Travail sous surveillance

En quasi 11 ans de carrière (gasp), j’ai vu une lutte incessante se dérouler : celle du manager qui essaie de discipliner son équipe qui elle, semble s’en f****. Quelle que soit la boîte, du grand groupe à la petite start-up, il y a vraiment ce côté « si je ne peux pas surveiller ce que tu fais, tu vas te la couler douce. » Une surveillance qui me paraît assez contreproductive, personne n’est motivé quand on lui balance un manque de confiance au visage.

Le surveillant

D’ailleurs, depuis que je taquine le monde du travail, j’ai noté cette permanence : le salarié va passer du temps à mettre en place des stratégies pour voler du temps à son patron. Perso, je fonctionne plus en « cash back » en quelques sortes. Si j’ai des périodes intenses de boulot où je suis contrainte de bosser soirs et week-ends, je me rembourse dans les périodes calmes en picorant un peu de temps de ci de là. Mais pendant longtemps, je n’ai pas assumé de ne pas être à fond de 9h30 à 19h (hors pauses) alors que dans les faits, ce n’est pas vraiment possible… et surtout pas souhaitable. J’avais toujours 2 navigateurs ouverts : un pour le boulot, l’autre avec mes réseaux sociaux. Et encore, les réseaux sociaux, c’est mon taf, j’ai des raisons légitimes d’être dessus… À une époque, j’avais même imaginé faire une mini vidéo avec un Excel en cours de modification pour faire genre que je bossais dur à diffuser sur mon 2e écran(je suis la boss d’Excel dans mon équipe).

Excel

Bref, la moindre minute perdue me semblait être un crime majeur que je devais dissimuler avec le plus grand soin. Et je n’étais pas la seule dans ce cas car il existait des tas de petits add-on pour faire genre qu’on travaille dur genre celui qui remplaçait le logo MSN par celui d’Excel (le logiciel des salariés sérieux). Bon aujourd’hui, avec les smartphones, ca peut prêter à sourire mais on a vraiment triché comme ça. Alors que là, j’ai un Skype pro sur mon ordinateur, je suis presque obligée de chatter… mais bon, pour en revenir au sujet de l’article : la présence physique d’un salarié ne signifie pas forcément qu’il va consciencieusement travailler pendant les 8h où il a le cul vissé sur sa chaise, près ou à côté de son manager. Je pense qu’il n’existe pas un salarié qui n’a pas sa méthode pour faire croire qu’il bosse sur alors qu’il prépare ses prochaines vacances (oui, ok, ici, on parle de salariés ayant accès au web sans restriction) ou bosse sur un projet perso. Et puis on ne va pas se mentir : y a les jours avec et les jours sans… sans prétendre être la salariée lambda, y a des jours où j’abats des forêts et d’autres où je ne parviens pas à casser la moindre brindille. Mais il faut être performant tout le temps, paraît-il.

Surveillance de ses salariés

Et c’est pour ça que l’on a besoin d’un surveillant, comme les perms au collège/lycée où tu as plus envie de causer du beau Bastien de la 4e 4 plutôt que d’essayer de comprendre cette histoire de present perfect en anglais ou de réviser ton preterit en allemand. Sauf que perso, plus je me sens traquée, moins je vais avoir envie de bosser. Parce que déjà, on est des adultes et que l’infantilisation ne me paraît être une motivation pour personne. Mais surtout, est-ce que c’est vraiment ce que doit faire un manager ? Checker nos to do lists ? Depuis que je bosse, il y a toujours des histoires de « bidule qui fout rien ». Chaque personne qui travaille a son bidule en ligne de mire et j’ai la vague sensation qu’on est tous le bidule d’un.e autre. Peut-être que le monde du travail nous pousse à compter nos heures pour nous donner plus de valeur…

Finir tard

Bon, j’avais dit que j’arrêterai là cette mini série d’articles sur le travail mais on va revenir sur cette histoire de presentéisme et d’heures de présence. Bientôt…

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Comment fucker le système avec classe et élégance

Par Jane

Non, je ne vais pas vous parler d’évasion fiscale ou d’un circuit parallèle permettant de trouver de l’essence moins chère. Je vais jouer au satellite autour de la chômagie et vous raconter comment j’ai démontré en un mois que la valeur de quelqu’un ne se réduit pas au nombre de ses diplômes.

Pour commencer, il faut savoir que je nourris un certain complexe de « sous diplômée ». J’ai fait le choix très personnel de faire des études plutôt courtes (bac+2), une formation bien plus professionnalisante que la fac (un DUT) et j’ai misé sur l’Anglais pour sortir un peu du lot. Fin 2005, je suis au chômage, une partie de ma famille ne comprend pas pourquoi je ne reprends pas mes études (histoire de m’occuper?) et le reste me soutient dans mon choix. Je préfère m’en tenir à ce que j’ai et tenter d’en tirer le meilleur plutôt que de retourner roupiller sur les bancs de la
fac (qui ne sont pas confortables, j’ai testé)

Décembre 2005, tout s’accélère, je passe une série d’entretiens et suis embauchée dans un grand groupe. Je déménage en région parisienne et découvre les joies du monde du travail.

Mai 2008, mon téléphone professionnel sonne. « Bonjour, je suis Mlle X du cabinet de recrutement « Même pas en rêve », nous souhaiterions vous rencontrer afin de faire le point sur votre parcours et vos objectifs et éventuellement vous proposer un poste chez Groupe International. » Comme je suis un peu sous le choc, je lui demande de me rappeler plus tard, faire un point sur son parcours professionnel en open space avec son chef à 2m de son bureau, on a connu plus discret.

Le lendemain, le portable sonne, et j’en apprends un peu plus. Ils sont missionnés par Groupe International pour trouver une nouvelle assistante qui ne sera pas chargé de faire le café. Elle me pose quelques questions techniques, et un rendez-vous est pris histoire de faire connaissance. Je commence à flipper. Parce qu’entre temps, j’ai jeté un oeil sur l’annonce pour le boulot, et il se trouve qu’il me manque une année d’études, et une année d’expérience professionnelle. On me rassure, on me dit que ce sont eux qui m’ont contacté, on me dit d’arrêter de stresser et d’y croire un
peu.

L’entretien au cabinet de recrutement se passe comme un banal entretien, avec questions piège dans lesquelles je tombe allègrement, et j’apprends que nous sommes 6 pour le poste, dont une personne que je connais professionnellement. Je désespère un peu, ça fait beaucoup de monde, je n’ai pas le profil idéal… Mais quelques jours plus tard, je suis conviée chez Groupe International.

Et je découvre les avantages des groupes non français. Personne ne me dis que je n’ai pas les diplômes. je détaille mon expérience et mes compétences, et ça semble plutôt bien coller à ce qui est recherché. La seule question sur le sujet est « Vous ne travaillez que depuis environ 2 ans, pourquoi vouloir changer si vite d’entreprise? » Parce que je ne cherchais pas, mais qu’on est venu me
chercher…

Je ne sais pas ce que sont devenus les autres candidats, mais j’ai eu le poste. Avec mon bac+2. J’ai finalement réussi mon pari « études courtes + expérience » dans une période qui est plutôt à la surenchère de diplômes.

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