La liste de la fille qu’est plus en vacances

Ca dure jamais assez longtemps

 

– Retour sur Paris en fanfare ; arrivée à 0h05 (au lieu de 23h50, mais 15 mn de retard, c’est rien comparé aux 3h de la dernière fois), attendu un taxi une heure, l’un d’eux m’a refusé à cause de Kenya. 1h30, j’arrive ENFIN chez moi (notons que le lendemain, je reprenais le boulot). En rentrant, je me rends compte qu’il n’y a plus d’électricité, j’ai coupé les plombs par accident en ouvrant la porte… le jour de mon départ ! Du coup, quand j’ai ouvert mon frigo, je me suis soudain crue au port. Du coup, je vais me coucher. Le lendemain, le réveil sonne à
8h. J’entends beaucoup de bruit dans la rue, des camions car ils font des travaux dans ma rue. 8h15, les marteaux piqueurs juste sous ma fenêtre. Curieusement, le marteau piqueur dès le matin, ça met pas super de bonne humeur.

– « Devenir comme Nina », expression péjorative désignant toute personne estimant qu’une soirée sans alcool peut aussi être réussie. De façon plus générale, personne souhaitant faire parfois des choses constructives et/ou culturelles de ses soirées, Sans alcool.

– Je suis un boulet. Pour de vrai. Mardi, je dois passer un coup de fil d’une cabine et en repartant, je me perds mais bien. Au bout de 45 mn, je finis par retrouver un métro. 10 stations plus tard (avec un changement), je retrouve enfin mon agence, ouf ! Mercredi, j’arrive au boulot, je suis la première. Je dois enlever l’alarme mais je me goure dans le code et elle
sonne. Goooooooooooood morning le 15ème ! Le même soir, je pars en dernier avec Philippe qui me propose gentiment de m’avancer un peu en voiture. Je dois mettre l’alarme. Je me plante 3 fois dans le code, je déclenche l’alarme. Ce code me plaît pas. Le monsieur qui fait le ménage arrive juste après et nous file son code, le sien est mieux, je me demande si je pourrais pas l’utiliser à la place.

– Grâce à mybloglog, je sais qui passe sur mon blog si ces personnes ont un profil. Très instructif.

– Est-ce que je peux demander à la RATP de me rembourser mes grilles de sudoku ? Non parce qu’essayez de remplir un sudoku dans la ligne 4, c’est illisible et du coup, on fait des erreurs parce qu’on sait plus si le chiffre, là, c’est ou 3 ou un 5, un 6 ou un 8.

– Dans la série je me prends la honte de ma vie dans la rue : vendredi. Avant de partir de chez moi, j’enfile ma veste, j’y suis pas très bien dedans mais j’ai pas le temps d’analyser le truc, tant pis. Train, métro, me voici dans ma rue du boulot. Soudain, je sens un truc qui glisse sur mes cuisses et mes mollets et tombe. Je me retourne, me demandant bien ce que ça pouvait être. Un pantalon. Pas celui que je portais sur moi mais un que j’avais posé la veille sur mon porte manteau improvisé et qui était resté collé à ma veste par électricité statique. Nina, la première fille qui perd son pantalon dans la rue… sans pour autant qu’on voit sa culotte.

– La vie est joueuse : elle peut vous faire démarrer la matinée avec une nouvelle géniale et vous la faire finir au commissariat pour porter plainte. Sans aucun rapport entre les deux événements.

– Alors, deux choses : soit free fait livrer ses colis par pigeons voyageurs, soit leurs prises, ils les font pousser ou les font fabriquer par des enfants en centres aérés, c’est pas possible. 3 semaines pour livrer une prise électrique, c’est vraiment du foutage de gueule. Du coup, j’ai voulu en acheter une vendredi. Résultat : dans ma boîte aux lettres, un avis de passage pour aller chercher un colis (sans doute la prise) et en plus, ça marche même pas, celle que j’ai achetée. Non parce qu’avec le bol que j’ai, c’est la box qui est morte donc je
vais passer deux mois sans Internet chez moi.

– Consécutivement à ça, je ne suis plus très présente ici, j’ai eu une semaine un peu chargée (grosse réunion jeudi, j’ai pas pu me connecter quasiment) plus gros problème perso à gérer. Si tout se passe bien, je pourrai bientôt lever la modération des comms et avoir à nouveau le net chez moi. Mais même si j’y réponds pas de suite, je lis vos comms dans la journée.

