The handmaid’s tale, la dystopie religieuse

Tiens, voici un style dystopique que je n’avais pas abordé. Sans doute parce que je ne crois pas en avoir vu/lu, mmm… Alors aujourd’hui, on va parler de the handmaid’s tale. La série, pas le livre que je n’ai pas lu mais ça va se rajouter sur ma (trop) longue liste parce que j’espère y obtenir des réponses que la série ne donne pas. Mais the handmaid’s tale, c’est quoi donc ?

The handmaid's tale

Dans une société où les femmes ont de plus en plus de mal à avoir des enfants suite à un mélange de pollution et de MST (bim !), une secte religieuse appelée “les fils de Jacob” parvient à prendre le pouvoir suite à un coup d’Etat. Les femmes reconnues fertiles seront envoyées dans des centres pour être éduquées puis envoyées dans les familles riches pour être fécondées et donner naissance à la progéniture de la famille. Les femmes n’ont plus le droit de travailler, avoir leur propre argent, être propriétaire ou même lire, elles sont désormais soumises au bon vouloir des hommes. On suit l’histoire de June, femme fertile capturée et qui va chercher à se libérer pour retrouver sa fille, Hannah. Elle travaille dans la maison d’un Commandeur, Fred, ce qui lui vaut le nom de Offred(Defred en français). Elle est donc violée tous les mois par son patron avec l’aide de l’épouse de celle-ci.

The handmaid's tale : la cérémonie

Pour nous expliquer le nouveau monde, la série va prendre le parti de nous le faire découvrir petit à petit à travers les pensées et flash backs de June. Si la première scène s’ouvre sur elle fuyant avec sa fille tandis que son mari se fait tirer dessus,on passe direct à sa vie chez le commandeur et son épouse. Cette construction est à la fois sa principale force et sa principale faiblesse. Les personnages ne passent pas leur temps à s’extasier sur ce qui fait leur quotidien, ils ne sont pas là “oh mais quelle époque on vit, clin d’oeil au spectateur”, non, ils mènent leur vie, la voix off de June permet de donner un aspect “mémoire” à tout ça. On suit la montée en puissance des Fils de Jacob, June qui explique l’élément fondamental des dystopies : “ce n’est pas venu d’un coup, on a laissé faire car on ne se rendait pas compte, comme la grenouille dans l’eau brûlante”. Alors ok sauf que…

The handmaid's tale

Sauf que je ne comprends pas comment on passe de “les femmes sont plus très fertiles” à “une secte a fait un coup d’état”. C’est peut-être mieux expliqué dans le livre, je ne dis pas mais vraiment, j’ai du mal à saisir. Du coup, l’univers manque cruellement de cohérence. Vivre selon les préceptes de l’Ancien testament, c’est la base d’une dystopie qui peut tout à fait être intéressante mais pas mal de choses me paraissent obscures : par exemple, que fait Moira, la meilleure amie de June, dans un centre Rachel alors qu’elle n’a jamais eu d’enfants et qu’on ne sait pas si elle est fertile ou non. Pourquoi les soeurs écarlates sont celles qui mettent à mort les condamnés ? Pourquoi l’enfant doit-il être conçu “naturellement” et d’ailleurs, quel est leur rapport avec la technologie ? On a presque l’impression d’être chez les Amishs mais ils utilisent des voitures, l’électricité et sont assez pointus en terme de médecine (ils aiment bien enlever des bouts aux gens pour les punir). Comment se fait-ce que l’immense majorité des protagonistes soient dans la résistance mais que personne ne renverse les trois clampins (littéralement) au pouvoir, surtout pas les autres Etats qui accueillent cependant les réfugiés les bras ouverts, notamment le Canada ? Comment une secte qui ne semble pas si énorme que ça peut soumettre les Etats-Unis en entier et tenir la place ?

