Respire de Mélanie Laurent

Il était une fois une actrice que les taquins du web adoraient détester, à égalité avec les hipsters, les blogueuses mode et les roux. Cette jeune demoiselle, c’est Mélanie Laurent qui semble surtout avoir le tort d’être une belle femme qui réussit. J’en reparlerai à l’occase. Comme je n’avais pas fait attention au fait qu’elle était la réalisatrice (merci les mini écrans des avions Air France), j’ai pu donc visionner ce film en toute neutralité. Et j’ai particulièrement apprécié.

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L’histoire : Charlie, une jeune ado de 17 ans, vit sa vie de lycéenne entre délires entre copains et crise conjugale entre ses parents, sa mère étant la victime consentante d’un mari abusif. Un jour, Sarah arrive dans la classe de Charlie et les deux vont nouer des liens très forts, développant une relation fusionnelle qui devient pesante pour Charlie.

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Commençons par les acteurs. Déjà, un film avec Isabelle Carré, ça m’attire, j’adore cette actrice (je suis encore hantée par le film Anna M.), ça part bien. Etant une grande cinéphile (…), je découvre la sérieuse Joséphine Japy et la solaire Louise de Lâage. Cette fille est juste sublime, elle dégage un truc de fou. Les deux jeunes filles fonctionnent très bien ensemble et nous embarquent sans accroc dans l’intrigue.

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Venant en à la réalisation, deuxième film donc de Mélanie Laurent. Et bien, c’est du très bon boulot. Beaucoup de plans sont intéressants, bien travaillés sans être pompeux, la sensation d’asphyxie grandissante est bien amenée par quelques relais qui pourraient paraître grossiers (l’asthme de Charlie dont on apprend soudain l’existence) mais suffisamment bien insérés dans un tout qui ne fait que faire grandir la tension entre les deux jeunes filles. Quand Charlie devient agaçante par son manque de réaction face à des choses qui nous paraissent tout simplement intolérables (Sansa Stark style), ses camarades ne se privent pas pour essayer également de la secouer. Ce film nous embarque on ne sait où, nous bouscule mais nous laisse quand même pris dans le film, on ne peut s’empêcher de se demander comment ça va finir. L’intrigue est parfaitement construite en jouant sur le parallèle entre la relation de la mère de Charlie et son père abusif et celle de Charlie ou Sarah où les mêmes mécanismes se mettent en place. Seul bémol : le jeu sur une éventuelle ambiguïté dans la relation entre les deux jeunes filles alors que pas du tout, sur certaines scènes, ça m’a un peu perdue, je ne voyais pas bien le propos surtout que les 2 demoiselles sont clairement hétéros. Alors pourquoi taquiner cette corde là alors qu’elle ne sert à rien dans l’histoire ?

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Bref, un bon film avec un casting juste parfait, une deuxième oeuvre dont il faut saluer le sérieux et le respect du téléspectateur : Mélanie Laurent n’a pas cherché un film pour se la raconter mais pour nous raconter une histoire d’amitié abusive. Et quasi un mois après avoir vu ce film, je l’ai encore bien en tête.

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Donc si on pouvait arrêter de vomir gratos sur Mélanie Laurent et se concentrer un peu sur son travail, ça serait mieux pour tout le monde. Surtout que lors de l’avant-première, un ami blogueur de la Critiquerie m’a expliqué avoir été marqué par sa gentillesse et sa disponibilité, elle répondait plus que volontiers aux questions de la salle et ne s’est pas contenté des 20 minutes syndicales.

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Les sites de rencontres : beaucoup de lignes pour peu de prises

J’avais dit que cette série était finie mais un article lu au détour d’une conversation au boulot m’a donné une idée d’article car elle souligne précisément ce qui a fini par me blaser sur les sites de rencontre : la prise de contact prometteuse qui moisit avant même la première rencontre.

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Dans cet article, la journaliste écrit “Dans la vraie vie, un échange de numéro se solde généralement de quelques jours d’échanges de textos maladroits avant qu’un vague rencard soit fixé puis annulé par l’une des deux personnes.”. Oh mon Dieu, c’est TELLEMENT ça. Combien de fois il m’est arrivé d’espérer de pas avoir de news de mon rencard du soir pour rentrer chez moi glander à la cool car je n’étais plus motivée ? Même quand les échanges étaient intéressantes mais y a des fois, tu ne t’expliques pas pourquoi, tu le sens juste pas.