– Ma connasse de bimbo est passée d’un stade pré anorexique à un stade pré obèse en 5 minutes. Il fait peur ce jeu.

– Dans la série cultivons nous, j’ai appris cette semaine que le terme « comment ça va ? » est une abréviation de « comment ça va à la selle ». Sous entendu : « et ton transit, il est nickel ? ». Donc, maintenant, quand quelqu’un vous répondra « non ça va pas », donnez lui un Actimel. Ou un Activia parce que ça remet de l’ordre en dedans de toi.

– Heure du décès confirmé de la freebox : samedi 11 août à 11h23. Et merde !

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Mentir, c’’est naturel

L’autre jour, je lisais Cosmo et il y avait un article sur le mensonge, expliquant que c’était naturel. Je me penche sur mon cas. Oui, je suis une menteuse sans être mytho, je mens toujours pour la bonne cause. Pourquoi je ne rends pas mon article à temps ? Problème d’ordi. Je veux pas venir bosser ? Suis malade. Je fume ? Mais non, maman, voyons. Je pars en week-end en Bretagne voir un mec ? Mais non, Alice, je pars dans les Yvelines consoler une copine en pleine rupture.

 

Donc, je mens. Mal, mais je mens. Comme tout le monde. Que celui qui n’a jamais menti me jette la première pierre mais j’aurai du mal à le croire. Bon, le problème, chez moi, c’est qu’une fois sur deux, je me fais attraper. J’ai une particularité : je parle aux gens en les regardant droit dans les yeux. Sauf quand je mens. Je me souviens d’une fois où Gauthier, plein de bon sens, m’a dit de retourner dormir dans le lit après une dispute amoureuse. Oui, moi, je voulais dormir dans la baignoire, tellement j’étais furieuse. « Moumour, tu retournes au lit ! Je te vois demain et je saurai si tu mens ou pas et si tu as dormi dans la salle de bain, ça va chier ! ». Bon, ben du coup, j’ai rejoint piteuse le fameux lit.

 

Parfois, mes mensonges se retournent contre moi. Exemple : en 2002, je travaillais à l’Observatoire de la vie étudiante, à la fac. C’est-à-dire que je corrigeais les questionnaires renvoyés par les étudiants, passionnant ! Heureusement, on avait quelques perles, ça nous occupait. Un vendredi matin, j’avais le choix entre aller bosser et aller faire un micro-trottoir avec deux mecs de la radio dont le fameux démon tentateur. Bon, ok, je vais faire le micro-trott’, c’est mieux pour ma carrière, après tout. Donc, la veille, je m’engage à les rejoindre en expliquant que je raconterais que j’ai une fuite chez moi. Jeudi soir, je fais ma tambouille quand j’avise une flaque sous le frigo. Hein ? Bon, je passe la serpillière, pensant que j’ai fait des cochonneries en faisant la vaisselle. Eeeeeeeeet merde, la flaque revient, c’est pas normal, là ! Diagnostic : mon frigo est en train de décéder. Ca t’apprendra à mentir, vilaine !

 

Mais pourquoi on ment ? Pour ma part, c’est essentiellement pour éviter les conflits. Par exemple, il y a des moments où je suis pas au mieux de ma forme et donc les gens me saoulent rapidement donc plutôt que de leur dire cash : « tu me fais chier, je te trouve vraiment trop con(ne) », je m’abstiens. Surtout que quand ça va mieux, je me rends compte parfois que j’ai exagéré et je m’en veux. De la même façon, j’évite de dire à ma mère que je fume pour pas qu’on entre en conflit ni que je suis de gauche, même si, ça, mes parents le savent bien. C’est du mensonge par omission mais je sais qu’on peut pas débattre chez moi donc pas la peine de s’engueuler. Je mens aussi pour le travail, histoire de ne cacher mes manques de sérieux, parfois. Genre, au lieu de dire : « j’ai pas fini mon travail parce que j’ai traîné au lit jusqu’à 10h », je dis « la recherche documentaire m’a pris du temps », ce qui n’est pas faux. De toute façon, ça prend du temps de lire les sources et de rédiger, surtout quand on fait autre chose en même temps… Mais le mensonge a ses limites et des fois, je suis bluffante d’honnêteté, je le fais pas exprès. Au début de mon stage, mon boss me demande pourquoi j’ai pas traité la PQR, réponse : « j’ai complètement zappé ! ». Pareil, une fois, on regardait les infos avec mes parents et y avait un sujet sur les jeunes et le shit. Ma mère :

« Mais ça me dépasse ça, pourquoi ils se droguent les jeunes ? T’as déjà fumé un joint, toi, Nina ?