La théocratie de The handmaid's tale

Bref, si l’histoire de June peut être intéressante, surtout son entrée peu à peu dans la résistance, l’univers autour souffre vraiment d’un manque de cohérence et de vraisemblance. Du coup, est-ce que je vais lire le livre ? Oui, pour mieux comprendre, voir si le livre palie cette fragilité d’univers. Regarderai-je la saison 2 ? Oui parce que j’ai envie de voir la suite. Est-ce que je vous conseille la série ? Oui MAIS je ne comprends pas bien l’incroyable enthousiasme autour. Ca se regarde mais ça ne m’a pas marquée plus que ça.

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L’épée de Darwin de Dan Simmons

J’aime varier les plaisirs et après Anna Karénine, j’avais envie d’un bon polar et l’épée de Darwin de Dan Simmons sonnait bien à mes oreilles. Surtout que le monsieur est l’auteur de “l’échiquier du mal” que je n’ai pas lu mais dont j’ai entendu beaucoup de bien donc vas-y, liseuse, on part à la conquête de ce nouveau polar.

l'épée de Darwin de Dan Simmons

L’histoire : Darwin Minor, docteur en physique spécialisé en accidentologie, intervient sur les accidents mortels pour une assurance afin de décider quelles sont les responsabilités des uns et des autres. Mais le voilà soudain pris en chasse par des tueurs à gage russes. En leur échappant, Darwin se retrouve désormais face à une mafia locale qui organise des tas d’arnaques à l’assurance avec des accidents provoqués. Il va s’associer à Sidney, une inspectrice de choc.

The Mentalist

Un consultant et une inspectrice, c’est vrai qu’on n’a jamais vu ça

Alors dis comme ça, avouez que c’est assez sexy… Et bien, c’est un leurre ! Le livre fait 463 pages, il aurait pu tenir en 150. Une souffrance.

Alerte mauvais livre

Alors reprenons, qu’est-ce qui ne va pas dans ce roman ? En premier lieu le héros principal. Mon Dieu que ce type est insupportable. En fait, Darwin Minor souffre de ce qu’on pourrait appeler le syndrome Robert Langdon, le héros de Dan Brown (Da Vinci Code, Inferno, Le symbole perdu…) : le mec sait tout sur tout, il sait tout faire et les femmes en tombent systématiquement amoureuses. Non mais bonjour l’ennui ! Du coup, notre ami Darwin te dit en 34 secondes ce qu’il s’est passé sur cet étrange accident, il va faire du planeur et joue à la guérilla dans la forêt avec des armes, te shootant un mec à au moins 10 km pépouse. Sa seule faille : il a perdu sa femme et son fils dans un crash d’avion auquel il a lui même survécu. Alors je sais pas vous mais moi, M. Parfait, j’ai toujours du mal à avoir de l’empathie pour lui…

Zodiac-de-David-Fincher

Mais encore, il n’y aurait que ça… L’écriture de Simmons est insupportable. Soit le mec veut nous partager toutes ses passions soit il veut nous montrer qu’il s’est bien documenté mais… la moitié des écrits sont juste inutiles. On a le droit à de trop longues listes d’armes et de voitures (ne m’y connaissant ni dans l’un ni dans l’autre, ça ne m’aide pas vraiment à rentrer dans le récit), tout une histoire de planeur qui ne sert strictement à rien (mais on a bien compris que Darwin était le meilleur pilote du monde), un flash back sur un épisode infiniment long de la guerre du Vietnam (spoil : Darwin est le seul militaire à s’en sortir) qui n’a pas la moindre incidence sur le récit. Mais bon sang, Simmons, à quoi tu joues ? Tu avais un nombre de signes trop élevé à respecter ou ?

long manuscrit - sur la route

Quant à l’intrigue. Bah, c’est un épisode des Experts, quoi, ni plus, ni moins. On a des crimes, on enquête, on te plie ça en 2*2, merci bisous. A la limite, pourquoi pas, j’ai pas mal regardé les Experts il y a 15 ans mais là, c’est même pas bien amené ! L’enquête avance un peu par la grâce du Saint Esprit, Darwin comprend des trucs tu ne sais même pas comment, la piste se remonte bien trop facilement… Et du coup, niveau rebondissement, tu repasseras.

