Te rendors pas citoyen !

Les élections sont passées, nous sommes officiellement en Macronie et je n’avais encore rien dit sur le sujet… parce que j’ai pas eu trop le temps, en fait. Une retraite yoga à Barcelone le week-end dernier, du boulot cette semaine. Mais il est temps de sonner la fin de la récré : vous êtes contents de pas avoir Le Pen comme présidente ? Nous le sommes tous (enfin, sur ce coin du web, je pense). Mais va pas falloir crier victoire trop vite car je pressens que le pire nous attend. Te rendors pas citoyen, la vraie lutte commence maintenant.

lutte sociale

Durant la campagne, on a brandi les drapeaux du pire à coup de grandes comparaisons historiques souvent foireuses. Car si le nazisme n’est, in fine, qu’un effroyable accident de l’histoire, le fascisme, lui, s’incarne régulièrement ça et là sur le globe, sous des noms différents. Le nazisme était d’ailleurs l’un de ses pires avatars. Je vais pas vous faire l’histoire de tous les fascismes mais en gros, on a trois ingrédients : populisme, nationalisme et totalitarisme. S’il serait intellectuellement malhonnête d’affirmer que le FN contient le 3e ingrédient (bien que tout nous pousse à le croire), les deux premiers sont indiscutables. Mais comment ces gens-là arrivent au pouvoir, allez-vous me demander (si, si, je vous entends poser la question). Il n’y a pas une histoire précise mais on note souvent quelques éléments comme un pouvoir affaibli et impopulaire et une inflation galopante (cf Italie ou Allemagne)… Et sans vouloir jouer les Cassandre, ça s’annonce mal pour nous. Cf la République de Weimar qui glace le sang si on joue à comparer

Mussolini Si

Parce que là, qu’est-ce qui se dessine ? Un Président sans histoire ni consistance qui va nommer un gouvernement avec un peu de droite, un peu de gauche, un peu de centre. And so what ? La politique qu’il entend mener, s’il respecte son programme, s’annonce une catastrophe pour les classes moyennes, celles qui ont déjà tendance à voter FN. Or si dans cinq ans, les citoyens insatisfaits auront quoi comme alternative pour ne pas reconduire Macron et ses amis ? En poids lourd : le FN et la France insoumise (je compte pas les républicains et le PS (déjà, pourquoi même en parler…) car ils seront pour certains dans le gouvernement annoncé donc ils ne sont pas une alternative crédible). Tiens, voyons, les nationalistes et les communistes qui se déchirent un pays en difficulté, ça rappelle vaguement quelque chose. Oui, ok, la France insoumise, c’est pas non plus du communisme, laissez-moi un peu schématiser, vous l’avez bien fait pendant l’entre deux tours en criant qu’Hitler avait été élu (nope) et qu’il fallait faire barrage. Or au vu de l’entreprise de dénigrement systématique envers la France insoumise, correspondant à son envolée dans les sondages (c’est rigolo le hasard) et la volonté de Macron de ficher les militants d’extrême gauche, on sent que ça va être une putain de gueule de bois, 2022.

Antifascisme extrême gauche

On a évité le pire cette année, en partie parce que Marine Le Pen a fait une mauvaise campagne et n’a pas obtenu la première place au premier tour. Parce que je peux vous dire que dans ces conditions, j’aurais peut-être revu mon projet de m’abstenir. Mais là, c’était safe. Par contre, 2022, ça risque de craindre et assez méchamment. Heureusement, nous avons nos connaissances historico-politiques et cinq ans. C’est long et court à la fois cinq ans. Alors toi, la France des lettres ouvertes qui s’est sentie si impliquée pendant l’entre-deux-tours, ne crois pas que le péril brun est écarté et que tu peux te relâcher. Au contraire, il ne fait que commencer.

te rendors pas

Pour ma part, je vais utiliser ma meilleure arme : l’écriture. Pas ici, ailleurs, sur un blog dédié avec un autre pseudo (parce que trouver un pseudo fait partie de mes petits plaisirs coupables). Peut-être ferai-je des vidéos, je ne sais pas encore (je sais pas faire mais je dois essayer). Et puis j’irai manifester quand il le faudra.

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Une bonne gauche est-elle une gauche d’opposition ?

Hier, des gens dont je ne fais finalement pas partie ont désigné le candidat PS aux élections présidentielles. Comme j’écris cet article le samedi, je n’ai aucune idée de l’heureux élu, Hamon était certes en tête au dernier virage mais on n’est jamais à l’abri de magouilles tricheries mauvaises surprises quoi… Oui, je déteste Valls du plus profond de mon âme et je pense qu’il faut manquer particulièrement de jugeotte pour élire comme champion le mec à la tête du gouvernement le plus impopulaire de la Ve République, qui s’est bien torché le cul avec la notion de démocratie grâce au 49-3… mais bon, quand j’entends que des gens veulent voter Macron, j’ai quand même l’impression que le peuple souffre d’un syndrome de Stockholm très poussé (ou de masochisme, je sais pas… mais si vous pouviez le garder dans le secret de votre intimité, ça nous arrangerait). Bref, je digresse mais voilà la question clé : une bonne gauche peut-elle gouverner ou est-elle condamnée à l’opposition ?

Assemblée Nationale France - Qu'est-ce que la bonne gauche ?

Ma réflexion va partir de là :

Alors je vais pas disséquer très longtemps cette pensée parce que “OUI”. je dirais presque “oui, putain, oui”, d’ailleurs mais je trouve que je suis trop vulgaire parfois. Ce qui m’intéresse dans ce laïus, c’est le paragraphe “si le PS avait été dans l’opposition…” parce que, très clairement, c’est le malaise que j’ai depuis 5 ans. Je n’attendais pas de Hollande une révolution, entendons-nous bien. Le mariage pour tous, la belle arnaque narrative du quinquennat, ok, c’est bien mais après ? Comment se fait-ce qu’un homme qui s’opposait à un autre sur les plateaux télé y a 5 ans poursuive une politique identique en allant même plus loin ? Parce qu’une loi travail proposée par un parti de droite, le pays aurait été (encore plus) à feu et à sang. Quand la droite a voulu instaurer plus de précarité (coucou le CPE), elle a dû reculer face à l’ire populaire. Et là ? Des yeux crevés par ci, un coma par là, une violence policière qui atteint des niveaux plus que préoccupants mais le storytelling médiatique fait passer ça crème. J’en pouvais plus de l’intolérance et du racisme d’Etat de droite, on a eu encore pire avec la gauche… Recul des droits les plus fondamentaux, précarité accrue, citoyens dévalorisés, accusés, acculés. C’est ça ma gauche ?

