Big little lies : et si on arrêtait de se stresser avec le suspense ?

J’ai vu une série, j’ai besoin de vous en parler car j’ai une vraie interrogation. Lors de mon retour de Tokyo, j’ai maté les tous premiers épisodes de Big little lies, une série assez proche d’un Desperate Housewives en un peu plus HBO. Si cette série ne m’a pas bluffée plus que ça, je m’interroge : j’avais tellement deviné la fin qu’il me semble impossible qu’ils aient cherché à masquer ce qui allait se passer. Après tout, ne sacralisons-nous pas trop le suspense ?

Big Little lies

En fait, j’exagère un peu. La construction de la série m’a bien plu : dans le premier épisode, on apprend que quelqu’un est mort et c’est à travers les témoignages des uns et des autres qu’on va reconstruire l’histoire. Mais on ne sait pas qui est mort. Sur ce point là, j’avoue que je me suis un peu loupée. J’avais déterminé assez facilement qui ne mourrait pas (Jane était évidente, un personnage parlant d’elle au présent à un moment, je n’avais pas de doute non plus sur Madeline et Renata. En vrai, moi, je pensais à l’institutrice, ça aurait fait un bon rebondissement) mais j’avais pas la bonne hypothèse sur lae mort.e . Par contre, quelques minutes avant le dénouement final, là, j’avais tout, je balançais ce qui allait se passer une minute avant que ça n’arrive.  Il y avait toute l’histoire autour de Jane notamment, était-on vraiment censés être surpris par la big révélation de fin ?

Le viol de Jane dans Big little lies

Du coup, je me pose la question : quel était le vrai sujet de la série ? L’identité de la victime, certes, mais est-ce que l’histoire de Jane était un élément central du suspense ou juste un fil de la toile pour décrire cette société américaine terriblement bourgeoise et bien pensante qui se sourit par devant et se vomit dessus par derrière ? Mais du coup, était-il utile d’insérer cette histoire là si elle était bâclée ? C’est quelque chose de très symptomatique des séries je trouve : pour durer les 10 épisodes de 45-60 mn que comptent en moyenne une saison (estimation au doigt mouillé, flemme de chercher des infos), faut un peu mettre de gras autour de la colonne vertébrale, quoi… Ce qui n’est pas un mal en soit sauf que j’ai parfois l’impression que ça génère des sous intrigues pas forcément passionnantes… Il m’arrive parfois, en matant des séries, de lever les yeux au ciel quand on passe sur une sous-intrigue en mode “non mais elle m’intéresse pas cette histoire, revient à l’autre, là !” . Bon, cette stratégie de mêler des fils dorés et des fils de basse qualité nous permet cependant d’abandonner peu à peu ces épisodes “filler”, ces épisodes un peu vides et sans intérêt qui sont un peu là pour remplir la saison. C’est pas mal le cas dans The walking dead ou Game of thrones où on est sur un rythme global de “1-2 épisodes de début de saison haletant – milieu de saison chiant avec un peu de relance avant la coupure (surtout the walking dead pour le coup) et final tonitruant”. En général, quand vous regardez ce genre de séries, ça donne à peu près ça “ohlala, ça reprend ce soir, je ne raterai pas le premier épisode – OH MON DIEU C’EST ENORME(bon, pas toujours) – pfff, j’en ai marre de cette série, elle est nulle, il ne se passe rien – OH ENORME CET EPISODE DE MI SAISON, J’AIME TROP CETTE SERIE – zut, je me suis encore endormie pendant l’épisode – OH MON DIEU CE FINAL, JE VAIS PAS POUVOIR ATTENDRE 8 MOIS POUR CONNAITRE LA SUITE !”*

Jane et Madeline dans Big little lies

Ou alors… nous donner un peu de biscuit facile à digérer, ce ne serait pas un peu une façon de nous flatter l’ego et faire passer mieux certaines pilules… Ou juste pour nous faire revenir à la série, juste pour voir si nous avions raison ou non dans nos intuitions (ça a très bien marché avec moi, pour le coup).Au sujet des pilules à faire passer, nous parlerons la semaine prochaine de Dark, la série allemande made by Netflix

 

* Je m’excuse pour cet abus de majuscules

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Courrier des cœurs : réponse à Pink Lady

PinkLady nous a soumis la question suivante : je suis à un dîner avec un mec qui me
plaît trop, dois-je me montrer vraiment entreprenante ou les femmes entreprenantes (mais vraiment) effraient-elles les hommes?

