Périple au Japon : ce que j’aurais changé

Quand nous sommes allés au Japon, nous étions, Victor et moi, totalement en terre inconnue. Du coup, nous n’avons guère été audacieux quant à notre petit voyage et fait le grand classique : TokyoOsakaHiroshimaKyotoles alpes japonaises. Mais du coup, si je devais refaire le match, je changerais deux ou trois petites choses.

Le château d'Osaka au Japon

Premier point : j’éviterais peut-être les AirBnb. Apparemment, c’est devenu bien plus compliqué en un an. Et il semble plus intéressant de changer de l’argent en France qu’au Japon. Voilà, j’avais eu ce retour sur mon précédent article et je pensais important de le partager.

Chambre traditionnelle japonaise

Bref, reprenons notre sujet, qu’est-ce que je modifierais pour un voyage parfait ? Voici notre trajet :

Périple au Japon : trajet type

Alors faire Tokyo en deux fois n’était pas trop mal mais c’est vrai que commencer par là est assez ambitieux pour cause de décalage horaire et ville réellement épuisante. D’ailleurs, conseil pour Tokyo qui a relativement marché pour nous : visites urbaines le matin, parcs les après-midi, ça permet de couper avant la furie du soir. Du coup, je crois qu’à refaire, je ferais idéalement Hiroshima -> Kyoto -> les montagnes -> Tokyo (avec une première nuit à Tokyo parce que c’est toujours plus intéressant un aller-retour vers le même aéroport). Alors vous allez me dire “mais et Osaka ? Et le Mont Fuji ?

Plaque d'égoût au lac Kawaguchi

Et bien, je ferais de Kyoto et Tokyo nos bases pour plus de souplesse. Concrètement, Kyoto et Osaka sont proches et je ne trouve pas qu’Osaka mérite les trois jours qu’on y a passés. Ca dépend de ce que l’on veut faire, certes. Je ne referais pas forcément l’aquarium même si je lui reconnais un côté très apaisant et les méduses sont impressionnantes… et y avait des loutres, même si elles dormaient. Par contre, le château mérite le détour. Reste la question de Dotonbori… Je le conseillerais quand même mais c’est de nuit donc ça fait rentrer tard mais après tout… Et évidemment, si y a moyen de se faire Universal Studio Japan, je conseille. Même si j’ai assez conscience que, sur le sujet, on a eu un bol monstre.

Universal studio Japan : sesame street

Ensuite, le cas Kyoto. On est complètement passés à côté : on n’y est resté finalement que trois jours pleins sur l’une des journées, nous sommes allés à Nara. On a vu juste un temple (le meilleur, Fushimi Inari, immanquable) et on a lâché, un peu lassés par la météo. On a cependant fait la forêt de bambou, grosse déception (et je suis pas la seule, il semble désormais que le passage des voitures soit courant) mais je pense qu’Arashiyama sans la pluie peut être cool. Oui du coup, de Kyoto, vous pouvez aller à Osaka et Nara. Et du coup, en ayant une base sur plusieurs jours, il est possible de faire preuve de souplesse et caler son planning en fonction de la météo.

Le Mont Fuji dans les nuages

Et donc j’en viens naturellement au Mont Fuji, notre grand rendez-vous manqué. Alors qu’on faisait le tour du lac sans voir ce foutu Mont, on s’est dit qu’on a eu tort d’avoir prévu des mois à l’avance un périple sans possible changement car… la météo est vraiment notre pire ennemie. Du coup, vu qu’il y a des sites accessibles entre une et trois heures de Tokyo pour voir le Mont, bah finalement…Après, il n’est pas pratique de rejoindre Kawaguchiko de Tokyo, c’est quasi trois heures de train et c’est pourtant un lieu que je recommanderais, notamment pour le Music forest museum qui est adorable. Et c’est là que j’ai envie de poser autre chose. Ce voyage, on l’a adoré mais il nous a épuisés. Et plutôt que de foncer sur Osaka, on aurait dû s’accorder deux nuits à Kawaguchi… ou Hakone, peu importe, en se trouvant un petit ryokan. On a peu dépensé finalement et ce petit trip serait parfaitement entré dans notre budget… D’ailleurs, pour notre prochain périple japonais (qui fera à peu près Kyoto – Okinawa – Fuji), on va se ménager du repos, aussi. Parce que courir partout, c’est bien mais à la fin, tu ne profites même pas de tout. Ah oui parce qu’il semble qu’en avançant dans la vie, je suis de plus en plus favorable aux petites pauses… Mmm…

