Je suis pas féministe mais…

“Moi, je suis pas féministes mais…” donc si, tu l’es. Je sais pas si vous avez remarqué le nombre de phrases commençant par “je suis pas [insérez truc plutôt honteux] mais…” et le reste de la phrase vient précisément démentir cette affirmation. Mais… attendez, en général, on dit ça de quelque chose d’assez honteux genre “je suis pas homophobe” ou “je suis pas raciste” mais alors pourquoi on dit ça du féminisme ? Facile ! Parce que les medias (et les gros machos de merde et leur humour oppressif) nous en donnent une image déplorable.

Ah oui, les Femen, l'exemple adoré de tous ceux qui vomissent les féministes et qui jouent l'amalgame à fond

Ah oui, les Femen, l’exemple adoré de tous ceux qui vomissent les féministes et qui jouent l’amalgame à fond

Alors souvent, ce “rejet” du féminisme n’est pas tant une dépréciation de ce combat mais la volonté de finalement donner plus de poids à son propos. Un peu un “moi, je suis citoyenne neutre et je trouve que ça, ça pose problème”. Je peux comprendre cette posture parce que si tu arrives en tant que féministe sur un débat, le contradicteur va te disqualifier de suite parce que “t’es pas objective” (alors que lui, oui, forcément). Le fait que mon féminisme ait pu m’apporter la réflexion,le recul, les références sur certains sujets (non, je n’entre pas dans une discussion comme un chien dans un jeu de quilles juste pour dire “hé non, je suis pas d’accord parce que je suis féministe, d’abord!”), apparemment, ça ne compte pas parce que je ne suis pas objective. Pourtant, y a-t-il besoin d’être objective pour noter que la situation de la femme en France s’aggrave de jour en jour ? Qu’on peut difficilement sortir dans la rue sans se ramasser le relou dragueur de service et qu’en plus, si on ose s’en plaindre, on est des connasses et on doit essuyer des litres de male tears sur le fait qu’on n’est pas gentilles parce que tu comprends, la drague dans la rue, c’est pas facile (sans doute parce que 9 fois 10, ça nous saoule, on ne vous a rien demandé, foutez-nous la paix). Est-ce mon féminisme qui tue dans une relative indifférence une femme tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Est-ce mon féminisme qui me fait lire ou entendre que les journalistes, dégoulinants de paternalisme, se réfèrent aux femmes par leur prénom, couleur de cheveux voire carrément compagnon… ?  Mais non, je suis pas objective, merci de sortir du ring.

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Mais il reste cette douloureuse impression que le terme “féministe” est mal perçu. Alors regardons un peu mon parcours féministe. Plus jeune, jusqu’à mes débuts par ici, d’ailleurs, je me définissais comme préoccupée par l’égalité homme-femme mais “surtout pas féministe, hein, je suis pas Isabelle Alonso !”. Alors pour les plus jeunes d’entre nous, Isabelle Alonso passait pas mal de temps à l’époque à squatter le plateau de Ruquier, certainement pour l’émission “On a tout essayé” mais j’ai un doute vu que j’ai jamais pu supporter Ruquier (je déteste les gens qui rient de leurs propres blagues et qui débordent de fierté et de suffisance. Même si à ce niveau là, reconnaissons que notre ami Laurent n’arrivera jamais aux chevilles des égotiques suprêmes Ardisson ou Hanouna, dans des styles très différents pour le coup). Et donc je détestais cette brave Isabelle parce que… et bien dix ans plus tard, je suis plus bien sûre. Je me souviens d’une chronique de Guy Carlier qui se moquait de ce féminisme de salon qui se bat pour des clopinettes car les vrais combats sont ailleurs. Oui, je n’avais pas bien notion du mansplaining à l’époque. Et puis y avait ce combat contre une pub Fleurette “oh ça va, c’est bon, c’est de l’humour”, haussais-je les épaules, ignorant le concept même d’humour oppressif. Bref, j’étais au degré zéro du recul et de la réflexion. Les medias me disaient que les féministes étaient des hystériques s’agitant sur des combats “moins importants que le viol ou la violence conjugale”, je les croyais. Féministe, moi ? Ah non, pas du tout !

Déclaration de la demoiselle “Féminisme. Je déteste ce mot parce que ça ne devrait même plus exister. Nous sommes tous égaux, alors pourquoi est qu’il y a un débat sur le sujet ?”  Je me frappe le front...

Déclaration de la demoiselle “Féminisme. Je déteste ce mot parce que ça ne devrait même plus exister. Nous sommes tous égaux, alors pourquoi est qu’il y a un débat sur le sujet ?” Je me frappe le front…

Puis j’ai eu ma période “égalitariste”. Je n’étais pas féministe mais égalitariste parce que je voulais l’égalité entre humains quelque soit leur sexe ou couleur ou origine sociale. Je le suis toujours, hein, sauf que j’ai compris un élément essentiel : pour arriver à une égalité entre les sexes, le rattrapage ne peut se faire que du côté des femmes vu que les hommes sont dominants et que l’égalité ne peut se faire en renonçant à certaines choses mais bien en donnant à tout le monde la même chose. Donc féminisme (pardon pour cette explication horriblement bâclée). Et lutter pour le droit des femmes, c’est aussi bénéfique pour les hommes en les débarrassant du poids du patriarcat qui rend par exemple difficilement envisageable en 2016 qu’un homme puisse prendre un congé parental pour élever son petit. Bref, petit à petit, en lisant la prose de féministes, en comprenant qu’il ne s’agissait pas d’un bloc parlant d’une même voix et que j’avais tout à fait le droit de me dire féministe et de ne pas cautionner tout ce qui sort de la bouche d’une féministe. Alors, oui, ok, je suis féministe. Malgré mon fard sur les yeux, le noir sous mes yeux, ma traque (ok très relative) du poil et ma liste un peu longue de personnes ayant mélangé leur corps nu au mien.

