Meurtrière !

Cette semaine, je me sens un peu d’humeur féministe donc je vais vous gratifier non pas d’un mais au moins de deux voire trois articles sur le sujet. Je suis comme ça, moi. Entamons donc cette dilogie/trilogie avec un sujet déjà évoqué par le passé mais apparemment, rien ne change : l’avortement.

Lundi, un compte intitulé “pro vie” quelque chose a débarqué sur Twitter. Je m’abstiendrai de vous le linker, pas besoin de faire de la pub à ce compte qui, rien que par son intitulé me débecte. Pro vie, ça veut dire quoi ? Qu’une femme qui choisit de ne pas poursuivre une grossesse est une anti vie ? Une meurtrière ? Tout noir, tout blanc, le gris est parti en vacances. Je vomis ce terme comme je vomis ceux qui refusent le droit de choisir, un droit voté il y a 40 ans mais qui peut vite se révéler compliqué à appliquer.

Je n’ai jamais avorté. Des amies, des membres de ma famille ont dû y avoir recours par contre et selon les cas, c’est pas toujours si simple. Les praticiens pratiquant l’avortement ne sont pas légion, les plannings familiaux ferment à tour de bras et je ne vous parlerai même pas de certains regards réprobateurs. Pourtant je ne peux qu’applaudir ces femmes qui ont eu le courage de ne pas faire naître un malheureux de plus. Quel enfant peut s’épanouir dans un contexte où il n’était pas désiré ? Je me dis que si demain, je tombe enceinte et que je donne vie à ce foetus, le pauvre gosse part avec un sacré handicap dans la vie. Même si le fait qu’il existe malgré les capotes et le stérilet fait que dès le départ, je l’appellerai Jésus. Je ne suis pas actuellement quelqu’un capable d’assumer et d’élever un enfant. Droit à la vie, super, mais droit au bonheur ?

En fait, ce que je trouve dramatique, c’est que 40 ans après, je me rends compte que ce droit reste toujours aussi discuté. Prenons le débat typique pro/ anti avortement. Le pro avortement se sentira toujours obligé de sortir un argument à base de “et si elle se fait violer et qu’elle tombe enceinte, tu trouves pas horrible qu’elle doive le garder ?” ou le moins extrême et tellement plus probable : “50% des femmes qui avortent le font car leur moyen de contraception était défaillant”. Ca, ok, c’est un fait. Sauf que j’ai envie de dire qu’on chercher à justifier un acte censé être légal, reconnu. Un droit. DROIT. On n’a pas à placer le choix de la femme dans un contexte particulier. Peu importe que l’avortante ait été violée, ait connu un problème de contraception ou n’avais juste aucune info sur la reproduction (ça arrive aussi), y a pas à légitimer. C’est son histoire, son choix, il n’y a pas à lui demander pourquoi elle a décidé ceci ou cela. Ca ne nous regarde pas.

La femme est seule maîtresse de son corps et de sa vie. Avoir un enfant implique une masse de responsabilités et nous ne nous sentons pas toujours à la hauteur pour les assumer. Moi, en tout cas, je ne me sens pas d’attaque et j’ai pas envie qu’un enfant souffre de mon immaturité sur ce point. Ce serait un choix raisonnable. Dieu Merci pour moi, Durex et Gudrun m’ont toujours protégée de cette éventualité. Mais si un jour, je choisissais de ne pas donner vie à cet amas de cellule dans mon ventre, je refuse de justifier quoi que ce soit. Ni les circonstances de cette grossesse accidentelle ni ma décision de ne pas la mener à terme. C’est mon histoire intime, la seule personne avec qui je devrai éventuellement en débattre c’est le géniteur.

Aujourd’hui, on légifère sur tout. Sur la reconnaissance de certains faits et on pénalise le fait de nier cette reconnaissance. Aujourd’hui, si je nie le génocide arménien, je suis condamnable. Par contre, si je fais la guerre à des femmes qui utilisent un droit qu’on leur a donné y a près de 40 ans, c’est complètement normal.

PS : Quand je vois les horreurs postés par les « pro vies », ces monceaux de désinformation dans google images quand tu tapes avortement, je me dis qu’il serait largement temps de légiférer sur le sujet.

