites faire des galipettes sexuelles à l’ami toulousain de passage. Reproduisez l’expérience pour qu’il ait une heure de retard à son rdv avec le Gauthier et la meilleure amie. Réservez dans un RER B préchauffé à 45°C, laissez cuire 30 min.

Démoulez le tout dans le 94. Et servez dans une soirée taffioles. Vous aurez pris le soin de n’inviter que des homos entre 15 et 30 ans, surchauffés sexuellement, et relativement alcooliques. Remarquez la gêne (relative et très passagère), de la meilleure amie, quand elle s’aperçoit qu’elle est la seule vaginalement équipée de la soirée.

Arrosez généreusement de vodka et de champagne jusqu’à 3h du matin. Faites monter l’excitation en créant des couples qui forniquent dans les buissons, sur les bancs, dans les chambres, sur le canapé, dans la salle de bain… Pensez à arroser régulièrement pour ne pas risquer de laisser le Gauthier se dessécher, puis laissez le parler. Remarquez à quel point il bave sur le plan « craka-miaou » qui l’a invité à cette soirée. Souvenez vous que ce plan faillit se concrétiser, il y a 3 ans, et marrez-vous en sachant que le Gauthier va ronger son frein toute la soirée. Admirez avec quelle dextérité il hurle à qui veut l’entendre qu’il a fait une trithérapie préventive, il y a quelques semaines. Admirez enfin sa classe quand il vomit pendant 15 min dans les chiottes.

Envoyez la meilleure amie, l’ami toulousain, et le Gauthier prendre un bus de nuit pour rentrer. Mais pensez préalablement à laisser un message de sa mère sur son répondeur (message déposé impérativement après minuit). Installez le Gauthier sur un trottoir avec son téléphone pour qu’il écoute le message de sa mère, et réservez le temps que les autres en aient marre de l’attendre et qu’ils partent sans lui.

Prenez une CB (celle du Gauthier de préférence), et renvoyez le Gauthier demander au plan « craka-miaou » d’appeler un taxi pour lui (parce qu’il ne sait plus comment fonctionne son tel). Réservez sur le trottoir le temps que le taxi arrive, saupoudrez d’un vomi dans le caniveau.

Livrez un taxi incapable de rejoindre Paris avant que ça ne coûte 35€, et déposez le Gauthier dans une boite de nuit pédé. Arrosez de champagne, et réservez jusqu’à l’ouverture du métro. Admirez comment le Gauthier se ridiculise devant tout le monde en se cassant la gueule, et déclarant son amour à son ex-plan cul débile, ou à son ex-plan cul chéri. Notez que le Gauthier ne remettra plus jamais les pieds dans cette boite de toute sa vie.

Laissez mariner le Gauthier dans sa confusion mentale, et servir sur à un plateau à un homme en manque (mais alors très en manque) de sexe. Faire sortir le Gauthier de la boite, et le ramener chez lui, mettre sur la route de l’homme en manque « besoin d’aide ? », « je ne sais plus où j’habite », « je t’accompagne ».

Réservez dans un métro plein d’odeurs suspectes. Observez le self-control du Gauthier qui refuse de vomir en public, et qui ignore (oublie ?) l’homme qui l’accompagne. Servez le couple dans un appartement surchauffé, et mélangez jusqu’au coma éthylique. Remarquez la tête du Gauthier au réveil quand il se rend compte qu’il a enculé un métis toute la journée (grande première). Sortez du lit à 16h, lavez, et virez l’homme sans avoir oublié d’avoir regardé sa carte d’identité pour vérifier son âge et son nom (le Gauthier est encore saoul, mais il n’aime pas qu’on lui mente, il aime avoir raison, mais comme il est encore saoul il se fait piquer « Tu as regardé ma carte d’identité ? » « Non, tu me l’as dit hier soir… »).

Laissez reposer le Gauthier 2h devant Internet, puis faites sonner son tel. 7h48 lui propose un repas avec son petit frère et Nina. Faites enfiler au Gauthier un panta-court blanc (le même, mais taché, il ne s’en apercevra qu’une fois arrivé à destination), et envoyez le dans le Marais. Remarquez sa démarche chaloupée (les claquettes c’est pas fait pour marcher quand on est bourré de la veille). Réservez le groupe d’épave dans un resto rose, et arrosez de vodka et de bouffe grasse. Remarquez que le Gauthier ne peut s’empêcher de s’enfiler 4 litres de coca à la minute : la cuite, ça dessèche… Ecoutez la conversation, tout le monde flotte encore dans ses vapeurs d’alcool, la vie est triste (belle ? simple ? on s’en fout, on ne se rend plus compte là…)

Pendant ce temps, préparez la vengeance divine. Les intestins du Gauthier lui rappelleront ainsi qu’il n’a plus 20 ans. Et observez avec quelle dextérité il traverse deux arrondissements en courant pour ne pas salir son panta-court (encore blanc ?). La malédiction de la chiasse post-cuite sera t elle fatale ou pas ?

