Range ton argument d’autorité

Longtemps, j’ai eu un énorme tort, un tort fortement répandu, d’ailleurs : j’en appelais à l’argument d’autorité. En gros, pour caricaturer à peine, je me targuais de mes diplômes qui étaient censés agir telle une massue pour faire taire à jamais mon contradicteur. Sauf qu’il va falloir nuancer très fortement.

Le diplôme comme argument d'autorité ?

Parfois, je débats. En ce moment pas trop… enfin si, je me débats mais avec mon burn out. Mais parfois, je vois des propos qui m’agacent ou me choquent et, dans un élan d’ennui, je me lance. Oui parce que pour me frotter à ça, il faut du temps. Balancer une punchline assassine à un crétin et s’en aller comme une princesse en refusant tout dialogue par la suite, ce n’est pas du débat. C’est soit du troll soit une volonté de faire comprendre au reac gogolito que non, son avis ne fait pas consensus. Et il m’arrive parfois aussi de signaler à quelqu’un que ce qu’’il dit n’a aucun sens car je ne peux m’empêcher de l’imaginer en train de taper doctement son texte,persuadé d’être le détenteur du savoir ultime… sans doute mais si tu oublies d’inviter la syntaxe et la grammaire, on va avoir du mal à être touché par tes révélations, hein… Et je vous vois venir, on en parlera une prochaine fois de la maîtrise de l’orthographe, grammaire et tout ça… (je l’ai déjà promis, je crois, en plus). Cependant, ici, le problème n’est pas tant un manque de maîtrise de la langue française mais plus une volonté d’utiliser un vocable compliqué pour… faire autorité. Mais comme dirait Boileau, ce qui se comprend clairement s’énonce aisément.

Jargon

Je suis hors sujet ? Pas tellement. Dans n’importe quel débat où vous rentrez ou bien que vous ne faites que suivre, il y aura souvent un (ou plusieurs) participant qui va arriver en brandissant son diplôme, sa culture (en utilisant un vocabulaire ronflant et souvent mal à propos mais peu importe) et son éducation (“ah, vous m’insultez, je gagne donc le débat”). Alors ok mais… Pour ma part, j’ai un bac+5 en journalisme après un bac+4 en histoire et un bac+4 en science politique. Diplômes qui ont entre 12 et 14 ans, déjà et qui peuvent me donner une certaine autorité dans un certain contexte précis, à savoir sur mes sujets de mémoire et encore… C’est à dire que j’ai étudié ces sujets y a plus d’une décennie et que j’en ai conservé un certain savoir MAIS… alors on va parler d’histoire précisément mais l’Histoire n’a jamais une seule lecture et il est possible que la grille de lecture que j’ai utilisée y a plus d’une décennie ait été remise en cause depuis. Ou que les faits ait évolués. Un pays peut avoir été un bel exemple de ci ou ça. Par exemple, le Brésil risque de se retrouver avec un second tour gauche-extrême droite donc si l’extrême droite passe, je sais pas si ce que je sais du Brésil d’aujourd’hui pourrait me donner une réelle autorité sur le Brésil de dans cinq ans par exemple, à moins évidemment de toujours étudier le sujet. Mais avoir su ne veut pas dire savoir.

Rio de Janeiro au Brésil

Il y a également la science, au sens très large du terme, où le moindre UE validé de médecine semble te placer au-dessus de la mêlée. Je ne rentre pas dans les débats sur la médecine car en guise de savoir, je n’ai guère que de certitudes et une petite culture grâce à mes parents mais effectivement, ce n’est pas moi qui vais vous expliquer comment marche un médicament, par exemple. Par contre, y a un truc que je comprends assez : c’est que la super dilution de certains principes actifs ne peut pas donner un médicament fiable. Et oui, nous rentrons sur le terrain joyeux de l’homéopathie sur lequel je vois de nombreux débats (enfin, moi, je ne vois que des gens qui défoncent l’homéopathie, j’avoue) et là, les arguments d’autorité fusent dans tous les sens, tout débat commence par l’annonce des années d’études “hé mais moi, j’ai étudié 10 ans l’homéopathie alors pouet pouet cacahuète”. Oui alors étudier pendant X années n’est pas forcément un argument. Moi, je suis sûre que j’aurais aucune difficulté à faire dix ans d’études en médecine… mais je ne garantis pas que j’arriverai en deuxième année. Voyez le truc ?

Aurora et Mariano dans Teresa

Après, il faut arrêter de confondre culture et intelligence. Tu es cultivé ? C’est bien. Faudra un jour qu’on discute de la culture acceptée voire sacrée versus une culture plus populaire. Tu as fait des études et t’as même des diplômes ? Cool, super. On parlera une autre fois de la valeur d’un diplôme. Tu vois par exemple, moi, j’ai jamais été une grosse bûcheuse (enfin, à la fac si mais parce que j’aimais ça de ouf) mais j’ai une bonne mémoire. Recracher correctement un savoir, ce qui satisfait certains profs, ne fait pas de moi quelqu’un d’intelligent. Bref, le fait d’être plus diplômé.e, cultivé.e ou poli.e que votre contradicteur ne vous donnera pas la victoire. Présenter vos arguments sans enrubanner ça d’un jargon peu compréhensible voire pas compréhensible du tout, par contre…  

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Cette bande annonce qui m’a trompée

Quand je vais au cinéma, je fais bien attention à ne pas rater le début de la séance car ils passent un truc que j’adore : les bandes annonces. J’aime bien prendre ces morceaux de films mis bout à bout et imaginer l’histoire du long métrage derrière. Sauf que maintenant, la bande annonce te spoile méchamment le film. Comme dirait le fossoyeur de films “maintenant, aller au cinéma, c’est payer pour voir la version long métrage de la bande annonce”. Et c’est pas faux ! Je me souviens par exemple avoir vu le film Le Saint avec val Kilmer et à un moment, le personnage est censé être mort ou disparu (j’ai un souvenir très diffus de ce film) mais je savais que c’était un leurre. Parce que c’est le héros donc immortel ? Non parce qu’une image de la bande annonce le mettant en scène n’était pas encore passée… Et c’était extrait d’une des dernières scènes du film. Bravo champion.

