Où trouver l’homme ? Episode 25 : Fabien

(Cher lecteur, souviens toi que tout ceci n’est qu’une fiction. Et sinon, ça va chez toi?)

 Après le mariage, j’avais donc récupéré le numéro de Fabien, charmant jeune homme qui me plaît au dedans et au dehors. Après avoir laissé passer deux jours, j’appelle, l’air de rien. On discute un peu genre j’appelle de façon anodine puis on en vient à l’essentiel : quand se voit-on ?


Le mardi suivant, on se retrouve du côté de Mouffetard pour boire un verre. Je suis toute émoustillée, je dois me préparer comme il se doit pour ce rendez-vous. Jolie tenue qui met bien en valeur mes arguments anatomiques, Je me maquille avec soin, un peu de paillettes, du gloss… Des dessous affriolants et une éradication du poil. Il faut tout prévoir. Rater un homme à peu près parfait pour des aisselles velues, ça m’ennuierait tout de même.


Arrive le jour J, je suis en avance, je me compose donc un air nonchalant pour ne pas lui donner l’impression que je joue ma vie sur ce rendez-vous, ça fait fuir les mecs en général. Intéressée, oui, désespérée, non. Ah le voici, je lui adresse mon plus grand sourire et on va se poser dans un bar. On discute de tout et de rien, on refait le monde plusieurs fois, on aborde aussi le sujet de nos amours. Nous sommes tous deux célibataires et disponibles, ça tombe plutôt bien. Je roucoule, je me pâme, je me secoue les cheveux l’air de rien,
je ris à gorge déployée, je rentre le ventre et sors les seins. Bref, je suis en pleine parade nuptiale.


Sauf qu’à force de parader, on ne voit pas l’heure passer et le dernier métro est passé depuis quelques temps. Que faiiiiiiiiire , me désespère-je. Il me rassure : y a une station de taxi pas loin. Ok, ce n’était pas vraiment la réponse que j’attendais mais restons souriante. On se pose devant la station de taxi, en voici un au loin.

« Bon, ben, bonsoir alors…

– Non, non, je te ramène jusqu’à chez toi. »

Hein ? Il s’invite chez moi, là ? C’est un peu curieux comme façon de procéder mais quitte à être épilée, autant rentabiliser. Surtout que j’avais aussi fait le ménage au cas où. La femmes des années 2000 ne doit jamais être prise au dépourvu.


Nous voici dans le taxi, comme tout ceci est romantique, on discute en regardant Paris by night. Je prends rarement le taxi pour cause de prix mais j’aime m’offrir ce petit luxe de temps en temps, c’est agréable de contempler la ville de nuit. J’ai gardé une âme de touriste. On discute, on se frôle un peu, l’air de rien. Dans mon for intérieur, je suis toute émoustillée… En fait, c’est carrément un volcan, j’ai envie de lui sauter dessus, là, dans le taxi mais je suis une fille polie et le chauffeur n’a pas l’air super sympa en plus. Ah nous voici dans la partie délicate du trajet, j’indique au chauffeur en laissant ma cuisse frotter négligemment celle de mon compagnon. Mise en température enclenchée.


Nous voici devant ma porte, autant vous dire que j’ai très très chaud dans mes vêtements.

« Attendez moi, j’arrive », dit Fabien au chauffeur.

Hein ? Quoi ? Quel est ce malentendu ? Il compte me déshonorer et sauter dans son taxi la minute qui suit ? Le fait qu’il demande au taxi de l’attendre est-il un indicateur de ses prouesses sexuelles ? Et je fais quoi, moi ? Je ne lui propose pas d’entrer, je refuse de me mettre toute nue devant un mec qui pense que nos ébats dureront suffisamment peu de temps pour se permettre de demander au taxi de l’attendre.

« C’était sympa comme soirée, faudra remettre ça vite.

– Oui, heu… oui.

– Bonne nuit. »

Quoi il s’en va maintenant ? Mais pourquoi il m’a raccompagnée alors ? Il se penche vers moi et m’embrasse doucement sur les lèvres puis me laisse planter sur mon trottoir pour partir dans le taxi. Je le vois me faire un signe de main et la voiture disparaît au premier virage.


Je rentre chez moi, le sourire aux lèvres. Yes, je suis tombée sur un gentleman. Je me précipite sur mon téléphone pour lui envoyer un texto : « j’ai passé une soirée délicieuse, j’ai hâte de remettre ça. ». Sa réponse ne tarde pas : « Pourquoi pas vendredi ? ».