Original Film Title: ANATOMIE DE L'ENFER. English Title: ANATOMY OF HELL. Film Director: CATHERINE BREILLAT. Year: 2004. Stars: AMIRA CASAR; ROCCO SIFFREDI.

Sans doute qu’on ne naît pas féministe mais qu’on le devient (une référence subtile vient de se glisser ici), c’est une démarche, une réflexion. Et le premier pas, c’est de détricoter l’image négative de celles qui lèvent le poing encore aujourd’hui pour défendre le droit des femmes. Parce qu’en 2016, ça va vraiment pas mieux. Allez ma soeur, n’aies plus peur et ouvre les yeux. Ah, par contre, je te préviens, une fois que tu découvres les mécanismes parfaitement huilés du patriarcat, le monde devient un endroit bien laid. Mais à nous de relever le gant pour en faire quelque chose de mieux. 

 

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Une cure detox qui me fait bien flipper

J’ai décidé en mon âme et conscience que le samedi, s’il n’y avait pas de question love and sex (essentiellement parce que j’ai oublié de le faire, j’ai eu une semaine trop chargée, je m’excuse), j’allais parler télé. Parce que moi, j’aime ça la télé et plus un programme est merdique, plus je l’adore : je vais pouvoir le critiquer. Je suis un peu la Guy Carlier des blogs mais avec plein de kilos en moins (je sais pas combien, je sais plus où il en est parce qu’à un moment, il avait un peu maigri). Sauf qu’à la fin, je vire pas aigrie et misogyne.


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Hier soir, aux petites heures de la nuit (23h et quelques), je me dis que je commence à fatiguer et que j’allais partir me coucher. Hibernation et émotions fortes de la semaine obligent même si ça m’embête un peu, j’ai du boulot de tarée ce week-end (oui, je sais…) donc ça m’aurait arrangée de pouvoir profiter de la soirée. Mais là, commence une émission dont je ne verrai certes pas la fin mais qui m’interpelle : Marine teste une cure detox. Marine est une journaliste blonde et sympathique qui se met en scène dans diverses situations pour vivre les choses comme par exemple un dîner nudiste (ok, c’est joyeusement racoleur, celui là). Cette fois ci, Marine part en cure detox : en gros, elle va nettoyer son corps. Cool, tiens, ça m’intéresse. Oui, il semblerait que la trentaine approchante me force à me préoccuper de mon intérieur. Pas mon appart, ma tuyauterie, j’entends.

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Sauf que je déchante vite et je me pose une question : cette cure, telle qu’exposée, n’est-elle pas dangereuse ? Je vous explique un peu : c’est la cure de Marine Méchin, une nana qui était dans la Star Ac 8 (la dernière ?) et passait son temps à insulter les élèves pour les pousser à se surpasser. Je suis tout à fait convaincue qu’à 16 ans, on a quotidiennement besoin d’entendre qu’on est une petite merde et qu’on devrait limite avoir honte d’exister, ahem… Donc j’ai un peu cherché sur le web des infos sur la Marine Méchin, j’ai pas trouvé grand-chose à part qu’elle pratique le Wu Wang, un truc qu’elle a découvert en Asie ou je ne sais quoi. Bon, fin de la recherche documentaire (ah, si, elle aurait bossé pour Sarko et déclare être lesbienne mais ça ne va pas nous aider).
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Donc la journaliste Marine et une poignée d’autres nanas se retrouvent en stage. Elles sont une dizaine, le stage coûte 750 à 1250 € et vous allez voir comme c’est tout bénef pour Marine (la coach). Premier jour, les nanas arrivent. Repas du soir : quelques grains de raisins puis une séance de gym pas piquée des vers jusqu’à 2h du mat. Là, notre coach annonce : demain, rendez-vous à 6h en bas, on marchera pendant 4h ! Je vous distribuerai à toutes un verre d’eau chaude avant de partir ». Donc les nanas se lèvent affamées car elles n’ont mangé que du raisin la veille, elles font de l’exercice pendant 4h (sans eau au passage,enfin, je n’en ai pas vu en tout cas) et après, que font-elles ? Elles mangent du raisin ! Bref, en résumé, durant ces deux trois jours, elles ne mangent pas, boivent de l’eau chaude, avalent des gélules pour se « purger », font de l’exercice et, comme le dit une nana « de toute façon, elle fait tout pour nous faire craquer ». Alors le côté detox, là, il y est à mort vu qu’il y a même un exercice pour filer la nausée aux nanas. Sauf que, pour ma part, jeûne+exercice physique+purge, je trouve ça légèrement dangereux… Surtout que je sais pas mais le côté « on mange des grains de raisin, on prend des gélules pour aller aux toilettes et on se file la nausée », ça me rappelle vaguement les clichés typiques de l’anorexie.

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Je veux bien comprendre le côté dépassement de soi, je dis pas. Mais arrive un moment où je trouve ce genre de conneries dangereuses à faire et à montrer. On m’a toujours expliqué qu’il ne fallait surtout pas sauter un repas (ce que je fais hélas parfois), qu’il faut varier son alimentation et surtout, SURTOUT et c’est ce qui me choque le plus dans l’histoire : s’hydrater. Déjà, je vois dans quel état j’étais après quelques heures de jeûne total lors de ma journée Ramadan, la déshydratation me donnait l’impression d’avoir du sable dans le cerveau alors là, marcher 4h sans eau, c’est limite criminel.
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Bref, vous l’aurez compris, cette émission m’a énervée, malgré la personnalité franchement sympa de Marine la journaliste. Je comprends le principe de tester son corps, aller puiser dans ses réserves, se détoxifier en sortant ce qu’on a mauvais en soi mais là, non, ça fait limite secte et je le répète, c’est dangereux. Et je pense limite inutile car après avoir quasi jeuné pendant deux ou trois jours, le retour même doux à une alimentation normale, vous allez reprendre tous les kilos perdus avec même un petit bonus. Parce que le corps réagit à la privation « j’ai pas eu assez de réserves, je vais stoquer un peu plus » (source : la diététique pour les nuls). Si y a un truc que j’ai bien compris en terme de diététique, c’est que rien ne vaut un régime équilibré, le reste n’est qu’une perte de poids temporaire. Mais là, le pire, finalement, c’est qu’on vend la cure comme une détox, pas comme un régime genre « tu vas revenir toute purifiée ». Tu vas en chier (au sens propre du terme) mais tu reviendras soulagée (y a un sens propre, si j’ose dire, là aussi). Sauf que pendant cette cure, la Marine la coach remue la merde (au sens figuré cette fois-ci), pose les nanas face aux échecs de leur vie, leurs angoisses… et leur fait « non mais moi, je suis pas psy ! ». En gros, je souligne ce qui ne va pas dans ta vie et démerde toi pour régler ça toute seule ou avec l’aide d’un thérapeuthe. Ouiiiiiiii ? C’est vrai, rien ne vaut un bon petit cassage psychologique pour repartir sur de bonnes bases. Ou sombrer un peu plus loin dans la déprime.