– Oui. »
Hein ? C’est moi qui ai répondu ça ? Oups !

« Ah ? poursuit ma mère. Faudra que j’essaie un jour, histoire de voir. »

Ah ben tiens, je m’attendais pas du tout à cette réaction. N’empêche que voir ma mère fumer un joint, ce serait quand même énorme !

 

Après, je ne suis pas pour autant mytho. Quand mes amis me font chier, je le leur dis. Genre quand Gauthier s’ennuie au boulot et me pourrit sur MSN, il a droit à un aimable : « Bon, tu me laisses bosser, oui ? » ou « Non, je n’irai pas voir Madonna en concert, je la supporte pas ! ». J’ai passé l’âge d’être conformiste et de dire que j’aime tout ce qu’il faut aimer pour être hype. J’aime pas Madonna, ni Louise Attaque, « Clint Eastwood » de Gorillaz me donnait envie de jeter mon réveil par la fenêtre et j’ai bien aimé lire le Da Vinci Code. J’ai pas vu le journal de Bridget Jones et je compte pas le voir, j’ai détesté la dernière saison d’Ally McBeal et le dernier épisode de Friends pue la guimauve. Non
mais ! De la même façon, quand on me parle de quelque chose que je connais pas, je fais pas semblant. Je ne suis pas une usurpatrice, je reconnais que je ne sais pas tout sur tout et heureusement. Si à 26 ans, j’étais déjà omnisciente, ce serait bien triste. Moi, ce que j’aime dans la vie, c’est apprendre. Quand Alex me parlait de ses études, je le regarde les yeux ronds, la bouche ouverte : je connais rien mais j’essaie au moins de comprendre. Quand on me parle du Metropolitan Museum de New York, j’écoute sans donner mon avis : j’y suis jamais allée, je vais pas faire semblant ! Car s’il y a bien un truc qui m’agace, ce sont les gens qui ne reconnaissent pas leurs lacunes en matière de culture alors que c’est évident qu’on ne peut pas tout savoir.

 

Le pire : les mythomanes. Et j’en ai croisé ! L’an dernier, je fréquentais une nana et plus ça allait dans le temps, plus je tiquais : ses histoires n’étaient pas cohérentes. Un coup elle avait rencontré l’amour de sa vie à une soirée, un coup dans la rue. Au début, je me suis dit que j’avais mal compris, jusqu’à ce que je la prenne en flagrant délit de gros mensonge. Durant l’été, la demoiselle m’informe gentiment qu’elle a « la foufoune en feu » car elle est allergique au latex. Je suis heureuse de le savoir, tiens ! Deux mois plus tard, je vais déjeuner chez elle avec une autre amie et là, elle nous explique : « avec machin, on ne s’est jamais protégés et il me demandait même pas si je prenais la pilule ». Hein quoi ? Question : comment peut-on faire une allergie à la capote si on en utilise pas ? Parce que c’est bien avec machin qu’elle avait fait son allergie !De la même façon, un jour, elle m’expliquait que son pire drame serait de ne pas avoir d’enfants. Un autre jour, sa plus grande phobie est d’avoir un enfant, elle n’en veut pas, elle ne supporte pas l’idée. Hein quoi ? Bon, du coup, j’ai fini par la dégager de mon entourage. Je ne sais même pas si elle consciente ou pas de sa mythomanie mais je n’aime pas qu’on me prenne pour,une bille. De la même façon, l’autre jour, je parlais avec Lucie qui m’expliquait que Johanne, mon ex amie totalement barrée était mytho. « Oui, elle nous a raconté qu’elle s’était fait violée étant jeune ! ». Quoi ? Je la connais depuis la maternelle, je sais précisément quand et comment elle a perdu sa virginité, vu qu’elle avait la pudeur d’un ver de terre. Bon, alors, je conçois tout à fait qu’un viol, c’est traumatisant mais il me semble que c’est plus logique d’en parler à ses amis proches qu’à des quasi inconnus entre le fromage et le dessert.
En même temps, sa mythomanie n’est pas une découverte : vers la fin, elle me racontait qu’elle voyait des monstres la nuit pour justifier le fait qu’elle passait la nuit chez de parfaits inconnus. Des fois, je me demande ce qui pousse les gens à mentir comme ça. Pour la fille dont je parlais en premier, c’était clairement dans un désir absolu de plaire, elle arrangeait sa vie selon ses interlocuteurs. Pour Johanne aussi, je pense. Sauf que, perso, quand je prends une personne en flagrant délit de mythomanie, j’ai tendance à prendre mes jambes à mon cou. C’est sans doute pour ça que ses personnes sont seules, au fond.