Manuel Valls et Emmanuel Macron

Alors ok, vous allez me dire que le PS, c’est pas la gauche, je vais avoir du mal à vous contredire. Mais si on peut légitimement se demander pourquoi cette politique des 5 dernières années à été appelée de “gauche” (Hell, no !), revenons sur la posture du parti. Quand celui-ci est dans l’opposition, il se targue de défendre les plus démunis, les minorités… et c’est toujours ça de pris. Vous me voyez donc venir : je vote quoi en mai ? Alors il existe des alternatives à gauche de type Mélenchon ou Jadot ou même l’extrême gauche. Mais imaginons que Mélenchon ou Jadot soient élus, est-ce qu’ils pourraient réellement faire une politique de gauche ? Est-ce qu’il n’y a pas un peu une fatalité du pouvoir ? Pour quelques concessions à la marge (ex le mariage pour tous), est-ce qu’on ne se retrouve pas condamnés à revivre sempiternellement la même histoire avec juste un casting différent. Si je regarde Tsipras, si je regarde Podemos, j’ai l’impression que les espoirs ont été sacrifiés sur l’autel d’un certain réalisme (discutable néanmoins), que finalement, après l’envie de changement, on repart au classique. Un peu comme un retour à la routine grise après des vacances magnifiques. Du coup, pour limiter les dégâts, ne vaut-il mieux pas laisser la gauche dans l’opposition ?

La gauche en Europe : Alexis Tsipras et Pablo Iglesias

Du coup, on fait quoi ? Pour moi, 2017 se résume à un vote Jadot au 1er tour et très certainement blanc au second (même si y a la mère Le Pen dans le lot, oui). Mais du coup, si je suis la logique de mon paragraphe précédent, je devrais m’assurer que la gauche se retrouvera dans l’opposition… et donc voter à droite ? Et c’est là qu’on touche (enfin) du doigt là où je voulais en venir : voter, c’est quoi au fond ? En presque 19 ans de citoyenneté (argh), j’ai eu différents types de votes : le vote utile, le vote de peur (2002), le vote de contestation, le vote du moins pire (ou le fameux vote “contre” que je finis par ne plus voir en peinture tellement ma citoyenneté me semble réduite à tenter de mettre des gens dehors) jusqu’au vote d’abandon, le vote blanc. Au fond, ça sert à quoi de voter ? A éviter le pire ou envoyer un message ? Finalement, est-ce que je n’ai pas été un peu trop victime des discours alarmistes pendant des années en votant systématiquement pour un candidat donné juste pour éliminer “la menace” ? Ai-je été trop naïve (oui) ? Du coup, ne dois-je pas redonner à mon vote sa réelle valeur, à savoir une occasion de dire ce que je veux, le modèle de société auquel j’aspire, même s’il n’a aucune chance de gagner, même si un modèle de société que j’exècre risque de repasser ? Je ne crois pas en une victoire du FN, très sincèrement, et finalement, quand les Républicains sont au pouvoir, malgré leur conservatisme dégueulasse sur pas mal de sujets, c’est finalement pas pire que le PS. En gros, je pense que quel que soit le gagnant des prochaines élections présidentielles ET législatives, ça ne changera rien. Alors aujourd’hui, je voterai en quoi je crois… quitte à voter blanc si rien ne me convient. Même si c’est un message que peu écoutent, au moins, je l’aurai envoyé… car aujourd’hui, je pense sincèrement que ce n’est plus en votant qu’on changera les choses. 

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American nightmare de James deMonaco

Mon masochisme est sans limites. J’ai ainsi une passion étrange pour les navets, ces films déplorables pour lesquels j’attendais le pire pour pouvoir sortir ma plume la plus acerbe. Tout commence dimanche soir quand je mate distraitement No Life chez Victor, on parle bande annonces de films à venir dont American Nightmare 2. La critique est épicée « on n’a pas encore vu le 2 mais si c’est aussi nul que le premier, c’est peut-être pas la peine d’aller le voir ». Pourtant, le côté dystopique me titille et quand le premier opus se présente devant moi, je clique sur play. La VOD est parfois une plaie.

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Le pitch : en 2022, les Etats-Unis vont très bien : une économie florissante, moins de 1% de chômage, le tout grâce aux Nouveaux Pères fondateurs, un groupe d’hommes qui gouvernent le pays, m’en demandez pas plus. Pour permettre à cette belle nation d’aller bien, le gouvernement a mis en place la Purge : une nuit par an, les services police et de santé sont arrêtés pendant une douzaine d’heure et c’est parti pour l’anarchie : vous pouvez buter qui vous voulez. Pourquoi ? Parce que d’une part, ça permet d’évacuer la violence que chaque individu à en lui mais accessoirement, ça permet de se débarrasser des SDF qui n’ont pas les moyens de s’enfermer à l’abri. Le film débute avec James Sandin (Ethan Hawke défiguré par le botox), joyeux entrepreneur qui a réussi en vendant des systèmes de sécurité hors de prix à ses voisin, rentre chez lui peu de temps avant la purge. Pour qu’on comprenne bien, il écoute la radio où on ne parle que de ça et salue son vieux voisin qui balade son chien, chacun se salue d’un « soyez épargnés ! ». James, sa femme Mary (jouée par Lena Headey aka Cersei Lannister mais en brune, ce qui m’a fait perdre 5 minutes d’intrigue à remettre où je l’avais vue) et leurs deux rejetons Zoey et Charlie ne vont pas participer à la purge, ils affirment néanmoins leur soutien en déposant une gerbe de fleurs bleues, histoire de pas se faire massacrer sur une malentendu.

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Alors que la Purge débute, James enferme sa famille dans leur maison façon Fort Knox avec énormes volets en acier. Et là, on va découvrir à quel point cette famille est ultra conne. Attention, je spoile mais je suis obligée :
– en 1 : la fille. Une fois la maison fermée, elle reçoit la visite de son mec qui s’était introduit dans la maison et elle trouve ça trop cool. Le gars lui dit qu’il va parler à son père car il en a marre de devoir sortir avec elle en cachette et la fille percute pas 30 secondes que s’il a choisi la nuit de la Purge pour le faire, c’est pas trop un hasard.
– en 2 : le fils. Alors lui, je sais pas, il a dû manquer d’oxygène à sa naissance, je ne vois pas d’autres explications. Une fois la purge débutée, il voit un SDF dans la rue qui a l’air mal en point et le fait rentrer dans la forteresse parce que, le pauvre, il a l’air d’avoir peur.