PPS : Vu la mésaventure de la dernière fois, si un forum pro vie s’amuse à me linker comme un blog « anti vie » (oui, je suis une serial killer) et que tous ses membres viennent pourrir mes comms :  ceux-ci sont automatiquement modérés et je ne les publierai pas. On a le droit d’avoir son avis, je veux bien débattre mais à 100 contre une, c’est pas du débat, c’est de la propagande.

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Faut-il prendre ses capotes en séminaire ?

Oui, je sais, je sais, no zob in job mais avouez quand même qu’une centaine de personnes entre 25 et 35 ans dans un hôtel loin de chez eux avec piscine et alcool, ça peut déraper.


Il y a donc un mois, nous avons appris que nous allions tous voguer gaiement vers la Sicile pour un séminaire permettant de mieux nous connaitre les uns les autres et de pas nous entretuer dans l’open space. Parce que le travail bien fait nait du sentiment d’appartenance à la boite, de la sensation que nous sommes tous sur le même bateau et que celui-ci ne s’appelle pas le Titanic. Premier accroc dans notre fol enthousiasme : en fait, on va plus en Sicile mais à Marseille. Oueeeeee…


Mais peu importe le lieu, on se retrouve pendant 2 jours et demi loin de chez nous, occupés à resserrer les liens à coup de jeux d’équipe et d’alcool. Techniquement les risques de rapprochement très intimes ne sont pas nuls, c’est un fait. Sauf que ramener ses capotes, est-ce que c’est pas légèrement présomptueux ? Surtout si à priori on n’a pas envie de quelqu’un du bureau à la base. Mais bon, comme on dit avec Anaïs (copine de plongée qui n’est pas impliquée dans le voyage) : on sait jamais. Mais on a une private joke sur le sujet. Oui on ne sait jamais.


Et puis c’est pas forcement pour moi en plus. Je veux dire que peut-etre que ma compagne de chambre ou un bon camarade ait moyen de conclure et voilà-t-il pas qu’ils n’ont pas de protection ? Heureusement la fée capote (moi quoi) arrive telle la providence et leur offre deux petits capuchons (bon, peut-être 3, ça dépendra de mes stocks et s’ils doivent passer la nuit ensemble). Non parce que quitte à glisser dans un de ses collègues à la faveur d’une soirée arrosée, autant ne pas aggraver la situation en évitant de mettre un préservatif. La grossesse accidentelle entre collègues bourrés n’est valable que dans Melrose Place (ça arrive d’ailleurs ou pas ?). Et je ne parle pas des MST mais le cœur y est.

Cependant revenons en à la boite en temps qu’objet. Une boite = 12 préservatifs et le séminaire = 2 nuits. Prévoir 6 capotes par soir, c’est le risque de passer pour une grosse affamée facile à embarquer dans son pieu et ça fait de vous la cible idéale de tous les quolibets. Or je sais pas vous mais moi, j’ai pas envie de devenir jusqu’à la fin de mon contrat « 12-pack » ou « la dalleuse du SM » (toujours social media). Et je n’envisage pas de démissionner de suite (oui, ça change mais vu que je viens de le dire sur mon blog, la vie va forcement me contrarier dans 15 jours sur le sujet).


Alors en fin de compte, la solution est simple : je me contente d’avoir toujours des capotes sur moi et pas spécialement pour le séminaire. Après tout, j’ai bien du déo et des tampons dans mon sac, pourquoi pas des capotes ?

Une prochaine fois, nous répondrons à la question subsidiaire soulevée par Tobias mon collègue : faut-il prévoir toutes les tailles dans son stock ?

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Sexualité et fertilité en milieu urbain (ou ailleurs)

J’aime faire des titres genre thèse de science naturelle ou de sociologie d’après guerre. Ce mois-ci, j’ai fait mon presque traditionnel « mes règles sont en retard, meeeeeeeeerde ! ». Oui pas de règles pendant 40 jours, c’est pas que c’est la première fois que ça m’arrive mais ayant eu du sexe le mois dernier… Bon, bref, quand j’ai eu mes règles, c’est limite si j’ai pas chanté (mais j’étais au boulot donc non !).