 

Bref, mentir, tout le monde le fait, c’est pas forcément bien mais si ça permet d’éviter certains conflits, ce n’est pas condamnable. Du moment que ça ne devient pas une habitude…

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Le démon tentateur (épisode 2)

Le début

La fin de l’année scolaire approche, tout va être fini. Je ne me fais pas à cette idée. Les soirées à la radio se multiplient (ils avaient refaits les locaux, au passage, c’était beaucoup plus convivial), on fait un vernissage du défilé du 1er mai 2002 (manifs anti-Le Pen, pour ceux qui n’ont pas suivi). Cette soirée tourne au n’importe quoi : on boit, on fume, on est pétés, on descend dans le studio enregistrer une émission totalement délirante puis les garçons veulent aller boire un verre à l’extérieur, Elodie et moi suivons. Tout est fermé. Or qui habite juste à côté de la radio ? C’est moi. Qui a un appart dans un bordel monstre ? C’est moi. Mais ils insistent, je finis pas céder. Pour terminer dans le n’importe quoi, j’ai rien à boire et mon frigo est décédé donc je leur sers des briques de jus de fruits rafraîchis dans une casserole d’eau froide. La lose complète. Je propose à Elodie de la ramener en voiture et sert la même offre aux garçons qui déclinent : Fabien est saoul et veut marcher pour s’éclaircir les idées. Dommage, ça aurait été le dernier à déposer !

Pique-nique

Après la dernière émission, je propose un pique-nique près d’un lac voisin : je suis prête à tout pour gagner quelques heures. Quelques jours avant, j’appelle Fabien pour organiser tout ça, je lui demande s’il a des verres en plastique. « Attends… Sandra, on a des verres en plastique ? » Merde, je l’avais oubliée, elle ! Je lui demande s’il connaît le lac : non. Zut, je suis nulle en orientation. « Pas de soucis, je suis bon en orientation, je te servirai de copilote. On se complète ». Heureusement, ça se voit pas quand on rougit comme une tomate au téléphone. Tout s’organise à merveille : Julien prendra sa voiture et embarquera Elodie et Maxime, je serai seule dans la voiture avec Fabien. Finalement, comme j’ai jamais de chance, ça ne se passe pas comme ça. Elodie ne vient plus et la voiture de Julien a un soucis donc on s’entasse dans la twingo de ma sœur (ma propre voiture étant au garage), Fabien à mes côtés. Un merveilleux copilote : il mate le paysage et me demande régulièrement : « d’après toi, c’est un champ de quoi, là ? » Non, Fabien, c’est pas du cannabis et je suis nulle en botanique. On arrive au bord du lac, j’ai une ampoule fantastique au pied et je souffre. On s’installe à l’ombre, moi à côté de Fabien (je ne perds pas une occasion). Julien et Maxime partent jouer au foot et là, une scène d’anthologie se produit : alors qu’ils courent après le ballon, ils glissent et s’étalent majestueusement dans une énorme flaque de boue. Mais quelle rigolade ! Ils en ont partout, une hécatombe. Du coup, ils vont se rincer dans l’eau et Julien réalise qu’il avait rangé ses cigarettes dans la poche de son caleçon… Donc nous voici avec des clopes aromatisées à la vase, miam ! Bonne journée, je ne quitte pas Fabien, on joue aux cartes et on se cherche un peu, je bronze en bikini, quelle douce journée… Au retour, mon copilote est tellement efficace qu’on se retrouve sur l’autoroute, pas du tout là où il faut. Une demi-heure plus tard, nous revoici sur le bon chemin. Je largue tout ce petit monde devant chez Julien, je sors de la voiture pour leur faire la bise et là, Fabien me regarde en rigolant : je suis rouge écrevisse. Effectivement, merveilleux coup de soleil sur la tronche, trop glamour.

