Où je ne suis plus dupe – manipulation médiatique

(Cet article ne devrait pas parler des élections régionales, j’ai rien de plus à en dire…je crois. Quoi que j’ai un peu envie de vous faire un plaidoyer sur le vote à la proportionnelle)

L’autre jour, je vous parlais de ma consommation de magazines et de mon arrêt total de la presse féminine parce que “je les vois, vos grosses ficelles, j’aime pas trop trop être prise pour un lapereau”. Même si c’est mignon dans l’absolu, un lapereau.

C'est tellement adorable hiiiiii

C’est tellement adorable hiiiiii

Curieusement, ma conscience féministe accrue ces dernières années m’a permis de détecter toutes les injonctions de la presse féminine (maltraite ton corps, refuse ton âge, mincis, tu ne vaux rien sans homme, achète, achète, achète)  et montrer les dents dès que j’en repère une. Par exemple, je dois l’avouer, je lis Voici quand je redescends chez mes parents. C’est curieux car je ne supporte plus ce magazine de par ses remarques grossophobes et viellophobes systématiques mais je sais pas, j’ai envie de me confronter à ça. Si Closer est un peu plus soft sur la grossophobie (un peu, ils se font plaisir sur Mariah Carey, toujours elle), eux, ils sont plus dans la glorification du couple (et de l’hétérosexualité). Du coup, je m’énerve, j’ai envie d’insulter tout ce petit monde sur Twitter. Oui, devenir féministe m’a rendu la lecture des féminins impossible, à moins de vouloir dénoncer (je veux bien mais je manque de temps pour faire un vrai travail de fond, hélas).

guilty_shame

Sauf que ce petit “talent” à détecter les injonctions s’étend à l’actualité en général et je vois les grossières petites manipulations médiatiques et je deviens folle furieuse lorsque je vois l’ensemble de mes communautés plonger dedans tête la première. En ce moment, forcément, c’est festival : entre les attentats, la COP21 et les régionales, on parle à votre coeur en oubliant volontairement votre tête et toute cette manipulation me donne la nausée.

nausee-de-grossesse_5465494

Je passerai sur les régionales, je pense que pour le coup, la mascarade est assez mal passée et le vote “barrage” a été mal digéré par pas mal d’entre nous. Mais quand même, je ne peux m’empêcher de faire claquer ma langue d’agacement quand je lis qu’on est en pleine crise politique, que le FN va passer, qu’on va tous mourir… Alors que ce discours est tenu depuis au moins 2002 et que déjà, en 98, le FN avait foutu le bordel dans les élections régionales mais à chaque fois, c’est la même histoire : on crie, on s’inquiète, on supplie… En fait, l’entre deux tours devient de plus en plus l’équivalent des 7 étapes du deuil : le choc “oh mon Dieu, on vit dans un pays de fachos”, le déni “non mais en fait, on croit juste ça parce que les gens se sont abstenus mais ils n’ont pas eu tant de voix que ça”, la colère et le marchandage : “Non mais tout ça, c’est la faute de ces connards d’abstentionnistes ! Bon allez, entre le FN et l’UMPS, le choix est facile, quand même, non ?”, la tristesse “j’ai mal à ma France”, la résignation “je vais devoir voter Wauquiez/Estrosi mais c’est pour la bonne cause”, l’acceptation “ok, on a un conseil régional pas ouf mais le FN a perdu alors c’est pas si mal” puis la reconstruction “allez, on va se battre pour pas que ça se reproduise en 2017!”. Oui alors là dessus, sans vouloir spoiler, je suis à peu près persuadée qu’on aura le même cirque dans 1 an et demi. Bref, en 17 ans, rien de neuf mais on a toujours droit à la même rhétorique : tu votes anti FN ou tu es un mauvais citoyen, comment a-t-on pu en arriver là et tutti quanti. On distribue les responsabilités en faisant bien attention à ne pas prendre sa part. Et c’est ainsi qu’on a facilement accusé les abstentionnistes, oubliant qu’en 2010 (la vague rose), le FN n’a pas tant fait chier alors que l’abstention était supérieure à celle de cette année (53.64% vs 50.09% au 1er tour). Surtout qu’au 2e tour cette année, le FN a fait plus de voix au 2nd tour qu’au premier alors qu’il y avait moins d’abstention. Du coup, ça veut dire qu’il y a des abstentionnistes frontistes, en fait ? Et sinon, taper sur les médias ou les politiques eux-mêmes ? Naaaaaaan, pensez donc.

Par contre, je trouve que Marine Le Pen peut avoir son utilité dans la lutte anti tabac...

Par contre, je trouve que Marine Le Pen peut avoir son utilité dans la lutte anti tabac…

Mais surtout, il y a eu la COP21 et la fameuse manifestation du dimanche 29 novembre, celle où j’ai eu envie de distribuer pas mal de claques. Reprenons : une manifestation interdite suite à l’état d’Urgence (je vais même pas commenter ce point, je deviendrais vraiment très vulgaire) même si la chaîne humaine avait bien été autorisée finalement. Pour être bien claire : je ne suis pas allée à cette manif car Victor ne voulait pas que je me mette en danger (il m’a amenée à une manif antifa juste pour vous situer que c’est pas un trouillard non plus) et que nous avions un rendez-vous en fin d’après-midi. On suit donc un peu les événements sur Twitter, on voit que ça commence à dégénérer dans la plus grande indifférence de ma timeline, à 3 ou 4 exceptions près. On annonce que ça commence à gazer, que des gens essaient de fuir la place mais se retrouvent bloqués par les CRS. Toujours grande indifférence de ma timeline, ça doit pas trop les déranger qu’on bouscule des hippies qui auraient dû rentrer chez eux, je suppose. Sauf qu’à un moment, l’info fuse : des manifestants auraient pris des bougies du Mémorial pour les jeter sur les CRS. Et là, ma timeline bien passive se met à s’énerver, à traiter les manifestants de tous les noms. Mon Dieu, vous êtes vraiment tous en train de tomber dans ce grossier piège ? Les ficelles sont aussi grosses qu’un tronc de séquoia !