le-saint-kilmer

Mais parfois, les bandes annonces sont montées de telle façon qu’on te raconte une tout autre histoire. Bonne nouvelle, on me spoile pas le film mais mauvaise nouvelle, ça peut être absolument déceptif. Prenons par exemple les comédies : on peut être sûr que les meilleures vannes seront dans la bande annonce, faut donner envie quand même. La question devient alors : est-ce que le film est à l’avenant où on a eu droit aux seules trois bonnes vannes de l’oeuvre. L’avantage, c’est que si on n’a pas rigolé sur la bande annonce, on peut déjà se passer de voir le film.

Dès la bande annonce, tu sais que tu n'iras pas voir ce film

D’autres fois, tu vois un teaser et là, ton imagination construit une histoire en deux minutes trente et tu veux aller voir ce film… Sauf qu’il n’existe que dans ta tête en fait. Comme par exemple… A la poursuite de demain. Quand j’ai vu la bande annonce pour la première fois, alors que le film s’appelait encore Tomorrowland, j’avais très envie de le voir, d’autant que la grande ville me rappelait follement Esthar de Final Fantasy VIII, jeu auquel j’ai beaucoup joué, juste pour les cinématiques et parce qu’il se finissait beaucoup plus vite que Final Fantasy VII. Et un peu Zanarkand de Final Fantasy X, jeu que je n’ai jamais terminé, tiens… Bref, j’étais motivée pour le voir même si je craignais d’avoir un George Clooney version “je suis venu cachetonner mais j’en ai rien à foutre du film, bisous !”. Puis les distributeurs français ont décidé de lui donner un titre français “À la poursuite de demain”, douchant immédiatement mon enthousiasme. Déjà, est-ce que les gens qui traduisent les titres de films peuvent arrêter de parodier des titres d’autres films ? Genre le “entre amis”, là. Surtout qu’en général, ça n’annonce vraiment rien de bon, ça fait “hé, ce film est une merde mais on a mis un titre proche de celui d’un autre film que vous avez aimé pour vous attirer dans les salles”. 

Ici Esthar

Ici Esthar

Zanarkand

Et là Zanarkand

Magie, magie, Tomorrowland se matérialise sur mon disque dur et un soir de “on fait rien”, on décide de se mater ça avec Victor. Et… Ben pour ce que j’en ai vu parce que je me suis endormie un bon moment, c’est mauvais. Je vais citer Victor qui lit par dessus mon épaule tandis que j’écris cet article “Non mais parle de la scène d’exposition qui te fait croire que la fin du monde est imminente afin de créer un enjeu alors qu’à la fin du film, tu comprends que pas du tout, c’est malhonnête !”. Ce n’est certes pas le sujet mai un peu quand même car il y a une autre chose de malhonnête dans ce film : la bande annonce ! Donc là, je vais spoiler mais le film est nul de toute façon ! En fait, dans le film, l’insupportable héroïne dont j’ai oublié le nom trouve un médaillon qui la fait switcher de son monde actuel (le présent) à cette société futuriste incroyable où elle va prendre une fusée, moment qui constitue l’essentiel de la bande annonce et qui m’avait mis l’eau à la bouche… sauf qu’on apprend au bout de 20 mn de film qu’en fait, ce qu’elle a expérimenté n’était qu’une publicité pour une ville qui n’existera jamais. L’enthousiasme de la jeune insupportable est douché et mon intérêt pour le film envolé.

Et donc là, c'est Tomorrow Land

Et donc là, c’est Tomorrow Land

On a en France un vrai problème avec les bande annonces. Je sais pas bien comment ça se passe à l’étranger mais nous, soit on te raconte tout le film parce qu’on veut t’en mettre plein la vue et que les scènes finales sont généralement plus dantesques que le début (surtout pour les blockbusters) soit on te raconte un truc qui n’a rien à voir parce que les seules scènes cool du film mises bout à bout sont trompeuses… Mais on s’en fout, on veut que tu craches ton billet de 10 pour voir ce film qui, en fait, n’existe pas ou que tu connais déjà. Et encore, quand je dis 10, je parle pour les versions 2D.

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En attendant, je suis toujours à la recherche de ce film d’anticipation avec une ville cool et lumineuse qui me donnerait envie de vivre dans le futur, une belle utopie… Je ne désespère pas ! Mais je me fierai plus aux bande annonces pour choisir un film, par contre. Et je vous mets les cinématiques de Final Fantasy VIII et X car ça me fait plaisir

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C’est historique

Depuis quelques temps, mes rares plages lecture (je vais au boulot à pied) sont consacrés au Nouvel Obs. Tout ce bain d’actualités, ça me fait réfléchir : les guerres, les catastrophes, la crise, les maladies… On a comme la sensation d’une charnière, d’une histoire qui change, d’un avant et d’un après. Mais mesure-t-on réellement la portée de ce que l’on vit ?

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Ce qui m’a toujours fascinée en histoire, c’est le phénomène de feu au poudre ou encore l’effet domino. En découvrant l’assassinat d’un archiduc à Sarajevo en 1914, a-t-on pressenti que le premier domino s’écroulait et allait déterminer toute l’histoire du XXe siècle ? A contrario, certains événements n’ont-ils pas été surinterprété ? Considérés comme une date que personne n’oubliera alors que dans 50 ans, ça restera du domaine de l’anecdote ? Quelles dates restent inscrites finalement dans l’histoire ? A brûle pourpoint, je dirais 476, la fin de l’Empire Romain d’Occident, 1492, 1789, 14-18, 40-45 et 1989. Bien sûr, ma réponse est pas mal conditionnée par ma nationalité et je choisis un peu les dates fixées par les historiens pour marquer la fin des grands périodes historiques (Antiquité (476)/Moyen Age (1492 ou 1515, ça se chamaille)/Epoque moderne (1789 ou 1815, là aussi, c’est pas clair)/Contemporaine). Et le reste ? Tout est historique, rien ne l’est ?