Le lendemain, dernière émission, c’est émouvant, il me provoque un peu, comme à son habitude (son jeu : me faire rire en pleine émission). On rit, on fume, du grand n’importe quoi. Le soir, il y a une assemblée générale, très chiant, très long. A la fin, Elodie et son copain (elle est revenue avec le premier, entre temps) me propose d’aller au resto avec eux, ce que j’accepte avec joie. Elle propose à Julien et Fabien (Maxime n’étant pas là) de se joindre à nous, le premier décline. Nous voilà donc à quatre pour le resto, ça fait presque deux couples. Durant le repas, Fabien me dit pour rire qu’il me voit bien présentatrice radio de la nuit avec ma voix suave style « sexo-conseil »… ou remplacer Séverine Ferrer à Fan 2, trop sympathique. Durant la conversation, Elodie lui demande cash : « mais c’est qui la fille qui vit chez toi ? C’est pas ta copine ?

– Non, c’est une amie de ma sœur. Elle a trois jours de cours sur Toulouse donc elle dort sur mon canapé. »

Oh, je suis heureuse ! Ciao la belle brune ! On passe une sublime soirée, je suis sur mon petit nuage. J’avais pris mon appareil photo pour terminer une pellicule, je prends tout le monde en photo et fait une photo somptueuse de Fabien (comme dira ma mère plus tard : « qu’est-ce qu’il a de beaux yeux, ce type ! »), à rajouter à celles prises au bord du lac et à la radio.

 
Je prête pas !

Et là, c’est le « drame ». Je récupère les photos et vais chez Anne. Sur la pellicule, il y avait des clichés de l’enterrement de vie de jeune fille de sa sœur et là, elle tombe sur les photos de Fabien. Elle l’avait croisé une fois à la radio, il était arrivé, l’avait regardé des pieds à la tête avant de lui taper la bise. Anne regarde les photos : « regarde-le, il le sait qu’il est beau ! Il est célibataire ? » Alerte ! Alerte ! Alerte ! Que faire ? Je ne peux pas interdire à Anne de tenter sa chance, je ne peux pas le garder égoïstement pour moi… Alors, je feinte : « tu sais, je l’ai vu torse nu, il est super poilu. » « Ah, beurk ! » Bien joué. (excuse-moi, Anne).

Pendant ce temps, je quitte mon appart pourri malgré le frigo tout neuf, je cherche, je cherche. Et là, je visite un appart pas trop mal tout proche du sien… Je ne peux le refuser ! Je suis toute guillerette à l’idée de me retrouver proche de lui, ça va aider à resserrer les liens. Quelques jours plus tard, il m’appelle pour me remercier pour les photos que j’avais scannées et distribuées. Je suis en vacances au bord de la mer avec Guillaume, je roucoule au téléphone. Il m’explique qu’il va servir dans un resto. Je note. Tout l’été, je passe pas loin du resto, je jette un discret coup d’œil mais je ne l’aperçois jamais. Du coup, un soir, j’embarque Maxime sous le bras et on va lui faire un coucou.

La rentrée arrive, j’organise un repas chez moi (j’en perds pas une), sur le thème : « tu as vu comme j’habite pas loin de chez toi ? ». Délicieuse soirée, Fabien passe à la cuisine voir si je n’ai pas besoin d’aide. Et lors de cette soirée, il s’est passé un truc. Un petit truc, rien de grave. Il avait amené les photos de ses vacances en Egypte avec son frère et sa sœur. Au moment de partir, je dis : « vous n’avez rien oublié ? » Je le vois jeter un œil sur ma table puis il nous rejoint dans l’entrée, bisous, bisous. Le lendemain, en faisant du ménage, je découvre la pochette photo posée négligemment sur la table. Je suis sûre qu’il avait regardé ! Du coup, je l’appelle mais il doit partir bosser au resto (un nouveau, je passe devant tous les soirs pour rentrer chez moi). Du coup, j’ai toujours les photos avec moi.

