Manifeste pour tweeter autrement

Si je devais faire un graphique de ma journée type comme Marissa, je pense que je devrais mettre un segment conséquent intitulé “ tweeter ”. Je tweete et retweete à mort, c’est ma radio, ma télé, mon regard sur le monde. J’ai beau ne plus avoir la télé depuis 2 ans, je ne rate absolument rien de l’actu alors que des fois, ça me ferait des vacances. Pire, je suis parfois un des premiers relais d’une new tombée. Et ça, je dois arrêter, essentiellement parce que c’est anxiogène.

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Avez-vous entendu parler du vol AH1020 ? Ce vol d’Air Algérie a décollé d’Alger pour Marseille le 06 août dernier. Suite à un problème à bord, il fait demi-tour et… disparaît des écrans radar. Alerte et branle-bas de combat, Twitter s’agite, reniflant déjà l’odeur du sang et du crash… sauf que l’avion se repose à Alger quelques instants plus tard, tout le monde va bien, merci.

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Avez-vous entendu parler de la prise d’otage dans une église à Châtelet le samedi 17 septembre ? Je me connecte sur Twitter et gros coup de pression : une prise d’otage à Châtelet, police et armée débarque, les infos fusent, on parle de coups de feu… sauf qu’en fait non, ce n’est qu’une fausse alerte. J’ai donc assisté en direct à un drama imaginaire collectif.

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Depuis quelques temps, je suis prudente dans mes RT : plus rien tant que je ne suis pas sûre de la réalité des faits. Histoire de ne pas planter un avion qui s’est posé sans soucis sur un aéroport ou annoncer un attentat qui n’a jamais eu lieu, entre autres. Et puis, j’ai réfléchi et je me suis dit que je devais aller plus loin. Qui suis-je ? Pas l’AFP. Pourquoi donc retweeter une info sur un attentat en Turquie ou au Pakistan (pays dont on suit globalement moins l’actualité) ? Quel message je veux faire passer ? “Regardez ce qu’il se passe ailleurs, c’est terrible” ou ne suis-je pas finalement en plein snobisme géopolitique dont je parlais y a quelques temps ? Oui, mesdames, messieurs, je suis trop au courant de ce qu’il se passe dans le monde, tu as vu ? Mais c’est quoi ma valeur ajoutée là-dedans ? A part faire crouler mes followers sous une avalanche de news angoissantes (parce que non, j’ai pas l’exclusivité des RT d’infos sur le monde) ?

angoisse, anxiété, paranoia

Je suis certainement ce qu’on peut appeler une retweeteuse compulsive, je dois avoir en moyenne 3 RT pour 1 tweet de ma personne mais finalement, quel est le but ? Soit diffuser un avis que je partage. Quelqu’un a dit quelque chose à laquelle j’adhère donc plutôt que de réécrire la même chose. Voire dans certains cas donner de la visibilité à la parole d’une personne que je trouve plus légitime que moi sur un sujet donné. Par exemple si une personne a fait des études sur un sujet et fait référence, son avis vaudra forcément plus que le mien (quoi qu’on pourrait débattre de l’argument de l’autorité mais pas aujourd’hui). Parfois aussi, je lis des trucs que j’ai envie de partager parce que je trouve ça intéressant. Et encore, je me bride car souvent, quand je lis des trucs dans Courrier International, je suis en mode “mais troooooop, je vais le prendre en photo et le poster sur Twitter !” Là aussi, hier, je lisais un court reportage sur Kotor dans Society et j’avais envie de le partager parce que 1/ j’y suis allée et 2/ je n’avais pas du tout idée de ce qu’il s’y passait, niveau mafia locale. Dans ce cas, le message n’est pas “zavez vu comme je me préoccupe trop du sort du monde, bande d’incultes nourris au Hanouna ?” mais plus “oh ben dis donc, je viens d’apprendre ça que je ne savais pas, c’est intéressant”. Bon, j’avoue que parfois, j’ai des “débats” sur Twitter et si des articles qui vont dans mon sens sortent à ce moment là, je les balance joyeusement à la gueule de mon contradicteur (qui, curieusement, m’unfollow juste après ou me bloque, c’est selon). Je RT parfois comme je faisais des citations dans mes copies de philo “moi je pense ça et d’ailleurs j’ai raison, Descartes et Hegel, ils disent pareil !”.

