Leave my uterus alone !

Selon une loi sociale commune, un couple suit les étapes suivantes : rencontre, consommation, consolidation, installation commune, signature d’un pacte quel qu’il soit, enfants. Plutôt au pluriel, oui. Donc si vous venez souvent par ici, vous aurez noté que je suis à l’étape post signature de pacte et donc, cette question de plus en plus récurrente dans ma vie “alors, le bébé, c’est pour quand ?” Mais leave my uterus alone, bordel !

Leave my uterus alone, révolte d'une nullipare

Alors on va pas se mentir, ce sujet commence à légèrement m’agacer parce que… on piétine allègrement mon choix et mes ressentis sur la question. Dès que je dis que je ne l’envisage pas pour le moment (notez que je ne suis même pas définitive là-dessus), j’ai droit à une réaction d’effroi (“quoiiii ? Tu ne veux pas d’enfants ? Mais quelle est cette hérésie ?”)… puis à une négation pure et simple de mes sentiments sur le sujet “non mais tu dis ça maintenant mais tu changeras d’avis, tu verras !” ou “mais tu ne peux pas passer à côté de ça, tu n’imagines pas ce que que c’est.” C’est vrai… Mais pour le moment, ça ne me manque pas, comme expérience. J’ai tout à fait conscience que je peux changer d’avis, comme j’ai déjà changé d’avis sur certains trucs mais… 37 ans, l’horloge biologique ne vient toujours pas me titiller, j’admets tout à fait que ça puisse ne jamais arriver. Alors pourquoi les autres insistent ?

Horloge biologique

En plus, je trouve ces conversations hyper intrusives. Personne n’imagine que si je n’ai pas d’enfants, c’est peut-être aussi parce que je ne peux pas en avoir… L’enfer que ça doit être quand c’est le cas “alors, c’est pour quand le bébé ?” “Ben, écoute, ça fait deux ans qu’on essaie et que ça prend pas, à croire que l’un de nous est stérile, à ton avis, lequel ?”. Non mais sérieusement, on touche au médical, là. Est-ce que je vous demande votre taux de cholestérol ou comment se portent vos globules blancs tous les trois matins, moi ? Non. Mais comme je suis une jeune pacsée (bon, on va pas tarder à arriver aux un an de PACS) et moins jeune femme, la question semble naturelle. Alors que pardon mais c’est totalement déplacé, surtout quand on te lâche un “ouais, enfin, faudrait pas trop tarder quand même, hein…”. Ah, t’as passé ton diplôme de gynéco pendant les vacances ? Non ? Alors ton avis sur ma fertilité, je te suggère d’en faire une mini boulette et de te la fourrer où je pense, merci, bisous.

Ton opinion dans ton cul

Tant que j’étais célibataire ou non engagée par un papier, j’étais relativement tranquille, surtout que ma bouille trompe toujours sur mon âge. Mais là, depuis que je me suis pacsée, je subis une pression de PARTOUT. Tout le monde veut que je fasse un enfant pour que le leur joue avec le mien (alors que s’il le faut, mon rejeton sera un connard tyrannique, on sait pas), pour que je connaisse ce que ça fait. Et le pire, c’est que quand j’explique pourquoi je n’ai pas envie, mes arguments ne comptent pas genre “ouais, ok, mais quand même, avoir un enfant, tu sais pas ce que c’est”. Non, comme beaucoup de choses en ce bas monde et ça m’empêche pas de dormir la nuit.

Bien dormir avec une peluche

Ces derniers temps, j’avais une bonne excuse : voyage de trois semaines à l’autre bout du monde en itinérance, pas bonne idée d’être enceinte. Ca marche. Mais le voyage approche. On sera de retour en France fin octobre. Et après ? Soit je m’énerve, soit je parle de la stérilité de notre couple (dont je ne sais rien, hein, notre principale cause de stérilité aujourd’hui, c’est mon stérilet, le bien nommé). Parce que je ne doute pas que l’amour maternel et paternel, c’est ouffissime mais… pour le moment, j’ai du mal à passer outre certains éléments. Et j’aimerais ne pas passer ma vie à me justifier de ça.