3 jours, ça va être long.


A suivre ! (quelle garce je fais)

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Se pomponner pour un entretien

Voici un article qui paraîtra superficiel de prime abord mais je suis sûre que je vais vous convaincre. Le but d’un envoi massif de candidatures est d’obtenir un entretien. Mais quand celui-ci survient, il faut s’y préparer.

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Il y a donc 9 mois, j’ai deux entretiens pour la même boîte. Mercredi, 15h, je commence à me préparer. Quelle tenue ? Un tailleur, of course. J’avoue que j’aime bien les pantalons tailleurs déjà, à la base, là, suffit juste d’y adjoindre la veste et c’est parti. Alors devant ma penderie, je prends mon tailleur-pantalon fétiche noir à rayures blanches. Fétiche parce que j’y suis bien dedans, je peux bouger sans soucis. Avec ceci, que mettre ? Mon haut rose fuschia avec un peu de dentelle au col. Suicidaire ? Non, stratégique. Sans décolleté (pour pas qu’on croit que je joue sur mes atouts physiques pour réussir), il réhausse la sobriété de ma tenue tout en y mettant une touche de féminité. J’avoue que j’aime le rose et les hauts colorés, ça égaie et en plus, ça donne bonne mine. Ça montre que je ne suis pas du genre à me cacher, à être tellement discrète qu’on ne me voit même pas. Non, ce n’est pas le genre de la maison.


De toute façon, en entretien, je suis 100% naturelle : enthousiaste, souriante et dynamique. Et puis je postule à un poste de journaliste/rédactrice, pas pour être hôtesse d’accueil dans une entreprise de pompes funèbres. Un journaliste, c’est tout de même quelqu’un qui ose : ose interpeller des gens dans la rue pour des micro-trottoirs, ose décrocher son téléphone pour solliciter des entretiens, ose mobiliser son réseau pour trouver le bon interlocuteur… Quelqu’un qui ose mettre du rose fuschia, même quand elle ne passe pas d’entretien.

Je prends soin de choisir mes dessous aussi. Il faut être à l’aise des pieds à la tête. Des jolis dessous pour que je me sente bien. Idem pour les bas : il faut qu’ils soient entier, aucune maille filée ne sera acceptée. Enfin, les chaussures. Bon, là, je suis obligée de renoncer à mes chaussures si confortables (baskets ou bottes) pour mes chaussures à talons certes très jolies mais comme je les mets jamais, je souffre un peu. D’un autre côté, j’aime bien marcher avec pour le bruit que ça fait, un bruit de femme déterminée.

A présent que je suis vêtue, il est temps de se maquiller. Bon, je ne change rien à mon habitude : n’étant pas une star de la chanson pour ado, je ne me tartine pas la figure de trois kilos de maquillages. Un peu d’or dans mes cheveux, un peu de noir sous mes yeux… Je plaisante. Je me maquille les yeux avec soin, comme d’hab, un fond de teint qui me flatte les narines car il sent bon la poudre, un peu de gloss. Je me coiffe les cheveux avec soin mais ayant une coupe carrée, je ne les attache pas. Pour quoi faire ? Mes ongles sont parfaitement coupés, un petit pshit de parfum pour sentir bon.

 Bref, je me prépare pour un entretien comme pour un rendez-vous galant. Futile ? Non. Oui, bien sûr, ce n’est pas mon physique que je vais vendre mais mes compétences. Après tout, on peut être un(e) bon(ne) journaliste et avoir le cheveu gras et le méchant look qui tue. C’est vrai, mais le débat n’est pas là, à mon sens. Pomponnée comme je suis, je me sens belle et conquérante, je dégaine mon sourire d’autant plus facilement. Je soigne ma démarche, déterminée, je me tiens droite, je vais attention à pas tripatouiller n’importe quoi. A partir du moment où je me sens jolie et avenante, la machine à confiance en moi se met en route. Je m’adresse à mon interlocuteur de façon polie et souriante. Je suis bien, je suis moi.
 