carton citation chewbacca

J’ai raison, la preuve : Chewbacca pense pareil

Si l’apport de la connaissance est effectivement une bonne façon de RT, il faudrait qu’on arrête tous de se prendre pour BFM et consort, à s’entretenir les uns les autres dans une bulle terriblement anxiogène. Non parce que quand je me connecte à mon Twitter et que je vois en boucle des tweets et retweets sur le dernier attentat ou le dernier bombardement en Syrie qui a encore tué des enfants (parmi une bonne centaine de civils), ça me donne juste envie de renoncer définitivement à ma foi en l’humanité. Je ne dis pas qu’il faille ignorer les mauvaises nouvelles : ne pas vouloir savoir qu’il y a encore eu une centaine de civils massacrés sur l’autel d’intérêts qui ne le concernent même pas in fine, ça ne leur rendra pas la vie. Mais si je veux suivre l’actualité, je n’ai qu’à m’abonner au Monde, à l’AFP ou qui vous voulez. Si je veux l’information, je vais la chercher et je pense que ça marche pour tout le monde pareil. Du coup, cessons de répéter 100 000 fois la nouvelle du  même drame ad nauseum : personne n’a besoin de lire 100 fois la même news déprimante pour en mesurer l’impact… et personne ne nous discernera le badge du bon petit suiveur d’actualité. Partager des analyses, oui, partager des dépêches AFP déguisées en articles de news, est-ce que vous pensez vraiment que vous êtes le seul ou la seule à être au courant que le monde s’écroule ?

the fight club, scène finale

A partir de maintenant, je ne retweeterai donc plus que des analyses pertinentes et un peu plus à froid… et évidemment les meilleures vannes et des animaux mignons parce qu’un peu de pommade sur tous nos maux ne fera jamais de mal. Sur ce, je vous quitte avec cette petite loutre… rapport à la pommade, donc.

Maman loutre et son petit

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Réjouissez-vous UMPistes !

Certains vont me soupçonner de mesquinerie mais promis, je n’en ferai rien. Parce que moi aussi, j’ai mal vécu les déchirements du parti qui recueille mes voix et que si les gens ont tendance à oublier, moi pas. Je suis une Hégélienne dans l’âme, l’histoire se répète. Et le principal parti de l’opposition qui se la joue Titanic, c’est pas nouveau.

Tout d’abord, je vous invite cordialement à dédramatiser. Les militants fuient ? Woké mais quel est le pourcentage des militants dans votre électorat ? Pas tant que ça. Puis dans un pays bipartite (si, si), les gens peu politisés votent à droite ou à gauche, pas UMP ou PS. Voire ils votent opposition parce qu’ils attendent des gouvernements des miracles humainement impossibles. Perso quand j’ai appuyé sur le bouton François Hollande en mai (je vote électronique je rappelle), je ne pensais pas mettre fin à la crise en 3 jours. Je divague un peu pardon. Alors oui, vous êtes débordés à l’extrême par Marine et au centre par Borloo. Et je vous avoue que si le prochain Président devait être de droite, je préfèrerais 100 000 fois un Borloo à un Fillon voire, pire, à un Copé mais nous en sommes si loin.

Ensuite, vous avez perdu un leader charismatique qui a longtemps fait l’unité du parti. Après lui le déluge. Le PS n’était pas mieux après le départ de Mitterrand puis Jospin, le RPR avec Chirac élu président qui laissait son parti végéter sans lui. Inévitable, je vous dis. Tout comme la bagarre acharnée des « jeunes » pousses aux dents longues qui tueraient père et mère pour s’asseoir sur le trône laissé vacant. Vous n’avez pas le monopole des intrigues de palais, non, non, non. Vos votes suspicieux sont Niçois, ils étaient Lillois pour le PS. Qui s’en est quand même mieux sorti à l’arrivée. Certains me diront que les femmes sont peut-être plus souples et moins narcissiques que les hommes mais ça, mes amis, j’en doute.

Amis UMPistes, vous avez la chance de faire du ménage dans votre parti, en finir avec cette lutte fratricide et repartir sur de bonnes bases. De toute façon, vous avez 4 ans et demi pour remettre de l’ordre dans tout ça, vous êtes larges. En sport, j ‘ai tendance à dire que certaines défaites font du bien, ça fait dégonfler les melons et ça apprend l’humilité. Votre nouveau chef, qui qu’il soit, sera mal élu. Mais il tiendra le parti en attendant qu’un leader plus naturel émerge. Peut-être que dans leur folle ambition, ils ont oublié que c’est le peuple qui choisit (ou du moins le peuple militant UMP). Et ça, même la multiplication des bulletins ne peut le changer. Apparemment.