Réservez aux toilettes pendant 40 min. Admirez le talent du Gauthier qui a réussi son défi divin. Ensuite mettez la viande dans le torchon. Mais avant, changez les draps maculés des restes de la journée (non ce n’est pas du sperme, non ce n’est pas du vomi… Vous avez trouvé ? Maintenant vous pouvez vomir 😉 )

Faites sonner le réveil à 8h, et plongez le Gauthier dans une nouvelle semaine de monotonie anxiolisée. Laissez mariner jusqu’à la Gay Pride.

Vous obtenez une magnifique régression marinée dans son jus de vodka et de sperme vomitif, à servir chaud avec un bon champagne lexomilé.

Ps : relisez les ingrédients, quelque chose doit vous choquer, allez, je vous mets sur la voie, il s’agit du nombre d’hommes. Ça vous parle ? Oui, le Gauthier a eu un homme dont il n’est pas fait mention dans cette recette… Les paris sont ouverts… (qui, quand, où, comment, pourquoi…). La réponse quand j’en aurai envie 😉

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Mes Catherinettes

Hé oui, les enfants, ça me pendait au nez depuis une bonne année et demie : me voici catherinette. En rompant avec Guillaume en juin 2004, c’était inévitable. Même si j’étais restée avec lui, j’y aurais eu droit !
 
Comme je suis d’une jeune fille d’une banalité affligeante, j’ai donc décidé de fêter mes Catherinettes cette année… avec deux hommes au Marais ! Normalement, les Catherinettes, c’est un peu un enterrement de jeunes filles pour célibataires, ça se fait entre copines mais après tout, Mister Big et Gauthier partagent mon intérêt pour les hommes donc on peut dire que ce sont mes copines !
 
 
C’est qui Catherine?
Avant de vous raconter, un brin d’histoire : Catherine a vécu à un siècle passé, j’ai oublié lequel (VIe, je crois). Cette demoiselle a trois auréoles : celle de la vierge, celle de docteur de l’Eglise et celle de martyre : une blanche, une verte et une jaune, je suppose que c’est là d’où viennent les couleurs du chapeau de Catherinette (jaune et vert). Notre amie Catherine attira la convoitise de l’Empereur Maxence qui voulut l’épouser mais elle ne voulait pas car elle était mariée à Jésus donc, pour commencer, l’Empereur lui envoya pléthores de philosophes pour la convertir mais Catherine est trop forte, c’est elle qui les convertit. Maxence était quelqu’un de très patient et de très drôle, il décide de la soumettre au supplice de la roue, ça lui apprendra. Donc on commence à l’écarteler mais, ô miracle, une roue casse donc elle finit pendue. Dieu est donc sadique : au lieu de la faire mourir lors de la première torture, il lui impose une pendaison en plus, sympa !
 
Donc notre amie Catherine devient la sainte patronne des jeunes filles célibataires, donc de moi. Comme je suis une nana qui aime bien s’amuser (et se péter la honte), il était hors de question que je ne fête pas mes Catherinettes. Au début, je comptais redescendre à Toulouse pour fêter ça avec Anne qu’est Catherinette aussi (comme je balance) et Lucie qui ne l’est pas encore parce qu’elle est née en fin d’année mais pas loin. Finalement, suis restée à Paris et me voici à célébrer mon célibat avec Gauthier et Mister Big, sur Paris pour l’occasion. Au départ, Gauthier m’avait promis un chapeau plein de gode mais ça aurait fait cher le chapeau.
 
Vendredi, jour J. Gauthier m’appelle vers 18h, par là, pour me demander d’arriver vers 21h, par là, je lui dis que j’attends ma sœur qui doit passer à la maison récupérer des trucs donc j’arrive dès que possible. Il commence à s’esclaffer : « tu vas voir ton chapeau, c’est Mister Big qui a eu l’idée ! ». Là, j’ai peur car Mister Big est un être plein d’imagination… Mais à un point difficilement imaginable. Surtout que derrière, j’entends Mister Big qui crie : « J’espère que t’as pas peur des effets chimiques ! ». Oh la vache, à ce point ?
 