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Donc là, on se retrouve avec un petit ami un peu énervé et un SDF affolé, ça dégénère, le petit ami essaie de tuer le père qui riposte et lui défonce un peu les boyaux avec une balle de revolver. Donc le petit ami meurt, le père, la mère et le fils débile s’enferment dans une pièce, le SDF se planque et la fille décide de vivre sa vie dans la baraque car elle a un peu honte d’avoir un ex petit ami qui a essayé de tuer son père.

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Alors que l’ambiance est déjà un peu tendue, rajoutons en une couche : arrive des mecs masqués qui se croient visiblement dans Orange Mécanique et sont un peu vénères car ils voulaient tuer le SDF car d’abord, c’est leur droit et qu’en plus, ça nettoie la société donc faut le rendre, merde à la fin. Comme eux aussi sont un peu finis à la pisse, ils coupent l’électricité de la maison hyper sécurisée sauf le boîtier électrique dis donc. Donc le père et la mère sortent de leur trou chasser le SDF (noir, ça facilite pas les choses), le fils utilise son robot sorti tout droit de Toy Story (je…) pour aider le SDF à se planquer dans sa super cachette au fond du placard. Mais voilà-t-il pas que la soeur décide elle aussi d’aller se planquer dans le placard ? S’ensuit bagarres mais finalement les parents arrivent à neutraliser le SDF, ils le saucissonnent, la mère le poignarde dans le bide pour qu’il arrête de se débattre et là… « non mais c’est pas bien de le donner aux psychopathes dehors, on va pas le faire finalement. » Je.

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Du coup, intelligence totale : ils demande aux enfants de se planquer et vont s’armer jusqu’aux dents des fois que ça dégénère. Mais ils laissent le SDF attaché à la chaise, ils ont dû oublier qu’il était là. On lui sauve la vie en le livrant pas, ok, mais on va pas lui faciliter le truc non plus hein. La fille va se planquer sous son lit (meilleure cachette pour être trouvée depuis toujours) et le fils dans la buanderie alors que sa planque dans le placard était la meilleure idée du monde mais je vous dis qu’il a quelques soucis. Bref, les méchants arrivent à arracher la porte en acier avec leur petite voiture et trois chaînes (…) et du coup, on sait pas pourquoi, tous les volets et protections en acier disparaissent du même coup, hop, la maison est ouverte aux 4 vents. Je.

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(image trouvée sur Nioutaik comme quoi, je suis pas la seule à avoir été troublée)

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S’ensuit un jeu de massacre qui illustre une nouvelle fois à quel point le fils a un instinct de survie totalement sous développé. Imaginez que votre maison est assaillie par des mecs pas bien intentionnés, qu’il n’y a plus d’électricité et que vous êtes planqué derrière une machine à laver. A quel moment vous passez votre temps à braquer votre lampe torche dans tous les sens pour être bien sûr d’être repéré ? Bref ça chie dans tous les coins et le père est gravement touché, il vient s’affaler dans les escaliers de l’entrée, rapidement rejoint par le reste de la famille. Oui, regroupez-vous, c’est une excellente idée, tiens. Alors que le méchant ultime arrive et les menace, pof, il se fait arracher les boyaux par les voisins qui viennent à la rescousse, ouf !

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Oui mais non. Parce qu’en fait, ils sont trop jaloux de la réussite de James, basée quand même sur leur fric à eux, donc ils décident de massacrer ce qu’il reste de la famille (Mary et ses deux assistés de gosses, le père vient de mourir). Pourquoi ? Parce que ça sert à ça, la Purge, évacuer les sentiments négatifs. Alors que la famille se met à pleurer en mode « naaaaaaan, nous tuez pas ! », arrive soudain le SDF black qu’on avait oublié mais qui a réussi à se libérer et à se planquer pour pas être trouvé par les méchants (comme quoi, quand on veut…) et pam, il décanille le vieux voisin. Fin de la nuit, la famille survit. Je vous dis pas les relations avec le voisinage ensuite…

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Le pitch de base pouvait être intéressant, le concept de Purge est certes un peu tiré par les cheveux mais pourquoi pas, c’est un peu du darwinisme radical avec un fond de discours social à base de « les pauvres seront toujours victimes des riches », saupoudré de « sauve la vie du SDF noir, il te le rendra » et mâtiné de « ne te fie jamais à tes voisins ». Ca aurait fait un beau reportage pour Julien Courbet, ça. Le problème ici, c’est que c’est atrocement mal écrit. Je veux dire le sous instinct de survie de la famille Sandin est juste hallucinant. A la fin, t’en es limite à te marrer quand ils ont une nouvelle fois une réaction en dépit du bon sens. Les massacreurs en mode Orange mécanique sont aussi particulièrement mauvais, le leader, qui ressemble quand même furieusement à Jean Sarkozy, joue le sadisme comme une patate. Le suspense est tellement mal mené que je n’ai pas sursauté une seule fois, je savais ce qui allait se passer de façon évidente. Ce qui est censé faire sursauter (façon Paranormal activity) te fait à peine hausser un sourcil et tu te dis que c’est bien dommage de pas avoir fait preuve d’un tout petit peu plus d’application dans l’écriture et la réalisation.

The-Purge

Bref, quand t’es pas Kubrick, tu n’essaies pas de copier le maître. Est-ce que j’essaie de peindre un Monet, moi ?Navet 100% bio.

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Les politiques ne sont pas Julien Courbet

Je le confesse : j’ai des penchants masochistes. De type lire encore des commentaires sur des articles d’actualité. Quand bien même je ne le ferai pas, j’ai droit aux fulgurances de mec contacts Facebook ou Twitter. Et des fois, je lève les yeux au ciel et je me pince le haut du nez. C’est pas possible d’être aussi cons… Parce que, mesdames, messieurs, le politique n’a pas pour mission de régler vos petits problèmes particuliers.

julien-courbet

Mise en situation : prenez un gouvernement lambda, de droite ou de gauche, on s’en fout. Comme tout gouvernement, il va faire des lois, c’est son rôle. Gouvernement annonce donc sa nouvelle loi et forcément, forcément, quelque part dans l’Hexagone, un Français se sent lésé. Sortez les violons, c’est parti pour une longue litanie « gouvernement de merde, moi, cette loi me va pas. Ce gouvernement fait tout pour [choisir la catégorie socio-demo adéquate]. Et moi, il fait quoi pour moi ? ». Rien. Parce que le gouvernement, son taf, c’est pas de régler les problèmes particuliers de chaque citoyens mais tenter de préserver le bien commun (vision certes très idyllique de la politique mais je vais pas commencer à nuancer ça ici sous peine de vous pondre un article de 10 pages qui fera chier tout le monde).