Les rapports se distendent

Nos rapports s’espacent, on se voit une fois tous les deux mois à tout casser. Un jour, il nous annonce qu’il organise une table ronde sur son sujet de thèse, je ne peux pas rater ça. Donc, j’y vais. En chemin, il me saute dessus, tout élégamment vêtu et on discute. Je lui explique que la rédaction du mémoire me prend la tête et là, il me fait : « mais pourquoi ? Tu écris très bien. » Je fonds ! Je lui avais filé l’adresse de mon site perso de l’époque où j’avais mis des nouvelles et extraits de romans dessus. Je sais qu’ils les avaient lus. Seigneur, mon cœur bat encore, ça va suffire cette histoire ! On rentre dans la salle, je m’installe et la conférence commence, je prends des notes et là, j’aperçois deux personnes : une femme d’une cinquantaine d’années assez costaud et une jeune fille brune à ses côtés, l’air un peu effacé. Et là, je comprends, je ne sais comment, que cette dame est sa mère mais la jeune fille ? Sa cousine ? Ce n’est pas sa sœur en tout cas. Quelques jours plus tard, j’apprends par un copain que c’était sa copine. « Ah, il a une copine ? » s’exclame une copine. La secrétaire de la radio (oui, moi, j’y étais restée) nous explique que oui, elle le savait, elle. Moi non, il ne m’en avait jamais parlé. A-t-il fait comme moi avec Guillaume ? Je ne sais pas.

Du coup, je me ressaisis enfin : fin de l’aventure, je l’oublie. Mais il reste proche de la surface de ma mémoire et resurgit de façon toujours inattendue à partir de là. La dernière fois que je l’ai vu, c’était en octobre 2004. Je viens au Mirail déjeuner avec Guillaume et Lucie (j’avais changé de fac) et je croise Julien et Elodie : « ça alors, c’est dingue ! On a croisé Fabien à la fac, ce matin, aussi. » Fabien est là ? Je rêve ! Il ne vient jamais et là, nous voici en même temps sur le campus. Enfin, si on se croise, c’est pas gagné. J’apprends qu’il a mis de côté sa thèse pour passer l’agrégation. Je déjeune en guettant l’entrée de la cafétéria mais point de Fabien. J’accompagne Guillaume et Lucie à leur amphi mais point de Fabien. Bien, je me résigne mais avant de partir, je dois passer aux toilettes. En entrant dans l’UFR, il est là, à la machine à café. Je m’approche de lui, veux lui glisser un mot à l’oreille mais je me contente d’un salut un peu lointain et sonore. Il semble ravi de me voir, il me propose un café mais je décline l’offre, on discute dix bonnes minutes, je reçois une salve de compliments (« tu es la plus forte, la meilleure… ») puis il se décide à aller en cours alors qu’il est en retard. Mon cœur bat la chamade, un sourire immense s’étale sur mon visage.

Puis je ne le reverrai plus. Mais il reste pas loin de mes pensées. Un jour, mon portable sonne : Fabien. Je décroche et babille, il me propose un barbecue pour le lendemain que je m’empresse d’accepter mais me ravise : je dois dîner avec Guillaume, le lendemain…Déjà qu’on ne se voit plus beaucoup… Du coup, je laisse l’invitation en suspens. Le soir-même, j’avais rompu avec Guillaume mais je ne suis pas allée au barbecue, trop triste.

Dernier « rebondissement en date ». Pour l’année 2005, j’ai envoyé un mail commun à tout mon carnet d’adresse pour souhaiter la bonne année, j’avais intitulé ça : « communication du gouvernement ougandais » (je suis inspirée, moi, des fois), il me répondit ceci : « Réponse du quai d’Orsay : je te souhaite aussi une année 2005 pleine de bonheur et de santé. Qu’elle te soit profitable et que tes projets se réalisent comme tu l’entends. Reste en tout cas celle que je connais, une fille pleine de vie et très drôle: des atouts indispensables pour réussir. Gros bisous, Fabien ». C’est idiot mais ça m’a fait super plaisir.

Depuis, plus rien, il se perd dans les limbes de mes souvenirs pour ressurgir dans mes rêves sans raison. Et à chaque fois, ça me perturbe : ne l’oublierai-je donc jamais ? Certains me demanderont pourquoi je n’ai rien tenté une fois célibataire. Je me le demande aussi, j’y ai pensé plusieurs fois mais rien ne me dit qu’il soit célibataire. Et puis, j’ai tellement rêvé de lui, j’ai peur de la chute. A présent que je suis partie de Toulouse, je pense que je ne le verrai plus. Ça ne devait pas se faire, c’est tout.

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