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D’Hiroshima à Kyoto

Le 10 octobre – Petite journée entre deux villes, Hiroshima et Kyoto. Levés un peu tard (08h40, une belle grasse mat’), on prend le temps, rien ne presse. Au menu du jour : aller jeter un oeil au château d’Hiroshima, jeter nos valises à la gare, faire le tour du Memorial Park puis retourner à la gare prendre un train pour Kyoto.

Le château étant à deux pas du AirBnB, nous partons avec nos gros sacs sur le dos. On traverse et là, on tombe sur un groupe de piétons qui attend patiemment le feu vert pour traverser la rue perpendiculaire… qui était coupée ! Ok… Je n’avais pas vu grand chose sur ce château et on s’attendait à un truc un peu pourri mais il était tout à fait charmant. Evidemment, c’est une reconstruction, le vrai ayant été rasé lors du bombardement…

Hiroshima - Le château

Hiroshima est une ville que je trouve très agréable, essentiellement parce que ses trottoirs sont très larges, j’avais comme un sentiment d’espace que je n’avais pas ressenti à Tokyo ou Osaka. Un peu plus de respect pour leur cours d’eau, aussi, il n’était pas enterré sous une route ou une autre. Mais l’Histoire est omniprésente, Hiroshima est un symbole de paix à elle seule. Et il y a évidemment le Memorial Peace Park, juste à côté du A Bomb Dome, les restes de la préfecture détruite par le souffle de la bombe qui a éclaté 600 mètres plus haut.

A bomb dome à Hiroshima

Un peu plus loin, des classes d’enfants se succèdent devant un monument à la mémoire des enfants d’Hiroshima tués par la bombe. On continue pour arriver au memorial en lui-même avec sa flamme qui ne sera éteinte que le jour où toutes le armes auront été éradiquées. C’est pas demain, quoi…

Memorial Peace Park à Hiroshima

Forcément, en se baladant dans la relative quiétude du parc (beaucoup d’enfants dont certains sont venus nous parler en anglais), on se sent un peu écrasés par le drame qui s’est joué ici, sa violente inutilité, aussi. Mais l’actualité nous rappelle assez régulièrement que l’Homme a tendance à ne pas trop apprendre de ses erreurs…

Le Péage Memorial Park d’Hiroshima #japan #hiroshima #memorialpark #peace

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Chat à Hiroshima

On finit ce petit tour d’Hiroshima par un déjeuner à base de soba, des nouilles au sésame, encore une jolie découverte ! On se balade dans quelques passages marchands, une des grandes spécialités des villes japonaises. Enfin, nous n’en avons pas croisé à Tokyo mais à Osaka et Hiroshima, ça pullule. On admire les chaussettes (j’adore les chaussettes japonaises), on traînasse dans un magasins de produits dérivés d’animés (avec un joli rayon manga… Je crois que je vais me mettre à en relire à mon retour). Un peu cher, forcément, mais bien sympa.

Soba

Jouir de bijou, boutique japonaise à Hiroshima

Hihihi

Retour à la gare pour un voyage Hiroshima-Kyoto avec petit pic de stress à la gare Shin Osaka avec cinq petites minutes pour notre changement de train. Moi qui suis du genre à totalement stresser pour les transports, imaginez ma sérénité. Mais on a assuré, mission accomplie. 12 minutes plus tard, nous voici à Kyoto. On se précipite dans notre AirBnB bien confortable malgré l’éternelle salle de bain en plastique honnie par Victor (moi, je n’aime juste pas que le rideau de douche se colle à moi car le bac de douche est souvent très étroit. On s’étale sur le lit pendant deux bonnes heures, harassés. Un petit bento et au lit, Kyoto nous attend.