lebiencommun

Je suis toujours amusée de constater que dans chaque débat (pseudo) politique, chacun débute son argumentation par un « oui mais moi… ». Donc parce que toi, tu n’y trouves pas ton compte, tu souhaiterais que personne ne bénéficie d’une loi qui pourrait améliorer le quotidien d’autres personnes (au pluriel) ? Reprenons le « débat » sur l’autoentreprise menée par un exilé fiscal qui n’est même pas autoentrepreneur. Disons le franchement : ce statut est merdique. On fout sous le même intitulé des gens générant un chiffre d’affaires inférieur à 1000 € et des gens ramassant jusqu’à 32000 € de CA. Bref d’un revenu argent de poche à une véritable source de revenus. L’autoentreprise n’est pas un cadeau pour les petits revenus qui pourraient faire de leur marotte un métier. Non, c’est un cadeau aux entreprises qui se retrouvent avec une masse salariale disponible sur laquelle il n’aura à payer aucune charge sociale, celle-ci incombant désormais au salarié précaire. Mais l’autoentreprise, c’est génial ! Je suis mon propre chef et j’ai dégagé un bénéfice net de 2000 € en un an, hihihi. Bon, pour terminer sur ce paragraphe (je suis hors sujet), je trouve ce système pratique pour se faire un peu d’argent de poche quand on décide de vendre le fruit de ses travaux manuels ou de son écriture mais ça manque salement de garde-fous et faudra bien un jour se pencher sur cette usine à gaz pour discipliner un peu tout ça (et envisager une sorte de statut où l’on peut monter un petit truc pour gagner un peu d’argent de poche sans appeler ça crânement et faussement « entreprise »). Bref, quand le gouvernement a souhaité donner un coup de pied dans la fourmilière, énorme levée de boucliers chez les autoentrepreneurs de mes réseaux sociaux à base de « moi, ça me,permet de gagner de l’argent », « moi, je veux pas passer en SARL »…. À la fin, tu avais l’impression de lire les complaintes des rois du Pétrole et qu’on allait ruiner la France à les empêcher de gagner leurs quelques milliers d’euros. Peu importe l’intérêt global, passer en SARL les faisait chier, fin du débat.

usine

Mais le gouvernement, c’est pas Julien Courbet. Jean-Marc Ayrault va pas appeler la petite PME à côté de chez toi pour que tu trouves du boulot, Arnaud Montebourg n’appellera pas le promoteur immobilier véreux qui ne t’a pas livré la maison de tes rêves et Benoît Hamon ne viendra pas voir ton voisin pour tenter de vous réconcilier. Quoi que ça, y a Stéphane Plaza et Karine Lemarchand qui le faisaient à une époque (ils méritaient un césar pour leur prestation de personne impliquée dans un conflit dont ils n’avaient, de fait, rien à foutre). Le gouvernement a pour mission de faire voter des lois pour atteindre un équilibre entre les citoyens, lutter contre les inégalités, les discriminations. À l’occasion, ils aideront un citoyen qui a publiquement fait appel à eux pour la beauté du geste (et surtout de l’image) mais ce n’est pas leur rôle. Alors oui, Citoyen, toi, t’es pas content parce que, toi, tu te sens lésé ou tu considères qu’il y a une loi plus importante que celle actuellement votée et qui ne te concerne pas (« argument » lu 30 fois durant le débat pour le mariage pour tous. J’ai surtout aimé les gens de droite conspuant le temps gaspillé sur ce débat, oubliant que ça a été si long grâce à la pluie d’amendements et de rappels au règlement des députes… De droite justement). Au moins, le citoyen lésé fera la joie du JT de 13h qui fera un petit reportage sur lui…

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La France t’appelle !

 

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(Je rappelle que ces faits ont eu lieu en décembre 2009, j’ai déjà démissionné car j’avais trouvé un nouveau poste).

Suite à ce premier entretien qui m’a motivée pour en trouver d’autres, je réponds de ci de là à quelques annonces mais Noël arrivant, je commence à me la couler douce. Alors si tu ne vas pas aux opportunités, elles viennent à toi. Un soir, je reçois donc un mail incroyable d’un certain Gonzague : « bonjour, j’ai eu votre cv de la part du big boss de la boite où vous avez passe votre entretien. Le SIG cherche son community manager, ça vous intéresse ? » Alors pour ceux qui ne connaissent pas le SIG, c’est le service d’informations gouvernementales. Ouais, tu as bien lu, on me propose en somme d’être le community manager du gouvernement.

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Premier réflexe : ahahah ! Non mais c’est bon, le gouvernement ! Moi ! Imaginez un peu la masse de travail que ça représente avec toutes leurs déclarations à la con, leur méconnaissance totale du web et des réseaux sociaux. Et encore, ça va, Frédéric Lefebvre n’est que UMP, pas au gouvernement. Je sors du boulot et appelle ma mère qui s’extasie de la nouvelle (mais ma mère est de droite). Ah ? « Mais oui mais attends, c’est génial, tu vas être fonctionnaire, la planque! ». Ouiiii ? Même discours chez mon père et ma soeur. Bon après tout, qui ne tente rien n’a rien, je vais répondre, on verra bien. De toute façon n’oublions pas la raison première de cette recherche d’emploi : fuir (vite). Je décroche donc un entretien tout début janvier.

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Autant vous dire que j’y vais à la cool. Simon étant passé avant moi, j’ai déjà un aperçu des points positifs et négatifs. Le gros point négatif étant qu’il s’agit d’un CDD de 3 ans mais on a 40 jours de vacances et Gonzague a l’air assez ouvert aux propositions et aux évolutions. Bien, let’s go. Ca commence fort : j’arrive sur place, je dois donner ma carte d’identité pour rentrer, le vigile à l’entrée a l’air totalement largué, on n’arrive à joindre personne… Meeeerde, que se passe-t-il ? Une jeune demoiselle arrive et explique qu’elle
était en fait en entretien au SIG, d’où le manque de réponse au téléphone : ils étaient occupés. Je connais donc désormais trois postulants : Simon, une copine et cette demoiselle qui a l’air très sympa au demeurant. Bien, c’est mon tour, l’entretien se passe bien, je suis un peu étonnée d’apprendre que je fais partie des CM seniors (je n’ai que 3 ans d’expérience et je n’aime pas qu’on me colle le mot senior). Gonzague a l’air très motivé pour faire bouger un peu les choses, il a l’air convaincu par mon profil et m’explique que si le préavis pose problème, il pourrait faire bouger les choses. Là, j’imagine la scène, la gueule de mon boss recevant un coup de fil lui demandant de me libérer au plus vite… Oh rien que pour ça, j’ai envie de l’avoir ce job. Même si je comprends que le salaire risque un peu de bloquer mais « hé, y a 40 jours de congés! ». Mouais…