echauffourees-avec-la-police-lors-d-une-manifestation-place-de-la-republique-a-paris-le-29-novembre-2015-a-la-veille-de-la-cop21_manipulation-mediatique

Alors pour être tout à fait honnête, ce Mémorial ne m’évoque pas grand chose. Je suis pas quelqu’un attachée à ce genre de symboles : je comprends que certains le soient mais de là à cracher à la gueule de toute une foule qui se retrouvait prisonnière de la place à ce moment là, faudrait voir à réfléchir avant de condamner comme de dociles moutons. Ok, s’attaquer au Mémorial était une bien mauvaise idée mais je vous ai pas entendus gueuler quand des gens ont piétiné ledit Mémorial dès le dimanche après les attentats quand ils ont cru être attaqués ou quand les flics l’ont ruiné alors qu’ils étaient en train de “maîtriser” des manifestants. Juste pour info : sur les 317 gardes à vues suite à cette manif, seules 2 ont abouti sur une mise en examen… sans rapport aucun avec le Mémorial ou les Blacks Blocs. Mais vous avez marché dans l’histoire parce qu’elle repose sur les mêmes mécanismes que les fables qu’on nous sort depuis janvier : l’émotion. Je suis choquée de voir que vous êtes plus préoccupés par les atteinte à un symbole qu’à celles à la démocratie. Oui parce que gazer et retenir des manifestants pacifistes (les black blocs n’ont pas agi avant les premiers gazages), j’appelle pas ça de la démocratie, perso… 

Photo d'Irina Kalashnikova pour Sputnik que j'aime vraiment beaucoup (la photo, pas Sputnik)

Photo d’Irina Kalashnikova pour Sputnik que j’aime vraiment beaucoup (la photo, pas Sputnik)

Vous me croyez pas ? Alors demain (si j’ai le temps, pas garanti), je vous expliquerai que le dénigrement des manifestants de la COP21 est identique au dénigrement des féministes.

 

Et pour se cultiver un peu plus sur le sujet, une vidéo au poil d’Osons Causer (une chaîne à regarder de près)

Rendez-vous sur Hellocoton !

Interstellar de Christopher Nolan

Bonjour, j’ai pris l’avion donc j’ai vu plein de films que je n’avais pas vus au cinéma et je viens partager mon avis.