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La cellule love and sex des vingtenaires s’est réunie et voici les réponses :

 

Jane : Ici, tout est question du sens d’entreprenante. Entreprenante dans le style « je fais comprendre habilement que tu me plais » ou dans le style « Au restau
j’escalade la table en te disant que je te veux »?
Mettons nous dans la position inverse. Etre draguée par un homme entreprenant. Préfères-tu quelqu’un qui te charmera subtilement en te faisant comprendre que tu lui plais, ou un bourrin qui arrive avec ses gros sabots?
Et bien un homme, c’est tout pareil. Une amazone de l’extrême qui lui saute dessus, ça peut l’effrayer. Voui voui. Et le faire fuir, loin, très loin, à une époque où les femmes étaient de petites choses délicates qu’il fallait doucement séduire sans trop effaroucher (et là, des années de féminisme s’écroulent) Ou la séduction n’était pas de l’attaque.
Alors que diable, un peu de finesse et de subtilité! Inutile d’être trop directe et agressive, laissons agir le légendaire charme féminin et aux hommes des cavernes la drague 38 tonnes!

Marine : Bon, là en gros, tu demandes comment être une équilibriste et les principes de la communication non-verbale. L’idée est la suivante, je pense : si tu fais rien de rien, tu n’envoies aucun signal, donc gênant, c’est certain.
En revanche, il y a signaux et signaux. Sur ce point, je pense qu’il faut en donner un minimum. Etre habillée sexy (mais pas vulgaire), être souriante, rire à ses blagues et s’intéresser à sa vie, et évoquer au passage que tu n’as personne pour l’instant dans ta vie, c’est à mon avis suffisant. Si tu vas plus loin dans le langage des signes, ce sera trop gagné pour lui, et du coup, moins d’enjeu, moins de séduction possible. Il est possible que vous passiez la nuit ensemble, mais tu seras cantonnée au rôle de la fille facile, ou même de « la nana folle de lui », celle qui lui flatte l’ego mais dont finalement il n’a trop rien à foutre. L’idée n’est pas de le faire languir bêtement ou de faire la pouffe qui se fait désirer, mais de maintenir un rapport de force équilibré, pour ne pas court-circuiter le jeu de la séduction.
 

Nina : Je vais dire que, globalement, ça dépend. Je pense que ce n’est pas mal qu’une femme montre son attirance à un homme, qu’elle ne lui laisse pas faire tout le travail. Mais tout est question de limite et de ce que tu veux avec le monsieur. Si tu te vautres sur ses genoux, il va penser que tu n’en veux qu’à son corps, tirer son coup et ciao. En plus, les mecs, comme les filles, ne sont pas toujours ravis de se faire sauter dessus, même si tu leur sautes pas physiquement dessus. La subtilité est notre amie en toute circonstance. La classe aussi. Suggère discrètement, tu verras s’il saisit la perche ou pas. S’il ne comprend pas, c’est qu’il ne veut pas ou est limité de la tête. Ou handicapé affectif. Dans tous les cas, laisse tomber.

Summer : Bien sur tu as appris depuis ta plus tendre enfance que l’homme propose, la femme dispose. Sauf que comme tu as sans doute pu le remarquer, les hommes qui proposent en général 1) ne te plaisent pas 2) sont des bourreaux des coeurs avérés ou 3) sont des mecs qui te croisent dans la rue et qui te sifflent, façon à eux bien particulière de dire que tu es jolie! ( non je ne dirais pas bonne!)
Alors sur ce constat, il faut agir, et pour répondre à ta question je dis oui action! Mais attention, entre être entreprenante et vraiment entreprenante, y’a des subtilités. Je sais qu’il arrive bien souvent que les subtilités soient incomprises par l’autre sexe faute de parler le même langage et que tu n’as qu’une envie lui sauter dessus, mais si tu le fais, tu regretteras au choix d’avoir filer tes bas pour lui mettre le grappin dessus ou de ne pas être seule avec lui à ce stupide diner parce que ce que tu as en tête se passe de toute évidence de spectateurs.  Donc entreprenante, ok, mais point trop n’en faut comme tu l’auras compris. Alors que faire, et là tout se joue dans la stratégie. Le plan: toujours garder un oeil sur lui, histoire d’être en pôle position pour être à coté de lui au moment de passer à table, je dis bien à coté et pas en face parce que les effleurements sont quand même beaucoup plus faciles, garder un oeil sur les alentours afin d’évincer toutes concurrentes éventuelles et pour cela il te faut les repérer au préalable et enfin faire en sorte de retenir son attention: regard, robe ultra sexy, discussions enflammées etc…
Et puis s’il n’a toujours pas compris, lui glisser à la fin du repas que tu serais ravie de continuer cette si passionnante discussion en prenant un verre avec lui, seuls. Si là, il ne comprend pas alors laisse tomber il est soit idiot soit maqué.