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Prenons un exemple concret : le 11 septembre. En Histoire, les siècles ne commencent pas un 1er janvier XX00 pour se terminer un 31 décembre XX99 (je me souviens plus très bien si les siècles commencent les années 00 ou les années01). Non, on choisit un événement clé. Exemple : le XXe siècle est débutant en 1914. Donc le XXIe siècle débute le 11 septembre 2001 ? Pas si sûr. En 2002, l’historien René Rémond était venu faire une conférence au Mirail et estimait que le 11 septembre n’était pas une date charnière de notre histoire et je suis pas loin de le suivre. Il me semble, sans recul aucun, que les révolutions arabes pourraient être bien plus importantes en fin de compte. Evidemment, faut attendre la suite, je sais pas encore si on a assisté à l’étincelle de la mèche de la dynamite ou à un pétard mouillé. 

Et pourtant, ça bouge, ça craque, ça s’agite. L’Europe est submergée par le mécontentement de ses classes les moins aisées (y compris la classe moyenne) qui en ont marre de payer quand les plus hautes sphères paradent accrochées à leurs parachutes dorés. Que l’insécurité est partout et je ne parle pas de violence mais de vie en général : le monde s’effrite visiblement, notre nourriture nous empoisonne, nous sommes tous menacés par un capitalisme qui a perdu la tête. Où va-t-on ? C’est là que je suis intriguée car on sent un ras-le-bol, une envie d’autre chose mais une envie de quoi ? L’heure des révolutions va-t-elle ouvrir la porte à des fronts de gauche basés sur une égalité, un rééquilibre ou, au contraire, à des partis populistes qui cachent leurs élans xénophobes en expliquant qu’au fond, si on est dans la merde, c’est bien la faute des étrangers qui nous prennent tous nos sous. Et surtout les étrangers colorés, c’est qu’ils sont plus faciles à reconnaître et donc à montrer du doigt. Le dossier du Nouvel Obs sur la montée de l’extrême droite en Europe fait peur. La nouvelle image assez glamour du FN grâce à sa blonde Marine (entre nous soit dit, son relooking est effectivement une réussite, c’est pas pour autant que je voterai pour elle) me fait froid dans le dos vu qu’elle capte pas mal de déçus du sarkozysme, trop ancrés à droite pour choisir une alternative de gauche. 

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Où va-t-on ? Peut-être nulle part, l’année 2011 ne restera peut-être pas dans les mémoires en fin de compte. Si on prend 1956, par exemple, avec l’insurrection de Budapest et les émeutes de Poznan, on aurait pu croire au début de la fin du communisme. Cette année là aussi, il y avait eu la guerre de Suez. In fine, qui se souvient vraiment de 1956 ? Le monde s’emballe mais peut-être va-t-il se calmer, que nous continuerons notre train train et que rien n’aura vraiment changé. Ou nous sommes à l’aube d’un grand bouleversement. Comment savoir ? Le mieux est de garder les yeux ouverts. Dans 10 ans, on saura (ou pas).

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J’ai 25 ans

Depuis le début de ma nouvelle vie (aka mon nouveau boulot), je vis une étrange expérience que nous appellerons “non mais tu ne fais trop pas ton âge!”. Hé oui, si ma carte d’identité indique que je vais bientôt avoir 31 ans, mon corps, lui, s’en fout bien et ne suit pas. 25 ans quand je suis maquillée. Je suis descendue à 20 cet été dans le train post-vacances suite à non maquillage d’une dizaine de jours consécutifs.

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J’aime bien cette idée. Si je me penche un peu sur ma vie, mon parcours, mes envies, ouais, j’ai pas 31 ans, j’en ai 25. J’ai 4 ans d’expérience professionnelle mais j’ai l’impression que je viens à peine de finir mes études et je dois tout apprendre. En fait, plus j’avance dans ma carrière professionnelle et plus je me frotte à un univers que je n’ai pas eu l’occasion d’appréhender lors de mes études : le marketing. C’est assez amusant de discuter avec mes collègues qui ont tous fait écoles de commerce, master en marketing et communication. Et moi “oh non, moi, j’ai étudié l’Histoire, les sciences politiques et le journalisme”. Ouais, je suis ce qu’on peut appeler un ovni. Plus vieille que les autres, un parcours qui n’a rien à voir, une confession “tu sais, avant de commencer le boulot y a 4 ans, je n’avais jamais fait de powerpoint”. A l’arrivée, ça ne me rend pas moins compétente, l’école du terrain reste la meilleure. Mais force est de constater qu’avec mes collègues de 25-27 ans, je me sens dans mon élément. Alors je décide de redescendre à 25 ans.


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Après tout, c’est cohérent. On ne sait jamais laquelle de ma soeur ou de moi est la plus âgée (officiellement moi mais elle, elle se marie, va faire un gosse alors que j’arrive à peine à régler ma peur de l’engagement), mon corps rajeunit de jour en jour grâce à un traitement à base de crèmes hydratantes et de sport (après, faudra que j’arrête le tabac). Alors pourquoi ne pas tricher ? Pourquoi ne pas se dire que hop, coup de baguette magique, je gagne 6 ans. Evidemment, mes mécaniques internes ne vont pas rajeunir, elles, mais j’aime cette idée. A y penser, 6 ans de gagné, ça donne le vertige. Y a 6 ans, pile aujourd’hui, j’arrivais sur Paris. Depuis j’ai vécu des milliards de choses, rencontré des tas de gens, accumulé les boulots, eu de bons moments, de très très bons moments mais aussi des plus difficiles, très difficiles.