Message de service : Puisqu’on parle tuyauterie, petit coup de main à une opé en ce moment : Activia a créé une page pleine de conseils pour récupérer des excès des fêtes. C’est par que ça se passe, pour ceux que ça intéresse.

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Mais Pourquoi sont-ils si méchants?

Par Diane
Aujourd’hui, j’ai à vous soumettre une grande perplexité personnelle. Je me suis pris récemment un PAF dans la gueule, si je puis m’exprimer ainsi, qui me rend de fait assez perplexe sur le fonctionnement de la petite cacahouète gluante qui flotte dans notre boite cranienne.
En effet, en faisant un tour d’horizon du Paysage Audiovisuel Français, je constate qu’il est extrêmement à la mode, chez les animateurs, d’être méchant.
Que ce soit Baffie, carlier/fogiel ou encore cette grosse bouse incommensurable que peut être le maillon faible, il est très tendance de se faire démolir la gueule avec le sourire silvouplait, devant des milliers de téléspectateurs ravis. Tiens encore récemment, j’ai pu voir sur le cable une formidable émission américaine, un petit bijou du genre, où un teenage fait sur mesure genre roi/reine de promo devait choisir sur des critères personnels un partenaire avec qui fricoter derrière un arbre, ce choix devant s’effectuer entre une belle brochette de prototypes
du même genre, qui attendent patiemment leur tours dans un beau camion. Mais c’est formidable, me dites vous, ces jeunes pousses innocentes et naives peuvent s’ouvrir à l’amour! Eh bien le meilleur, c’est que les candidats en question (ceux qui sont dans le camion) ont pour but de rester le plus longtemps possible en présence de roi/reine de promo, car chaque minute passée en plus leur fout un dollar dans la poche… merveilleux non?
Et même une fois les candidats écartés un par un par le jugement juste et réfléchi du roi de promo (« suivant! ah nan, tes dents, elles sont franchement trop moches! ; -elle avait un gros cul celle là! – j’aime pas les rousses, elles puent! »), le petit veinard qui se retrouve dernier en lice, a le choix entre partager un nouveau rendez vous d’amûûûr et voir éclore les
émouvants prémisses d’une timide et gauche idylle naissante…..ou se barrer de là avec 200 dollars en poche. (« elle vaut pas 200 dollars, cette morue! »)
Et bien sûr, en attendant, on a le droit à une petite présentation de chaque candidat en lice qui émet clairement et prosaïquement ses arguments de vente: « j’mappelle Michael, j’ai 21 ans, et jvais tous les éclater avec mes muscles, cette bande de gros mous! » ou, version féminine « jm’appelle Kelly -jennifer, brenda, ou tout autre de la bande à beverly hills- j’ai 19 ans et avec moi, ces pétasses n’ont qu’à bien se tenir! » (démonstration à l’appui de ses qualités individuelles par un trémoussage lascif et interdit au moins de 12 ans > flouté parce qu’elle se tripote à moitié les nichons) Bref cette émission est un beau petit  joyau de connerie et de concupiscence, et je pèse mes mots.

Alors, que les téléspectateurs se repaissent hagards et béats de méchanceté, de cruauté et d’humiliation, bon, ça… et encore, (moi même j’avoue être une inconditionnelle du Dr House et que Carlier quand il était à france inter, me faisait bien marrer) il me semble que la méchanceté peut avoir ça d’intéressant qu’elle est pratiquée par des gens intéressants. (un génie froid et méchant, ça fascine, un mec con et méchant, ça bassine), MAIS que les gens se plient à cela, que les invités viennent à ces émissions là, qu’ils se bousculent au portillon
pour venir se faire insulter…..ça me dépasse. 
Alors j’ai tenté de trouver quelques explications qui valent ce qu’elles valent:
1/Ils sont masos (dixit  Kenickie à Rizzo -grease-, «  »rhhaa insultes moi vas y j’adooore çaaa »)
2/ils sont absolument prêts à tout pour une illusoire et éphémère heure de gloire en passant à la télé et pourront soupirer d’aise en entendant leurs boulangers raconter à mme robichet comment ils se sont fait anéantir l’amour propre en direct live.
3/cela permet à eux spectateurs frustrés de vivre par procuration leur propre méchanceté qu’ils sont obligés de contenir au quotidien
4/quelque part, la méchanceté donne un certain contrôle sur l’autre, et est donc jouissive, même si ça parait un peu autodestructeur. (cf JP Sartre: « moi je suis méchant, ça veut dire que j’ai besoin de la souffrance des autres pour exister ») Un monsieur spécialiste de la question nous affirme même que « les méchants ne sont pas heureux. sans cicatriser leurs plaies anciennes, leur méchanceté en ouvre de nouvelles. Leur besoin de tout maîtriser les rend incapables d’avoir des relations humaines simples. Ils rabaissent les autres pour se sentir supérieurs. en vain. Leur ego démesuré n’éponge jamais totalement leur misère sentimentale. » ouf. Les livres et le films avaient donc raison, les méchants sont toujours punis!! (on a eu chaud, quand même)


Bref, cet engouement pour les méchants et la méchanceté en soi a quelque chose d’un peu inquiétant, mais à la fois est aussi révélateur: je me demande: se pourrait-il que nous dans cette société là, on se sentent obligés d’être trop gentils dans un monde bisounours (je caricature, hein) parce que il faut être gentil et pas s’énerver et pas s’engueuler ni rentrer en conflit, et ce contre
nature, ce qui créerait une sorte de frustration que l’on pallie en se gavant de méchanceté audiovisuelle?