Bento acheté à la gare de Kyoto

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Miyajima, joyau japonais

Le 09 octobre – En avant pour Miyajima, l’un des plus beaux sites du Japon et en plus, il fait beau ! Je suis assez excitée, Victor moins. On ne s’est pas du tout ménagés jusque là et nos corps commencent à craquer un peu. Moi ça va, si on excepte ma plante de pied devenue dure comme du bois.

chaussettes japonaises

J’adore les chaussettes japonaises, on dirait que j’ai de très longs orteils (mais ces chaussettes ont très mal vécu leur premier passage en machine, snif…)

Après avoir galéré à trouver un café ouvert pour un petit déjeuner express alors que nous étions lundi et qu’il était déjà 8h30, on grimpe dans le tram pour le terminal ferry… Une heure de trajet, on découvre un peu tard qu’il y avait une JR line beaucoup plus rapide (et comprise dans le Japan Rail pass donc). On grimpe dans le JR ferry et c’est parti pour une traversée de 15-20 mn, maximum. Ca s’agite un peu, les gens se précipitent dehors pour prendre l’Ile en photo, j’explique à Victor que je m’occuperai de ça au retour. Notons qu’à Miyajima, pour la première fois au Japon, j’ai un peu ressenti le côté lourd des touristes pas toujours bien élevés qui vont tenter de te gruger dans la queue l’air de rien. Ca reste assez minime, ça ne m’a certainement pas gâché la journée mais je pense qu’il y avait assez peu de japonais in fine parmi les touristes (et pas mal de chinois pour ce que j’ai pu en voir…).

Le torii de Miyajima vu du ferry

Vue d'Hiroshima de Miyajima

Je ne sais pas du tout ce qu’est cet immeuble dans la montagne, là, mais dans un futur roman, ce sera une base

On débarque et point N°1 : les cervidés. Je l’avais lu dans le guide donc je ne fus guère surprise d’être accueillie par Bambi. Par contre, avec Victor, on a été assez vite saoulés par les gens qui les touchaient ou les caressaient alors qu’il était expressément demandé de ne pas le faire, tout ça pour des photos…

Un daim à Miyajima Un daim à Miyajima Un daim à Miyajima Un daim à Miyajima Un daim à Miyajima

Bref, avançons et à peine quelques mètres plus loin, nous découvrons le fameux torii flottant, célébrité de l’île. En fait, le sanctuaire tout entier est sur pilotis et donne l’impression de flotter à marée haute. La chance, on est précisément à marée haute ! Evidemment qui dit “monument incontournable” dit foule de bateaux qui te font payer pour aller le voir de plus près. Alors autant les petites barques, ça fait pas tâche, autant les gros bateaux motorisés… et je parle même pas des jet skis qui embaument l’air d’une bonne odeur de mazout.

Le sanctuaire flottant et le torii de Miyajima Le sanctuaire flottant et le torii de Miyajima Le sanctuaire flottant et le torii de Miyajima Le sanctuaire flottant et le torii de Miyajima

L’avantage du torii, c’est qu’il draine pas mal l’attention donc tu as vite fait de te retrouver un peu au calme, pour peu que tu t’en éloignes. On s’offre une petite pause en bord de mer. Ca, ce sont les vacances !

L'île de Miyajima Le torii de Miyajima

Après un repas bien consistant, on va se promener au parc Momiji, forêt qui abrite des daims et surtout des érables (Momiji en japonais) qui n’ont guère rougi mais la balade est super agréable, surtout quand on arrive au niveau de petites cascades, c’est si apaisant et tranquille. Par contre, les daims, on a dû en croiser trois dans la forêt, ils sont tous sur le front de mer désormais, là où ils ont de la bouffe, quoi.