cabine-air-tahiti-nui
Interstellar, donc. J’ai un petit intérêt pour les space operas. Dès qu’un film se passe dans l’espace, ça m’intéresse même s’ils sont souvent assez mauvais. Mission to Mars te fait taper la tête contre les murs tellement les ficelles sont grosses, Prometheus m’a fait pas mal lever les sourcils (et m’inquiéter pour la carrière de Charlize Theron qui se Sharon Stonise de plus en plus…), même Albator m’a laissé un peu dubitative sur le scénario (mais pas sur l’animation notamment de l’Arcadia, splendissime). Après avoir maté Gravity au cinéma et en 3D, je voyais en Interstellar, l’occasion de remonter un peu le niveau. Non parce que Gravity, c’était très bien fait, bien malaisant mais le scénario avait été oublié sur Terre.
GRAVITY
Donc Interstellar. On va pas faire durer le suspense : à la première tentative de visionnage, je me suis endormie au bout de 8 mn, j’ai tenu 1h20 la 2e et enfin terminé la 3e. Parce qu’on va pas se mentir : c’est chiant et long.
interstellar
L’histoire : Cooper, un ancien pilote d’on ne sait trop quoi (une navette ? Un avion supersonique new generation ?) est devenu agriculteur après avoir planté sa machine mais ne s’est pas remis de cet échec cuisant. Il vit dans une petite ferme avec son papounet et ses 2 enfants : un garçon qui ne sert pour ainsi dire à rien et une fille qui vient réveiller son papa car les fantômes de sa chambre foutent le bordel. Cette enfant, répondant au doux nom de Murphy (si vous n’aimez pas les enfants, n’en faites pas au lieu de leur gâcher la vie avec des prénoms improbables) n’a pas 5 ans mais facilement le double et souffre du syndrome de l’enfant intelligent et fayot qui n’a visiblement pas réglé son complexe d’Oedipe puisqu’elle n’adresse pour ainsi dire la parole qu’à son Père. En résumé, au bout de 10 mn, Murphy me gonfle et pas qu’un peu. Quant à son père, à part serrer les mâchoires et faire son rebelle nostalgique d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, il est à peu près aussi passionnant qu’une réunion sur les résultats financiers de ta boîte un lundi matin à 9h. Donc on part direct sur des personnages sans charisme auxquels tu n’as pas envie de t’attacher. Bien…
interstellar-matthew-mcconaughey
Après quelques scénettes sans intérêt et maladroites pour bien illustrer le monde merdique dans lequel l’Humanité évolue désormais (une chasse au drone totalement inutile et qui n’a pas le moindre sens, un nuage de poussière qui semble fasciner les joueurs de base ball alors que c’est décrit comme un phénomène normal… un peu comme si on restait saisis par une averse, quoi), on passe direct la 3e : Papounet comprend que Murphy délire pas tout à fait avec son fantôme mais en fait, c’est dû à une perturbation de la gravité et après avoir saisi que la gravité lui parlait en binaire, il reconnaît des coordonnées et fonce direct là où on lui dit d’aller. Bon après tout, vu qu’il a des grosses machines automatisées qui s’occupent de ses champs, on va dire qu’il n’a que ça à foutre de rouler des heures pour se rendre à un point dicté par la gravité. La facétieuse Murphy se glisse discrètement dans la voiture mais il s’en rend compte trop tard pour la ramener à la maison. Noyons cette enfant, par pitié.
interstellar-cooper-murphy
Notre joyeux duo finit par arriver devant un énorme bunker et se font embarquer illico presto par des personnes semblant légèrement hostiles parce que merde, comment qu’ils ont trouvé ce bunker introuvable ? On parle donc d’un énorme bâtiment avec une route qui le dessert… Ah ben oui, c’est étonnant que quelqu’un ait fini par le trouver dis donc… Bon bref, notre copain apprend qu’en fait, la NASA qui a été interdite quand il a fallu cultiver des champs pour nourrir l’Humanité a continué ses travaux en secret et même que le bâtiment secret dans lequel ils sont est en fait la structure d’un super vaisseau qu’ils ambitionnent un jour d’envoyer dans l’espace avec toute l’Humanité dedans car on pourra pas survivre sur Terre, c’est mathématique. Ca vous situe la taille du bâtiment « introuvable » au passage… Bref, puisque Cooper est là grâce à la gravité dont tous les scientifiques réunis ici reconnaissent la facétie mais la justesse, on se dit qu’on va tout raconter à Cooper, tiens.
Interstellar-dr_brandt
Donc si l’Humanité reste sur Terre, tout le monde va crever parce qu’on a tout cassé et le maïs qui est la seule céréale qui parvient à survivre va finir par disparaître elle aussi et bon, à partir de là, y aura plus rien à manger. Donc notre demi douzaine d’amis de la NASA, ils se disent que quand même, on peut pas laisser les humains disparaître comme ça donc ils ont mis en place 2 plans : plan A : il y a un trou de ver mis en place par on ne sait qui du côté de Saturne, on y va et derrière, y a 12 planètes possiblement viable. On y a déjà balancé 12 scientifiques et y en a 3 qui émettent toujours donc on va aller voir par chez eux si c’est bien viable, leur planète. Plan B : y a pas possibilité de rapatrier tout le monde mais les prochains scientifiques vont partir avec plein d’ovules fécondés pour  créer une colonie ailleurs (mais ceux qui restent sur Terre meurent, tant pis).
interstellar-endurance
Vous comprenez pourquoi j’en avais déjà marre… Des mecs qui bossent dans le plus grand secret ont envoyé 12 navettes dans l’espace : personne n’a rien vu (ben tiens) et l’argent et les matériaux doivent pousser sur les arbres à la NASA. Tout ça pour balancer des gens via un trou de ver placé par une entité inconnue pour, peut-être, trouver des planètes viables. Et comme on n’arrive pas bien à communiquer avec ceux qui sont partis, on va re renvoyer des spationautes jeter un oeil et ils prendront des ovules fécondés qui vont certainement pouvoir grandir sans aucun incubateur vu qu’on est dans le futur. Plan moisiiiii. Alors évidemment, on propose à Cooper de piloter le barda parce que bon, on part demain et qu’on n’a personne pour conduire la navette. Merci la gravité, hihi. Evidemment, Cooper accepte, Murphy chiale et veut pas lui dire au revoir, elle lui dit que la gravité lui a dit en morse « reste » (la gravité a du mal à choisir un langage, elle en utilise donc plusieurs) mais Cooper n’écoute pas : tu comprends, il fait ça pour sauver ses enfants.
interstellar-murphy-cooper
La petite troupe part. Dans le vaisseau : Cooper, le Dr Brandt, fille du Dr Brandt, chef de la NASA et qui est donc la seule, en dehors de Cooper, à avoir le droit à un background familial, un docteur barbu et un docteur noir qui ont certes des noms mais on les retient pas parce que… on s’en fout en fait. Nos joyeux drilles sont accompagnés de 2 robots carrés répondant aux doux noms de TARS et CASE, les seuls à avoir un peu d’humour parmi notre bande de scientifiques bien trop investis de leur mission. Ils partent, s’amarrent à une station qui avance en tournant sur elle-même (clin d’oeil SUBTIL à 2001 odyssée de l’espace). Avant leur hibernation de 2 ans (durée pour rejoindre le trou de ver au niveau de Saturne), ils matent les messages envoyés par leur famille et en envoient un. Murphy l’insupportable fait toujours la gueule.