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Sous le vernis de l’oubli

Vous l’aurez peut-être remarqué, le maître-mot de mon année 2012 pourrait être « mon voyage intérieur ». Une crise de la trentaine tardive ou le doux sentiment de la renaissance suite au marasme 2011 qui me galvanise, je ne sais. Toujours est-il que je me découvre certaines caractéristiques dans mon moi, certaines bonnes surprises comme celle-ci : je suis pas mauvaise en langue.

Voyage en Sicile, donc, je me mets à parler italien comme dans les jeunes années, celles où j’avais 3h de cours par semaine. J’avais déjà été surprise de le voir revenir lors de mon séjour à Venise mais là, à le pratiquer toute la semaine, j’ai retrouvé du vocabulaire et de la conjugaison. Je suis pas à mon niveau d’il y a 14 ans (j’avais eu 15 au bac… Je suis vraiment une connasse de crâneuse par moments) mais c’est hyper stimulant.

De la même façon, je me rend compte que mon anglais est devenu vraiment pas mal ces derniers temps. Je lis pas mal de news en anglais, j’ai eu des cours en octobre ou novembre et je m’en sortais bien (à part la prononciation parfois un peu étrange, paraît-il), j’ai fait quelques sorties avec des anglophones ne parlant que peu français. Et parler politique avec un Américain en anglais dans le texte, ça nécessite du vocabulaire.

Si j’ai longtemps cru que j’étais mauvaise en langue, c’est surtout que je ne travaillais pas vraiment la matière. C’est pas compliqué : si j’étais bonne en maths, c’est qu’une fois que t’as pigé le truc, ça va tout seul. Pour l’hist et géo et la philo, je me reposais sur ma bonne mémoire (pour la philo, j’apprenais par cœur les citations, j’avais 4 philosophes que je ressortais perpétuellement : Platon, Descartes, Hegel et Sartre). La physique et la bio, ça rapportait pas de points donc je les laissais de côté et les langues… Le problème des langues est double : si t’apprends pas ton vocabulaire et ta conjugaison, c’est moins facile. Si tu pratiques pas, c’est carrément mort. Or comme je ne faisais pas mes exercices, en dehors de quelques voyages de classe (Allemagne en 3ème, Italie en 2nde et Irlande en première mais on n’avait pas de corrrepondants donc on n’a pas trop parlé anglais), j’ai pas trop eu l’occasion de vraiment parler. Du coup, si j’ai récolté un étonnant 13 en anglais au bac (je navigais entre 8 et 10 d’ordinaire), je n’ai « que » 11 au bac en allemand, langue sortie de ma vie depuis. À la fac, j’ai eu vaguement des cours d’anglais, j’ai surtout lu car quand tu choisis des sujet de mémoire comme le Canada ou l’Irlande, tu dois lire des bouquins en anglais. Puis vint le milieu professionnel où l’anglais ne m’a servi qu’au bout de 5 ans (c’est à dire maintenant) et encore, c’est parce que j’ai la chance d’avoir dans mon escarcelle une marque internationale. Même que je fais des PowerPoint en anglais, mouahah !

Et j’ai chopé le goût des langues car j’y vois un nouveau terrain de jeu. Parler une langue étrangère, c’est surtout se faire comprendre avant tout. Quand tu commences une phrase et qu’il te manque un mot, tu dois trouver un synonyme ou une périphrase pour expliquer ton idée de façon la plus juste possible afin de ne pas casser la conversation. Et puis se découvrir une aptitude dans un domaine où l’on se croyait nul, ça fait plaisir.

Du coup, je vais vous concocter le versions anglaises et italiennes de mes articles. Pas tous, ce sera quand j’aurai le temps. Mais quelle meilleure façon de pratiquer ?

Du coup, en septembre, j’envisage SÉRIEUSEMENT les cours de russe. Si les horaires correspondent. Mais comme ça, je pourrai écrire sur mon cv anglais et italien (courant) et russe (débutant) et ce sera vrai. De toute façon, au vu de mon projet voyage de la mort, va falloir que je parle un tout petit peu russe…

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Vilaines maigres

Par Pink Lady

Hello les pioupious !

Ça va bien ? Pas trop dur le froid ? Moi j’ai la peau en mode crocodile et les cheveux qui font des éclairs dès que je retire ma chapka. Mais je ne veux pas vous parler de ça, ça suffit de dire qu’en hiver, il fait froid et qu’en été, il fait chaud. Non, je veux vous parler de la guerre qui secoue actuellement les milieux féminins : la guerre des grosses et des maigres.