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A 25 ans, j’avais quand même de sacrés avantages : outre la carte sncf 12-25 (que je ne pourrai jamais récupérer, ma trombine de jeune fille ne marche pas, il faut leur filer la carte d’identité), je pouvais faire la fête toute la nuit sans mettre trois jours à m’en remettre, ne pas m’entendre dire que mon prochain mec devrait quand même être le bon parce
que bon, tu comprends, si tu veux faire un bébé, faudrait voir à trouver le père maintenant… Et ne dis pas que tu n’en veux pas, tu n’en sais rien, c’est viscéral, fillette. A 25 ans, tu commences la vie, tu vis tout les yeux grands ouverts, tu respires à plein poumons.


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Mais voilà, même si mon visage me fait gagner 6 ans sans rien faire, même si ma maturité émotionnelle est plus en phase avec mes 25 ans qu’avec mes 31, c’est pas comme ça que ça marche. J’ai quasi 31 ans, c’est un fait. Mais en fait, ça ne veut strictement rien dire. Après tout, que suis-je censée avoir à 31 ans ? Quelle est la norme ? Celle de Paris ou
celle de province ? Au fond, tout ça ne veut rien dire. J’ai déjà vécu beaucoup de choses, j’ai eu plusieurs vies, quelques part. Et j’ai encore tout à tas de choses à vivre. Peu importe si je ne suis ni mère, ni épouse, ni proprio. Moi, j’ai envie de voyager et d’apprendre des milliers de choses. J’ai envie de continuer à vivre les yeux grands ouverts et respirer à plein poumons. Glousser quand on me dit que j’ai 25 ans. Je serai sage plus tard, quand j’aurai 40 ans. Ou 46, ça dépend si je m’en réfère à ma bouille ou à mon état civil.

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C’est bonne ambiance en ce moment

« Mais qu’est-ce qui se passe ? » comme dirait Zidane. Ces derniers temps, lire les infos devient particulièrement pénible et mauvais pour mes dents : à force de les grincer, je vais finir par les casser. J’ai la sensation d’assister à une corrida malsaine où les toréadors, aka le gouvernement et ses amis, secouent violemment les muletas du nationalisme et de l’identitaire. Sauf qu’à la corrida, c’est pas toujours le taureau qui perd.
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En vrac, on a eu la burqa, les Roms, les joueurs noirs de l’Equipe de France (leur couleur est moins dérangeante quand ils gagnent), les faits divers où à la fin, y a quelqu’un qui meurt ou qui termine mal en point. Côté positif, on a Christophe Lemaître, le Blanc qui court plus vite que les Noirs. Et comme on trouvait qu’on n’avait pas encore assez mis le feu, on rajoute sur ça une histoire de déchéance de la nationalité en cas de crime. Mais au vu de la longueur de la liste (et tous les jours, on en rajoute), je pense que bientôt, on va perdre la nationalité pour fraude dans le métro. Je suis mal, moi, je suis Française depuis tellement de générations qu’on ne sait plus (déjà au XIIIe siècle, côté grand-mère paternelle, on était là), je vais me retrouver apatride ! Ah mais suis-je bête, dans le métro, la bonne aryenne que je suis ne se fait pas contrôler. Et ça, ce n’est pas une mesquinerie. Vous regarderez, dans le métro, quand les contrôleurs sont dans les couloirs, ils n’arrêtent que les passagers les plus sombres, c’est un fait. Triste mais un fait.

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Bref, on nous monte joyeusement les uns contre les autres. Sur20 mn, tous les articles sur les faits divers ont les commentaires fermés à cause de trop nombreux débordements. Par exemple, tiens, dimanche, je me fais mes petites 5 heures de train, je lis l’appli 20 mn pour m’occuper, il y a un article sur un fait divers, le viol d’une jeune fille de 17 ans sur une plage marseillaise. Triste histoire mais voilà, commentaires fermés pour éviter tout débordement. Parce que Marseille, parce que forcément, bien qu’on n’ait aucun élément sur les agresseurs, on va partir du principe qu’ils étaient basanés. Et pas juste parce qu’ils ont passé la journée. Après tout, si Sarko veut déchoir les criminels de la nationalité française, c’est bien parce que ce sont tous des immigrés, c’est bien connu. Hum.


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Alors forcément, comme je connais un peu mon histoire, vous savez, la discipline que pas mal d’entre vous trouve totalement inutile, ça ne me rappelle pas de bonnes choses. Oui, je sais je commence à flirter avec le point Godwin, peu importe. Mais reprenons cette histoire de sport : trop de Noirs sportifs, un Blanc qui les surclasse et qui est porté aux nues… Bon, il a gagné, c’est bien, hein, je ne diminue pas du tout sa victoire mais bon, j’ai vu plus de photos de lui que de Myriam Soumaré pour illustrer cet championnat d’Europe. Bref, trop de commentaires sur la couleur des athlètes, pardon, mais ça m’évoque vaguement 1936… Puis tout ce populisme, la peur, le repli identitaire face à « l’envahisseur », ce n’est jamais bon signe. Et à trop secouer les chiffons rouges, ça finit par un drame. Laissez-moi vous conter une histoire, une Histoire, devrais-je dire. Cela se passe en avril 1987, en Yougoslavie, pays déchiré par les différents nationalismes puisque le seul ingrédient permettant à toutes ces ethnies de vivre ensemble avait été Tito. Mais il est mort et c’est tendu. Slobodan Milosevic se rend au Kosovo s’adresser aux nationalistes serbes qui se prétendent (à tort ou à raison) victimes de discriminations et de violences de la part des Albanais, majoritaires dans la région. Lors de sa visite, les Serbes sont victimes de jets de pierres de la part de policiers albanais. Milosevic s’est alors engagé auprès des Serbes à ce qu’ils ne soient plus jamais frappés. Sauf que l’histoire démontrera par la suite que ses pierres avaient été « négligemment » posées là par le staff de Milosevic. Ce dernier a ensuite été élu président de la Serbie et j’ose supposer que vous connaissez la suite.