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Je rappelle ensuite quelques fois pour avoir des nouvelles, Simon fait de même (on se partage les coups de fil de relance). Un matin, je reçois un coup de fil de la responsable du SIG « faut qu’on se voie vite. Ce soir, 18h30 max! ». Heu oui mais je travaille, moi, madame. Etre au SIG à 18h30, ça implique que je parte à 17h30-17h45 dernier délai. Dans ma boîte où tu te prends une réflexion si tu oses partir avant 19h… Heureusement, j’ai pris le coup de fil au bureau (quelle audace), tout le monde a entendu cette histoire de rendez-vous, sans pour autant savoir avec qui, je décide donc d’annoncer que je pars tôt sans donner plus de détails. J’avais de toute façon trouvé une excuse au cas où « je dois aller chez le gynéco ». En général, ça met tout le monde mal à l’aise. Mais non, je peux m’échapper sans encombre. J’arrive, je salue Gonzague et je découvre sa patronne. Et là, je découvre la sensation de « ça va pas le faire ». J’en ferai un article, tiens. Je passe l’entretien, je sens que je l’énerve, elle me reprend parce que j’ai dit le mot « nana » à un moment (oui, ok, j’ai tendance à m’emballer parfois mais bon, nana, ça reste soft). A la fin de l’entretien, attention, flagellation : « vous n’êtes pas du tout faite pour la comm institutionnelle, vous n’en avez pas le vocabulaire (foutu « nana »), vous ne savez même pas ce qu’est le SIG, vous parlez de problèmes qui ne sont pas liés au gouvernement (pardon mais des ministres qui s’expriment sur la burqa, ça n’a vraiment rien à voir avec le gouvernement ?). Bref, elle m’éreinte et me dit qu’elle me rappellera dans 15 jours, peut-être, mais j’ai qu’à rappeler moi, sinon. C’est ça, oui… Je suis tellement masochiste…

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Bref, je sors de là sans aucun espoir pour la suite mais pas vraiment déçue. Autant j’avais bien accroché avec Gonzague, autant je pense que sa chef, ça ne serait pas passée. Or je voulais changer de poste pour me sortir d’une ambiance pesante… Donc sans regret. Finalement, ils n’ont pris aucun des candidats community managers envoyés (Simon n’a quant à lui jamais eu de nouvelles et la fille que je connais était passé directement avec les 2 et n’avait jamais eu de nouvelles non plus). A l’arrivée, je crois que le poste n’a pas été pourvu mais il me paraissait plus simple de prendre quelqu’un formé à la comm institutionnelle et lui apprendre le community management que l’inverse. Enfin, je terminerai en rappelant que le SIG est le service qui a lancé France.fr. Voilà. J’oserai dire en conclusion : ouf !

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On va tous crever !!!

[Titre de note à lire en mode panique, aaaaaaaaaah ! film catastrophe, tout ça]

Vendredi, au cours d’une journée relativement calme (mais j’avais quand même un peu de travail, incroyable !), les 5 rescapés de la boîte du mois d’août sur 9 reçoivent un mail de notre RH : « Veuillez trouver ci-joint les consignes en cas de pandémie de grippe A ». On est 5, il fait chaud, on a le rire facile. Et là, on nous envoie 4 pages en PDF (oui, 4 !) pour nous mettre dans une ambiance un peu fin du monde.


Je vous résume le meilleur. En cas de pandémie, on ne serre aucune main, on ne fait pas la bise, on crache et on miasme dans un mouchoir ( ??). Mais le mieux, ce sont les consignes en cas de salarié contaminé. En un, il faut l’isoler donc forcément, nous, on imagine la traque avec placage de rugby à la clé. Ce salarié, une fois capturé, doit être isolé dans une pièce fermé MAIS pourvu d’une fenêtre car le but est qu’à la fin, il ne meure pas (ou alors de la grippe pour nous faire peur mais pas de privation d’oxygène). Une fois le salarié enfermé…enfin, mis en quarantaine, pardon, il faut qu’on aère la pièce et qu’on nettoie tout au kärscher ou à peu près. Mmmm. Et si ça devient trop trop grave, on devra travailler de la maison. Ah, ça, ça me plaît bien ! Ca fait longtemps que j’avais pas bossé en pyjama .


Bref, on a bien rigolé et pour cause, je dirais. Pour l’heure, nous comptons un décès en France, une pauvre jeune fille qui était déjà très malade. Une bonne partie de l’équipe de rugby l’a contractée et ils ont bien survécu. Alors forcément, niveau panique, je suis quand même bien en deça de l’OMS et du gouvernement. Alors, OUI, je sais qu’un tel virus peut muter et qu’il est difficile d’en mesurer la dangerosité, surtout que notre virus H1N1 risque de faire copain copain avec le virus de la grippe classique qui va arriver sur ces entrefaites et là, on risque de moucher sévère. Tout ce la est-il un complot de Kleenex ?



Je n’aime pas trop les effets d’annonce et de panique surtout que dans les faits, si on nous fait peur par devant (comme ça, on oublie la crise ?), par derrière, c’est un peu plus relax. Mon père m’expliquait que lors de l’arrivée de la grippe aviaire en Europe (mortalité plus élevée que celle-ci), il avait reçu un kit anti épidémie, on va dire, avec masque et lunettes en plexiglas « très pratiques pour tondre ». Là, ça c’est limité à une directive vite fait et basta. Pourtant, quand j’étais en vacances, il a été appelé pour un cas où on suspectait la grippe A mais ce cas s’est manifestement volatilisé dans la nature. Dommage, j’aurais bien fait une quarantaine, ça m’aurait rallongé les vacances. Quoi qu’au vu de mon système immunitaire taquin, c’est sûr que je l’aurais chopé la grippe et je serais revenue de vacances blanche avec le nez pelé.



De façon générale, je me méfie de ce genre de panique.  On nous avait déjà fait le coup avec le SRAS, ça a duré deux mois en tout, je crois et aujourd’hui, plus personne ne s’en souvient. Ce qui m’agace en fait, c’est qu’aujourd’hui, on peut mesurer la vitesse de propagation d’une pandémie. Quand on sait qu’en une demi-journée, on traverse un océan, forcément, les maladies voyagent aussi. Mais voilà, à force de tirer la sonnette d’alarme sur des maladies à faible mortalité (oui, je sais, possibilité de mutation, gna gna gna), je me dis que le jour où va y avoir un truc sévère, on sera tellement blasés que ça risque de faire très mal.