Si on en croit Hegel, l’histoire n’avance que par confrontation entre deux groupes distincts, en général les riches et les pauvres. Je schématise, j’ai jamais étudié la philo en dehors de ma petite année de terminale. Aujourd’hui, il se joue cette dialectique dans le monde glamour des paillettes, les filles à l’IMC bas contre celles à l’IMC élevé. Laisse ton corps choisir ton camp. Tout a commencé par une série de photos où une mannequin grande taille enlace un mannequin taille zéro pour d’étranges photos. Puis il y a eu un article mal écrit d’une journaliste auto proclamée s’indignant de la grosse fille qui danse dans la pub Catalunya. Perso, je l’aime pas trop cette pub. Non pas à cause de la mannequin ronde qui se trémousse mais parce que ça renvoie à une certaine image des grosses, à savoir la fille un peu exhubérante qui remue ses cuisses pour dire merde aux diktats de la mode. Un peu comme cet épisode de Friends où les personnages jouent au « et si », Monica imagine sa vie si elle était toujours grosse. Et bien la Monica obèse est lourde. Ce jeu de mots est sponsorisé par Kinder.

L’apparition des filles rondes dans les magazines a provoqué un étrange phénomène. Enfin, je dis apparition mais il y en a une tous les 6 mois, faut pas exagérer. Mais en étalant leurs formes sur papier glacé, elles ont libéré la parole des grassouillettes qui désormais s’en donnent à coeur joie : les maigres sont laides, on voit leurs os, c’est dégueulasse !

Il faut savoir que dans les magazines, les femmes sont rondes malgré elles alors que les maigres le sont forcement par choix. On ne reproche plus aux femmes leurs kilos en trop parce que, tu comprends, on ne sait pas ce qu’elles ont vécu, y a des femmes qui ne sont pas faites pour être minces, le métabolisme… Et ça peut être vrai. Par exemple, regardez Loana, ça se voit que ses kilos en plus sont dus à des traitements médicaux. Sauf que pourquoi on ne reconnait pas les mêmes excuses aux femmes maigres ? Certaines femmes n’arrivent pas à grossir, elles regardent leurs petits bras maigrichons avec détresse, elles aimeraient les bras plus épais des stars d’Hollywood. Devant leur miroir, elles soupirent devant leurs os apparents, leur silhouette d’une finesse qu’elles trouvent peu féminine. Oui, la maigreur n’est pas le résultat d’un régime strict à base de trois grains de raisin par jour.

Mais les maigres, on peut les attaquer sans souci. Leurs corps sont laids, pas féminins, pas sexy, pas appétissants… Je vous épargne les mots les plus grossiers, c’est sans intérêt. Et puis ça me rend assez furieuse en fait. Je suis pourtant du côté des pas trop fines, même si mon imc est tout fait normal. Mais c’est terrible tous ces jugements dont dont victimes le corps des femmes. Trop rondes ou trop minces, les femmes sont victimes de jugement en permanence. Je ne ressens pas la même pour les hommes, il y a moins la pression de la belle silhouette. Par exemple, prenons la série Friends, une nouvelle fois. En 10 ans, les actrices sont restées minces (sauf Lisa Kudrow pendant sa grossesse) alors que certains acteurs ont litteralement gonflés comme Matthew Perry ou Matt Leblanc. Ou si je regarde les présentateurs télé français : Benjamin Castaldi ou Thierry Ardisson sont loin d’être minces mais côté féminin, à part Laurence Boccolini et Valerie Damidot, on est au royaume des petits culs et des ventres plats. On se fiche que tu sois douée, on voudrait que tu sois bonne.


Les femmes sont en perpétuelle lutte contre leur corps, pour le faire grossir ou mincir afin de correspondre plus ou moins à un idéal. Alors pour se venger de pas correspondre au corps qu’on voudrait, on insulte les petites copines. Voilà qui n’est pas sport…

Et puisque la silhouette est un élément de séduction (les hommes aiment les formes, oui, non, ça dépend), je vous file un truc les filles : certains hommes aiment les filles minces, d’autres les filles enveloppées. Après tout, vous aimez bien les mecs grands ou petits ou fins ou baraqués… Alors si vous craquez pour un mec dont vous n’êtes pas le type, c’est dommage. Mais n’allez pas en conclure que tous les mecs aiment les filles rondes ou minces. Car hey, y a pas de règles ! Fou fou non ?

