Retour à Tokyo pour une balade à Ueno

Le 17 octobre – Quelles sont les raisons qui poussent à se lever avant 6h du matin ? Un voyage, une action politique (on s’est levés à 4h45 pour offrir des petits dejs aux salariés qui commençaient tôt)… ou prendre un bain dans les sources d’eau chaude au soleil levant. Bon, le soleil levant, vu le temps, on l’a pas trop admiré, mais les bains étaient calmes, il n’y avait pas grand monde (et oui, nous n’étions pas les plus matinaux). De jour, les bains sont tout aussi beaux, on serait bien resté un jour de plus.

Ryokan au petit matin

Car oui, il est temps de rentrer à Tokyo pour la fin de notre séjour. Je n’ai pas du tout envie de rentrer, j’aurais bien prolongé le séjour même si je bénéficie de l’habituel effet des vacances : l’envie de faire plein de trucs en rentrant pour une vie plus jolie. Pas que l’origami ou apprendre à faire du thé matcha, non, mais par exemple donner la bonne orientation à ma vie pro*.

Vue du train japonais dans les montagnes

Milk shake matcha au Japon

Mais il nous reste un peu plus de quarante-huit heures avant le retour, profitons-en. Ayant trouvé un appartement proche de Ueno, c’est l’occasion de sillonner un peu le quartier. En commençant par le sublime magasin de jouets énormissime. On va y passer facilement une heure trente à naviguer entre les cinq étages, je m’achète un petit jouet kawai pour mettre sur mon bureau, une casquette fleur de cerisier, Victor craque sur un kit de perles à écraser (lui, il appelle ça du pixel art, ça marche aussi). On découvre des jouets Pokemon, Star Wars, Gundam, Evangelion, des animes qu’on ne connaît absolument pas, des petites choses miniatures, des dioramas partout. Je.veux. ça. en. France. On a aussi des petits jouets que tu peux synchroniser pour faire des chorégraphies, il y a des écrans qui balancent de la techno et des cris dans tous les sens.

Magasin de jouet dans le quartier Ueno de TokyoJouet kawai acheté à Tokyo Diorama japonais dans un magasin de jouets

Après cette excursion pleine de bruits et de couleurs, enchaînons sans transition avec le parc de Ueno, très couru au printemps lors de l’Hanamura, la fameuse floraison des cerisiers. Là, c’est l’automne mais Tokyo restera vert, bien plus que les montagnes en tout cas. Ce n’est pas grave. En passant devant le musée national de Tokyo, on découvre avec stupeur des oeuvres de Rodin et Bourdelle dont on pensait les originaux en France. Pour le penseur, c’est une version élargie mais pour le reste ? On découvre aussi éparpillées, ça et là, des oeuvres contemporaines dont une semi Statue de la liberté un peu étrange (c’était une statue devant un magasin, elle s’était brisée, un artiste en a fait une oeuvre). Mais ça, ce n’est rien, encore. Passons devant le zoo sans s’arrêter, j’ai eu mon quota d’animaux en captivité (je culpabilise toujours un peu après l’aquarium, j’avoue). Juste derrière, on découvre l’adorable jardin de dahlias dont les plus fragiles spécimens sont protégés par de ravissants parapluies.

Herakles de Bourdelle dans le parc Ueno à Tokyo La porte des enfers de Rodin dans le parc Ueno à Tokyo Le penseur de Rodin dans le parc Ueno à Tokyo

Oeuvre contemporaine, parc de Ueno, Tokyo, Japon Oeuvre contemporaine, parc de Ueno, Tokyo, Japon

Jardin de dahlias, parc Ueno, Tokyo, Japon Jardin de dahlias, parc Ueno, Tokyo, Japon Jardin de dahlias, parc Ueno, Tokyo, Japon

Pagode du parc Ueno vue du jardin des dahlias

En sortant, direction le lac voisin et… en fait, on se retrouve face à une marée d’énormes plantes aquatiques offrant des perspectives très étonnantes. D’énormes carpes se pointent dès qu’on approche du bord… Tu sens les bestiaux habitués à être nourris par les humains comme les daims de Miyajima ou Nara mais en moins mignon. On avise un petit stand de brochettes de crabe, on cède à la tentation et c’est juste délicieux. On fait le tour du temple bouddhiste, on fait coucou aux pédalos cygne et c’est reparti pour notre nouvelle destination : Todaï.