En attendant, moi, ça me plairait bien une semaine ou deux de télétravail.

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C’est l’open bar des opinions racistes

Depuis quelques jours, nous avons droit à un débat sur la burqa. Pourquoi ? Non mais c’est vrai, d’où ça sort ? Pour ma part, je n’ai jamais croisé de femme en burqa, on va partir du principe que ça existe, le gouvernement n’oserait pas nous lancer un sujet extrêmement polémique juste pour nous occuper quand même…  Ahem.

Bref, la burqa. Les journaux se sentent donc obligés de traiter la question en nous assénant des portraits de musulmanes qui nous expliquent que c’est leur choix et
que ce n’est pas juste qu’il ne soit pas respecté. Paris Match n’ayant pas trouvée de femme en burqa a envoyé une journaliste grimée dans la rue pour voir et j’avoue que cet article m’a sérieusement perturbée. J’ai été choquée qu’un serveur ait refusé de servir la journaliste juste parce qu’elle était en burqa et ça m’a fait sérieusement réfléchir à la question. Mais je ne disserterai pas plus sur la question en elle-même, l’article de Valérie a parfaitement résumé ce que je pensais, inutile de réécrire la même chose.

Par contre, en lisant tous ces articles, je me suis évidemment adonnée à mon pire vice : la lecture des comms. Faut vraiment que j’arrête car une fois sur deux, j’ai envie de « crier » sur les gens et ce n’est pas bon pour ma tension. Surtout que là, je sens bien que j’ai définitivement basculé dans la catégorie des surtendus. Mais je ne peux m’en empêcher et là, j’ai découvert (ou redécouvert) une vérité terrible : le Français est raciste. Même pas xénophobe, carrément raciste. Et très con, intolérant. Par exemple, un article dans Le Monde sur une femme qui porte le niqab, c’est parti dans les comms : « si elle est pas contente, elle n’a qu’à rentrer chez elle ! », « dehors », « moi en pays arabe, je me couvre, elle a qu’à se découvrir ici ! ». Et évidemment, personne n’est capable de faire la nuance entre arabe et musulman, c’est du pareil au même et manifestement, les arabes/musulmans sont tous des barbares arriérés qui ont l’outrecuidance de ne pas accepter notre si merveilleuse culture. J’avais lu une fois un comm excellent à ce sujet, sur Rue89, je pense : « Oui, en Arabie Saoudite, on impose à toutes les femmes de se couvrir mais je ne crois pas que la France aurait quelque chose à gagner en se montrant aussi intolérante qu’une
dictature ». Ce genre de commentateurs, j’ai toujours un peu envie de leur sauter dessus pour abuser sauvagement de leur vertu. Quelle réponse merveilleuse ! Mais non, manifestement, puisque les « Arabes » (entre guillemet puisqu’il faudrait parler des Musulmans mais que les commentateurs ne le font jamais) nous impose le voile, nous, on va leur imposer de l’enlever, non mais.

Alors voilà, puisque la burqa est montrée du doigt, c’est le bon moment pour exprimer tout son racisme. Allez, on y va sur l’arriérisme et la barbarie attribués à
l’Islam. Il est vrai que ces personnes ont un peu oublié que les femmes chrétiennes doivent aussi entrer dans une église couverte et que « nos » religieuses  sont également voilées. Et que dire de nos amis juifs qui se couvrent d’une kippa et se baladent dans la rue avec leur chapeau dont je ne connais pas le nom et leurs anglaises ? C’est également un signe ostentatoire de religion et ça a d’ailleurs été interdit dans les écoles publiques mais curieusement, on s’énerve moins contre ça. Mais bon, il est moins admis d’être antijuif qu’anti arabe (les deux étant de l’antisémitisme, à l’arrivée), apparemment.

Et au fond, dans ce débat sur la burqa que je trouve un peu surréaliste (mais bon sang, pourquoi ça sort maintenant ?), c’est cette impression que ça autorise
les gens à se complaire dans un racisme primaire pourtant interdit par la loi, à priori. Plutôt que de rejeter violemment tout ce qui ne correspond pas à notre idéal judéo-chrétien, pourquoi ne pas comprendre enfin l’intérêt d’un multiculturalisme ? A Londres, certaines vendeuses sont voilées et après ? Ca ne les rend pas moins compétentes, c’est leur choix, je ne vois pas en quoi, moi, ça me dérangerait. Et pour ceux qui sont prêts à me dégainer la carte de la laïcité, j’ai une question : trouvez-vous normal que dans un pays aussi fier de sa laïcité, tout un gouvernement se soit rendu à l’église pour prier pour les défunts  du vol AF447 ? D’autant que des cérémonies ont aussi eu lieu dans des synagogues et mosquées donc le choix d’aller à l’église montre bien qu’avant d’être laïque, la France reste avant tout catholique.

Quoi qu’il en soit, cette affaire me semble agiter de mauvais épouvantails et montre qu’en France, en 2009, soit tu suis la culture judéo chrétienne, soit tu te
barres. Tant pis pour ce que tu aurais pu apporter d’un point de vue culturel, on s’en fout, on n’en veut pas. Les « Arabes », ils se dévoilent ou ils se barrent.

Navrant.

PS : Pas d’images pour cause que ça fait 2h que j’essaie d’en mettre et ça marche pas.

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Comment ne pas déprimer face à la crise ?

Jeudi dernier ou par là, je m’éveille avec le doux ronron de mon réveil qui me raconte que le chômage a atteint son plus haut niveau depuis des lustres et que plein de gens cherchent du travail. Là, je me suis dit : « heureusement que je ne vis plus en chômagie, je crois que je me serais mis un sac sur la tête et la tête dans le four.

A l’époque de mon chômage, le phénomène était globalement inverse : le chômage ne cessait de baisser même si les syndicats dénonçaient la radiation de certains chômeurs de l’ANPE pour diminuer le chiffre. Toujours est -il que quelque soit le calcul, j’étais encore du mauvais côté de la barrière, même si on m’expliquait que les hauts diplômés (enfin, les bac++) mettaient en moyenne un an et demi à décrocher leur premier CDI. Je ne pense pas qu’être dans la norme m’ait consolée…

Mais là, c’est la criiiiiiiiise. Celle qui va tuer le capitalisme paraît-il. Je ne disserterai pas sur ce point. Ca licencie à tour de bras, les embauches sont gelées, c’est la merde. Comment continuer à y croire ? Surtout que même le gouvernement nous dit que ça va durer au moins jusqu’en 2010. Et y a même pas que Fillon qui le dit, ils le disent tous. Non parce que Fillon, je trouve que plus ça va, plus il ressemble au fossoyeur de Lucky Luke et il m’inquiète. Je ne crois pas qu’un premier ministre sous lexomil nous aide beaucoup pour cette satané crise. Mais alors que faire pour sortir de la chômagie dans ces temps difficiles ?