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Prenons un exemple : Jérémy. Jérémy me contacte un jour et il a de nombreux points forts : il fait de la photo, il est allé en Islande, il se décrit comme “carpocratien”, philosophie qui me plaît bien (de façon générale, ne bloquez pas sur le notion de libertinage même si, sur un site de rencontre, ça compte). Au bout de quelques échanges de mails, il me fait découvrir Huysmans. Un mec qui me fait découvrir un nouvel auteur à la plume ciselée et aux réflexions qui me font réagir, on a tout bon. On se prévoit un rendez-vous quelques jours plus tard. Comme je le sentais, ça tombe à l’eau. J’envoie un timide “on se voit toujours ce soir ?” “ah non, sorry, trop de taf”, jamais relancé. Quelques mois plus tard, le mec réapparaît sur le site, rebelote pour se rencarder, on fixe une date. Et nous ne sommes plus jamais entrés en contact. J’avais gardé son numéro mais… la flemme.

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Donc Jérémy était un candidat qui aurait pu arriver loin dans mon Bachelorette perso. Bien sûr, je savais dès le départ que ce ne serait pas l’homme de ma vie : 7 ans de différence, lui sortait d’une longue relation et voulait “vivre”. Après, physiquement, il n’était pas tout à fait mon style non plus et il avait l’étrange tendance à changer de prénom (bon, il oscillait toujours entre les 2 mêmes). Alors pourquoi j’ai jamais cherché à le recontacter (outre cette histoire de prénom) ? Et bien par flemme. Oui, je suis sûre qu’on se serait bien entendus mais là, de suite, j’ai pas envie de cul. Ca arrive. C’est un peu comme quand tu es dans une période malbouffe, à un moment, t’as juste envie de rentrer chez toi te faire un petit bouillon de légumes.

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Et c’est souvent comme ça dans les sites de rencontre. Je l’ai déjà dit : faut battre le fer tant qu’il est chaud et pas filer un rencard trop tard sous peine de ne jamais rencontrer la personne. Et le pire ? C’est qu’au fond, on s’en fout. Oui, avec Jérémy, ça aurait pu faire une histoire chouette mais peu importe car j’ai aussi récupéré le numéro de Mattias, Raphaël et Anouar alors si ce n’est Jérémy, ce sera l’un de ceux là. Ou encore un autre ou aucun. On est dans un tel système d’offre (surtout en tant que femme) qu’on peut se permettre de laisser un plan qu’on sent moyen juste par flemme de s’épiler ou regarder le Bachelor à la télé, à la cool, en pyjama. Parce que des fois, on a répondu un peu car les photos étaient jolies mais la conversation tellement ennuyeuse qu’on commençait déjà à se faire chier au bout de 3 mails (à ce moment là, vous vous demandez pourquoi on accepte des rendez-vous avec des hommes qui nous ennuies, la réponse est simple : par gentillesse).

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Parce qu’en fait, les sites de rencontre, ça tue le suspense amoureux. Je vous narre ça la semaine prochaine (oui, je sais, j’avais dit que je faisais juste un article en plus mais j’ai mentiiiiiii)

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J’en ai marre d’être une victime