Bon, personnellement, j’ai un peu de mal à concevoir qu’on puisse prendre plaisir à se faire démonter la gueule, insulter et mépriser par des inconnus, et le tout devant des milliers de téléspectateurs ahuris, mais il faut avouer que c’est intéressant comme phénomène, et que si vous avez des explications à founir, je suis preneuse.

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La critique est facile, l’art difficile

Ouvrez un magazine de type généraliste (genre pas la Gazette des Pêcheurs de Loir et Cher). Vous allez remarquer qu’il y a une rubrique incontournable. Non, pas l’horoscope mais
l’autre : la critique. Critique musicale, littéraire et /ou surtout critique cinéma. C’est un exercice particulier pour le journaliste, limite un art pour certains, un truc de frustré pour
d’autres. Combien de fois accuse-t-on les critiques d’être périmés, aigris, de se venger de ne pas avoir réussi à publier un livre, à être des ratés… Ca se discute.

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J’adore les critiques de type destructives, soyons honnêtes. Guy Carlier me fait  vraiment marrer dans ses chroniques radios (à la télé, pas du tout, par contre, les blagues les plus courtes sont les meilleures), son talent de tailleur de costard même si, des fois, il est un peu trop mordant, limite roquet. J’avoue que, moi même, je trouve plus facile d’écrire un article destructif sur une émission que j’aime pas plutôt que de me montrer dithyrambique. Parce que c’est plus marrant de mettre en lumière les vices, les erreurs, les manquements que de s’extasier sur ce que l’on aime. En plus, tordue comme je suis, quand je me montre élogieuse ou que je lis une bonne critique, je trouve ça too much genre « il a été payé pour dire ça ». Genre y a des gens qu’on n’a pas le droit d’attaquer donc ils pourraient nous faire avaler de la merde qu’on trouverait ça encore très raffiné et so subversive.

Recentrons nous sur les critiques ciné, mes préférées. Il n’y a pas à dire, on entre dans un nouvel univers qui, quelque part, me fascine. J’en parlais y a quelques temps avec un
pote Harry, il m’expliquait qu’il était allé voir Boulevard de la mort sans avoir lu les critiques et il le regrettait pas car ça aurait gâché son plaisir. Il est vrai que les critiques sans avoir vu le film n’ont pas la moindre saveur et beaucoup me dégoûtent de films qui me tentaient (peut-être) au départ. Je sens que je vais m’incruster un max aux avant-premières. Par exemple, j’ai lu la critique de Voici (ouais ok, référence naze, honte à moi) sur Black Snake Moan, une des photos illustrant l’article était l’une des dernières images du film, voire la dernière. Mouais, merci de me gâcher le truc, quand même. Parce que les critiques, elles aiment bien dire « la fin est totalement ratée mais je ne vous en dis pas plus ». Ouais ben, là, je sens que je vais économiser 9.90 euros. Mais revenons à nos critiques cinés, les vrais, les bobos. Du genre Elisabeth Quin ou ceux de Technik’art, ceux que je kiffe. Parce que je les comprends pas toujours.


Par exemple, Mademoiselle Quin a une marque de fabrique : les mots de plus de 3 syllabes. Nous pourrions saluer l’effort de la dame de faire vivre ainsi la langue française sauf que du coup, on comprend pas bien ce qu’elle veut dire. Et j’avoue que j’aime bien voir quelqu’un s’indigner de la lourdeur d’un film dans une phrase de 4 km de long. Autre style, plus courant, le style « Technikart », « Première » et co à base de « nous ne nous adressons qu’à un public éclairé, on va donc vous en mettre plein la vue avec nos terme anglophones ».
Exemple dans le Technikart du mois de juin : « La valeur « slapstick » de Johnny Depp cimente le triomphe surprise de Pirates des Caraïbes ». J’avoue que je ne sais pas
ce que veut dire slapstick, est-ce un synonyme de « méga star » ou « bankable » (oui, là, je le connais, celui là). Autre exemple que j’aime bien : « Il fait le lien entre Leone et le « Blueberry » de Kounen, via sa connexion Moebius et sa connaissance des champignons hallucinogènes. Il représente la passerelle entre le Buñuel espagnol et le Buñuel
français, via le Buñuel mexicain. Il incarne le pont suspendu entre le surréalisme sous acide des 60’s et la connerie sous vinasse des Grolandais » . Sous entendu : j’ai beaucoup
de place pour ne rien dire alors je vais broder. Ou alors lui aussi s’y connaît en champi hallucinogènes.

Pourtant, la critique, c’est rigolo, surtout quand c’est bien vu et bien tourné. Comme par exemple la jubilante critique ici. Mais bon, je me demande toujours comment elle est
reçue par les premiers concernés. Bon, je me doute que les auteurs de films étrangers, surtout de type blockbusters ne prennent pas forcément la peine de lire ce qu’on écrit sur eux à l’étranger. Mais les autres ? Un film (ou un disque, un livre), c’est un gros travail, un investissement personnel, de temps, d’argent. On y croit, forcément, c’est notre projet. Alors lire un scribouillard descendre notre film, on n’est pas forcément obligé d’apprécier. Bien sûr, à partir du moment où on expose son travail, on doit se préparer à ça. Déjà qu’ici, alors que j’expose juste des points de vue, je me fais parfois tailler, j’imagine même pas ce que ça doit être quand on est artiste et qu’on se décide à montrer ce que l’on sait faire. Bien sûr qu’il faut savoir accepter les critiques et qu’elles peuvent même être utiles. Mais tout dépend lesquelles. Si le critique n’a de plaisir qu’à descendre ce qu’il voit avec une pointe de méchanceté, ça ne sert à rien.