Le cross over des Experts

Nyeeeeeeeeeeeeeeah !

Bref, je me garde L’échiquier du mal pour plus tard, pour voir, mais je vous cache pas que je vais le lire un peu à reculons. J’ai fait une légère comparaison avec Dan Brown et on n’en est vraiment pas loin : héros bien trop parfait, héroïne simple faire valoir (même celle qui devient la descendante de Jésus), enquête qui se débarrasse du bon sens… mais je ne rends pas tout à fait justice à Brown : malgré ces gros défauts, son écriture est efficace et tu dévores le bouquin comme un paquet de Malteser. Alors que là, c’était plutôt grosse plâtrée d’haricots* verts en boîte… C’est assez dégueu et ça se digère pas très bien.

 

* Je reste fascinée par la différence radicale de goût entre les haricots verts en boîtes et les haricots verts frais.

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L’Étrange Histoire de Benjamin Button, de David Fincher

Par Bobby 

Chronique cinéma

Une fois n’est pas (plus) coutume (j’ai été débordé par une avalanche de dossiers à rendre pour la fac et, face à la difficulté de la chose, me suis vu contraint d’abandonner mon double cursus philo-cinéma pour ne garder que le cinéma, car après tout, je suis venu à Paris pour ça, à la base), je reprends mon clavier et ma casquette de Bobby la bidouille pour vous parler d’un film que je suis allé voir hier en compagnie de mon cher et tendre (que nous appellerons Angel, puisque de toute évidence, je serai amené à reparler de lui à de nombreuses reprises…) : L’Etrange Histoire de Benjamin Button

C’est l’histoire, narrée comme un conte, d’un homme qui nait vieux et rajeunit tout au long de sa vie, qu’il parcourt dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. C’est l’histoire de la vie, et surtout de la mort, qui n’est plus associée à la vieillesse mais, dans la réflexion que propose la film, à la fin de toute chose. Il y a une beauté rare, dans ce film. Dans les images, dans les choses qui sont dites, dans la profondeur de certaines scènes (comme par exemple l’installation par un vieil horloger ayant perdu son fils à la guerre d’une immense horloge qui recule dans le temps, entrecoupée de flash backs des tranchées, dans lesquelles on voit les soldats se relever, les éclats d’obus se refermer, etc). Les thèmes abordés, comme l’amour (que ce soit l’amour parental, l’amour entre deux êtres, ou l’amitié), la guerre, la sexualité, le corps, l’âme, l’art, la vieillesse, l’enfance, l’âge mûr, et le destin, semblent envelopper tout ce qui existe. A partir de là, le film -qui dure 2h35- justifie sa longueur. Il fallait prendre le temps de nous présenter le chemin parcouru au cours d’une vie (à la manière, sans doute, d’un Barry Lindon, de Stanley Kubrick).

Brad Pitt et Cate Blanchett sont saisissants, et le film nous prouve qu’en les faisant rajeunir et vieillir à volonté, les techniques de maquillage sont à notre époque d’une impressionnante efficacité.

Devant ce film, vous allez rire et pleurer, frémir et trembler. Vous allez aimer ces personnages, tous autant qu’ils sont, pour leurs particularités, leur durée éphémère, leur vérité.

Il faudrait revoir le film au ralenti, pour noter toutes les jolies phrase qui sont prononcées, et qui font du bien à l’âme.  

PS : j’en profite pour faire de la pub pour mon moyen métrage, qui vient de sortir en ligne, et qui est visible ICI.

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La série la plus nase du monde… L’invincible

Vendredi soir,Vicky et moi sommes échoués sur son canapé à refaire le monde et nos vies, à potiniser… Enfin, une soirée normale entre filles, Vodka Tonic nous ayant quitté à ce moment là de l’histoire. A un moment, vers tard dans la nuit, notre regard est attiré par l’écran et la série qui vient de débuter, un truc ésotérico-crytique à vue de nez. Puis s’étale en gros le nom de la série : L’invincible dont l’acteur principal est… Lorenzo Lamas. Je sens que ça va être grand.