Comme je disais hier, il m’est arrivé une triste aventure à Barcelone : j’ai été volée. Alors que j’étais bien, alors que j’arrivais enfin à me détendre, alors que je profitais de cette douce journée de mars, j’ai été volée. Et ça m’a salement énervée.
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L’histoire est banale. Attablée à la terrasse d’un resto, j’attends Zeno partie aux toilettes, je range tranquillement mon sac, mon appareil posé à côté de moi. Soudain, un mec passe derrière moi et me parle, voulant savoir si la table était libre. Je marmonne un oui, me demandant pourquoi il me demandait ça quand soudain, je percute : plus d’appareil. Le mec a détourné mon attention. Je hurle, je pars à leur poursuite, y a trois mecs qui courent, j’en attrape un, triomphante. Pas de bol, c’était un gentil touriste allemand qui avait essayé de m’aider. Avec le recul, il était évident qu’il ne s’agissait pas d’un des voleurs vu qu’il ne m’en a pas collé une pour que je le lâche. Bref, j’ai récupéré Zeno, on a fait un tour dans les petites rues des fois que (des fois que quoi, la question reste entière), je parle à un musicos qui me dit que, si je veux, il peut me dire où ils ont jeté mon portefeuille. Pas de chance : c’est pas mon portefeuille qu’on m’a piqué mais mon appareil photo. Au moins, la vie m’a appris que j’étais parfaitement capable de déposer plainte en anglais. Et que, oui, en terrasse, tu laisses rien traîner.
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J’ai fait contre mauvaise fortune bon coeur : mieux vaut l’appareil photo que les papiers ou la carte bleue. Et puis je dois bien avoir une assurance qui va me rembourser un peu (non, en fait). Repartons de bon pied et faisons des photos avec mon téléphone pourri (vu que j’ai noyé mon iPhone 4. Mon année 2014 est très funky), ce sera toujours ça de pris. Mais ça m’agace, ça me démange. Dois-je m’en vouloir de mes quelques secondes d’inattention ? Oui mais non. Merde à la fin, j’ai aussi le droit, non, le devoir, de lâcher du lest. Barcelone est une ville réputée pour les vols, y a qu’à voir le défilé dans le commissariat pendant que nous attendions mon tour. J’ai eu une réaction, j’ai tenté de pas me laisser faire et finalement, je crois qu’il était plus sûr pour moi de choper un gentil touriste plutôt qu’un des voleurs qui aurait eu vite fait de me frapper pour que je le lâche (ce que j’aurais certainement fait, je sais pas me battre). Comme me dit ma mère « oh ben t’as eu du bol : la dernière fois qu’on a été à Barcelone, ton père a tellement été tabassé qu’on a fini aux urgences ». Voilà, voilà.
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Pourtant, même si je raisonne, ça n’est qu’une goutte d’eau de plus dans mon vase déjà trop plein. Parce que j’ai été cambriolée 15 jours plus tôt et même si on ne m’a rien volée, ça commence à faire beaucoup. Que, comme je le disais, à force d’être la gentille de service, je suis devenue la super bonne poire et ce triste incident en rajoute, encore et encore. Je dois reprendre les choses en main, d’une façon ou d’une autre. Même si en l’occurrence, ce vol n’a rien à voir avec ma « gentillesse », pas plus que la visite de ma cave, mais c’est juste que ça me fatigue.

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Alors je tourne le truc dans un sens, dans l’autre, je cherche, je veux trouver. Je dois trouver la force de dire merde, de dire stop, d’aller cogner symboliquement. La piscine me fait du bien mais je ne me rends pas plus « méchante ». Alors finalement, je repense au conseil que m’avait donné mon chef il y a 2 ans sur les arts martiaux. Et s’il avait eu raison. Peut-être du kendo, c’est classe, ça, le kendo. Et du yoga pour être « en phase ». Et après ? Puis-je faire le job seule ou suis-je alourdie par 34 ans de trop bonne éducation ? Je suis pas sûre.
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Mais je note déjà que je change, que je m’impose déjà plus. Et c’est pas fini. En espérant que ça n’en reste pas là.

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Hier encore, j’avais 33 ans

En fait, non, hier, j’en avais déjà 34 mais j’avais la flemme d’écrire alors prenons une légère liberté par rapport aux faits et puis j’ai pas trouvé mieux comme titre.

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Voilà, un nouvelle année, ma 35e en ce bas monde. J’attendais pas mal de mes 33 ans vu que c’est un chiffre impair et qu’en plus, y a plein de trois et j’aime bien les 3 (et les 6, les 7 et les 9. Quine !). Donc 33 ans devait être l’âge de ma réussite incroyable. Et bien pas trop. En fait, ce fut un peu l’année du peinard même si j’ai été souvent débordée, en flirt permanent avec le burn out, dès que je pouvais en milieu aquatique. Niveau privé, j’ai envie d’applaudir ma belle stabilité amicale. Pour le reste, quelques mecs, des biens (un ou deux) mais pas mal de connards quand même, des manipulateurs, menteurs, arnaqueurs, sans doute pervers narcissiques pour au moins deux d’entre eux. Mais aucun dommage de mon côté. Une éventuelle blessure d’ego récemment mais rien qui ne puisse m’abattre. Tout ça n’a pas tant d’importance.