Les cascades de Miyajima Un daim dans la forêt Momiji à Miyajima Les cascades de Miyajima

Matcha shaved ice

Au Japon, vous croiserez souvent des shaved ices : des glaces pilées arrosées de sirop avec un coeur haricot rouge, ici. très sucré, ta bouche est paralysée de froid pendant un petit moment mais pas mal, sinon

Vous aimez faire la queue ? Alors, c’est reparti ! On part cette fois au téléphérique qui va nous amener sur la montagne à 422m d’altitude. Le trajet se fait en 2 temps : dix minutes dans une cabine classique où on se serre un peu à 8. On survole la montagne couverte de la forêt primaire de Misen mais surtout, petite vue sur la baie. Ok, c’est beau. Mais ce n’est rien comparé à la deuxième partie du trajet dans des cabines où l’on se tient debout à une trentaine de personnes. On quitte la station et là, la vue est tellement époustouflante que tout le monde a lâché un “oooh”. Effectivement, la vue est belle, je vois enfin la mer (et pas juste un port).

 

Vue du téléphérique de Miyajima

Vue du téléphérique de Miyajima

Vue du sommet du mont Misen, Miyajima Vue du sommet du mont Misen, Miyajima

Une fois arrivé en haut, comme il est encore tôt (16h), on commence l’ascension du Mont Misen pour aller voir le sanctuaire à mi chemin du sommet. Bon l’observatoire du sommet est à à peine cent mètres de dénivelé de la station téléphérique donc ça va être une balade de santé… NON. Trop pas. Parce qu’en fait, on n’est pas sur la même cime donc il faut descendre pour remonter. Avec Victor, on s’était mis une limite “à la demie, on fait demi-tour”, le dernier téléphérique étant à 17h30. Info répétée toutes les cinq minutes, ce qui me fait légèrement stresser. Le sanctuaire étant à 20 mn à pied, ça devrait passer. A 25, ne le trouvant toujours pas, on fait demi-tour en disant adieu à nos genoux. On retourne au téléphérique, constatant sur la carte qu’on était arrivés juste en dessous du sanctuaire mais le soleil commençait à décliner, prudence est mère de sûreté, comme on dit. Et on a bien fait car on retourne vers le torii au couchant (et à marée basse cette fois-ci). Une dernière photo d’un daim poseur et retour à Hiroshima, le coeur léger (mais toujours les pieds en état de mort avancée).

Miyajima couchant Miyajima de nuit

Ca ne nous empêche pas de rentrer de la gare à notre logement à pied (20 mn) puis re 10 mn de marche pour rejoindre un restaurant d’Okonomiyaki réputé du quartier. J’ai découvert les okonomiyaki à Amsterdam (logique…) et ça faisait partie de notre liste “to eat”. Et ce fut fort bon ! Épuisés et repus, il était temps de rentrer même si la journée du lendemain s’annonçait plus calme…

Whisky japonais

Ah oui alors ça, c’est du whisky, ils le servent en pinte avec pleiiiiiiin d’eau gazeuse. Du coup, ça fait de l’eau gazeuse avec juste un arrière-goût chelou

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Journée carte postale à Himeji

Le 08 octobre – C’est la journée carte postale ! En quittant Osaka, direction Hiroshima mais avec un arrêt au château Himeji pour y passer une partie de la journée.

Le château Himeji est appelé le Héron Blanc car sa couleur blanche évoque l’envol du gracieux oiseau. Oui, si on veut… Il n’en reste pas moins que dès qu’on approche du château, c’est la claque. Surtout que, cette fois-ci, le soleil est de la partie.