Au bout de 10 minutes, nous sommes conquises. Au bout de 2 épisodes, on décide que cette chose télévisuelle est collector. Mais qu’est-ce que donc ? Je vous
fais le pitch : Raph’ est un samouraï blanc du XVIIe siècle. Déjà, ça rappelle le Pacte des loups et son Samuel Le Bihan pratiquant le kung fu. Il a à sa disposition un padawan puceau qui s’appelle Tommy et qui ressemble (très) vaguement à Hayden Christensen. Et là, drame, il devient invincible et doit chasser des démons durant toute l’éternité à cause d’une mort, à priori celle de sa chérie japonaise qui se fringue comme une catin mais je suis pas sûre parce qu’il cherche quelqu’un et que je me demande si c’est pas son maître qui est mort et sa fiancée possédée par les
démons. La série se passe au XXIe siècle, en fait, Ralph et Tommy continuent de combattre les démons et sont aidés par Sarah, blonde greluche à gros seins.

Un immortel, un jeune maladroit (puceau) et une blonde, ça rappelle pas un peu quelque chose. Oui. L’invincible, vous l’avez compris, c’est Highlander chez les
démons. D’ailleurs Ralph il a les cheveux longs pareil et un sabre pour se battre, « une lame forgée à la force du poignet », dit-il. Nous, la lame forgée à la force du poignet, forcément, ça nous a fait hurler de rire et on n’a pas arrêté de faire des disgressions cochonnes sur le sujet, même si Ralph, il roule une pelle par épisode mais il a l’air vachement branché asiat parce que quand il embrasse la blonde, c’est juste pour lui faire un choc mais sinon, il lui colle 3 rateaux par épisode. A chaque fois, on a aussi droit à des flash back vers sa vie de samouraï blanc (combien de mecs s’appelaient Ralph et Tommy au XVIIe et partaient apprendre le kendo au Japon ?) pour bien nous perdre dans l’histoire. Genre à chaque fois qu’il prend un
coup sur la tête ou part dans ses pensées, petit flash back. On a même eu droit à un épisode western où il y avait trois niveaux de récit : la vie du XVIIe, la vie du XXe et la vie dans un monde parallèle de démons. Comme celui là, c’est le premier qu’on voyait avec Vicky, on avait un peu de mal à capter… En plus de pomper honteusement Highlander, le Pacte des loups et Bruce Lee et Buffy, on retrouve aussi des scènes odieusement pompées de Matrix. Bref, du vilain copier/coller.

Et pourtant, c’est génial. Les acteurs sont mauvais, les bagarres sont catastrophiquement jouées, les démons sont éliminés en un seul coup de poing, les dialogues sont à hurler (de rire), les histoires déplorables… Mais en fait, cette série joue sur les degrés. Il y a une part d’humour très potache, notamment avec Sarah qui est une gourdasse qui se prend la porte du saloon dans la tronche par exemple. Sans parler de la scène de bagarre où une serveuse du bar se castagne avec des cow boy et se prend même un pain. Autre ressort comique : la virginité de Tommy. 4 siècles sans tremper son biscuit, ça commence à le travailler le petit. C’est même le point essentiel d’un épisode où il est choisi par des démons pour être sacrifié et il
fallait que le sacrifié soit vierge. Là, les démons le soulèvent en scandant : « Virginité ! Virginité ! Virginité ! ». Ben, il a beau avoir 400 et quelques années, on sent bien qu’il ne le vit pas super bien.

Bref, je ne suis pas sûre de regarder de nouveaux épisodes puisque j’ai souvent mieux à faire le vendredi soir mais j’avoue que j’ai trouvé cette chose
merveilleusement drôle. Mais c’est quand même mieux à regarder à plusieurs, histoire de bien se marrer.

PS sans rapport : Ca me tente pas mal le kendo, y a des gens qui en font ?