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Alors certains me rétorqueront, à raison, qu’on ne peut pas comparer la Yougoslavie de l’époque à la France d’aujourd’hui, l’Histoire (tiens, encore elle…) n’est pas la même. C’est vrai. Certains me feront encore remarquer que la xénophobie ne date pas d’hier et que les Arabes et Noirs stigmatisés d’aujourd’hui, ce sont les Espagnols, Italiens et Portugais d’hier. C’est vrai aussi. Cependant, même si l’Histoire a pu nous prouver que la pression très forte sur une minorité ethnique ne provoque pas forcément une guerre civile, il n’en reste pas moins que je trouve le climat super malsain et ça ne me met pas à l’aise. De mémoire, Sarkozy se voulait le Président du rassemblement, il disait qu’ensemble, tout devenait possible. Ensemble, ça veut juste dire les gentils Français pure souche (au passage, petit quiz impromptu : le papa de Sarkozy est de nationalité… ? Oui, voilà…) ? Les gentils travailleurs victimes des vilains délinquants. Attention, je ne nie pas qu’il existe des problèmes et que dans certains quartiers, on en crève de ne plus oser sortir de chez soi. Un twitterer (je refuse de dire twittos) lançait un débat assez intéressant d’ailleurs, je le cite : « Je me demande si les gens qui vivent dans des quartiers où les flics ne peuvent plus aller, contrôlé par les dealers et où il y a une vraie insécurité font des blagues sur Sarkozy. J’aimerais savoir si les gens qui se moquent là sont concernés par ces problèmes ou s’ils regardent ça de leur tour d’ivoire bien pensante. Ceci n’est pas de provocation, j’aimerais savoir ». (posté en plusieurs fois). Bonne question. Pour ma part, je vis en banlieue familiale où les petits rebelles te disent pardon s’ils prennent trop de place sur le trottoir donc forcément… Après, je ne connais pas la vie en « vraie » banlieue, celle qui fait peur au JT. Justement, celle qui fait peur Au JT, je n’ai aucune idée de sa réalité. Mais si je m’en réfère à l’Histoire (lalala), l’insécurité dans les quartiers les moins huppés a toujours existée, depuis que l’homme est homme, j’ai envie de dire. La différence, c’est l’éclairage qu’on lui donne. En ce moment, j’ai l’impression que chaque fait tragique est exhibé sous une masse de projecteurs aveuglants. Non mais t’as vu dans quel monde on vit ? On ne peut plus avoir un accrochage en voiture sans se faire battre à mort, se baigner sans se faire doigter, prendre le rer sans se faire agresser… Evidemment que toutes ces histoires sont dramatiques mais à ne parler que de ça, ça donne des gens totalement effrayés. Et la dernière fois, ça nous a donné un Le Pen au 2e tour. Si on doit retenir une chose de l’Histoire, c’est qu’exacerber les haines pour arriver à ses fins n’a jamais donné quelque chose de bon.

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En attendant, j’aimerais bien savoir comment va Eric Woerth…

Pour le plaisir, je vous mets Corrida de Francis Cabrel, parce que l’écriture de cet article m’a donné envie de l’écouter et que comme il dirait « Est-ce que ce monde est sérieux? »
 


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Il y a 20 ans à Berlin…

Etant en vacances, je mange de l’actu à tous les repas. Il est vrai qu’en temps normal, je me contente de lire la presse en ligne, je ne supporte plus les JT, de plus en plus proches des noticias dont parlait Tatiana hier. Mais voilà, j’ai donc suivi de très près la commémoration de la chute du Mur de Berlin

Pour la plupart des vingtenaires, du moins ceux de la deuxième moitié de la décennie, le mur de Berlin est souvent l’un de nos premiers souvenirs historiques. C’est le mien en tout cas. Je me souviens très vaguement de la guerre du Liban aussi, on nous en avait parlé en classe mais la seule chose que j’ai retenu, c’était que le Liban avait un sapin sur son drapeau et que le nom me rappelait le prénom d’un garçon don j’étais trop amoureuse, Alban (vrai prénom pour le coup). Aujourd’hui encore, c’est avec une certaine émotion que je me souviens de ses cils. Il avait les plus beaux cils du monde.

Donc la chute du Mur. Pour moi, dans mon inculture enfantine, je pensais sur le coup qu’il s’agissait d’un événement dramatique parce que j’y voyais une destruction. Ben oui, des gens qui cassent un mur, je trouvais ça mal. Finalement, je ne sais pas bien comment j’ai tout remis en place. Toujours est-il que je me souviens parfaitement de la réunification officielle en 91, même que j’étais chez mamie Bartoldi et on regardait le 6 minutes avec ma soeur.

Depuis, j’ai appris un peu l’Histoire et j’ai bien tout compris à la chute du Mur et ce que ça a impliqué. Quand on étudie l’Histoire, on a l’impression que tout est long, qu’on nous parle d’un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître. Alors que là, on l’a vécu ce changement majeur. Peut-être que dans des dizaines d’années, 1989 marquera la fin d’une période historique. En regardant les infos ce soir où chacun y allait de son anecdote sur ce qu’il faisait ce jour là. Et en regardant les images d’archives, l’allégresse des gens, Rostropovitch qui joue du Bach (le violoncelle, toujours un bonheur). J’aurais aimé vivre ce moment, cette euphorie incroyable… Je m’imaginais à la place de ces Allemands et j’étais émue. Pour paraphraser Kennedy, là, de suite, j’avais envie de dire « Ich bin ein Berliner ».