Enfin, toujours est-il que ce que j’aime dans les critiques, c’est leur langage à part que j’essaie de replacer quand la situation le permet, histoire de faire ma bobo qui se la pète, mouarfffff ! Et puis comme je suis une grande fille, je m’arrête pas à l’avis des autres et si je veux vraiment voir un film (ou lire un livre…), je le fais. So subversive.

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Are you talkin’ to me ?

Comme vous le savez depuis le temps, j’ai une formation de journaliste (même si là, je suis animatrice de communauté mais c’est pas très éloigné et je vais refaire la prospective aux piges quand j’aurai bien chopé le rythme et que les bugs seront réparés pour des journées plus calmes) donc je m’intéresse aux médias. L’autre jour, j’ai lu ou entendu une réflexion sur les talks shows français à la Fogiel, Ardisson ou Ruquier… Ou d’autres, sans doute. Je passe pas ma vie devant la télé. Donc la personne expliquait que les talks shows à la française étaient très différents des versions américaines. Ah bon ?

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Aux Etats-Unis, il y a beaucoup de talk show à la David Letterman, Jay Leno, Oprah Winfrey et je sais pas qui (je regarde pas, j’en ai pas sur ma freebox et même, je regarderais pas). Mais aux Etats-Unis, c’est le principe du « one to one ». Un seul invité par émission. En France, y en a au moins 5 et ça bouge beaucoup : certains restent toute l’émission, d’autres se cassent en cours pour être remplacés par un nouvel invité. En gros, si vous aimez mettons Sophie Marceau, vous allez regarder 2h d’émission pour une intervention de votre idole de 10 à 15 mn.
Avec de la chance, elle passe en 1er et vous pouvez aller vous coucher ensuite. Mais sinon, vous devez vous farcir toute l’émission pour ce petit quart d’heure qui ravira votre cœur de fan.

Perso, j’avoue que je n’aime guère ce genre de talk shows « à la française ». Pourquoi ? Parce que ça ne ressemble à rien. Quel est la ligne éditoriale ? « Faire la promo des invités en étant un poil sulfureux pour passer au zapping ». Ce qui fait qu’on passe sans transition de « Franc Dubosc sort son nouveau spectacle », sujet (censément) drôle à « j’ai perdu ma fille suite à son anorexie », ce qui l’est beaucoup moins. Donc on s’enfile deux heures d’émissions telle une brochette où on aurait enfilé n’importe quel ingrédient. Du coup, un morceau de
steack suivi d’une fraise tagada, faut assumer. Surtout qu’elle pullulent mais elles ne se démarquent pas. Enfin, si, à la limite, y a Cauet qui se démarque avec son fauteuil, là, et sa volonté de ne faire que du vulgaire mais en dehors de ça… On a toujours le principe du présentateur vedette assisté d’un co-présentateur de type comique (ou censé l’être) genre Baffie, Carlier ou Eric Zemmour. Ah, on m’indique en coulisse qu’Eric Zemmour n’est pas un humoriste. Nous avons donc la preuve que la connerie n’est pas une légende, elle existe. Tiens d’ailleurs, si quelqu’un a son livre hyper macho à me prêter, j’apprécierais. Histoire que j’en fasse une critique sur mon blog. Bon, moi, j’aimais bien Ariane Massenet, les autres, moins. Baffie, je l’aime quand il est sérieux, en fait car il est carrément pas con comme mec mais sinon, il est vite lourd et Carlier, j’ai jamais compris qu’un mec qui crache sur la télé en fasse. Comme si j’allais présenter Paris Dernière, moi ! Ensuite, à ça, on rajoute des comiques qui viennent faire le sketch et se barrent aussi sec. C’est assez bizarre d’ailleurs, on dirait des gens qui piratent l’émission, balance viteuf leur truc et se cassent sans demander leur reste.

 

Bref, sur les talks shows français, j’ai souvent l’impression que chacun fait sa tambouille sans se préoccuper de ce qui s’est passé avant ou après, le tout sous l’œil intéressé du présentateur qui hoche la tête d’un air grave toutes les 10 secondes des fois qu’on le filmerait. Le présentateur des talk shows s’intéresse à tout, des projets politiques de Bernard Kouchner à la culotte de Loana en passant par l’élevage des pommes de terre à la Haye, au problème des sans-papiers, aux histoires de leucémie, anorexie et autres maladies douloureuses et aux blagues d’Eric et Ramzy. Moi, je les admire quelque part parce qu’Eric et Ramzy, ils sont pas forcément drôles. Ils lancent deux, trois questions, parfois un peu polémiques pour foutre la merde sur le plateau et ils se délectent des disputes entre invités.

 

Alors doit-on être fier de cette exception culturelle française ? Pas sûr. Enfin, pour moi. J’ai toujours l’impression que, dans ces émissions, on effleure les sujets sans vraiment y pénétrer en profondeur (oui, je sais, effleurer et pénétrer en profondeur dans la même phrase, c’est racoleur). On balance trois vannes, quatre fois le nom du CD ou du film qu’on vend et on se casse. C’est ce qu’on appelle du service minimum ! Mais du coup, j’ai l’impression que tout coule sur moi, je vois les invités et rien ne me marque. Des fois, certes, y a des coups d’éclats et des pétages de plombs mais ça reste rare. Fogiel est devenu un vieux toutou édenté, Ardisson et Ruquier, je sais pas, je regarde pas et Cauet continue de baver sur les actrices pornos, les déshabillant de ses yeux libidineux. Je comprends pourquoi la majorité de ses émissions sont diffusées en 2e partie de soirée : c’est pour que j’aille me coucher.

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Qui est Nina ?