Temple bouddhiste sur le lac du parc Ueno Bouddha habillé Promenade autour du lac du Parc Ueno Pédalo cygne à Tokyo Plantes aquatiques du parc Ueno à Tokyo

Qu’est-ce que c’est, Todaï ? C’est l’université japonaise qui est utilisée dans plusieurs mangas à cause de son emblématique tour de l’horloge. C’était surtout un petit clin d’oeil de fans de mangas. Petite anecdote amusante : un papa prenait son enfant endormi sur son siège vélo en photo devant cette fameuse tour. Voulait-il raconter un “toi aussi, tu viendras ici, mon fils !” ou “Hihi, il est comme son papa, il dort à la fac !” ? Un mystère qui restera à jamais irrésolu.

Todai : université de Tokyo Todai : tour de l'Horloge Todai : université de Tokyo Todai : université de Tokyo

La nuit tombe, on retourne donc à Ueno récupérer nos sacs abandonnés dans des casiers (le truc qui nous a embelli les vacances vu qu’ici, tu ne récupères tes AirBnB qu’à 17h mais tu repars à 11h). On prend possession de notre dernier logement (sur six hôtes, nous n’en aurons vu aucun) et on s’effondre. On émerge à 21h, le temps d’une expédition punitive au 7/11 d’en face et fin de journée. Le lendemain, dernier jour complet à Tokyo.

Vue du lac de Ueno à la nuit tombante

* Huit mois plus tard, ça me fait hurler de rire puisque la seule orientation que j’ai trouvée à donner pour survivre, c’est de me barrer et que la situation a commencé à bien dégénérer à mon retour du Japon (à peu près au moment où j’ai ramassé une nouvelle chef. Coïncidence ? NON !)

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Petit dej sushis, Odaiba et grosse fatigue

02 octobre : le jour où Tokyo a commencé à nous fatiguer. Ca avait commencé plutôt tranquille, nous étions partis, vaillants, vers le marché aux poissons à Tjukiji. Sauf qu’on a décidé de faire nos malins à base de “nous, on ne prend que la Yamanote, fuck le métro !”. Parce que la Yamanote est une ligne circulaire qui permet de se déplacer facilement mais surtout, elle est comprise dans le Japan railpass donc ça évite de payer le métro.

Tokyo, vue de la ville

Nous voici donc à Shimbaji, le nez dans notre plan et un homme du coin vient spontanément nous proposer son aide. C’est assez inédit, les Tokyoïdes n’ayant pas l’air particulièrement intéressés par nous, nos interactions s’étant limités à des vendeurs ou personnels de la gare et aéroport. Et là, pour le coup, c’est soit tout noir, soit tout blanc : soit on tombe sur des personnes extrêmement sympathiques et serviables, soit sur des personnes qui font à peine l’effort de parler anglais*. Oui, la communication est assez difficile, on finit par abandonner les phrases pour jeter des mots en espérant se faire comprendre. Finalement, en France, on n’est pas si pire que ça sur l’anglais.

Tokyo, vue de la ville

Nous voici donc au marché que nous avons trouvé assez facilement grâce à une soudaine concentration de touristes occidentaux. Nous limitant à la partie très touristique du marché, ne comprenant pas trop où aller sur cet immense parking, au milieu, nous nous sommes vite arrêtés dans un restaurant de sushis. Oui, petit déj sushis, les vacances, c’est fait pour faire des expériences. Nous avons donc testé l’oursin, les crevettes et d’autres poissons crus et c’était pas mal du tout.

Sushis à Tsukiji

Le marché de poisson Tsukiji à Tokyo

Le marché de poisson Tsukiji à Tokyo

Le marché de poisson Tsukiji à Tokyo

On ne s’éternise pas sur le marché donc on a totalement loupé l’intérêt pour se rendre à Odaiba sur la baie de Tokyo… en empruntant le Yurikamome, un monorail aérien. Assez onéreux mais la balade vaut le coup. Bon par contre, je me suis plantée de station, on se retrouve à sortir au Tokyo Big Sight… qui est à peu près l’équivalent du parc des expositions de la porte de Versailles un jour où il n’y aurait pas d’expo. S’ensuit une marche chiante en bord de route où on sent bien la pollution. Heureusement, notre petite balade en monorail nous avait permis de remarquer une grande roue qui allait nous servir de guide. Victor m’a même payé un tour dans cette grande roue histoire de profiter de l’architecture fort expérimentale du coin. Et encore, on n’avait pas tout vu…