INTERSTELLAR
2 ans plus tard, tout le monde se réveille et on se jette dans un trou de ver, concept gentiment expliqué par le docteur barbu à Cooper, le pilote du vaisseau… C’est à dire que le mec qui est censé conduire à travers le trou de ver ne sait pas ce que c’est ? On retrouve là le problème récurrent de ce film : sous prétexte de poser des éléments, il les explique un peu à tort ou à travers.
espace-trou-de-ver
D’ailleurs, de l’autre côté du trou de ver, nos planète soit disant viables gravitent autour d’un trou noir et on est repartis pour un blabla scientifique qui a surtout pour intérêt d’intégrer le temps comme une donnée relative. En gros : la première planète qu’ils souhaitent visiter est très proche du trou noir donc le temps y est fortement ralenti : une heure sur cette planète équivaut à 7 ans sur Terre. Donc on y va quand même mais on reste pas trop pour pas trop trop vieillir et bon, le temps, c’est précieux, la planète Terre est en train de tuer ses habitants. Evidemment, l’expédition qui devait durer quelques minutes se passe mal, le docteur barbu disparaît très mais alors très connement et Cooper et Dr Brandt ne parviennent à repartir qu’au bout d’une heure, soit 7 ans sur Terre… mais en fait non, quand ils arrivent dans le vaisseau, ce sont 23 ans qui se sont envolés. Légère erreur de calcul, dis donc. Le docteur noir les attendait sur le vaisseau et on mesure alors la compassion de la Dr Brandt : quand le docteur noir demande où est le barbu et la scientifique qui a atterri sur cette planète, elle secoue la tête pour dire « nan, ils sont morts. Et mon père ? » « Il est toujours en vie » « aaaah, super ! ». La Dr Brandt et Cooper vont donc écouter les messages envoyés par leurs proches (le Noir n’a toujours pas de famille) car ils peuvent en recevoir mais pas en envoyer. Cooper a droit au journal intime de son fils qui a rencontré une fille puis ils sont mariés puis ils ont un enfant mais il meurt car la Terre est devenu un milieu hostile mais il en a un 2e et tiens, papy est mort la semaine dernière. Quand soudain, en dernière vidéo, qui que voilà ? Murphy ! Voilà, au bout de 23 ans, elle a fini de faire la gueule. Et devinez quoi ? Murphy travaille à la NASA avec le papa du Dr Brandt, c’est foufou !
interstellar-jessica-chastain
La 1ère planète étant moisie, nos spationautes décollent vers une 2e planète, celle explorée par le Dr Mann qui fait palpiter la culotte du Dr Brandt. C’est une planète où les nuages sont en glace… Oui bah pourquoi pas, la 1ère était une planète recouverte de 50 cm d’eau avec des tsunamis tous les trois-quarts d’heures alors bon… Ils arrivent à localiser le module du Dr Mann, il est dans son sarcophage d’hibernation et là : ouiiiiiii, il est en vie. Bon apparemment, l’élan du coeur du Dr Brandt n’était pas trop partagé vu qu’il ne la calcule pas vraiment. Ca va pas aider à peupler la planète habitable qu’ils vont trouver cette histoire. Le Dr Mann dit que la planète est viable sous les nuages de glace et il va amener Cooper zieuter tout ça. Oui, amener le seul mec nul en biologie du lot voir si une planète est bien viable, ça me paraît un bon plan.
interstellar-planete-glace
Et là, on arrive au gros raté du film à mon sens. Nolan choisit de développer en parallèle l’exploration de Cooper et Mann, le docteur noir qui va essayer de réparer le robot de Mann qui est démonté et Murphy qui, au sol, découvre la trahison du Dr Brandt qui a fait exprès de pas intégrer la donnée temps dans ses calculs pour faire partir sa fille et lui permettre de survivre (j’ai pas trouvé ça super clair, j’avoue). Or la trahison de papa Brandt te laisse à penser que ça va pas bien se passer chez les spationautes non plus et ça loupe pas : en fait, Mann a pété les plombs : il a fait croire que sa planète était viable juste pour qu’on vienne le chercher et décide donc de tuer Cooper tandis que le Dr Noir, en voulant réparer le robot qui aurait donc révélé la supercherie, vole en éclat. On est donc dans un rebondissement clé du film et on le voit venir à des kilomètres grâce à un montage grossier. Et le reste est pire : grâce à l’amour d’un père pour ses enfants, Cooper parvient à prévenir la Dr Brandt de sa situation, elle vient le sauver alors qu’il commence à ne plus pouvoir respirer (hey, Gravity !). Mon Dieu est-ce qu’il existe quelque chose de plus tarte que « c’est grâce à l’amour d’un père pour ses enfants que j’ai pu survivre plus de 5 mn dans un air irrespirable » ? Accrochons-nous, nous avons dépassé la moitié du film.
interstellar-cooper
Mann essaie de s’enfuir à bord du gros vaisseau mais comme il est un peu con, il se loupe et provoque une explosion qui endommage le vaisseau mais pas trop. Au point où ils en sont, ils décident donc de larguer un des robots dans le trou noir pour qu’il puisse dire ce qu’il s’y passe (comment ?) et repartir vers la dernière planète soit disant viable, on ne sait jamais. De toute façon, viable ou pas, ils n’ont aucun moyen de le dire aux autres donc voilà, tout le monde va mourir.
interstellar-cooper-2
Mais en fait non ! Parce que Cooper, il est un peu tête brûlée donc il se balance lui aussi dans le trou noir en laissant la pauvre Dr Brandt seule dans l’univers pour aller coloniser une planète qui est peut-être viable… Hmmm… Pendant ce temps, Murphy a soudain une révélation et retourne dans sa chambre de jeune fille, persuadée que la gravité va lui donner la solution au problème du Dr Brandt et sauver donc l’humanité. Hé oui, dis donc parce qu’en fait, son père est tombé dans une sorte de zone étrange construite par on ne sait qui (les mêmes que le trou de ver) qui lui donne accès pile à la chambre de Murphy, incroyable ! C’était donc lui qui lui parlait en morso-binaire dis donc. Comme il est pas si con, il comprend en 2mn30 comment ça marche et lui livre donc en direct la solution à son problème grâce à la montre qu’il lui avait offerte lors de son départ (et qu’elle avait légèrement fracassée contre un mur mais apparemment, c’est du solide). Bon, pendant ce temps, il se passe aussi un truc avec le frère de Murphy mais ça sert juste à mettre de la tension (« est-ce que Murphy arrivera à recevoir le message de son père avant que son frère, ultra vénère qu’elle ait cramé ses champs, vienne lui casser la figure ? » Suspense totalement inutile puisque pour rappel, Cooper navigue dans le temps, justement…).
Interstellar-trou-noir
Une fois sa mission accomplie, Cooper se laisse dériver dans l’espace dans un plan totalement pompé sur 2001… Mais c’est pas encore la fin (achevez-moi), non non ! Parce qu’en fait, Cooper est ramassé dans l’espace juste avant la fin de son oxygène par l’immense vaisseau spatial qui balade l’humanité et va aller voir du côté du Dr Brandt si y a de la planète viable ou pas. Cooper retrouve donc Murphy (son fils doit être mort, il ne pose même pas la question), vieille dame honorable entourée de tous ses enfants. Ils se font un petit bisou puis Cooper prend un vaisseau rejoindre le Dr Brandt qui est en train de tripatouiller ses ovules fécondées, se pensant seule dans l’univers.