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Memento, de Christopher Nolan

Par Bobby 

Pfiou, que le temps passe vite… Je rentre de la gay pride et je me dépêche de vous rédiger un petit quelque chose… Cette semaine, j’ai pu voir en dvd un film dont nous avions parlé en commentaire avec Tatie Diane, Memento. Sur le boîtier, ils ont écrit : film culte. Et je crois qu’ils n’ont pas tout à fait tort. 

 

L’histoire ? Rien de plus simple : un américain beau gosse chercher à venger la mort de sa femme. Là, vous me dites : ok, on a déjà vu ça 200 fois. Et là je vous dis : attendez, j’ai pas fini ! Car le type souffre d’une forme rare d’amnésie, qui le prive de mémoire immédiate… il conserve tous ses vieux souvenirs, d’avant son accident, mais ne se souvient plus de rien au bout de 10 minutes… Bon, déjà, pas facile à mettre en scène. D’autant que le type, afin de s’en sortir un minimum, est obligé de prendre plein de notes en permanences,
de faire des photos des gens qu’ils rencontrent, et même (c’est américain, je rappelle…) de se tatouer sur le corps les infos super importantes. La classe suprême (et c’est l’occasion pour nous de mater à loisir le corps de Guy Pearce). En plus, des fois les gens sont des connards et essayent de lui pourrir son enquête, alors il doit reconnaître son écriture sur ses notes, sinon… ben sinon il se plante complètement…

Ensuite, et c’est là tout l’intérêt du film, le film se déroule à l’envers… On commence par la dernière séquence, et on remonte ainsi jusqu’à la première. Et, histoire de compliquer encore plus les choses, les séquences sont entrecoupées de flash-backs en noir et blanc, qui constituent une histoire parallèle un peu hachée, et qui, au final, vient éclairer l’intrigue principale. 
Bref, vous l’aurez compris, le principal intérêt du film, c’est une prouesse scénaristique indéniable. Pour le regarder, il faut être à son maximum de concentration, car si on loupe ne serait-ce que 20 secondes, paf, on est complètement largué. Avis aux amateurs d’énigmes filmiques… 

PS : pour nous amis les mâles hétéros, vous pouvez aussi profiter de l’image de la belle Carie-Anne Moss, excellent personnage secondaire… Rappelez-vous, elle joue la ténébreuse Trinity dans Matrix !

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Friends

« I’ll be theeeere for youuuuu ! » En 1997, j’allume la télé un soir d’été et je tombe sur une série bizarre, débile et qui me
fait mourir de rire : Friends. Je connaissais de nom, la série passait depuis quelques temps sur Canal Jimmy et tout le monde en parlait sur Fun Radio ou dans le magasine XL (oui, là, je viens de démontrer qu’ado, j’étais une super pintade). Du coup, j’étais méfiante. Quand on hurle au génie, j’ai peur de l’effet de mode. Donc comme rien ne vaut ma propre opinion, je regarde.

 

Voici donc l’histoire de 6 New-Yorkais pré-trentenaires. Rachel, Monica, Phoebe, Chandler, Joey et Ross. J’avoue que je ris comme une bossue, je suis totalement fan. Bon, je m’abstiendrai de présenter les personnages, je pense que tout le monde connaît la série et l’a vu au moins une fois. Cette série a « révolutionné » ma culture de fin d’adolescence. Au lycée, dans notre groupe d’amis, on ne parlait que de ça, j’étais surnommée « Phoebe » parce qu’à l’époque, j’étais totalement mystique, un peu timbrée et surtout, je voulais devenir
chanteuse. Oui, moi, mon rêve, ado, c’était de me retrouver seule sur une scène avec ma guitare. Bon, presque 10 ans plus tard, je n’ai jamais pris un cours de guitare mais les rêves d’adolescence sont très beaux. Bref, on en était accro, on s’était amusé à doubler un épisode, on en parlait souvent : « et tu as vu Friends, hier soir ? ». Cette série m’a d’ailleurs valu une déclaration d’amour particulière. Je raconte. J’ai donc 17 ans et je fais une soirée chez moi, trois copains restent dormir à la maison. Je vais me coucher et quelques
instants plus tard « toc, toc, toc ». Je vais ouvrir : Julien, un des trois garçons. Il m’explique que les deux autres font les cons et qu’il a envie d’un peu de calme donc on commence à discuter et on dérive sur Friends. A un moment, je babillais sur le sujet et je me prends un : « je t’aime ». Là, je bloque et je réponds : « Heu… Tu dis ça pour moi ou pour Friends ? ». Oui, quand je dis qu’ado, j’étais vraiment nulle dans mes relations homme/femme, je mens pas.