Tokyo, Odaiba, la grande roue

Tokyo, Odaiba, Tokyo Big sight

La grande roue d'Odaiba à Tokyo

Parce que Victor a des trous dans son jean. Mais genre on voit parfaitement la couleur de son boxer quand il s’asseoit… Donc opération jeans. Oui, en quatre ans, je ne l’ai vu acheter des fringues que trois fois mais là, il veut des jeans. Ca tombe bien, à côté de la grande roue, il y a un centre commercial. On commence par le showroom Toyota  et autant je ne suis pas une passionnée de bagnole, autant je l’ai trouvé vraiment sympa, surtout la voiture à hydrogène, on a testé le casque Oculus Rift qui nous a servi une pub géante pendant cinq minutes avec un mannequin crash test qui t’explique que waouh ! le freinage assisté de Toyota, c’est trop bien de l’avoir. Et comme j’ai dû enlever mes lunettes pour profiter du spectacle, j’ai pas trop vu grand chose.

La voiture hydrogène Toyota exposée au showroom de Tokyo

L'i-road Toyota exposée au showroom de Tokyo

Le scooter du futur Toyota exposée au showroom de Tokyo

Nous voici ensuite au centre commercial Venus Fort qui a comme caractéristique principale d’imiter des rues romaines. Fortement fantasmées, les rues romaines mais l’effet est marrant, j’ai l’impression de me promener dans des décors de cinéma avec son faux ciel bleu et ses murs en carton pâte. Autre curiosité du coin : le Gundam géant, la statue de la liberté et le bâtiment de Fuji TV et son look improbable. Et je vous le dis : j’ai adoré ce coin.

Oui, on est toujours à Tokyo… #tokyo #japan #newyork #statueofliberty #odaiba

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Tokyo Odaiba, building Fuji TV

Tokyo Odaiba, Venus Fort

Tokyo Odaiba, Venus Fort

Mais à propos de “copions les monuments de l’étranger”, il est temps d’aller voir la Tour Eiffel locale aka la Tour de Tokyo. Alors déjà, une anecdote : le premier jour, j’ai vu dépasser vaguement une tour des Buildings, j’ai crié à Victor “hé, c’est la tour de Tokyo !”. Quand nous avons revu cette fameuse tour du haut du Yurikamome, j’étais assez étonnée, ça ne ressemblait pas vraiment à ce que j’imaginais, déjà parce que ce n’est plus orange et blanc… Et bien en fait, je confondais la tour de Tokyo et la Tokyo Sky Tree. Donc nous marchons jusqu’à la Tokyo tower, un peu isolée quand même… et c’est une grande déception. Comme elle est étroite et engoncée entre les immeubles, on a vraiment du mal à concevoir qu’elle est plus haute que la Tour Eiffel. Bref, si vous allez à Tokyo et que vous êtes un peu justes niveau timing, ne faites pas le détour.

Tour de Tokyo

On repart pour le touristique carrefour de Shibuya assez célèbre car présent dans la plupart des films qui se passent à Tokyo. Laissez moi vous décrire le lieu : un carrefour avec des passages piétons qui vont tout droit mais aussi en biais ! Le tout entouré de hauts immeubles bardés d’écrans géants qui diffusent des pubs interminables. Ca crie, ça chante, ça clignote,la foule est immense… et ce petit coin de Shibuya illustre à lui seul ce qui fait que je ne pourrai jamais vivre à Tokyo : c’est épuisant. Il y a tant de cacophonie, d’écrans qui clignotent, la foule, la foule… Petite pépite néanmoins au carrefour, un gars nous offre un joli récital à la basse (j’adore la basse). Après un dîner fort peu mémorable (en même temps, le coin, c’est l’équivalent de Time square ou les Champs Elysées, c’est pas pour rien que Pizza Pino n’a pas son étoile Michelin…), on va se frotter à notre boss ultime de Tokyo : la gare.

Tokyo Shibuya de nuit Tokyo Shibuya de nuit Tokyo Shibuya de nuit Tokyo Shibuya de nuit

On doit partir le lendemain fin de journée pour la gare de Kasei. N’étant pas la meuf la plus sereine du monde dès qu’il est question de transports, je souhaite faire la réservation (on a le Japan Rail Pass, je vous en parlerai à l’occase) pour être peinarde sauf qu’on ne trouve que les guichets pour les trains du jour. On est perdus, fatigués,on commence à mal se parler. Ok, fin de la blague, on rentre se coucher.

 

* En fait, au fur et à mesure du voyage, on a compris que le mythe du “ils parlent tous très bien anglais” était… ben un mythe, justement. On n’est donc pas dans une logique de moindre effort mais bien sur une non maîtrise d’une langue.

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