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Mais pour mes 33 ans (et pas que), il s’est passé un truc qui me révulse et j’ai décidé que pour mes 34 ans, ça n’allait pas se passer comme ça. Je me suis fait baiser la gueule et pas qu’un peu. Donc voilà, pendant 33 ans, j’ai été la gentille bonne élève polie et disciplinée. Et bien, révélation : c’est pas la bonne stratégie. Pas du tout. Pendant que tu t’appliques à faire tes devoirs en souriant, ça manipule, ça tracte et tu restes sur le bord de la route. La gentillesse, je la réserve désormais pour un cercle très fermé. Pour le reste, je sais pas encore comment je vais gérer mais c’est bon, j’ai bien compris la leçon. Ca, c’est ma résolution 34 ans : sortir les griffes et pas juste pour patasser ma couche avant de m’endormir (cette métaphore est une honte).

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En conséquence de quoi, je considère que 34 ans sera l’âge de moi. MOI. Pour de vrai, je veux dire. Je deviens mon principal centre d’intérêt. Toujours plus de piscine, du temps pour moi. Fini les nocturnes, fini le « oui, oui ». Je dis oui que si j’ai envie, je me fiche d' »être serviable », de « faire plaisir », de « pas faire de vagues ». Après tout, pourquoi faire ? Pour plaire à des gens qui n’existent même pas dans ma vie ? Pour éviter des coups ou des insultes (réels ou psychologiques, voyez l’idée ?). On ne peut pas plaire à tout le monde, même en étant la plus grosse bonne poire du monde donc fuck. Je dis non. Non non non. Comme dirait mon neveu.

Saturnin

Alors, qu’est-ce qu’on peut me souhaiter pour mon anniversaire ? De devenir la meuf qui compte et pas juste la « gentille » de service. Et des sous aussi parce que j’ai plein d’envies de voyage mais j’ai pas trop les moyens là de suite.

Happy B day me !

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La spirale de la bonne humeur

L’autre jour, en regardant Cougar town, la série où on nous explique que l’alcoolisme, c’est un truc cool, je découvre la spirale de la bonne humeur de Jules. Enfin, c’est pas une découverte en soi mais le nom vient de là. En gros : si tu es sympa avec ton prochain, celui-ci le sera avec son prochain et son prochain à lui est ton précédent à toi. En gros, si A est sympa avec B, B le sera avec C qui le sera avec A… Et moi, j’adore ce concept.

Je me suis attribué un titre (j’aime m’auto congratuler), je suis “la fille qui dit toujours au chauffeur de bus”. Ouais. Et je suis un peu souvent la seule alors que le chauffeur de bus, je lui confie un peu ma vie pendant les 3 mn de traversée du pont (oui, je ne le prends que pour traverser un pont mais ça me fait gagner 5 mn de trajet en tout et pour tout et vu qu’en ce moment, je me lève à l’extrême limite tellement je suis fatiguée… Enfin, j’hiberne, comme tous les hivers. Cette parenthèse est sponsorisée par 3615 ma vie). 3 mn, ça peut suffire pour mourir genre s’il pétait les plombs parce que personne ne dit bonjour, qu’on est tous des cons, jetons ce foutu bus dans la Seine ou contre un mur, ça leur apprendra la vie (en mourant, c’est concept). Bon, ok, j’exagère mais j’aime bien être la fille qui dit toujours bonjour au chauffeur de bus. Et aux caissières aussi. On a les gloire qu’on peut.

De façon générale, j’aime l’idée qu’une mini action de ma part qui, en soi, ne me coûte rien, peut améliorer un petit peu ma vie d’un autre, lui mettre du baume au coeur. Il m’est arrivé quelques fois d’entrer en interaction avec des gens, dans la rue, dans le métro. Trois, quatre mots échangés sur un ton badin, rien d’essentiel mais à chaque fois, ça m’a mise de bonne humeur. Il suffit parfois de peu. Prendre quelques secondes pour aider une maman avec sa poussette ou une vieille dame à porter sa valise au bas des escaliers. Rien du tout en somme mais ça dépanne la personne. Je me souviens d’une fois où je me baladais avec un diable dans le train, diable que je venais d’acheter et qui pesait son poids. Pas de bol, à ma gare, y a pas d’escalators qui descendent donc je commençais à me galérer avec quand deux jeunes sont arrivés et m’ont filé un coup de main avant de reprendre leur chemin. Rien pour eux, je ne suis même pas sûre qu’ils s’en souviennent mais moi, ça m’avait rendue un peu guillerette. Du moins jusqu’à ce que j’arrive à l’escalier suivant que je devais monter cette fois-ci. Pas de bol, mes ados étaient partis dans l’autre sens.