Tatiana : Réponse brève claire et précise : avec les hommes pas besoin d’être très entreprenante pour qu’ils comprennent le message. Quelques signaux bien
placés (petits rires, je me caresse les cheveux, regards…). S’il capte pas 2 solutions : c’est un handicapé de l’amour ou il fait genre il voit rien car il ne veut rien avec toi.

Bastien : Faut il se montrer entreprenante ? Tout d’abord précisons une chose, je ne pourrais couvrir qu’une partie de la réponse. Pour ce qui est de ce faire du mâle un joujou de pieu je suis dans la capacité de répondre mais pour ce qui est de s’en faire un joujou de salon genre pied sous la table et matage des experts les bras l’un dans l’autre la je passe mon tour, c’est pas mon rayon.
Quels sont les raisons qui pourraient pousser un monsieur a rentrer dans sa coquille suite a des avances quelques peu marquées ? Un micropénis ? Une envie que la relation ne soit pas que sexuelle ? Une croyance religieuse ? Une connerie naturelle ? Dans tous les cas si vous perdez le type vous ne perdez pas grand chose mesdames. Mais par contre si vous gagnez, oulah si vous gagnez, laissez moi vous dire que vous aller vous retrouver entourée de saint Pierre & confrères du 7e divin étage plus vite qu’il ne faut pour dire « baise moi ». C’est avec les miss entreprenantes que les mecs se lâchent réellement sexuellement. Jamais vous ne titillerez l’anus d’un type a qui vous avez commencé par parler voyage en Italie. Ne tentez pas le sexe en public avec un mister qui vous offre des fleurs oblitérées « plaisir d’offrir ». Ne comptez pas sur une révision du kama sutra avec un monsieur qui vous raconte que belle maman n’a pas sorti le chien aujourd’hui. Pour l’éclate totale n’hésitez pas a balancer le grand jeu, le cheminement intellectuel masculin est on ne peut plus simple, « elle tente ça, elle peut tout tenter, si je couche avec elle il faut s’attendre a tout » (c’est comme ça que je me suis retrouver avec des bouts de peau en moins sur le cou par exemple)
Autrement dit tout dépend de ce que vous recherchez, si vous êtes vous même plutôt casanière dans la manipulation du tintoin impérial alors rien ne sert de se mettre a lécher langoureusement votre fourchette à chaque bouchées. Par contre si vous avec vos menottes dans votre sac, entre le lubri et les capotes, la allez y de l’oeillade chaude comme une baraque a frite.

Bobby : Aucune idée, je suis gay. Si tu veux que je te conseille, il existe des endroits sympas et pas trop chers où tu peux te faire amputer les seins, déclitoriser, et greffer un pénis (masculin, féminin, ça tient finalement à peu de choses : quelques coups de ciseaux, des hormones et hop, le tour est oué).
Après quoi je serai ravi de t’expliquer pourquoi les hommes entreprenants sont effrayants pour les autres hommes…

 