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Paris a le blues

J’ai le blues de Paris

Paris, 7 ans ¾ que j’y vis. Le 28 mars prochain, je soufflerai la 8e bougie de notre vie commune. Et je ne te cache pas que je ressens comme une petite crise existentielle entre nous, je sens que mon amour pour toi s’essouffle un peu. En fait, c’est pas tant toi que la vie parisienne qui commence à me fatiguer.

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Tu es attirante et tu le sais. Quand je suis venue vivre ici, je m’imaginais une folle vie culturelle, le Louvre deviendrait ma 2e maison, je serai de tous les concerts. Une vie aussi hype que dans les magazines féminins. Sauf qu’une fois que tu deviens mon quotidien, je rate toutes les expos, je trace dans tes rues en ignorant des sublimes atours. Tu es ma vie, je ne te vois plus. Le week-end, je suis trop fatiguée pour aller mater quelques tableaux, photos ou oeuvres en tout genre. Je ne profite de ta beauté que lorsque j’accompagne des touristes (mes parents en général) dans tes rues, que je leur fais découvrir certains quartiers. Ces quartiers, justement. Ma vie parisienne se limite à quelques coins où je ne me rends que par intérêt, pour la chorale ou la piscine ou visiter quelques amis. Mon Paris se limite à quelques stations, à quelques lignes. 8 ans de parisianisme plus tard, je lève un sourcil quand je reçois un texto “je suis à Avron, j’arrive”. Je sais pas où c’est, moi, Avron, quelque part entre Jaurès et Nation sur la ligne 2, par là… Il y a ces quartiers que je ne connais pas et ceux que, depuis que je vis en ton sein, j’ai en horreur. Rendez-vous à Châtelet, Opéra ou, le pire du pire, les Champs ? Pitié, au secours ! Oh oui, c’est follement pratique, ces grands carrefours de lignes, y en a toujours une qui arrange les gens. C’est vrai. Mais les bars se suivent et se ressemblent, c’est impersonnel au possible. On fait Starbucks ou Indiana ?

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D’ailleurs, quand on me propose de sortir et qu’on me demande un point de ralliement, je ne sais plus que répondre. Mes cantines ont décliné, certaines ont même disparu. Mes bars de prédilection d’hier, je ne m’y retrouve plus, je ne suis plus chez moi. Etre chez soi à Paris, étrange concept tant on est dilué dans l’anonymat de la foule. Vous n’êtes point un individu mais un client. Et que dire de ces bars à la mode où il faut faire la queue pour entrer ? Une heure pour boire un cocktail, si tant est qu’on vous accorde le droit de rentrer. Ca, je m’y refuse. Je veux boire un verre, pas assister à une soirée privée ! Verre que je paierai un prix démentiel parce que c’est Paris…

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Et que dire de ce snobisme puant de la plupart de tes habitants ? Ceux qui crachent sur la rive droite ou gauche selon où ils vivent ? Qui trouvent hérétiques d’aller dans certains quartiers ou certaines banlieues ? Qui te regardent limite comme une merde faisandée parce que ô mon Dieu, j’habite en banlieue (pourtant dans une ville à fort pourcentage de CSP++… Enfin, je crois). Au départ, ce snobisme sent le jeu, le côté parvenu vu que 90% des Parisiens snobs ne le sont pas, Parisiens, justement. Un jour, ils ont débarqué dans la grand ville, chopé une chambre de bonne de 9m² sous les toits (mais à côté du jardin du Luxembourg) et ils se sont crus les Rois du monde. J’avoue que moi-même, je me suis un peu pris au jeu de la pétasse parisienne fut un temps. Un temps où manger des macarons Ladurée fut un must. Puis je me suis perdue dans la guerre de la hype où manger des macarons est un jour devenu totalement ringard (vu que ma consommation avoisinait les 15 macarons par an, je me suis pas sentie super concernée). C’est ça, Paris, aussi, les trucs incroyablement hype du jour ne le sont plus le lendemain. Avant, on se la racontait en boulottant une salade Cojean. Aujourd’hui, ça fait autant pitié que de grignoter un sandwich Sodebo acheté au Daily Monop (mais ça coûte 10 € de plus).