Je crois à la contagion de la bonne humeur. Ca ne coûte rien de sourire aux gens plutôt que de faire la gueule, d’échanger quelques mots avec la caissière, son voisin de métro, une personne à qui on donne une direction (puis elle m’en voudra moins quand elle se rendra compte que je me suis plantée, je suis nulle en orientation). Bisounours moi ? Mais complet et figure-toi que j’aime ça, je le revendique. A cette époque où le cynisme est roi et la gentillesse une tare, je lève le poing et je dis “propageons la bonne humeur” ! Soyons aimables et souriants, disons bonjour, merci et au revoir, excusons nous quand on bouscule une personne, tenons la porte à notre suiveur dans les couloirs du métro plutôt que de la laisser lui retomber en pleine face. Des petits riens mais imaginez que tout le monde le fasse, que tout le monde adopte le minimum de politesse et de savoir vivre en société. C’est beau non ?


Alors je reste la fille polie qui dit bonjour et au revoir, qui sourit et remercie. On dit de moi que je suis gentille ? Merci du compliment ! Donne et on te le rendra.

Par contre demain (ou un autre jour), je t’expliquerai qu’à un moment, faut aussi savoir fermer la porte.

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Les allumeurs

On utilise rarement ce mot au masculin et pourtant, sache-le lecteur (et surtout lectrice), l’allumeur existe, j’en ai rencontrés. Et je te jure qu’il n’y a rien de plus gonflant ! Surtout que je n’en vois pas bien l’intérêt mais essayons d’analyser ça ensemble.

Qu’est-ce qu’un allumeur ? Un individu de sexe masculin qui s’amuse à chauffer une nana puis à l’éteindre, à la chauffer puis à l’éteindre, trouvant toujours une bonne excuse pour se défiler. Car les allumeurs que j’ai croisés me promettaient des nuits de folie à base de « je vais te faire vivre tes trucs, jamais t’avais eu droit à ça ». Mmmmmmmm, alléchant ! Sauf que moi, je suis un peu comme St Thomas : c’est pas tout de se vanter, faut prouver qu’on est à la hauteur, coco. Parce qu’à vous entendre, vous êtes aussi bien montés que Rocco et vous utilisez votre engin comme personne…

Bon, le jeu de séduction commence entre l’allumeur et sa proie (souvent moi, j’ai l’impression). Alors comment ça se passe ? C’est très simple. L’allumeur ferre sa proie et une fois qu’elle a mordu, il recule. Je vous fais un dialogue type :
« T’es trop belle, trop sexy, trop attirante…
Super, on se voit demain ?
Ah non, demain, je peux pas, j’ai piscine. »
Bon, ça peut arriver mais si à chaque fois que je propose de se voir, monsieur a un empêchement, je finis par me poser des questions, forcément. Non parce que j’ai parfois quelques moments d’absence, on dira, mais je suis quand même pas conne et au bout d’un certain temps, je me dis que le mec se fout de ma gueule. Sauf que j’ai un petit peu d’expérience quand même donc je sais très bien leur foutre leur nez dans leur merde. Donc en gros, je les laisse faire, genre, je rentre dans leur jeu et quand ça ne m’amuse plus, je le casse. En gros, je le laisse faire mon apologie puis je m’arrange pour le mettre en position de me faire une proposition indécente genre « ah, si j’étais là, je te ferais ça » et là, je place le « ben, viens ». Evidemment, l’allumeur dira non. Et puis quoi encore ? Donc, je me prends un non, quelle surprise ! Ok, alors, maintenant, explique-moi pourquoi tu te défiles TOUJOURS mon gars. Ce qui est fantastique avec les allumeurs, c’est que le problème vient jamais de vous mais d’eux : « c’est pas toi, c’est moi ». Peur de moi (mouahahahah !), peur de pas plaire, peur de pas être à la hauteur, peur, peur, peur… Ah ben oui, ça, à force de se vanter, il faut assurer. Donc là, je lâche plus, je pousse l’argumentation jusqu’au bout. En gros, je souligne l’absurdité de la situation : tu me veux, tu peux m’avoir mais tu recules, donc tu ne me veux pas vraiment. Et bien, tant pis, je m’en vais, tu as raté ta chance et viens pas pleurer après. Oui parce que l’allumeur, il vous considère un peu comme sa chose : je ne t’aurai pas mais personne ne t’aura. Et ta sœur, elle bat le beurre ? Donc en général, si le monsieur saisit pas sa chance, je l’envoie vite paître car je ne suis pas un jouet, je suis un être humain.