Certains vont me dire : « mais si tu tombes sur une femme, tu vas être mal ». Et bé non ! Je suis souvent tombée sur des recruteuses et ça s’est tout aussi bien
passé. A mon avant-dernier entretien, je suis tombée sur deux femmes. Je n’ai pas eu le job vu qu’elles ont préféré quelqu’un de plus expérimenté (je comprends), j’ai reçu un mail d’une des eux me félicitant de mon « excellente prestation ». Oui excellente ! C’est juste une question de confiance. Je me sens bien quand je sais que tout est parfait dans les moindres détails, j’ai ma petite chaîne en or avec mon ankh rapporté d’Egypte par mes parents, j’ai ma jolie écharpe verte, mes lunettes rouges (que je mets ou non), mon sac avec un livre sérieux dedans (alors que j’avoue que je lisais Cosmo dans le train pour y aller mais j’avais besoin de me détendre). Bien sûr, ce qui compte le plus, ce sont mes compétences et mon press book. Mais la phase de préparation, l’habillage et le maquillage sont des rituels qui me rassurent.

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Clichés en folie, neurones en sourdine?

Par Summer

Je suis une fille et j’aime les trucs de filles. Jetez moi la pierre pour ça, ça changera rien. Je vois pas pourquoi il faudrait à tout prix combattre le
cliché de la femme « jolie ». Je comprends pas d’ailleurs pourquoi il faudrait à tout prix combattre les clichés du seul fait que ce sont des clichés .

 

 J’aime avoir de jolis cheveux longs et soyeux comme dans la pub Dove ou Elsève .

 

 J’aime sentir bon Paco Rabanne plutôt que le parfum prisunic.

 

J’aime que mon maquillage ne ressemble pas à celui de la bombasse du coin avec son trait de crayon à lèvres plus foncé que son rouge à lèvres.

 

 J’aime quand mes lèvres brillent et coller quand je fais des bisous à mon namoureux à cause du gloss.

 

 J’aime que mes yeux ne ressemblent pas à ceux de mon panda préféré et je serais pour cela prête à damner un saint pour acheter ma touche
éclat YSL.

 

 J’aime que mes sous-vêtements soient jolis et assortis même si personne d’autre que moi ne les voit.

 

 J’aime avoir la peau douce à coup de tartinage de crème et d’huile en tout genre.

 

 J’aime avoir de belles chaussures et entendre le clac clac clac quand je marche dans la rue.

 

 J’aime encore plus en avoir toute une collection et ressentir le besoin d’en avoir une nouvelle paire, et je raffole de pouvoir les assortir à mon sac.

 

 J’aime parler du nouveau Cosmo ou Glamour et du nouveau gommage Lush qui fait la peau toute douce avec mes copines.

 

 J’aime avoir plein d’échantillons à essayer à la maison dans les réunions très girly.

 

 J’aime croire que tous ces efforts paieront un jour quand je ne verrais apparaître mes premières rides qu’à 40 ans.

 

 Et même si je suis un panneau publicitaire à moi toute seule, la confiance en moi que tout ce rituel si ridicule pour certains, me procure
est irremplaçable.

 

Alors oui c’est futile, oui c’est ridicule mais pas plus ridicule que de vouloir continuer sa crise d’ado rebelle à 25 ans et des brouettes. J’ai passé l’age de
m’insurger contre des règles ou des stéréotypes juste pour m’insurger contre quelque chose de standardiser. J’ai aussi passé l’age de mettre des tshirt sans forme et des bas de jogging en éponge.

 

Je me sens deux fois mieux dans ma petite vie de fille futile qu’à l’époque de mes années grunges rebelles.

 

J’aime les clichés du moins certains et je ne vois pas en quoi ça fait de moi une personne dépourvu de personnalité.

 

Oui j’aime les coucher de soleil sur une belle plage comme des milliers d’autres personnes et alors ?

 

J’aime pleurer de joies à chaque mariage comme une petite fille devant un conte de fée et alors ?

 

 J’aime les fleurs que m’offre mon amoureux même si ce sont des roses rouges et que manifestement c’est trop cliché, et alors ?

 

 J’aime qu’il pense à notre anniversaire à minuit et une seconde et alors ?

 

Est ce que ça fait de moi une fille qui n’a aucune personnalité ? Est ce que ça fait de moi une midinette dépourvu d’une once de culture voire même
d’intelligence ?