FIIIIIIN

the-end

Alors oui, j’ai trouvé ce film ennuyeux d’abord parce que les personnages sont stéréotypés et absolument pas attachants. Quand Cooper apprend que son père est mort et que son petit fils aussi, il chiale comme un perdu… et moi je ne comprends pas bien de qui on parle. Quand Murphy lui parle enfin, je me dis juste « et bien, 23 ans de boudage, record battu ». Les relations entre personnages sont mal ficelées : hormis l’amour entre Murphy et son père (au détriment d’un fils dont on se demande presque à quoi il sert à part garder la ferme familiale et expliquer le retour de Murphy 23 ans plus tard), les autres relations sont mal mises en place et les rebondissements qui y sont liés tombent à plat : le Dr Brandt est prêt à sacrifier l’humanité pour sauver sa fille mais les 2 personnages n’interviennent quasi jamais ensemble à l’écran. La même Dr Brandt est amoureuse du Dr Mann mais cet élément disparaît à partir du moment où elle le retrouve et n’est moteur de plus rien. Cooper abandonne sa fille (certes grabataire) en fin de film pour rejoindre la Dr Brandt avec qui il n’a jamais été question de relations plus profondes que du professionnel. Mouais…

interstellar-cooper-brandt

Mais le plus violent reste les trous dans le scénario. Certes, on ne peut pas tout expliquer dans un film de 3h mais le côté « oh bah y a des gens qui ont construit ci ou ça, on sait pas qui ni pourquoi mais on va partir du principe que c’est pour nous et notre bien ! ». Heu… De la même façon, il y a un vrai souci avec cette histoire de gravité magique : dans la chambre de Murphy, il s’agit donc d’une intervention de son père flottant dans le trou noir. Pourquoi pas. Mais ces perturbations sont également à l’origine du crash de son vaisseau en tout début de film et ça, on ne sait pas pourquoi. De façon générale, les personnages prennent tout avec une placidité assez troublante : Cooper découvre la base secrète de la NASA, on lui explique que la Terre est condamnée et qu’il faut aller piloter un vaisseau, le mec dit oui sans discuter et va enfiler sa tenue.  Au passage, j’aimerais savoir comment ils auraient fait pour piloter cette fameuse navette sans la providentielle gravité. Quand ils découvrent des planètes aux vertus scientifiques étonnantes (les tsunamis avec 50 cm d’eau ou les nuages en glace), ils ne cherchent pas à comprendre : c’est comme ça et point. Quand la Dr Brandt touche une perturbation de la gravitation dans le vaisseau (en fait Cooper qui remonte le temps dans son trou noir), elle touche et point. Personne ne lui demande ce que ça fait, à minima. C’est-comme-ça. Pour des scientifiques, je trouve qu’ils manquent cruellement de curiosité.

interstellar_5-5

Bref, le film est bien fait, les effets spéciaux sont bons. Je suis un peu surprise du parti pris de filmer les navettes en plan très serré, on ne doit les voir dans leur globalité qu’une fois ou deux mais après tout, pourquoi pas. Mais je suis pas rentrée dedans du tout. Moralité : je vais me remater 2001, odyssée de l’espace.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Intrigue à Giverny d’Adrien Goetz

Parmi les quelques passions communes que ma maman et moi partageons, il y a les impressionnistes. En mai ou juin dernier, nous avions passé de charmants moments au musée Marmottan, dans le XVIe. Depuis, on n’arrête pas de parler de passer un week-end à Giverny et quand elle me parle d’un petit roman qui se passe justement entre Marmottan et Giverny, je m’empresse de le lire.