Bon, maintenant que nous avons présenté le cas, essayons d’analyser un peu tout ça. Moi, j’ai une théorie. En fait, j’en ai même deux. Alors, déjà, que personne ne me dise qu’il fait ça par gentillesse, genre « non mais il sait que tu lui plais et ce n’est pas réciproque mais il ne veut pas de blesser ». Non, dans ce cas, la vraie gentillesse serait de dire honnêtement à la demoiselle qu’on ne partage pas ses sentiments plutôt que de la laisser espérer en vain. Là, les allumeurs sont clairement égoïstes. Premier cas : l’allumeur aime avoir ses fans. Une baisse de confiance en soi ? Ah mais, c’est vrai, machine est folle de moi, allons l’allumer un peu pour tester la puissance de son amour. Oups, elle s’emballe, je vais lui dire que je dois partir chez le dentiste. Un salaud ? Ah ouais, carrément. Cas n°2 : on lui plaît mais le souci, c’est qu’on est pas la seule sur le coup et, à la limite, l’allumeur préfère l’autre. Donc le voilà pris entre une femme qui lui plaît et une femme à qui il plaît. Logiquement, il va tenter sa chance avec la première mais s’il se prend un vent, pas de panique ! Miss n°2 est là ! Il faut donc la maintenir à température le temps que les choses se fassent (ou non) avec miss n°1. Salaud ? Oui, aussi.

Suis-je trop dure ? Non, je pense pas. Qu’on ait peur de faire le « grand saut », je le comprends. Ça m’est déjà arrivé aussi. Sauf que sortir des excuses toujours bidon (j’ose même pas vous faire la liste de celles qu’on m’a données), c’est pas net, net… Mais ce qui m’énerve le plus, dans cette histoire, c’est le manque d’honnêteté. A chaque fois, j’ai laissé la porte ouverte au monsieur, je lui ai même dit plusieurs fois de le dire si je lui plaisais pas, histoire de faire gagner du temps à tout le monde. Non parce que je montrais clairement mon intérêt aux messieurs, c’était pas juste un jeu de flirt avec un qui est à fond les ballons et l’autre qui ne comprend pas, pas du tout. Donc, ils savent parfaitement quels sentiment j’ai à leur égard et ils en jouent. Franchement, je préfère un bon râteau qu’à ça. Parce que mine de rien, sur le coup, c’est plaisant ce jeu de séduction mais quand on se rend compte que c’est du vent, non seulement on se sent rejetée mais en plus, on se rend compte qu’on nous prend pour une conne. Idéal pour l’ego, ça, garanti 100% déprime. Et puis en plus, on a tendance à pas voir de suite le jeu de ces vicieux allumeurs… Heureusement, moi, j’ai des amis…

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Faut-il simuler l’’orgasme?

Contexte : lundi soir, une heure du matin. Je suis posée devant ma télé, mon ordi sur les genoux, je glande… A la télé, je tombe sur Nip/Tuck, une de mes séries préférées, je rêve de me faire brouetter par Christian. C’est l’épisode où Sean et Julia (qui sont maris et femmes, pour ceux qui ne connaissent pas) font des cochonneries, Julia crie : « ah ah aaaaaah oui !!! Ah Sean ! Aaaaaaaaaaah ! » Sean finit ses petites affaires et va pour aller se doucher mais, ô drame, il revient dans la chambre et voit Julia en train de se masturber pour avoir sa part d’orgasme : Seigneur Dieu, elle a donc simulé !
 
 
Ils sont mariés depuis 15 ou 16 ans, je crois, et la dame, elle simule ! Je pars donc dans une réflexion profonde et passionnante : faut-il simuler l’orgasme ?
Réponse spontanée : non ! Est-ce égoïste de réclamer sa part de jouissance ? Doit-on se plaindre de ne pas avoir atteint le 7ème ciel ou doit-on pousser des cris exagérés pour ne pas froisser la susceptibilité de monsieur ?
 