C’est marrant de mesurer l’histoire à ma propre échelle. J’ai vécu un tel bouleversement mondial. Je connais une Polonaise qui a connu le communisme, les queues au magasin… Dans de nombreuses années, mes petits enfants me parleront peut-être de cet événement, ils me demanderont si je m’en souviens et je dirai fièrement que oui (sauf Alzheimer) et je leur parlerai de la RDA et du communisme, même si en 89, je ne comprenais pas vraiment de quoi il s’agissait. Moscou n’était pour moi qu’une ville où mes parents étaient allés avec un château coloré trop beau (la place rouge vue avec mes yeux d’enfants).

Depuis, nous en avons vécu des choses, des guerres à ne plus savoir qu’en faire, la fin de l’URSS et le 11 septembre. Mais la chute du Mur restera pour moi le premier événement historique dont je me souviens et un événement positif, en plus.

Finalement, cette chute du mur, c’est comme une madeleine, une madeleine un peu particulière. Je laisse le dernier mot à mon papa : « Les Allemands de l’est, avant, ils connaissaient la Stasi. Après la chute du mur, ils ont connu l’ecstasy! »Et pour le plaisir, Rostropovich qui joue la Sarabande de la 2e suite de Bach. J’en ai la chair de poule.

 

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Entretien au café : deuxième !




Une nouvelle fois, je monte les trois étages pour me rendre dans les bureaux de Pubilon mais là, j’ai prévu le coup : j’ai mes baskets. Ils sont jolis et fins, on les voit à peine sous mon pantalon qui traîne par terre…




Un Asiatique m’ouvre et m’invite à m’asseoir. 5 minutes après, Rémi me récupère et me ramène au café en s’excusant de me faire monter à chaque fois, ce à quoi je réponds d’un air détaché : « c’est pas grave, ça me fait faire du sport ». Comme je joue trop la carte de la fille relax, quand même.


Arrivés à notre café, je constate l’absence du troisième larron, je vais supposer qu’il arrivera plus tard alors. Nous reparlons du poste, j’insiste une nouvelle fois sur ma motivation, lui sur la masse de travail en perspective mais même pas peur. Alors que j’étais armée pour jouer mes dernières cartes de candidate parfaite, l’entretien prend un tour auquel je ne m’attends pas : « vous pouvez commencer quand ? ». Pouvez, comme le verbe pouvoir au présent de l’indicatif et pas au conditionnel. Mais alors, ça voudrait dire… Oh putaiiiiiiiiin !



Stoïque, je sors mon agenda et regarde le calendrier. Normalement, j’ai un préavis de trois mois à effectuer mais je sais pertinemment qu’ils me laisseront partir au bout d’un seul. C’est pas comme si j’étais indispensable, comme nous avons pu le constater maintes fois. Donc on va dire le 09 mars. Ok et le salaire ? AÏE, le fixe qu’il m’annonce est trop bas par rapport à mes prétentions, je sens comme une douche froide sur mes épaules mais je dois insister. « Non, je m’attends à plus au vu du poste ». Finalement, le fixe augmente et la prime diminue, par-fait.



On se serre la main, on se recontacte très vite pour ma lettre d’embauche. Une fois hors de portée, je saisis mon téléphone avec frénésie. Vicky ? Répondeur. Ma soeur ? Répondeur. Gabriel ? Il est au courant pour le premier entretien mais nous ne sommes pas proches à ce point non plus. Ma mère ? Si je me démerde bien, je l’attrape entre son retour à la maison et sa douche. Mais qu’est-ce que je me sens seule au monde pour le coup ! Je suis ivre de joie et personne à qui tout raconter, c’est nul. Heureusement, j’arrive à attraper ma mère qui avait un pied dans la douche.

« Mamaaaaaaaaan, j’ai une bonne nouvelle !

– Tu as eu une augmentation ?

– Non, je démissionne !

– Ah bé carrément ! »





Je lui raconte mon poste, elle ne comprend rien (normal, je ne comprends moi même rien à toutes les opérations qu’elle effectue sur les patients), elle croit que je vais travailler dans l’Histoire mais alors pourquoi je lui parle de blog ? Okayyy, je lui montrerai quand j’aurai commencé, plus simple. En tout les cas, elle est ravie car mon père et elle avaient bien compris que mon taf actuel n’offrait aucune évolution et ne correspondait pas à mes capacités. Et encore, je ne lui ai pas raconté le tiers de toutes les vexations dont j’ai été
victime.


Ma soeur et Vicky sont elles aussi mises au courant, c’est la fête, je suis excitée comme une puce mais je n’aurai pas le temps d’aller à la piscine me défouler. D’un autre côté, je ne réalise même pas quel pas je viens de franchir, que je vais grimper sur un nouveau barreau de l’échelle et que je vais avoir des responsabilités, des vraies. C’est même moi qui vais faire passer les entretiens à des stagiaires qui bosseront sous mes ordres… Ouais non, ça, c’est vraiment pas ce qui me plaira le plus (les entretiens, je veux dire, j’aime l’idée que
je pourrais être un mentor pour les stagiaires, ce qui est très prétentieux).





En attendant, va falloir que je l’annonce à mes collègues, maintenant.

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Cette annonce est faite pour moi

Dans l’aventure de la recherche d’emploi, arrive toujours un moment où on tombe sur l’Annonce idéale, avec un grand A. L’annonce qui pourrait se terminer par« et si vous vous appelez Nina Bartoldi, postulez ! » tant le profil recherché vous correspond. Alors là, je dis attention : gardons la tête froide.