A Paris, t’es hype ou t’es larguée. Sauf que moi, j’ai jamais été hype, ni avant, ni depuis que je suis ici parce que, pour te dire la vérité, ma douce, je m’en fous. J’ai toujours eu la mode en horreur, je shoppe chez H&M, Promod ou Camaïeu sans complexes. Et même, pour être complètement honnête avec toi, je n’aime pas faire les soldes dans tes magasins surbondés de petites connasses hystériques et méprisantes. Moi, les soldes, je préfère les faire dans mon sud natal, où je fais pas une heure de queue pour essayer une robe. Par exemple. Et je te parle même pas de cette nécessité toute parisienne de porter des fringues de marque. Alors que pardon mais Maje, Zadig et Voltaire, Comptoir des cotonniers, c’est le conformisme à l’état brut. Et ça tient même pas trois lavages alors que t’y auras lâché un demi SMIC. Et je te parle même pas des Isabelle Marant, Vanessa Bruno et consort. Mais je reparlerai mode un autre jour.

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Bref, tu m’épuises Paris. Tu manques de simplicité, de véracité, de naturel. La panacée des grandes villes sans nul doute. Mais ici plus qu’ailleurs, j’ai la sensation que si tu rentres pas dans le moule, tu ne seras jamais tout à fait parisien(ne). Si tu ne brunches pas avec ta petite frange, tes bottes fourrées dans lesquelles tu rentres ton slim, ton sac immense posé nonchalamment sur ton avant bras, t’es pas vraiment parisienne. Et je n’évoque même pas avec toi le prix que la vie parisienne coûte même si je crois que c’est la clé de voûte de ma lassitude. J’ai beau gagner un double SMIC par mois, les fantaisies sont limitées. Ca aussi, c’est une histoire de grande ville. Peut-être ne suis-je juste pas faite pour toi…

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L’entretien, ce long speed dating

Fossé générationnel oblige, ma mère ne connaît pas la joie des entretiens. Ben oui, elle, elle a fait son école infirmière, elle est devenue infirmière, fin de l’histoire. Mon père, c’est pareil : hop école de médecine, hop la thèse, hop le boulot. Bon, je simplifie un peu son parcours, je résume 10 ans en 3 hops, quel manque de reconnaissance ! Bref mes parents ne connaissent pas le monde merveilleux du travail tel que la génération Y le côtoie. Notamment le jeu de l’entretien.

Un entretien, c’est codé. D’abord une poignée de main, deux noms lâchés distraitement. « M. Duchemin », « Mlle Bartoldi » ou si vous postulez dans une agence djeunz (ou qui souhaite le paraitre) « Loïc », « Nina ». Puis survient quelques formalités polies à base de verre d’eau ou, pour les plus généreux, un café, prenez place, merci. Chacun s’installe et dégaine ses armes : un cahier, un crayon, un CV et éventuellement un book pour le candidat, un dossier coloré avec votre cv et quelques autres papiers (le cv de vos concurrents en général) de l’autre. Et c’est parti pour toujours le même discours. Moi : « j’ai fait telles études, j’ai fait tel travail, ça m’a permis d’acquérir, je suis partie parce que, voilà voilà », l’autre « le poste que nous proposons, compétences, expérience, mutuelle, ticket resto, vos revendications salariales ? ». Ça dure certes plus de sept minutes mais féroce est de constater qu’on est en plein speed dating : on sort un discours rôdé pour convaincre la personne en face de donner suite à cette première rencontre.