« Aaaaaah oui, aaaaah oui!! » « Heu, chérie, j’ai fini, là… »
Revenons à notre amie Julia, pourquoi simule-t-elle ? Bon, outre le fait qu’elle est totalement névrosée comme tous les personnages de cette série, je suppose qu’elle ne veut pas blesser son mari… Oui, pourquoi on simule ? Essentiellement pour ne pas vexer le monsieur qui nous brouette sans talent. Ou alors pour hâter le mouvement. Personnellement, il m’arrive d’exagérer un peu quand j’ai déjà eu ma part et que le monsieur se retient, croyant qu’un coït de 3h38 est une bonne chose. Bon, le souci, c’est que je suis naturellement très expressive dans ses moments-là donc pour faire plus, c’est un peu compliqué…
 
La question de la simulation soulève la suivante : qui est le plus important dans une relation sexuelle ? L’autre ou soi ? Fait-on l’amour pour avoir du plaisir ou
pour en donner ? Là, je pense que chacun a sa propre réponse. Personnellement, je pense que les deux sont importants. J’aime recevoir du plaisir (forcément), mais j’aime en donner aussi. Honnêtement, voir un homme avoir du plaisir, ça m’excite et pas qu’un peu. J’ai ainsi remarqué que j’aimais plus être active que passive. Pendant les préliminaires, je n’aime pas tellement me laisser faire sans ne rien donner en retour. Par ailleurs, une brouette n’est pas pour moi une quête absolue d’orgasme mais de plaisir avant tout. L’orgasme est un peu une cerise sur le gâteau, tant mieux si j’en ai un (ça arrive souvent, quand même, rassurez-vous) mais je vais pas faire la gueule si je n’ai eu « que » du plaisir.
 
Par contre, je n’aime pas qu’un homme ne jouisse pas. Quelque part, ça me vexe car j’ai l’impression de ne pas avoir fait le maximum pour lui. Pourtant, je sais que des hommes sont très longs à venir ou que l’éjaculation n’est pas synonyme d’orgasme mais tout de même… Des partenaires de brouette m’ont expliqué qu’ils appréciaient tout autant prendre beaucoup de plaisir, tant pis s’ils n’arrivent pas au feu d’artifice final. Mais j’adore les voir jouir, même si leur tête est parfois effrayante à ce moment-là. Je suppose que la mienne n’est pas mieux. Mais cette espèce de grimace juste avant la jouissance, quelque part… c’est amusant.
 
Jouir ou pas jouir?
Mais revenons à la question principale (digression, quand tu nous tiens) : faut-il simuler l’orgasme ? Pour moi, je pense que non. Et ce pour plusieurs raisons.
Concernant le plan brouette qui ne se renouvellera pas, ce n’est pas forcément lui rendre service que de lui faire croire qu’il est un coup fantastique alors qu’il n’a même pas réussi à localiser mon clitoris. Après, ce n’est pas non plus la peine de balancer avec méchanceté : « tu baises trop mal, dégage ! ». Il vaut savoir guider en douceur. Puisqu’on sait où se situe notre clitoris, autant le lui indiquer, ça servira à sa prochaine maîtresse (quel altruisme, quand même !).
 
Concernant notre petit ami officiel, là, hors de question de mentir. Certes, on peut avoir envie de ménager la susceptibilité de notre partenaire mais franchement, je ne suis pas sûre de me passer d’orgasme ad eternam… De toute façon, un couple où le sexe ne va pas, ça ne durera pas. Certains vont hurler mais je suis désolée, le sexe est un élément important du couple. De
toute façon, je considère que chaque partenaire sexuel peut nous apporter quelque chose donc je ne suis pas convaincue qu’il faille taire les défauts de performances, sans le faire de façon cruelle, bien évidemment.
 
Alors pourquoi simuler ? Je me le demande. La gentillesse et l’altruisme ne justifient pas un tel comportement, peut-être par masochisme ? Dans le cas de notre amie
Julia, c’était parce qu’elle n’aimait plus son mari, par culpabilité… C’est encore pire ! Alors, mesdemoiselles, mesdames et messieurs, si votre partenaire ne vous satisfait pas, ne faites pas semblant de prendre votre pied. Apprenez à votre partenaire à vous faire grimper au rideau. Après tout, le coté « initiation » et découverte de l’autre dans la sexualité, c’est plutôt agréable, non ?
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Peur sur la ville

Sortir le soir sur Paris n’est pas dénué de « danger ». Jeudi, Anne est arrivée sur Paris après un voyage en train épique (une heure et demie de retard, tout va bien). Anne est une grande fille, elle arrive seule jusqu’à chez moi sans même se perdre. Après une pause bienvenue à la maison et de délicieuses nouilles carbonara, nous décidons de repartir au centre de Paris.
 