Après un an et des brouettes de blog, il était temps de se poser la question ! En fait, pour moi, la réponse était claire : c’était une certaine partie de moi. Pas forcément la meilleure mais une partie. L’autre jour, je discutais avec un jeune homme qui ne connaissait pas Nina donc, dans la conversation, j’en viens à parler du blog. Il le lit et en substance, il me dit : « autant, toi, je t’adore, autant avec Nina, j’ai du mal. »

Je tombe des nues. Hein ? De quoi ? Mais quelle est la différence ? Donc il m’explique, il détaille et là, je réalise que Nina peut être très éloignée de mon moi profond par moment. Et aussi qu’en un an, j’ai bien changé. Exit l’étudiante insouciante et mangeuse d’hommes. Quoi que déjà, le côté mangeuse d’hommes était très relatif, je suis une petite joueuse comparée à d’autres. Mais bon, je m’en fous, je ne couche pas pour faire du chiffre. Depuis fin octobre, je n’ai partagé mes nuits qu’avec deux hommes pour qui j’ai eu des sentiments. Pendant 4 mois, je fus abstinente, par volonté et pas par obligation. Les brouettes sans lendemain, j’en ai marre. Ce butinage m’a valu quelques claques bien méritées. Je ne regrette rien, ceci dit, mais tout ça est derrière moi. De ce point de vue, j’ai vraiment changé. Le sexe, c’est bien mais c’est encore mieux quand c’est fait avec la bonne personne. C’est comme la nourriture : le McDo, ça nourrit, mais ça vaut pas des pâtes aux truffes. Et moi, j’ai suffisamment mangé de McDo pour n’avoir désormais envie que de pâtes aux truffes. Si je veux du sexe, je décroche mon tel et j’appelle Laurent l’obsédé, toujours prêt à me rendre service en la matière. Sauf que si je l’ai pas rappelé depuis octobre, c’est pas pour rien.

Nina est libérée ? Heu… Ça dépend ce que l’on entend par là. Dans la mesure où je ne considère pas le sexe comme un tabou, pourquoi pas ? Ceci étant, j’ai mes limites, elles ne sont certes pas celles que la morale essaie de nous imposer genre pas coucher le premier soir, pas coucher avant le mariage, certaines pratiques sont saaaaaaaaales. Ma seule limite est, finalement, de pouvoir me lever le matin et de pouvoir me regarder dans une glace sans être dégoûtée par la fille que j’y vois. Si on se réfère à tout ce qu’il faut faire pour être libérée mode Elsa Linux, je suis une sale puritaine. J’ai jamais tenté le lesbianisme, je suis jamais allée dans un club sado maso pour me faire prendre par une foule d’inconnus, je me suis jamais faite prendre en étant accrochée à une porte, me suis jamais faite sodomisée par mon boss, jamais une collègue ne m’a offerte comme cadeau d’anniversaire à son mari qui trouve amusant de mettre sa montre en cockring (j’espère pour lui que c’était pas les montres à bracelet élastique, ça peut faire mal aux poils), je me suis jamais photocopié le sexe… Oui bon, on va arrêter la liste là. Très franchement, je m’en porte très bien merci. Je ne suis pas un objet et je n’ai pas envie de faire pas mal de choses dans cette liste, je vois pas pourquoi je me forcerais. Si être libérée, c’est devoir absolument tout tester, je préfère être puritaine, merci. Parfois, quand je vois certains comportements, je me dis que c’est pathétique. D’un autre côté, je me rends compte que les aventuriers (ou aventurières) du sexe s’en servent souvent pour combler quelque chose. Si l’été dernier, ça a été autant la fête du string de mon côté, c’était pour combler une certaine solitude et aussi tester mon pouvoir de séduction auprès des hommes. Depuis, j’ai compris que n’importe quel thon pouvait se taper des mecs si elle voulait donc mon truc servait à rien. Et, comme par hasard, depuis que Gauthier est sur Paris, je me suis calmée. Coïncidence ?

Nina est trash ? Non, je crois pas. Directe dans ses propos, oui. Autant appeler un chat, un chat, un pénis, ça reste un pénis, quelle que soit la métaphore qu’on utilise. Evidemment, j’évite des mots moches comme bite ou chatte. Ces mots ne me plaisent pas, je vais pas les employer ! De la même façon, j’essaie de ne pas faire dans le vulgaire. Le « putain, il m’a explosé la chatte », ça peut être marrant entre amis dans un certain contexte mais il ne faut point en abuser. D’abord, on n’explose pas ma chatte, on la traite avec délicatesse, non mais ! A quoi ça sert que Rogé Cavailles il se décarcasse, sinon ? J’ai certes un côté gentiment trashouille avec ma cravache et mes menottes mais c’est plus pour rigoler qu’autre chose, je n’ai jamais cravaché personne, sauf sur demande. Et c’était à la gay pride donc ça compte pas. Il est vrai que je peux facilement parler des pornos (ou érotiques) que j’ai vus, raconter ma virée au sex shop ou parler sexe dans la rue mais je ne me considère pas trash pour autant. C’est juste que je ne fais pas une montagne du sexe, c’est un sujet comme un autre. Par contre, j’évite de trop en raconter, surtout à des personnes qui me connaissent peu. D’ailleurs, vous aurez noté que, sur ce blog, j’ai beaucoup parlé de mes plans culs mais très peu de mes mecs, finalement. On sait qu’ils sont là mais ce que l’on fait dans l’intimité de notre chambre, ça reste secret. Honnêtement, j’ai pas envie de le partager. Et puis les gens qui racontent leur vie sexuelle en détail, je trouve ça un peu chiant. T’as fait ça 10 fois pendant le week-end, y compris sur le buffet de grand-mère ? Heu… Tu me passes le sel, s’il te plaît ? Ma liberté de ton vient sans doute de ma culture gay où on se demande sans fioriture des nouvelles de nos vies sexuelles, qu’on parle sexe sans tabous mais de façon assez construite. Les trois quart des articles présentés ici ne sont finalement qu’une synthèse de nos discussions. Mais bon, on parle aussi d’autre chose !