Enzo : Chère demoiselle,
En lisant ta question, je ne sais si je dois crier au scandale ou simplement te donner une fessée ! Alors que la journée de la femme a eu lieu il y a une semaine à peine en plus !
Mais peut-être que ma réaction épidermique est dû à un malentendu. Je me demande ce que tu appelles « vraiment entreprenantes ». Parce que je pense qu’un homme « vraiment entreprenant » effrait également les femmes (sauf celles qui sont convaincues d’avance).
Car en tant qu’humain, quelles questions se pose t’on en face d’un autre être humain vraiment entreprenant ?
– pour être aussi motivé(e), il/elle est peut-être simplement terriblement en manque
– pour être aussi motivé(e), il/elle n’aime peut-être qu’une image fantasmée de soi
– pour être aussi motivé(e), il/elle ne semble pas faire attention à ce que l’on veut soi-même
Bref, les raisons s’orientent vers la perception que l’on a de soi et la psychologie complexe. Pour revenir au schéma de ta question, peut-être qu’être trop entreprenante aura un effet
contre-productif, sauf si l’homme en question est mégalomaniaque (« je suis si irrésistible ») ou en manque. S’il est sensible (comme la plupart des hommes), il se demandera « est-ce qu’elle m’aime vraiment ou est-ce qu’elle réagit simplement à ses instincts et ne pense qu’à son bon-plaisir, tout en reniant ma qualité d’individu pensant ? ». Mais il y a une autre question : pourquoi souhaite tu être « vraiment entreprenante » ? Par envie ou parce que tu penses que cela peut faire pencher son avis en ta faveur ?
Mon conseil est d’être toi-même et de respecter cet homme comme tu souhaiterais qu’on te respecte.
Et n’oublie pas de t’abonner encore à Jeune&Jo… euh aux Vingtenaires pour plein de bons conseils chaque samedi !
Amicalement,
Dr Enzo, féministe masculiniste.

Lucas : Une femme entreprenante c’est souvent une nana qui cherche mais ne trouve pas celui qui lui va. Cela ne va pas m’effrayer mais déclencher un sourire roublard.
La tradition implicite veut que ce soit les hommes qui lancent l’action et que les femmes soient passives. Les hommes semblent avoir plus d’appétit sexuel que les femmes ou tout du moins ils le déguisent rarement. Pour autant, si une nana veut « se faire » un mec je ne vois pas où est le problème ! Même en observateur, cela me ferait sourire benoîtement de contempler la tactique d’approche et la perplexité du mec en face ! Cela me fera énormément plaisir aussi car je trouve qu’il y a une grande absente dans la drague. Cette grande absente c’est tout bêtement… la sensualité !
Car il faut l’avouer,
Si on est la target d’une femme entreprenante, le jeu est vraiment des plus mystérieux. On a constamment le cul entre deux chaises à se demander
« Est-ce qu’elle me chauffe à mort seulement pour jouer avec moi et faire sa chaudasse ? Vais-je me faire envoyer chier si je me montre calin ».
voire au contraire,
« Est-ce qu’elle est vraiment sous mon charme et elle prend les choses en main vu ma passivité initiale ? »
Et là, même le mec le plus sensible aura du mal à trancher !
Pour autant, souvent, la nana entreprenante est une chanteuse d’Axelle Red qui s’ignore
J’aime j’aime tes yeux j’aime
Ton odeur
Tous tes gestes
En douceur,
Lentement dirigés,
Sensualité…

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Tu m’écoutes ? Non j’t’audite…

Par Lucas

Sujet : Dans une étude argumentée et construite, vous analyserez l’annonce d’emploi  suivante reçue sur la boite mail de votre école de commerce…

 

Titre : Futurs diplômés, rejoignez CSP Plus Plus, l’un des leaders mondiaux du conseil.

 

Un début qui donne le ton : une accroche musclée grâce à un déséquilibre travaillé. Une incantation mise en apposition (« Futurs Diplômés« ) qui nous fait chuter vers l’inconnu en trébuchant sur la virgule. Heureusement, voila la proposition relative « rejoignez CSP Plus Plus » qui nous offre un parachute doré (36K€) et nous fait retomber sur nos pattes. CSP Plus Plus nous offre donc une proposition à forte valeur trouducutoire  ajoutée grâce à un pluriel sibyllin : « leaders mondiaux du conseil« . Il convient de dénoncer cette incohérence odieuse et cette malhonnêteté intellectuelle. Par définition, « le leader » est unique. Il  assurer un leadership donne une direction au travers d’une image
de chef.  En outre, l’incohérence totale saute immediatement aux yeux du passant honnête : comment un jeune diplômé fraichement émoulu de son école et qui n’a que deux trois expériences à son actif, comment donc ce jeune là peut-il être de bon conseil ? Parce qu’il est intelligent ? Parce qu’il a fait Sup de Co Reims et qu’il a donc un niveau intellectuel nécessairement supérieur
à un mec qui a fait Sup de Co Vesoul ?