Un chapeau dans le Marais
22h, j’arrive chez Gauthier (personne ne commente mon retard, merci !), Mister Big tient un pull pour cacher mon chapeau. Sur le coup, je me demande ce qu’il fabrique : « tu fais sécher ton pull ou quoi ? ». Gauthier me pose dans un coin de l’appartement, appareil photo à la main : « Je veux prendre en photo ta tête quand tu verras le chapeau ». Là, j’ai vraiment la trouille, qu’est-ce qu’ils ont fait ? Le pull disparaît et… j’explose de rire ! Ces andouilles ont acheté les playmobils ouvriers donc je me retrouve avec une brouette playmobil et deux ouvriers en train de se sodomiser sur ma tête, le tout accompagné d’une mini bouteille de champagne (pas une vraie). Première réaction : « Oh, c’est trop mignon ! ». Oui, il faut que tu saches, lecteur, que j’ai une passion pour les Playmobil, c’étaient mes jouets quand j’étais pitite et encore aujourd’hui, je traîne toujours au rayon des jouets en soupirant : « à mon époque, ils n’étaient pas aussi élaborés ! ». Je me souviens d’une fois où j’étais montée en Andorre avec Guillaume, j’ai passé deux heures à m’extasier sur les Playmobils. En rentrant chez moi, le soir, il me fait : « j’ai un cadeau ! » et me donne une petite boîte de playmobil. Bon, et bien, du haut de mes 23 ans, j’ai trouvé ça trop mignon.
 
Mais je reviens à mon chapeau : ils l’ont enrubanné de papier crépon et y ont greffé deux sublimes tresses en crépon jaune et verte. Je le coiffe et là, clou du spectacle : Mister Big appuie dessus et mon chapeau se met à joyeusement clignoter : ils ont glissé une guirlande de Noël (qui marche à piles) dans le crépon. Que je suis belle ! On se boit une bouteille de champagne très bonne (merci Mister Big) puis nous nous rendons dans notre restaurant de prédilection, dans le Marais. Les Parisiens sont des gens tristes : personne ne me regarde alors que mon chapeau clignote joyeusement, je suis totalement ignorée. Tant pis. Arrivés au restaurant, la gentille petite serveuse s’extasie : « quel beau chapeau ! ». Elle me fait asseoir à une table au milieu de la salle et me demande pourquoi je porte ça.
« C’est pour les Catherinettes, c’est pour dire que je suis célibataire ! Comme ça, les mecs viennent me draguer.
– Mais…euh…vous savez, on n’est pas dans le bon quartier, là ! »
N’empêche que les homosexuels sont drôles, eux, au moins, ils apprécient mon chapeau à sa juste valeur. A une table voisine, quatre jeunes hommes qui ne sucent pas que des caramels me voient et se mettent à m’applaudir donc je joue la Reine Mère. Pour ceux qui ne fréquentent pas notre groupe de débiles joueurs, le salut de la Reine mère consiste à légèrement lever la main droite et la tourner très lentement de gauche à droite. Genre : je fonctionne à trois à l’heure parce que je suis centenaire, quand même. Du coup, un de ces jeunes hommes se jette sur moi et me tape la bise, ce que je trouve adorable.
 
On dîne, je me délecte de la sublime purée maison et du moelleux au chocolat qui est carrément orgasmique. Après le dîner, vu que j’ai déjà raté mon métro, on se prend un cocktail digestif, le serveur fait mine de filer ma pina colada et le cocktail des garçons à la table voisine qui se rend soudain compte que j’ existe, j’entends passer le mot « catherinettes »… Ça existe pas à Paris ou quoi ? Bon, on file de là, la serveuse me souhaite une bonne soirée (c’est ma nouvelle copine, na !). On erre dans le Marais, plein d’hommes qui n’aiment pas les vagins s’extasient sur mon couvre-chef, je fais ma star… Après tout, la hontitude, je gère parfaitement.
 
Sinistres parigos
Sauf que quand on sort du Marais, je repasse du côté invisible de la foule, les gens marchent et ne calculent rien. Comme on est fous, on décide de retourner à notre bar fétiche, celui où on s’était pris une honte monstrueuse la veille grâce à Mister Big : non seulement il a lâché un rot énorme pile à la fin d’une chanson, ce qui nous a valu les applaudissements des tables voisine (même le pauvre chanteur qui s’escrimait depuis deux heures avec sa guitare et son gros nez n’a pas eu autant de succès), mais en plus, il a trouvé très drôle de me jeter mon Hawaïan blue sur les cuisses (il ne l’a pas fait exprès, hein !). Donc comme on trouve qu’on n’en a pas encore assez fait, on y retourne avec mon chapeau vert et mes lumières qui clignotent. La serveuse, qui aime beaucoup Gauthier, vient nous servir en rigolant mais là, encore, les clients nous ignorent plus ou moins, malgré les fous rires gras qu’on a.
 
On rentre enfin chez Gauthier, fin de la soirée. En conclusion :
– je remercie les deux jeunes hommes pour ce chapeau très amusant, ça m’a fait plaisir.
– les Parisiens sont blasés de tout et ils fêtent même pas les Catherinettes (ni le Beaujolais, je crois).
– les homos sont la frange de la population la plus sympa.
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