Nina est une femme des années 2000 que rien ne peut atteindre ? Alors, là, c’est archifaux. Je pense avoir pleuré plus ces 7 derniers mois que pendant le reste de ma vie. Non, j’exagère mais qu’est-ce que ça n’allait pas ! Il y eut d’abord mon chômage. Ça, je l’ai salement vécu, faut dire ce qui est. Je crois que pour la première fois de ma vie, j’ai flirté avec la dépression, je me sentais une sombre merde. Je me levais de plus en plus tard, je traînais toute la journée, toujours prête à pleurer pour le moindre truc. Là, ça va mieux, même si je suis pas encore sortie de l’auberge. Ils me prennent en stage jusqu’en octobre puis après, j’ai un gros boulot à faire qui m’amènera quasiment jusqu’au printemps et pour la suite, j’ai une idée sur laquelle je dois travailler. L’optimisme est enfin revenu, il me semble apercevoir le bout du tunnel. J’ai aussi été très malheureuse suite à ma dernière rupture que j’ai à peine évoquée sur ce blog. Pourquoi ? Peut-être parce que ça me touchait trop. Certainement parce que je ne voulais pas qu’on le juge. Déjà, en parler, ça aurait été dévoiler une partie de la vie du jeune homme et, là, je crois que je n’avais pas à faire ça. Ensuite, j’avais peur qu’il se prenne des volées de « connard », « pauvre type » ou autre donc j’ai préféré m’abstenir. Mes ex, y a que moi qui ai le droit de les insulter. Et Gaugau aussi mais lui, c’est pas pareil : vu que c’est toujours lui qui me ramasse en larmes au téléphone, ça lui donne quelque prérogatives. Et puis, de toute façon, l’histoire était suffisamment compliquée pour pas y ajouter d’autres personnes ne connaissant pas la situation.

Mais je ne parle pas non plus de mes petits bonheurs. Des moments partagés en amoureux, des rigolades parce que Kenya fait la nouille (ce qui est très naturel chez elle), nos délires avec Gaugau ou autre, des petits instants de bonheur fugaces qui ne donnent plus rien une fois écrits. Et puis des choses que je n’a même pas envie de partager parce que je peux être égoïste, aussi, et que c’est trop beau pour être écrit.

Enfin, Nina n’est pas une pintade même si, des fois, j’aime bien faire dans le superficiel. Ça m’amuse d’écrire des articles sur les soaps opéras, de faire ma Guy Carlier en critiquant certaines émissions de merde. Même si j’ai pas regardé la Star Ac ou la nouvelle star juste pour critiquer, faut pas déconner non plus. Parce que je ne suis pas toujours sérieuse dans la vie et que j’aime bien me prendre un gros délire. Ça n’empêche pas que, des fois, je réfléchis à la société qui m’entoure, que j’ai des opinions politiques, je suis l’actualité et quand je vois ce qu’il se passe dans le monde, j’ai envie de baisser les bras. Mais je n’en parle pas ici. Juste parce que ça ne correspond pas à la ligne éditoriale et que je n’ai pas forcément envie de débattre de certains sujets ici.

Bref, je me rends compte que, parfois, le blog est un prisme déformant qui peut donner une fausse image de ma personne. Je suis bien plus complexe que Nina, il y a des choses que je ne dis pas, par choix ou pas. Bref, toute ma vie n’est pas ici et ceux qui s’arrêtent à « Nina » ratent bien des choses de ma personne !

A partir de maintenant, je mettrai un peu de musique sur les articles, si j’en ai envie, un peu à la manière de Yojik. Aujourd’hui, la the nana de Léo Ferré, le garçon qui m’a inspiré cet article sait pourquoi.

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Faut-il se marier pour réussir ?

Il y a des jours, je regarde la télé et je zappe. M6 : émission de foot présentée par Estelle Denis qui n’est pas n’importe : c’est madame Raymond Domenech. Bon, on m’a expliqué qu’elle était très douée pour ce qu’elle avait à faire dont soit. Ceci étant, elle a eu chaud aux fesses, la demoiselle. Les Bleus se seraient ratés, je pense qu’elle n’aurait pas gardé son fauteuil. Sur W9 (si je ne m’abuse), une émission de rallye est présentée par Séverine Loeb, la femme de Sébastien du même nom, le champion du monde. Alors, là, je m’interroge ? Faut-il
se marier pour avoir son émission ?

estelle-denis-foot

 

L’univers des people en France est un microcosme essentiellement parisien où tout le monde connaît tout le monde. Pour intégrer de nouvelles personnes dans ce paysage, il y a soit la télé réalité, soit le mariage. Pernault épouse une ex miss France oubliée de tous ? La voilà « star » d’un été avec sa ferme et ses flirts avec M. Ducruet. Il paraît qu’elle est en pourparlers avec je ne sais quelle chaîne pour présenter une émission. Cendrine Dominguez est (ou était ?) l’épouse d’un tennisman célèbre en son temps. La femme de Patrick Bruel (enfin,
sa compagne, je sais pas s’ils sont mariés) a, comme de par hasard, publié un roman il y a peu… Bon, bref, vous avez compris l’idée. Et bien, je ne trouve pas ça juste. Déjà qu’il faut être jolie et bien foutue, si en plus, il faut être mariée à une célébrité, on n’y arrivera jamais !