 

 Faut croire, quelques fois, à entendre certaines personnes. C’est dingue le nombre d’a priori que l’on peut avoir et l’étroitesse d’esprit
de ces personnes qui appuient moult et fracas que c’est MAAAALLLL d’être conformiste !!! Mais moi qui adore les clichés y’en a un autre qui me plait bien, celui de penser que ce sont ceux
qui aiment à dire haut et fort à qui veut l’entendre qu’ils les détestent que ce sont eux justement qui ont besoin d’être rassuré sur l’existence de leur propre personnalité. Après tout, ne pas
aimer les clichés juste par peur de ressembler à monsieur tout le monde me semble bien plus futile que de vouloir être jolie. Je dois être très opportuniste d’aimer les clichés qui me procurent
du plaisir c’est un fait mais je ne vois vraiment pas pourquoi je devrais changer. Jusqu’à présent personne ne m’a convaincu de changer, même pas mon amoureux qui pourtant a des arguments de
chocs mais je pense que tout simplement on ne change pas sinon par choix. Le plus dur est d’accepter la différence de goût et ça c’est valable pour tout, surtout en amour. La tolérance n’a pas de
prix, alors open your mind !

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Le jeu de séduction au féminin

Qui a dit que les filles ne draguaient pas ? Ben, après la scène à laquelle j’ai assisté jeudi soir dans le métro, je vous le dis : si, les filles draguent. Et elles sont aussi subtiles que l’humour de Cauet. Et comme je suis garce et moqueuse, je vous en parle forcément.

 

dragueuse

En ce moment, je mets mes lunettes de vue. Parce que comme ça, quand je fais mes podcasts vidéos, je fais plus sérieuse. Du coup, ça me permet de voir ce qu’il se passe autour de moi et ça vaut le coup d’œil. Jeudi, je repars après avoir tourné sur le Trocadéro et au fur et à mesure des arrêts, je me retrouve juste à côté d’un mec plutôt pas mal qui est accompagné d’une fille plutôt pas jolie, à mon goût. Déjà, elle doit avoir 10 ans de plus que lui, les cheveux noirs coiffés en casque sans volume, du rouge à lèvres tellement rouge que t’éteins la lumière, tu le vois encore… Bref, de façon totalement subjective, je la trouve pas top. Mais son jeu de séduction est pour le moins remarquable.

 

Etape 1 : « han, t’as vu mes cheveux ? ». Elle part sur un : « tu trouves pas mes cheveux trop longs ? Trop courts ? » « Mouirf ». « Ah mais vas-y, dis-le si ça te plaît pas ». Jeune demoiselle, en hiver, moi, j’attire pas l’attention sur mes cheveux rendus incoiffables par cette putain d’électricité statique de mes fesses. Même s’ils sentent bon grâce au shampoing mandarine-cacao gracieusement offert par Drucilla.

 

Etape 2 : « je remets du rouge à lèvres ». Rouge, donc. Rouge, rouge, rouge ! Un copain m’expliquait un jour en cours de sociologie de l’administration (c’est aussi chiant que ça en a l’air) que les femmes se mettaient du rouge à lèvres pour rappeler la rougeur de leurs autres lèvres. Moi, j’avoue qu’après 4 ans et demis passés avec un « han, t’as
du rouge à lèvres, je t’embrasse pas », j’ai arrêté d’en mettre, sauf grandes occasions genre soirées, entretien d’embauches ou photo pour mon CV (mais le photomaton rend irrémédiablement moche, avec ou sans gloss). Donc mademoiselle sort son petit miroir et se remaquille les lèvres consciencieusement. Là, par contre, j’avoue mon admiration car moi, à sa place, j’en aurais joyeusement foutu partout (sauf sur mes lèvres, ça serait pas drôle, sinon).

 

Etape 3 : « je me fais remarquer ». Donc la demoiselle a tenté d’attirer l’attention sur ses cheveux et ses lèvres sans succès donc elle décide de changer de chaussures. Si, si, si. Elle prend une paire dans son sac tenu par jeune homme et opère le changement tout en tenant des commentaires du genre « MAIS NON PERSONNE NE VOIT QUE JE SUIS EN TRAIN DE CHANGER DE CHAUSSURES ! ». Et son camarade de rétorquer : « si, le mec derrière toi est mort de rire ». Hélas, je dus arrêter là mon observation parce que j’étais arrivée à destination.