Un jour, je tombe sur l’annonce suivante : « cherche rédacteur qui a étudié histoire, science politiques et journalisme, débutants acceptés », quelque chose du genre. Je pleure de joie : une maîtrise d’histoire, une maîtrise de sciences politiques, un master pro de journalisme et je suis chef de rubrique international sur un webzine. Les mecs, engagez moi. Je postule, ivre de joie. Deux jours après, j’appelle comme le veut la coutume histoire de montrer que je suis hyper motivée. Sachant que l’annonce est une annonce
ANPE, ça veut dire que j’ai cherché la boîte et leurs coordonnées, motivée la nana. « Non, le poste est pourvu, merci, au revoir ». Après avoir reformulé mes larmes et mon amertume, j’ai retenu : les annonces ANPE sont un plan foireux, essentiellement car des entreprises envoient une annonce par obligation et non par besoin. Mais j’y reviendrai dans un prochain article.

Alors j’avais placé un fol espoir dans cette candidature et forcément, la réponse négative m’a mise KO. Si cette annonce tellement parfaite pour moi n’aboutit pas, est-il possible que je trouve un jour du travail ? En fait, dans cette histoire, j’ai commis une erreur stratégique : celle de trop compter sur une annonce et de n’avoir pas su garder la tête froide.

Même si nous correspondons parfaitement à une offre d’emploi, il faut garder à l’esprit que nous ne serons pas les seuls à répondre à l’annonce. La recherche d’emploi est en premier lieu une question de chance. Je sais, c’est intolérable comme idée mais parfois, votre candidature parfaite ne passera même pas sous l’œil du recruteur. Quand j’avais passé ce double entretien quasi parfait, le recruteur m’avait expliqué qu’ils n’avaient examiné que la première cinquantaine de CV. A quelques heures près, j’aurais pu ne jamais passer cet
entretien alors que je suis quand même arrivée en finale. Si une annonce a plusieurs jours, envoyez toujours un CV (il est toujours utile que notre CV soit à peu près dans toutes les bases de données des entreprises de votre domaine) mais plus l’annonce est vieille, moins il faut espérer.



Quand on cherche un boulot, il est impératif d’apprendre à se blinder. Facile à dire, je sais bien. Mais j’ai fait l’erreur d’investir trop d’espoirs dans des candidatures sans prendre en compte des tas de facteurs. Ma candidature est idéale, ok, mais déjà, je ne suis pas la seule à avoir mon parcours. Si un candidat a vécu un an en pays anglophone ou s’il a plus d’expérience que moi, il est encore plus idéal que moi. L’âge peut aussi être un facteur. Il ne doit pas être un critère clairement établi, sinon, c’est de la discrimination mais dans
les faits, un recruteur peut préférer une personne plus jeune ou plus âgée. Vous ne le saurez jamais, rassurez-vous, mais ça peut jouer. Et puis peut-être que la présentation du CV ne correspond pas à la candidature idéale voulue par l’employeur, peut-être que c’est la lettre de motivation…


Bref, il y a des choses que l’on maîtrise et d’autres non. Aujourd’hui, au vu de mon parcours, je ne regrette finalement pas les candidatures manquées, mon parcours n’est pas si mal même si j’ai encore un bon bout de chemin à faire. J’ai souvent tendance à penser que si une candidature n’est pas retenue, c’est juste qu’on ne devait pas aller travailler dans cette entreprise mais à force d’opiniâtreté, ça finit toujours par payer. L’erreur serait de croire qu’un simple « non » (voire une absence de réponse) est la fin de tout. C’est juste la fin d’une voie mais il en existe un milliard d’autres. Notre profil  n’est pas fait pour une seule et unique annonce. Alors on se fait un chocolat pour se remonter (ou ce que vous voulez) et on reprend le postulage.

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Les joies de l’’ANPE

En France, quand on est chômeur (ce qui est officiellement mon statut, pour l’heure), on dépend de deux institutions : les Assedics et l’ANPE. Pour le premier, pas de soucis, je remplis une déclaration tous les mois pour dire où j’en suis. Enfin, si, là, j’ai un souci : ils me demandent mes contrats pour mon CDD et mon stage et je n’ai pas ce dernier, la préfecture traînant les pieds pour nous envoyer un papier célébrant l’existence juridique de l’asso. Donc j’ai pas de contrat. Et ça pose aussi problème pour l’ANPE.

 anpe

L’ANPE est une institution administrative dans sa plus pure horreur, à mon sens. Système lourd et mal organisé, une poule n’y retrouverait pas ses petits. Même si j’ai le même numéro pour les assedics et l’ANPE, faut faire toutes les démarches en double car il n’y a aucune communication entre eux et c’est parfois assez pénible. D’ailleurs, au début, je me suis faite avoir, je n’ai pas fait de déclarations assedics vu que je venais d’avoir un rendez-vous à l’ANPE mais, ça, ça se voit pas sur mon dossier donc j’ai failli être radiée mais un petit coup de fil et c’était réglé.

L’ANPE, c’est quoi ? Pour moi, pas grand-chose : les annonces pour les journalistes sont plus qu’anecdotiques. La seule annonce que j’ai trouvée n’était qu’un leurre. Je m’explique : le boulot, il était fait pour moi, on demandait quelqu’un qui avait fait histoire ou géographie, économie, sciences po et journalisme. J’en ai quand même trois dans la liste et, en plus, les débutants étaient acceptés donc, forcément, débordante d’espoir, je postule. L’annonce est datée du lundi, je postule le mardi. Le jeudi, j’appelle :

« Vous avez reçu ma candidature ?
– Les postes sont déjà pourvus.
– Mais l’annonce date de lundi…
– Oui mais les postes sont déjà pourvus ».

Dingue, en trois jours, ils ont eu le temps d’étudier les CV, de faire passer les entretiens ? Faudrait voir à pas se foutre de moi non plus. Plusieurs personnes m’ont expliqué qu’en cas de recrutement, les entreprises sont obligées de faire paraître une annonce mais, dans les faits, les postes sont déjà pourvus. J’ai écrit à la DRH de l’entreprise en question pour qu’elle m’explique pourquoi je n’ai pas été retenue, je n’ai jamais eu de réponses.