Évidemment, les coachs emploi (ça doit bien exister, y a des coachs en tout) vont hurler « mais non mais pas du tout mais quelle hérésie ! Un entretien, ça se prépare, faut faire ressortir les compétences clés pour le poste proposé, bla bla. » Ah oui, je te le confirme, Septime (j’assume qu’à moitié cette rime pauvre) sauf que voilà, même si tu insistes un peu plus sur certains éléments que d’autres, reste que ton parcours est toujours le même. Sauf mythomanie mais ça, c’est un autre problème. Peu importe où je postule, je reste la fille qui a fait des études d’histoire puis de journalisme, qui a galéré un an et demi en multipliant le piges non rémunérées (oui, j’en voulais) puis un jour, au détour d’une annonce, la voilà animatrice de communauté. Puis community manager ou chef de projet, selon les sociétés. Même si je met en avant certains points plutôt que d’autres, si je détaille plus une expérience plutôt qu’une autre, mon parcours ne bouge pas. À la limite, la seule partie de mon cv qui bouge beaucoup, ce sont mes loisirs. Ouais, je remets souvent cette partie de mon cv à jour alors qu’elle est pas si lue mais moi, j’aime bien, ça me donne l’impression d’évoluer (parce que je peux pas changer de taf tous les 3 mois quoi).


Et on ressort donc le même discours, les mots finissent par devenir creux à force de toujours les répéter. Le community management, la gestion de projet, et maintenant que vais-je faire ? T’as pas un peu envie qu’on écrive un nous ? Je me demande à partir de combien d’entretiens, de combien speed datings on finit par perdre la main. À force de trop ressasser ces histoires qui perdent leur sens, on n’y met plus vraiment de conviction, on les balance à la figure du recruteur ou de notre prétendant avec une énergie molle. À moins de jouer un job de rêve ou d’être face à un Jon Kortajarena garanti hétéro (au moins à 50%…). On dit qu’il faut passer je ne sais plus combien d’entretiens pour trouver un premier job. Mais à partir de combien les chances de trouver s’estompent ? À partir de combien on va à son rendez-vous, amoureux ou professionnel, débiter toujours les mêmes propos en se demandant à quoi bon ?


Parfois, l’échange monotone est dynamisé par la balle slicée de votre partenaire de jeu qui fait sortir la conversation de ses rails pour lui donner une allure folle, délirante. Au choix, on pénètre dans un monde merveilleux, au pire, on se crashe contre un mur. Mais bordel, que j’en ai marre de toujours ânonner mes qualités et mes défauts (version politiquement correcte). Toujours les mêmes questions à quelques exceptions près (on m’a demandé un jour quel était le projet dont j’étais la plus fière, j’ai trouvé ça déstabilisant donc intéressant, ça me poussait à réfléchir). Teste-moi, sors du cadre, bousculons nous un peu. Force moi à réfléchir à toute vitesse pour te donner la meilleure réponse, pose-moi des questions précises sur les compétences et pas de vagues questions sur ma personnalité. Propose-moi de l’inédit, fais-moi frissonner.

Il y a cependant une différence, une différence énorme. Au speed dating, tu pars sur un pied d’égalité et tu as un vrai pouvoir de décision. En entretien, tu as juste le pouvoir de refuser un poste. Et si ton chômage est de longue durée, autant dire que tu vas pas faire ta diva non plus.