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Le fanorat est médiocre

En lisant l’autre jour un article sur Lana Del Rey, j’ai découvert une étrange expression “la médiocrité du fanorat”. En gros, les fans ont grosso modo des goûts de merde. La preuve, ils écoutent Justin Bieber en masse et maintenant Lana Del Rey. Et là, j’ai réalisé tout le snobisme du concept, snobisme dans lequel je me suis souvent vautrée.

Je l’avoue sans honte, je suis merdophage. J’écoute de la musique commerciale (Lady Gaga, Britney Spears ancienne époque parce que j’aime pas la nouvelle qui abuse de cette voix électronique qui me pète les oreilles, Rihanna, Katy Perry… Mais pas les Black eyed peas, faut pas déconner), je regarde des séries pourries de type Hélène et les garçons et leurs déclinaisons (du moins quand j’en ai le temps donc en ce moment, non). Par contre, je suis d’un snobisme épouvantable en terme de cinéma (bouh les blockbusters) et surtout de littérature. Souvenons-nous ensemble comme j’ai souffert en lisant du Guillaume Musso. A chaque fois que je passe dans une librairie, je pleure en découvrant en tête de gondole les Musso et Lévy, best sellers absolus ou encore les Dan Brown qui réécrit perpétuellement le même roman en changeant le prénom féminin et la ville où se passe l’action.

Et pourquoi donc ? Qui suis-je pour décréter ce qui est bien ou mal en terme de littérature ? Si on reprend l’univers musical, je sais faire la distinction entre de la musique de haut niveau (si j’ose dire) et une production commerciale calibrée pour cartonner sur les radios et dans les discothèques. Mais j’aime la musique commerciale pour travailler en paix dans l’open space, taper mes content plans sans interventions extérieures. De la même façon, peut-on vraiment condamner des gens qui préfèrent s’avaler un Lévy sur la plage plutôt qu’un Tolstoï ou se vider la tête devant Transformer plutôt que devant un film d’art et essai ousbek ? Et d’abord, qui a décrété ce qui était digne d’intérêt et bon à jeter ?

On en revient au bon vieux Bourdieu et son étude du bon goût. Pour rappel, selon Bourdieu, le bon goût est défini selon les goûts bourgeois. Et oui, on a du mal à imaginer un conducteur de voiture tuné écouter du Mozart sur ses enceintes surround machin tout ça (je suis nulle en enceintes) ou en train de lire La Propédeutique philosophique d’Hegel. Et pourtant, pourquoi pas ? Je veux dire en tant que femme, je me plains parfois d’entendre que le maquillage et la coquetterie semblent être des antonymes de culture et d’intelligence. Mais voilà, souvent culture populaire = culture facile d’accès = de la merde.

Et pourtant, si je retourne le raisonnement, je me dis qu’il y a du génie dans cette sous culture. On peut cracher tant que l’on veut sur les Lady Gaga, Lana del Rey, Marc Lévy et co, ils ont quand même compris ce qui marchait et comment faire du business. Ils ne sont pas si nombreux que ça. On peut se gausser sur la facilité de leur art, pour se permettre de la ramener, faudrait déjà arriver à en faire autant. Oui, je n’aime pas le style d’écriture des Lévy et Musso mais puisque c’est si facile, pourquoi ne pas en faire autant, hein ? Je n’ai pas le goût des bluettes, j’ai essayé d’en écrire sans le moindre succès, ça m’ennuie. Mais si j’y parvenais et que je les envoyais à une maison d’édition, serais-je pour autant publiée ? Connaîtrais-je le succès ? C’est un peu comme la cuisine, c’est pas parce que tu suis la recette que c’est forcément génial à l’arrivée.

Bref, existe-t-il réellement un fanorat médiocre ou des artistes qui donnent ce que l’on souhaite, un art facile à consommer pour les jours où on n’a pas envie de faire des efforts ? Que le gastronome qui n’a jamais croqué un Big mac me jette la première pierre.

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Est-ce que je veux savoir??

Par Diane

Hey, toi, mon cher brillant et dynamique lecteur, j’ai un truc à te raconter, à propos duquel j’ai hâte d’avoir ton avis éclairé et constructif.