intrigue-a-giverny

L’histoire, donc : tout débute lors d’un dîner à Marmottan, justement, où Pénélope, conservatrice et un peu détective à ses heures perdues, est invitée. Durant le vernissage, elle repère deux femmes visiblement très au point sur Monet et elle se retrouve à côté de l’une d’elles à table, une religieuse, mais alors qu’elle s’apprête à lui parler, coupure de courant. Quand l’électricité revient, aucun vol n’a été commis mais la religieuse ainsi que la femme avec qui elle parlait ont disparu. Le lendemain, l’une d’elle est retrouvée assassinée dans son club de gym, le Cercle, fréquenté, ah ben ça ça tombe bien, par Wandrille, le fiancé de Pénélope. L’enquête débute, entre Marmottan, Giverny et Monaco.

giverny-6

De prime abord, on pourrait penser que j’ai été légèrement agacée par la facilité scénaristique qui place le fiancé de Pénélope pile là où une des femmes est assassinée et je vous épargne bien d’autres coïncidences, certaines sont légèrement abusées. Mais ça passe et plutôt bien grâce à une écriture super agréable et un travail de recherche impeccable. Je n’ai beau ne jamais être allée à Giverny, j’imaginais très bien les lieux, je me suis aussi retrouvée sans problème dans l’atmosphère de Marmottan. Les personnages sont assez attachants, le couple Pénélope-Wandrille est touchant et adorable.

la-rupture

Mais surtout, ce que j’aime particulièrement dans ce livre, c’est que, selon sa connaissance de Monet, on apprend plus ou moins des choses. Le roman joue sur l’amitié entre Clémenceau et Monet, laissant planer le doute quant à la nature exacte de cette dernière (Monet aurait-il été un espion ?). La disparition de la bonne soeur et l’assassinat de la femme qui parlait avec elle seraient-ils liés à ce secret ? Un peu d’histoire, un peu d’impressionnisme, un style charmant… au diable les quelques ficelles un peu grosses.

maison-et-jardin-de-claude-monet-giverny-1303824127

Terminons juste sur un petit détail qui relève plus de l’anecdote qu’autre chose mais qui m’a fait sourire. Le roman se passe peu avant le mariage d’Albert et Charlène, mariage qui ravit tout le rocher tant la future mariée est sublime, somptueuse, tout ce bonheur, c’est fabuleux… Quand on voit les aventures rocambolesques (et supposées) de Charlène qui aurait tenté de fuir son époux et qui semble depuis aussi épanouie que si elle croquait trois barres de lexomil par jour, l’évocation qu’un jour, ce mariage fut présenté comme heureux est délicieusement anachronique.

charlene-monaco

Bref, une enquête policière intéressante et écrite d’un rythme enlevé qui nous apporte quelques petites connaissances sur Monet au passage : joli combo gagnant.

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Ce livre que tout le monde a adoré… Sauf moi

Je suis dans ma période lecture de romans, ma pile de bouquins à lire diminue limite plus vite que mon compte en banque. En décembre, je débutais donc la lecture du si vanté « le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » de Jonas Jonasson. dont on ne m’avait dit que du bien. « Tu vas voir, il est hilarant ». 500 pages plus tard, j’ai toujours pas vu.

le-vieux-qui-ne-voulait-pas-feter-son-anniversaire

Ça s’annonçait pourtant pas si mal : un centenaire fuit sa maison de retraite car il ne veut pas y fêter ses 100 ans et part à l’aventure. Au bout de quelques pages, pris d’une impulsion subite, il vole à un gredin parti aux toilettes une grosse valise qui se révèle être bourrée de billets suédois, y en a pour 50 millions de couronnes suédoises, rendez-vous compte ! Moi, j’ai un peu de mal vu que je connais pas la valeur des couronnes suédoises, j’ai pas mis les pieds là-bas depuis 2002 (mais je ferais bien un tour à Stockholm). Le vieux monte dans un bus et prend une destination au hasard. Il se retrouve dans un endroit paumé de chez paumé face à une gare désaffectée où habite un mec qui va prendre le petit vieux sous son aile. On en est pas à la page 100 et l’intrigue repose déjà sur des piliers branlants. Passe le premier illogisme, après tout, un vieux qui vole une valise comme ça, sur une impulsion, mmmm, éventuellement, ça passe. Mais qu’il tombe sur la seule âme qui vive dans un patelin paumé et que cette personne le trouve sympa et lui offre gîte et couvert déjà… Et je ne parle même pas des 50 millions dans la valise, hein.

valise-billets

Et on est partis de 500 pages d’incroyables hasards, de raccourcis tellement faciles que je ne comprends même pas qu’on puisse crier au génie. Ce roman raconte en fait 2 histoires : celle d’Allan (le vieux) en 2005 et celle de sa vie. L’histoire de sa vie était assez marrante au départ mais ça se gâte des qu’Allan, se laissant guider par les aléas de la vie, se retrouve aux quatre coins du monde à jouer des rôles majeurs dans l’histoire mondiale sans se préoccuper de politique.

chauprade_geopolitique

Mmmm, un homme qui ne se préoccupe pas de la politique mais joue un rôle majeur dans celle-ci malgré lui sans réellement comprendre ce qu’il fait, ça me rappelle vaguement quelqu’un… Oui voilà, je ne lis rien d’autre que Forrest Gump version suédoise. Super…

forrest-gump

Je passerai les grosses ficelles. Du genre le gros mafieux qui veut tous les tuer suite au vol des 50 millions qui est en fait un pote d’un des membres de la bande. Du genre la capacité d’Allan et de sa bande à se trouver des alliés en trente secondes chrono. Du genre la capacité d’Allan de sauver la vie des grands de ce monde un peu par hasard. L’auteur s’amuse, à grands renforts de clins d’œil du style : « Allan se dit que la vie en France était douce et il accepta de partir. Nous étions en 1968 ». Il aurait écrit « clin d’œil et coup de coude » que ça n’aurait pas été plus flagrant.