 Personnellement, comme tu le sais, lecteur, je suis journaliste. Donc je veux travailler dans cet univers-là. Mais je ne suis pas la fille de Mitterrand donc pas de tribune dans les colonnes de Elle. Je sais pas si vous avez eu l’occasion de lire la prose de Mlle Pingeot mais ce n’est que du verbiage sans queue ni tête. On lit et à la fin, la seule réaction possible est un : « hein ? quoi ? ». De la même façon, certaines présentatrices télé font peur. Mais qu’est-ce qu’elles sont nulles ! Genre une blonde anorexique qui s’appelait Clémence Arnaud. Si vous vous en souvenez, vous êtes forts. Moi, je m’en souviens surtout parce que j’ai relu récemment une chronique de Guy Carlier à son sujet (oui, dans les chiottes de mes parents, y a les bouquins de Guy Carlier, ça occupe). Donc cette demoiselle était du genre « à côté de la plaque », elle présentait une émission humoristique où trois comiques viennent présenter leur dernier spectacle. Vous savez, le genre où la présentatrice fait des blagues qui tombent à plat, des humoristes qui se font clairement chier et des extraits de spectacles à la

pelle ? Bon, ben notre amie Clémence présentait ça, elle était nulle, toujours un train de retard, elle passait plus de temps à minauder devant la caméra qu’à faire son job… Et comme de par hasard, qui était le producteur de cette… chose ? Son mari ! Fou, non ? Je crois que c’est pareil pour Daniela Lumbroso. Nuance : j’ESPERE que c’est pareil pour Daniela Lumbroso parce que dans le style nulle… Elle a forcément dû coucher sinon, j’ai honte pour la télévision publique française (déjà que…).

 

Donc voilà, je regarde tout ça et je me dis que, merde, j’ai épousé personne de célèbre moi. Bon, j’ai épousé personne tout court, en effet. Mais l’épouse d’un sportif fera-t-elle forcément une bonne journaliste sportive ? Déjà, ils nous imposent les bombasses nullasses : Thalmann est une très jolie fille mais on sent bien que le foot, c’est pas son truc. Idem pour la nouvelle poulette de la F1, une Asiatique parlant à peine français à qui on charge désormais d’interviewer Jean-Louis Moncet, journaliste…à TF1. Oui, je sais pas si vous avez remarqué
mais c’est le grand jeu des journalistes sportifs de s’interviewer entre eux. Genre, tout à l’heure, pendant le Tour de France, avant le départ, les cyclistes commencent à pédaler et comme les journalistes de France 2 savent pas quoi faire, ils interviewent Jalabert qui n’a rien à dire vu que la course n’est pas partie puis « Biloute », le conducteur d’une voiture qui est là depuis 20 ans… Bon, ok, pour le Tour de France, on interviewe pas les cyclistes en plein effort. Mais sur une grille de départ en F1, y a quand même des pilotes, des directeurs d’écurie, des pros de la stratégie alors qu’est-ce que coui-couille première qui parle même pas français nous fait chier à interviewer Jean-Louis Moncet qui parlera tout au long de la course, de toute façon ? Y a des jours où je regrette Karen Minier. Elle était pas forcément plus compétente mais au moins, quand elle parlait, on la comprenait. Puis elle, au moins, elle s’est approchée des pilotes,
particulièrement de David Coulthard, hein !

 Bref, revenons à nos moutons. Donc, en plus des bonnasses, ils nous imposent les « femmes de » et là, je suis pas d’accord. Parce qu’une femme est mariée à un pilote ou à un footballeur, est-elle censée mieux s’y connaître qu’une journaliste qui a fait des études ? Rien n’est moins sûr. J’ai passé quatre ans et demi avec un rôliste, je serais totalement infoutue de présenter une émission sur le sujet. D’ailleurs, il m’a appelée l’autre jour pour prendre des nouvelles et a commencé à m’entreprendre sur le sujet. Au bout d’une demi-heure (durant

laquelle je m’étais habillée, maquillée et coiffée pour sortir, ce qui veut dire que je n’écoutais mais je n’avais rien à répondre), je l’arrête : « je comprends rien à ce que tu me racontes ! ». Donc est-ce que parce qu’on partage la vie d’une personne connue, on est plus à même de faire de la télé (ou du ciné, de la musique, de la littérature et, donc, du journalisme). Non ! Et pourtant, être « femme de… », quel précieux sésame.

 

Donc, dans le souci de réussir ma vie, il est temps que j’agisse. Sagamore, c’est à toi que je parle. Oui, je le sais que tu lis mon blog (ohé, ça va, j’ai le droit de dreamer in blue moi aussi) et que tu es fasciné par ma personne. Crois-moi, en vrai, c’est encore mieux. Alors Sagamore, agis ! Envoie moi un mail à nina.bartoldi@hotmail.fr et fais de moi ta femme. Bon, je te préviens de suite, nos enfants, c’est moi qui choisis les prénoms, vous êtes un peu trop joueur
de ton côté. Bref, ce serait sympa que tu m’épouses. En échange, je ferai ce que tu veux, de la musique, du cinéma (enfin, n’oublie pas que je suis journaliste et potentiellement écrivaine à la base), on nous prendra en photo dans Voici et Closer. A partir de là, tu deviendras la star incontournable qu’on verra dans tous les films et moi, je mènerai ma carrière tranquille. Mais bon, je te promets aussi des nuits torrides, de l’amour que même pas t’en rêvais, je te promets le sel au baiser de ma bouche, je te promets le miel à ma main qui te touche… Enfin, tout ça, quoi. Et en plus, Sagamore, je parlerai de toi sur ce blog qui réunit quand même l’équivalent d’un Olympia par jour, tu imagines ? Je dirai que du bien de toi. Alors, écris ce mail, Sagamore, n’hésite plus !

Plus sérieusement, je trouve ça assez injuste. Il y a des nanas genre moi qui font des tas d’années d’études et qui rament comme des malades (et encore, je suis pas la pire !) et d’autres qui se contentent de passer devant le Maire et grillent toutes les places. C’est pas parce que je n’ai pas épousé quelqu’un de célèbre ou que je ne suis pas la fille de que je suis incompétente. Evidemment, je le sais que c’est comme ça et rien de ce que je dirai ne changera les choses. Mais y a des jours, je me dis que je ferais mieux de passer mes soirées au milieu de la
jet set, on ne sait jamais… Au cas où l’alcool et le sexe seraient plus rentables que mes foutus diplômes et expériences.

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