Malgré tout, je dois aller tous les mois faire mon entretien de suivi. Premier rendez-vous, la bonne femme rentre mes renseignements et me donne un nouveau rendez-vous avec un autre conseiller qui suivra mon dossier. Déjà, j’ai de la chance, je dépends de l’agence qui est à 10 minutes à pieds de chez moi, c’est ça de gagné. J’apprends aussi que l’ANPE ne conventionne pas les stages, alors que je viens d’en trouver un. Enfin, si, elle conventionne les stages : « si y a un CDD d’au moins 6 mois à la clé. » Quelle blague ! Si l’entreprise veut embaucher, elle prend la personne direct en CDD. Sinon, elle récupère les stagiaires parmi les étudiants. Or, en journalisme, les stages sont toujours très utiles, ils permettent au pire de se faire des relations, au mieux de décrocher un boulot dans la rédaction en question (CDD ou, au moins, des piges).

Deuxième rendez-vous, presque deux mois plus tard (oui, le suivi mensuel est une chose curieuse), je tombe sur une bonne femme qui rentre à nouveau mes infos. Ce sont toujours les mêmes mais c’est pas grave. Et là, l’entretien est assez édifiant : « Comment on trouve du boulot dans le journalisme ? » me demande-t-elle. Hum, ne suis-je pas censée être là justement pour que tu me l’expliques ? Bon, elle décide de se décharger de mon cas puisqu’elle m’invite à aller à l’APEC jeunes diplômés juste à côté de chez moi. Bon, elle a pris le temps de bien m’expliquer où c’était. Je la retrouverais les yeux fermés ! Pour le reste, pas la peine de demander quoi que ce soit. Je tente un « et pour les stages, y a pas moyen ? », réponse : « allez à l’APEC, ils vous répondront. On se revoit le 02 mai. ». Tout ça pour ça, c’est une blague ?

La semaine juste après, j’apprends donc que je suis convoquée à un entretien pour un stage, qui deviendra finalement un CDD. Or mon contrat se termine le 05, mon rendez-vous est le 02 et j’avoue que j’oublie totalement d’appeler l’ANPE pour les informer que je ne viendrai pas. Bon, je me dis que je vais attendre qu’il m’envoie une lettre pour me demander de justifier mon absence, ça m’évitera d’appeler pour que je demande à qui je dois adresser la photocopie de mon contrat. Oui parce que l’ANPE, quand on les appelle, on ne tombe jamais sur la bonne personne et ils peuvent jamais trop vous répondre.

16 juin, toujours aucune nouvelle de l’ANPE, je ne suis pas radiée puisque je peux faire mes déclarations assedic sans soucis et comme je suis en stage, je ne cherche pas à les relancer. On verra en septembre. C’est quand même extrêmement facile de passer à travers les mailles du filet, je l’ai fait sans même le faire exprès. Or, ce 16 juin, rebondissement : une lettre. Aucun indice de son contenu, pas de sigle sur l’enveloppe et j’ouvre.

« Mademoiselle, vous êtes inscrites depuis le … , merci de vous présenter à l’agence de Plume sur Berges le 28 juin à 11h ». Hein, quoi ? Je ne vois marqué nulle part de qui est émis ce courrier mais la présence de mon identifiant ANPE me fait penser que ce doit être eux. Sauf que je n’habite pas à Plume sur Berges et ne dépends donc pas d’eux. Pensant que c’est une erreur, j’appelle :

« Oui, bonjour, Mlle Bartoldi, je vous appelle car je viens de recevoir ce courrier et je ne comprends pas pourquoi je suis convoquée chez vous puisque je dépends de l’agence de St Ange les bains [j’adore inventer des noms de bleds à la con].

– Ah mais vous dépendez de notre agence, maintenant, on a réunis les chômeurs par code ROM. C’est depuis le mois d’avril.

– Ok. Mais moi, je suis en stage, là, j’ai pas encore le contrat…

– Oui ben il faut venir quand même. »

Bon, petit résumé de ma vie professionnelle : je suis en stage jusqu’en septembre et j’ai un autre job qui m’attend juste après et qui m’amènera doucement jusqu’en 2007. Donc, concrètement, je vais devoir perdre une matinée à aller à l’ANPE de Plume sur Berges voir un conseiller qui ne connaît absolument pas mon dossier, tout ça pour lui dire qu’ils peuvent m’oublier jusqu’en janvier, au moins. De toute façon, selon la nature de mon prochain contrat, je sais même pas si je devrais encore pointer au chômage ou pas.

L’autre jour, je lisais un article sur la fin du monopole de l’ANPE sur les contrats longue durée puisque les cabinets de recrutement envahissent le marché, les agences interim ne proposent plus que de l’interim. D’ailleurs, j’ai eu recours aux deux, aussi. Bref, les journalistes avaient interviewé des gens en recherche d’emploi qui critiquaient l’ANPE : « là-bas, nous ne sommes que des numéros ! ». J’ai pu expérimenter et c’est carrément vrai. En six mois, j’aurais eu trois conseillers dont deux qui étaient incapables de me dire quoi que ce soit sur mon métier et, visiblement, s’en foutaient. Mon dossier a dû être perdu quelques temps, le rendez-vous du 2 mai, j’ai bien fait de pas y aller, il devait être complètement fictif puisque quand j’ai appelé l’ANPE de Plume sur Berges, la nana m’a parlé de mon dernier rendez-vous de fin mars mais aucune trace de celui de mai. Super… Bon, moi, j’avoue que je m’en fous un peu, je sais très bien que dans le journalisme, c’est pas les annonces ANPE qui m’aideront à me sortir du chômage, rien ne vaut le réseau et les candidatures spontanées. Mais je pense aux gens un peu paumés, un peu assistés… Ben, ceux-là, ils doivent vraiment désespérer et se sentir vraiment seuls. Finalement, pour se sortir du chômage, faut vraiment ne compter que sur soi.

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