george-clooney-ne-ma-trise-pas-l-art-du-clin-d-oeil

Je ne vous détaillerai pas la fin mais c’est même plus une happy end à ce niveau là… Bref, rien ne sauve ce roman mal ficelé, aux rebondissements plus gros que mon ventre après le repas de Noël. Les premières pages me faisaient espérer une histoire à la Émir Kusturica, je me retrouve avec un sous Forrest Gump avec une très légère touche de Very bad things pour les morts accidentelles, un soupçon de Priscilla folle du désert pour le Road trip en bus. Road trip qui ne durera qu’une trentaine de pages, le temps d’à moitié tuer le mafieux qui leur voulait du mal. Mais après plus vu qu’il connaissait un mec de la bande vaguement croisé en prison « ahah, comment vas-tu vieille branche ? ». Ben ouais, moi, on me tire 50 millions, je les oublie aussi sec en recroisant un pote de chambrée, normal quoi…

nos-retrouvailles

Bref, je veux bien fermer les yeux sur une ou deux facilités d’écriture mais quand le roman n’avance que grâce aux incroyables hasards de la vie et que ceux-ci sont nombreux et relativement mastoc… Je finis par lire le roman des fois que la fin sauve le tout. Mais non.

tv-happy-endings

Du coup, si parmi mes lecteurs, au moins une personne n’a pas aimé, qu’il parle ! Parce que je me sens un peu seule là…

Du coup, je lance officiellement la rubrique « dans ma bibliothèque » pour donner mon avis sur mes lectures. Après près de 8 ans de blog (!!), il était temps.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Arrêtez de vous lécher la face un peu

Je pourrais m’indigner de ces couples qui se font des mamours dans la rue mais là n’est point mon propos. Faudrait que j’en reparle d’ailleurs mais pas sous l’angle aigri, je ne le suis pas en ce moment. Enfin, je m’égare dès la troisième ligne, on n’est pas rendus.

se-rouler-une-pelle.jpg

Non, je ne voulais pas vous parler d’un couple lambda qui se lècherait la face en public mais d’un couple parfaitement identifié qui roucoule à qui mieux mieux dès qu’une caméra tourne et se la joue amours adolescentes. Oui, eux : Carla et Nicolas. Bon, déjà les regards langoureux à la « je pourrais, là, de suite, je te plaquerais au mur, je t’arracherais la culotte et je te baiserais comme une bête », c’est un petit peu gênant mais y a pire. Récemment, Carlita, comme l’appelle notre Président amoureux, a participé à une émission anglaise avec sa guitare et qui passe PAR HASARD (en majuscule, oui) ? Mais c’est Nicolito ! Et les voilà à se faire des mamours devant la caméra. Je serais mesquine de souligner que ce débordement d’affection alors qu’on prétend le couple séparé et en pleine élection régionale sent légèrement le coup monté mais non, je ne suis pas mesquine, non…

nicolas-sarkozy-carla-bruni-yves-saint-laurent-berge.jpg

Je m’imagine un peu à la place de ces pauvres journalistes anglais qui sont passés du « youpi, une image forte » à « heu… Quelqu’un aurait une lance à incendie pour les décoller, là ? ». On pourrait se dire que notre Président aime visiblement sa femme et que c’est plutôt une bonne chose parce que… Je sais pas moi, parce qu’un homme aigri pourrait s’exciter sur certains sujets épineux comme l’identité nationale, nous remettre une louche d’insécurité et…  Ah oui, non… Bon, alors c’est bien parce que tout le monde nous parle de l’amour qui unit les Obama et de la classe de Michelle (entre nous, je trouve qu’elle s’habille pas toujours très bien) et que nous, on a les mêmes, na !

obama-couple.jpg

Sauf que si un couple qui s’aime visiblement, ça peut être charmant, je trouve quand même qu’il y a une certaine tenue à avoir. De façon générale, un minimum de tenue n’a jamais fait de mal à personne mais surtout, ça parasite, je trouve. Oh, regardez, Nicolito et Carlita se tiennent la main et se font des mamours, comme c’est adorable. Les régio… quoi ? Non mais on s’en fout, regardez, ils s’aiment malgré la rumeur. Oui parce que j’ai la légère sensation que toutes ces sérénades tombent toujours à pic et nous font un bien joli écran de fumée. Alors que l’on sent la piquette électorale à plein nez, Nicolito et Carlita vont voter main dans la main (ooooooh), se font des bisous devant les caméras (ooooooh), se mangent des yeux à New York chez les Obama (ooooh). Ouais super… 