 

Vicky a suivi mon délire durant les 12 jours de retard. Genre « je suis allée lire les symptômes sur un site Internet, j’ai un peu la gerbe et j’ai les gencives qui saignent. Bordeeeeeeeel ! ». Bon, la gerbe est vite partie et les gencives, c’est à cause de ma brosse à dent électrique un peu trop agressive. Mais cette situation m’interroge. Avec la miss, cette peur de la grossesse non désirée est réelle car on est jamais à l’abri d’un accident. Parfois les accidents n’en sont même pas. J’ai lu y a quelques années dans mon magazine féminin
préféré (Perso, the best forever. Oui, je sais, je passe trop de temps avec des ados) que pas mal de filles oubliaient la pilule
pour tomber enceinte et se rassurer sur leur fertilité, inconsciemment bien sûr. Je me suis jamais posé la question de ma fertilité, je n’ai jamais envisagé d’avoir des soucis à ce niveau là. Bon, j’ai un cycle souvent long (la preuve encore ce mois-ci) donc ça fait des ovulations en moins mais bon…

A la base, si on part du principe que les hommes sont des animaux et que les animaux ne coïtent que pour procréer, je me demande si, inconsciemment, on n’a pas encore certains relents de ça. Genre quand on brouette, n’a-t-on pas insconsciemment (oui, je sais, j’arrête pas d’utiliser ce mot) un désir de procréation ? Le déni de grossesse ne vient-il pas de là, justement ? Une nana veut un enfant. Consciemment, elle sait que ce n’est pas le moment mais son inconscient le désire donc son corps ne va pas l’alerter de cette grossesse.

De la même façon, de baliser sur une éventuelle grossesse, n’est-ce pas quelque part un relent de culpabilité d’avoir une sexualité épanouie dans un but non procréatif ? Honnêtement, je n’ai pas envie d’avoir un bébé maintenant, surtout un quart de Russe avec un père totalement hors de ma compréhension (bon, ok, je ne fais pas forcément l’effort de le comprendre non plus, j’avoue). A-t-on à ce point intégré les discours moralisateurs que le corps, pour rigoler, nous fait des blagounettes genre « hé t’es enceinte ! Mais non allez, je te rends tes règles ». Connard, va. En plus, c’est un cercle méga vicieux. Parce que plus on stresse à ce sujet, moins les règles se pointent. Oui, pour les mecs, j’explique : les règles, c’est un très bon indicateur de si tout va bien ou si tout va mal. En gros, résumons mon mois dernier : taf, donc, des nuits de 5h environ, un peu de stress (ok, au boulot, tout le monde est méga cool mais quand même), un rythme et une hygiène de vie qui change, j’ai repris le tabac (mal), je suis toujours en vadrouille… Ben, forcément, mon corps, il suit pas tout. De toute façon, les règles c’est aussi psychologique. Genre quand je prenais pas la pilule, je les avais toujours pour les exams (brevet et bac au moins).

Evidemment, c’est une peur toute féminine. Les mecs me diront « oui mais nous, on a peur que la nana tombe enceinte aussi, qu’est-ce que tu crois ? » Certes mais on tire pas la sonnette d’alarme de suite, messieurs ! « Chéri, j’ai deux heures de retard, va acheter un test ! ». Non. On intériorise ça, on essaie de se rassurer, de se concentrer sur son corps. Par exemple, moi, je le sentais au plus profond de moi que je ne pouvais pas être enceinte parce que mon corps, je le sentais pas différent. Et que j’ai bien étudié les symptômes et que j’en avais aucun. Du coup, le jour où je voudrais être enceinte, je me les déclencherai tous de façon psychologique (à moins que je tombe enceinte de suite). Quelle femme n’a pas eu une fois des doutes, essayant de se rassurer du mieux qu’elle pouvait ? Sérieusement ?

Bref, même si on en parle pas, la femme sexuelle a aussi un rapport avec sa fertilité. Ce n’est pas un sujet d’angoisse permanent (du moins pour moi) mais au moindre retard, on y pense. Hé oui, pas facile d’assumer toute sa féminité. On a beau prendre toutes les précautions qu’on peut, aucun moyen de contraception n’est sûr à 100%. Mais, Dieu merci, je n’ai pas eu la malchance de me trouver dans le 0.1% qu’a pas eu de chance.

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