Bref, revenons à Friends. Les personnages sont assez caricaturaux, pour provoquer des situations burlesques, mais je pense que nous nous reconnaissons tous un peu dans ces personnages. Ado, j’étais plutôt Phoebe, aujourd’hui, je serais plutôt Rachel. Un peu gamine, un peu pleurnicheuse, carriériste, enthousiaste et totalement nulle en matière de drague. Non parce qu’il faut l’avouer, ce que je préfère chez Rachel, c’est quand elle s’amourache d’un mec et ne sait comment se déclarer. Et ses galères, je connais. Comment faire comprendre au mec trop craquant qu’on aimerait bien qu’il nous fasse des câlins, qu’on s’installe ensemble et tout ça ? En plus, j’adore la façon dont elle s’habille, faudrait que je m’inspire un peu de son style.

Pour les garçons, j’ai remarqué que la plupart d’entre eux se reconnaissent plus dans Chandler ou Ross. Sans doute parce que Joey, même s’il est très mignon et attendrissant, est un sacré idiot. Même si Phoebe a un côté très naïf, elle aussi, elle se montre redoutablement intelligente quand il s’agit de manipuler les gens. Donc les mecs aiment bien se sentir proche de ces deux-là. Je me souviens de Guillaume the first qui essayait de copier le mouvement de tête de Ross quand il part brutalement après une lose, genre « je garde ma dignité ».

Friends, c’est un peu la vie dont tout le monde rêve : une bande de potes qui reste unie quoi qu’il arrive. Ils vivent dans de beaux apparts, ont des boulots plutôt peinards (ils passent leur vie au café), ont des gardes robes impressionnantes, ont toujours des histoires amoureuses avec des personnes physiquement très séduisantes… Bref, tout est plutôt rose. Bien sûr, ils connaissent les loses du quotidien : les problèmes d’argent, les problèmes de boulot, les problèmes sentimentaux… Mais ils finissent toujours par s’en sortir, notamment grâce au soutien de leurs amis. Il y a aussi des décès, comme la grand-mère de Ross et Monica puis la grand-mère de Phoebe. Il y a des naissances également : Phoebe donne naissance aux triplés de son frère, Rachel a une fille avec Ross. A la fin, Monica et Chandler, qui ne peuvent se reproduire, adoptent des jumeaux. Il y a des mariages aussi : Monica et Chandler, Phoebe et Mike. Ross
s’est marié deux fois dans la série, la série débute juste après sa séparation de sa première femme, Carole, devenue lesbienne. Le jeune homme a épousé Emily et Rachel avant de se séparer d’elles.

Ce qui est fantastique, c’est qu’ils vivent tous en coloc : Monica et Rachel et Joey et Chandler puis Ross vient vivre chez les garçon, Monica et Chandler s’installent ensemble donc Rachel part chez Phoebe alors que Ross se prend un appart. Suite à un incendie, Rachel part vivre chez Joey puis Phoebe chez Monica et Chandler avant de récupérer son domicile. Puis lors de sa grossesse, Rachel part vivre chez Ross avant de revenir chez Joey. Ce sont les entreprises de déménagement qui doivent être contents. Notons aussi que pendant un temps, filles et garçons ont échangé leur appart et qu’avant le début de la série, Phoebe vivait chez Monica. C’est compliqué, hein ? Au moins, ça fait des économies pour les décors.