Dès son introduction, notre interlocuteur se pose donc en faux et démontre à quel point son boulot est insignifiant. « Mais tu comprends l’audit ça fait joli sur un CV alors je pense que je vais postuler quand mê… »

Aujourd’hui, vous le savez, les technologies de l’information se placent au cœur des enjeux stratégiques de l’entreprise, en transformant leurs activités et en accélérant leur développement.

L’auteur commence son propos d’un « Aujourd’hui » introductif afin de nous rappeler qu’il est un homme du présent, de l’action, de l’efficacité. Il recherche notre confiance en flattant notre égo d’un « vous le savez » car si on a fait Reims c’est automatiquement qu’on a une culture économique de ouf gueudin et qu’on sait tout sur tout. Il évoque les sibyllines « technologies de l’information« , un fourre-tout facile qui nous parle mais sans idées précises. C’est là un phénomène recherché, un flou artistique. L’auteur continue son propos pour mieux nous rassurer avec la tendresse du cœur… et les questions « stratégiques« . La stratégie : que voila un sujet passionnant pour le futur cadre, homme de responsabilités. Ainsi remis sur un terrain de confiance, nous pouvons être flatté dans le sens du poil avec les promesses d’un quotidien aussi intense qu’haletant. Ce n’est pas pour rien que l’auteur choisit les mots « activité » et « développement » et surtout les verbes « accélérer » et « transformer« . Enfin de l’action, que diable !

 Les consultants sont donc devenus indispensables. Mais les compétences sont rares et les besoins aujourd’hui bien supérieurs aux ressources disponibles.

Le lien logique avec le paragraphe précédent (« sont donc devenus« ) est aussi sibyllin qu’évanescent. Avec cette phrase qui se veut modestement dithyrambique, l’auteur fait une belle figure de style : une raffarinade. En outre, il tente de déguiser son angoisse. Celle de ne pas réussir à trouver des troupes, des jeunes à envoyer la fleur au fusil et le tableur Excel à la main chez le client. Il évoque des compétences mais ne développe pas dessus. Il reste évasif pour mieux attirer le chaland. Il sait bien que le turn over en audit est très fort du fait de la vacuité du boulot. Saluons donc son effort consistant à rendre son taff attractif en créant un phénomène d’attente.

Les stages de fin d’études chez CSP Plus Plus ? Transformés à 80 % en CDI ! Pour vous former aux métiers du conseil et construire votre avenir, CSP Plus Plus vous propose des stages de fin d’études au cœur des grands projets de nos clients, au sein de nos équipes Conseil & Solutions. A la clé pour 80 % des 200 stagiaires recrutés cette année ? Un CDI !

Avec cette affirmation qui se veut paternaliste, enjouée et qui déguise une jubilation intérieure, le recruteur travaille en cohérence avec ces compagnons DRH d’autres boites. Il cherche à donner une légitimité au stage de fin d’études qui est un concept répugnant. Ce stage n’est en fait rien d’autre qu’une première expérience avec, pour le stagiaire, les mêmes impératifs de réussite, les mêmes pressions pour les rendus, la même expérience glanée. Tout ça pour un salaire ridiculement bas et encore t’as de la chance nous on les paye les stagiaires (ramené au nombre d’heures travaillées, on est en juste au dessus du SMIC malgache). Heureusement qu’on va apprendre plein de trucs et qu’on aura le label « j’ai fait de l’audit » pour compenser. Ouhai
heureusement)

Un Master à Paris Dauphine pour devenir un expert ERP !
Vous êtes attiré par le métier de consultant ERP mais souhaitez perfectionner votre formation ? CSP Plus Plus vous invite à vous inscrire à la prochaine promotion de son Master Consulting & Systemes d’infos à l’Université de Paris XV Odéon Plage : un cursus d’un an en apprentissage, qui vous garantit une formation ciblée et un emploi de consultant ERP à la sortie. Les inscriptions seront ouvertes en mars 2008.

Enfin un point positif dans cet amalgame de suffisance et de non dits scabreux : une formation pour affiner les enseignements de Sup de Co. Pour autant, le propos est ici sibyllin et maquillé à grand renfort d’un vocabulaire à la con (« expert », « consulting »,) et de points d’exclamation hypocrites : toi aussi deviens un expert de l’expertise !