Le château Himeji

On s’approche des abords du château pour prendre les tickets d’entrée et là, on voit annoncé “une heure d’attente”. Encore une queue ? Pourtant, on peut payer nos billets directement, ce doit être un panneau abandonné là… On prend donc le ticket double entrée : le château et le jardin kokoen, un petit village samouraï reconstitué juste à côté. On télécharge l’appli qui va nous distribuer des petites vidéos tout au long de la visite (avec plein de fautes). La visite du château en soi n’est pas fofolle vu qu’il est vide mais ça reste un bon moment. D’abord parce qu’on a une jolie vue au sommet mais surtout parce que ça se visite sans chaussures ! Et oui, pour ne pas abîmer le plancher, on est priés d’abandonner nos chaussures à l’entrée. Visiter un château en chaussettes, quelle aventure ! Surtout que j’ai mes belles chaussettes japonaises… bon avec le petit orteil droit qui refuse de rentrer dans son logement donc ça donne une impression bizarre en mode je n’ai que quatre orteils ou le 5e est tout cassé.

Visite du château Himeji Visite du château Himeji Visite du château Himeji Visite du château Himeji

Marcher sur le plancher est toujours une sensation agréable, c’est presque apaisant… presque parce que bon, c’est très bruyant et pour monter aux étages, on doit passer par des escaliers étroits donc il faut faire la queue (ça nous change pas d’Universal Studio, quoi). Et c’est pour ça que nous avons fait une heure de queue en bas, après les caisses. Le centre qui surveille les séismes impose un nombre limité de visiteurs dans le château au cas où… et on nous informe de ça à peu près tous les quarts d’heure… j’étais super rassurée…

Intérieur du château Himeji Intérieur du château Himeji Intérieur du château Himeji

Château Himeji Château Himeji Château Himeji Château Himeji

Bref, le château est très beau et pas seulement l’extérieur, il vaut le coup mais surtout, ce serait dommage de passer à côté de Kokoen. Si vous aimez les jardins japonais, vous êtes obligés d’y passer. Bassins grouillant de carpes énormes, petits ponts, kiosques et même forêt de bambou, ça repose tellement après le bruit du château. Bon, ça ne repose pas les pieds mais on en ressort frais et reposés mentalement.

Château Himeji Jardin samouraï kokoen Jardin samouraï kokoen Jardin samouraï kokoen Jardin samouraï kokoen Jardin samouraï kokoen

Un arrêt dînette plus tard, nous voici de retour à la gare. Un dernier regard au château et nous voici dans le Shinkansen, direction Hiroshima. On récupère les clés de notre AirBnB dont on ne verra jamais l’hôte (sur les 4 AirBnB jusque là, on n’a vu personne…) et petite douche froide : flaque sous le frigo (avec mon pied dedans du coup car je n’avais pas encore trouvé la lumière), grosse araignée sur le mur. On galère à trouver le pocket wifi (rangé sur la machine à air conditionné…) et on se couche sur le futon pour une nuit un peu courte car il faut se lever demain pour aller à la rencontre de l’un des trois plus beaux sites du Japon : Miyajima

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La vie est la meilleure fiction

Depuis une semaine, nous regardons tous d’un air hagard du côté du Japon, la bouche ouverte et les bras ballants. Est-ce possible que ce qu’il s’est passé se soit réellement produit ? A quel moment nous sommes-nous endormis et rêvons-nous d’un vrai scénario apocalyptique ?

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Mettons que nous soyons en 2009 ou en 2010. Imaginons qu’un mec arrive dans le bureau d’un producteur de ciné avec un scénario béton “alors c’est l’histoire d’un séisme au Japon qui déclenche un tsunami et réveille un volcan au passage. Mais le plus fort, c’est que le séisme coupe l’électricité d’une centrale nucléaire et le tsunami noie le groupe
électrogène qui a pris le relais et là, la centrale devient incontrôlable, les réacteurs chauffent, les coffres explosent et tout le suspense du film est basé sur la fusion du coeur nucléaire : fusionnera, fusionnera pas ? Et en plus, on aurait tous les ingénieurs qui risqueraient leur vie et leur santé pour sauver le peuple japonais d’une catastrophe nucléaire. Une sorte d’Hiroshima mais la bombe est expédiée par Mère Nature!”. Moi, ce film là, j’aurais pas aimé aller le voir parce que la succession des faits est trop grosse pour être réelle. Et pourtant…