Le truc qui m’agace un peu dans Friends, ce sont les incohérences : lorsque Rachel arrive lors du premier épisode, Monica lui présente Chandler qu’elle n’est pas censée connaître. Or, lors de plusieurs flash back, on apprend qu’ils se connaissaient déjà (Chandler étant l’ami de Ross, Rachel celle de Monica), ils se sont même échangés un baiser à la fac puis Rachel s’est faite draguer par le même Chandler quand elle était fiancée à Barry (celui qu’elle a abandonné) mais elle l’oublie à chaque fois, le pauvre garçon ! Par ailleurs, il y a de gros
soucis avec les âges. Lors de la 1ère saison, Monica a 26 ans. A la 5e saison, on apprend que Ross a 30 ans. Or Monica devrait arriver à sa 31e année et vu qu’elle est la petite sœur du monsieur, y a comme un souci. D’ailleurs, dans la 7e saison, Rachel fête ses 30 ans alors qu’elle a le même âge que Monica et devrait donc arriver aux 33. Or une saison équivaut bien à une année chez nos amis puisqu’on a systématiquement droit à l’épisode de Thanksgiving. De la même façon, certaines pistes intéressantes sont abandonnées : une
fois que Phoebe a accouché, on ne revoit quasiment plus son frère et les triplés, elle en parle de temps en temps mais je la trouve pas très préoccupée par ses neveux, la tatie. Idem pour Emma, la fille de Ross et Rachel qui passe plus de temps chez ses grands-parents ou chez la nounou qu’avec ses géniteurs.

A l’inverse, certains éléments sont présents tout au long de la série comme le chien blanc en marbre acquis par Joey lors de la 2e ou 3e saison qui navigued’appart en appart jusqu’à la fin de la série. Il y a aussi la porte coupée de la chambre de Chandler. Par contre, l’élément récurrent le plus agaçant de la série est le personnage de Janice. Petite amie de Chandler durant la 1ère saison, elle revient régulièrement dans la vie du jeune homme. A partir du moment où il sort avec Monica, Janice revient de temps en temps, croisant par hasard nos héros mais je trouve que son personnage est surexploité à la fin, il n’apporte rien du tout à l’intrigue et ses : « OH MON DIEU, Nahahahahahahahah ! » sont plus agaçants que drôles, à la longue. Je veux bien croire que les hasards de la vie nous fait revoir certaines personnes mais qu’elle croise tout ce petit monde au resto, à l’hôpital (comme par hasard, elle accouche en même temps que Rachel), ou se retrouve future voisine de Monica et Chandler, faut pas déconner non plus.

Friends, c’est fini. Et ce n’est pas plus mal, il faut savoir arrêter les choses tant qu’elles marchent et pas trop tirer sur la corde. D’ailleurs, la dernière saison n’est pas forcément la meilleure et pue un peu trop la guimauve à mon goût. Phoebe se marie, Monica et Chandler adoptent des jumeaux, Rachel et Ross se retrouvent et Joey part faire carrière à Hollywood. Manquerait plus que l’un d’eux gagne au loto ! Ce qui est agaçant, aussi, ce sont les réactions excessives du public. Exemple : lors du dernier épisodes, il font des
« houhou » en applaudissant comme des fous quand Monica et Chandler présentent des jumeaux à leurs amis qui n’étaient pas au courant de la nouvelle. Mais le public sait puisque l’une des scènes précédentes montre l’accouchement. Alors c’est pas la peine de s’exciter, hein ! Mais bon, c’est pareil dans toutes les séries, ils doivent être super bien chauffés pour être au bord de l’hystérie, comme ça.

Ceci étant, je pense que Friends est et restera une série culte emblématique de la fin des années 90, début 2000. Malgré le côté caricatural, on se reconnaît tous plus ou moins dans les galères de ses pré-trentenaires. Et moi, je l’avoue, je revois cette série avec plaisir, surtout que toutes les chaînes du câble s’empressent de la rediffuser…

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