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La fable des chaussures irakiennes

L’actualité, globalement, c’est moche. Entre la crise, les affrontements partout, les maladies, la pauvreté, des gosses qui ont à peine commencé leur vie qui se font descendre par des flics ou par une bande rivale… Même Noël ne me passionne pas cette année. Et pourtant, dans cette marée noire gluante et puante de mauvaises nouvelles, une hérésie, une image insensée et délicieuse :

Parfois, je me dis que la vie est un vrai film. Nous avons ici le Président américain sans doute le plus mal aimé depuis que je suis en âge de comprendre ce qu’est un Président (donc depuis Bush senior, en gros) qui va faire un dernier tour en Irak, pays qu’il a détruit et qui s’embourbe dans une guérilla sans fin depuis 5 ans. Et là, dans un réflexe hallucinant, un journaliste irakien se lève, interpelle le Président (qui, visiblement, ne comprend rien) et lui balance ses chaussures à la figure. Projectiles évités par Bush. Un vrai cartoon, une scène digne d’un film burlesque.

Et voilà que cette vidéo fait le tour du monde, que tout le monde applaudit ce journaliste qui a réalisé un geste qu’on a tous eu plus ou moins envie de faire à un moment ou à un autre tant George W. Bush était un Président…surréaliste, je dirais. Il a déclenché deux guerres et détruit deux pays, accru le terrorisme international qu’il souhaitait combattre, aggravé les tensions entre plusieurs communautés de par le monde et on ne parlera même pas de la crise, de la pollution, d’Enron, bref, de toutes les vies qui ont pâti du gouvernement Bush. Et ce petit journaliste, illustre inconnu, venge un peu tout le monde par ce simple geste. Bush a réussi à esquiver les chaussures mais à la limite, c’est pas ça qui est important, c’est le geste. Hélas, je ne suis pas convaincue que notre ami journaliste se soit sorti comme une fleur de cette histoire, il faudrait que je cherche sur le net pour voir ce qu’il est advenu de lui mais là, je suis dans le train alors voilà.

Et depuis, la vidéo fait le tour du net, tous les internautes se la renvoient en se tapant les cuisses, moi la première. Je ne suis pas du tout une fan de violence, bien au contraire, je suis souvent agacée par des anti bushisme primaires qui récitent le discours qu’ils ont entendu aux Guignols de l’info sans pour autant être capable d’aller au delà. Bush,
il m’a toujours plus ou moins effrayée, le côté « hé, les mecs, j’ai failli mourir étranglé par un bretzel, huhuhu! », le côté « quand tu me dis un truc, tu vois clairement mon regard se vider le temps que je comprenne », le côté « Dieu est notre ami, alleluia », le côté « les Arabes, tous des terroristes, Saddam Hussein est forcément le complice de Ben Laden, ils sont musulmans, c’est une preuve! ». Quand on sait que l’Irak était un Etat apostat, on ne peut pas dire que Hussein était dans le coeur de Ben Laden… Bref, si je reste à ironiser sur le caractère divin qu’on donne à Obama (et quelque part, je le plains, on attend tellement de lui et on fantasme tellement de choses…Ahem), je suis quand meme soulagée d’être
débarrassée de Bush et de ses potes. Même si je ne crois pas qu’on se dirige vers de glorieuses années, au moins, ça ne devrait pas être pire.

Finalement, je me dis que Bush n’aurait pas pu mieux partir. Maintenant, il paraît que Sarkozy ne souhaite pas se représenter en 2012 (oui, en fait, nous ne sommes pas en face d’un dictateur en puissance, je pense que certains seront un peu déçus) alors on fait quoi pour lui dire au revoir ?

NB : Humour la dernière phrase, je ne cautionne pas la violence quelle qu’elle soit.