Il se trouve que pas plus tard qu’il y a pas longtemps, j’étais en train de relire Hegel dans le texte/étudier la mécanique quantique/manger des m&m’s devant Dr. House (rayer les mentions pas crédibles) quand tout d’un coup retentit la sonnerie du téléphone. Je jetai alors un coup d’oeil distrait sur l’écran de ledit téléphone (qui soit dit en passant a comme sonnerie « ça c’est
vraiment toi », et bordel je comprends pas pourquoi ça ne fait rire que moi. Sisi, à chaque fois que ça sonne, je me dis « diaaaane, téléphooooooone! » hihi) et donc disais-je, vois affiché le nom de mon amie Josette. (oui, j’adore choisir des noms imaginaires ringards à mes copines) Sur le coup, mon côté démoniaque fut tenté de laisser sonner, surtout que Dr House était en train de casser les
couilles à Cuddy, et que j’adore quand il fait ça. Néanmoins mon penchant philanthropique l’emporta et je décrochai alors pour lancer un merveilleusement original « allô » qui eu approximativement  pour réponse: « bbeuhhhh -snirfle-

Gustaaaaave…-snirfle- connard….une salope ….beuhhhh-snirfle snirfle-« . J’en déduisis alors très finement qu’il me fallait lancer l’enregistrement de la fin de Dr House (faut pas déconner non plus) pour aller conforter Josette. Armée d’un air contrit de circonstance, d’une boite de mouchoirs extra doux pour éponger les différents fluides plus ou moins verts et visqueux jaillissant
actuellement de mon amie, de mon paquet de m&m’s bien entamé et du DVD de dirty dancing, je me rendis donc chez Josette qui n’en avait toujours pas fini de snirfler.

Et elle m’expliqua plus ou moins clairement tout en accumulant à nos pieds une belle pyramide de kleenex imbibés -que son chat se fit une joie d’écharper aussitôt- que son cher et tendre Gustave qui une semaine auparavant était encore le futur père de ses enfants avait copieusement biscoté avec une charmante demoiselle/pouffiasse/grognasse (re-rayer les mentions pas crédibles) de son boulot.

Bon, je vous avoue que sur le coup, vu que j’avais jamais pu le piffrer son gustave, ses posters de ferrari sur son mur et ses « salut ma belle », j’ai été furieusement tenté de sauter de joie à l’idée de la voir débarassée de ce pignouf, voire de lui sortir un totalement ignoble « je le savais », pour ne pas l’achever par un « je te l’avais dit ».

Mais bref, peu importe, et vous me direz « oui mais bon c’est bien gentil tout ça, mais le cocufiage, rien de nouveau sous le soleil, parait même que c’est à la mode » (cf un article de Nina sur un magazine qui avait écrit un papier genre » les 10 règles pour bien cocufier sans se faire prendre« )

OUI MAIS. Voilà t’y pas que sous mes oreilles effarées, après quelques nouvelles lamentations, elle me déclare que finalement, elle aurait préféré ne pas le savoir. Qu’il fasse sa petite affaire avec sa c….harmante demoiselle, et qu’elle n’en sache rien, parce que comme ça, elle aurait pas été malheureuse et lui serait resté le super mec futurpèredesesenfants.

Et là, je vous avoue que ça me l’a coupée net. Et du coup, j’ai tenté de comprendre pourquoi tous ces gens qui sont cocus, atteints d’une maladie incurable,à qui l’on ment, que l’on manipule, bref qui vivent dans l’illusion, parfois préfereraient rester dans cette illusion. Bon, j’imagine que c’est plus confortable. On souffre moins, on soigne ses rêves en ne pensant jamais au réveil.  C’est comme ces gens qui fantasment pendant des années sur une personne qu’ils n’ont vus qu’une fois, voire jamais, et qui sont persuadés dur comme fer qu’elle est l’homme/la femme idéale pour lui/elle. Et qui au final ne veulent jamais réellement la rencontrer, ou en tous cas la connaître. J’imagine que ce n’est que la matérialisation de cet éternel sujet source d’angoisse qui est que l’homme, plus ou moins consciemment, réalise que l’absolue lucidité est un piège atroce pour la conscience, qu’elle a bien souvent un arrière goût de désespoir,  et qu’elle peut paraître intenable, face au confortant cocon que nous offrent nos illusions, si méprisables soient-elles.

Moi personnellement, je veux toujours savoir. Je reconnais les avantages de l’illusion, j’adore même ce phénomène fantastique d’illusion provisoire que nous offrent les livres et les films (on rentre dans l’histoire, on se met à la place de-, on pleure avec-), j’aime rêver, mais parce que je me réveille après, et que mes rêves sont au final des illusions qui cachent une réalité qu’il me faut découvrir.