Là encore, on ne le dit pas les choses explicitement…

Le consulting est un art : celui d’observer pour déduire, de regarder pour mieux faire évoluer, d’écouter pour mieux proposer, d’observer la réalité pour la sublimer…
Rendons grâce à cette démarche : c’est bien la seule chose à retenir de cette annonce.

Néanmoins…
Vous connaissez le proverbe « Qui veut la fin veut les moyens« …  

 

Le consulting c’est exactement le contraire et on pourrait en faire une devise pour cette activité. Etant donné qu’avoir un « objectif » c’est ne pas tomber dans la « médiocrité », je me décharge de toute responsabilité quand aux jeux de mots et aux sens qu’on pourrait donner aux mots « fin » et « moyen »…

Consulting : quand le moyen devient une fin…

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Curriculum vitae

Avant de commencer, je vais être claire. Ce site ne sera pas une mine de conseils pour trouver du boulot puisque je suis pas recruteuse. On traite le chômage avec une certaine autodérision.
 
Alors, pour trouver un emploi, nous avons à notre disposition deux outils : le CV et la lettre de motivation. Parlons du premier. J’avoue ne pas du tout me souvenir de la première fois que j’ai fait un CV mais j’étais jeune puisque j’y ai mis mon brevet des collèges et mes babysittings car, à l’époque, ça permettait de mettre deux lignes de plus, pour vous dire la pauvreté de mon pauvre petit curriculum. Mais il faut bien commencer quelque part. A 19 ou 20 ans, je ne peux pas avoir ni beaucoup de diplôme, ni beaucoup d’expérience.

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Honnêtement, rien ne m’énerve plus que de faire un CV. D’abord, la forme. Ce qui est bien, c’est que tout le monde a son avis sur la question et que forcément, la multiplicité des avis vous donnent pas mal de contradictions. « Non, un CV ne doit JAMAIS faire plus d’une page ! », « Non mais ton CV, il vaut mieux qu’il soit écrit assez gros et sur deux pages plutôt que tu serres tout et que tout soit illisible ». Perso, j’ai opté pour les deux pages parce que j’aime bien les documents écrits dans une police lisible et une mise en page
assez aérée, histoire que les infos ressortent. J’ai même mis un peu de couleur (du bleu, je reste sage), histoire que les noms ressortent.

 Cette histoire de longueur de CV m’interpelle et m’horripile. En gros : « ayez de l’expérience, mais que ça tienne sur une page, merci ! ». Du coup, pas mal de mes piges sont passées dans une rubrique « autres médias ». Un gars qui pour qui j’ai pigé récemment m’a fait remarqué que j’avais trop de choses dans la rubrique expérience et du coup, je donne une sensation d’instabilité. Mais bon, moi, je pourrais rester au même endroit, j’en serais la première ravie. J’ai pigé pendant deux ans sur un website pour étudiants mais après, dans la boîte de DRH choupinou, j’ai pu bosser que 3 semaines (alors que j’aurais vraiment aimé plus), c’est une mission. Mais si je refuse tous les CDD de moins de 3 mois parce que « ça fait pas bien sur mon CV, ça fait instable », je suis pas sortie de l’auberge. Parce que si j’en fous pas une, on va me demander aussi comment ça se fait, ça fait la fille paresseuse qui ne fait aucun effort pour taffer. Alors quoi ? En entretien, on peut justifier de cette succession (ou non) d’expérience mais encore faut-il y arriver à l’entretien, n’est-ce pas.
 