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La beauté féminine

Les femmes sont généralement jalouses. Une femme plus belle qu’elles, mais quelle hérésie ! Pourrissons l’impie, faisons lui payer sa beauté ! Personnellement, je ne vois pas pourquoi je détesterais une fille plus belle que moi (sauf si elle me pique mon mec), tant mieux pour elle, tant pis pour moi.
Il y a deux types de « femmes plus belles que moi ». D’abord, les célèbres, celles qu’on ne voit que sur papier classé. Là, on peut reconnaître leur beauté sans complexes : elle ne rentreront jamais dans notre sphère, elles ne seront jamais nos rivales. Notre mec peuvent fantasmer sur elles, on s’en fout, nous, on fantasme bien sur Brad. Et on va voir « Mr et Mrs Smith » au ciné et tout le monde est content. Je suis en général la première à m’extasier sur la beauté de Monica Bellucci ou Adrianna Karembeu : je ne peux pas avoir la mauvaise foi de dire qu’elles sont laides. Par contre, quand je dis que des femmes sont moches, c’est que je le pense. Mais je n’en ferai pas la liste ici car ça n’a aucun intérêt. Mais certaines filles ont déjà du mal avec ces lointaines rivales : « non mais t’as vu la cellulite qu’elle a Monica ? Franchement, Sophie Marceau, en vrai, elle est énorme ! ». Oui ben honnêtement, moi, la cellulite de Monica ou les cuisses de Paris Hilton, je m’en tamponne le cocotier et même, je suis contente de voir que ces véritables beautés (enfin, pas Paris Hilton, elle, elle me plaît pas) ont des défauts.
 
Mais là où la jalousie féminine prend toute son ampleur, c’est avec les femmes que l’on côtoie et donc que notre chéri peut voir. Alors, elles, c’est une autre paire de manches ! L’autre soir, je parlais à un copain qui me montrait des photos, je m’extasiais sur la beauté d’une de ses amies et il me dit ! « machine ne l’aime pas. » Mais pourquoi donc ? « Parce que quand elle est là, y a pas moyen de choper, tous les mecs n’ont d’yeux que pour elle ». Ah, c’est une vraie raison de détester quelqu’un, ça, en effet. Surtout que les deux demoiselles n’ont pas grand chose à voir physiquement donc, dès le départ, un mec qui aurait dragué l’une n’aurait sans doute pas dragué l’autre…
Bref. J’avoue que je suis rarement jalouse de mes congénères féminines et je suis assez sensible à la beauté féminine. J’apprécie de voir une belle femme qui sait se mettre en valeur, en plus. Je
suis irrémédiablement attirée par les belles femmes mais pas sexuellement parlant (ah, je sens que je n’aurais pas dû le préciser, ça, je viens de perdre au moins trente lecteurs) mais j’ai envie de sympathiser avec elles. Ben oui, je trouve ça agréable d’être amie avec des gens que je trouve beau, peut-être est-ce par esthétisme, peut-être par narcissisme (les gens beaux avec les gens beaux), je ne sais pas. Toujours est-il que la première impression est très importante pour moi, surtout que je me trompe rarement. Quelqu’un dont la gueule me revient pas, que j’aurai du mal à regarder en face parce que sa tête me dérange (ben oui, ça arrive), je vais avoir du mal à m’en faire mon amie. Je me souviens, en première année, j’avais en cours de géo, où j’allais une fois par mois les bons mois, une fille dont le visage m’insupportait, une vraie tête à claque. Déjà, son visage paraissait vieux et son style vestimentaire n’arrangeait pas cette sensation. En plus, c’était une sale fayote : « monsieur, c’est quand qu’on corrige le devoir que vous nous avez donné la semaine dernière ? » Ta gueule, connasse, je l’ai pas fait ! Et
voilà-t-il pas qu’en 2e année, elle sympathise avec Gauthier et Silvia, notre amie andorrane. Bon, j’ai pris sur moi et la dernière fois que je lui ai adressée la parole, je lui ai dit : « ce n’est plus la peine de me parler, tu n’existes plus pour moi. » Oui, elle faisait partie de la bande de frustrées qui nous avaient pris pris pour cible, Guillaume et
moi.
 