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On est tous déstabilisés par ce qui arrive, d’une façon ou d’une autre. Je n’ai pas d’amis au Japon et mon attirance pour l’archipel nippon est plus lié à une curiosité pour une autre culture que par une réelle passion. Même si j’ai lu plein de mangas dans ma prime jeunesse et que le thème de l’apocalypse y est récurent. Ce n’est pas pour autant que ce qu’il se passe là-bas ne m’angoisse pas, ne me déstabilise pas. Parce qu’une fois de plus, la nature nous rappelle qui maîtrise le jeu, quoi qu’on en pense et quoi qu’on y fasse. L’enchaînement des catastrophes paraît improbable mais finalement pas impossible, la preuve. J’ai lu quelque part que l’archipel japonais était condamné à disparaître tôt ou tard, un peu à la façon d’une Atlantide des temps modernes. Bon, bien sûr, on ne parle pas d’une disparition demain, je ne verrai pas ça dans ma vie mais ça relativise ce que nous sommes. On a beau travailler pour maîtriser la planète du mieux que l’on
peut, elle finit toujours par gagner. 

tsunami_inde_gigantesque.jpg

Evidemment, parallèlement au drame, les imaginations sont excitées et pas forcément dans le bon sens du terme.On aura bien entendu droit à des milliers de films et téléfilms sur le sujet (et encore, on n’en connaît pas encore la fin) mais cette furie semi-créatrice face à un tel événement, je la comprends et je la ressens. Nous assistons en direct au sacrifice de ces hommes qui essaient de gérer cette centrale nucléaire devenue folle, on voit en direct le regard hébété des survivants, nous sommes abreuvés de photos où les bateaux sont échoués sur des toits. Mais à côté, c’est parti pour toutes les conneries de scénarii apocalyptiques avec le fameux 2012? fin du monde. Non, on ne parle pas des présidentielles mais du calendrier maya (mais en fait, apparemment, le calendrier maya s’arrête à 2116, ça laisse de la marge, aucun de nous ne verra cette fin de calendrier là, à moins de battre le record de Jeanne Calment mais je suis pas sûre qu’à 130 ans, on comprenne bien tout ce qu’il se passe). D’autres interprétations parlent du 28 octobre 2011 (commence à tacher ton slip) ou 2220. Et les 150 mecs qui ont fait circuler un “11/09/01+10/03/11 = 21/12/2012”, j’ai fini par avoir envie de les frapper puis de les secouer très fort en criant “mais t’as fini avec tes conneries!”. Non parce que pardon mais le tsunami 2004 me paraît encore plus violent en terme de pertes humaines et si on commence à jouer avec les dates, on finit par démontrer “mystiquement” tout ce que l’on veut.

illuminatis.jpg

Bref, je sais que tout ceci est excitant, y compris dans une certaine dimension morbide où l’on annonce les morts avec un sensationnalisme qui me gonfle. Il est vrai qu’on n’imaginait pas qu’un pays riche puisse être à ce point victime de la nature, on n’est pas en Indonésie non plus. Et pourtant. Mais les catastrophes de ce type ne sont pas inédites non
plus, il ne s’agit pas d’une catastrophe due à la pollution (mais qui va sans doute en engendrer une mais par effet de domino) ou à une éventuelle fin du monde. Souvenez vous Pompéi, le tsunami de 2004, les tremblements de terre à Mexico en 85 avec 10 000 morts, celui de la Turquie en 1999, le Pakistan, la Chine, Haïti… Ou, tiens, celui de Tokyo en 1923 qui a dégénéré en un gigantesque incendie, 143 000 morts. Aucune apocalypse n’a suivie. Et je vous prédis des tas d’autres catastrophes naturelles avant la fin du monde. 

1923_Tokyo_kanto.jpg

En attendant, peut-être que cette catastrophe va motiver la création d’un vrai débat sur l’énergie nucléaire. Le souci c’est qu’actuellement, on est dans l’affect. Demain, on sera passé à autre chose. Après tout, Tchernobyl n’a rien changé…

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