Autre rubrique : formation. Bon, on m’a expliqué que les mentions, ça ne sert que si je veux continuer ou reprendre mes études. Mais tous mes diplômes sont avec mention(enfin, pas mon DEUG ou ma licence mais je les ai virés, vu que j’ai la maîtrise dans la même matière) alors ça m’ennuie un peu de les enlever. Parce que ça montre que j’ai bien travaillé, que je suis une bonne élève. Je sais, c’est pas forcément un argument et les recruteurs s’en foutent mais ça flatte mon ego. Sinon, concernant les langues, j’ai fini par virer l’allemand que j’ai pas pratiqué depuis mon bac en 1998 (alors que c’était ma première langue mais je me suis pris un petit 11 au bac et j’ai été vexée donc j’ai laissé tomber). Ich spreche deutsch aber I habe vergessen. Un truc du genre. Evidemment, je reprendrais des cours, ça reviendrait tout seul. Mais j’aimerais mieux apprendre une langue slave parce que je les trouve sexy et qu’en plus, avec
l’élargissement de l’Union Européenne, ça peut toujours servir. Même si la Croatie n’est pas (encore ?) dans l’UE, ça me brancherait bien de l’apprendre. Mais après, mes niveaux sont-ils honnêtes ? J’ai pas vraiment l’occasion de parler anglais ou italien. Evidemment, j’en aurais besoin, ça reviendrait vite. Quant aux loisirs, je comprends même pas qu’on nous demande ça. Enfin, moi, j’aime écrire et lire pour de vrai, c’est plutôt un bon point pour mon métier mais la photo, qui s’en préoccupe ? Un ex petit ami m’avait conseillé de mettre un sport collectif sur mon CV, histoire de montrer que j’ai l’esprit d’équipe et tout ça. Ok sauf qu’à part deux ou trois matchs de basket en 5e, j’ai jamais pratiqué aucun sport co. De toute façon, je suis pas vraiment une sportive, moi, la natation ou la marche (ou le rameur, j’en ai un chez moi), je les aime parce que je peux les faire en automatique et rêvasser en même temps. Allez rêvasser
pendant un match de basket, vous allez rapidement vous retrouver sur le banc de touche !

Dernier point (et non des moindre) : photo ou pas photo. Là, encore, il y a deux écoles et elles me donnent gentiment des conseils, histoire de bien m’embrouiller. Alors, oui, non, peut-être ? Non parce que si je mets ma photo, je présume qu’elle va jouer en ma faveur tellement je suis belle, c’est mal. Mais un recruteur m’a expliqué une fois qu’à CV égal, le candidat qui présentait le mieux l’emportait. Bon, ok, on va mettre une photo où je fais pas trop ma séductrice alors. Je vais au photomaton, clic clac… Ok, je vais trouver une autre photo tant je suis hideuse sur la photo (je me ressemble même pas en plus). Bon, mes photos de soirée, on oublie : j’ai certes un joli sourire mais on sent que mon taux d’alcoolémie n’est pas à zéro. Et quand il l’est, mon décolleté est bien trop plongeant, je peux pas mettre mes seins sur mon CV, tout de même. Et quand je n’ai pas de décolleté, j’ai un boa, on s’en sort pas. Bon, fouillons mes autoportraits webcamiques. Joli sourire mais il manque le dessus de mon crâne. Là, on voit rien. Raaaaaaaaaaaaaaah mais quel casse-tête. Bon, finalement, je choisis une photo pas du tout d’identité où je suis tout sourire… Mais peut-être que ça ne fait pas assez sérieux ?

Bref, ce qui est magique avec le CV, c’est que si vous demandez leur avis à 10 personnes, vous êtes sûrs que vous obtiendrez 10 avis bien différents… et bien contradictoires. De toute façon, quand je cherchais du taf, j’ai pris une leçon de vie : il ne faut pas avoir le CV le mieux présenté… Mais celui qui arrive dans les premiers dans la boîte mail du recruteur.

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INTERVIEW DE LUCAS

Par Lucas

Cette interview a été entièrement non relue et non amendée par Lucas qui tient à remercier ackboo au passage..

Le Monde : Dans les milieux bien informés, on susurre que Monsieur Sarkozy n’aurait brigué la présidentielle que dans le seul but de vous nuire…
Lucas : Je peux vous confirmer que je suis bien la cible de ce que l’on pourrait appeler un vaste complot d’État. J’ai même dû, il y a quelques temps, m’exiler quelques mois aux Conodo. Il est évident qu’entre Monsieur Sarkozy et moi, c’est désormais une affaire personnelle. Il a même dit : « J’arrive à l’Elysée pour fister Lucas ».

En fait, j’entends bien utiliser le blog des Vingtenaires comme un puissant lobby médiatique, afin de renverser Monsieur Sarkozy grâce à des articles fins et profonds. D’ailleurs, pour tout vous dire, j’espère bien prendre le contrôle du pays un jour prochain, et croyez moi, certains vont payer : Fisc, contractuelles, préposés aux radars, conducteurs de bus et Manu Katché, le meilleur batteur français, le moins intègre aussi.