Je ne suis pas particulièrement difficile en beauté féminine, ce qui compte, c’est essentiellement le visage. Moi, j’aime les femmes souriantes et pleines de vie. Non mais osez me dire qu’une femme gaie est laide ! Lors de mon premier stage, il y avait une femme magnifique, un visage sublime à peine réhaussé par du maquillage, le genre de femme dont on peut être facilement jalouse malgré ses quelques (très jolies) rondeurs, surtout que son physique lui a apporté quelques avantages salariaux (hé oui). Mais cette fille, c’était la joie de vivre réincarnée, toujours une connerie à dire. Avec moi, elle était adorable. Je me souviens, un jour, elle vient me voir et me dit : « si tu veux, tu pourras venir me voir, on fera des trucs ensemble ! » Je la regarde, les yeux ronds : c’est qui ? Oui parce que le premier jour, on m’a présenté une vingtaine de personnes et sur le coup, j’ai pas compris. Donc je me suis penchée vers Zoé pour avoir des infos : c’est la chargée de comm ! Ah, logique qu’elle me propose une collaboration (et pas des brouettes, bande de pervers !).
 
Personnellement, je trouve que fréquenter de belles femmes, c’est quand même agréable et, curieusement, être avec une belle femme me fait sentir plus belle. Oui, normalement, ça devrait être l’inverse, je devrais me sentir l’immonde boudin qui sert de faire-valoir mais non. J’aime bien être avec de jolies femmes qui prennent soin d’elles parce que du coup, je me sens un peu comme elles. Marcher dans la rue avec une jolie femme, c’est se sentir puissante, sentir qu’on fait un beau duo (ou plus si on est plusieurs), sentir qu’on peut draguer si on en a envie. Je ne me sens pas menacée par une jolie femme car à moins de me balader avec mon sosie, on est forcément différentes donc on n’attirera pas les mêmes mecs (a priori).
 
Les seuls moments où je suis jalouse d’une belle femme, c’est quand il s’agit d’une ex de mon mec. Oui, ça les exs, je les aime pas trop mais j’en parlerai dans un autre article. Mais globalement, je ne me sens pas jalouse. Oui, cette fille est belle, tant mieux pour elle. Non, je ne veux pas lui ressembler car elle est elle et je suis moi, chacune ses atouts. J’en parlais l’autre soir avec un charmant garçon et il me disait que mon attitude n’était pas commune, ce qui m’a un peu étonnée. Si je commence à être jalouse des jolies filles, je peux rayer les trois quarts des femmes de mon répertoire. Anne est belle, Lucie aussi, mais je peux pas être jalouse d’elles, d’abord parce que ce sont mes amies, ensuite parce que nous ne nous ressemblons pas. Et puis, il faut l’avouer : Lucie, je l’ai aimée de suite parce qu’elle a vraiment une bonne bouille. Pour Anne, c’est un peu différent, on s’est rencontrées à la maternelle, je pense que je n’avais absolument pas conscience de la beauté à cette époque-là. Lucie, c’est une fille toute mignonne qui a un super nez. Oui, c’est tout moi, ça, la première chose que j’ai remarqué chez elle, c’est son nez et il m’a plu. Lucie n’aurait pas été mon amie si son visage ne m’avait pas plu ? Impossible à affirmer mais je pense que c’est probable.
 
Qu’en est-il des hommes ? Réagissent-ils de la même façon ? J’ai l’impression, mais je me trompe peut-être, qu’il y a beaucoup moins de rivalités entre deux hommes et qu’il n’y a donc pas cette espèce de gué-guerres mecs beaux contre les autres. Et moi, je trouve ça sain ! Parce que, techniquement, on trouvera toujours plus beau que nous (surtout quand on a tendance à se déprécier) et à jalouser tous ceux qui ont plus de succès auprès du sexe opposé ou du même sexe, on finit par devenir totalement asocial et malheureux.
 
Alors, les filles, arrêtez de jalouser les belles demoiselles. Vous aussi, vous êtes belles, ne rougissez pas devant elles !
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