Après un coup de fil à mon chéri pour qu’il nous rejoigne, direction Bastille, on se pose rue de Lappe. On discute, le courant passe bien entre les deux, je suis ravie. A minuit et quelques, il est temps de décoller, un dernier bisou pour la route et nous voilà reparties dans le métro. On attend tranquillement sur le quai en discutant puis la rame arrive, on s’assoit sur un siège, côte à côte. Il faut avouer que le métro est plutôt soporifique donc la conversation perd en intensité puis on finit par se taire, d’autant qu’une demoiselle s’était installée face à nous. Si tu suis, lecteur, tu auras donc noté qu’il ne restait qu’une place dans notre coin, à côté de la fenêtre précisément.
 
Et évidemment, le taré de service a décidé de s’y installer. Au départ, je n’y ai pas trop fait attention mais il a commencé à parler et, là, on s’est regardé bizarrement avec Anne. Personnellement, je m’appliquais à observer le défilement des tunnels souterrains par la fenêtre pour éviter de le regarder, malgré les grands gestes qu’il nous adressait. La seule parole que j’ai réussi à capter fut : « elle, elle écoute son walkman avec ses écouteurs », en parlant de la jeune fille assise face à nous. A un moment, Anne se penche vers moi et me fait : « on sort à la prochaine station ».
 
Plutôt que de sortir, on s’est avancé plus loin dans la rame mais nous étions dans un métro où tous les wagons communiquent donc on s’avance assez loin et on se pose à nouveau. Il faut préciser que la dernière fois que j’avais fui un homme étrange et sous l’emprise de substances étranges, j’étais avec Clara et Gauthier. Un homme totalement saoul s’était posé au milieu de notre trio, me filant un coup de sac au passage et menaçant de vomir soit sur mes chaussures, soit sur le pantalon de Gauthier donc, courageux, nous décidons de fuir. Nous descendons de la rame mais plutôt que de remonter ailleurs, on a attendu le métro suivant. Oui, nous sommes machiavéliquement intelligents, surtout que, tard, le soir, les métros ne passent pas toutes les deux minutes…
 
Donc nous voici, Anne et moi, assez loin de notre individu bizarre et, là, la jeune fille assise à côté de nous commence à écouter son walkman et un autre gars totalement ivre, assis près de nous, commence à s’agiter. Mince, nous avons comme une impression de déjà vu ! Heureusement, celui-là descend à l’arrêt avant nous. Le métro redémarre, prochain arrêt : le terminus, là où nous descendons. Et qui s’achemine droit sur nous : notre individu bizarre ! On baisse la tête en frémissant : que fait-on s’il revient nous coller ? Anne m’explique qu’il lui fait peur : « tu comprends, il n’arrêtait pas de me dire : « toi, regarde-moi dans les yeux ! » en agitant les mains sous mon nez, je le sens agressif ». Je suis d’accord, il n’a pas l’air débordant de gentillesse. Défoncé comme il est, je me dis qu’on le sèmerait vite en cas de poursuite mais je n’ai pas très envie de courir pour fuir un type louche. Heureusement, il poursuit sa route et va tout au bout du convoi donc on se décide à rallonger un peu le trajet et passer de l’autre côté.
 
Après avoir constaté qu’il n’y avait plus de train et qu’on devait terminer le trajet a pieds, on se rend au pied des escalators pour rejoindre le haut de la station, on entend des bruits bizarres au dessus : notre ami étrange qui, il me semble, se battait avec une porte automatique. Très courageuses, nous avons donc décidé de prendre un autre chemin, on se précipite dans un couloir quasiment vide que je n’avais jamais emprunté. Un regard par-dessus l’épaule, un autre… Non, c’est bon, il ne nous a pas vues et donc pas suivies. Anne est un peu tendue, moi un peu perplexe : où est donc la sortie ? On finit par ressortir et là, je me rends compte de l’incroyable découverte que je viens de faire : un fameux raccourci ! Toute guillerette, je traîne Anne derrière moi qui reste un peu stressée mais nous sommes dans mon quartier, le type louche doit toujours se battre avec sa porte, tout va pour le mieux.
 
Moralité : c’est la première fois en cinq mois que je suis obligée de dévier ma route pour éviter un type potentiellement agressif… Dois-je en déduire que c’est Anne qui attire les fous ? Ceci étant, elle objecte que grâce à elle, j’ai découvert deux raccourcis en deux jours !
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