Rousseau avait choisi pour épitaphe: « vitam impendere vero ». Consacrer sa vie à la vérité. Et je crois que je préfère une dure réalité à une illusion confortable. Même si des fois, vu la merde qui nous entoure, que ce soit à l’échelle du quartier, à celle mondiale, ou carrément à l’échelle métaphysique, quand même, c’est dur. Et vous?

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La perfection est glabre

Grosso modo, il existe deux catégorie de femmes : les célibataires (y compris les amoureuses en attente) et les maquées (y compris les femmes mariées). Zoé et moi sommes des célibataires, elle très en attente de M. Zoé qui vient mais qui se presse pas quand même (je te lui foutrais un coup de pied au cul pour qu’il avance plus vite, moi !). Samedi, Zoé reçoit un texto de M. Zoé : « tu es chez toi ? ». Zoé étant un individu de sexe féminin normalement constituée, elle interprète ce message comme un « dis, je peux venir ? » légitime. « Oui », répondit-elle, ajoutant un petit plus voulant dire : je t’attends avec plaisir.

beautiful legs in spa 

Mais là, panique : son épilation laisse à désirer. Au secours ! Opération : éradiquons la toison. Résultat, voici notre Zoé zéro poils délicatement vêtue d’une nuisette sexy en diable. Bon, hélas, M. Zoé ne viendra pas, nous apprîmes plus tard que ce message était destiné à sa mère. M. Zoé, confondre sa mère et sa future moitié, je ne trouve pas ça bien, faut arrêter la drogue. Bon, du coup, avec Zoé, nous avons épilogué lundi sur la « malédiction du poil ». Si elle s’était pas épilée, il serait venu. C’est typiquement féminin, ça aussi : si on s’avance trop sur ce qui n’est pas acquis, on ne l’aura pas. Il est vrai qu’il m’est arrivé quelque fois d’aller à un rendez-vous parfaitement épilée dans l’espoir de…et rien. Par contre, il m’est aussi arrivé d’aller un rendez-vous avec une épilation un peu douteuse (pas de forêt vierge, tout de même, faut pas déconner) et bam, brouette. Foutue malédiction du poil.

 

Bon, au-delà de ce joyeux délire Zoé-Nina (oui, c’est un délire, on ne pense pas vraiment que les poils épilés se liguent contre nous pour nous empêcher de conclure), nous avons
réfléchi à cette triste réalité : célibataires, on doit toujours être nickel, « au cas où ». Par exemple, je ne vais jamais à une soirée mal épilée, on ne sait jamais… Oui, j’aurais très bien pu conclure avec ce beau et grand Marocain à la soirée costumée où personne n’était déguisé (véridique) s’il n’était pas parti se coucher avec les poules (ce qui est dangereux à l’heure actuelle). Je lui avais parlé pendant au moins 20 minutes les yeux dans les yeux en me cambrant un max pour mettre en avant ce qui se remarque déjà le mieux. Bon, en plus, j’étais saoule donc je faisais plus du tout dans la finesse. Peut-être qu’à la prochaine soirée, il y aura un beau Brad et qu’à force de se parler avec le langage de la langue, on aura envie de s’explorer mutuellement dans le secret d’une chambre. Non parce que même si les probabilités sont faibles (je sors soit dans le milieu gay, soit avec les camarades de promo de M. Gauthier qui sont physiquement… pas du tout mon genre), j’ai pas envie de me payer la honte. Parce que soit je suis sobre et je refuse, expliquant à Brad que je peux pas parce que mes poils ont eu droit à un sursis, soit je suis saoule et j’oublie la douce pelouse qui recouvre mes jambes et je pète la honte.

 

Certains me diront : mais on s’en fout de vos poils. Ben nous, non. On se doit d’être l’incarnation de la perfection en permanence. Je veux bien être celle qui a de la cellulite, celle qui n’a ni tatouage ni piercing, celle qui a les pieds grecs, celle qui a des pieds bizarres mais je ne serais jamais « la poilue »… Du moins les six premiers mois de couple après, on autorise à quelques poils de survivre. De la même façon, je n’irai jamais à une soirée avec mes vieux sous-vêtements. Ceux-là, je les mets pour la maison ou pour aller au supermarché mais c’est tout. Je ne veux pas non plus être celle qui a une culotte trouée. Par ailleurs, mes sous-vêtements sont toujours coordonnés parce que c’est plus joli, on imagine volontiers la fille qui passe du temps à choisir ses dessous, soigneusement rangés, le matin, et pas la souillon qui tire une culotte et un sous-tif d’un magma de tissus et qui enfile ça sans se poser de questions. Non mais sans rire : dans les films pornos, le livreur de pizza ne tombe que sur des nymphomanes totalement épilées, jamais y a de poil suspect (sauf dans les films « velues et cochonnes »).