Et bien, il n’y a pas de solution miracle mais rien n’est joué, certains secteurs continuent leur vie pépère. Je sais de quoi je parle, je viens de changer de boulot. Evidemment, certains profitent de la crise pour geler salaires et embauches et réserver les bénéfices 2008 aux actionnaires mais même en période de gel des embauches, un CDD est toujours possible. Bref, en un mot : la crise ne doit pas servir de prétexte à baisser les bras, interdit ! On n’a pas dit que ce serait facile mais rien n’est impossible. Même s’il est vrai que dans certains secteurs, c’est franchement la cata.

En fait, en cas de criiiiiiiise, je crois que la seule solution pour ne pas se faire bouffer par l’alarmisme médiatique, c’est encore de le snober. On n’écoute plus ni télé ni radio, on ne lit plus que les articles concernant son métier, histoire de toujours être au courant des dernières évolutions mais pas plus. Bon, si vous travaillez dans le secteur de la banque, pas de chance… Mais le chômage est suffisamment pénible à vivre sans que les oiseaux de mauvaise augure viennent encore étouffer l’atmosphère. De toute façon, est-il réellement nécessaire de regarder un JT tous les jours ? Moi, je me contente des journaux en ligne, j’en peux plus de la télé de toute façon. Puis y a des jours, on a l’impression de revoir exactement les mêmes journaux que la veille. Quant à la crise, ils en parlent tous les jours sans rien dire de nouveau, super utile ! Et après, on s’étonne de l’aspect auto-réalisateur de la crise : plus on parle, moins les gens consomment, plus c’est la crise.


Bref, la seule façon de continuer à chercher efficacement en ce moment est de couper un peu ce brouhaha médiatique. Sauf pour ceux qui aiment les défis : trouver un job en temps de crise, la classe !

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Faire de la politique ou vivre de la politique ?

Par Lucas

Cher René,

J’ai failli intituler cette bafouille « La politique n’est plus ce qu’elle était » mais je me suis rappelé à temps que je t’avais déjà chourave ce titre pour un autre article, terne et vide. Tu as donc évité de faire des triples lutz piqués et des doubles axels dans ta tombe : ne me remercie pas, voyons, tout le plaisir est pour moi.

Pour autant, tu as bien fait de clamser il y a quelques années.
La politique n’est définitivement plus ce qu’elle était, René.

http://www.ambafrance-uk.org/IMG/jpg_1936.jpg

Les hommes politiques n’ont plus aucun engagement pour des idées intelligentes et utiles.
Le Monde Diplomatique a fait tout un dossier dans son numéro 667 d’octobre 2009 qui s’intitulait « Faire de la politique ou vivre de la politique ». On a atteint un degré incroyable de théâtre et de faux semblants. Depuis 40 ans, notre personnel politique cherche simplement à faire preuve d’à propos pour se maintenir en place et pour profiter de ses indemnités. Au gouvernement, comme dans
l’opposition, il n’y a pas un seul esprit qui ne soit pas inféodé au qu’en dira t-on, pas un seul esprit qui ait une vision d’avenir. Et quand une politicienne parle de désir d’avenir, c’est seulement un message marketing pour faire rêver le consommateur…

Parce que l’électeur est un consommateur comme un autre pour un produit comme un autre.
Tu t’en doutais un peu, René, ça devait arriver un jour. Tu l’avais plus ou moins suggéré…

Aujourd’hui, il faut un propos vendeur, il faut exprimer ce que l’électeur attend. Il faut anticiper et ruser, faire des coups d’éclat et des opérations coup de poing, de la promotion et du marketing. Pire… Aujourd’hui quand tu prends les media, l’info n’est plus, René. L’info est morte, vive l’évènement ! Attends, va te prendre un mojito et reviens vite que je t’explique…

Je ne regarde pas là télé mais j’ai observé, depuis 5 ans, l’évolution du journal de 13h sur France Inter, un des plus écoutés de France si ce n’est LE plus écouté. Eh bien, vois-tu, René, même là, même sans image, c’est le règne de l’info produit, du coup médiatique, du truc glamour à dire pour susciter l’émotion de l’auditeur. Ce n’est que du maquillage : on a atteint le degré zéro de l’épure (oui, je fais du pastiche et je convoque Roland Barthes pour que tu te sentes moins seul à ronchonner)

 Vois-tu, René, j’ai eu un arrière grand père qui était au Congrès de Tours en 1920, un grand père qui a toujours voté marxiste, un père qui a créé les jeunesses communistes de Bagneux à 14 ans et qui a voté… Sarkozy en 2007.
Et moi, je ne sais plus que penser.
Taubira (radical) en 2002, Ségolène x 2 en 2007…
Je refuse la complaisance du Modem et les blagounettes utopiques de Besancenot,
Je renie la démagogie du PS et la cosmétique de l’UMP…
Vais-je donc voter Cohn Bendit pour confirmer ma lassitude et adouber son apparent « parler vrai » ? (t’as raté un super débat entre lui et Bayrou aux dernière élections, un débat ou François s’est ridiculisé et où DCB a tenu un propos humain avec des vrais morceaux de sincérité dedans ; trop frais)

Trop frais…

Vois tu c’est bien ça le problème…
Les simagrées et les discours niaiseux des uns et des autres m’insupportent et me lassent.
D’un coté on fait des lip daubes, de l’autre on s’excuse partout où on passe : bref, on fait le show…

Si je me suis engagé pour la campagne des Européennes, c’est parce que j’ai trouvé un parti,Newropeans, qui me semblait aller au delà du clivage stérile Droite Gauche, un parti utile quand on sait que 85% des lois sont votées à Bxl et transposées ensuite par le Parlement
Français. Mais tu sais bien que nos 72 représentants au Parlement Européen (les 72 hommes et femmes politiques les plus puissants de France) n’ont pas le droit de proposer des textes : ils ne peuvent qu’entériner ou refuser les décisions et les choix faits par les technocrates…