1-france-s-president-nicolas-sarkozy-and-his-wife-first-lad.jpg

Mais je me pose une question : est-ce que ce pantomime intéresse réellement quelqu’un ? A part Gala et Paris-Match, je veux dire. La vie privée de nos dirigeants ne m’a jamais parue réellement digne d’intérêt. Au début, je me disais qu’avoir un Président (multi)divorcé et (multi)remarié représentait une certaine avancée sociale dans le sens où l’on sort du modèle patriarcal traditionnel du chef d’état chef de famille qui n’a connu (officiellement) qu’une compagne. J’ai même pu dire que le fait que Carlita continue sa carrière malgré tout était en soi une bonne chose. Mais là, le côté papouilles, non, ça devient lourd, très lourd. Oui, elle est bien jolie Carla, oui, il est bien Berlusconien Sarko pour le coup mais je ne pense pas qu’avoir une jolie ex mannequin surbotoxée à son bras soit un argument vente de quoi que ce soit. Je n’y vois que grosses ficelles pour nous vendre une beeeeelle histoire d’amour qui devrait nous rendre Sarkozy plus sympa (« oh non mais le pauvre, il travaille tellement, je sais pas comment il fait » dit régulièrement la Carla énamourée). Je suis assez rassurée de voir que ça ne marche pas, je finirais, pour le coup, à virer vraiment aigrie devant la duperie des gens qui avalent cet écoeurant conte de fée. En plus, les acteurs sont mauvais.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Comment je me suis faite attraper par Avatar

Ce week-end, mes parents sont dans la capitale et au vu du magnifique soleil qui nous fait l’honneur de sa présence, nous sommes allés au cinéma. Il faut préciser que la seule qui va au cinéma plus d’une fois par an, c’est Alice avec son Anthony vu qu’ils ont des tarifs hyper préférentiels, pompier oblige.  Je n’étais pas allée au cinéma avec mes parents depuis le visionnage du film Les visiteurs (premier du nom). A l’époque où Clavier ne me faisait pas furieusement penser à Sarkozy vu qu’à l’époque, Sarkozy, on ne savait pas trop qui c’était. Une autre vie, en somme.

christian clavier et nicolas sarkozy

Nous voici donc au cinéma, on arrive à trouver les 5 dernières places côte à côte, quasi devant. En arrivant dans la salle, je me fous intérieurement de la gueule d’une nana qui a des lunettes de soleil sur la tête mais je découvre ensuite que ce sont les lunettes 3d. Moi, de la 3d, j’en ai plus vu depuis 1992 au Futuroscope et les lunettes ne ressemblaient pas à ça. Bref, des gens se prennent en photo dans la salle avec leurs lunettes. Je repense à l’article de Keira : il y aura un avant et un après. Sans doute même si Avatar n’est pas le premier film 3D à passer au cinéma.

 la-haut.jpg

Etant de relative bonne humeur, je n’avais pas envie de ne pas aimer pour ne pas aimer. J’avais un peu peur de l’aspect neuneu de l’histoire, je n’aime pas les histoires d’amour linéaires ou presque mais j’avais décidé d’en faire abstraction. Car je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit mais j’ai une fascination pour les univers virtuels, la 3D animée, ces paysages oniriques… A une époque, j’avais même ambitionné d’apprendre (seule évidemment, moi warrior, moi pas peur) à utiliser 3d studio max, j’ai plein de livres dans ma bibliothèque sur le sujet. Après m’être procuré le logiciel, je l’ai installé, j’ai crée un petit cochon (enfin, il était petit cochon que d’un angle de vue. Si on le tournait, il devenait un étrange amas de formes) et je ne m’en suis plus jamais resservi. Dans ma prochaine vie, je maîtriserai la 3d (ou je serai fleuriste).

 3dstudiomax.png

Donc ma passion certaine pour ce genre de création artistique ne pouvait qu’être un gros point positif. Et ce le fut. J’ai été emballée par les décors, par l’univers de Pandora. Je n’aurais pas eu quelques soucis de digestion grâce à un tartare du pêcheur particulièrement chargé en échalotes, je crois que j’en serais restée bouche bée. L’effet 3d nous projette dans cet univers. Oui, je me suis faite attraper par l’histoire même s’il était facile d’en deviner la suite et la fin. Même si le personnage du méchant général m’a gonflée dans sa caricature « ouais, bonne journée, j’ai tué plein de Na-vis, rentrons à la base bouffer un bon steack ! » et surtout à la fin, quand il survit à 150 trucs et qu’il ne crève jamais. Ca m’a aussi légèrement fatiguée de voir Michelle Rodriguez dans son propre rôle, la GI-Jane un poil virile. Cette fille peut-elle jouer un autre rôle ? J’ai la sensation que non.

 michelle-rodriguez-avatar.jpg

Bref, même si j’ai légèrement grincé les dents sur ça, pour le reste, j’ai été à fond. Lors de la bataille finale, j’avais même un peu envie de pleurer (signe indéniable que j’ai déjà besoin de vacances et que je n’en ai plus). Et des fois, ça fait un peu de bien d’être juste prise dans une histoire, alors même qu’on en voit les grosses ficelles, alors même qu’on sait ce qu’il va se passer et qu’on pense parfois à Titanic quand on voit la construction du film. Sans doute qu’hier, j’étais dans le bon contexte. Et surtout, je me dis qu’on assistait là à la naissance d’un nouveau genre. Sans doute que dans quelques années, quand le genre sera établi, on rigolera un peu des effets scéniques un peu trop abondants, des perspectives à la japonaise (détail au premier plan pour créer la profondeur de champ) mais faut bien que quelqu’un se lance.

avatar.jpg

En tout cas, chapeau Cameron. En attendant, je vais consulter des catalogues de vacances, ça va me détendre.

Rendez-vous sur Hellocoton !