 

Mais cette demoiselle s’escrimant à attirer l’attention de l’Homme, même si elle en faisait des caisses, je la comprends. Quelle fille ne s’est jamais retrouvée à sa place, c’est-à-dire en présence d’un homme qui nous fait fondre et qu’il ne comprend pas qu’on le veuuuuuuuuut ? A moins qu’il ait compris mais fasse mine de pas comprendre pour pas nous blesser. Faut dire que la séduction est un art bien compliqué. Hier soir, j’ai aidé un jeune homme à éconduire une demoiselle qui trouvait méga fun de lui parler en le vouvoyant. Moi, je trouve ça juste lourd mais chacun sa technique. Enfin, d’un autre côté, quand monsieur est sous le charme, quelle que soit notre technique, elle marchera. Là, de voir la demoiselle se débattre avec son rouge à lèvres et tout ça, ça me faisait de la peine. Car il était manifeste que le monsieur s’en foutait un poil. Pourtant, peut-on lui reprocher d’essayer ? Que celle qui n’en a jamais fait des caisses pour un homme lui jette la première pierre. Parce que y a rien de pire que de draguer une personne qui ne répond pas, si, si, si ! Moi aussi, j’ai été lourde comme de la fonte avec certains mecs. Je me suis entêtée parce que je ne voulais que celui-là. Et c’est fou comme l’amouuuuuuuuuuuur (enfin, l’attirance), ça nous rend de suite maladroit.

 

Sauf que si monsieur est intéressé, il nous trouvera touchante. Sinon, il nous trouvera juste lourde.

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Youpi, soyons amoureux !

Il y a grosso modo, trois catégories de gens : les en couple, les célibataires et les célibataires amoureux. Evidemment, il y a des sous-catégories mais cet article ne se veut pas une analyse sociologique de l’amour. Vous constaterez qu’on envie toujours un peu les membres des deux autres catégories : les célibataires pour leur liberté, les en couple pour leur sécurité. Mais ceux que l’on préfère, ce sont les célibataires amoureux.
 amour
Imaginons une scène : vous êtes en train de discuter avec un(e) amie de la catégorie 1 ou 3 (donc en couple ou célibataire) et vous avouez entre le fromage et le dessert que vous avez rencontré quelqu’un, « un garçon très mignon qui me plaît beaucoup, il est beau, intelligent, marrant… ». Oui, il n’y a rien de moins objectif qu’une personne amoureuse. Bon, bref, vous vous extasiez sur votre cible que nous appellerons ici Brad (au hasard). Et là, immanquablement, votre interlocuteur ou cutrice s’exclamera : « Ouah, mais c’est génial, comme je t’envie ! ». Bon parfois, c’est hypocrite, surtout si la personne fait partie de la catégorie célibataire sous-catégorie totalement aigrie. Elle dira ça mais pensera : « fais chier, cette connasse va se trouver un mec avant moi alors que je suis carrément plus belle qu’elle. Non mais qu’est-ce qu’on peut lui trouver à c’te grosse vache aux cheveux filasses ? ». Mais dès qu’on est amoureux, tout le monde nous envie. Pourquoi donc ?
 
Me voilà donc amoureuse de Brad. Quand je me réveille le matin, je rêvasse à lui, à nous, à notre premier baiser. Je sens presque ses lèvres effleurer les miennes, sa langue caresser légèrement la mienne, ses mains qui glissent délicatement de mon visage à mes hanches… aaaaaah ! Voilà effectivement de quoi se lever de bonne humeur. Tard (oui, fantasmer, ça prend du temps) mais de bonne humeur. Comme je veux Brad à tout prix, il faut que je sois belle : sport, soins de peau, nourriture saine, juvamine… L’artillerie lourde, quoi. J’ai forcément envie de m’acheter de nouvelles fringues et de nouveaux dessous (au cas où) pour parader devant mon beau et le faire craquer. Bref, à notre prochain rendez-vous, je serai tellement la plus belle que Brad ne voudra pas sortir avec moi, non, il voudra carrément m’épouser.
 
Etre amoureuse, c’est avoir des papillons autour de la tête en permanence. On a l’impression que les fleurs fleurissent sur notre passage, le soleil brille même à travers la pluie. Un signe anodin de sa part et notre cœur s’emballe, on s’envole, on touche plus pied par terre. Il a signé son texto par « bisous »… IL A SIGNE SON TEXTO PAR « BISOUS », vous imaginez ? Oui parce qu’être amoureuse, c’est aussi un peu retomber en adolescence. C’est se réjouir de lui avoir souri en se disant qu’il a compris le message, c’est mettre plein d’étoiles dans ses yeux et du gloss sur ses lèvres pour donner envie à Brad de nous embrasser. C’est imaginer les scénarios les plus débiles, les excuses les plus foireuses pour le revoir : « Je dois te rendre ton CD.
– Mais je ne t’en ai pas prêté.
– Ah et tu veux pas m’en prêter un ? »
 