Le Monde : Que pensez vous avoir apporté au petit monde des Web Logs ?
Lucas : Plein de chose! De la sérénité, de l’entrain, de la faconde bien sûr, mais surtout une approche radicalement nouvelle de l’interaction blogueur-lecteur, dans un cadre plus mondialisé. Je pense qu’il est nécessaire de redynamiser l’espace-paragraphe et sous-tendre la problématique de chaque texte de manière plus formaliste. Il faut sortir des carcans rédactionnels passéistes, moderniser les champs lexicaux, resserrer la grille de lecture en l’adaptant à notre cœur de cible.

Le Monde : Plic ?
Lucas : Ploc.

Le Monde : Vous avez vraiment réponse à tout, c’est fabuleux ! Quels sont vos projets à court et moyen terme ?
Lucas : Finir mon école, trouver un mec à Nina, un taff et être heureux. Pour le moyen terme, on a le temps. Comme disait de Gaulle, « Ouistiti Sexe ».

Le Monde : Pensez-vous que le Général de Gaulle aurait aimé lire les Vingtenaires ?
Lucas : Sous son apparence bourrue, Charlie était un grand amateur de media. D’ailleurs, n’a-t-il pas déclaré « Quand je veux rigoler, j’achète Le Monde ». Est-ce qu’il aurait aimé les Vingtenaires ? C’est une question difficile, évidemment, mais si l’on considère qu’il a toujours su garder autour de lui un ou deux gros déconneurs (les plus érudits d’entre-vous se rappellent certainement du duo que formaient Georges Pompidou et Papa Debré) on peut penser qu’il aurait aimé lire ces lignes.

Le Monde : Aimez-vous les courgettes ?
Lucas : C’est une très bonne question. Vous savez aujourd’hui, pour un blogueur, la question des courgettes est essentielle. C’est un débat sur lequel on ne peut pas passer en coup de vent. Il faut étudier le problème et trouver des solutions efficaces qui ne lèsent aucune des parties. Il faut savoir dire le fonds de sa pensée avec audace et courage. A mon avis le 21eme siècle sera courgette ou ne sera pas.

Le Monde : Qu’allez vous transmettre comme message sur le blog des vingtenaires ?
Lucas : Au delà du syncrétisme culturel évident qui émane de ce projet à forte valeur deconnatoire ajoutée, je veux bien sûr flatter mon ego en racontant ma life à qui veut bien la lire. En outre, il y a, bien entendu, ce désir de fonder une nouvelle religion dont je serais le messie et Nina la déesse afin que toutes les filles qui passent se disent : « Hummmn Lucas, il a un beau petit culte ».
Mis à part ça, comme toutes les religions, je vais promouvoir la charité, la tolérance, le pardon et la paix des âmes. Et puis aussi sex, drugs and wock’ene’woll. Peut-être que j’irais même jusqu’à conceptualiser l’humanisme jeune. Au fait, sans transition, vous saviez qu’à la fin du film Rocky bat le boa ?

Le Monde : Non, je n’etais pas au courant mais c’est bon à savoir. Au fait, dans vos goûts, vous êtes plutôt Pénélope Cruz ou Cameron Diaz ?
Lucas : Ah ah ah ! Vous avez cru que vous alliez m’avoir ? Je connais mes classiques moi Monsieur! Pluto c’est le chien de Mickey. L’ami de Mickey c’est Dingo !


Le Monde : Pardonnez-moi, je ne sais plus ce que je dis. C’est ce film, toute cette pression…

Lucas : Ya pas d’mal…

 Le Monde : Vous êtes actuellement en école de commerce où la vulgarité peut atteindre des sommets. Qu’en sera t-il de vos articles sur les Vingtenaires ?
Lucas :  Et voilà, putain, ça recommence. Vous faites vraiment chier, vous autres, les journalistes. Il suffit que l’on écrive  » sacrebleu  » ou  » caca boudin  » par inadvertance et vous nous cassez les couilles. Certes, en école de commerce, c’est la fête du slip, mais il n’y a vraiment pas de quoi bouffer un string. Si  mes articles seront vulgaires ? Sachez que ce n’est pas mon genre. Et quand bien même ils le seraient, qu’est ce que ça peut te foutre, connard ?  Ouais, c’est ça, va poser tes questions ailleurs, enculé.

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