 

Le pire quand on est célibataire, c’est quand on a un rendez-vous galant. Brad nous a invitée à boire un verre, c’est peut-être juste amical mais ne sait-on jamais, préparons-nous. Et c’est parti : on épile, on gomme, on hydrate, on nourrit, on lave, on sèche, on brosse, on pare, on parfume… Les princesses sont de sortie. Parce qu’on veut que Brad, il soit tellement ébloui par nous, avec ou sans vêtements, qu’on ne laisse rien au hasard, quitte à s’épiler les trois poils qui restent avec la pince à épiler car tout doit être ni-ckel ! Bon, ceci étant dit, c’est agréable de se bichonner puis là, y a quand même une perspective, on n’est pas trop prises au dépourvu. Sauf si Brad décide de passer nous prendre une heure à l’avance chez nous, là, c’est la cata intégrale. Messieurs, c’est très incorrect d’arriver en avance, sachez-le. Moi, je sonne toujours deux minutes après l’heure dite pour pas faire trop la fille « pile à l’heure , j’ai attendu la demi pile pile pour sonner ».

 

Comme me fait remarquer Zoé, tout ceci n’est pas très juste : quand on doit être célibataire, on doit être aussi parfaite qu’une fille en couple alors qu’on ne partage notre
couche, ni rien d’autre d’ailleurs, avec un homme. Moi, quand je suis célibataire, ça m’emmerde de passer mon temps à m’épiler parce que quand je constate que c’est plus très net, je pense : « à quoi bon, personne n’en profite, de toute façon ». Mais je le fais quand même, ne sait-on jamais… Alors que justement, les poils de célibataire devraient pouvoir avoir une espérance de vie plus longue, on devrait pouvoir mettre nos vieilles culottes et nos bas filés, gardant ceux intacts pour notre fut Brad. Mais voilà, une fille à poils, ça le fait pas. Imaginez qu’on rencontre un homme dans la rue avec nos poils, notre culotte trouée qui poche aux fesses, nos soutien-gorge sans baleine (oui, parce que des fois, elles s’évadent seules) et nos bas troués. Imaginez qu’on conclue. Bon, ça me paraît très improbable d’aller forniquer dans l’heure qui suit avec un mec rencontré dans la rue mais nous sommes dans une logique de l’absurde. La même qui m’a fait dire à Anne que s’il le fallait Bataille et Fontaine lisaient du Kant et du Hegel sur leur plateau mais qu’on pouvait pas savoir puisqu’on regardait pas. Bref, nous voilà dans une chambre avec ce délicieux inconnu qui plonge la main dans notre culotte et nous sort un charmant : « ben c’est la forêt vierge là-dedans » ou un : « ah non, je te fais pas de cunni, y a trop de poils ». Pourtant, ça te gêne pas que je me retrouve avec un poil coincé entre les dents après une fellation, abruti ! Bref, vous avez compris le topo.

 

Mais c’est fatigant d’être parfaites tout le temps, toujours prêtes, « au cas où ». Je ne suis pas une fille négligée et je ne veux pas qu’un homme ait cette fausse image de moi, juste parce que mon épilation n’est pas du matin et que j’ai pas les moyens de me racheter des dessous tout neufs tous les mois. Un jour, je serai pétée de tunes et je me ferai une épilation définitive mais en attendant…

 

Voilà quelque part le drame de la femme : célibataire, faut toujours être parfaite « au cas où », genre au cas où M. Zoé préviendrait 10 minutes à l’avance qu’il débarque (tout à fait son genre, en plus, un délice de spontanéité, ce garçon.) ou que mon Brad frappe à la porte parce que je vois pas pourquoi ça pourrait pas arriver ! Ensuite, une fois nos M. Zoé et Brad attrapés, faut encore être parfaites car nous partageons notre couche avec eux. On peut mettre de côté nos vieux pyjamas en pilou-pilou, notre chemise de nuit avec des oursons et/ou des chats dessus, notre bas de pyjama qui n’a plus d’élastique et qui laisse entrevoir une bonne partie de notre (charmant) fessier. Alors que ces messieurs ne s’épilent pas et nous sortent très rapidement leurs vieux boxers fanés ou leurs chaussettes aérées. C’est injuste mais c’est comme ça. Comme dirait les Robins des bois : « être sexy en toutes circonstances, voilà qui n’est pas aisé ». Comme c’est bien résumé !

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