C’est parce que je rejetais ce déni de démocratie que je me suis engagé chezNewropeans.
Parce que je refusais ce vaudeville scabreux qu’est devenu le jeu politique français.
Je refusais l’inanité lâche et la comédie niaise des débats entre une majorité et une opposition dont la frontière est incertaine.
La politique vaut mieux que ça, René, et tu le sais bien. Toi qui a connu l’époque des Mendes France (« Gouverner c’est choisir« ) toi qui a du nécessairement lire ce discours de Jean Jaurès dans lequel il martèle l’évidence. Rappelle-toi, René…

« Il n’y a de classe dirigeante que courageuse. A toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l’acceptation consciente du risque. Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer. Est respecté celui qui volontairement accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux. Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité en
prenant pour soi les dangers. » (…)
« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux
applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques »

Et pourtant, je suis le premier à faire ça, René.
A faire écho aux huées fanatiques et aux discours creux.
Pire, j’ai été le premier à stigmatiser ces 500 conducteurs de la ligne A du RER de Paris qui bloquent 1 million de personne (bon, OK, j’étais frustré…)
Je suis défait, René. Il n’y a plus de place pour les idées, il n’y a plus que l’urgence.
Oppressés par le poids des média, on jette de ci de là, de nébuleux messages sans jamais s’engager ; des trucs stériles pour « donner l’impression que »… On pourrait même détourner un peu Céline (non, pas celui qui fait des voyages jusqu’au bout de la nuit, je te parle d’une chanteuse québéqouhèze) :

Tu les entends dire des phrases sans aucun sens
Qu’importe les mots n’ont plus la moindre importance…
Car le Ballet a commencé…

Un ballet où tout n’est que gestuelle calculée et entrechats plus ou moins lestes sur la grand scène illuminée de l’opéra existentiel (je fais des phrases prétentieuses si j’veux)

Voila René…
J’espère sincèrement que tu profites bien de ta mort parce que là, en ce qui nous concerne, on en chie vraiment avec tous ces macaques.
Dernière chose. Si tu pouvais faire un truc qui me ferait graaaave plaisir,
Passe mon bonjour à Salengro et à Beregovoy…

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Je suis un boulet, je suis littéraire

J’aime bien quand notre gouvernement adoré me fait bien sentir comme un poids pour la société. Il y a quelques temps, Sarkozy avait dit, je cite : « il faut faire en sorte que la section littéraire ne soit pas une voie de garage ! ». Hein de quoi ? Tu veux dire que mon bac, il vaut tripette, que je suis partie là parce que j’ai pas voulu faire un bac pro ? Et là, c’est reparti : tiens, si on supprimait l’hist et géo pour les terminales S ?



J’avoue que cette nouvelle m’a profondément gonflée sur le coup. Vite, vite, produisons des ingénieurs, la culture G et les matières littéraires, mais quelle perte de temps. Qu’est-ce qu’on s’en fout de l’histoire, c’est le passé et c’est loin, loin. La géographie ? Ta secrétaire se chargera de te réserver les billets. Ben ouais, elle, elle a fait littéraire, la pauvresse, et finit comme une conne à taper sur son ordi ce que tu lui dictes… Tu crois que connaître la capitale du Honduras, ça va aider à trouver un vaccin contre le SIDA ou résoudre l’équation de Fermat ? Non alors tu vois que ça sert à rien l’hist et géo.

Evidemment, imagine comme je suis un boulet. Non seulement j’ai un bac littéraire (mais spé maths et je suis hypra forte en sudoku et calcul mental, je ne suis pas trop un cas désespéré) mais en plus, j’ai une maîtrise d’histoire. Mon dieu, j’étais bien mal partie dans la vie, j’aurais pu finir prof d’hist et géo, la matière qui sert à rien, là. Dieu merci, les aléas de la vie m’ont ballotée de journalisme en community management pour atterrir dans une régie pub. Malgré mes multiples voies de garage (j’ai entendu récemment une fille dire « moi, la fac, je voulais pas y aller, c’est pour les branleurs ! ». Ca fait toujours plaisir, surtout que je crois que j’ai jamais autant bossé de ma vie mais bon…), je m’en sors pas si mal que ça pour le moment.

Je force certes le trait mais j’en peux plus de cette culture où l’efficacité prime sur la diversité des connaissances. Sans prêcher particulièrement pour la cause de l’histoire et géographie (je n’ai pas d’actions dans les livres traitant de cette matière), je crois qu’un éventail large de discipline ne fait jamais de mal à personne. Chacun ses domaines de prédilection bien sûr mais dans ma filière pourrie, j’avais aussi des cours de sciences, certes peu poussés mais suffisamment pour comprendre que mettre trop de trucs sur le toit de la voiture la rend moins aérodynamique donc plus lente (et ça coûte plus cher en essence), je connais les principes de base de la reproduction et de l’effet de serre. Ca m’évite par exemple de creuser ma ridule du front que j’ai rebaptisé « ridule de la perplexité » quand on me parle de réchauffement de la planète. Je suis même assez calée pour comprendre les tenants et aboutissants de la grippe A mais j’ai lu un article extrêmement complet sur le sujet, aussi.





Alors c’est sûr que ma culture générale ne me sert pas quotidiennement dans l’exercice de mes fonctions. Par exemple, mon goût pour la renaissance italienne, Moravia ou Rostropovitch, je ne l’utilise pas tous les jours, pas plus que les règles de base de l’aérodynamique ou les ions et les anions et je ne sais plus résoudre une intégrale. Pas même du premier degré. Mais si je n’en ai pas d’utilisation concrète, toutes ces choses ne me paraissent pas inutiles, loin de là. Si on revient à l’hist et géo, qui peut comprendre le monde dans lequel on vit sans maîtriser un minimum l’histoire au moins du XXe siècle ? Et encore, tout ne s’explique qu’en repartant plus rien dans l’histoire, tout en maîtrisant un minimum la géographie, l’histoire des empires. Par exemple, qui sait que l’installation des premières colonies juives en Israël datait des années 20, quand la Palestine était sous protectorat anglais ? Quand on nous dit aujourd’hui que la 4e guerre mondiale risque de partir de cette région du monde, si on n’a pas ce socle historique, on risque de ne pas bien comprendre pourquoi les gens qui vivent là-bas se tapent dessus.

Mais manifestement, pour nos gouvernants, les scientifiques, notre chère élite de la nation, donc, n’a pas besoin de savoir tout ça. Ce n’est sans doute pas dans la géopolitique que se situe le vaccin du SIDA. Par contre, c’est con mais connaître les mouvements des populations à travers le monde pour comprendre la propagation d’une pandémie, ça peut aider… Par exemple.

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