En fait, être amoureux, c’est, parfois, ne pas arriver à coordonner deux neurones pour paraître intelligente. L’autre soir, je parlais à Anne qui vient d’entrer en catégorie 2 et elle me fait, désespérée : « je sais pas quoi lui dire, notre conversation est limitée… » Oh oui, quelle galère ! Je me souviens d’une conversation avec Bertrand au téléphone après ma rupture avec Guillaume, ma première réaction en raccrochant : « non mais quelle conne ! ». J’avais voulu jouer les séductrices, j’étais passée en mode neuneu, à roucouler comme un pigeon. Etre amoureuse, c’est être cyclothymique. Il signe « bisous » son texto, je plane à 100 000. Il ne répond pas à mon texto au bout de cinq minutes, c’est un connard qui ne cherche qu’à briser mon petit cœur et je déprime.
 
Etre amoureuse, paradoxalement, c’est douter de soi. Brad, il est beau, il est intelligent et drôle. Et moi, est-ce que je lui arrive à la cheville ? Comment un mec pareil pourrait voir une fille comme moi ? S’il avait vraiment envie de moi, il serait devant ma porte avec un immense bouquet de fleurs, non ? Là, je constate que derrière ma porte, y a que le paillasson (et Kenya qui en a profité pour courir jusqu’au troisième et dernier étage de mon immeuble). A-t-il compris que je voulais qu’il soit le père de mes trois enfants ? Soit oui et il n’est pas intéressé, soit non et qu’est-ce que je fais ? Lui envoyer dix textos par jour, c’est trop, mais si je ne donne pas signe de vie, il va m’oublier et une vilaine greluche même pas aussi belle que moi va me le piquer ! Mais est-ce à moi de le relancer ou à lui ? Qui a lancé l’invitation en dernier ? Vaut-il mieux que je l’appelle, que je le textote, que je le maile ou que je me taise ? Mais quelle prise de tête, les enfants ! Mais tant qu’il ne m’a pas embrassé, je doute. De moi, de son intérêt pour moi. M’a-t-il dit que j’étais jolie par politesse (enfin, moi, je lui avais rien demandé), par jeu ou parce qu’il veut que je sois son Angelina ?
 
Etre amoureuse, c’est analyser le moindre soupir de Brad, essayer de voir si on se fait des idées sur ses intentions ou pas. Simple ami ou prétendant ? A-t-il vu les constellations entières que j’ai mises dans mes yeux ? Peut-être que j’en ai trop mis et je lui ai fait peur. Etre amoureuse, c’est faire chier notre entourage en devenant monomaniaque. Exemple de conversation d’un amoureuse :
« Ça va ?
– Non, Brad il m’a pas rappelée !
– Et à part ça ?
– Et pourtant, il m’a dit que j’étais jolie, pourquoi il m’a dit ça si il ne veut pas m’épouser, hein ?
– Moi moyen.
– Tu crois que je dois lui envoyer un texto ?
– Mon chat est mort.
– Non parce que tu comprends, c’est moi qui lui ai proposé de se voir la dernière fois alors c’est un peu à lui de venir, non ?
– Je me suis foulé le petit orteil.
– Mais peut-être qu’il n’ose pas, peut-être que je l’intimide. S’il le faut, Brad, il est fou de moi mais il est comme moi, il sait pas quoi faire.
– Je suis allée faire pipi
– Ah non, vraiment, Brad, il est compliqué comme mec ! »
J’exagère à peine. Des fois, être amoureuse, c’est être chiante, à un point pas possible. A tel point d’ailleurs que vous finissez par vous prendre un mérité : « mais demande-lui, au moins, tu sauras ! ». Oui mais comment lui demander ? En face à face (délicat en cas de râteau), par MSN (minable si le sentiment est réciproque, ça casse un peu la magie de la révélation), par texto (alors, là, quelle que soit la réponse, c’est nul), par téléphone ? Etre amoureuse, c’est virer névrosée.
 
Et pourtant, quand une amie nous annonce qu’elle est passée en catégorie 2, on s’exclame sincèrement : « ouah, c’est génial ! » et on l’envie, en plus. On envie l’attente de ce premier baiser, on envie le jeu de séduction entre Brad et notre amie… Des fois, je me dis qu’on devrait se souvenir comme ça peut être pénible d’être amoureuse sans que ce soit concrétisé, ça calmerait notre joie. Maintenant, je ne me réjouirai pour mes copines que quand elles seront passées en catégorie 1 (ou 3 si elles sortaient avec un connard fini que je n’aimais pas).
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